Lignes directrices sur les données judiciaires
Lignes directrices sur les données judiciaires
DONNÉES STATISTIQUES
PAR LES MINISTÈRES PUBLICS ET LES TRIBUNAUX
LIGNES DIRECTRICES POUR LA PRODUCTION DE
DONNÉES STATISTIQUES PAR LES MINISTÈRES PUBLICS
ET LES TRIBUNAUX
Vienne, 2023
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Citation suggérée :
Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Lignes directrices pour la production de
données statistiques par les ministères publics et les tribunaux (Vienne, 2023).
CLAUSE DE NON-RESPONSABILITÉ
Les constatations, interprétations et conclusions exprimées ici sont celles de l'auteur ou des auteurs
et ne reflètent pas nécessairement les vues des Nations unies, de ses fonctionnaires ou de ses États
membres.
Ce document n'a pas été revu par les services d'édition. Les appellations employées dans cette
publication et la présentation des données qui y figurent n'impliquent de la part du Secrétariat des
Nations Unies aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones,
ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.
Les liens contenus dans la présente publication sont fournis pour la commodité du lecteur et sont
corrects au moment de la publication. Les Nations Unies n'assument aucune responsabilité quant à
l'exactitude de ces informations ou au contenu des sites web externes.
Ce texte n'a pas été officiellement traduit. En cas de divergence entre cette traduction et le texte
anglais original, le texte original sera considéré comme la version faisant autorité.
Préface
En 2015, la Commission de statistique des Nations unies (UNSC) et la Commission des Nations unies
pour la prévention du crime et la justice pénale (UN-CCPCJ) ont approuvé la Classification
internationale des infractions à des fins statistiques (ICCS). La Classification est la norme
internationale pour la définition et la classification des infractions pénales en vue de produire et de
diffuser des données statistiques sur la criminalité et la justice pénale. Lorsque les statistiques sont
compilées et diffusées conformément au cadre complet et normalisé de la Classification, il est
possible de produire des statistiques de meilleure qualité ainsi que des analyses plus articulées des
tendances et des caractéristiques de la criminalité, harmonisées entre les différentes étapes du
système de justice pénale et les différentes juridictions.
S'appuyant sur le processus de mise en œuvre de la Classification au niveau national et sur le rapport
sur les statistiques de la criminalité et de la justice pénale rédigé par l'Office des Nations Unies
contre la drogue et le crime et l'Institut national de la statistique et de la géographie du Mexique,1 ,
ces lignes directrices visent à conseiller le ministère public et les tribunaux sur la collecte, la
production et la diffusion de données statistiques de haute qualité qui peuvent les aider à remplir et
à contrôler leurs fonctions essentielles, à améliorer la mesure de l'accès à la justice et à promouvoir
la mise en œuvre de la Classification.
Ce document fait partie d'une série de lignes directrices sur la production de données statistiques
par les institutions de justice pénale. Cette série comprend des orientations spécifiques pour la
police, le ministère public, les tribunaux et le système pénitentiaire. En outre, des orientations sur la
manière de développer un système interopérable de statistiques sur la justice pénale de manière
plus générale sont à venir.
1 E/CN.3/2022/14.
iii
Remerciements
L'élaboration des Lignes directrices pour la production de données statistiques par les ministères
publics et les tribunaux a été menée par la Division de l'analyse des politiques et des affaires
publiques (DPA), sous la supervision de Jean-Luc Lemahieu, directeur de la DPA, Angela Me, chef de
la Direction de la recherche et de l'analyse des tendances (RAB), et Antoine Vella, chef de la Section
des données, de l'analyse et des statistiques de la RAB, en coordination avec la Section de la
prévention de la criminalité et de la justice pénale (CPCJS), Division des traités (DTA).
Équipe centrale
Martijn Kind
Victoria Palanciuc
Édition
Mary Ann Perkins
Dans l'ordre alphabétique, l'équipe est reconnaissante pour l'expertise et les conseils fournis par :
Anna Alvazzi del Frate (Alliance des ONG pour la prévention du crime et la justice pénale, Autriche),
João Arsénio de Oliveira (Ministère de la justice, Portugal), Francesca Bigi (Ministère de la justice,
Italie), Ivan Crncec (Ministère de la justice, Croatie), Marco A Lopez-Silva, Raymond Micklewright
(OIDD), Maria Giuseppina Muratore (ISTAT, Italie), Martin Schonteich, Suzanne Strong (Bureau of
Justice Statistics, États-Unis d'Amérique).
iv
Abréviations et acronymes
ID Identifiant
IT Technologie de l'information
UN-CTS Enquêtes des Nations Unies sur les tendances de la criminalité et le fonctionnement
des systèmes de justice pénale
v
Table des matières
Préface
Remerciements ...................................................................................................................................... iv
Abréviations et acronymes ..................................................................................................................... v
Table des matières ................................................................................................................................. vi
Aperçu ................................................................................................................................................... 1
PARTIE I : CONTEXTE ............................................................................................................................... 4
1 Arguments en faveur de l'harmonisation des données .................................................................. 5
1.1 Pourquoi le ministère public et les tribunaux doivent-ils collecter, produire et diffuser des données
statistiques sur la criminalité et la justice pénale ? ........................................................................................... 5
1.2 Pourquoi les pratiques actuelles de collecte, de production et de diffusion de données sur la
criminalité et la justice pénale doivent-elles être mises à jour ? ....................................................................... 8
1.3 Demande internationale de données sur la criminalité et la justice pénale ....................................... 10
1.4 Normes internationales pour le ministère public et les tribunaux ..................................................... 11
1.5 Champ d'application des présentes lignes directrices pour la production de données statistiques .. 16
2 Utilisation de la classification internationale des infractions à des fins statistiques.................... 17
2.1 Définition d’une infraction dans la Classification internationale des infractions à des fins statistiques
18
2.2 Avantages de la classification internationale des infractions à des fins statistiques .......................... 19
2.3 Comment utiliser en pratique la classification internationale des infractions à des fins statistiques 20
vi
4.4 Créer des partenariats en matière de données .................................................................................. 81
Annexe 95
A.1 Ressources ................................................................................................................................................. 95
A.2 Statistiques de la justice pénale ............................................................................................................... 106
A.3 Autres activités ........................................................................................................................................ 127
A.4 Conduite................................................................................................................................................... 130
Chiffres
Figure 1.1 Proportion de bureaux qui utilisent généralement des données dans certains domaines
de prise de décision, par statut de collecteur aux États-Unis, 2018 ................................... 7
Figure 3.1 Répartition des affaires pénales en cours par durée au 31 juillet 2021, selon le type
d'infraction ........................................................................................................................ 55
Figure 3.2 Réunions d'engagement communautaire du bureau du procureur de l'État, Floride,
2017-juin 2022................................................................................................................... 65
Tableaux
Tableau 2.1 Catégories de la Classification de niveau 1 ....................................................................... 18
Tableau 3.1 Dimensions clés du cadre statistique pour la production de données ............................. 23
Tableau 3.2 Quatre dimensions essentielles du cadre ayant la plus haute priorité de mise en œuvre26
Tableau 3.3 Variables proposées pour la dimension des ressources humaines................................... 29
Tableau 3.4 Ressources humaines par ethnie au sein du Bureau du directeur des poursuites
publiques du Kenya, 2020-2021 ........................................................................................ 33
Tableau 3.5 Variables proposées pour la dimension des ressources financières ................................. 34
Tableau 3.6 Budget des tribunaux, Irlande, 2020-21 ............................................................................ 35
Tableau 3.7 Variables proposées pour la dimension des ressources matérielles ................................ 37
Tableau 3.8 Nombre de bâtiments utilisés par le procureur général ou le bureau du procureur
général, par État et par type de propriété, 2020 .............................................................. 38
Tableau 3.9 Variables proposées pour la dimension de la sécurité et du bien-être du personnel ...... 40
Tableau 3.10 Performances en matière de santé et de sécurité au travail ........................................... 42
Tableau 3.11 Variables proposées pour les poursuites pénales dimension .......................................... 43
Tableau 3.12 Affaires traitées par les procureurs pour 100 habitants, pays sélectionnés, 2020.......... 47
Tableau 3.13 Variables proposées pour la dimension des procès pénaux ............................................ 50
Tableau 3.14 Nombre d'affaires jugées par les tribunaux de première instance régionaux des
Philippines, 2019 ............................................................................................................... 54
Tableau 3.15 Variables proposées pour la dimension détention provisoire et mesures non privatives
de liberté ........................................................................................................................... 56
Tableau 3.16 Nombre de mesures de précaution imposées aux accusés, 2020, Uruguay ................... 58
Tableau 3.17 Variables proposées pour la dimension des saisies ......................................................... 59
Tableau 3.18 Actions de confiscation d'actifs traitées par les bureaux des procureurs des États-Unis
en 2021 .............................................................................................................................. 61
Tableau 3.19 Variables proposées pour la dimension de l'extradition et de l'entraide judiciaire ........ 62
vii
Tableau 3.20 Demandes d'extradition formulées par l'Australie, 2011-12 à 2020-21 .......................... 63
Tableau 3.21 Variables proposées pour la dimension de sensibilisation .............................................. 64
Tableau 3.22 Variables proposées pour la dimension de mauvaise conduite ...................................... 66
Tableau 3.23 Affaires disciplinaires de la Cour suprême des Philippines contre le personnel, 2019 ... 68
Tableau 3.24 Variables proposées pour la dimension disqualification/récusation ............................... 69
Tableau 3.25 Récusations judiciaires en Écosse, Royaume-Uni, septembre et octobre 2022 .............. 70
Tableau 4.1 Exemple de tableau de fréquence : Nombre d'agents du ministère public en activité,
Japon, 2018 ....................................................................................................................... 75
Tableau 4.2 Exemple de tableau croisé : Personnel chargé des poursuites par grade et situation de
handicap, Royaume-Uni, 2021 .......................................................................................... 76
Tableau 4.3 Exemple de statistiques sommaires : Rapport consolidé de l'activité des tribunaux en
matière pénale, Guatemala, 2020 ..................................................................................... 76
Boîtes
Boîte 1.1 Données pour la prise de décision en matière de poursuites, États-Unis .......................... 7
Boîte 1.2 Distinction entre les sources de données administratives et statistiques .......................... 9
Boîte 1.3 Les Principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire .................................................. 14
Boîte 3.1 Avantages des données événementielles ......................................................................... 24
Boîte 3.2 Statistiques sexospécifiques dans le système de justice pénale ....................................... 27
Boîte 3.3 Systèmes judiciaires et égalité des sexes .......................................................................... 31
Boîte 3.4 Données sur les ressources humaines, Bureau du directeur des poursuites publiques,
Kenya ................................................................................................................................. 33
Boîte 3.5 Données sur le budget de la Cour (dépenses et recettes), Irlande ................................... 35
Boîte 3.6 Données sur les ressources physiques, Mexique .............................................................. 38
Boîte 3.7 Données sur les incidents de sécurité dans les tribunaux, Australie ................................ 41
Boîte 3.8 Données sur les poursuites pénales dans les États membres du Conseil de l'Europe et
certains États observateurs ............................................................................................... 47
Boîte 3.9 Données sur le jugement des affaires pénales, Philippines .............................................. 53
Boîte 3.10 Données sur les procès pénaux concernant l'âge des affaires pénales en cours, Trinité-
et-Tobago .......................................................................................................................... 55
Boîte 3.11 Données judiciaires sur la détention provisoire et les mesures non privatives de liberté,
Uruguay ............................................................................................................................. 58
Boîte 3.12 Données sur la confiscation d'actifs des bureaux des procureurs des États-Unis ............ 61
Boîte 3.13 Collecte de données sur les demandes d'extradition, Australie ....................................... 63
Boîte 3.14 Données sur l'engagement communautaire recueillies par le bureau du procureur de
l'État du quatrième circuit judiciaire de Floride, États-Unis.............................................. 65
Boîte 3.15 Données collectées sur les enquêtes et sanctions disciplinaires, Philippines................... 68
Boîte 3.16 Données collectées sur les récusations judiciaires en Ecosse, Royaume-Uni ................... 70
Boîte 4.1 L'application des données géo spatiales, États-Unis ......................................................... 76
Boîte 4.2 Exploration des relations entre les facteurs démographiques tels que la race et le sexe
et les résultats des condamnations par la Commission des condamnations des États-
Unis (United States Sentencing Commission) ................................................................... 79
Boîte 5.1 Le rôle essentiel des métadonnées ................................................................................... 83
Boîte 5.2 Principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies ............................ 86
Boîte 5.3 Évaluation de la production de statistiques officielles sur la criminalité en République de
Moldavie ............................................................................................................................ 92
viii
Cartes
Carte 4.1 Employés judiciaires et juridiques des États et des collectivités locales pour 10 000
habitants, États-Unis, 2019 ............................................................................................... 77
ix
Aperçu
Objectif des présentes lignes directrices pour la production de données statistiques par les
ministères publics et les tribunaux
L'objectif des présentes lignes directrices est de soutenir les ministères publics et les tribunaux dans
la collecte, la production et la diffusion de statistiques de haute qualité basées sur des données
administratives relatives à la criminalité et à la justice pénale. La saisie de ces données poursuit trois
objectifs principaux :
• Fournir des informations détaillées et agrégées sur les opérations des ministères publics et
des tribunaux qui améliorent la gestion de leurs activités.
• Renforcer la confiance du public dans le système de justice pénale en encourageant
l'ouverture des données et en mettant l'accent sur les faits, en montrant aux décideurs
politiques et au grand public ce qui se passe et comment le système de justice pénale
fonctionne.
• Création d'un cadre cohérent garantissant que les données du système de justice pénale
deviennent plus cohérentes, plus comparables et plus transparentes, aussi bien au niveau
national qu'international.
Il convient de noter que les présentes lignes directrices sont de nature générale et n'incluent pas de
données qualitatives. En tant que telles, elles ne sont pas conçues comme un outil permettant
d'évaluer de manière exhaustive la conformité des ministères publics et des tribunaux avec les lois
nationales et les instruments internationaux.
Base des présentes lignes directrices pour la production de données statistiques par les ministères
publics et les tribunaux
Les deux fonctions essentielles du ministère public en matière de criminalité et de justice pénale
identifiées aux fins des présentes lignes directrices sont la conduite des enquêtes et la recherche de
la justice. Les deux fonctions essentielles identifiées pour les tribunaux sont de présider les
procédures pénales et de punir les contrevenants à la loi.
Il existe de nombreux cadres, standards et normes internationaux concernant la manière dont les
procureurs et les juges devraient idéalement exercer ces fonctions. Il s'agit notamment de la
Déclaration universelle des droits de l'homme, des Principes directeurs des Nations unies applicables
au rôle des magistrats du parquet, des Principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire, des
Principes fondamentaux relatifs à l'indépendance de la magistrature, de la Déclaration de Kyoto et
de la Classification internationale des infractions à des fins statistiques, qui constituent ensemble la
base du cadre statistique proposé dans les présentes lignes directrices pour la production de
données statistiques.
Les présentes lignes directrices proposent un cadre statistique qui rassemble une variété
d'informations administratives dans un cadre harmonisé. Ce cadre se compose de 12 dimensions
dérivées des quatre fonctions essentielles et des normes internationales susmentionnées, et
s'appuie sur des exemples de données pratiques provenant de services de poursuites et de justice
du monde entier. Le cadre se veut ambitieux, car de nombreux pays ne disposeront pas d'emblée de
données complètes pour l'ensemble des dimensions. Les responsables des organisations devraient
1
donc s'efforcer d'augmenter progressivement la quantité et d'élargir le spectre des données
collectées afin de tirer le maximum de valeur ajoutée de ce cadre.
Douze dimensions du cadre statistique pour la production de données statistiques par les
ministères publics et les tribunaux
Détention
Statistiques
provisoire et
de la Poursuite des Opérations de
Procès pénaux mesures non
justice affaires pénales saisie
privatives de
pénale
liberté
Autres Extradition et
Sensibilisation
activités entraide judiciaire
Comportement Disqualification/
Conduite
professionnel récusation
L'utilisation du cadre statistique pour collecter des données administratives n'est que la première
étape. Pour en tirer des enseignements utiles, les données doivent être traduites en connaissances
pratiques. Ce n'est qu'à ce moment-là que les données peuvent être utilisées pour prendre des
décisions sur l'allocation des ressources, le suivi des progrès et l'amélioration de l'accès à la justice
pour tous. Sans entrer dans la terminologie statistique, les données peuvent être utilisées comme
suit :
• Révéler quels crimes ont été commis, où et quand, comment le secteur de la justice pénale a
réagi et qui était impliqué. Même cette méthode d'analyse relativement simple offre la
possibilité d'obtenir de nouvelles informations importantes et de découvrir des schémas et
des tendances qui n'avaient pas été détectés auparavant. Les exemples incluent le nombre
de procureurs actifs par sexe, ou le nombre d'affaires pénales, d'audiences et de
condamnations prononcées par les tribunaux au cours d'une année donnée.
• Évaluer les hypothèses et tester les relations entre plusieurs points de données. Cela permet
de répondre à des questions plus complexes, comme celle de savoir si, par exemple, les
juges punissent plus sévèrement certaines catégories de délinquants. Cela peut fournir des
informations précieuses qui améliorent encore l'efficacité, la cohérence et l'équité, ce qui
améliore l'administration de la justice pour la société dans son ensemble.
Cependant, la collecte et l'analyse de grandes quantités de données sont difficiles et nécessitent des
ressources importantes. C'est là que les partenariats en matière de données peuvent jouer un rôle
important. En s'associant à d'autres institutions - telles que l'office national des statistiques, des
instituts de recherche criminologique ou des organisations internationales comme l'ONUDC - les
contraintes internes en matière de connaissances et de ressources peuvent être surmontées, ce qui
2
peut améliorer les processus statistiques pour la collecte de données et permettre d'extraire
davantage de valeur des données.
Bien que les présentes lignes directrices pour la production de données statistiques s'appuient sur
des données administratives collectées par le ministère public et les tribunaux, une grande variété
de données complémentaires peuvent être disponibles sur des sujets susceptibles d'intéresser ces
entités. Il s'agit notamment de données d'enquête sur l'accès à la justice et la satisfaction des
usagers, la confiance dans le ministère public et les tribunaux, la perception de la corruption,
l'engagement dans la communication communautaire, etc. Ces données complémentaires peuvent
fournir des informations supplémentaires sur la manière dont le ministère public et les tribunaux
sont perçus par le public, ce qui pourrait être essentiel pour améliorer leur performance
opérationnelle. Lorsque cela est possible et pertinent, l'utilisation de données complémentaires est
donc recommandée.
La clé d'une bonne gestion des données et de l'interopérabilité entre les institutions est le
développement d'un système - soutenu par un cadre réglementaire favorable à des fins statistiques -
avec des rôles clairement définis et des procédures transparentes pour la collecte, la production et
la diffusion des données. Sans cela, le processus risque d'être désorganisé en raison de sa
complexité inhérente. Par exemple, la manière dont les données sont censées être collectées, les
définitions à utiliser, la manière de formater les données ou le moment où elles doivent être
soumises à des agences spécifiques peuvent ne pas être clairs.
Lors de la conception d'un cadre de gouvernance des données dans le secteur public, il est
recommandé de prendre en compte trois niveaux de base :
3
PARTIE I : CONTEXTE
Le premier chapitre de la partie I présente la raison d'être de la mise en place d'un système
statistique de base, harmonisé au niveau international, pour le ministère public et les tribunaux,
basé sur des données administratives relatives à la criminalité et à la justice pénale. L'objectif de la
collecte de données est discuté, les principales fonctions du ministère public et des tribunaux dans le
contexte des lignes directrices actuelles sont identifiées et les principes directeurs sur le
fonctionnement et le comportement professionnel des procureurs et des juges sont mis en évidence.
Le deuxième chapitre de la première partie explique le fondement des données de la justice pénale,
la Classification internationale des infractions à des fins statistiques (ICCS).2 Développée par l'Office
des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la Classification internationale est un cadre
complet de concepts et de définitions de la criminalité convenus au niveau international, qui vise à
améliorer la collecte de données statistiques sur les caractéristiques des actes criminels, des victimes,
des délinquants, des motifs et d'autres données essentielles, et à renforcer la recherche et les
politiques ciblées de prévention de la criminalité.
4
1 Plaider en faveur de l'harmonisation des données
1.1 Pourquoi le ministère public et les tribunaux doivent-ils collecter,
produire et diffuser des données statistiques sur la criminalité et
la justice pénale ?
Il est essentiel de mesurer la performance, la capacité, l'intégrité, la transparence et la responsabilité
du ministère public et des tribunaux en matière pénale pour améliorer les processus et soutenir les
efforts visant à promouvoir une justice équitable, impartiale et rapide, à garantir des communautés
plus sûres et à promouvoir l'intégrité et la coordination dans le système judiciaire. Cela va au-delà de
la communication de statistiques de base sur le nombre de délinquants poursuivis et condamnés et
exige des deux institutions qu'elles collectent, produisent et diffusent des données sur leurs activités
et résultats liés à la criminalité et à la justice pénale, sur leur utilisation des ressources et sur le
comportement professionnel de leur personnel. La production de statistiques agrégées peut être
utilisée pour aider à suivre les résultats du système de justice pénale et des données suffisamment
détaillées permettront une analyse approfondie à l'aide de données désagrégées - permettant une
compréhension plus complète du fonctionnement du système de justice pénale séparé en ses
composantes pertinentes pour la politique.
Le premier principe des Principes fondamentaux de la statistique officielle stipule que "les
statistiques officielles constituent un élément indispensable du système d'information d'une société
démocratique, au service du gouvernement, de l'économie et du public (...). Les statistiques
officielles qui satisfont au critère de l'utilité pratique doivent être établies et mises à disposition sur
une base impartiale par les organismes de statistique officielle afin de respecter le droit des citoyens
à l'information publique".3
La production de statistiques officielles sur la criminalité et la justice pénale est donc une entreprise
vitale dans le contexte d'un système statistique national. Alors que chaque composante du système
de justice pénale crée de grandes quantités de données, ces informations brutes doivent être
transformées en données statistiques utilisables si l'on veut qu'elles soient utiles à la prise de
décision. Une fois les statistiques produites, leur utilisation peut être divisée en quatre domaines
différents :4
• Gestion - Pour qu'une organisation soit gérée efficacement, il doit être possible de contrôler
ses ressources et ses activités actuelles. En termes généraux, la gestion peut être
caractérisée comme un processus d'organisation d'un ensemble de ressources en vue
d'atteindre des buts et des objectifs déterminés. Une gestion efficace nécessite des
informations permettant de déterminer si les priorités de l'organisation sont réalisées de
manière efficace et efficiente. Les statistiques appropriées permettent de mesurer si et dans
quelle mesure ces priorités sont respectées. Cela facilite également l'allocation des
ressources aux endroits et aux programmes appropriés afin de maximiser la valeur publique.
• Planification - La planification consiste à identifier les moyens d'atteindre un objectif futur
donné. Les problèmes peuvent être identifiés, leurs conséquences cartographiées et les
plans d'action possibles précisés (y compris leurs avantages et inconvénients respectifs). Par
3 A/RES/68/261.
4 Basé sur le Manuel pour le développement d'un système de statistiques de la justice pénale (publication des Nations Unies, 2003).
5
exemple, un administrateur judiciaire peut souhaiter identifier des moyens de réduire le
temps de traitement des affaires. Les données statistiques permettent de mieux
comprendre la situation actuelle, de différencier les différentes options, de fixer des critères
de sélection objectifs et de suivre la mise en œuvre. Par conséquent, chaque étape du
processus de planification nécessite des données statistiques.
• Recherche et analyse - Les analystes politiques doivent avoir accès à des statistiques fiables
pour suivre les objectifs, analyser les tendances, déterminer les effets des changements de
politique, de droit ou de procédures dans le système de justice pénale et comprendre si la
justice est rendue de manière opportune, équitable, impartiale et égale. Les analystes de la
justice pénale peuvent identifier des tendances et des modèles et formuler des
recommandations pour optimiser la réponse de la justice pénale. Le personnel du ministère
public et des tribunaux bénéficie également de ces informations, car elles leur permettent
de rendre la justice pour tous plus efficacement en ayant accès à des informations
pertinentes, telles que les délais de traitement des affaires, la répartition de la charge de
travail et la détermination des peines. La même limite s'applique à tout effort de recherche
lorsqu'il s'agit de formuler des recommandations exploitables : sans statistiques de haute
qualité, il est difficile de formuler une politique efficace.
• Responsabilité - L'utilisation de statistiques fiables sur la justice pénale ne se limite pas au
ministère public, aux tribunaux et aux autres agences gouvernementales impliquées dans la
réponse à la criminalité, car elles informent également la société civile et le grand public sur
les performances du système de justice pénale et contribuent à renforcer la confiance et la
transparence. Le fait de rendre les données accessibles au public renforce la responsabilité
du système de justice pénale et permet un dialogue public. Des informations détaillées sur le
fonctionnement du système de justice pénale peuvent, par exemple, contribuer à garantir
l'équité, à encourager la prise en compte des questions de genre et à favoriser la réalisation
de l'engagement de ne laisser personne de côté dans le cadre de la mise en œuvre du
Programme de développement durable à l'horizon 2030.
Un exemple des résultats d'une enquête nationale sur l'utilisation des données dans le processus
décisionnel, menée aux États-Unis auprès des ministères publics des États, est présenté dans
l'encadré suivant.
Pour que les données soient comparables entre les différents bureaux, entités et juridictions, il est
essentiel qu'il y ait un accord et une adhésion à des concepts et définitions standardisés. S'ils sont
appliqués de manière cohérente par tous les fournisseurs de données concernés, ces concepts et
définitions permettent également de mesurer les flux et les liens entre les différentes étapes et
juridictions du système de justice pénale. Cela permettrait, par exemple, de comparer les
statistiques entre la police, les tribunaux et le système pénitentiaire, ou entre les différents États
d'un système fédéral, ce qui donnerait une image globale de la criminalité et de ses conséquences.
L'adoption d'un cadre commun permet donc de comparer les données de la justice pénale dans le
temps, entre les différentes institutions de la justice pénale et, lorsque les normes et les concepts
statistiques sont harmonisés au niveau international, même entre les pays.
6
Boîte 1.1
Données pour la prise de décision en matière de poursuites, États-Unis
La collecte de données sur les poursuites, l'utilisation des données et la prise de décision fondée
sur les données sont des sujets qui suscitent un intérêt émergent parmi les procureurs, les autres
parties prenantes de la justice pénale, les défenseurs et les décideurs politiques. Pour comprendre
combien de données sont collectées et comment elles sont utilisées, l'Urban Institute a interrogé
un large éventail de bureaux de procureurs à travers les États-Unis en 2018. Des procureurs et des
membres du personnel sélectionnés ont répondu à partir de 158 bureaux représentant des
juridictions de toutes tailles, des zones rurales peu peuplées aux zones urbaines de plus d'un
million de résidents.
Les personnes interrogées ont été classées dans les catégories "faible", "moyen" ou "haut" en
fonction de leurs réponses aux 29 questions de l'enquête qui portaient directement sur la collecte
de données. Les collecteurs faibles collectent 11 indicateurs ou moins, les collecteurs moyens
collectent entre 12 et 18 indicateurs, et les collecteurs hauts collectent au moins 19 indicateurs.
Bien que les petits collecteurs aient tendance à être des bureaux plus petits et les grands
collecteurs des bureaux plus grands, des bureaux de toutes tailles se trouvent dans chaque
catégorie. Un niveau de collecte plus élevé est associé à une plus grande utilisation générale
déclarée des données dans la prise de décision. L'utilisation des données est la plus probable pour
l'allocation de temps ou de ressources, la définition de politiques ou de lignes directrices, la
formation et l'évaluation du personnel et la formulation de stratégies de répression de la
criminalité.
Figure 1.1 Proportion de bureaux qui utilisent généralement des données dans certains
domaines de prise de décision, par statut de collecteur aux États-Unis, 2018
100
90 81 78
80
70 65 65
61 59
Pourcentage
60 54
50 47
50
37 35 38
40 34
25 27
30
18 18
20 11
10
7 6 8
0
Allocate time Train staff Evaluate staff Set policy or Crime Manage Other
or resources guidelines supression evidence
strategies
Source : Robin Olsen et autres, Collecting and Using Data for Prosecutorial Decision-making : Robin Olsen et
autres, Collecting and Using Data for Prosecutorial Decision-making : Findings from 2018 National Survey of
State Prosecutors' Offices (Urban Institute, 2018). Disponible à l'adresse
www.urban.org/research/publication/collecting-and-using-data-prosecutorial-decisionmaking.
7
1.2 Pourquoi les pratiques actuelles de collecte, de production et de
diffusion de données sur la criminalité et la justice pénale
doivent-elles être mises à jour ?
Ces dernières années, dans le contexte d'une évolution sociale, institutionnelle et technologique
rapide, la demande mondiale de données détaillées et actualisées sur le secteur de la justice pénale
s'est accrue. Avec ce que l'on appelle la "révolution des données",5 l'agenda 2030 a suscité un regain
d'intérêt pour la promotion de sociétés pacifiques et inclusives pour le développement durable,
l'accès à la justice pour tous et la mise en place d'institutions efficaces, responsables et inclusives à
tous les niveaux.
Dans de nombreux endroits du monde, le ministère public et les tribunaux collectent, produisent et
diffusent déjà d'importants volumes de données administratives. Il peut s'agir de données sur le
nombre d'inculpations, de classements sans suite et de condamnations, ainsi que d'informations sur
les ressources physiques, financières et humaines. En outre, compte tenu des autres rôles
importants des procureurs et des juges dans le domaine de la justice pénale, certaines pratiques
nationales de collecte de données peuvent également inclure des données sur l'assistance
internationale en matière pénale, la sensibilisation et l'engagement dans des activités
communautaires.
Cependant, il n'est pas facile de comparer ces données et d'assurer l'interopérabilité entre les
institutions. Il existe des traditions juridiques et des systèmes de justice pénale très différents qui
impliquent une répartition différente des rôles et des responsabilités à la fois entre les pays et à
l'intérieur de ceux-ci.6 En outre, les pays diffèrent dans leur manière de compter, de classer, de
collecter, de traiter, d'analyser et de présenter leurs statistiques, y compris entre les différentes
juridictions nationales. Il peut en résulter des chevauchements de données, une interprétation
erronée des données, voire une utilisation abusive des données, ce qui ne facilite pas les
comparaisons significatives pour les initiatives d'élaboration des politiques. L'objectif principal des
présentes lignes directrices est de favoriser l'utilisation des données administratives générées par le
ministère public et les tribunaux pour la production de données statistiques pertinentes pour
l'élaboration des politiques. La distinction entre les sources de données administratives et
statistiques, en fonction de leur objectif, est expliquée dans l'encadré ci-dessous.
Les différences entre les définitions statistiques nationales et internationales ont un impact négatif
sur la comparabilité internationale des données relatives à la criminalité et à la justice pénale. Il en
résulte un manque d'informations exploitables sur la manière dont les décideurs politiques abordent
des problèmes similaires dans différents systèmes de justice pénale, juridictions ou pays, et sur les
résultats des approches adoptées. Il est donc essentiel d'harmoniser les efforts de collecte de
données au niveau international afin de produire des données comparables pouvant servir de base
factuelle à l'élaboration de politiques éclairées aux niveaux national et international.
5 Groupe consultatif d'experts indépendants sur une révolution des données pour le développement durable (IEAG), Un monde qui
compte : Mobiliser la révolution des données pour le développement durable (2014).
6 Une tradition juridique place le système juridique dans une perspective culturelle. Elle fait référence à des attitudes profondément
enracinées et conditionnées par l'histoire sur des sujets tels que la nature du droit, le rôle du droit dans la société, la manière dont un
système juridique devrait être organisé et fonctionner, et la manière dont le droit est ou devrait être élaboré, appliqué ou
perfectionné. Les quatre principales traditions juridiques sont la tradition civile, la tradition commune, la tradition islamique et la
tradition juridique de l'Asie de l'Est. Il est important de noter que certains pays possèdent un mélange de différentes traditions
juridiques. Pour plus d'informations, voir Philip Reichel, Comparative Criminal Justice Systems : A Topical Approach, 7th ed. (New York,
Pearson, 2017).
8
L'application du cadre contenu dans les présentes lignes directrices contribue à l'amélioration des
systèmes de données existants :
• Veiller à ce que les données du système de justice pénale deviennent plus cohérentes, plus
comparables et plus transparentes, tant au niveau national qu'international, et soutenir les
efforts visant à réduire la criminalité transnationale conformément aux mandats
internationaux.
• Fournir des informations statistiques plus actualisées et plus détaillées sur les poursuites et
les activités des tribunaux, qui peuvent servir de base importante pour une prise de décision
plus efficace et fondée sur des preuves, et faciliter l'amélioration de l'administration de la
justice.
• La promotion de l'ouverture des données et d'une culture des faits fondée sur les données
peut renforcer la responsabilité et la confiance des décideurs politiques et du grand public
en mettant l'accent sur ce qui se passe réellement et sur la manière dont le système de
justice pénale réagit.
Il est clair que le cadre statistique ne peut pas être mis en œuvre du jour au lendemain ; il ne s'agit
pas non plus d'un exercice "tout ou rien" ni d'une panacée pour tous les problèmes auxquels est
confronté le secteur de la justice pénale en général. Cependant, même la mise en œuvre d'un sous-
ensemble du cadre qui est le plus pertinent pour un contexte national particulier peut offrir des
informations précieuses. Cela permettrait d'expérimenter la coordination de la collecte et de
l'utilisation des données - sans qu'il soit nécessaire de collecter immédiatement de nombreuses
variables dans de nombreux organismes différents. Cette première étape peut ouvrir la voie à des
données plus nombreuses et de meilleure qualité, conformes au cadre statistique proposé.
Boîte 1.2
Distinction entre les sources de données administratives et statistiques
La distinction entre les sources de données administratives et statistiques peut ne pas être
immédiatement évidente. D'autant plus que les sources de données administratives peuvent
également être utilisées pour la production et la diffusion de statistiques officielles, comme le
préconisent les lignes directrices actuelles. Une distinction technique est faite ici entre l'objectif
visé par les deux différentes sources de données.
Les sources de données administratives (également appelées sources de données secondaires)
sont principalement collectées par des agences gouvernementales ou d'autres entités travaillant
pour le compte du gouvernement dans le cadre de leurs activités quotidiennes. Les sources de
données administratives comprennent non seulement les registres administratifs des personnes,
les données douanières, les dossiers des services sociaux, mais aussi les dossiers des procédures
de justice pénale générés par des agences spécialisées. Contrairement aux sources de données
statistiques, les sources de données administratives sont générées dans le cadre d'une fonction
gouvernementale et non pas principalement en réponse à un besoin de données statistiques. Les
sources de données administratives peuvent être utilisées à des fins statistiques si la
confidentialité est correctement protégée et si la qualité des données est assurée, tandis que les
sources de données statistiques ne doivent pas être utilisées à des fins administratives.
Les sources de données statistiques (également appelées sources de données primaires), quant à
elles, sont principalement créées à des fins statistiques par des agences gouvernementales ou
d'autres entités travaillant pour le compte du gouvernement. Les sources de données statistiques
sont généralement obtenues en fonction de besoins spécifiques et de besoins et concepts
9
statistiques prédéfinis. Les sources comprennent généralement des enquêtes statistiques par
sondage, des recensements et des registres statistiques (qui peuvent eux-mêmes être basés sur
des sources de données administratives). Certains des défis associés à la production de sources de
données statistiques sont le coût élevé de la production, la nécessité de plans d'échantillonnage
complexes et la lourdeur de la charge de travail des répondants.
L'utilisation de sources de données administratives pour la production de statistiques présente
plusieurs avantages par rapport à l'utilisation d'enquêtes, de recensements et de registres
statistiques. Il s'agit notamment du rapport coût-efficacité, de la réduction de la charge des
répondants et de l'amélioration de l'actualité et de la précision. Toutefois, l'utilisation de sources
de données administratives à des fins statistiques se heurte à des difficultés communes,
notamment un manque de coopération entre les fournisseurs de données, l'utilisation de
concepts et de définitions statistiques qui ne sont pas comparables, et des difficultés de gestion
de l'accès. Toutes ces difficultés exigent un haut niveau de capacité statistique de la part des
institutions qui gèrent les dossiers administratifs, y compris les institutions de justice pénale. En
outre, les statistiques dérivées des sources de données administratives peuvent ne pas être d'une
qualité suffisante pour répondre aux normes de qualité des statistiques nationales officielles.
En bref, les données administratives collectées par les gouvernements et les prestataires de
services dans le cadre de leurs activités quotidiennes constituent une source de données de plus
en plus importante pour la production de statistiques officielles. Les présentes lignes directrices
visent à contribuer au renforcement de la capacité du système de justice pénale à tirer parti de
l'utilisation des données administratives à des fins statistiques, afin de combler les lacunes dans
les données dont disposent les décideurs politiques, de suivre les progrès et de relever les
nouveaux défis. Lorsqu'elle est bien gérée, l'utilisation de sources de données administratives
pour la production de statistiques sur la criminalité et la justice pénale offre la possibilité d'obtenir
de nouvelles informations grâce à l'utilisation de données hautement désagrégées générées
presque en temps réel*.
* Pour plus d'informations sur l'exploitation des données administratives à des fins statistiques, veuillez-
vous référer à la collaboration sur l'utilisation des données administratives pour les statistiques, organisée
par la Division de statistique des Nations Unies et le Partenariat mondial pour les données du
développement durable. Voir https://unstats.un.org/capacity-development/admin-data/.
Note : Cet encadré est basé sur le chapitre 7 du Manuel des cadres nationaux d'assurance de la qualité des
statistiques officielles des Nations Unies (publication des Nations Unies, 2019).
10
Plus récemment, dans la déclaration de Kyoto de 20218, les États membres ont réaffirmé leur
engagement en faveur d'une prévention de la criminalité fondée sur des données probantes, en
collectant et en analysant des données à l'aide de critères systématiques et cohérents, tout en
gardant à l'esprit la Classification internationale. Dans cette déclaration, les États membres ont
souligné la nécessité de garantir l'intégrité et l'impartialité de toutes les institutions qui composent
le système de justice pénale, ainsi que l'administration et l'exercice équitable, efficace, responsable,
transparent et approprié de la justice. Enfin, la déclaration appelle à l'égalité d'accès à la justice pour
tous, y compris en prenant des mesures appropriées pour garantir un traitement respectueux sans
aucune forme de discrimination ou de parti pris.
La Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et les protocoles y
afférents9 ont appelé les États parties à renforcer l'efficacité de la répression internationale, à
élaborer des définitions, des normes et des méthodologies communes, et à envisager des politiques
de suivi et des mesures concrètes pour lutter contre la criminalité organisée.
Des données sont également nécessaires pour suivre les progrès réalisés dans le cadre de l'objectif
de développement durable n° 16.11 Les cibles de l'objectif 16 comprennent la réduction des crimes
violents (16.1), de la corruption et des pots-de-vin (16.5), et soulignent l'importance de promouvoir
l'État de droit et d'assurer l'égalité d'accès à la justice pour tous (16.3), de mettre en place des
institutions efficaces, responsables et transparentes (16.6) et d'assurer l'accès du public à
l'information (16.10). Enfin, un objectif compare la proportion de postes dans le système judiciaire
avec la répartition nationale par sexe, âge, personnes handicapées et groupes de population (16.7.1)
afin de garantir un processus décisionnel inclusif et représentatif.
Dans la plupart des systèmes, les deux fonctions essentielles des procureurs sont la décision
d'engager des poursuites et la représentation du ministère public devant les tribunaux. Dans
certaines juridictions, les fonctions essentielles peuvent également comprendre, entre autres,
8 Déclaration de Kyoto : Faire progresser la prévention du crime, la justice pénale et l'état de droit : Vers la réalisation du Programme de
développement durable à l'horizon 2030 (publication des Nations unies, 2021).
9 A/RES/55/25.
10 E/CN.3/2013/11.
11 L'objectif 16 vise à promouvoir des sociétés pacifiques et ouvertes à tous en vue d'un développement durable, l'accès à la justice pour
tous et des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous à tous les niveaux.
11
l'enquête sur les crimes, le contrôle du respect des règles de procédure par les enquêteurs, la
négociation d'accords sur le plaidoyer et la peine, la garantie de la protection des droits des victimes
et la formulation de recommandations concernant la détermination de la peine. Dans de nombreux
systèmes, les procureurs peuvent également avoir pour rôle de représenter l'intérêt public et de
protéger les personnes vulnérables (telles que les enfants, les personnes handicapées ou les
personnes âgées) en matière de droit civil ou administratif, et peuvent avoir un rôle plus large au
sein du service public.12
Le rôle et le statut des juges et des tribunaux varient également d'un pays à l'autre et chacune des
principales traditions juridiques applique des procédures pénales différentes. Par exemple, les pays
de droit civil utilisent un système inquisitoire tandis que les pays de common law utilisent un
système accusatoire. La procédure inquisitoire peut être décrite comme une enquête officielle visant
à établir la vérité, tandis que le système accusatoire utilise un processus compétitif entre
l'accusation et la défense pour déterminer les faits. La procédure inquisitoire accorde plus de
pouvoir au juge qui supervise la procédure, alors que le juge dans le système accusatoire sert
davantage d'arbitre entre les demandes du ministère public et de la défense.13
Dans la plupart des systèmes, les fonctions essentielles des tribunaux dans les procédures pénales
sont de tenir des audiences, de conserver les dossiers, de présider les réunions du tribunal, de
protéger les droits des individus, d'analyser les problèmes juridiques et de rendre des décisions
opportunes qui sanctionnent de manière appropriée le comportement criminel en question.
La diversité des rôles et des responsabilités des procureurs et des juges dans les différents systèmes
juridiques illustre la difficulté d'identifier un ensemble exhaustif de fonctions de la justice pénale.
Toutefois, l'ensemble des fonctions de base suivantes pour le ministère public et les tribunaux sont
généralement applicables :
Ministère public
• Mener des enquêtes - Mener des enquêtes impartiales en utilisant uniquement des preuves
obtenues par des moyens légaux et engager des poursuites si une accusation s'avère
légitime.
• Rechercher la justice - Faire en sorte que les auteurs d'infractions répondent de leurs actes,
décider des alternatives aux poursuites et protéger les droits fondamentaux de toutes les
personnes impliquées dans la procédure.
Tribunaux
• Présider les procédures pénales - Administrer la justice tout en protégeant les droits
fondamentaux de toutes les personnes impliquées dans la procédure.
• Punir les contrevenants - Assurer un traitement approprié et égal des contrevenants devant
la loi et décourager la criminalité future.
Un certain nombre d'instruments des Nations Unies fournissent des principes directeurs précieux et
des obligations positives pour le ministère public et les tribunaux. La Déclaration universelle des
droits de l'homme consacre les principes de l'égalité devant la loi, de la présomption d'innocence
jusqu'à preuve du contraire et du droit à un procès équitable et public devant un tribunal
12 Le statut et le rôle des procureurs : Guide de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime et de l'Association internationale
des procureurs et poursuivants (publication des Nations Unies, 2014).
13 Philip Reichel, Comparative Criminal Justice Systems : A Topical Approach, 7th ed. (New York, Pearson, 2017).
12
indépendant et impartial.14 Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques garantit le
droit d'être jugé sans retard excessif, d'être informé complètement et promptement des accusations
portées contre soi, de disposer d'un délai suffisant pour préparer sa défense avec le conseil de son
choix, de se faire assister gratuitement d'un interprète si nécessaire et de ne pas être contraint de
témoigner contre soi-même ou de s'avouer coupable, et établit que les personnes en attente de
jugement ne doivent pas, en règle générale, être placées en détention provisoire.15
La Convention des Nations Unies contre la corruption mentionne le rôle crucial du pouvoir judiciaire
et du ministère public dans la lutte contre la corruption.16 Chaque État partie doit prendre des
mesures pour renforcer l'intégrité et prévenir les possibilités de corruption parmi les membres du
pouvoir judiciaire et du ministère public.
Outre les instruments contraignants adoptés par les États membres, il existe des règles et des
normes des Nations unies en matière de prévention du crime et de justice pénale qui couvrent un
large éventail de questions telles que l'accès à la justice et le traitement des délinquants.17 Ces règles
et normes fournissent des orientations souples pour la réforme qui tiennent compte des différences
de traditions, de systèmes et de structures juridiques, tout en offrant une vision collective de la
manière dont les systèmes de justice pénale devraient être structurés.
Les Principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire, adoptés par le Conseil économique et social
des Nations unies, avaient pour but d'établir des normes de déontologie pour les juges et d'offrir un
cadre pour la réglementation de la déontologie judiciaire. Ses six principes sont détaillés dans
l'encadré 1.3
14 A/RES/217(III).
15 A/RES/2200(XXI), annexe.
16 A/RES/58/4.
17 Voir le Recueil des règles et normes des Nations Unies en matière de prévention du crime et de justice pénale (publication des Nations
Unies, 2016).
18 Adopté par le septième congrès des Nations unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants, tenu à Milan du 26
août au 6 septembre 1985.
13
Boîte 1.3
Les Principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire
Les Principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire comprennent les six principes suivants :
• L'indépendance judiciaire est une condition préalable à l'État de droit et une garantie
fondamentale d'un procès équitable. Le juge doit donc défendre et illustrer
l'indépendance judiciaire dans ses aspects individuels et institutionnels.
• L'impartialité est essentielle au bon exercice de la fonction judiciaire. Elle s'applique non
seulement à la décision elle-même, mais aussi au processus par lequel la décision est
prise.
• L'intégrité est essentielle au bon exercice de la fonction judiciaire.
• La bienséance et l'apparence de bienséance sont essentielles à l'exercice de toutes les
activités d'un juge.
• Garantir l'égalité de traitement de tous devant les tribunaux est essentiel à l'exercice
correct de la fonction judiciaire.
• La compétence et la diligence sont des conditions préalables à l'exercice correct des
fonctions judiciaires.
En outre, les Principes de Bangalore précisent l'application des six principes en détail. Il s'agit
notamment de l'exercice des fonctions judiciaires en toute indépendance vis-à-vis des collègues
magistrats, de l'exercice des fonctions judiciaires sans parti pris, de l'absence de pratique du droit
pendant l'exercice des fonctions judiciaires et de l'exercice de la fonction judiciaire à l'abri de
toute influence, incitation ou pression extérieure, entre autres.
Source : Conseil économique et social des Nations unies, résolution 2006/23, annexe : Résolution 2006/23
du Conseil économique et social des Nations unies, annexe.
Les lignes directrices des Nations unies sur le rôle des procureurs contiennent des recommandations
sur le recrutement des procureurs, leurs conditions de service, leur rôle dans les procédures pénales
et la manière de mener les procédures disciplinaires à leur encontre.19 Les lignes directrices
précisent que les procureurs doivent être des personnes intègres et compétentes qui ont reçu une
formation appropriée et qui préservent l'honneur de leur profession en tant qu'agents essentiels de
l'administration de la justice. Ils doivent exercer leurs fonctions de manière équitable, cohérente et
rapide, dans le respect des droits de l'homme et de la dignité. En outre, les lignes directrices
soulignent l'importance de la coopération entre le ministère public, la police, les tribunaux, la
profession juridique, les défenseurs publics et d'autres agences ou institutions gouvernementales.
La déclaration des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalité et aux
victimes d'abus de pouvoir, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies, souligne le rôle des
mécanismes judiciaires et administratifs pour permettre aux victimes d'obtenir réparation par le
biais de procédures formelles ou informelles qui soient rapides, équitables, peu coûteuses et
accessibles, en prenant différentes mesures, notamment en évitant les retards inutiles dans le
traitement des affaires, en rétablissant les droits, en restituant, en indemnisant et en assistant
les victimes.20
19 Adopté par le huitième Congrès des Nations unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants, La Havane, Cuba, 27
août au 7 septembre 1990.
20 A/RES/40/34.
14
L'Ensemble de règles minima des Nations Unies concernant l'administration de la justice pour
mineurs (Règles de Beijing), adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies, souligne que les
procédures doivent être conformes à l'intérêt supérieur du mineur.21 Dans la mesure du possible, la
détention préventive doit être remplacée par des mesures alternatives, telles qu'une surveillance
étroite, des soins intensifs ou le placement dans une famille, dans un établissement d'enseignement
ou dans un foyer. En outre, les mesures privatives de liberté doivent être évitées dans toute la
mesure du possible en proposant un large éventail de mesures telles que la probation, le travail
d'intérêt général ou les sanctions financières.
Les règles minima des Nations unies pour l'élaboration de mesures non privatives de liberté (règles
de Tokyo), adoptées par l'Assemblée générale des Nations unies, soulignent que le système de
justice pénale doit prévoir un large éventail de mesures non privatives de liberté, depuis les
dispositions prises avant le procès jusqu'à celles prises après le prononcé de la peine.22 Les règles des
Nations unies pour le traitement des femmes détenues et les mesures non privatives de liberté pour
les femmes délinquantes (règles de Bangkok), adoptées par l'Assemblée générale des Nations unies,
préconisent des options sexospécifiques pour les mesures de déjudiciarisation et les alternatives
avant et après le procès, et précisent qu'il est nécessaire de répondre aux besoins spécifiques des
femmes pour parvenir à une égalité substantielle entre les sexes.23
La Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, adoptée par l'Assemblée générale
des Nations unies, stipule que dans toutes les décisions et actions concernant les enfants, l'intérêt
supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale.24 Tout enfant accusé d'avoir enfreint
la loi doit être présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité soit prouvée, avoir la possibilité
d'obtenir une assistance juridique et bénéficier d'un procès équitable. Les lignes directrices en
matière de justice dans les affaires impliquant les enfants victimes et témoins d'actes criminels,
adoptées par le Conseil économique et social des Nations unies, préconisent une approche
adaptée aux enfants victimes et témoins d'actes criminels et de violence et fournissent des
orientations sur le traitement individuel des enfants victimes et témoins d'actes criminels, ainsi
que sur les droits et les garanties destinés à les protéger lorsqu'ils sont en contact avec le
système judiciaire.25
Les principes et lignes directrices des Nations unies sur l'accès à l'assistance juridique dans les
systèmes de justice pénale, adoptés par l'Assemblée générale des Nations unies, stipulent que les
officiers de police, les procureurs, les officiers de justice et les fonctionnaires de tout établissement
où des personnes sont emprisonnées ou détenues doivent informer les personnes non représentées
de leur droit à l'assistance juridique et des autres garanties procédurales, et que les États devraient
prendre des mesures pour s'assurer que l'assistance juridique est fournie rapidement, pour veiller à
ce que les autorités policières et judiciaires ne restreignent pas arbitrairement le droit ou l'accès à
l'assistance juridique des personnes détenues, arrêtées ou emprisonnées, soupçonnées ou accusées
d'une infraction pénale, en particulier dans les commissariats de police. 26
21 A/RES/40/33.
22 A/RES/45/110.
23 A/RES/65/229.
24 A/RES/44/25.
25 Résolution 2005/20 du Conseil économique et social des Nations unies.
26 A/RES/67/187.
15
1.5 Champ d'application des présentes lignes directrices pour la
production de données statistiques
La collecte, la production et la diffusion de données statistiques normalisées par le système de
justice pénale est un véritable défi, étant donné que les méthodes, les normes et les concepts
peuvent varier considérablement entre les institutions, les juridictions locales et les pays. Des
facteurs tels que le niveau de numérisation, les normes nationales, les accords de gouvernance des
données, les cadres de qualité des données et les pratiques de diffusion des données varient
considérablement. Dans l'idéal, les données statistiques devraient permettre d'améliorer les
activités quotidiennes du ministère public et des tribunaux et d'obtenir des résultats équitables,
ainsi que d'évaluer les flux aux différents stades du système de justice pénale dans son ensemble.
Compte tenu des contraintes susmentionnées, il s'agit en pratique d'un véritable défi en l'absence
d'orientations normalisées au niveau international et de cadres réglementaires appropriés qui
définissent les rôles et les responsabilités ainsi que les obligations en matière de collecte, de
production et de diffusion des données.
Les présentes lignes directrices fournissent un cadre international qui peut servir de base pour
identifier et répondre aux besoins statistiques fondamentaux d'un système de statistiques sur la
criminalité et la justice pénale fondé sur des données administratives. Le niveau de détail requis
peut être déterminé en fonction du niveau de développement du système statistique national d'un
pays, de la facilité de collecte des données et des priorités nationales.
Les normes et standards internationaux examinés dans la section précédente mettent en évidence
certaines dimensions de l'évaluation, telles que des détails sur le nombre d’infractions commises
conformément à leur définition dans la Classification et sur le processus et les résultats de la justice
pénale. En outre, les données peuvent également être utilisées pour évaluer les ressources
humaines, financières et physiques impliquées dans le fonctionnement du ministère public et des
tribunaux.
Il est toutefois important de noter que les présentes lignes directrices ne sont pas exhaustives
puisqu'elles ne visent qu'à offrir un cadre de base avec des dimensions clés pour améliorer la
collecte de données normalisées. Les dimensions clés identifiées dans la partie II offrent une base
solide pour l'analyse des activités liées à la criminalité et à la justice pénale, mais ne peuvent pas
couvrir tous les domaines d'intérêt et d'activité possibles. L'utilisation de données complémentaires,
telles que les enquêtes de perception du public sur le fonctionnement du ministère public et/ou des
tribunaux, est encouragée mais va au-delà de l'utilisation des données administratives discutées
dans le cadre. Les États membres sont encouragés à mettre en œuvre le cadre et à l'adapter à leurs
besoins locaux, en fonction des caractéristiques spécifiques de leur système de justice pénale et du
niveau des ressources disponibles. L'ONUDC s'engage à soutenir la mise en œuvre du cadre si les
États membres en ont besoin.
16
2 Utilisation de la classification internationale des
infractions à des fins statistiques
Dans de nombreux pays du monde, il n'existe pas de catalogue uniforme d'infractions pénales
pouvant être utilisé à des fins statistiques, ni de classification spécifique de la criminalité. Les
classifications nationales qui existent ont souvent une couverture sélective et d'autres limitations
méthodologiques. Il y a donc un manque d'informations complètes et comparables au niveau
international sur les victimes de la criminalité, les délinquants et des informations supplémentaires
pour comprendre le contexte et les moteurs de la criminalité.
La Classification internationale a été développée par l'ONUDC en 2015 afin de fournir un outil
comparable au niveau international pour compiler et systématiser les statistiques nationales sur la
criminalité et la justice pénale en vue d'améliorer l'utilité et la pertinence de ces statistiques. La mise
en œuvre de la Classification fait partie de la feuille de route ONUDC-INEGI visant à améliorer la
qualité et la disponibilité des statistiques criminelles aux niveaux national et international, examinée
à la section 1.3, qui comprend trois piliers : i) le développement de nouveaux outils
méthodologiques ; ii) les activités de renforcement des capacités ; et iii) le renforcement de la
collecte et de l'analyse des données internationales.27
Depuis l'adoption de la Classification par la Commission statistique des Nations unies en 2015,
l'intérêt pour l'alignement des statistiques criminelles nationales sur la Classification s'est accru dans
le monde entier. Plusieurs pays ont déjà réalisé des progrès substantiels dans la mise en place de
structures de mise en œuvre de la Classification et dans la mise en correspondance de leurs
catégories nationales de criminalité ou de leurs codes pénaux avec la Classification. Ces efforts pour
aligner les statistiques criminelles nationales sur la Classification se traduisent par des données plus
comparables aux niveaux national, régional et mondial. La Classification constitue donc le
fondement de la production de statistiques harmonisées et interopérables sur le ministère public et
les tribunaux.
27 E/CN.3/2013/11.
17
2.1 Définition de la criminalité dans la Classification internationale
des infractions à des fins statistiques
Chaque cadre juridique comprend des définitions de la criminalité du point de vue des activités qui
sont à la fois illégales et punissables. Mais les définitions juridiques ne sont pas toujours adaptées à
l'organisation des statistiques criminelles, car elles ne sont pas comparables d'une juridiction à
l'autre. Étant donné qu'il existe une grande hétérogénéité juridique entre les juridictions,28 à la fois
au sein d'un même pays et entre les pays, les définitions basées sur des descriptions
comportementales des actes plutôt que sur des prémisses juridiques sont plus appropriées pour
classer les données sur la criminalité et la justice pénale d'une manière qui soit comparable entre les
juridictions.
La Classification utilise une approche comportementale pour définir les éléments qui constituent les
statistiques criminelles plutôt que des spécifications juridiques strictes dérivées du droit pénal. Les
crimes tels que définis dans le droit pénal sont généralement associés à des actions ou à des
attributs comportementaux et contextuels qui sont universellement considérés comme une
infraction (par exemple, blesser ou faire souffrir, ou s'emparer d'un bien sans consentement). Cette
approche basée sur les événements permet d'éviter les problèmes créés par les complexités
juridiques, ce qui se traduit par une classification simplifiée et applicable à l'échelle mondiale, avec
moins d'ambiguïtés. En d'autres termes, il est plus facile de classer les infractions en fonction du
comportement et des actions que des définitions juridiques et de l'intention. La Classification vise
ainsi à classer tous les actes criminels dans une catégorie unique et spécifique, ce qui devrait
améliorer la précision et la comparabilité des données, tant à l'intérieur des pays qu'entre eux.
En pratique, les infractions sont regroupées dans des catégories qui s'excluent mutuellement et qui
peuvent atteindre quatre niveaux hiérarchiques différents. Il existe 11 catégories de niveau 1
destinées à couvrir toutes les infractions au sein de la Classification (voir le Tableau 2.1). Les
infractions pénales des niveaux 2, 3 et 4 peuvent être additionnées pour fournir des observations à
des niveaux plus agrégés.
28 Par exemple, un pays peut exiger un contact physique pour qu'une infraction soit considérée comme une agression, alors qu'un autre
ne l'exige pas.
18
11 Autres actes illégaux
La Classification a été créée pour organiser et harmoniser les données statistiques concernant tous
les principaux types d'infractions pénales. Elle constitue un cadre solide de définitions pour la
production de statistiques nationales et internationales sur la criminalité. Centrée sur des concepts
et des définitions statistiques, la Classification permet aux décideurs politiques d'adopter une
perspective globale à long terme lors de l'élaboration ou de la révision d'un système statistique
national sur la criminalité, étant donné que la Classification n'est pas soumise aux changements de la
législation nationale et des cadres réglementaires. Cette normalisation favorise l'intégration des
données entre les institutions de la justice pénale (la police, le ministère public, les tribunaux et le
système pénitentiaire) et entre les différentes sources de données, qu'il s'agisse de dossiers
administratifs ou d'enquêtes statistiques. L'utilisation de la terminologie commune de la
Classification peut unifier les pratiques institutionnelles et faciliter la communication et l'échange
d'informations qui permettent effectivement de comprendre la situation nationale en matière de
criminalité.
Fourniture d'une plus grande granularité et possibilité d'obtenir des informations plus
approfondies
La Classification internationale permet de collecter des données détaillées sur les victimes et les
délinquants ainsi que des données sur d'autres caractéristiques des événements. En outre, La
Classification internationale permet de ventiler les données relatives au processus de justice pénale -
telles que les arrestations, les poursuites, les condamnations et les peines d'emprisonnement - en
fonction des différentes catégories d'infractions pénales. En outre, grâce à la collecte de variables
désagrégées, la Classification internationale met en évidence de nombreuses facettes de la
criminalité et répond ainsi à des besoins spécifiques d'information sur la criminalité. Les variables de
désagrégation et les variables qui caractérisent l'événement criminel fournissent des informations
contextuelles sur les infractions pénales qui permettent une analyse plus sophistiquée et plus
approfondie de ces infractions, et les données sont souvent essentielles à la compréhension des
tendances de la criminalité qui sont pertinentes pour les décideurs politiques. Elles peuvent porter
sur les caractéristiques d'un événement criminel individuel ou sur les caractéristiques de la victime
ou de l'auteur de l'infraction. Par exemple, les données statistiques sur les homicides volontaires
sont plus utiles si elles sont ventilées en fonction du sexe de la victime et de l'auteur, de l'utilisation
d'une arme à feu, du motif de l'homicide et du fait qu'il se soit produit dans le contexte de la
criminalité organisée.
19
2.3 Comment utiliser en pratique la classification internationale des
infractions à des fins statistiques
Harmonisation de la terminologie entre les institutions
Dans de nombreux cas, le ministère public et les tribunaux produisent déjà des rapports statistiques
sur la justice pénale qui sont utilisés pour informer les décideurs politiques et le grand public des
tendances de la criminalité et des résultats de la justice pénale. Cependant, comme indiqué ci-
dessus, les définitions légales de la criminalité peuvent varier même au sein d'un même pays, et les
résultats statistiques peuvent être produits selon des catégories ou des cadres différents. Ces
différences font qu'il est difficile pour le ministère public et les tribunaux de suivre et de comprendre
les tendances et les modèles de criminalité dans un contexte local, national et international plus
large. Comme indiqué, la Classification internationale offre une catégorisation harmonisée des
infractions basée sur le comportement qui est plus facile à utiliser que les systèmes qui classent les
infractions selon des définitions légales. L'adoption de la Classification internationale peut permettre
de produire des statistiques criminelles plus précises et plus cohérentes, comparables d'une
juridiction à l'autre et dans l'ensemble du système de justice pénale - de la police au ministère
publique et aux tribunaux, et jusqu'au système pénitentiaire.
L'harmonisation des données sur la criminalité facilite leur utilisation pour la prise de décisions
stratégiques et à des fins opérationnelles. Ces données peuvent être utilisées pour discuter de la
nature des problèmes émergents et en cours dans différentes juridictions et agences du secteur de
la justice pénale. Les infractions peuvent être suivies avec plus de précision et de cohérence dans
l'ensemble du secteur de la justice pénale et - lorsqu'ils sont combinés avec les données
supplémentaires suggérées dans ces lignes directrices - les différentes approches pour traiter les
infractions et le processus de la justice pénale peuvent être comparées. Par exemple, un tribunal
pourrait souffrir d'un arriéré important d'affaires liées à la "contrefaçon de moyens de paiement en
espèces" (code 070211 du niveau 4 de la Classification internationale), ce qui amène à se demander
s'il s'agit d'une tendance temporaire ou d'un problème plus structurel lié à la manière dont ces
affaires sont gérées par le tribunal. Le tribunal pourrait alors envisager de comparer les délais de
traitement des affaires liées à cette catégorie spécifique d'infractions pénales avec ceux d'autres
tribunaux du pays et tirer des enseignements des tribunaux qui gèrent ces affaires de manière plus
opportune. Cependant, si la contrefaçon de moyens de paiement en espèces est définie et signalée
différemment par d'autres tribunaux ou d'autres services répressifs du pays, il sera difficile de
l'évaluer. Dans l'ensemble, l'harmonisation des données permet de collecter, de produire et de
diffuser des informations supplémentaires sur l'efficacité de la gestion du ministère public et des
tribunaux.
20
intime, parent par le sang, ami, collègue, etc.) et de saisir des données sur les circonstances d'une
infraction pénale, telles que le lieu, la date et l'heure, le motif et le type d'arme utilisé. Ces données
peuvent être utilisées pour produire des statistiques sur des tendances et des schémas spécifiques
en matière de criminalité et de justice pénale en général.
21
PARTIE II : LIGNES DIRECTRICES POUR LA PRODUCTION DE
DONNÉES STATISTIQUES PAR LES MINISTÈRES PUBLICS ET
LES TRIBUNAUX
La première partie a identifié les fonctions essentielles du ministère public et des tribunaux et la
manière dont elles sont exercées. Pour permettre la collecte, la production et la diffusion de
données statistiques, les fonctions essentielles doivent être traduites en dimensions distinctes liées
à des variables mesurables. C'est l'objet de la partie II, qui présente le cadre statistique au cœur des
lignes directrices actuelles. La justification de chacune des dimensions identifiées est présentée et
une liste de variables est proposée. Le cadre complet avec toutes les variables proposées et les
catégories (minimales) suggérées se trouve dans l'annexe du présent document.
22
3 Cadre statistique pour la production de données
3.1 Dimensions clés du cadre
Sur la base des fonctions essentielles et des normes décrites au chapitre 1, 12 dimensions clés ont
été identifiées pour la collecte, la production et la diffusion de données statistiques pertinentes qui
aident à contrôler le fonctionnement du ministère public et des tribunaux dans le domaine de la
criminalité et de la justice pénale. Dans quatre domaines thématiques - ressources, statistiques de
justice pénale, autres activités et conduite - une série de questions peuvent être évaluées,
notamment le degré d'efficacité et de responsabilité du ministère public et des tribunaux, la
question de savoir si les sous-groupes de population sont tous traités de manière égale, avec respect
et sans préjugés, le degré de rentabilité des systèmes et la question de savoir si l'égalité d'accès à la
justice est garantie pour tous. Les dimensions clés identifiées sont énumérées dans le Tableau 3.1 et
sont détaillées dans l'annexe du présent document. Toutes les dimensions sont transversales aux
fonctions essentielles des procureurs et des juges. Le cadre s'appuie sur la collecte de données
événementielles plutôt que sur des statistiques globales afin d'apporter la plus grande valeur
ajoutée aux parties prenantes du secteur de la justice pénale (cf. Boîte 3.1).
Pour les bureaux qui traitent également des affaires non pénales, il est important de distinguer
clairement les données relatives aux procédures pénales et non pénales. S'il n'est pas possible de
distinguer les données en question - telles que les données sur le financement ou le personnel qui
sont partagées entre les fonctions - il est fortement recommandé d'enregistrer exactement ce que
les chiffres représentent de manière systématique (c'est-à-dire en utilisant des métadonnées ; voir le
chapitre 5).
Ressources humaines
Recouvre les données qui décrivent la main-d'œuvre d'une organisation, sa diversité et
les principales caractéristiques de sa structure organisationnelle.
Ressources financières
Ressources
Données sur les fonds financiers disponibles et leur utilisation par le ministère
public et les tribunaux.
Ressources matérielles
Données sur les objets matériels nécessaires au fonctionnement du ministère
public et des tribunaux.
Sécurité et bien-être du personnel
Couvre les données relatives à la sécurité et au bien-être du personnel du ministère
public et des tribunaux
Poursuite des affaires pénales*
Statistiques de
Couvre les données sur les affaires pénales inculpées, poursuivies et finalisées, y compris
la justice
pénale
23
Détention provisoire et mesures non privatives de liberté
Données sur la détention
provisoire et les mesures non privatives de liberté appliquées par le ministère public et
les tribunaux.
Opérations de saisie
Couvre les données relatives aux opérations de saisie impliquant le ministère public et les
tribunaux
Extradition et entraide judiciaire
Couvre les données relatives aux poursuites et aux activités des tribunaux liées à
activités
Autres
Sensibilisation
Couvre les activités de sensibilisation entreprises par le ministère public et les tribunaux
pour renforcer les communautés et la confiance dans la justice.
Conduite professionnelle
Couvre les données relatives aux violations de la déontologie par le personnel du
Conduite
ministère public et des tribunaux, y compris, mais sans s'y limiter, les fautes
professionnelles, la fraude, la corruption et la torture.
Disqualification/récusation
Couvre les données relatives au retrait d'un juge ou d'un procureur en raison d'un conflit
d'intérêts ou d'un manque d'impartialité.
* Pour les procureurs qui ont des compétences en tant qu'officiers de police, voir les Lignes directrices pour la
production de données statistiques par la police (publication des Nations Unies, 2022).
Boîte 3.1
Avantages des données événementielles
La collecte de données basées sur des événements, comme le proposent les lignes directrices
actuelles, plutôt que de simples statistiques sommaires, présente de nombreux avantages pour
les parties prenantes du secteur de la justice pénale. Ces données sont susceptibles d'améliorer la
qualité globale et le niveau de détail des données relatives à la criminalité et à la justice pénale en
saisissant des détails sur des événements individuels, tels que les infractions pénales (y compris
des détails sur la ou les victimes et le ou les délinquants), les procédures judiciaires, les ressources
humaines et les cas d'inconduite. Les détails supplémentaires mis en évidence dans ces lignes
directrices comprennent des informations contextuelles telles que la date d'introduction d'une
affaire pénale auprès d'un tribunal, la fourniture ou non d'une aide juridique dans le cadre d'une
affaire pénale ou l'approbation par le tribunal d'une demande de détention provisoire.
Ces données basées sur les événements fournissent une vue plus granulaire et détaillée des
activités du ministère public et des tribunaux. Au lieu d'utiliser des chiffres agrégés de base, il
devient possible d'examiner des informations détaillées sur chacune des 12 dimensions de leur
travail saisies dans le cadre proposé. Les données agrégées peuvent masquer des nuances
importantes qui ne peuvent être révélées que par des données événementielles. Ce niveau de
détail permet une compréhension plus holistique des opérations du ministère public et des
tribunaux, de la manière dont la justice est rendue et peut contribuer à améliorer la justice et
l'équité dans le système de justice pénale.
Par exemple, les données événementielles peuvent permettre aux tribunaux de gérer les affaires
24
plus efficacement en améliorant la gestion des dossiers et en veillant à ce que les affaires
progressent efficacement tout au long du processus de justice pénale, ce qui pourrait réduire les
retards et les arriérés. Les variables proposées dans le cadre comprennent les dates de dépôt et
de clôture de chaque affaire pénale individuelle qui, combinées aux autres variables, peuvent
révéler exactement quels types d'affaires prennent plus de temps à traiter et permettre de mieux
comprendre pourquoi c'est le cas. Par exemple, une analyse pourrait révéler que les accusations
liées à la criminalité organisée prennent beaucoup de temps en raison de leur complexité
inhérente. Une réponse politique pourrait consister à développer un programme de formation
spécifique pour les juges ou à créer un tribunal spécialisé qui traite exclusivement les affaires
impliquant des groupes criminels organisés.
Le ministère public peut également utiliser les données événementielles proposées dans les lignes
directrices actuelles pour améliorer ses activités. Par exemple, les données sur les infractions
pénales basées sur les événements offrent une mine d'informations sur les caractéristiques des
victimes et des auteurs, et fournissent des détails sur le contexte dans lequel l'infraction a été
commise (par exemple, le lieu, le motif, le type d'arme utilisé). La collecte et l'utilisation
systématiques de ces données peuvent s'avérer précieuses pour constituer des dossiers, préparer
les procès et veiller à ce que la justice soit rendue en fonction de la nature et des circonstances de
chaque affaire.
La collecte et l'utilisation de données événementielles contribuent également à renforcer la
responsabilité du ministère public et des tribunaux. Elle permet aux superviseurs et aux organes
de contrôle d'examiner le traitement des affaires individuelles, en s'assurant que les normes
éthiques et juridiques sont respectées. Par exemple, l'auteur de l'infraction a-t-il bénéficié d'une
interprétation sur demande, a-t-il eu accès à une aide juridique, la victime a-t-elle bénéficié de
mesures de protection adéquates et a-t-elle reçu une indemnisation appropriée de la part de
l'auteur de l'infraction ou de l'État. Les données collectées sur la conduite professionnelle et les
déchéances/récusations, comme le suggère le cadre, peuvent contribuer à renforcer la
responsabilité et à orienter les débats politiques.
En outre, les chercheurs dans le domaine de la justice pénale peuvent utiliser des données
détaillées basées sur des événements pour mener des études et des évaluations plus
approfondies. Ces recherches peuvent permettre d'identifier les tendances juridiques - telles que
les nouveaux types d'activités criminelles - et d'éclairer la prise de décision et les
recommandations politiques fondées sur des données probantes. Les dimensions suggérées dans
les lignes directrices actuelles pourraient également contribuer à améliorer les analyses de risque
et la prévention des condamnations injustifiées en examinant en détail les cas antérieurs et en
acquérant une meilleure compréhension des facteurs déterminants en jeu.
En résumé, comparées aux statistiques sommaires, les données événementielles fournissent des
informations plus détaillées, des aperçus contextuels importants et une plus grande souplesse
d'analyse. Ces avantages impliquent que les données événementielles peuvent contribuer de
manière significative à l'amélioration de la qualité, de la justesse et de l'équité de la justice rendue
par le ministère public et les tribunaux.
Comme indiqué, l'annexe du présent document contient une vue d'ensemble des variables qui
pourraient être collectées pour chaque dimension. Ce cadre doit être interprété comme une "liste
de souhaits", car de nombreux pays ne disposeront pas de données complètes pour toutes les
dimensions dès le départ. La liste se veut ambitieuse et les responsables d'organisation devraient
s'efforcer de collecter le plus grand nombre possible de ces variables afin de mieux suivre et
comprendre le fonctionnement du ministère public et des tribunaux au sens le plus large possible.
25
Il est important de souligner que de nombreuses dimensions comportent des variables proposées
qui sont incluses pour pouvoir identifier des enregistrements individuels (par exemple, l'identifiant
du cas). Ces variables sont destinées à relier des enregistrements distincts dans le but de créer des
statistiques plus détaillées en combinant différents ensembles de données. Elles ne sont pas
destinées à la publication puisqu'elles sont liées à des enregistrements individuels. Les
enregistrements de données individuelles doivent être soigneusement protégés afin de respecter les
lois relatives à la protection de la vie privée et à la confidentialité lors de la production de
statistiques. Pour plus d'informations à ce sujet, veuillez vous référer au chapitre 5.
Étant donné que le ministère public et les tribunaux fonctionnent souvent avec des ressources
limitées, Tableau 3.2 met en évidence quatre dimensions fondamentales qui devraient recevoir la
plus haute priorité de mise en œuvre. Le ministère public et les tribunaux devraient se concentrer
sur la collecte de données pour ces dimensions fondamentales avant de passer à d'autres
dimensions. Cela ne signifie pas que les autres dimensions du cadre ne sont pas pertinentes ou
importantes. Il s'agit simplement de reconnaître le fait qu'une mise en œuvre progressive est
souvent plus réaliste qu'un effort de tout ou rien, comme indiqué au chapitre 1.
Tableau 3.2 Quatre dimensions essentielles du cadre ayant la plus haute priorité de mise en œuvre
Dimension Motivation
Ressources/Ressources Attirer, retenir et former une main-d'œuvre qualifiée et diversifiée
humaines est essentiel pour le fonctionnement et la gestion efficaces du
ministère public et des tribunaux. Ces données sont collectées
dans l'UN-CTS tous les deux ans.
Statistiques CJ/Poursuite des Cette dimension est directement liée aux résultats relatifs aux
affaires pénales deux fonctions essentielles des procureurs, à savoir la conduite
d'enquêtes et la recherche de la justice. En outre, les données
relatives au nombre de personnes poursuivies sont collectées
chaque année dans le cadre de l'UN-CTS.
CJ Statistiques/Procès criminels Cette dimension est directement liée aux résultats relatifs aux
deux fonctions essentielles des tribunaux, à savoir le règlement
des litiges juridiques et la sanction des contrevenants à la loi. En
outre, des données sur le nombre de personnes condamnées sont
collectées chaque année dans le système de suivi des tribunaux de
l'ONU.
Conduite/Conduite L'administration de la justice exige que les lois soient appliquées
professionnelle de manière équitable, rationnelle, prévisible, cohérente et
impartiale. Cet aspect est également souligné dans les Principes de
Bangalore sur la déontologie judiciaire et dans les Lignes
directrices des Nations unies sur le rôle des magistrats du parquet.
Le comportement professionnel du personnel du ministère public
et des tribunaux est essentiel à l'État de droit et doit être surveillé
de près.
Outre un ensemble de variables à mesurer, une liste de catégories suggérées pour la plupart des
variables est fournie en annexe du présent document. Ces catégories représentent les valeurs
qu'une variable donnée peut prendre. L'utilisation d'une liste standardisée de catégories garantit la
comparabilité des données collectées pour des variables spécifiques. Cependant, les catégories
(minimales) suggérées peuvent contenir des options qui ne sont pas pertinentes compte tenu du
26
contexte national ou des catégories cruciales peuvent avoir été complètement omises compte tenu
du contexte. Il est donc important d'adapter la liste des catégories au contexte, tout en veillant à ce
que tous les ministères publics et tribunaux d'un même pays utilisent le même ensemble. En outre,
lorsque les variables doivent être utilisées par d'autres institutions du secteur de la justice pénale,
telles que la police ou le système pénitentiaire, il convient également de veiller à ce qu'elles soient
alignées sur ces institutions.
Il convient de noter que, pour un certain nombre de variables, le contexte national diffère tellement
d'un pays à l'autre qu'aucune catégorie n'est suggérée dans les présentes lignes directrices. Les
catégories pour ces variables doivent être déterminées au niveau national dans leur intégralité.
L'accent est mis ici sur l'amélioration de la comparabilité nationale plutôt que sur la tentative de
faire entrer tous les pays dans une catégorisation internationale unique qui risque de ne pas être
pertinente dans de nombreux contextes.
L'importance de la collecte de ces informations désagrégées est soulignée dans l'Agenda 2030 dans
son appel à des données suffisamment détaillées sur l'expérience des individus à travers de
multiples dimensions, y compris l'âge, le sexe, le handicap, l'ethnicité, l'origine, la religion, le statut
économique ou un autre statut. Ces variables permettent de coder des données supplémentaires,
telles que des descriptions de cas, de victimes et de délinquants (voir aussi Boîte 3.2 sur les
statistiques de genre dans le système de justice pénale). Les variables permettent également
d'évaluer la composition de la main-d'œuvre et les éventuels biais en matière de ressources
humaines au sein du ministère public et des tribunaux. Par conséquent, la collecte systématique des
variables de désagrégation fournit des informations contextuelles supplémentaires pour soutenir
une analyse plus sophistiquée et plus approfondie, ainsi que des réponses institutionnelles plus
ciblées.
Boîte 3.2
Statistiques sexospécifiques dans le système de justice pénale
Un système de justice pénale équitable, efficace et représentatif respecte les droits
fondamentaux de toutes les femmes et de tous les hommes.29 Un tel système devrait également
être sensible à la dimension de genre et viser à identifier et à traiter les préjugés sexistes affectant
le système de justice pénale, à prévenir les crimes fondés sur le genre, à protéger et à aider les
victimes/survivants et à encourager la participation active des femmes à tous les niveaux du
système de justice pénale. Cela nécessite au minimum que les données soient ventilées par sexe
pour permettre de mesurer les différences entre les femmes et les hommes. Le mot "sexe" fait
référence aux différences biologiques entre les femmes et les hommes. Le terme "genre", quant à
lui, fait référence aux différences socialement construites dans les attributs et les opportunités
associés au fait d'être une femme ou un homme, ainsi qu'aux interactions et relations sociales
entre les femmes et les hommes. Lorsque des données sur les caractéristiques démographiques
sont collectées, c'est généralement le sexe d'une personne qui est enregistré, en tant que femme
ou homme, et non le genre.
Le cadre décrit dans ce chapitre comprend une variable dédiée à l'enregistrement de ces données
chaque fois que cela est possible. Ces données peuvent révéler, par exemple, la proportion de
femmes et d'hommes travaillant au sein du ministère public ou le nombre de délinquants
féminins et masculins par catégorie d'infraction. Toutefois, la ventilation des données par sexe
29 Outil d'évaluation du genre dans le système de justice pénale (publication des Nations Unies, 2010).
27
n'est qu'une première étape. Comme l'indique le manuel des Nations unies sur l'intégration d'une
perspective de genre dans les statistiques, les données du site30 devraient également refléter les
questions de genre et être basées sur des concepts et des définitions qui reflètent de manière
adéquate la diversité des femmes et des hommes, et les méthodes de collecte devraient prendre
en compte les stéréotypes et les facteurs sociaux et culturels susceptibles d'introduire des
préjugés sexistes dans les données. De cette manière, les données ventilées par sexe, lorsqu'elles
sont analysées, ont la capacité de révéler les différences dans la vie des femmes et des hommes
qui sont le résultat des rôles et des attentes liés au genre.
Le cadre décrit dans ce chapitre comprend une série de variables qui pourraient être utilisées à
cette fin. Par exemple, les tribunaux sont encouragés à enregistrer des données sur
l'indemnisation des victimes. Ces données pourraient être utilisées pour analyser si les femmes et
les hommes reçoivent une indemnisation égale et équitable après avoir été victimes d'infractions
pénales similaires. Autre exemple, les variables qui enregistrent le type de mesures prises pour
protéger la victime, l'accès de la victime à une représentation légale et la fourniture d'un
interprète pourraient également être utilisées pour mieux comprendre les différentes expériences
du système de justice pénale pour les femmes et les hommes. Par exemple, dans les cas de
violence à l'encontre des femmes, il peut être crucial de veiller à ce que des mesures de
protection adéquates soient prises pour éviter une victimisation secondaire et l'accès à l'aide
juridique peut être vital pour garantir que les survivants ont accès au système juridique et aux
recours auxquels ils ont droit.31
En enregistrant ces détails pour chaque cas individuel, il est possible de produire des statistiques
globales qui permettent aux décideurs politiques de mieux comprendre les différents parcours
des femmes et des hommes en matière de justice. Ces données révèleraient également si les
femmes ou les hommes rencontrent des difficultés ou des inégalités spécifiques à différents
stades du système de justice pénale, qu'il conviendrait de traiter en tenant compte de leurs
besoins spécifiques en matière de genre. En résumé, une évaluation du système de justice pénale
ou de l'une de ses composantes ne peut être complète sans un examen minutieux de la manière
dont le système et les différents secteurs traitent la question du genre, et le cadre introduit dans
les présentes lignes directrices vise à y contribuer de manière positive.
Veuillez noter que ces lignes directrices sont de nature générale. Les variables et leurs catégories
proposées ici ne sont pas exhaustives mais visent à permettre la collecte, la production et la
diffusion de statistiques de base. Indépendamment de leur inclusion dans ce cadre, les pays doivent
continuer à s'assurer que toutes les garanties procédurales pertinentes sont en place et que les
droits fondamentaux de tous les individus sont protégés conformément à la législation nationale et
aux instruments internationaux. En outre, lors de la collecte de données sur les groupes vulnérables,
en particulier les enfants, il convient de tenir compte des normes, règles et lois (internationales)
existantes en matière de collecte de données.
Le reste de ce chapitre aborde les détails de chaque dimension, donne un aperçu des variables
proposées à collecter et met en lumière les efforts actuels de collecte de données liés aux
dimensions clés susmentionnées dans différents pays du monde. Ces exemples illustrent les efforts
de collecte de données déjà en cours, mais ils ne sont pas toujours en parfaite adéquation avec le
cadre proposé dans les lignes directrices actuelles.
28
3.2 Données sur les ressources du ministère public et des tribunaux
3.2.1 Ressources humaines
Attirer, retenir et former une main-d'œuvre qualifiée et diversifiée est essentiel pour le
fonctionnement et la gestion efficaces du ministère public et des tribunaux. Les statistiques sur les
ressources humaines permettent de suivre des indicateurs agrégés, tels que le nombre d'employés
par tribunal/ ministère public ou le pourcentage d'employés formés à un sujet spécifique ou à une
technique de recherche, le nombre d'employés de soutien par bureau, le taux de rotation du
personnel, le rapport entre juges professionnels et non professionnels, les affaires
entrantes/résolues/pendantes par procureur ou juge et la répartition des postes par sexe, âge,
situation de handicap, etc.32
Comme indiqué dans l'outil d'évaluation du genre dans le système de justice pénale,33 les questions
de genre imprègnent l'ensemble du système de justice pénale. Il est important de comprendre les
attitudes, les perceptions et les préjugés liés au genre qui peuvent affecter et affectent
effectivement la prise de décision à tous les niveaux du secteur de la justice. L'outil propose de
collecter plusieurs statistiques sur le genre liées aux ressources humaines, telles que le ratio
hommes/femmes à différents niveaux d'ancienneté pour les procureurs et les juges. Les variables
proposées dans les lignes directrices actuelles peuvent être utilisées pour calculer ces indicateurs.
Les variables proposées dans le Tableau 3.3 reflètent la répartition du personnel en fonction de la
division organisationnelle, des ministères publics et des tribunaux spécifiques, du sexe, de l'âge, du
grade, de la langue parlée, etc. Pour plus de détails, les catégories (minimales) suggérées et les
notes, veuillez vous référer à l'annexe.
32 Cadre mondial d'indicateurs pour les objectifs de développement durable et les cibles de l'Agenda 2030 pour le développement
durable, indicateur 16.7.1.
33 Publication des Nations unies, 2010.
29
ministère public ou le tribunal
Début de la position Date à laquelle le membre du personnel a commencé à travailler à son
poste actuel
Nomination Mode de nomination pour le poste actuel de l'agent, le cas échéant
Situation Indicateur d'emploi à temps plein, à temps partiel ou autre statut
professionnelle (déterminé au niveau national)
Rang Rang hiérarchique ou rôle du membre du personnel au sein du ministère
public ou du tribunal (par exemple, juge professionnel, juge non
professionnel, jury, procureur, personne ayant des fonctions similaires à
celles du procureur, rechtspfleger34 , non juge (greffiers), non procureur,
administratif, technique ou autre).
ID du bureau Identifiant du ministère public ou du tribunal auquel l'agent est
actuellement affecté
Division Division à laquelle l'agent est actuellement affecté
Zone administrative Région administrative du pays (niveau 1, 2, etc.) où l'agent est en poste
Date de rétention Date à laquelle le membre du personnel a cessé de travailler dans le
bureau, le cas échéant
Motif de rétention Raison pour laquelle le membre du personnel a cessé de travailler dans le
bureau, le cas échéant
DÉTAILS DE LA FORMATION
Unité d'analyse Description
Formations Dossiers de formation de chaque membre du personnel
Variable Description
ID du personnel Identifiant unique du membre du personnel
Sexe Sexe du membre du personnel
Age Âge du membre du personnel
Ethnicité Ethnicité du membre du personnel
Expérience Années d'expérience du membre du personnel
Rang Grade de l'agent
Type de formation Formation suivie avec succès par le membre du personnel
Date de la formation Date d'achèvement de la formation
Certificat Identifiant indiquant si l'agent a obtenu un certificat
Date d'expiration Date d'expiration du certificat
DÉTAILS DES PERFORMANCES
Unité d'analyse Description
Performance Dossiers de performance de chaque membre du personnel
34 Huissier de justice indépendant, exerçant les tâches assignées par la loi, qui n'est pas un assistant judiciaire mais qui travaille au sein
du tribunal et peut effectuer des tâches juridiques dans différents domaines.
30
Variable Description
ID du personnel Identifiant unique du membre du personnel
Sexe Sexe du membre du personnel
Age Âge du membre du personnel
Ethnicité Ethnicité du membre du personnel
Expérience Années d'expérience du membre du personnel
Rang Grade de l'agent
Evaluation Note de performance attribuée au membre du personnel
Période Période d'évaluation du membre du personnel
Le sexe, l'âge et l'appartenance ethnique sont essentiels pour évaluer les éventuels préjugés dans les
politiques de ressources humaines et pour remédier à un éventuel manque de représentation de
certains groupes. Il s'agit là d'un élément clé pour faire progresser une justice pénale fondée sur les
droits de l'homme et sensible au genre, car les femmes, les minorités et d'autres groupes sont
encore sous-représentés dans les plus hautes fonctions du ministère public et des tribunaux dans de
nombreux endroits du monde (Boîte 3.3).
Les données relatives à l'embauche et à la rétention, ainsi que les données connexes, sont
pertinentes pour différents objectifs de gestion et d'organisation. Un taux de rotation élevé, par
exemple, peut avoir un impact négatif sur la productivité et entraîner une utilisation sous-optimale
des ressources. Les données relatives à l'expérience et à la formation peuvent s'avérer vitales
lorsqu'il s'agit de comparer le comportement des membres du personnel les plus expérimentés et
les mieux formés à celui des membres du personnel les moins expérimentés et les moins formés. Un
exemple de collecte de données sur les ressources humaines au Kenya est présenté dans l'encadré
3.4.
Les données relatives à la formation et à la performance du personnel sont également incluses dans
la dimension des ressources humaines. En collectant les données proposées, le ministère public et
les tribunaux peuvent évaluer l'alignement sur les besoins identifiés et les effets sur l'amélioration
des compétences et des comportements du personnel conformément aux principes directeurs
décrits dans la partie I du présent document.
Dans l'ensemble, les données relatives aux ressources humaines peuvent fournir des informations
essentielles et avoir un impact significatif sur la qualité de la justice axée sur les personnes fournie
par le ministère public et les tribunaux.
Boîte 3.3
Systèmes judiciaires et égalité des sexes
Les obligations en matière d'égalité entre les hommes et les femmes ont été mises en évidence par
une série d'instruments publiés par les Nations unies et les organismes régionaux, et sont reflétées,
par exemple, dans l'agenda "Femmes, paix et sécurité" du Conseil de sécurité des Nations unies.35
L'équilibre entre les sexes et la représentation des minorités dans les systèmes judiciaires sont des
31
facteurs importants pour des résultats plus équitables. Cela s'explique par un certain nombre de
facteurs, notamment une plus grande confiance du public dans les systèmes judiciaires lorsque les
effectifs du secteur de la justice sont visiblement plus diversifiés. En outre, la diversité sur le lieu de
travail peut contribuer à rendre les praticiens du secteur de la justice plus sensibles aux différentes
considérations pour les différents groupes, et donc à surmonter les préjugés implicites et les
stéréotypes inconscients. Même dans les États où la parité hommes-femmes est respectée parmi les
acteurs du système judiciaire, des obstacles fondés sur le sexe peuvent persister en matière de
promotion et d'avancement professionnel, et les minorités ethniques peuvent rester sous-
représentées parmi les acteurs du système judiciaire.36
La résolution 75/274 de l'Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 10 mars Journée
internationale de la femme juge, compte tenu du nombre relativement faible de femmes juges et de
femmes occupant des postes de direction dans le domaine judiciaire ou à tous les niveaux, et a
réaffirmé l'engagement des États membres à élaborer et à mettre en œuvre des stratégies et des
plans nationaux appropriés et efficaces pour la promotion des femmes aux postes de direction, de
gestion et à d'autres niveaux des systèmes et des institutions judiciaires.
Une plus grande participation des femmes professionnelles au système de justice pénale, en
particulier aux niveaux supérieurs, peut également contribuer à réduire les stéréotypes liés au genre
et à renforcer la volonté des femmes de faire valoir leurs droits. Cela se reflète dans les dispositions
des règles et normes des Nations unies, qui appellent à une représentation équitable des femmes
dans les agences du système judiciaire, en particulier aux niveaux de la prise de décision et de la
gestion, y compris pour donner aux victimes de violence le droit de parler à un agent féminin, qu'il
s'agisse de la police ou de tout autre fonctionnaire de la justice pénale, ou pour veiller à ce que des
avocates soient disponibles pour représenter les prévenues, les accusées et les victimes de sexe
féminin.37
Si l'on regarde de plus près, par exemple, les États membres du Conseil de l'Europe, on constate que
depuis plusieurs années, les femmes juges et procureurs sont plus nombreuses que les hommes,
mais que le phénomène du plafond de verre - à savoir la sous-représentation des femmes dans les
fonctions les plus élevées - persiste. En 2020, 56 % des juges étaient des femmes, mais seulement
38 % des présidents de tribunaux étaient des femmes. Du côté du ministère public, 53 % des
procureurs étaient des femmes, mais seulement 38 % des bureaux de procureur étaient dirigés par
des femmes.38
Cette expérience se répète dans le monde entier. Au Brésil, par exemple, environ 45 % des juges de
première instance étaient des femmes en 2018, tandis que les femmes ne représentaient que 23 %
des juges de deuxième instance et 16 % des juges nommés dans les juridictions supérieures.39 En
Argentine, aucun des quatre juges siégeant actuellement à la Cour suprême n'est une femme.40 Il
existe toutefois des exceptions notables. Au Kenya, par exemple, 54 % des juges des cours
supérieures sont des femmes et, à la Cour suprême, les femmes occupent trois sièges sur sept.41
Pour parvenir à l'égalité entre les femmes et les hommes dans le secteur de la justice - à la fois en
tant qu'employeur et prestataire de services judiciaires - le pouvoir judiciaire doit fonctionner et
servir le public d'une manière qui prenne en compte les différents besoins et circonstances des
hommes et des femmes. Le pouvoir judiciaire devrait régulièrement procéder à une analyse
32
approfondie de sa propre composition et de son fonctionnement, en veillant à ce que les données et
les informations collectées à cette fin prennent en compte les dimensions et les implications liées au
genre.42
Boîte 3.4
Données sur les ressources humaines, Bureau du directeur des poursuites
publiques, Kenya
Le bureau du directeur des poursuites publiques est le service national des poursuites au Kenya qui a
été mandaté par la Constitution pour poursuivre toutes les affaires criminelles. Il est présent dans les
47 comtés du pays. Les bureaux de comté sont chargés de travailler avec les tribunaux et les agences
d'enquête pour fournir des services de poursuite dans leur juridiction. Les rapports d'activité annuels
sont disponibles sur la page web du Bureau. Les données sur les ressources humaines reflètent le
personnel en poste et les établissements, ainsi que la répartition du personnel par ethnie, âge,
grade, niveau d'éducation le plus élevé.
Le tableau 3.4 fournit des données sur la répartition du personnel par origine ethnique au 30 juin
2021.
Tableau 3.4 Ressources humaines par ethnie au sein du Bureau du directeur des poursuites
publiques du Kenya, 2020-2021
Groupe ethnique Nombre Pourcentage
* Autres : Bajun, Basuba, Gabra, Gureeh, Kenyan Arab, Kuria, Mbere, Njemps, Nubien, Orma, Pokomo, Pokot,
Samburu, Somoli-So-State, Swahili Shirazi, Teso, Tharaka et Turkana.
42 Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Boîte à outils pour l'intégration et la mise en œuvre de
l'égalité entre les femmes et les hommes, 2021. Disponible à l'adresse suivante :
www.oecd.org/gender/governance/toolkit/judiciary/comprehensive-framework/clear-assessment.
33
Source : Kenya, Bureau du directeur des poursuites publiques, rapport annuel 2020-2021 : 21st Century
Prosecution Service (Nairobi, 2022).
La garantie d'un accès égal à la justice pour tous les citoyens exige également l'allocation d'un
budget adéquat. En outre, des moyens financiers suffisants et non arbitraires doivent être alloués
pour garantir le respect des principes fondamentaux relatifs à l'indépendance du système judiciaire
et des lignes directrices des Nations unies sur le rôle des procureurs, pour assurer des conditions de
service raisonnables, une rémunération adéquate et des investissements dans le renforcement des
capacités du personnel des ministères publics et des tribunaux.
Les variables proposées pour les ressources financières concernent les fonds alloués et les dépenses
du ministère public et des tribunaux pour leurs activités. Globalement, les données relatives aux
ressources financières pourraient être ventilées par lignes budgétaires telles que les salaires et
autres prestations, l'entretien des bâtiments, les frais de fonctionnement, la formation et l'éducation
du personnel des tribunaux ainsi que du personnel du ministère public, et d'autres dépenses. L'aide
judiciaire et l'assistance aux victimes pourraient constituer d'autres lignes budgétaires distinctes, de
même que toutes les garanties nécessaires à la défense de toute personne accusée d'une infraction
pénale.43
Il convient de noter que le ministère public et les tribunaux sont soumis aux règles comptables
nationales et que la structure des données financières est souvent prédéterminée et peut différer de
la structure proposée dans le Tableau 3.5. Le tableau met en évidence les variables proposées pour
la dimension. Des détails supplémentaires, des catégories (minimales) suggérées et des notes
figurent dans l'annexe.
43 A/RES/67/187.
34
administrative etc.)
Bureau Allocation dédiée aux différents ministères publics ou tribunaux du pays
Source Allocation par les différentes sources de financement
DÉTAILS DES DÉPENSES
Unité d'analyse Description
Dépenses Dépenses par exercice budgétaire
Variable Description
Type Détail des dépenses par ligne budgétaire (par exemple, salaires,
informatisation, autres dépenses, bâtiments (entretien, frais de
fonctionnement), investissements dans de nouveaux bâtiments, formation,
etc.)
Spécialisation Détail des dépenses par spécialité
Zone Dépenses par les différentes zones administratives du pays (niveau 1, 2, 3, etc.)
administrative
Bureau Dépenses des différents ministères publics ou tribunaux du pays
Source Dépenses par source de financement
Un exemple irlandais de collecte de données sur les dépenses et les revenus des tribunaux est
présenté dans l'encadré ci-dessous.
Boîte 3.5
Données sur le budget de la Cour (dépenses et recettes), Irlande
Conformément à la loi sur le service des tribunaux de 1998, le service des tribunaux irlandais est
responsable de la gestion et de l'administration des tribunaux et de la fourniture de services de
soutien aux juges. C'est à ce titre que le Courts Service joue un rôle dans la gestion et
l'investissement des fonds des tribunaux, qui sont détenus en fiducie par les tribunaux. Les juges
participent activement aux décisions sur l'allocation des ressources en tant que membres du Judicial
Appointments Advisory Board et en tant que membres de comités et de comités de projet.
Les états budgétaires annuels de la Cour sont disponibles sur la page web Irish Court's Service.
Le tableau 3.6 du budget 2020-21 présente les dépenses des tribunaux pour les activités
quotidiennes liées à la prestation de services aux usagers des tribunaux et à leur travail en
partenariat avec le système judiciaire et d'autres acteurs.
Dépenses courantes
Salaires et traitements 59 425 57 556
Frais de voyage et de séjour 2 433 2 291
Formation du personnel et formation
769 799
judiciaire
35
Frais accessoires/divers 8 052 4 472
Enregistrement audio numérique et autres
2 477 2 374
frais
Services juridiques 716 646
Services postaux 1 927 1 604
Télécommunications 1 481 1 329
Matériel et équipement de photocopie 194 240
Équipement et matériel de bureau 373 408
Entretien du palais de justice 7 122 6 454
Frais de chauffage, d'éclairage et de
2 634 2 698
carburant
Meubles et accessoires 328 739
Locaux généraux 2 308 1 881
Baux 6 043 4 851
Conseil (non lié à l'informatique) 167 217
Sous-total des dépenses courantes 96 451 88 558
Dépenses en capital
Systèmes informatiques et de
14 628 15 240
télécommunications
Palais de justice et autres bâtiments 6 058 12 895
Partenariat public-privé - Cour de justice
21 269 23 904
pénale paiements unitaires
Partenariat public-privé - Paiements
15 687 14 032
unitaires régionaux
Sous-total des dépenses en capital 57 641 66 070
Source : Irlande, Courts Service, Courts Service Annual Report 2021 (Dublin, 2022). Disponible à l'adresse
suivante : https://www.courts.ie/annual-report.
36
3.2.3 Ressources matérielles
Les ressources matérielles comprennent des données sur les biens matériels nécessaires au
fonctionnement d'une organisation. Elles comprennent les bâtiments à partir desquels les
procureurs et les juges travaillent et l'équipement qui les aide à faire leur travail. Les données
collectées pour cette dimension révèlent les installations disponibles pour le personnel et les
utilisateurs du système, la taille de la communauté qu'ils servent et si tous les membres du
personnel sont adéquatement équipés pour exécuter leurs fonctions avec succès. Étant donné la
complexité administrative du contrôle de chaque équipement, les États membres peuvent choisir
d'enregistrer les données sur les équipements informatiques au niveau agrégé plutôt qu'au niveau
de l'unité individuelle.
Tableau 3.7 met en évidence les variables proposées pour la dimension. Pour plus de détails, les
catégories (minimales) suggérées et les notes, veuillez vous référer à l'annexe.
DÉTAILS DE LA CONSTRUCTION
Unité d'analyse Description
Bâtiments Bâtiments individuels utilisés par les ministères publics et les tribunaux
Variable Description
ID du bâtiment Identifiant unique du bâtiment
Fonction du Fonction du bâtiment (par exemple, tribunal ou ministère public, bureau
bâtiment général ou spécialisé, etc.)
Date de Année d'achèvement du bâtiment
construction
Capacité en Capacité en personnel du bâtiment
personnel
Personnel affecté Nombre de personnes affectées au bâtiment
Communauté Taille de la communauté desservie par le bâtiment
Taille du bâtiment Espace disponible dans le bâtiment (en mètres carrés) à tous les étages
Cellules Capacité totale des cellules pour les détenus dans le bâtiment
Equipement des Indicateur de l'équipement des cellules en services de base (lumière, eau,
cellules toilettes, etc.)
Accessibilité Présence de dispositifs d'accessibilité dans l'ensemble du bâtiment (par
exemple, rampes d'accès, ascenseurs et portes élargies)
Installations des Services supplémentaires disponibles dans le bâtiment
bâtiments
Efficacité Efficacité énergétique du bâtiment
énergétique
Zone Région administrative du pays (niveau 1, 2, etc.) dans laquelle le bâtiment est
administrative situé
ID du bureau Identifiant du ministère public ou du tribunal auquel le bâtiment est affecté
DÉTAILS DE L'ÉQUIPEMENT INFORMATIQUE
37
Unité d'analyse Description
Matériel
Matériel informatique utilisé par les ministères publics et les tribunaux
informatique
Variable Description
IT ID Identifiant unique du matériel informatique
Type Matériel informatique spécifié par type
d'équipement
informatique
Fonctionnement Date de mise en service de l'équipement informatique
des équipements
informatiques
Zone Zone administrative du pays (niveau 1, 2, etc.) à laquelle les équipements
administrative informatiques sont affectés
ID du bureau Identifiant du ministère public ou du tribunal auquel le matériel informatique
est affecté
Un exemple mexicain de collecte de données sur les ressources physiques est présenté dans
l'encadré 3.6.
Boîte 3.6
Données sur les ressources physiques, Mexique
Le recensement national mexicain des marchés publics de la justice a pour objectif de générer des
informations statistiques et géographiques sur la gestion et la performance du ministère public de
chaque État, en particulier en ce qui concerne les fonctions gouvernementales, les marchés
publics de la justice, la justice pour les adolescents et les mécanismes alternatifs de résolution des
conflits. Les données sont collectées annuellement depuis 2011 afin d'informer le travail du
gouvernement sur la conception, la mise en œuvre, le suivi et l'évaluation des politiques
publiques.
Le tableau 3.8 présente les biens immobiliers utilisés par le procureur général ou par le bureau du
procureur général. Il met en évidence le nombre de bâtiments par état tout en faisant une
distinction selon le type de propriété. A Jalisco, par exemple, la majorité des bâtiments sont loués,
alors qu'à Mexico, la plupart des bâtiments sont possédés.
Tableau 3.8 Nombre de bâtiments utilisés par le procureur général ou le bureau du procureur
général, par État et par type de propriété, 2020
État Total Propriétaire Loué Autres
38
Colima 18 0 4 14
Chiapas 144 32 100 12
Chihuahua 147 51 68 28
Ville de Mexico 127 93 3 31
Durango 31 8 23 0
Guanajuato 105 37 55 13
Guerrero 81 0 64 17
Hidalgo 86 14 34 38
Jalisco 179 12 166 1
Mexique 131 72 25 34
Michoacán de Ocampo 50 13 29 8
Morelos 27 4 11 12
Nayarit 55 15 35 5
Nuevo León 96 6 52 38
Oaxaca 56 3 37 16
Puebla 165 23 17 125
Querétaro 38 2 2 34
Quintana Roo 39 0 9 30
San Luis Potosí 88 0 39 49
Sinaloa 59 23 24 12
Sonora 121 16 75 30
Tabasco 51 26 25 0
Tamaulipas 86 28 46 12
Tlaxcala 25 4 4 17
Veracruz de Ignacio de la Llave 133 26 107 0
Yucatán 31 15 0 16
Zacatecas 25 25 0 0
Source : Mexique, Institut national de la statistique et de la géographie (INEGI) : Mexique, Institut national
des statistiques et de la géographie (INEGI), Recensement national des marchés publics de la justice 2021.
Disponible à l'adresse https://en.www.inegi.org.mx/programas/cnpje/2021/.
39
lésions corporelles (graves) au personnel de l'accusation et de la Cour. Ces infractions peuvent être
classées sous la rubrique 0201 de la Classification (voies de fait et menaces) et peuvent
potentiellement entraîner des lésions corporelles mineures ou graves. Les données doivent inclure le
lieu, le contexte situationnel et l'issue de l'incident. Ces informations peuvent aider à mieux
comprendre les facteurs à l'origine de ces incidents et contribuer à la prévention de futurs incidents.
En outre, les données relatives aux congés pris par le personnel sont essentielles pour contrôler le
bien-être des membres du personnel, car un taux d'absentéisme élevé peut, par exemple, être une
indication de nombreux types de problèmes au sein des bureaux et de l'état des conditions de travail
qui y prévalent. Un niveau de rémunération adéquat du personnel des juges et des procureurs,
correspondant à leur niveau de responsabilité, contribue également à garantir l'indépendance
professionnelle dans l'exercice de leurs fonctions. Les données relatives à la rémunération du
personnel renforcent la transparence et peuvent contribuer à renforcer la confiance dans ces
institutions publiques.
Tableau 3.9 met en évidence les variables proposées pour la dimension. Pour plus de détails, les
catégories (minimales) suggérées et les notes, veuillez vous référer à l'annexe.
40
Sexe Sexe du membre du personnel
Age Âge du membre du personnel
Ethnicité Ethnicité du membre du personnel
Expérience Années d'expérience du membre du personnel
Rang Grade de l'agent
Rémunération Rémunération annuelle de l'agent en monnaie locale
DÉTAILS SUR LES CONGÉS
Unité d'analyse Description
Congés Registres des congés des membres du personnel
Variable Description
ID du personnel Identifiant unique du membre du personnel
Sexe Sexe du membre du personnel
Age Âge du membre du personnel
Ethnicité Ethnicité du membre du personnel
Expérience Années d'expérience du membre du personnel
Rang Grade de l'agent
Type de congé Type de congé pris par l'agent
Date de début Date de début du congé
Date de fin Date de fin du congé
Montant Nombre de jours ouvrables dans la période de congé
Un exemple australien de collecte de données sur la sécurité du personnel des tribunaux est
présenté dans l'encadré ci-dessous.
Boîte 3.7
Données sur les incidents de sécurité dans les tribunaux, Australie
Le rapport annuel 2020-21 du Court Services Victoria, Australie, présente une série de données sur
ses activités. Cela comprend des informations sur sa gouvernance et sa structure opérationnelle, une
série de mesures de performance et un résumé financier.
Il est important de noter que le rapport présente également des données sur les performances en
matière de santé et de sécurité au travail. Au cours de l'année 2021-22, 136 incidents au total ont
été signalés, dont 104 par des employés du service de la Cour et 32 par des usagers (tableau 3.10).
Ces chiffres ne tiennent pas compte des incidents liés à la COVID-19. Ce chiffre est en légère
augmentation par rapport à l'année précédente, ce qui s'explique en partie par le fait que les
employés retournent sur leur lieu de travail après la pandémie. Les employés sont encouragés à
déposer des rapports d'incidents pour les dangers potentiels, les incidents évités de justesse et les
accidents afin d'informer une approche proactive de la santé, de la sécurité et de la gestion des
risques.
Les Court Services Victoria continuent de promouvoir l'importance de signaler les problèmes de
santé et de sécurité et les dangers potentiels afin de contribuer à minimiser les risques pour les
41
employés et les usagers des tribunaux. Le signalement proactif des problèmes de santé et de
sécurité est une méthode efficace pour identifier les risques le plus tôt possible et permettre une
approche active de la santé, de la sécurité et du bien-être.
Source : Australie, Court Services Victoria, Delivering Excellence in Court and Tribunal Administration : Annual
Report 2021-22 (Melbourne, 2022). Disponible à l'adresse https://courts.vic.gov.au/publications/court-
services-victoria-annual-report-2021-22.
Les variables proposées dans ce domaine thématique sont essentielles pour une gestion efficace de
la charge de travail et pour un traitement approprié des différentes catégories d'infractions, mais
aussi pour respecter les droits procéduraux des victimes et des auteurs d'infractions, tels que l'accès
à un avocat ou à un interprète.
Les variables proposées fournissent des données sur les procédures et les résultats des enquêtes
menées par les procureurs et comprennent des détails au niveau de l'affaire, de l'accusation et de la
personne.44 Les variables de désagrégation minimales recommandées par la Classification pour la
victime et l'auteur de l'infraction sont également incluses. Les variables pour les victimes et les
44 Il est à noter qu'un certain nombre de variables se chevauchent avec la dimension "Procès pénal". Si le ministère public et les
tribunaux partagent un même système d'enregistrement des données, les données relatives aux variables qui se recoupent ne
devront être saisies qu'une seule fois dans le système commun. En revanche, si le ministère public et les tribunaux disposent de
systèmes d'enregistrement de données distincts, ces variables devront être enregistrées séparément par chaque institution.
42
délinquants comprennent des détails supplémentaires tels que l'application ou non de dispositions
spécifiques pour les enfants, la présence d'un avocat ou d'un interprète et toute mesure de
détention provisoire prise.
Les variables liées à l'inculpation, telles que l'identification et le type d'inculpation, ainsi que la date
et le type d'élimination, sont essentielles pour suivre les informations sur les résultats attribués à
chaque inculpation et à chaque délinquant. Les variables telles que les dates de dépôt et de clôture
sont essentielles pour la gestion du temps des procédures pénales.45 Ces informations peuvent être
utilisées pour guider les efforts des procureurs afin d'éviter les retards dans les procédures pénales.
Idéalement, ces informations devraient également être mises à la disposition du public sous forme
agrégée.
Comme indiqué dans l'outil d'évaluation sur le genre dans le système de justice pénale,46 les
questions de genre imprègnent l'ensemble du système de justice pénale. Il est important de
comprendre les attitudes, les perceptions et les préjugés liés au genre qui peuvent affecter et
affectent effectivement la prise de décision à tous les niveaux du secteur de la justice. L'outil
propose de collecter plusieurs statistiques sur le genre liées au service des poursuites, telles que le
nombre de cas de violence à l'égard des femmes qui donnent lieu à des poursuites. Les variables
proposées dans les lignes directrices actuelles peuvent être utilisées pour calculer ces indicateurs.
Tableau 3.11 met en évidence les variables proposées pour la dimension. Pour plus de détails, les
catégories (minimales) suggérées et les notes, veuillez vous référer à l'annexe.
45 Commission européenne pour l'efficacité de la justice, "Lignes directrices révisées de SATURN pour la gestion du temps judiciaire",
CEPEJ(2021)13 (Strasbourg, Conseil de l'Europe, 2021).
46 Publication des Nations unies, 2010.
43
cas
Statut du dossier Statut actuel de l'affaire (par exemple, non traitée, en cours, réglée, recours)
Instance Niveau de l'instance actuelle (par exemple, première instance, appel, pourvoi)
Date d'inscription Date de l'enregistrement initial de l'affaire par le ministère public
Date d'audience Date de saisine du tribunal
Date de clôture Date du jugement définitif de l'affaire
Jury Identifiant indiquant si le procès est assisté par un jury
ID du personnel Identifiant unique du membre du personnel chargé du dossier
Sexe Sexe du membre du personnel chargé du dossier
Age Âge du membre du personnel chargé du dossier
Ethnicité Ethnicité du membre du personnel chargé du dossier
Expérience Années d'expérience du membre du personnel chargé du dossier
Rang Rang du membre du personnel chargé du dossier
ID de l'office des Identifiant du bureau de l'agent responsable du dossier
poursuites
DÉTAILS DE L'ACCUSATION PÉNALE
Unité d'analyse Description
Charge Accusation(s) individuelle(s) dans le cadre d'une affaire pénale unique
Variable Description
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale enregistrée
d'identification du
cas
ID de l'accusation Identifiant unique de l’accusation
Type de charge Accusation par catégorie d'infraction de la Classification internationale ou
classification nationale
Date et heure Date et heure de l'infraction pénale
Zone Région administrative du pays (niveau 1, 2, etc.) où l'infraction pénale a été
administrative commise
Type Lieu Type d'infraction pénale
d'emplacement
Réalisation Identifiant permettant de savoir si l'infraction pénale a été tentée ou accomplie
Arme Type d'arme utilisée
Contexte Contexte situationnel de l'infraction pénale
Motif Motivation de l'infraction pénale
cy Identifiant d'infraction liée à la cybercriminalité
Date d’accusation Date de dépôt de la plainte
Date de décision Date de réception de la décision
44
Décision finale Identifiant indiquant si la décision est définitive (c'est-à-dire que la décision n'a
pas fait l'objet d'un recours ou que les possibilités de recours ont été épuisées).
Type de décision Type de décision (par exemple, détournement, abandon, rejet, acquittement,
condamnation)
Sous-type de Plus de détails sur le type de décision
décision
Plaidoyer de Identifiant permettant de savoir si un plaidoyer de culpabilité a lieu et s'il est
culpabilité accordé
DÉTAILS SUR LA VICTIME
Unité d'analyse Description
Victime Victime(s) individuelle(s) dans le cadre d'une même affaire pénale
Variable Description
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale enregistrée
d'identification du
cas
Identification de Identifiant unique de la victime
la victime
Sexe de la victime Sexe de la victime
Âge de la victime Âge de la victime
Ethnicité victime Ethnicité de la victime
Relation Relation de la victime avec l'auteur de l'infraction
Nationalité de la Nationalité de la victime
victime
Statut juridique de Statut juridique de la victime
la victime
Etat d’intoxication Identifie si la victime était intoxiquée par des drogues contrôlées ou d'autres
de la victime substances psychoactives
Secteur Secteur économique (le cas échéant)
Enfant Types d'arrangements spéciaux pour les enfants qui sont appliqués (par
exemple, l'utilisation d'un langage adapté aux enfants, la présence d'une
personne de confiance, la possibilité de témoigner dans une pièce séparée, la
programmation de la procédure judiciaire en fonction du calendrier scolaire de
l'enfant et la création d'un environnement adapté aux enfants).
Mesures de Types de mesures prises pour protéger la victime
protection
Représentation Indique si la victime a eu accès à une représentation légale, y compris à l'aide
légale juridictionnelle gratuite.
Interprétation Identifiant permettant de savoir si l'interprétation a été demandée et fournie à
la victime
DÉTAILS SUR L’AUTEUR
Unité d'analyse Description
45
Auteur de
Auteur(s) individuels d’infractions dans le cadre d'une même affaire pénale
l'infraction
Variable Description
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale enregistrée
d'identification du
cas
ID de l'auteur de Identifiant unique de l'auteur de l'infraction
l'infraction
Sexe de l'auteur Sexe de l'auteur de l'infraction
Âge de l'auteur Âge de l'auteur de l'infraction
Origine ethnique Origine ethnique de l'auteur de l'infraction
de l'auteur
Relation Relation de l’auteur de l’infraction avec la victime
Nationalité de Nationalité de l’auteur de l'infraction
l’auteur
Statut juridique de Statut juridique de l'auteur de l'infraction
l’auteur
Etat d’intoxication Indique si l'auteur de l'infraction a été intoxiqué par des drogues contrôlées ou
de l’auteur d'autres substances psychoactives
Statut Situation économique de l'auteur de l'infraction
économique de
l’auteur
Personnes à Détermine si l’auteur a des enfants à charge ou d'autres responsabilités de
charge prise en charge
Récidiviste Statut de récidiviste de l'auteur de l'infraction
Enfant Types d'arrangements spéciaux pour les enfants qui sont appliqués (par
exemple, l'utilisation d'un langage adapté aux enfants, la présence d'une
personne de confiance, la possibilité de témoigner dans une pièce séparée, la
programmation de la procédure judiciaire en fonction du calendrier scolaire de
l'enfant et la création d'un environnement adapté aux enfants).
Représentation Identifiant permettant de savoir si l’auteur a eu accès à une représentation
légale juridique, y compris à l'aide juridictionnelle gratuite
Interprétation Identifiant permettant de savoir si l'interprétation a été demandée et fournie à
l’auteur de l’infraction
Détention Identifiant permettant de savoir si l'auteur de l'infraction est placé en détention
provisoire provisoire
Un exemple de collecte de données sur les poursuites pénales auprès de la Commission européenne
pour l'efficacité de la justice est présenté dans l'encadré ci-dessous.
46
Boîte 3.8
Données sur les poursuites pénales dans les États membres du Conseil de
l'Europe et certains États observateurs
La Commission européenne pour l'efficacité de la justice (CEPEJ) a été créée par le Comité des
ministres du Conseil de l'Europe en septembre 2002. Ses principaux objectifs sont de promouvoir la
mise en œuvre des instruments existants du Conseil de l'Europe pour l'organisation de la justice,
d'assurer des politiques publiques pour les tribunaux, de considérer les utilisateurs du système
judiciaire et de contribuer à la prévention des violations de l'article 6 de la Convention européenne
des droits de l'homme (le droit à un procès équitable).
Afin de remplir ces tâches, la CEPEJ entreprend depuis 2004 une évaluation régulière des systèmes
judiciaires dans les Etats membres du Conseil de l'Europe et dans certains Etats observateurs. En
conséquence, tous les deux ans, la CEPEJ publie un rapport d'évaluation, comprenant des données
spécifiques sur l'efficacité et la qualité de la justice en Europe. Tableau 3.12 présente un ensemble
commun de variables et de données sur les procédures pénales collectées par la CEPEJ et produites
par les services de poursuite dans des pays sélectionnés. Pour une vue d'ensemble de tous les pays
inclus dans l'analyse de la CEPEJ, veuillez vous référer au rapport. Ces données illustrent non
seulement les avantages de l'établissement d'un cadre harmonisé pour la collecte de données, mais
soulignent également la valeur ajoutée que de telles données peuvent apporter au niveau
international.
Tableau 3.12 Affaires traitées par les procureurs pour 100 habitants, pays sélectionnés, 2020
Traitées, en
Menées devant pourcentage de
État Reçues Traitées Abandonnées le tribunal celles reçues
Notes : NA, données non disponibles ; NAP, non applicable. La dernière colonne dépasse 100 % lorsque le nombre de
47
dossiers traités est supérieur au nombre de nouveaux dossiers reçus au cours d'une année donnée.
Source : Conseil de l'Europe : Conseil de l'Europe, Systèmes judiciaires européens, Rapport d'évaluation de la
CEPEJ : 2022 Cycle d'évaluation (données 2020) (Strasbourg, 2022). Disponible sur https://rm.coe.int/cepej-
report-2020-22-e-web/1680a86279.
48
3.3.2 Procès pénaux
Les tribunaux sont compétents pour toutes les questions de nature judiciaire et ont le pouvoir
exclusif de décider si une question soumise relève de leur compétence telle que définie par la loi.
Si l'on considère que le devoir de régler les litiges juridiques et de punir les contrevenants à la loi
est l'une des fonctions essentielles des juges, le règlement rapide des affaires, la gestion opportune
des dossiers et la tenue d'archives précises sont des tâches essentielles des juges.47
La publication des décisions de justice, la présence aux audiences et les motifs de report des
audiences sont d'autres variables destinées à garantir le respect du principe général du procès
équitable énoncé dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Les variables liées à
l'accusation, telles que l'identification et le type d'accusation, ainsi que la date et le type de
disposition, sont essentielles à enregistrer afin de suivre les informations sur les résultats attribués à
chaque accusation et à chaque défendeur.
Comme indiqué dans l'outil d'évaluation sur le genre dans le système de justice pénale,49 les
questions de genre imprègnent l'ensemble du système de justice pénale. Il est important de
comprendre les attitudes, les perceptions et les préjugés liés au genre qui peuvent affecter et
affectent effectivement la prise de décision à tous les niveaux du secteur de la justice. L'outil
propose de collecter plusieurs statistiques sur le genre en rapport avec les tribunaux, telles que les
taux de décision pour les délinquants dans les affaires contre les femmes. Les variables proposées
dans les lignes directrices actuelles peuvent être utilisées pour calculer ces indicateurs.
47 Commentaire sur les Principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire (publication des Nations Unies, 2007).
48 Il convient de noter qu'un certain nombre de variables se chevauchent avec la dimension "Poursuite des affaires pénales". Si le
ministère public et les tribunaux partagent un même système d'enregistrement des données, les données relatives aux variables qui
se chevauchent ne devront être saisies qu'une seule fois dans le système commun. En revanche, si le ministère public et les tribunaux
disposent de systèmes d'enregistrement de données distincts, ces variables devront être enregistrées séparément par chaque
institution.
49 Publication des Nations unies, 2010.
49
statistiques en utilisant une variété d'unités d'analyse, que ce soit au niveau de l'affaire, du chef
d'accusation ou de la personne. Par exemple, dans une affaire avec deux défendeurs, l'identifiant
unique de l'affaire est inclus dans les informations relatives aux deux défendeurs. Si les données sont
filtrées en fonction de l'identifiant de l'affaire, les détails concernant les deux prévenus seront
disponibles. En résumé, les données doivent être enregistrées séparément pour chaque affaire,
chaque accusation, chaque victime et chaque délinquant - les identifiants uniques permettant de
relier les données pertinentes et de générer des statistiques agrégées.
Tableau 3.13 met en évidence les variables proposées pour la dimension. Pour plus de détails, les
catégories (minimales) suggérées et les notes, veuillez vous référer à l'annexe.
50
DÉTAILS DE L'ACCUSATION
Unité d'analyse Description
Accusation Accusation(s) individuelle(s) dans le cadre d'une affaire pénale unique
Variable Description
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale enregistrée
d'identification
du cas
ID de l'accusation Identifiant unique de l’accusation
Type d’accusation Accusation par catégorie d'infraction de la Classification internationale (ou
classification nationale des crimes)
Date et heure Date et heure de l'infraction pénale
Zone Région administrative du pays (niveau 1, 2, etc.) où l'infraction pénale a été
administrative commise
Type Lieu Type d'infraction pénale
d'emplacement
Réalisation Identifiant permettant de savoir si l'infraction pénale a été intentée ou
accomplie
Arme Type d'arme utilisée
Contexte Contexte situationnel de l'infraction pénale
Motif Motivation de l'infraction pénale
cy Identifiant de l'infraction liée à la cybercriminalité
Date d’accusation Date de dépôt de la plainte
Date de décision Date de réception de la décision
Décision finale Identifiant indiquant si la décision est définitive (c'est-à-dire que la décision
n'a pas fait l'objet d'un recours ou que les possibilités de recours ont été
épuisées).
Type de décision Type de décision (par exemple, non-lieu, réduction des charges,
acquittement, condamnation)
Sous-type de Plus de détails sur le type de décision
décision
Plaidoyer de Identifiant permettant de savoir si un plaidoyer de culpabilité a lieu et s'il est
culpabilité accordé
Type de peine Type de peine appliquée
Durée de la peine Durée de la peine en jours (le cas échéant)
Montant de la Montant monétaire en monnaie locale (le cas échéant)
peine
Compensation Indique si la victime a bénéficié d'une restitution ou d'une indemnisation, soit
par le défendeur, soit par l'État.
Type Type de restitution/indemnisation accordée à la victime
d'indemnisation
51
DÉTAILS SUR LA VICTIME
Unité d'analyse Description
Victime Victime(s) individuelle(s) dans le cadre d'une même affaire pénale
Variable Description
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale enregistrée
d'identification
du cas
Identification de Identifiant unique de la victime
la victime
Sexe de la victime Sexe de la victime
Âge de la victime Âge de la victime
Ethnicité de la Ethnicité de la victime
victime
Relation Relation de la victime avec l'auteur de l'infraction
Nationalité de la Nationalité de la victime
victime
Statut juridique Statut juridique de la victime
de la victime
Etat Identifie si la victime était intoxiquée par des drogues contrôlées ou d'autres
d’intoxication de substances psychoactives
la victime
Secteur Secteur économique (le cas échéant)
Enfant Types d'arrangements spéciaux pour les enfants qui sont appliqués (par
exemple, l'utilisation d'un langage adapté aux enfants, la présence d'une
personne de confiance, la possibilité de témoigner dans une pièce séparée, la
programmation des procédures judiciaires en fonction du calendrier scolaire
de l'enfant et la création d'un environnement adapté aux enfants).
Mesures de Types de mesures prises pour protéger la victime
protection
Représentation Indique si la victime a eu accès à une représentation légale, y compris à l'aide
légale juridictionnelle gratuite.
Interprétation Identifiant permettant de savoir si l'interprétation a été demandée et fournie
à la victime
DÉTAILS DU DÉFENDEUR
Unité d'analyse Description
Défendeur Accusé(s) individuel(s) dans le cadre d'une même affaire pénale
Variable Description
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale enregistrée
d'identification
du cas
ID du défendeur Identifiant unique du défendeur
52
Sexe du Sexe du défendeur
défendeur
Âge du défendeur Âge du défendeur
Ethnicité du Ethnicité du défendeur
défendeur
Relation Relation du défendeur avec la victime
Nationalité du Nationalité du défendeur
défendeur
Statut juridique Statut juridique du défendeur
du défendeur
Etat Indique si le défendeur a été intoxiqué par des drogues contrôlées ou
d’intoxication du d'autres substances psychoactives.
défendeur
Statut Situation économique du défendeur
économique
défendeur
Personnes à Déterminer si le défendeur a des enfants à charge ou d'autres responsabilités
charge de prise en charge.
Récidiviste Statut de récidiviste du défendeur
Enfant Types d'arrangements spéciaux pour les enfants qui sont appliqués (par
exemple, l'utilisation d'un langage adapté aux enfants, la présence d'une
personne de confiance, la possibilité de témoigner dans une pièce séparée, la
programmation de la procédure judiciaire en fonction du calendrier scolaire
de l'enfant et la création d'un environnement adapté aux enfants).
Représentation Identifiant permettant de savoir si le défendeur a eu accès à une
légale représentation légale, y compris à l'aide juridictionnelle gratuite
Interprétation Identifiant permettant de savoir si l'interprétation a été demandée et fournie
au défendeur
Détention Identifiant permettant de savoir si le défendeur est placé en détention
provisoire provisoire
Un exemple des Philippines sur la collecte de données relatives aux affaires par les tribunaux est
présenté dans l'encadré suivant.
Boîte 3.9
Données sur le jugement des affaires pénales, Philippines
La Cour suprême des Philippines publie régulièrement des rapports sur son activité et des
rapports annuels sur le système judiciaire. Ces rapports comprennent, entre autres, des
statistiques sur le jugement des affaires par les tribunaux de première instance régionaux. Les
statistiques contiennent des informations sur la charge de travail des tribunaux régionaux de
première instance, depuis les affaires nouvellement déposées jusqu'aux affaires archivées, en
tenant compte des affaires en cours au début et à la fin de l'année. Le rapport souligne que le taux
d'élucidation et le taux de jugement sont des indicateurs de performance (tableau 3.14).
53
Tableau 3.14 Nombre d'affaires jugées par les tribunaux de première instance régionaux des
Philippines, 2019
Statut du dossier 2019
Entrée
Affaires en cours (début de l'année) 566 666
Nouveaux dossiers 296 761
Affaires rouvertes 23 617
Total de nouvelles affaires 887 044
Sortie
Affaires jugées 344 966
Affaires archivées 36 900
Nombre total d'affaires réglées 381 866
Source : Philippines, Supreme Court Public Information Office, Judiciary annual Report 2019 (Manille, 2020)
Philippines, Supreme Court Public Information Office, Judiciary annual Report 2019 (Manille, 2020).
Disponible à l'adresse suivante : https://sc.judiciary.gov.ph/annual-reports/.
Note : Taux de liquidation = Nombre total d'affaires réglées/ (Nouveaux dossiers + Affaires rouvertes) ;
Taux de règlement = Nombre total d'affaires réglées / Total de nouvelles affaires
54
Un autre exemple de Trinité-et-Tobago concernant la collecte de l'âge des affaires pénales en cours
par infraction principale (codes équivalents de la Classification) par la Criminal High Court est
présenté dans l'encadré suivant. Boîte 3.10.
Boîte 3.10
Données sur les procès pénaux concernant l'âge des affaires pénales en
cours, Trinité-et-Tobago
Le pouvoir judiciaire de Trinité-et-Tobago publie des rapports annuels sur son activité. Les affaires
pénales sont classées selon le code équivalent de la Classification de Trinité-et-Tobago, qui fournit
un cadre pour la production et la comparaison systématiques des données statistiques entre les
différentes institutions et juridictions de la justice pénale. Le code est basé sur des concepts, des
définitions et des principes internationalement reconnus.
Ces rapports comprennent, entre autres, des statistiques sur le profil d'âge des affaires en cours
examinées par la Haute Cour pénale, avec des catégories allant de moins de 3 ans à plus de 10
ans, ventilées par infraction principale selon le code équivalent de la Classification (figure 3.1).
Figure 3.1 Répartition des affaires pénales en cours par durée au 31 juillet 2021, selon le type
d'infraction
Source : Judiciaire de Trinité-et-Tobago, Rapport annuel 2020|21 : Agility and Resilience -Through COVID-19
and Beyond (Port-of-Spain, 2022). Disponible à l'adresse
www.ttlawcourts.org/images/annualreports/ar20202021.pdf.
55
3.3.3 Détention provisoire et mesures non privatives de liberté
La privation de liberté et d'autodétermination constitue une limitation significative des droits d'un
individu. Les procureurs ont le pouvoir, lorsque la loi ou la pratique locale l'autorise, d'arrêter et de
détenir des personnes. Conformément aux normes internationales mentionnées au chapitre 1, la
détention avant le procès doit être évitée dans toute la mesure du possible et limitée à des
circonstances exceptionnelles. Par conséquent, comme le recommande l'Assemblée, tous les efforts
devraient être faits pour appliquer des mesures non privatives de liberté au cours de la phase
précédant le procès. En outre, comme indiqué dans l'Ensemble de principes pour la protection de
toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d'emprisonnement, une
personne ne doit pas être maintenue en détention sans avoir la possibilité effective d'être
entendue rapidement par une autorité judiciaire ou autre. 50
Comprendre qui fait l'objet d'une détention provisoire ou d'autres mesures non privatives de liberté
et pourquoi, peut fournir des informations précieuses sur le fonctionnement du ministère public et
des tribunaux. Ces données permettraient également de savoir si des mesures arbitraires sont
appliquées ou si des groupes spécifiques sont traités différemment des autres et pourquoi.
L'infraction principale pour laquelle l'auteur présumé est détenu doit être consignée. En outre, il
convient de recueillir des informations telles que le fait de savoir si l'auteur présumé a été informé
de la raison de sa détention et de ses droits, et si l'auteur présumé a violé les conditions des mesures
de substitution imposées.
L'accès à une représentation juridique, à des conseils et à une assistance, notamment par le biais de
services d'aide juridique, à l'interprétation, à la publication des décisions et à la durée de la
détention provisoire sont plusieurs variables supplémentaires proposées pour cette dimension,
destinées à garantir le respect des droits procéduraux de la personne détenue. Si la sécurité
publique n'est pas compromise, d'autres mesures non privatives de liberté, telles que la libération
sous caution ou la surveillance électronique, peuvent être appliquées et faire l'objet d'un suivi afin
de réduire l'application des mesures de détention provisoire.
Tableau 3.15 met en évidence les variables proposées pour la dimension. Pour plus de détails, les
catégories (minimales) suggérées et les notes, veuillez vous référer à l'annexe.
Tableau 3.15 Variables proposées pour la dimension détention provisoire et mesures non
privatives de liberté
DÉTAILS DE LA DEMANDE
Unité d'analyse Description
Demandes individuelles de détention provisoire/mesures non privatives de
Demande
liberté
Variable Description
ID de la demande Identifiant unique de la demande
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale enregistrée, le cas échéant (fournit un lien
d'identification du vers les données du ministère public et/ou du tribunal)
cas
50 A/RES/43/173.
56
Infraction Principale infraction à l'origine de la détention ou de la mesure non privative de
liberté (par catégorie de la Classification internationale)
Motif de la Principale raison de la demande
demande
Date de Date de dépôt de la demande
soumission
Date Date d'enregistrement de la demande par la juridiction
d'enregistrement
Date de décision Date de la décision judiciaire rendue
Résultats Identifiant indiquant si la demande a été approuvée ou rejetée
Définitif Identifiant indiquant si la décision est définitive
ID de l'office des Identifiant de l'office des poursuites qui soumet la demande
poursuites
Numéro Identifiant de la juridiction qui examine la demande
d'identification de
la Cour
DÉTAILS DE LA MESURE
Unité d'analyse Description
Mesure Détention provisoire/mesures non privatives de liberté enregistrées pour
chaque délinquant individuel
Variable Description
ID de la mesure Identifiant unique de la mesure
Type de mesure Type de mesure appliquée (par exemple, assignation à résidence ou
surveillance électronique)
Information Indique si la personne a été informée du motif de la détention/de la mesure
alternative et de ses droits.
Date de début Date de début de la mesure pour le sujet
Date de fin Date de fin de la mesure pour le sujet
Localisation Lieu de détention provisoire (le cas échéant)
Mandat Identifiant permettant de savoir si un mandat a été délivré pour la mesure
Violation Identifiant indiquant si le sujet a violé les termes des mesures imposées
ID de l'auteur de Identifiant unique de l'auteur de l'infraction (permet d'établir un lien avec les
l'infraction données relatives aux poursuites et/ou aux tribunaux)
Sexe de l'auteur Sexe de l'auteur de l'infraction
Âge de l'auteur Âge de l'auteur de l'infraction
Ethnicité de Ethnicité de l’auteur de l'infraction
l’auteur
Nationalité de Nationalité de l’auteur
l’auteur
Représentation Identifiant permettant de savoir si le délinquant a accès à une représentation
57
légale juridique, y compris à l'aide juridictionnelle gratuite
Interprétation Identifiant permettant de savoir si une interprétation est requise et fournie
Boîte 3.11
Données judiciaires sur la détention provisoire et les mesures non
privatives de liberté, Uruguay
Tableau 3.16 fournit des informations sur le type de mesures appliquées par les tribunaux pénaux
en Uruguay en 2020. Il distingue le nombre de mesures appliquées par les tribunaux de
Montevideo et le nombre de mesures prononcées par les autres tribunaux.
Les données sont collectées et publiées régulièrement par la Cour suprême de l'Uruguay sur la
base d'une analyse descriptive réalisée à partir des informations collectées et traitées par le
système de gestion des tribunaux.
Tableau 3.16 Nombre de mesures de précaution imposées aux accusés, 2020, Uruguay
Mesures de précaution Montevideo Interne Total Pourcentage du
total général
* Autres : libération sous caution, arrestation, interdiction de quitter le pays, surveillance électronique, etc.
Source : Uruguay, Suprema Corte de Justicia, Procesos Penales 2020 : Código del Proceso Penal 2017
(Montevideo, 2020). Disponible à l'adresse www.poderjudicial.gub.uy/penal.html.
58
3.3.4 Opération de saisies
Les demandes et opérations de saisie constituent une autre activité essentielle du ministère public
et des tribunaux. Chaque juridiction dispose de pouvoirs et de limites spécifiques pour guider ces
opérations. Dans certaines juridictions de droit civil, le pouvoir d'ordonner le blocage ou la saisie de
biens susceptibles d'être confisqués est accordé aux procureurs, aux juges d'instruction ou aux
autorités chargées de l'application de la loi. Dans d'autres juridictions de droit civil, une autorisation
judiciaire est nécessaire. Dans les juridictions de common law, une ordonnance de blocage ou de
saisie d'actifs requiert généralement une autorisation judiciaire (avec quelques exceptions dans les
cas de saisie).51 Étant donné qu'il existe un risque de chevauchement des données sur les saisies
avec celles de la police, il est important de s'assurer que les détails de la saisie sont collectés par
l'agence qui exécute l'opération afin d'éviter un double comptage.
La collecte de données sur ces opérations permettra de mieux comprendre l'efficacité des
opérations nationales de saisie et de confiscation et de faire progresser les efforts dans le domaine
de la coopération internationale en matière d'identification, de saisie ou de confiscation des avoirs
criminels, en particulier ceux des organisations criminelles. Par exemple, si un groupe criminel
organisé 52 est impliqué, les données peuvent fournir des informations précieuses sur le
fonctionnement du groupe. Cela peut être particulièrement pertinent dans le cas de la criminalité
organisée internationale, comme le trafic de drogue, le trafic d'armes ou le trafic de biens culturels.
Les données pourraient contribuer à améliorer l'efficacité de ces opérations internationales,
conformément aux articles 27 et 28 de la Convention des Nations unies contre la criminalité
transnationale organisée, qui mettent l'accent sur la coopération entre les services répressifs et
l'échange d'informations sur la nature de la criminalité organisée. Les variables proposées mettent
également en évidence les rôles procéduraux du ministère public et des tribunaux à cet égard.
Tableau 3.17 met en évidence les variables proposées pour la dimension. Pour plus de détails, les
catégories (minimales) suggérées et les notes, veuillez vous référer à l'annexe.
DÉTAILS DE LA DEMANDE
Unité d'analyse Description
Demande Demandes individuelles d'émission d'une décision de saisie et leur résultat
Variable Description
ID de la demande Identifiant unique de la demande
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale enregistrée, le cas échéant (fournit un lien
d'identification du avec les données du ministère public et du tribunal)
cas
Type de demande Type de demande (par exemple, saisie, confiscation, gel)
Date de Date de dépôt de la demande
soumission
51 Manuel sur la coopération internationale aux fins de la confiscation des produits du crime (publication des Nations unies, 2012).
52 Un groupe criminel organisé est un groupe structuré de trois personnes ou plus, existant depuis un certain temps et agissant de
concert dans le but de commettre un ou plusieurs crimes ou délits graves afin d'en tirer, directement ou indirectement, un avantage
financier ou un autre avantage matériel. Voir la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et les
protocoles s'y rapportant (publication des Nations unies, 2004).
59
Date Date d'enregistrement de la demande
d'enregistrement
Date de décision Date de la décision judiciaire rendue
Résultats Indicateur de l'approbation ou du rejet de la demande
Définitif Identifiant indiquant si la décision est définitive
ID de l'agence Identifiant de l'agence qui a émis la demande de saisie
Numéro Identifiant de la juridiction qui a examiné la demande de saisie
d'identification de
la Cour
DÉTAILS DE L'ÉVÉNEMENT
Unité d'analyse Description
Événement Opérations de saisie individuelle impliquant le ministère public et les tribunaux
Variable Description
ID de la saisie Identifiant unique de l'opération de saisie
Date et heure Date et heure de l'opération de saisie
Zone Région administrative du pays (niveau 1, 2, etc.) où l'opération de saisie a été
administrative effectuée
Localisation Lieu de l'opération de saisie (par exemple, adresse ou coordonnées GPS)
Type Type de biens saisis
Sous-type Description plus détaillée du type de biens saisis
Quantité Quantité de biens saisis
Valeur estimée Valeur monétaire estimée des biens saisis
Valeur réalisée Valeur réalisée après la vente des biens saisis (le cas échéant)
Origine Origine des biens saisis (le cas échéant)
Destination Destination des biens saisis (le cas échéant)
Mandat Identifiant permettant de savoir si un mandat a été utilisé pour l'opération de
saisie
Étiquette OC Identifiant de l'implication d'un groupe criminel organisé
Étiquette Identifiant permettant de savoir si des arrestations ont été effectuées au cours
d'arrestation de l'opération de saisie
Étiquette de force Identifiant permettant de savoir si la force a été appliquée lors de l'opération
de saisie
Un exemple des États-Unis concernant la collecte de données sur les saisies/confiscations par les
bureaux des procureurs est présenté dans l'encadré ci-dessous.
60
Boîte 3.12
Données sur la confiscation d'actifs des bureaux des procureurs des États-
Unis
Les United States Attorneys sont les principaux avocats plaidants sous la direction de l'Attorney
General. Les bureaux des United States Attorneys traitent une grande variété d'affaires et
s'occupent d'un mélange de litiges simples et complexes. L'une des principales responsabilités
statutaires des United States Attorneys est la poursuite des affaires pénales engagées par le
gouvernement fédéral et le recouvrement des dettes dues au gouvernement fédéral.
Les rapports statistiques annuels des bureaux des procureurs des États-Unis sont accessibles au
public sur leur site web et contiennent des tableaux statistiques présentant des données sur le
nombre d'affaires au niveau national et au niveau du district, couvrant les nombreuses priorités
des procureurs des États-Unis en matière de poursuites pénales, y compris les actions de
confiscation d'actifs.
Tableau 3.18 sur la confiscation d'actifs montre les montants de confiscation pénale et les actifs
appliqués à l'indemnisation des victimes. Les données de l'Arizona et de l'Alaska sont présentées à
titre d'exemple. Veuillez vous référer au rapport pour une vue d'ensemble qui inclut tous les États.
Tableau 3.18 Actions de confiscation d'actifs traitées par les bureaux des procureurs des États-
Unis en 2021
(dollars américains)
Les avoirs Actifs non
Dépôts du confisqués sont confisqués
fonds de affectés à affectés à
Confiscation confiscation Partage l'indemnisation l'indemnisation
District pénale des actifs équitable des victimes des victimes
Source : Ministère de la Justice, Offices of the United States Attorneys, Annual Statistical Report 2021
Département de la justice, Offices of the United States Attorneys, Annual Statistical Report 2021
(Washington D.C., 2022). Disponible à l'adresse suivante : www.justice.gov/usao/resources/annual-
statistical-reports.
61
3.4 Données sur les autres activités du ministère public et des
tribunaux
3.4.1 Extradition et entraide judiciaire en matière pénale
La lutte contre la criminalité organisée, qui est devenue un problème de plus en plus international,
nécessite l'utilisation de politiques et de méthodes modernes et efficaces à l'échelle internationale.
Par exemple, l'article 18 de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale
organisée traite de l'entraide judiciaire. Il précise que les États parties s'accordent mutuellement une
assistance juridique pour les enquêtes, les poursuites et les procédures judiciaires relatives aux
infractions visées par la Convention. Les juges et les procureurs interviennent souvent à la suite
d'une demande émanant d'un organisme gouvernemental, tel que le ministère de la justice ou le
ministère des affaires étrangères. Toutefois, dans certains pays, les juges et les procureurs sont les
premiers à agir.
Les variables proposées à produire par le ministère public et les tribunaux à cet égard, en tenant
compte des considérations de confidentialité,53 comprennent l'État requérant/récepteur, le type de
demande, le type d'infraction, l'issue et le nombre de personnes remises ou reçues à la suite de la
demande.
Les données collectées peuvent être utilisées pour contrôler les mécanismes utilisés pour mettre en
œuvre les demandes et identifier les différents défis auxquels les autorités sont confrontées.
L'expertise analytique peut également être partagée avec le ministère public et les tribunaux
d'autres États membres afin d'améliorer les méthodologies utilisées et les normes appliquées.
Tableau 3.19 met en évidence les variables proposées pour la dimension. Pour plus de détails, les
catégories (minimales) suggérées et les notes, veuillez vous référer à l'annexe.
DÉTAILS DE LA DEMANDE
Unité d'analyse Description
Demande Demandes individuelles d'extradition/d'entraide judiciaire traitées par le
bureau du procureur/le tribunal
Variable Description
ID de la demande Identifiant unique de la demande
Statut Statut de la demande
Pays Pays demandeur/récepteur
Direction Identifiant indiquant si la demande est entrante ou sortante
Type de demande Assistance internationale demandée par type
Type d’infraction Type d’infraction par catégorie de la Classification internationale (ou
classification nationale des crimes)
Bureau Identifiant du ministère public/de la juridiction qui traite la demande
Date de la Date de soumission/enregistrement de la demande
53 Voir l'article 9 du traité type des Nations unies sur l'entraide judiciaire en matière pénale (A/RES/45/117).
62
demande
Date de la Date de la décision
décision
Résultats Résultat de l'examen de la demande
Remis/ reçu Nombre de personnes remises ou reçues à la suite de la demande (le cas
échéant)
Un exemple australien de collecte de données sur l'extradition et l'assistance mutuelle est présenté
dans l'encadré ci-dessous.
Boîte 3.13
Collecte de données sur les demandes d'extradition, Australie
Le tableau 3.20 donne un aperçu extrait du rapport annuel de l'Attorney-General d'Australie sur le
nombre de demandes d'extradition faites par l'Australie entre l'exercice 2011-12 et 2020-21. Pour
garantir la confidentialité de ces processus, le ministère ne fournit pas d'informations sur les cas
individuels.
2011-12 37 14 9 0 5
2012-13 37 16 14 1 4
2013-14 34 15 18 0 6
2014-15 25 9 8 0 0
2015-16 24 6 5 3 2
2016-17 20 7 6 0 1
2017-18 20 19 9 2 1
2018-19 27 10 4 2 5
2019-20 33 11 3 1 1
2020-21 40 9 9 0 6b
Notes :
a. À partir de 2020-21, le département rend compte du nombre de personnes remises, plutôt que des
demandes accordées.
b. Y compris les demandes retirées.
Source : Australie, département du procureur général, rapport annuel 2020-21. Disponible à l'adresse
www.transparency.gov.au/annual-reports/attorney-generals-department/reporting-year/2020-21-60.
63
3.4.2 Sensibilisation
Les procureurs et les juges ont une perspective unique sur les défis auxquels sont confrontés les
différentes communautés et les différents groupes de population. L'engagement dans des activités
de proximité humanise le ministère public et les tribunaux et permet aux procureurs et aux juges
d'être plus proactifs dans la résolution des problèmes.
Les activités de sensibilisation peuvent inclure des programmes spéciaux organisés par le ministère
public et les tribunaux à l'intention du grand public, fournissant des informations pour promouvoir la
compréhension des différentes étapes des procédures judiciaires et sensibiliser le public. Les
activités peuvent également inclure des conversations ou des consultations entre professionnels de
la justice et des simulations de procès pour les étudiants. Les activités de sensibilisation peuvent
également inclure des séminaires publics, des ateliers ou des campagnes d'information sur des
sujets tels que la compréhension de la procédure judiciaire, les droits et les responsabilités, et la
manière d'accéder aux services juridiques.
Tableau 3.21 met en évidence les variables proposées pour la dimension. Pour plus de détails, les
catégories (minimales) suggérées et les notes, veuillez vous référer à l'annexe.
DÉTAILS DE L'ACTIVITÉ
Unité d'analyse Description
Activité Activité individuelle de sensibilisation/engagement de la communauté
organisée par le bureau du procureur ou le tribunal
Variable Description
ID du bureau Identifiant du ministère public/du tribunal organisant l'activité
ID de l'activité Identifiant unique pour l'activité de sensibilisation/engagement de la
communauté
Membres du Nombre de personnes impliquées dans l'activité/événement
personnel
concernés
Date et heure de Date et heure du début de l'activité de sensibilisation/engagement de la
début communauté
Date et heure de Date et heure de la fin de l'activité de sensibilisation/engagement de la
fin communauté
Zone Région administrative du pays (niveau 1, 2, etc.) où s'est déroulée l'activité de
administrative sensibilisation/engagement de la communauté
54 Tom R. Tyler et Jonathan Jackson, "Popular Legitimacy and the Exercise of Legal Authority : Motivating Compliance, Cooperation and
Engagement", Psychology, Public Policy and Law, vol. 20, n° 1 (2014).
64
Localisation Lieu de l'activité de sensibilisation/engagement de la communauté (par
exemple, adresse ou coordonnées GPS)
Type Activités de sensibilisation et d'engagement de la communauté par type
Les participants Nombre de participants
Un exemple de collecte de données sur l'engagement communautaire aux États-Unis est présenté
dans l'encadré 3.14.
Boîte 3.14
Données sur l'engagement communautaire recueillies par le bureau du
procureur de l'État du quatrième circuit judiciaire de Floride, États-Unis
Afin d'accroître la confiance du public dans le travail du bureau et de mieux exploiter les ressources
existantes dans la communauté, le bureau du procureur de l'État de Floride a lancé en 2017 une
entreprise non traditionnelle pour un bureau de procureur : relier le bureau à la communauté et
forger des relations à la fois nouvelles et plus solides. Les avocats, le personnel chargé de
l'engagement communautaire et le procureur de l'État lui-même ont commencé à rencontrer des
personnes et des représentants d'organisations, des prestataires de services, des chefs religieux, des
établissements d'enseignement et des organisations à but non lucratif qui ont exprimé le souhait
d'en savoir plus sur le bureau ou d'établir un partenariat. Les données de la figure 3.2 reflètent un
mélange de réunions individuelles, d'allocutions et de conversations communautaires auxquelles ont
participé un ou plusieurs membres du bureau du procureur de l'État depuis janvier 2017.
Figure 3.2 Réunions d'engagement communautaire du bureau du procureur de l'État, Floride,
2017-juin 2022
350
302
300
265
250
203 208
200
150
114
99
100
50
0
2017 2018 2019 2020 2021 January-June 2022
65
3.5 Données sur les poursuites et la conduite des tribunaux
3.5.1 Conduite professionnelle
Les juges, les procureurs et les autres membres du personnel jouent un rôle crucial dans
l'administration de la justice pénale. Comme indiqué au chapitre 1, l'État de droit exige que les lois
soient appliquées de manière équitable, rationnelle, prévisible, cohérente et impartiale. Les effets
d'un comportement contraire à l'éthique de la part des acteurs de la justice peuvent conduire à des
condamnations erronées et à des peines plus sévères, pouvant causer des dommages irréparables à
des innocents et presque certainement une perte de confiance dans le système judiciaire. La
production de données sur les comportements répréhensibles est essentielle pour renforcer
l'intégrité, prévenir la corruption et renforcer la confiance du public dans l'administration de la
justice pénale.
Comme indiqué dans l'outil d'évaluation sur le genre dans le système de justice pénale,55 les
questions de genre imprègnent l'ensemble du système de justice pénale. Il est important de
comprendre les attitudes, les perceptions et les préjugés liés au genre qui peuvent affecter et
affectent effectivement la prise de décision à tous les niveaux du secteur de la justice. L'outil
propose de collecter plusieurs statistiques sur le genre liées à la conduite professionnelle du
personnel des ministères publics et des tribunaux, telles que le nombre de plaintes déposées contre
des membres du personnel pour harcèlement sexuel. Les variables proposées dans les lignes
directrices actuelles peuvent être utilisées pour calculer ces indicateurs.
Les variables proposées pour les fautes comprennent le type de faute, l'état d'avancement de
l'enquête, le résultat de l'enquête, les conséquences pour le membre du personnel concerné et un
avis si les données sont diffusées au grand public.
Tableau 3.22 met en évidence les variables proposées pour la dimension. Pour plus de détails, les
catégories (minimales) suggérées et les notes, veuillez vous référer à l'annexe.
DÉTAILS DE L'ÉVÉNEMENT
Unité d'analyse Description
Événement Cas de mauvaise conduite signalé par une personne
Variable Description
ID de l'événement Identifiant unique de l'événement de mauvaise conduite
Type Principaux types de fautes commises lors de l'événement
Date et heure Date et heure de l'événement répréhensible
Zone administrative Région administrative du pays (niveau 1, 2, etc.) où a eu lieu la manifestation
pour inconduite
In_ext Identifiant indiquant si la plainte est déposée en interne, par le public ou par
une autre entité
66
Enquêteur Entité enquêtant sur l'événement répréhensible
Statut État d'avancement de l'enquête
Résultats Résultat de l'enquête
Conséquence Conséquences pour le membre du personnel concerné
COORDONNÉES DU PLAIGNANT
Unité d'analyse Description
Plaignant(s) individuel(s) dans le cadre d'une même affaire de mauvaise
Plaignant
conduite
Variable Description
ID de l'événement Identifiant unique de l'événement de mauvaise conduite
Sexe Sexe du plaignant
Age Âge du plaignant
Ethnicité Ethnie du plaignant
INFORMATIONS SUR LES MEMBRES DU PERSONNEL
Unité d'analyse Description
Membre(s) du personnel individuel(s) dans le cadre d'un seul événement de
Personnel
mauvaise conduite
Variable Description
ID de l'événement Identifiant unique de l'événement de mauvaise conduite
ID du personnel Identifiant unique du membre du personnel
Sexe Sexe du membre du personnel impliqué dans l'événement de mauvaise
conduite
Âge Âge du membre du personnel impliqué dans l'événement de mauvaise
conduite
Ethnicité Origine ethnique du membre du personnel impliqué dans l'événement de
mauvaise conduite
Expérience Années d'expérience du membre du personnel impliqué dans l'événement de
mauvaise conduite
Rang Rang du membre du personnel impliqué dans l'événement répréhensible
Bureau Identifiant du bureau du procureur ou de la juridiction de l'agent en question
67
Boîte 3.15
Données collectées sur les enquêtes et sanctions disciplinaires, Philippines
La Cour suprême des Philippines publie régulièrement des rapports sur ses activités et celles de
l'ensemble du système judiciaire philippin. Les rapports comprennent des données sur l'état
d'avancement des enquêtes sur les incidents de mauvaise conduite impliquant le personnel des
tribunaux et les juges. Certaines données sont ventilées par sexe. Bien que la majorité des juges et
du personnel judiciaire servent avec honneur, les données publiques sur les rares cas de mauvaise
conduite et les sanctions disciplinaires appliquées servent à corriger le comportement du membre
du personnel en question et à éduquer les autres. Il incombe au pouvoir judiciaire de soutenir les
mesures qui le rendent responsable et renforcent la confiance du public dans le système judiciaire
dans son ensemble.
Tableau 3.23 Affaires disciplinaires de la Cour suprême des Philippines contre le personnel, 2019
Le sexe
Sanction/action administrative Femme Homme
Congédiement du service 1 0
Suspension sans traitement 1 4
Amende 0 1
Blâme 1 1
Avertissement/Admonition 0 3
Raditation 0 3
Fiches jointes au fichier 201 1 0
Source : Philippines, Supreme Court Public Information Office, Judiciary annual Report 2019 (Manille, 2020)
Philippines, Supreme Court Public Information Office, Judiciary annual Report 2019 (Manille, 2020). Disponible
à l'adresse https://sc.judiciary.gov.ph/annual-reports/.
68
3.5.2 Disqualification/récusation
L'État de droit international exige des professionnels du droit qu'ils respectent les principes
fondamentaux de la conduite professionnelle : indépendance, impartialité, intégrité, bienséance,
égalité, compétence et diligence. Le respect des principes énumérés peut conduire à la
disqualification ou à la récusation du personnel dans des affaires spécifiques. Les concepts de
récusation et de disqualification reconnaissent que les juges et les procureurs auront, de temps à
autre, des partis pris, des préjugés ou des intérêts qui empêchent une prise de décision
véritablement impartiale ou qui suggèrent au moins un risque de partialité.
Tableau 3.24 met en évidence les variables proposées pour la dimension. Pour plus de détails, les
catégories (minimales) suggérées et les notes, veuillez vous référer à l'annexe.
DÉTAILS DE LA DEMANDE
Unité d'analyse Description
Demande Rapports individuels de disqualification/récusation d'un procureur ou d'un juge,
examinés par un ministère public ou un tribunal
Variable Description
ID de la demande Identifiant unique de la demande de disqualification /récusation
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale enregistrée (fournit un lien avec les
d'identification du données du ministère public et du tribunal)
cas
ID du personnel Identifiant unique du membre du personnel
Bureau Identifiant unique du ministère public ou du tribunal
Type d’infraction Type d'infraction principale par catégorie de la Classification internationale (ou
classification nationale des crimes)
Type Type de disqualification /récusation
Demandeur Identifiant du demandeur de la motion de disqualification/récusation
Statut de la Statut de l'examen de la demande
demande
Date d'inscription Date et heure de l'enregistrement de la demande de disqualification
/récusation
56 Hastings Law Journal, Recusal and the Supreme Court 2005. Disponible à l'adresse
https://repository.uchastings.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=3585&context=hastings_law_journal.
69
Date de décision Date de la décision rendue sur la demande de disqualification/récusation
Résultats Approbation/refus de la demande de disqualification/récusation
Raison Motivation de la décision de disqualification/récusation
Publication Identifiant permettant de savoir si la décision de disqualification/récusation est
accessible au public
Un exemple du Royaume-Uni concernant la collecte de données sur les récusations est présenté
dans l'encadré ci-dessous.
Boîte 3.16
Données collectées sur les récusations judiciaires en Ecosse, Royaume-Uni
Il existe différents types de juges en Écosse, siégeant dans différents tribunaux. Les shérifs et les
summary sheriffs traitent la majorité des affaires civiles et pénales et siègent dans les sheriffs courts
d'Écosse. Les sénateurs du College of Justice sont des juges siégeant dans les Supreme Courts. Les
sheriffs principaux traitent principalement les appels dans les affaires pénales sommaires et les
affaires civiles des sheriffs courts entendues par la Sheriff Appeal Court. Les juges de paix sont des
magistrats non professionnels qui siègent avec un conseiller juridiquement qualifié pour traiter les
affaires pénales sommaires.
Les cas où des sénateurs, des juges temporaires, des sheriffs principaux, des sheriffs, des sheriffs
sommaires, des juges de paix ou un membre d'un tribunal écossais accordent ou refusent une
requête formelle de récusation, ou se récusent de leur propre chef, en audience publique, sont
enregistrés régulièrement et publiés sur la page web du Judiciary of Scotland, avec la date, le nom
du tribunal/de la chambre, le nom de l'affaire/la référence, le titre de procédure de la personne qui
a demandé la récusation, le type de disposition et la raison de la demande.
25/10/2022 Cour du shérif de PF Dundee v Abbie Ex proprio Accordé Le shérif connaissait déjà
Dundee Cruickshanks motu l'accusé et son ex-partenaire.
28/09/2022 Cour du shérif de GLW-PD116-22 2ème Accordé Lien professionnel/personnel
Glasgow défenseur antérieur avec un témoin.
05/09/2022 Cour du shérif EDI-A687-20 Auto- Accordé Le défenseur est un ami
d'Édimbourg récusation personnel. Ils se connaissent
depuis l'université et restent
en contact. Par conséquent, il
serait inapproprié d'entendre
cette affaire.
Source : Judiciary of Scotland, "Judicial Recusals" : Judiciary of Scotland, "Judicial Recusals". Disponible à
l'adresse www.judiciary.scot/home/judiciary/judicial-recusals.
70
PARTIE III : MISE EN ŒUVRE
La collecte des données suggérées dans le cadre présenté dans la partie II n'est que la première
étape du processus de production de données statistiques de haute qualité. Pour que les données
soient utiles dans la pratique, elles doivent être transformées en informations utilisables par les
décideurs au moyen d'une analyse rigoureuse. Chapitre 4 donne un bref aperçu de deux types
d'analyse (descriptive et inférentielle) à l'intention des décideurs. Etant donné que tous les
ministères publics et tribunaux ne disposent pas nécessairement des capacités internes nécessaires
à la réalisation d'analyses statistiques sophistiquées, le chapitre se termine par une discussion sur
l'importance des partenariats en matière de données.
Chapitre 5 fournit des informations de base sur la gouvernance des données et aborde brièvement la
collecte, la qualité et la diffusion des données. Tous ces éléments sont essentiels pour garantir le
succès de la collecte, de la production et de la diffusion de données qui apportent une valeur
ajoutée au public.
Cette vue d'ensemble aborde certaines des considérations de base qui pourraient être prises en
compte au cours du processus de mise en œuvre du cadre présenté dans les lignes directrices
actuelles. Les points suivants seront brièvement abordés : collaboration interinstitutionnelle,
formats de données normalisés, identifiants uniques, confidentialité et sécurité des données, et
diffusion des données. Pour une discussion plus complète sur le développement d'un système de
statistiques de justice pénale, veuillez vous référer à la prochaine publication de l'ONUDC consacrée
à ce sujet.57
La collaboration inter agences est importante pour aligner et harmoniser les efforts visant à mettre
en œuvre le cadre proposé et à améliorer la valeur des données. Une collaboration efficace est
essentielle pour hiérarchiser les (parties du) cadre, assurer la comparabilité entre les résultats des
différentes agences et éviter la duplication des efforts. La coordination entre les différentes
institutions du système de justice pénale peut également s'avérer vitale, car les résultats d'une
institution peuvent servir d'intrants à une autre. Par exemple, les affaires transmises au ministère
public par la police représentent des statistiques de sortie pour la police et des statistiques d'entrée
pour le ministère public.
La collaboration inter agences soutient également la réalisation d'une évaluation du système actuel
de statistiques de la justice pénale. Cela permettra aux différentes parties prenantes d'identifier où
les données sont actuellement conservées, si ces données sont compatibles avec le cadre proposé et
quelles sont les lacunes en matière de données.
Il est recommandé de faciliter la collaboration entre les agences en mettant en place un mécanisme
de coordination formel ou informel qui rassemble à intervalles réguliers les différentes agences
travaillant à la mise en œuvre du cadre. Une façon de formaliser cette collaboration est de rédiger
un protocole d'accord qui clarifie les rôles et les responsabilités, précise les objectifs du projet et fixe
un calendrier concret.
57 Lignes directrices pour l'élaboration d'un système de statistiques sur la justice pénale (publication des Nations unies, à paraître).
71
Des formats de données et des protocoles standardisés sont essentiels pour garantir
l'interopérabilité des données entre les institutions. Le cadre présenté dans les lignes directrices
actuelles fournit des orientations sur les types de données à collecter à l'aide de variables et de
catégories de réponses normalisées. Cependant, le format dans lequel les données sont stockées et
la manière dont elles sont échangées sont tout aussi essentiels.
Toute collecte de données produit un ensemble de données, c'est-à-dire une collection de données
ou d'informations ayant généralement une structure prédéterminée (avec un format standardisé,
normalement sous forme de tableaux avec des lignes et des colonnes - un peu comme une feuille de
calcul Excel standard). Dans le cas des micro données tabulaires, chaque colonne d'un tableau
représente une variable particulière (par exemple, l'âge d'une victime) et chaque ligne correspond à
un enregistrement particulier dans l'ensemble de données (par exemple, une affaire judiciaire
spécifique). Les collections de données administratives sont généralement stockées dans des
ensembles de données structurés qui peuvent avoir différents formats (par exemple, XML, CSV, SQL,
XLSX ou JSON) en fonction du système en place dans l'institution concernée. Il serait préférable que
les agences concernées se mettent d'accord sur le format de données à utiliser avant d'entreprendre
la mise en œuvre du cadre.
En outre, les protocoles par lesquels les données administratives et les métadonnées (voir Boîte 5.1)
doivent être clairement spécifiés. Ces protocoles diffèrent d'un pays à l'autre et peuvent même
différer d'une autorité administrative à l'autre dans un même pays. Cela dépend en grande partie du
niveau de maturité du système informatique des différents fournisseurs de données et de
l'institution responsable de la collecte des données. En supposant que les données basées sur les
incidents soient collectées dans un format électronique, les fournisseurs de données peuvent
envoyer des fichiers de données à l'institution responsable ou cette institution peut extraire les
données directement de la source de données administratives.
L'utilisation d'identifiants uniques joue un rôle essentiel dans la gestion des données, car elle permet
de relier avec précision les enregistrements individuels. Les identifiants uniques sont des codes
alphanumériques ou des numéros attribués à des personnes, des dossiers ou des entités au sein
d'un système. Comme l'indique le terme "unique", deux enregistrements ne doivent pas avoir le
même identifiant. Cela facilite l'établissement de liens entre différents ensembles de données. Pour
le ministère public et les tribunaux, cette propriété est particulièrement importante pour relier les
informations relatives aux affaires, aux victimes, aux délinquants et aux membres du personnel. Par
exemple, comme le propose le cadre actuel, un identifiant unique peut être utilisé pour relier tous
les enregistrements associés à une affaire particulière, y compris les données relatives à la (aux)
victime(s), au(x) délinquant(s) et au procureur principal.
Si l'on considère le système de justice pénale au sens large, les identifiants uniques peuvent
également être utilisés pour échanger des données entre la police, le ministère public, les tribunaux
et le système pénitentiaire. Un tel système interopérable de données administratives permettrait de
suivre les affaires dans l'ensemble du système et de mieux comprendre le fonctionnement du
système de justice pénale. Par exemple, il devient possible de suivre un délinquant spécifique dans
une affaire enregistrée par la police, de mieux comprendre la décision de poursuivre, et de
documenter les informations sur la durée de l'affaire et les résultats de la condamnation (ce qui
pourrait être particulièrement pertinent pour la recherche sur la récidive).
72
Lors de la mise en œuvre d'identificateurs uniques, il est essentiel de développer un format
normalisé avec des conventions de dénomination fixes et de mettre en œuvre des contrôles de
validation robustes pour empêcher la création d'identificateurs non valides ou dupliqués. En outre, il
convient de mettre en place des orientations claires concernant la gestion et le retrait des
identificateurs uniques.
Le respect de la vie privée et la sécurité des données sont un pilier de la production statistique, le
respect de la vie privée, la sécurité et la confidentialité étant des éléments importants des Principes
fondamentaux de la statistique officielle. 58 Les statistiques nationales sont agrégées à partir
d'enregistrements individuels et contiennent souvent des informations personnelles. Des
mécanismes de sécurité doivent donc être mis en œuvre pour préserver la confidentialité des
données et garantir que les données ne sont accessibles qu'au personnel autorisé et uniquement en
cas de besoin. L'utilisation, la disponibilité et l'accès croissants aux données soulèvent un certain
nombre de questions, non seulement sur leur utilisation, leur collecte, leur traitement et leur
stockage éthiques, mais aussi sur la responsabilité, l'obligation de rendre compte, l'équité et le
respect des droits de l'homme en relation avec les données. La confiance étant difficile à gagner et à
conserver, et encore plus difficile à restaurer, préserver la confiance du public a été et continuera
d'être crucial pour les gouvernements. Pour ce faire, les données doivent être traitées dans le
respect de l'éthique, de la vie privée et de la sécurité.59
L'éthique fait référence à la manière dont les données sont traitées sans causer de préjudice direct
ou indirect à qui que ce soit. La législation est un moyen de garantir la gestion et l'utilisation
éthiques des informations personnelles dans le secteur de la justice pénale. Les pays peuvent avoir
des exigences formelles articulant les principes de collecte, de traitement, de partage, d'accès et de
réutilisation des données afin de prévenir et de sanctionner tout comportement contraire à l'intérêt
public.
La protection de la vie privée est un concept qui s'applique aux personnes concernées. La personne
dont les données sont collectées doit être informée de l'objectif de la collecte et sa vie privée doit
être protégée. Les personnes peuvent ne pas être conscientes de l'intérêt de rendre accessibles les
données les concernant et peuvent craindre d'être "surveillées" par l'État.
La sécurité fait référence aux mesures prises pour empêcher l'accès ou l'utilisation non autorisés des
données. Les citoyens doivent savoir que des efforts sont faits pour garantir le respect de leur vie
privée et qu'ils peuvent faire confiance au gouvernement pour le traitement de leurs informations
personnelles, et pour les protéger contre les risques potentiels liés à la manière dont les
gouvernements traitent ces données.
Les données et les statistiques n'ont de valeur que lorsqu'elles sont utilisées. En d'autres termes, la
valeur des statistiques sur la criminalité et la justice pénale ne doit pas seulement être mesurée par
la qualité des données (comme indiqué à la section 5.3), mais aussi à leur utilisation potentielle pour
la prise de décisions stratégiques à différents niveaux de gouvernement, à leur utilisation par la
société dans son ensemble et à leur contribution pratique à la réalisation d'une justice juste et
58 A/RES/68/261.
59 Organisation de coopération et de développement économiques, Le chemin pour devenir un secteur public piloté par les données
(Paris, Éditions OCDE, 2019).
73
équitable pour tous. Pour permettre leur utilisation et leur réutilisation, le ministère public et les
tribunaux devraient étudier les besoins des utilisateurs internes et externes et envisager de
développer une stratégie de diffusion des données (voir section 5.4).
74
4 Comment utiliser les données générées par le cadre
statistique ?
De bonnes statistiques sur la justice pénale sont essentielles pour comprendre et tenter de façonner
le développement social. 60 L'annexe au présent document comprend les variables suggérées
associées aux dimensions du cadre statistique décrit dans la partie II. Ces variables fournissent les
données de base que le ministère public et les tribunaux devraient s'efforcer de collecter s'ils
veulent produire et utiliser des statistiques pertinentes qui offrent la base d'une meilleure prise de
décision et d'une plus grande transparence.
En général, deux types d'analyses statistiques des données peuvent être effectués : descriptives et
inférentielles. Ce chapitre donne un bref aperçu de ces deux types d'analyses, étayé par des
exemples de base. Il souligne que les individus doivent disposer de la formation et de l'expérience
appropriées pour effectuer une analyse de données adéquate. Ce type d'expertise peut être
développé en interne ou soutenu par des partenaires externes.
Les tableaux 4.1, 4.2 et 4.3 illustrent des exemples des trois formes d'analyse descriptive
mentionnées ci-dessus en utilisant des données du Japon, du Royaume-Uni et du Guatemala. En
outre, Boîte 4.1 donne un exemple d'application géo spatiale des statistiques descriptives aux États-
Unis.
Tableau 4.1 Exemple de tableau de fréquence : Nombre d'agents du ministère public en activité,
Japon, 2018
Nombre
Procureurs généraux 1 927
Procureurs adjoints 768
Officiers assistants du procureur 9 000
60 Voir le Manuel pour le développement des statistiques de justice pénale (publication des Nations Unies, 2003) ; et E/CN.3/2013/11.
75
Total 11 695
Source : Institut des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants en Asie et en
Extrême-Orient, Criminal Justice in Japan 2019 edition. Disponible à l'adresse
www.moj.go.jp/EN/kokusai/m_kokusai03_00003.html.
Tableau 4.2 Exemple de tableau croisé : Personnel chargé des poursuites par grade et situation de
handicap, Royaume-Uni, 2021
(Pourcentage)
Statut de handicap
Personnel Handicap Pas de handicap
Tous les membres du personnel 15 85
6e/7e année 14 86
Haute fonction publique 12 88
Source : Royaume-Uni, Crown Prosecution Service, Annual Report and Accounts 2021-2022 (Londres, 2022).
Disponible à l'adresse suivante : www.cps.gov.uk/publication/cps-annual-report-and-accounts-2021-22.
Tableau 4.3 Exemple de statistiques sommaires : Rapport consolidé de l'activité des tribunaux en
matière pénale, Guatemala, 2020
Activité Nombre
Cas admis 69 008
Auditions tenues 162 880
Décisions de la Cour 233 202
Sentences 9 415
Procédure terminée par
25 225
d'autres moyens
Source : Guatemala, Centro de Informacion Desarrollo y Estadistica Judicial : Guatemala, Centro de
Informacion Desarrollo y Estadistica Judicial, Anuario Estadístico 2020 (Guatemala City, 2021). Disponible à
l'adresse www.oj.gob.gt/estadisticas/Anuario-2020.pdf.
Boîte 4.1
L'application des données géo spatiales, États-Unis
L'utilisation de statistiques descriptives de base combinée à une analyse géo spatiale est un outil
puissant qui permet de visualiser des schémas sur une carte. Cet exemple se concentre sur l'outil
Justice Expenditure and Employment Tool (JEET) développé par le Bureau of Justice Statistics (BJS)
du ministère de la Justice des États-Unis. Le BJS extrait les données relatives aux dépenses de justice
et à l'emploi de deux enquêtes du Bureau du recensement des États-Unis, l'enquête annuelle sur les
finances publiques et l'enquête annuelle sur l'emploi et la rémunération dans le secteur public. Ces
données sont mises à la disposition du public par l'intermédiaire de JEET. Cet outil permet aux
utilisateurs d'explorer les données relatives aux dépenses, à l'emploi et à la masse salariale pour de
76
multiples catégories de justice à différents niveaux de gouvernement, notamment au niveau
national, au niveau de l'État, du comté et de la ville. Le BJS prévoit de mettre à jour l'outil chaque
année pour les années suivantes et d'ajouter des données historiques à partir de 1982.
La carte 4.1 présente des données sur le nombre d'employés judiciaires et juridiques au niveau des
États et des collectivités locales pour 10 000 habitants en 2019. Elle fournit une représentation
visuelle claire du nombre de ressources humaines disponibles par État, qui pourrait servir
d'indicateur indirect de la facilité avec laquelle le public est en mesure d'accéder à la justice dans ces
États.
Dans des États comme l'Alaska, le Delaware, Hawaï et le New Jersey, par exemple, il y avait plus de
20 salariés pour 10 000 habitants en 2019 (représenté par une teinte plus foncée sur la carte). En
Californie, dans le Maine et en Caroline du Nord, en revanche, il y avait moins de 10 salariés pour 10
000 habitants (représenté par une teinte plus claire sur la carte). Cet écart dans le nombre
d'employés judiciaires et juridiques disponibles au niveau de l'État et au niveau local pour 10 000
habitants pourrait indiquer des priorités différentes au niveau de l'État et pourrait avoir une
incidence sur les délais de traitement des affaires. La question de savoir si cela a des conséquences
sur l'accès à la justice devrait faire l'objet d'une étude plus approfondie.
Carte 4.1 Employés judiciaires et juridiques des États et des collectivités locales pour 10 000
habitants, États-Unis, 2019
Source : Ministère de la Justice, Bureau des statistiques de la justice, Justice Employment and Expenditures
Tool : Ministère de la Justice, Bureau of Justice Statistics, Justice Employment and Expenditures Tool.
Disponible à l'adresse www.bjs.ojp.gov/jeet (consulté le 10 février 2023).
77
4.2 Réalisation d'analyses avancées (inférentielles)
L'analyse inférentielle se concentre sur l'extraction d'informations plus approfondies et la
vérification des relations.
L'analyse inférentielle va plus loin que l'analyse descriptive et concerne la vérification des
hypothèses, une méthode statistique permettant de vérifier si une proposition est suffisamment
étayée par les données. Elle permet de répondre à des questions plus complexes, par exemple si des
procureurs plus expérimentés sont plus ou moins susceptibles de demander des mesures non
privatives de liberté, si certaines caractéristiques des délinquants font que les juges sont plus
susceptibles de punir plus sévèrement un crime, ou si une formation à la gestion des affaires
augmente la vitesse à laquelle les affaires sont tranchées sans affecter la qualité des jugements. En
d'autres termes, on passe du langage des chiffres à celui des probabilités.
La façon la plus élémentaire de tester une relation est d'examiner deux variables et de rechercher s'il
existe ou non une corrélation. Cela signifie que lorsque la valeur d'une variable augmente ou
diminue, la valeur de l'autre variable augmente également (dans la même direction ou dans la
direction opposée). Toutefois, lorsque deux variables sont corrélées, cela ne signifie pas
automatiquement que le changement d'une variable est la cause du changement de l'autre variable.
Par exemple, supposons que les données montrent que le nombre de juges et le pourcentage
d'affaires ayant abouti à un acquittement ont tous deux augmenté au cours des cinq dernières
années. On peut conclure qu'il existe une corrélation positive entre les deux variables, mais cela ne
signifie pas que l'embauche de juges supplémentaires a entraîné une augmentation du pourcentage
d'acquittements. Les raisons exactes de ce phénomène doivent faire l'objet d'une étude et d'une
analyse plus approfondies.
Il est également possible de tester des relations qui impliquent plus de deux variables et de contrôler
d'autres facteurs. Supposons, par exemple, que l'on veuille étudier les facteurs de risque
susceptibles d'amener un délinquant à enfreindre les conditions d'une arrestation à domicile. Avec
les données collectées conformément à la dimension de la détention provisoire et des mesures
alternatives, un modèle pourrait être construit qui, compte tenu d'un ensemble de variables
prédictives, permettrait de prédire la probabilité d'une violation. L’infraction commise ainsi que le
sexe et l'âge du délinquant pourraient être intéressants. Un analyste de données pourrait alors
utiliser des techniques statistiques pour déterminer si, entre autres, ces variables représentent des
facteurs à prendre en compte.
Dans l'ensemble, l'utilisation des données pour effectuer des analyses plus sophistiquées peut
fournir des informations précieuses qui peuvent contribuer à améliorer l'administration de la justice.
En s'inspirant de l'exemple simplifié du paragraphe précédent, si les résultats de l'analyse indiquent
que les hommes âgés de 26 à 30 ans soupçonnés d'avoir commis une infraction liée au trafic de
stupéfiants sont plus susceptibles de violer les conditions de l'assignation à résidence, d'autres
mesures non privatives de liberté pourraient être envisagées à la place.
La valeur ajoutée des analyses inférentielles réside dans le fait qu'elles permettent de trouver ce
type de modèles et d'agir en conséquence, ce qui facilite en fin de compte l'amélioration de l'accès à
la justice et renforce l'efficacité opérationnelle, la sécurité du personnel et la confiance du public
dans les institutions judiciaires.
78
Boîte 4.2
Exploration des relations entre les facteurs démographiques tels que la race
et le sexe et les résultats des condamnations par la Commission des
condamnations des États-Unis (United States Sentencing Commission)
La United States Sentencing Commission est une agence indépendante de la branche judiciaire du
gouvernement, créée par le Sentencing Reform Act de 1984. La Commission est chargée d'établir
des politiques et des pratiques fédérales en matière de condamnation, de donner des conseils sur
l'élaboration de la politique criminelle et d'effectuer des recherches sur les questions fédérales en
matière de criminalité et de condamnation. En 2017, la Commission a publié un rapport sur les
différences démographiques dans la détermination de la peine.
Pour ce rapport, la Commission a appliqué des techniques de régression multivariée afin d'explorer
les relations entre les facteurs démographiques, tels que la race et le sexe, et les résultats des
condamnations. L'objectif était de déterminer s'il existait des différences statistiquement
significatives dans les résultats des condamnations pour les différents groupes démographiques. Le
rapport présente quatre conclusions principales :
1. Les délinquants noirs ont continué à être condamnés à des peines plus longues que les
délinquants blancs dans la même situation.
2. Les dérogations et les écarts de peine par rapport à la fourchette applicable semblent
contribuer de manière significative à la différence de durée de la peine entre les délinquants
de race noire et ceux de race blanche.
3. La violence dans les antécédents criminels d'un délinquant ne semble expliquer aucune des
différences démographiques dans la détermination de la peine.
4. Les délinquantes, toutes races confondues, ont été condamnées à des peines plus courtes
que les délinquants blancs.
Les techniques de régression multivariées appliquées ont donc révélé des différences importantes
qui seraient restées cachées dans une analyse individuelle simpliste des variables. En tant que telle,
l'analyse fournit un outil précieux pour l'amélioration de l'administration de la justice en révélant
quels facteurs sont réellement en corrélation avec les résultats de la condamnation et lesquels ne le
sont pas. Cela permet au système judiciaire de réduire les biais, d'améliorer l'efficacité et l'équité et
de mieux cibler les programmes de formation.
Source : United States Sentencing Commission, Demographic Differences in Sentencing : An update to the
2012 Booker Report (Washington D.C., 2017). Disponible à l'adresse www.ussc.gov/research/research-
reports/demographic-differences-sentencing.
Il est essentiel de formuler des questions de recherche pertinentes et d'investir dans du personnel
spécialisé
Étant donné que l'analyse inférentielle est plus utile lorsqu'elle tente de répondre à des questions
spécifiques, un dialogue ouvert entre les décideurs et les analystes de données accélérera la
production de résultats valables. La collecte systématique de données standardisées est un moyen
de parvenir à une fin qui permet de tester des propositions qui vont au-delà de l'intuition.
Lorsqu'elle est bien utilisée, l'analyse inférentielle est un outil puissant qui jette les bases d'une prise
de décision fondée sur des preuves et, lorsque l'intuition initiale s'avère incorrecte, cette analyse
peut suggérer d'autres explications et dissiper les idées fausses.
79
Les données générées par le cadre proposé peuvent également alimenter l'analyse prédictive. Cela
pourrait permettre aux procureurs et aux juges de concentrer leurs ressources sur les facteurs de
criminalité dans une communauté, ce qui pourrait être bénéfique pour la société dans son
ensemble. 61 Par exemple, les ressources pourraient être redirigées vers la neutralisation des
délinquants les plus graves, tout en neutralisant simultanément moins de délinquants moins graves.
Un tel système serait plus efficace et pourrait impliquer que moins de personnes purgent des peines
privatives de liberté. En pratique, l'analyse prédictive pourrait être utilisée pour évaluer le risque
posé par certaines catégories de délinquants, en se concentrant sur les délinquants jugés les plus
susceptibles de récidiver et en réduisant potentiellement les coûts de la détention provisoire et de la
condamnation à long terme pour d'autres catégories de délinquants. Toutefois, la qualité des
données est essentielle ici, car elles peuvent être inexactes, biaisées et refléter les inégalités socio-
économiques existantes.62,63
Les progiciels statistiques modernes ont rendu plus accessibles des techniques d'analyse très
sophistiquées, mais si l'on ne comprend pas les hypothèses sous-jacentes de ces techniques et si l'on
n'a pas la garantie que la conception des séries de données est cohérente avec les techniques
appliquées, le personnel non formé aux statistiques pourrait tirer des conclusions erronées ou
biaisées. En outre, si ces outils peuvent aider les acteurs juridiques à faire des choix plus éclairés,
l'utilisation de modèles prédictifs opaques reposant principalement sur des données plutôt que sur
la théorie pourrait accorder trop d'importance aux corrélations et être difficile à interpréter dans la
pratique.64 Pour surmonter ces obstacles, il est recommandé de recruter du personnel spécialisé
capable d'effectuer ces types d'analyses avancées ou, si les ressources nécessaires ne sont pas
disponibles, d'investir dans des partenariats de données (voir section 4.4).
Elles comprennent des données sur la satisfaction des usagers, la confiance dans le ministère public
et les tribunaux, la perception de la corruption, l'accès à la justice, etc. Ces données
complémentaires peuvent fournir des informations supplémentaires sur la manière dont le
61 Andrew Guthrie Ferguson, " Predictive prosecution ", Wake Forest Law Review, vol. 51, n° 3 (2016).
62 Ibid.
63 Aleš Završnik, "Algorithmic justice : Algorithms and big data in criminal justice settings", European Journal of Criminology, vol. 15, n° 5
(2021).
64 Nicolas Vermeys, "The Computer as the Court : How Will Artificial Intelligence Affect Judicial Processes ?", dans New Pathways to Civil
Justice in Europe : Challenges of Access to Justice, Xandra Kramer, Alexandre Biard, Jos Hoevenaars et Erlis Themeli eds. (Springer
Cham, 2021).
80
ministère public et les tribunaux sont perçus par le public, informations qui pourraient être
essentielles pour améliorer leur performance opérationnelle.
Le Public Prosecution Service pour l'Irlande du Nord, par exemple, a commandé un module à inclure
dans l'Enquête sur la vie et le temps en Irlande du Nord depuis 2018.65 Ce module comprend des
questions sur la connaissance et la perception du Public Prosecution Service par le public. L'enquête
est menée par l'Université d'Ulster et l'Université Queen's de Belfast depuis 1998 pour suivre les
attitudes et les comportements des habitants d'Irlande du Nord sur un large éventail de questions
de politique sociale. L'enquête a révélé qu'il n'y avait pas de changements significatifs dans la
perception du public sur l'indépendance, l'équité et l'impartialité du ministère public en 2021 par
rapport aux années précédentes. Les données de l'enquête sont utilisées par le ministère public à
diverses fins, comme l'élaboration de politiques et l'évaluation de l'efficacité de la communication.
Les données relatives à l'efficacité, à l'équité et à l'impartialité du ministère public sont également
utilisées comme indicateurs clés de performance pour le service.
Il est important de noter que ces données sont considérées comme des statistiques officielles. Les
statisticiens de l'Agence des statistiques et de la recherche d'Irlande du Nord sont détachés auprès
du ministère public et sont chargés de veiller à ce que les statistiques produites soient conformes au
Code de pratique des statistiques officielles. Cela illustre l'importance des partenariats en matière de
données, qui sont mis en évidence dans la section suivante.
Des données complémentaires pertinentes peuvent être trouvées non seulement à l'extérieur des
ministères publics et des tribunaux, mais aussi en leur sein. Si le cadre proposé dans les présentes
lignes directrices statistiques fournit des informations de base sur les activités des ministères publics
et des tribunaux, il ne permet peut-être pas de répondre à des questions très spécifiques pour
évaluer de manière exhaustive les activités des ministères publics et des tribunaux ; des études et
des collectes de données supplémentaires seraient nécessaires à cette fin.
Par exemple, la Commission européenne pour l'efficacité de la justice (CEPEJ) entreprend une
évaluation régulière des systèmes judiciaires des États membres du Conseil de l'Europe et de
certains États observateurs.66 Ainsi, tous les deux ans, la CEPEJ publie un rapport d'évaluation
comprenant des données spécifiques sur l'efficacité et la qualité de la justice en Europe. Les données
collectées pour le rapport vont au-delà des variables proposées dans le présent cadre et fournissent
une vue d'ensemble très approfondie des différents systèmes juridiques qui est librement accessible
au public, aux décideurs politiques, aux praticiens du droit, aux universitaires et aux chercheurs.
65 Public Prosecution Service for Northern Ireland, Perceptions of the Public Prosecution Service : Octobre 2021 - Décembre 2021.
Disponible à l'adresse suivante : www.ppsni.gov.uk/publications/perceptions-pps-findings-ni-life-and-times-survey-october-
december-2021.
66 Conseil de l'Europe, "Evaluation des systèmes judiciaires". Disponible à l'adresse suivante : www.coe.int/en/web/cepej/cepej-
work/evaluation-of-judicial-systems.
81
partenaires de données sont des tiers qui fournissent des services liés aux données, allant du conseil
technique et du renforcement des capacités à l'analyse complète des données, facilitée par des
accords de partage des données. Choisir les bons partenaires de données permet de bénéficier de la
recherche et de l'analyse même lorsque les ressources internes sont limitées. Trouver des
partenaires stratégiques en matière de données peut aider les ministères publics et les tribunaux qui
disposent déjà d'unités de recherche dédiées à extraire toute la valeur de leurs données. Voici trois
domaines de partenariat potentiels :
• Les universités, les instituts de recherche et les offices statistiques nationaux peuvent être
particulièrement utiles pour trouver les bonnes questions à poser, développer des
méthodologies appropriées et collecter et analyser les données. Idéalement, les partenaires
devraient être des experts techniques ayant une grande expérience de la recherche et une
connaissance approfondie des problèmes. Ces partenariats peuvent être formés avec des
partenaires nationaux et internationaux, sont de nature plus technique et traitent
directement des données.
• Les initiatives en matière de données parrainées par les gouvernements et les donateurs
peuvent offrir des partenariats précieux dans le domaine des données. Il peut s'agir, par
exemple, d'un financement supplémentaire pour la collecte de données, de conseils
techniques sur la production de statistiques ou de la possibilité de rejoindre des réseaux de
recherche nationaux. Ces réseaux peuvent être particulièrement utiles pour renforcer les
capacités statistiques des membres du personnel et fournir l'expérience d'un vaste réseau
de chercheurs dans d'autres agences (gouvernementales).
• L'ONUDC et d'autres organisations internationales compétentes peuvent également être des
partenaires clés. En tant que gardien de nombreuses normes internationales relatives à la
criminalité, à la justice pénale et à la Classification, l'ONUDC est particulièrement bien placé
pour fournir aux pays une expertise technique et un renforcement des capacités dans ce
domaine. En outre, l'ONUDC gère la principale collecte de données internationales sur les
tendances de la criminalité et le fonctionnement des systèmes de justice pénale et, à ce titre,
peut fournir une expertise importante en matière de données.
Lors de la mise en place d'un partenariat de données, il est essentiel de garder à l'esprit la
gouvernance des données, comme l'explique le chapitre suivant. En bref, il est important de clarifier
les besoins, de définir les questions auxquelles il faut répondre et à quel moment, et de clarifier la
sécurité des données, la propriété des données et les limites de leur utilisation. Les partenariats de
données ne devraient être formés qu'avec des partenaires crédibles qui ont une bonne réputation et
une expérience suffisante en matière de recherche, de préférence dans le domaine de la criminalité
et de la justice pénale. Trouver le bon partenaire peut s'avérer une étape précieuse pour tirer le
meilleur parti des données et utiliser les informations qu'elles fournissent pour mieux servir la
communauté et pour créer ou renforcer les capacités internes.
82
5 Comment gérer les données générées par le cadre
statistique ?
Si la collecte de données pour un ministère public ou un tribunal peut être une entreprise complexe,
la coordination d'un exercice de collecte, de production et de diffusion de données entre plusieurs
institutions est une activité encore plus complexe. Sans une répartition claire des rôles et des
responsabilités entre les organisations, le processus risque d'être désorganisé. Par exemple, la
manière dont les données sont censées être collectées, les définitions à utiliser, le format des
données et le moment où elles doivent être soumises à des autorités spécifiques peuvent ne pas
être clairs. L'essentiel est de développer un système fonctionnel de gestion des données, avec des
rôles clairs attribués aux entités et des procédures transparentes pour la production, la protection et
la diffusion des données.
Le Manuel pour le développement d'un système de statistiques sur la justice pénale67 présente deux
exigences fondamentales pour la mise en place d'un système de statistiques sur la criminalité et la
justice pénale :
• Crédibilité - Pour que le système statistique soit crédible, il est essentiel d'obtenir
l'engagement de toutes les parties prenantes. Sans cet engagement, il sera difficile de
mettre en œuvre des normes de déclaration nationales et des définitions de données
communes. Cela implique la mise en place d'un mécanisme solide pour recevoir, enregistrer
et répondre aux éventuelles préoccupations des fournisseurs de données, en particulier
celles liées à la confidentialité des données et au respect de la vie privée. En outre, les
statistiques produites par une institution de justice pénale ne peuvent être considérées
comme souscrivant à une idéologie politique ou soumises à l'ingérence du gouvernement.
Les statistiques doivent être impartiales et objectives pour être crédibles.
• Efficacité - La production et la diffusion de statistiques de haute qualité étant complexes et
coûteuses, la gestion efficace des ressources humaines et financières est indispensable.
Au-delà de ces deux exigences, ce chapitre fournit des informations de base sur les métadonnées
(voir Boîte 5.1) et la gouvernance des données, et aborde brièvement la collecte, la qualité et la
diffusion des données. Toutes ces questions sont essentielles pour garantir le succès de la collecte,
de la production, de la distribution, de l'utilisation et de la réutilisation des données qui apportent
une valeur ajoutée au public et sont abordés dans ce chapitre, mais pas de manière exhaustive.
L'ONUDC élabore actuellement des orientations supplémentaires sur ce sujet qui seront publiées
dans un prochain ouvrage consacré à l'élaboration d'un système de statistiques sur la justice pénale
de manière plus générale.
Boîte 5.1
Le rôle essentiel des métadonnées
Les métadonnées peuvent être considérées comme des données qui définissent et décrivent
d'autres données. Elles comprennent des informations sur les concepts et les définitions
appliqués, les variables et les classifications utilisées, la méthodologie de la collecte et du
traitement des données, ainsi que des indications sur la qualité des données. L'utilisation et la
gestion des métadonnées sont essentielles pour garantir la qualité des données et promouvoir un
83
échange de données efficace, une compréhension commune des données et leur comparabilité.
On peut distinguer les métadonnées structurelles et les métadonnées de référence*. Les
métadonnées structurelles se composent d'identifiants et de descripteurs essentiels à
l'organisation et au traitement d'un ensemble de données statistiques (tels que les titres, les noms
de variables, les descriptions, etc.) Les métadonnées de référence décrivent les concepts
statistiques et les méthodologies utilisées pour la collecte et la production des données et
fournissent des informations sur la qualité des données.
Le cadre statistique inclus dans ces lignes directrices se concentre principalement sur la fourniture
de métadonnées structurelles qui permettent l'organisation et le traitement des ensembles de
données statistiques. Toutefois, cela ne signifie pas que les métadonnées de référence ne sont pas
importantes. Au contraire, les métadonnées de référence sont essentielles pour garantir que les
institutions collectent des données comparables.
Un exemple de métadonnées structurelles est la collecte de la variable "type d'accusation" par le
ministère public et les tribunaux. Si tous les fournisseurs de données concernés collectent des
données pour cette variable, soit par catégorie de la Classification internationale, soit selon la
classification nationale unifiée, il sera possible de suivre l'évolution des affaires pénales aux
différents stades du système de justice pénale. Cela permet d'intégrer des ensembles de données
(agrégées) provenant de différents fournisseurs de données. Toutefois, si les différents
fournisseurs de données utilisent des méthodologies différentes pour la collecte et l'agrégation
des données, les données ne seront pas directement comparables, même si elles utilisent la
même structure de données, car les métadonnées de référence diffèrent. Par exemple, un
ministère public peut choisir de comptabiliser toutes les affaires pénales qui lui sont soumises ou
de ne comptabiliser que les affaires pour lesquelles des poursuites sont engagées et qui font
l'objet d'un procès (sans compter les affaires pour lesquelles les poursuites sont abandonnées ou
réglées à l'amiable). S'il n'y a pas d'orientation claire sur le choix entre les deux options, les
chiffres ne seront probablement pas directement comparables entre les différents ministères
publics.
Il est donc essentiel de parvenir à un consensus national sur les classifications statistiques, les
concepts et les méthodologies appliqués - en conformité avec les définitions, les normes et les
standards internationaux dans la mesure du possible - lors de la collecte, de la production et de la
diffusion des données. Il est recommandé de toujours documenter et publier ces informations en
tant que métadonnées de référence officielles. Ce n'est qu'à cette condition que la comparabilité
des données entre les différents fournisseurs de données et les institutions de justice pénale peut
être garantie.
*Voir le Manuel des cadres nationaux d'assurance de la qualité des Nations Unies en statistique officielle
(Publication des Nations Unies, 2019).
Les données jouant un rôle de plus en plus important dans les sociétés contemporaines, la
gouvernance des données devient de plus en plus essentielle. À titre d'exemple, la Banque mondiale
et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) ont toutes deux
84
consacré leurs publications phares de 2021 aux questions relatives aux données et aux risques
associés à l'absence de mécanismes solides de gouvernance des données au niveau national.68 Il
n'existe pas de définition convenue de la gouvernance des données, mais elle diffère de la gestion
des données en ce qu'elle fait référence aux décisions qui doivent être prises pour assurer la gestion
efficace des données et à qui prend ces décisions, tandis que la gestion des données se concentre
sur leur mise en œuvre.69 Un cadre de gouvernance des données bien conçu permet de saisir toute
la valeur économique et sociale des données, crée la confiance dans l'intégrité d'un système de
données et garantit que les avantages des données sont équitablement partagés.
Un aspect essentiel de la gouvernance des données est l'institutionnalisation formelle des rôles et
des procédures nécessaires à la collecte, à la production, au stockage, à la maintenance, à l'accès, à
la diffusion et à la (ré)utilisation des données. Pour les présentes lignes directrices, cela implique de
recenser les parties prenantes concernées et de déterminer qui dirigera le processus d'élaboration
et de mise en œuvre des règles et procédures relatives à la gestion des données. Ce rôle de chef de
file pourrait être confié, par exemple, à l'institut national de statistique, au cabinet du président ou à
un responsable national des données.
L'entité jouant le rôle de chef de file devrait disposer d'une grande expertise méthodologique et être
bien placée pour assurer la durabilité des efforts de collecte de données au niveau national. En outre,
une attention particulière devrait être accordée aux besoins et aux préoccupations des citoyens
concernant l'utilisation des données, notamment en consultant largement les organisations de la
société civile et les institutions nationales de défense des droits de l'homme afin d'élaborer une
stratégie solide de protection des données qui s'aligne sur les cadres juridiques internationaux,
régionaux et nationaux. L'entité chef de file pourrait également encourager d'autres agences
gouvernementales à revoir leurs politiques de qualité des données, à développer des capacités
d'analyse et à participer à l'élaboration de stratégies nationales en matière de données.
Quelle que soit l'entité qui joue le rôle principal, il est essentiel que toutes les parties prenantes
reconnaissent l'importance de ce rôle et coopèrent au processus. Les règles et procédures exactes à
mettre en place dépendent du contexte national, du type de données utilisées et des acteurs
impliqués, entre autres. Dans le cas des données sur la criminalité et la justice pénale, il s'agit du
ministère public, des tribunaux, de la police et du système pénitentiaire, de l'office national des
statistiques, du ministère de la justice et de toute autre partie prenante impliquée dans la collecte, la
production et la diffusion de données statistiques sur le système de justice pénale.
Ce qui précède nécessite l'implication du système statistique national dans son ensemble, qui
comprend l'office statistique national et tous les autres producteurs de statistiques officielles dans le
pays ; les dispositions en matière de gouvernance et de coordination varient d'un pays à l'autre.
Dans la plupart des pays, l'office national de statistique est l'organisme statistique désigné par le
gouvernement et il est reconnu comme l'entité assurant la direction professionnelle du système
statistique national. Tout cadre de gouvernance des données pour le secteur de la justice pénale
devrait tenir compte des dispositions existantes en matière de gouvernance des données dans ce
système plus large.
68 Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde 2021 : Data for Better Lives (Washington D.C., 2021) ; CNUCED, Digital
Economy Report 2021 (publication des Nations unies, 2021).
69 Ibrahim Alhassen, David Sammon et Mary Daly, Journal of Decision Systems, vol. 25 (2016), Data governance activities : an analysis of
the literature.
85
Un autre aspect de la gouvernance des données concerne l'alignement sur la législation nationale et
internationale, y compris le droit à la vie privée et à la confidentialité tel qu'il est défini dans les
instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits de l'homme.70 Ces droits sont soulignés
dans les Principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations unies (voir Boîte 5.2).
L'utilisation de données administratives pour la production de statistiques, comme le suggèrent les
présentes lignes directrices statistiques, devrait également répondre aux exigences de
confidentialité et de respect de la vie privée du système statistique national au sens large. Le
système statistique national se concentre généralement sur la publication de statistiques agrégées
et les données individuelles sont rarement diffusées et, si elles le sont, ce n'est qu'après avoir été
rendues anonymes. Le cadre de gouvernance des données doit refléter ces exigences nationales,
régionales et internationales.
Par exemple, les données collectées dans l'Union européenne doivent être conformes au règlement
général sur la protection des données.71 Le chapitre 3 du règlement détaille les droits et principes en
matière de protection des données qui sont garantis par le droit de l'Union européenne, l'article 21
de ce chapitre précisant, par exemple, le droit de la personne concernée de s'opposer au traitement
de ses données à caractère personnel. L'entité qui collecte les données doit démontrer qu'elle a des
motifs légitimes impérieux de ne pas respecter ce droit. Plus précisément, la directive 2016/680 du
Parlement européen et du Conseil de l'Union européenne fixe les règles relatives à la protection des
personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel par les autorités
compétentes à des fins de prévention et de détection des infractions pénales, d'enquêtes et de
poursuites en la matière ou d'exécution de sanctions pénales.72
Il convient également de noter que les données collectées sur les enfants sont particulièrement
sensibles et nécessitent des garanties procédurales, une formation spéciale pour les praticiens et des
protocoles de collecte de données spécifiques. Les enfants sont moins conscients que les adultes des
implications à long terme du consentement à la collecte de leurs données. En outre, les
préoccupations existantes en matière de respect de la vie privée et d'équité concernant la collecte
de données sont encore plus importantes pour les enfants que pour les adultes, compte tenu de leur
plus grande vulnérabilité cognitive, émotionnelle et physique.73 Cela dit, le Comité des droits de
l'enfant des Nations unies a publié l'observation générale n° 24 (2019) sur les droits de l'enfant dans
le système de justice pour enfants, dans laquelle il exhorte les États parties à collecter
systématiquement des données ventilées, notamment sur le nombre et la nature des infractions
commises par des enfants.74 Ces données peuvent être utilisées pour évaluer les systèmes de justice
pour enfants, en particulier l'efficacité des mesures prises.
Boîte 5.2
Principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies
Principe 1. Pertinence, impartialité et égalité d'accès - La statistique officielle constitue un
élément indispensable du système d'information de toute société démocratique, fournissant aux
administrations publiques, au secteur économique et au public des données concernant la
situation économique, démographique et sociale et la situation de l’environnement. À cette fin,
70 Tels que l'article 12 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et l'article 17 du Pacte international relatif aux droits civils et
politiques.
71 Voir https://gdpr.eu/.
72 Voir https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX%3A02016L0680-20160504.
73 Fonds des Nations unies pour l'enfance, The Case for Better Governance of Children's Data : A Manifesto (New York, 2021).
74 CRC/C/GC/24, para. 113.
86
des organismes responsables de la statistique officielle doivent établir les statistiques officielles
selon un critère d’utilité pratique et les rendre disponibles, en toute impartialité, en vue de rendre
effectif le droit d’accès des citoyens à l’information publique.
Principe 2. Normes professionnelles, principes scientifiques et éthique professionnelle - Pour
que se maintienne la confiance dans l’information statistique officielle, les organismes
responsables de la statistique doivent déterminer, en fonction de considérations purement
professionnelles, notamment de principes scientifiques et de règles déontologiques, les méthodes
et les procédures de collecte, de traitement, de stockage et de présentation des données
statistiques.
Principe 5. Sources des statistiques officielles - Les données utilisées à des fins statistiques
peuvent être tirées de toutes sortes de sources, qu’il s’agisse d’enquêtes statistiques ou de
fichiers administratifs. Les organismes responsables de la statistique doivent choisir leur source en
tenant compte de la qualité des données qu’elle peut fournir, de leur actualité, des coûts et de la
charge qui pèse sur les personnes sondées.
Malgré les particularités nationales mentionnées ci-dessus, il est recommandé, conformément aux
recommandations de l'OCDE, de prendre en compte trois niveaux de base lors de la conception d'un
cadre de gouvernance des données du secteur public :75
75 OCDE, Études de l'OCDE sur l'administration numérique : Le chemin pour devenir un secteur public piloté par les données (Paris, 2019).
87
• Couche stratégique - Elle comprend la formulation d'une stratégie nationale en matière de
données et l'attribution des rôles de direction. Les stratégies en matière de données
permettent de rendre des comptes et de définir les rôles, les attentes et les objectifs des
dirigeants.
• Couche tactique - Il s'agit notamment d'améliorer la valeur extraite des données en alignant
les aptitudes et les compétences, les profils professionnels, la coordination et la
collaboration (y compris les réseaux formels et informels et les communautés de pratique)
afin de renforcer les capacités du secteur public. Elle souligne également le rôle de la
législation et de la réglementation relatives aux données pour aider les pays à définir des
politiques de gestion des données et à en assurer le respect.
• Couche pratique - Elle est axée sur la mise en œuvre au jour le jour. Elle aborde les aspects
techniques et politiques du cycle de vie des données (de la collecte et du stockage à la
diffusion), le rôle et l'interaction des différentes parties prenantes à chaque étape et
l'interconnexion des flux de données entre les différentes étapes.
Le choix entre la collecte de données agrégées ou de données unitaires peut avoir des conséquences
importantes sur les types d'analyses ultérieures possibles (voir Boîte 3.1). Les données agrégées
résument des événements similaires qui ont eu lieu au cours d'une certaine période, comme le
nombre total d'affaires ayant abouti à une peine d'emprisonnement au cours d'une année donnée,
recueillies auprès du ministère public ou des tribunaux. Les données agrégées sont obtenues en
combinant les enregistrements des unités. Elles donnent une bonne vue d'ensemble de la situation
mais ne permettent pas une analyse plus détaillée du type et de la durée de la peine pour un cas
spécifique, par exemple.
88
Les enregistrements d'unités sont des données collectées au niveau individuel (le niveau de
désagrégation le plus bas). Le niveau d'enregistrement de l'unité est combiné pour générer des
données agrégées. La collecte et l'enregistrement des données au niveau de l'enregistrement de
l'unité fournissent donc un plus grand niveau de détail et permettent une analyse plus approfondie.
Afin de faciliter les analyses ultérieures nécessaires à la production de statistiques présentant le plus
grand intérêt, il est recommandé de collecter des données au niveau de l'unité chaque fois que cela
est possible.
En outre, pour que des décisions efficaces soient prises en temps voulu, il est essentiel que les
décideurs aient l'information à portée de main. La technologie numérique rend la collecte de
données beaucoup plus efficace, offre une plus grande souplesse d'analyse et permet les avantages
de l'automatisation. Lorsque l'on tente de répondre à des questions urgentes concernant la
responsabilité, par exemple, la réponse ne peut pas consister à passer des mois à compiler et à
analyser des rapports manuscrits.
Cependant, la collecte électronique de données peut également être vulnérable à l'erreur humaine
et il faut veiller à ce que les membres du personnel reçoivent la formation appropriée pour traiter
ces données. Des protocoles normalisés de traitement des données peuvent réduire le risque
d'erreur humaine et favoriser la collecte de données plus précises et plus fiables.
Étant donné que la collecte manuelle des données est inefficace et limite considérablement le type
d'analyses disponibles pour les décideurs, la collecte électronique des données est recommandée
pour permettre une analyse plus réactive et plus sophistiquée des données.
L'application de chacune des douze dimensions du présent cadre statistique aboutira à la production
d'un ou de plusieurs ensembles de données distincts. Pour autant que les données soient collectées
de manière cohérente, certains des différents ensembles de données peuvent être reliés entre eux
pour permettre une analyse plus approfondie, ce qui est possible grâce à des champs communs
disponibles dans les différents ensembles de données. Les informations sur les ressources humaines
ou financières et les données sur les dossiers pourraient être reliées de cette manière, par exemple.
Les champs communs peuvent également faciliter la gestion des données entre les différentes
institutions du système de justice pénale. Lorsque chaque infraction se voit attribuer un numéro de
dossier unique, par exemple, il est théoriquement possible de suivre une affaire depuis la police
jusqu'aux tribunaux et, en cas de condamnation, jusqu'au système pénitentiaire. Cela suppose que
chaque institution utilise un système et une structure de base de données similaires pour garantir
l'interopérabilité des données. Pour permettre l'intégration et la mise en relation des dossiers, il est
recommandé d'adopter des champs communs à tous les ensembles de données.
89
Il est important de souligner que de nombreuses dimensions définies au chapitre 3 comportent des
variables proposées qui sont incluses pour pouvoir identifier des enregistrements individuels (par
exemple, l'identifiant du cas). Ces variables sont destinées à relier des enregistrements distincts dans
le but de créer des statistiques plus détaillées en combinant différents ensembles de données. Elles
ne sont pas destinées à la publication puisqu'elles sont liées à des enregistrements individuels. Les
enregistrements de données individuelles doivent être soigneusement protégés afin de respecter les
lois relatives à la protection de la vie privée et à la confidentialité lors de la production de
statistiques, comme indiqué dans la section 5.1.
Unité de comptage
Chaque composante du système de justice pénale enregistre des informations de la manière la plus
adaptée à ses propres activités. La police peut utiliser les incidents, les victimes et les suspects ; les
tribunaux comptent généralement les affaires, les accusations, les condamnations et les peines ;
tandis que le système pénitentiaire compte principalement les délinquants et les détenus. En
pratique, les affaires peuvent comprendre un ou plusieurs chefs d'accusation, une ou plusieurs
infractions donnant lieu à une ou plusieurs condamnations et peines. Par conséquent, l'utilisation
d'une unité de comptage commune est un élément de base qui permet de mesurer les flux d'une
composante du système de justice pénale à l'autre.
Comme indiqué dans le Manuel pour l'élaboration d'un système de statistiques de la justice pénale,
l'utilisation d'une unité de comptage basée sur la personne est recommandée pour chaque
composante du système de justice pénale.77 Étant donné que la personne est la seule unité de
comptage qui a une continuité dans l'ensemble du système de justice pénale, elle permet de
mesurer les flux. Si le même identifiant unique est utilisé dans les différentes composantes du
système de justice pénale pour une même affaire pénale, il est possible de suivre le parcours d'un
accusé dans le système, ce qui peut grandement améliorer la compréhension de la dynamique du
processus de justice pénale. Il est essentiel que ces données ne soient disponibles que sous forme
agrégée et anonyme, afin d'éviter les atteintes au droit à la vie privée et de sauvegarder la dignité
humaine des personnes en contact avec le système de justice pénale.
Il n'existe pas de mesure unique de la qualité des données, car il s'agit d'un concept
multidimensionnel fortement lié aux besoins des utilisateurs. Cela dit, l'accès à des données de
haute qualité est une condition préalable à la prise de décision fondée sur des preuves. Les données
collectées et traitées doivent également être cohérentes entre les différents ministères publics et
tribunaux qui les fournissent. En bref, la collecte, la production et la diffusion de statistiques ne
peuvent offrir une valeur ajoutée que si la qualité des données sous-jacentes est assurée.
La meilleure façon de garantir la qualité des données est de développer un cadre d'assurance qualité
adapté aux pratiques et aux circonstances nationales. Plusieurs organisations internationales ont
élaboré des cadres génériques pour l'évaluation de la qualité des données, notamment le Manuel
des cadres nationaux d'assurance de la qualité des Nations unie en statistique officielle,78 , le Cadre
90
d'évaluation de la qualité des données du Fonds monétaire international79 et le Code de bonnes
pratiques de la statistique européenne.80
Le Manuel des cadres nationaux d'assurance de la qualité des Nations unie en statistique officielle
présente cinq recommandations principales et neuf recommandations supplémentaires visant à
mettre en œuvre des principes fondamentaux spécifiques. Les recommandations de base sont axées
sur l'établissement d'une base pour l'assurance qualité des statistiques officielles dans un pays. Elles
appellent à la mise en place d'un cadre juridique et institutionnel garanti, à son application dans
l'ensemble du système statistique national et à un engagement en faveur de l'évaluation et de
l'amélioration continues de la qualité des statistiques officielles, ainsi que de l'établissement de
rapports à ce sujet.
En ce qui concerne la qualité des données produites, le Manuel des cadres nationaux d'assurance de
la qualité des Nations unie en statistique officielle énonce six principes :
• Pertinence - Les statistiques doivent répondre aux besoins ou exigences actuels et/ou
émergents de leurs utilisateurs. Le défi que doit relever l’organisme statistique est d’évaluer
les besoins contradictoires des utilisateurs actuels et potentiels afin de produire des
statistiques qui répondent aux besoins importants et prioritaires dans les limites des
ressources disponibles.
• Exactitude et fiabilité - Les statistiques doivent représenter la réalité de manière précise et
fiable.
• Actualité et ponctualité - Les statistiques doivent être mises à la disposition des utilisateurs
dans les plus brefs délais et être fournies aux dates promises, annoncées ou publiées.
• Accessibilité et clarté - Les statistiques doivent être faciles à trouver et à obtenir, présentées
de manière claire et compréhensible, et disponibles et accessibles à tous les utilisateurs
conformément aux normes relatives aux données ouvertes.
• Cohérence et comparabilité - Les statistiques doivent être cohérentes pour permettre de
combiner et d'utiliser des données connexes, y compris des données provenant de sources
différentes. Les statistiques doivent également être comparables dans le temps et entre les
régions.
• Gestion des métadonnées - Des informations suffisantes doivent être mises à disposition
pour permettre à l'utilisateur de comprendre tous les attributs des statistiques, y compris
leurs limites. Il s'agit notamment d'informations sur les concepts et les définitions appliqués,
les variables et les classifications utilisées, la méthodologie de collecte et de traitement des
données et les indications sur la qualité des données.
91
Boîte 5.3
Évaluation de la production de statistiques officielles sur la criminalité en
République de Moldavie
Les statistiques de la République de Moldavie sur la criminalité et la justice ont été évaluées par
des experts nationaux et internationaux, dans le cadre du projet "Renforcer l'efficacité et l'accès à
la justice en Moldavie", mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD) en Moldavie. L'évaluation, réalisée en collaboration avec le Bureau
national des statistiques (BNS) de la République de Moldavie, visait à examiner la situation
actuelle dans le domaine des statistiques sur la criminalité et la justice, en se concentrant sur les
autorités impliquées dans la collecte des données, sur leur rôle et leur capacité institutionnelle,
sur les données et les mécanismes, et sur les systèmes existants.
Au total, 16 autorités impliquées dans la collecte et l'échange de données sur la criminalité et la
justice ont été consultées, dont le BNS. L'évaluation a pris en compte les principes de qualité du
Code de bonnes pratiques de la statistique européenne, notamment la pertinence et l'utilité,
l'actualité, la ponctualité et la comparabilité, qui ont servi de référence pour réaliser l'évaluation
sectorielle. Les évaluateurs ont déterminé dans quelle mesure les recommandations et les
classifications de l'ONUDC sont mises en œuvre, et ils ont identifié les forces et les défis actuels du
système statistique national.
En général, l'évaluation a révélé plus de points forts que de points faibles. La plupart des
indicateurs clés internationaux et européens sont disponibles dans le pays, et nombre d'entre eux
font l'objet de statistiques officielles régulièrement diffusées par l'Office national des statistiques.
Néanmoins, les agences responsables des statistiques fonctionnent en grande partie avec des
règles de comptage distinctes et n'ont que récemment commencé à coopérer sur des plateformes
multi-agences pour l'échange de données. Les informations accessibles au public manquent
souvent de métadonnées pertinentes et de nombreuses agences n'ont pas mis en place de
mécanismes permettant aux utilisateurs de fournir un retour d'information. Le rapport fournit
quelques exemples sur la base desquels un ensemble complet d'indicateurs nationaux peut être
progressivement développé, conformément à la Classification.
À la suite de cette évaluation, une feuille de route a été élaborée et approuvée par toutes les
parties prenantes dans le but de promouvoir la coordination entre les parties prenantes et de
renforcer la capacité nationale à collecter, traiter, analyser, échanger et diffuser les données
relatives à la criminalité et à la justice.
Source : Programme des Nations Unies pour le développement, Assessment of Crime and Justice Statistics of
the Republic of Moldova : Programme des Nations unies pour le développement, Assessment of the Crime
and Justice Statistics of the Republic of Moldova (Chisinau, 2022). Disponible à l'adresse
www.undp.org/moldova/publications/assessment-crime-and-justice-statistics-republic-moldova.
92
5.4 Trouver le public visé grâce à de bonnes pratiques de diffusion
des données
La diffusion des données doit être axée sur la mise à disposition des données au public visé dans un
format ouvert et accessible.
La diffusion et l'utilisation des données pour analyser les tendances et répondre aux questions
politiques urgentes est un avantage tangible de la production de statistiques par le ministère public
et les tribunaux. En outre, il est utile de diffuser des métadonnées pour aider les utilisateurs à
comprendre le contexte dans lequel les données ont été collectées et traitées. Cela permet
d'améliorer la facilité d'utilisation des données et de communiquer la qualité des données aux
utilisateurs.
Un plan de diffusion des données peut garantir que les statistiques sont largement utilisées et
qu'elles génèrent la plus grande valeur possible, sans compromettre le droit à la vie privée ni
divulguer des données de nature potentiellement sensible. Il existe de nombreuses méthodes de
diffusion des statistiques et des résultats analytiques, notamment le partage informel d'informations,
les publications officielles, les réponses à des demandes spécifiques et la fourniture de données
brutes.
La méthode de diffusion et la forme des statistiques qui en résultent doivent répondre aux besoins
des utilisateurs des données et être adaptées à la qualité et à la nature des données disponibles.
Certains utilisateurs préfèrent des résumés brefs et non techniques, tandis que d'autres ont besoin
de graphiques, de tableaux et d'analyses approfondies. La diffusion numérique des données, par
exemple par le biais de portails de données et de tableaux de bord en ligne, permet de créer un
produit de données attrayant et facilite l'utilisation des statistiques par un grand nombre de
personnes. En outre, si l'objectif est d'atteindre un large public, il faut également tenir compte des
niveaux d'alphabétisation et de numératie de la population générale.
D'autres aspects importants à prendre en compte sont de s'assurer que les publications de données
statistiques sont annoncées avant des dates spécifiques et de fournir un accès égal et simultané à
tous les utilisateurs, comme le suggère le principe 1 des Principes fondamentaux de la statistique
officielle des Nations Unies. Une façon de rendre cela opérationnel est de créer un calendrier de
diffusion public et facilement accessible qui contient des informations sur les diffusions prévues au
cours des 12 mois à venir. Toute modification de ce calendrier pourrait alors être annoncée à
l'avance et justifiée.
Comme indiqué plus haut, les six principes énoncés dans le Manuel des cadres nationaux
d'assurance de la qualité des Nations unie en statistique officielle recommandent de diffuser les
données conformément aux normes d'ouverture des données. Bien qu'il n'existe pas de définition
commune des données ouvertes, la Charte internationale des données ouvertes81 les définit comme
des données numériques mises à disposition avec les caractéristiques techniques et juridiques
nécessaires pour qu'elles puissent être librement utilisées, réutilisées et redistribuées par n'importe
qui, n'importe quand et n'importe où. La Charte internationale des données ouvertes insiste en
outre sur la diffusion gratuite des données sous une licence ouverte et non restrictive, dans des
formats ouverts, sans enregistrement obligatoire sur un portail central.
93
L'élaboration d'un plan de diffusion des données qui identifie les profils d'utilisateurs pour le public
visé peut fournir des indications supplémentaires sur la meilleure façon de distribuer les données. Le
plan de diffusion des données doit prendre en compte les besoins d'un utilisateur occasionnel qui
souhaite obtenir la réponse à une question spécifique, mais qui n'a pas nécessairement de
connaissances statistiques ou thématiques approfondies. Il doit également prendre en compte les
besoins du chercheur d'informations disposant d'une plus grande expertise en la matière, qui
souhaite approfondir les données et peut utiliser les informations à des fins d'établissement de
rapports et d'examen du système. Enfin, le plan doit prendre en compte les experts techniques qui
souhaitent effectuer leurs propres analyses et ont souvent besoin de grandes quantités de micro
données détaillées. Cela dit, ces trois profils d'utilisateurs sont donnés à titre d'exemple et il est
recommandé de développer des profils d'utilisateurs spécifiques au contexte national. Au-delà du
niveau d'expertise de l'utilisateur, la taille du groupe d'utilisateurs et son niveau d'intérêt pourraient
être pris en compte.
94
Annexe
A.1 Ressources
Ressources humaines
(dimension essentielle)
82 Cette évaluation pourrait se faire, par exemple, en appliquant le Washington Group Short Set on Functioning (WG-SS), qui utilise une
série de six questions pour évaluer le handicap en tant qu'interaction entre les capacités d'une personne (limitation du
fonctionnement) et les barrières environnementales (physiques, sociales, culturelles ou législatives) qui peuvent limiter sa
participation à la société. Pour plus d'informations, voir Washington Group on Disability Statistics, "WG Short Set on Functioning (WG-
SS)". Disponible à l'adresse suivante : www.washingtongroup-disability.com/question-sets/wg-short-set-on-functioning-wg-ss/.
95
Rang Rang hiérarchique du membre du personnel Déterminé au niveau
au sein du ministère public ou du tribunal national.
ID du bureau Identifiant du ministère public ou du Déterminé au niveau
tribunal auquel l'agent est actuellement national
affecté
Division La division à laquelle l'agent est Déterminé au niveau
actuellement affecté national
Zone administrative Région administrative du pays (niveau 1, 2, Déterminé au niveau
etc.) où l'agent est en poste national
96
Date d'expiration Date d'expiration du certificat Format de la date :
DD-MM-YYYY
DÉTAILS DES PERFORMANCES
Unité d'analyse Description
Performance Dossiers de performance de chaque membre du personnel
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID du personnel Identifiant unique du membre du personnel Déterminé au niveau
national
Sexe Sexe du membre du personnel 1. Homme
2. Femme
Âge Âge du membre du personnel -
Ethnicité Ethnicité du membre du personnel Déterminé au niveau
national
Expérience Années d'expérience du membre du -
personnel
Rang Grade de l'agent Déterminé au niveau
national
Evaluation Note de performance attribuée au membre Déterminé au niveau
du personnel national
Période Format de la date :
Période d'évaluation de l'agent
DD-MM-YYYY
97
Ressources financières
Note : Étant donné que les ministères publics et les tribunaux sont soumis aux règles de la comptabilité
nationale, la structure de ces données est souvent prédéterminée et peut ne pas se prêter à la structure
suggérée ci-dessous.
DÉTAILS DE L'ALLOCATION
Unité d'analyse Description
Allocation Fonds alloués par exercice financier
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
Type Détails de l'affectation par ligne budgétaire Déterminé au niveau
(par exemple, salaires, informatisation, autres national
dépenses, bâtiments (entretien, coûts
d'exploitation), investissements dans de
nouveaux bâtiments, formation, etc.)
Spécialisation Détails de l'allocation par spécialisation Déterminé au niveau
national
Zone administrative Allocation dédiée aux différentes zones Déterminé au niveau
administratives du pays (niveau 1, 2, etc.) national
98
Bureau Dépenses des différents ministères publics ou Déterminé au niveau
tribunaux du pays national
Source Dépenses par source de financement Déterminé au niveau
national
99
Ressources matérielles
Note : Lorsque les données sur les ressources physiques sont collectées au niveau agrégé plutôt qu'au niveau
individuel, il ne sera pas possible de collecter la plupart des variables spécifiées pour les bâtiments et les
équipements informatiques.
DÉTAILS DE LA CONSTRUCTION
Unité d'analyse Description
Bâtiments Bâtiments individuels utilisés par les ministères publics et les tribunaux
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID du bâtiment Identifiant unique du bâtiment Déterminé au niveau
national
Fonction du Fonction du bâtiment (par exemple, tribunal Déterminé au niveau
bâtiment ou ministère public, bureau général ou national
spécialisé, etc.)
Date de Année d'achèvement du bâtiment Format de la date :
construction YYYY
Capacité en Capacité en personnel du bâtiment -
personnel
Personnel affecté Nombre de personnes affectées au bâtiment -
Communauté Taille de la communauté desservie par le -
bâtiment
Taille du bâtiment L'espace disponible dans le bâtiment (en -
mètres carrés) à tous les étages
100
groupes spécifiques
(femmes, enfants,
personnes âgées,
migrants, etc.)
8. Autres
Efficacité Efficacité énergétique du bâtiment Déterminé au niveau
énergétique national
Zone administrative Région administrative du pays (niveau 1, 2, Déterminé au niveau
etc.) où se trouve le bâtiment national
101
ID du bureau Identifiant du ministère public ou du tribunal Déterminé au niveau
auquel le matériel informatique est affecté national
102
Sécurité et bien-être du personnel
Notes :
1. Compte tenu de la nature sensible des données sur les rémunérations, il est recommandé de ne
publier que des données globales sur les rémunérations.
2. La variable d'identification du personnel renvoie aux données relatives aux ressources humaines et
fournit d'autres informations sur les membres du personnel.
3. Si un incident de sécurité implique plusieurs membres du personnel, les détails doivent être
enregistrés pour chacun d'entre eux.
83 La menace mineure, telle qu'elle est définie dans la Classification internationale, comprend l'intention de causer des dommages
mineurs. Cela inclut, au minimum, des blessures corporelles mineures (voir note de bas de page 85) ou une force physique mineure
(frapper, gifler, pousser, faire trébucher, renverser et autres applications de la force susceptibles de causer des lésions corporelles
mineures).
84 La menace grave, telle qu'elle est définie dans la Classification internationale, comprend l'intention de causer des dommages graves.
Cela inclut, au minimum, des blessures corporelles graves (voir note de bas de page 85) ou une force physique grave (tir, coup de
couteau, coupure, coupure par un objet, coup par un objet lancé, empoisonnement et autres applications de la force susceptibles de
causer des lésions corporelles graves).
103
Sévérité Gravité des lésions corporelles infligées au Déterminé au niveau
membre du personnel national85
Létal Identifiant indiquant si les lésions corporelles 1. Non létal
infligées étaient létales ou non létales. 2. Létal
Criminel Identifiant unique indiquant si des poursuites 1. Non
pénales ont été engagées à la suite de 2. Oui
l'incident
DÉTAILS DE LA RÉMUNÉRATION DU PERSONNEL
Unité d'analyse Description
Rémunération Détail de la rémunération du membre du personnel
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID du personnel Identifiant unique du membre du personnel Déterminé au niveau
national
Sexe Sexe du membre du personnel 1. Homme
2. Femme
Âge Âge du membre du personnel -
Ethnicité Ethnicité du membre du personnel Déterminé au niveau
national
Expérience Années d'expérience du membre du -
personnel
Rang Grade de l'agent Déterminé au niveau
national
Rémunération Rémunération annuelle de l'agent en -
monnaie locale
DÉTAILS SUR LES CONGÉS
Unité d'analyse Description
Congés Registres des congés des membres du personnel
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID du personnel Identifiant unique du membre du personnel Déterminé au niveau
national
Sexe Sexe du membre du personnel 1. Homme
2. Femme
Âge Âge du membre du personnel -
Ethnicité Ethnicité du membre du personnel Déterminé au niveau
national
Expérience Années d'expérience du membre du -
personnel
Rang Grade de l'agent Déterminé au niveau
national
85 Les lésions corporelles légères, telles que définies dans la Classification internationale, comprennent au minimum les contusions, les
coupures, les égratignures, les dents cassées, les enflures, les yeux au beurre noir et d'autres lésions mineures.
Les lésions corporelles graves, telles que définies dans la Classification internationale, comprennent au minimum les blessures par
balle ou par arme à feu, les blessures par couteau ou par arme blanche, les membres sectionnés, les os brisés ou les dents arrachées,
les blessures internes, les pertes de connaissance et d'autres blessures graves ou critiques.
104
Type de congé Type de congé pris par l'agent 1. Congés annuels
2. Congé familial
3. Congé de maladie
4. Congé parental
5. Congé de maladie
6. Congé sans solde
7. Autres
Date de début Date de début du congé Format de la date :
DD-MM-YYYY
Date de fin Date de fin du congé Format de la date :
DD-MM-YYYY
Montant Nombre de jours ouvrables dans la période de -
congé
105
A.2 Statistiques de la justice pénale
Notes :
1. Une affaire pénale peut concerner un ou plusieurs chefs d'accusation commis par un ou plusieurs
délinquants avec une ou plusieurs victimes.
2. Si une affaire pénale comporte plusieurs chefs d'accusation, les détails doivent être enregistrés
pour chacun d'entre eux.
3. Si une affaire pénale a plusieurs auteurs, les détails doivent être enregistrés pour chacun d'entre
eux.
4. Si une affaire pénale a plusieurs victimes, des détails doivent être enregistrés pour chacune d'entre
elles.
5. L'enregistrement et la mise en relation d'identifiants uniques pour les affaires, les inculpations, les
auteurs d'infractions et les victimes offrent une flexibilité maximale pour la production ultérieure
de statistiques globales, qu'elles soient basées sur des affaires, des inculpations ou des personnes.
106
Expérience Années d'expérience du membre du -
personnel chargé du dossier
Rang Rang du membre du personnel chargé de Déterminé au niveau
l'affaire national
ID de l'office des Identifiant du bureau de l'agent responsable Déterminé au niveau
poursuites du dossier national
DÉTAILS DE L'ACCUSATION PÉNALE
Unité d'analyse Description
Charge Accusation(s) individuelle(s) dans le cadre d'une affaire pénale unique
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale Déterminé au niveau
d'identification du enregistrée national
cas
ID de l'accusation Identifiant unique de l’accusation Déterminé au niveau
national
Type de charge Accusation par catégorie d'infraction de la Catégories de la
Classification internationale (ou classification Classification internationale
nationale des crimes) (ou classification nationale
des crimes)
Date et heure Date et heure de l'infraction pénale Format de la date :
DD-MM-YYYY
Format de l'heure :
hh:mm
Zone Région administrative du pays (niveau 1, 2, Déterminé au niveau
administrative etc.) où l'infraction pénale a été commise national
86 Les établissements de soins institutionnels comprennent les hôpitaux, les établissements psychiatriques, les maisons de retraite, les
maisons d'arrêt et autres établissements de soins institutionnels.
107
99. Non connu
Réalisation Identifiant permettant de savoir si 1. Intentée
l'infraction pénale a été tentée ou accomplie 2. Réalisée
98. Sans objet
99. Non connu
Arme Type d'arme utilisée 1. Armes à feu
2. Couteau ou objet
tranchant
3. Autres moyens87
4. Moyens inconnus
98. Non applicable
99. Non connu
Contexte Contexte situationnel de l'infraction pénale 1. Criminalité organisée88
2. Gangs89
3. Criminalité
d'entreprise90
4. Partenaire
intime/membre de la
famille91
5. Terrorisme92
6. Troubles civils93
7. Autres type de
criminalité
98. Non applicable
99. Non connu
Motivation Motivation de l'infraction pénale 1. Profit illicite
2. Crimes haineux94
3. Sexiste
4. Conflit interpersonnel95
87 Les autres moyens comprennent, au minimum, les armes contondantes, les objets utilisés comme armes, les arcs et flèches, les
arbalètes, les armes/objets de jet, les explosifs, les armes de poing ou de main, les armes d'arts martiaux qui ne sont pas des couteaux
ou des objets tranchants.
88 La participation à un groupe criminel organisé faisait partie intégrante du modus operandi du crime. Un groupe criminel organisé est
un groupe structuré de trois personnes ou plus, existant depuis un certain temps et agissant de concert dans le but de commettre un
ou plusieurs crimes ou délits graves afin d'en tirer, directement ou indirectement, un avantage financier ou un autre avantage
matériel.
89 La participation à un gang faisait partie intégrante du modus operandi du crime. Un gang est un groupe de personnes qui se définit
par un ensemble de caractéristiques, notamment la durabilité dans le temps, le style de vie axé sur la rue, la jeunesse des membres, la
participation à des activités illégales et l'identité du groupe. Les définitions utilisées par les organismes nationaux chargés de
l'application de la loi peuvent inclure des éléments supplémentaires et, dans certains cas, s'écarter de cette définition générique.
90 La participation à une société ou à une entité commerciale faisait partie intégrante du modus operandi du crime.
91 Les crimes liés au partenaire intime ou à la famille se distinguent par la nature de la relation entre l'auteur et la victime.
92 La participation à un groupe terroriste faisait partie intégrante du modus operandi de l'infraction. Un groupe terroriste est un groupe
qui se livre à des infractions terroristes. Une infraction terroriste désigne tout acte établi conformément aux instruments juridiques
universels contre le terrorisme, ou destiné à causer la mort ou des blessures graves à un civil, ou à toute autre personne ne prenant
pas une part active aux hostilités dans une situation de conflit armé, lorsque le but de cet acte, par sa nature ou son contexte, est
d'intimider une population, ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s'abstenir
d'accomplir un acte quelconque.
93 Les troubles civils désignent une situation d'hostilités violentes collectives entre deux ou plusieurs parties à l'intérieur d'un pays, sans
qu'il s'agisse d'un conflit armé interne.
94 Le crime de haine est un crime dans lequel la victime est spécifiquement ciblée en raison de ses caractéristiques, attributs, croyances
ou valeurs tels que la race, la religion, l'origine ethnique, l'orientation sexuelle et le handicap, entre autres. Les crimes de haine
comprennent les crimes motivés par le racisme et l'homophobie. Les crimes fondés sur le sexe et les crimes ayant un objectif politique
explicite ou implicite doivent être exclus.
95 Les conflits interpersonnels désignent les dissonances qui se produisent lorsque les relations humaines/sociales sont mises à rude
épreuve (y compris par la fiction due aux normes sociales et culturelles).
108
5. Motivation politique96
6. Autre motivation
98. Non applicable
99. Inconnu
cy Identifiant de l'infraction liée à la 1. Cybercriminalité
cybercriminalité97 2. Non liés à la
cybercriminalité
98. Non applicable
99. Non connu
Date d’accusation Date de dépôt de la plainte Format de la date :
DD-MM-YYYY
Date de décision Date de réception de la décision Format de la date :
DD-MM-YYYY
Décision finale Identifiant indiquant si la décision est 1. Non
définitive 2. Oui
Type de décision Type de décision (par exemple, Déterminé au niveau
détournement, abandon, rejet, national
acquittement, condamnation)
Sous-type de Plus de détails sur le type de décision Déterminé au niveau
décision national
Plaidoyer de Identifiant permettant de savoir si un 1. Oui, accordé avant le
culpabilité plaidoyer de culpabilité a lieu et s'il est procès
accordé 2. Oui, accordé pendant le
procès
3. Oui, pas accordé avant
le procès
4. Oui, non accordé
pendant le procès
5. Non
DÉTAILS SUR LA VICTIME
Unité d'analyse Description
Victime Victime(s) individuelle(s) dans le cadre d'une même affaire pénale
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale Déterminé au niveau
d'identification du enregistrée national
cas
Identification de la Identifiant unique de la victime Déterminé au niveau
victime national
Sexe de la victime Sexe de la victime 1. Homme
2. Femme
98. Non applicable
99. Non connu
96 L'agenda politique, au minimum, est l'ensemble des questions définies par des groupes idéologiques ou politiques qui tentent
d'influencer l'actualité et le débat politiques actuels et futurs.
97 Appliquer l'étiquette "cybercrimes" si l'utilisation de données ou de systèmes informatiques fait partie intégrante du modus operandi
de l'infraction.
109
Âge de la victime Âge de la victime -
Ethnicité victime Ethnicité de la victime Déterminé au niveau
national
Relation Relation de la victime avec l'auteur de 1. Partenaire
l'infraction actuel/conjoint
2. Ancien partenaire
intime/conjoint
3. Parent par le sang
4. Autre membre du
ménage
5. Ami
6. Connaissance
7. Collègue/relations de
travail
8. Autorité/relations de
soins (médecin,
infirmière, police, etc.)
9. Autre auteur connu de
la victime
10. Auteur inconnu de la
victime
99. Lien de parenté non
connu
Nationalité de la Nationalité de la victime 1. Citoyen national
victime Note : Compte tenu de la nature sensible de ces 2. Citoyen étranger
informations, elles ne doivent être fournies que 3. Apatride
sur une base volontaire par les victimes. 98. Sans objet
99. Non connu
Statut juridique de Statut juridique de la victime 1. Personne physique
la victime 2. Entité légale
Note : Compte tenu de la nature sensible de ces 3. Autre entité
informations, elles ne doivent être fournies que 99. Non connu
sur une base volontaire par les victimes.
Secteur Secteur économique (le cas échéant) Selon la CITI Rév. 498
Enfant Types d'arrangements spéciaux pour les Déterminé au niveau
enfants qui sont appliqués (par exemple, national
l'utilisation d'un langage adapté aux enfants,
la présence d'une personne de confiance, la
98 Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d'activité économique (publication des Nations unies, 2008).
110
possibilité de témoigner dans une pièce
séparée, la programmation de la procédure
judiciaire en fonction du calendrier scolaire
de l'enfant et la création d'un
environnement adapté aux enfants).
Mesures de Type de mesures prises pour protéger la Déterminé au niveau
protection victime national
Représentation Indique si la victime a eu accès à une 1. Non
légale représentation légale, y compris à l'aide 2. Oui, avocat rémunéré
juridictionnelle gratuite. 3. Oui, aide juridique
gratuite
4. Oui, autres
Interprétation Identifiant permettant de savoir si 1. Non demandée
l'interprétation a été demandée et fournie à 2. Demandée mais non
la victime fournie
3. Demandée et fournie
DÉTAILS SUR L’AUTEUR
Unité d'analyse Description
Auteur de
Auteur(s) individuels d’infractions dans le cadre d'une même affaire pénale
l'infraction
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale Déterminé au niveau
d'identification du enregistrée national
cas
ID de l'auteur de Identifiant unique de l'auteur de l'infraction Déterminé au niveau
l'infraction national
Sexe de l'auteur Sexe de l'auteur de l'infraction 1. Homme
2. Femme
98. Non applicable
99. Non connu
Âge de l'auteur Âge de l'auteur de l'infraction -
Origine ethnique Origine ethnique de l'auteur de l'infraction Déterminé au niveau
de l'auteur national
Relation Relation de l'auteur de l'infraction avec la 1. Partenaire intime
victime actuel/conjoint
2. Ancien partenaire
intime/conjoint
3. Parent par le sang
4. Autre membre du
ménage
5. Ami
6. Connaissance
7. Collègue/relations de
travail
8. Autorité/relations de
soins (médecin,
infirmière, police, etc.)
111
9. Autre auteur connu de
la victime
10. Auteur inconnu de la
victime
99. Lien de parenté non
connu
Nationalité de Nationalité de l’auteur de l'infraction 1. Citoyen national
l’auteur 2. Citoyen étranger
3. Apatride
98. Non applicable
99. Non connu
Statut juridique de Statut juridique de l'auteur de l'infraction 1. Personne physique
l’auteur 2. Entité légale
3. Autre entité
99. Non connu
Etat d’intoxication Indique si l'auteur de l'infraction a été 1. Alcool
de l’auteur intoxiqué par des drogues contrôlées ou 2. Drogues illicites
d'autres substances psychoactives. 3. Les deux
4. Autres
98. Non applicable
99. Non connu
Statut économique Statut d'activité économique de l'auteur de 1. Salarié
de l’auteur l'infraction 2. Travailleur indépendant
(sans salarié)
3. Employeur (avec
salariés)
4. Sans emploi
5. Étudiant/apprenti
6. Employé de maison
7. Retraité/handicapé
99. Non connu
Personnes à charge Déterminer si le délinquant a des enfants à 1. Oui, un ou plusieurs
charge ou d'autres responsabilités (par enfants à charge âgés
exemple, une personne âgée ou une de moins de 18 ans
personne handicapée). 2. Oui, un ou plusieurs
adultes à charge âgés de
plus de 18 ans.
3. Oui, tant pour les
enfants que pour les
adultes à charge.
4. Pas d'enfants à charge
ni d'autres
responsabilités.
98. Sans objet
99. Non connu
Récidiviste Statut de récidiviste de l'auteur de 1. Récidiviste
l'infraction 2. Non-récidiviste
98. Sans objet
99. Non connu
Enfant Types d'arrangements spéciaux pour les Déterminé au niveau
112
enfants qui sont appliqués (par exemple, national
l'utilisation d'un langage adapté aux enfants,
la présence d'une personne de confiance, la
possibilité de témoigner dans une pièce
séparée, la programmation de la procédure
judiciaire en fonction du calendrier scolaire
de l'enfant et la création d'un
environnement adapté aux enfants).
Représentation Indique si le délinquant a eu accès à une 1. Non
légale représentation juridique, y compris à l'aide 2. Oui, avocat rémunéré
juridictionnelle gratuite. 3. Oui, aide juridique
gratuite
4. Oui, autres
Interprétation Identifiant permettant de savoir si 1. Non demandée
l'interprétation a été demandée et fournie 2. Demandée mais non
au délinquant fourni
3. Demandée et fournie
Détention Identifiant permettant de savoir si l'auteur 1. Non
provisoire de l'infraction est placé en détention 2. Oui
provisoire
113
Procès pénaux
(Dimension essentielle)
Notes :
1. Une affaire pénale peut concerner un ou plusieurs chefs d'accusation commis par un ou plusieurs
délinquants avec une ou plusieurs victimes.
2. Si une affaire pénale comporte plusieurs chefs d'accusation, les détails doivent être enregistrés
pour chacun d'entre eux.
3. Si une affaire pénale a plusieurs auteurs, les détails doivent être enregistrés pour chacun d'entre
eux.
4. Si une affaire pénale a plusieurs victimes, des détails doivent être enregistrés pour chacune d'entre
elles.
5. L'enregistrement et la mise en relation d'identifiants uniques pour les affaires, les inculpations, les
auteurs d'infractions et les victimes offrent une flexibilité maximale pour la production ultérieure
de statistiques agrégées, qu'elles soient basées sur des affaires, des inculpations ou des personnes.
114
procédure
Rang Déterminé au niveau
Rang du juge dirigeant la procédure national
Numéro Déterminé au niveau
d'identification de national
la Cour Identifiant du juge qui dirige la procédure
Langue de la Cour Langue officielle utilisée dans les relations Déterminé au niveau
entre le tribunal et les justiciables national
DÉTAILS DE L’ACCUSATION
Unité d'analyse Description
Accusation Accusation(s) individuelle(s) dans le cadre d'une affaire pénale unique
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale Déterminé au niveau
d'identification du enregistrée national
cas
ID de l'accusation Identifiant unique de l’accusation Déterminé au niveau
national
Type d’accusation Accusation par catégorie d'infraction de la Catégories de la
Classification internationale (ou classification Classification internationale
nationale des crimes) (ou classification nationale
des crimes)
Date et heure Date et heure de l'infraction pénale Format de la date :
DD-MM-YYYY
Format de l'heure :
hh:mm
Zone Région administrative du pays (niveau 1, 2, Déterminé au niveau
administrative etc.) où l'infraction pénale a été commise national
115
pénitentiaire
5. Établissement de soins
en institution99
6. Autres locaux
commerciaux ou publics
non résidentiels
98. Autres
99. Non connu
Réalisation Identifiant permettant de savoir si 1. Intentée
l'infraction pénale a été tentée ou accomplie 2. Réalisée
98. Sans objet
99. Non connu
Arme Type d'arme utilisée 1. Armes à feu
2. Couteau ou objet
tranchant
3. Autres moyens100
4. Moyens inconnus
98. Sans objet
99. Non connu
Contexte Contexte situationnel de l'infraction pénale 1. Criminalité organisée101
2. Gangs102
3. Criminalité
d'entreprise103
4. Partenaire
intime/membre de la
famille104
5. Terrorisme105
6. Troubles civils106
7. Autres type de
criminalité
98. Non applicable
99. Non connu
99 Les établissements de soins institutionnels comprennent les hôpitaux, les établissements psychiatriques, les maisons de retraite, les
maisons d'arrêt et autres établissements de soins institutionnels.
100 Les autres moyens comprennent, au minimum, les armes contondantes, les objets utilisés comme armes, les arcs et flèches, les
arbalètes, les armes/objets de jet, les explosifs, les armes de poing ou de main, les armes d'arts martiaux qui ne sont pas des couteaux
ou des objets tranchants.
101 La participation à un groupe criminel organisé faisait partie intégrante du modus operandi du crime. Un groupe criminel organisé est
un groupe structuré de trois personnes ou plus, existant depuis un certain temps et agissant de concert dans le but de commettre un
ou plusieurs crimes ou délits graves afin d'en tirer, directement ou indirectement, un avantage financier ou un autre avantage
matériel.
102 La participation à un gang faisait partie intégrante du modus operandi du crime. Un gang est un groupe de personnes qui se définit
par un ensemble de caractéristiques, notamment la durabilité dans le temps, le style de vie axé sur la rue, la jeunesse des membres, la
participation à des activités illégales et l'identité du groupe. Les définitions utilisées par les organismes nationaux chargés de
l'application de la loi peuvent inclure des éléments supplémentaires et, dans certains cas, s'écarter de cette définition générique.
103 La participation à une société ou à une entité commerciale faisait partie intégrante du modus operandi du crime.
104 Les crimes liés au partenaire intime ou à la famille se distinguent par la nature de la relation entre l'auteur et la victime.
105 La participation à un groupe terroriste faisait partie intégrante du modus operandi de l'infraction. Un groupe terroriste est un groupe
qui se livre à des infractions terroristes. Une infraction terroriste désigne tout acte établi conformément aux instruments juridiques
universels contre le terrorisme, ou destiné à causer la mort ou des blessures graves à un civil, ou à toute autre personne ne prenant
pas une part active aux hostilités dans une situation de conflit armé, lorsque le but de cet acte, par sa nature ou son contexte, est
d'intimider une population, ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s'abstenir
d'accomplir un acte quelconque.
106 Les troubles civils désignent une situation d'hostilités violentes collectives entre deux ou plusieurs parties à l'intérieur d'un pays, sans
qu'il s'agisse d'un conflit armé interne.
116
Motif Motivation de l'infraction pénale 1. Gain illicite
2. Crimes de haine107
3. Basé sur le genre
4. Conflit interpersonnel108
5. Agenda politique109
6. Autre motif
98. Sans objet
99. Non connu
cy Identifiant de l'infraction liée à la 1. Cybercriminalité
cybercriminalité110 2. Non liés à la
cybercriminalité
98. Sans objet
99. Non connu
Date d’accusation Date de dépôt de la plainte Format de la date :
DD-MM-YYYY
Date de décision Date de réception de la décision Format de la date :
DD-MM-YYYY
Décision finale Identifiant indiquant si la décision est 1. Non
définitive 2. Oui
Type de décision Type de décision (par exemple, Déterminé au niveau
détournement, abandon, rejet, national
acquittement, condamnation)
Sous-type de Plus de détails sur le type de décision Déterminé au niveau
décision national
Plaidoyer de Identifiant permettant de savoir si un 1. Non
culpabilité plaidoyer de culpabilité a lieu et s'il est 2. Oui, accordé avant le
accordé procès
3. Oui, pas accordé avant
le procès
4. Oui, accordé pendant le
procès
5. Oui, non accordé
pendant le procès
Déterminé au niveau
Type de peine Type de peine appliquée national
Durée de la peine Durée de la peine en jours (le cas échéant) -
Montant de la Montant monétaire en monnaie locale (le -
peine cas échéant)
Compensation Indique si la victime a bénéficié d'une 1. Non
restitution ou d'une indemnisation, soit par 2. Oui, par la partie
107 Le crime de haine est un crime dans lequel la victime est spécifiquement ciblée en raison de ses caractéristiques, attributs, croyances
ou valeurs tels que la race, la religion, l'origine ethnique, l'orientation sexuelle et le handicap, entre autres. Les crimes de haine
comprennent les crimes motivés par le racisme et l'homophobie. Les crimes fondés sur le sexe et les crimes ayant un objectif politique
explicite ou implicite doivent être exclus.
108 Les conflits interpersonnels désignent les dissonances qui se produisent lorsque les relations humaines/sociales sont mises à rude
épreuve (y compris par la fiction due aux normes sociales et culturelles).
109 L'agenda politique, au minimum, est l'ensemble des questions définies par des groupes idéologiques ou politiques qui tentent
d'influencer l'actualité et le débat politiques actuels et futurs.
110 Appliquer l'étiquette "cybercrimes" si l'utilisation de données ou de systèmes informatiques fait partie intégrante du modus operandi
de l'infraction.
117
le défendeur, soit par l'État. défenderesse
3. Oui, par État
4. Oui, les deux
98. Non applicable
Type Type de restitution/indemnisation accordée 1. Financier
d'indemnisation à la victime 2. Non financier
98. Non applicable
DÉTAILS SUR LA VICTIME
Unité d'analyse Description
Victime Victime(s) individuelle(s) dans le cadre d'une même affaire pénale
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale Déterminé au niveau
d'identification du enregistrée national
cas
Identification de la Identifiant unique de la victime Déterminé au niveau
victime national
Sexe de la victime Sexe de la victime 1. Homme
2. Femme
98. Non applicable
99. Non connu
Âge de la victime Âge de la victime -
Ethnicité de la Ethnicité de la victime Déterminé au niveau
victime national
Relation Relation de la victime avec l'auteur de 1. Partenaire intime
l'infraction actuel/conjoint
2. Ancien partenaire
intime/conjoint
3. Parent par le sang
4. Autre membre du
ménage
5. Ami
6. Connaissance
7. Collègue/relations de
travail
8. Autorité/relations de
soins (médecin,
infirmière, police, etc.)
9. Autre auteur connu de
la victime
10. Auteur inconnu de la
victime
99. Lien de parenté non
connu
Nationalité de la Nationalité de la victime 1. Citoyen national
victime Note : Compte tenu de la nature sensible de ces 2. Citoyen étranger
informations, elles ne doivent être fournies que 3. Apatride
sur une base volontaire par les victimes. 98. Non applicable
99. Non connu
118
Statut juridique de Statut juridique de la victime 1. Personne physique
la victime 2. Entité légale
Note : Compte tenu de la nature sensible de ces 3. Autre entité
informations, elles ne doivent être fournies que 99. Non connu
sur une base volontaire par les victimes.
Secteur Secteur économique (le cas échéant) Selon la CITI Rév. 4111
Enfant Types d'arrangements spéciaux pour les Déterminé au niveau
enfants qui sont appliqués (par exemple, national
l'utilisation d'un langage adapté aux enfants,
la présence d'une personne de confiance, la
possibilité de témoigner dans une pièce
séparée, la programmation de la procédure
judiciaire en fonction du calendrier scolaire
de l'enfant et la création d'un
environnement adapté aux enfants).
Mesures de Type de mesures prises pour protéger la Déterminé au niveau
protection victime national
Représentation Indique si la victime a eu accès à une 1. Non
légale représentation légale, y compris à l'aide 2. Oui, avocat rémunéré
juridictionnelle gratuite. 3. Oui, aide juridique
gratuite
4. Oui, autres
Interprétation Identifiant permettant de savoir si 1. Non demandée
l'interprétation a été demandée et fournie à 2. Demandée mais non
la victime fournie
3. Demandée et fournie
DÉTAILS DU DÉFENDEUR
Unité d'analyse Description
Défendeur Accusé(s) individuel(s) dans le cadre d'une même affaire pénale
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale Déterminé au niveau
d'identification du enregistrée national
cas
ID du défendeur Identifiant unique du défendeur Déterminé au niveau
national
Sexe du défendeur Sexe du défendeur 1. Homme
111 Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d'activité économique (publication des Nations unies, 2008).
119
2. Femme
98. Sans objet
99. Non connu
Âge du défendeur Âge du défendeur -
Ethnie défendeur Ethnicité du défendeur Déterminé au niveau
national
Relation Relation du défendeur avec la victime 1. Partenaire intime
actuel/conjoint
2. Ancien partenaire
intime/conjoint
3. Parent par le sang
4. Autre membre du
ménage
5. Ami
6. Connaissance
7. Collègue/relations de
travail
8. Autorité/relations de
soins (médecin,
infirmière, police, etc.)
9. Autre auteur connu de
la victime
10. Auteur inconnu de la
victime
99. Lien de parenté non
connu
Nationalité du Nationalité du défendeur 1. Citoyen national
défendeur 2. Citoyen étranger
3. Apatride
98. Non applicable
99. Non connu
Statut juridique du Statut juridique du défendeur 1. Personne physique
défendeur 2. Entité légale
3. Autre entité
99. Non connu
Etat d’intoxication Indiquer si le défendeur a été intoxiqué par 1. Alcool
du défendeur des drogues contrôlées ou d'autres 2. Drogues illicites
substances psychoactives. 3. Les deux
4. Autres
98. Non applicable
99. Non connu
Statut économique Statut d'activité économique du défendeur 1. Emploi dépendant
défendeur 2. Travailleur indépendant
(sans salarié)
3. Employeur (avec
salariés)
4. Sans emploi
5. Étudiant/apprenti
6. Employé de maison
7. Retraité/handicapé
120
99. Non connu
Personnes à charge Déterminer si le délinquant a des enfants à 1. Oui, un ou plusieurs
charge ou d'autres responsabilités (par enfants à charge âgés
exemple, une personne âgée ou une de moins de 18 ans
personne handicapée). 2. Oui, un ou plusieurs
adultes à charge âgés de
plus de 18 ans.
3. Oui, tant pour les
enfants que pour les
adultes à charge.
4. Pas d'enfants à charge
ni d'autres
responsabilités de
garde.
98. Non applicable
99. Non connu
Récidiviste Statut de récidiviste du défendeur 1. Récidiviste
2. Non-récidiviste
98. Non applicable
99. Non connu
Enfant Types d'arrangements spéciaux pour les Déterminé au niveau
enfants qui sont appliqués (par exemple, national
l'utilisation d'un langage adapté aux enfants,
la présence d'une personne de confiance, la
possibilité de témoigner dans une pièce
séparée, la programmation de la procédure
judiciaire en fonction du calendrier scolaire
de l'enfant et la création d'un
environnement adapté aux enfants).
Représentation Identifiant permettant de savoir si le 1. Non
légale défendeur a eu accès à une représentation 2. Oui, avocat rémunéré
légale, y compris à l'aide juridictionnelle 3. Oui, aide juridique
gratuite gratuite
4. Oui, autres
Interprétation Identifiant permettant de savoir si 1. Non demandée
l'interprétation a été demandée et fournie 2. Demandée mais non
au défendeur fourni
3. Demandée et fournie
Détention Identifiant permettant de savoir si l'accusé 1. Non
provisoire est placé en détention provisoire 2. Oui
121
Détention provisoire et mesures non privatives de liberté
Note : Si une demande de détention provisoire ou de mesures non privatives de liberté concerne plusieurs
personnes, des informations détaillées doivent être enregistrées pour chacune d'entre elles.
DÉTAILS DE LA DEMANDE
Unité d'analyse Description
Demande individuelle de détention provisoire/mesures non privatives de
Demande
liberté
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID de la demande Identifiant unique de la demande Déterminé au niveau
national
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale Déterminé au niveau
d'identification du enregistrée, le cas échéant (fournit un lien national
cas vers les données du ministère public et/ou du
tribunal)
Infraction Principale infraction à l'origine de la détention Catégories de la
ou de la mesure non privative de liberté (par Classification internationale
catégorie de la Classification internationale) (ou classification nationale
des crimes)
Motif de la Principale raison de la demande Déterminé au niveau
demande national
Date de soumission Date de dépôt de la demande Format de la date :
DD-MM-YYYY
Date Date d'enregistrement de la demande par la Format de la date :
d'enregistrement juridiction DD-MM-YYYY
Date de décision Date de la décision judiciaire rendue Format de la date :
DD-MM-YYYY
Résultats Identifiant indiquant si la demande a été 1. Approbation
approuvée ou rejetée 2. Licenciement
3. Autres
Définitif Identifiant indiquant si la décision est 1. Non
définitive 2. Oui
ID de l'office des Identifiant de l'office des poursuites Déterminé au niveau
poursuites soumettant la demande national
Identité de la Cour Identifiant de la juridiction qui examine la Déterminé au niveau
demande national
DÉTAILS DE LA MESURE
Unité d'analyse Description
Mesure Détention provisoire/mesures non privatives de liberté enregistrées pour
chaque délinquant individuel
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID de la mesure Identifiant unique de la mesure Déterminé au niveau
national
122
Type de mesure Type de mesure appliquée (par exemple, Déterminé au niveau
assignation à résidence ou surveillance national
électronique)
Information Indique si la personne a été informée du 1. Non
motif de la détention ou de la mesure 2. Oui
alternative et de ses droits.
Date de début Date de début de la mesure pour le sujet Format de la date :
DD-MM-YYYY
Date de fin Date de fin de la mesure pour le sujet Format de la date :
DD-MM-YYYY
Localisation Lieu de détention provisoire (le cas échéant) Déterminé au niveau
national
Mandat Identifiant permettant de savoir si un mandat 1. Non
a été délivré pour la mesure Oui
Violation Identifiant indiquant si le sujet a violé les 1. Non
termes des mesures imposées 2. Oui
ID de l'auteur de Identifiant unique de l'auteur de l'infraction Déterminé au niveau
l'infraction (permet d'établir un lien avec les données national
relatives aux poursuites et/ou aux tribunaux)
Sexe de l'auteur Sexe de l'auteur de l'infraction 1. Homme
2. Femme
Âge de l'auteur Âge de l'auteur de l'infraction -
Ethnicité de Ethnicité de l’auteur de l'infraction Déterminé au niveau
l’auteur national
Nationalité de Nationalité de l’auteur de l'infraction 1. Citoyen national
l’auteur 2. Citoyen étranger
3. Apatride
99. Non connu
Représentation Identifiant permettant de savoir si le 1. Non
légale délinquant a accès à une représentation 2. Oui, avocat rémunéré
juridique, y compris à l'aide juridictionnelle 3. Oui, aide juridique
gratuite gratuite
4. Oui, autres
Interprétation Identifiant permettant de savoir si une 1. Non demandée
interprétation est requise et fournie 2. Demandée mais non
fournie
3. Demandée et fournie
123
Opérations de saisie
DÉTAILS DE LA DEMANDE
Unité d'analyse Description
Demande Demande individuelle d'émission d'une décision de saisie et son résultat
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID de la demande Identifiant unique de la demande Déterminé au niveau
national
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale Déterminé au niveau
d'identification du enregistrée, le cas échéant (fournit un lien national
cas avec les données du ministère public et du
tribunal)
Type de demande Type de demande (par exemple, saisie, Déterminé au niveau
confiscation, gel) national
Date de soumission Date de dépôt de la demande Format de la date :
DD-MM-YYYY
Date Date d'enregistrement de la demande Format de la date :
d'enregistrement DD-MM-YYYY
Date de décision Date de la décision judiciaire rendue Format de la date :
DD-MM-YYYY
Résultats Indicateur de l'approbation ou du rejet de la 1. Approbation
demande 2. Licenciement
3. Autres
Définitif Identifiant indiquant si la décision est 1. Non
définitive 2. Oui
ID de l'agence Identifiant de l'agence qui a émis la demande Déterminé au niveau
de saisie national
Numéro Identifiant de la juridiction qui a examiné la Déterminé au niveau
d'identification de demande de saisie national
la Cour
DÉTAILS DE L'ÉVÉNEMENT
Unité d'analyse Description
Événement Opérations de saisie individuelle impliquant le ministère public et les
tribunaux
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID de la saisie Identifiant unique de l'opération de saisie Déterminé au niveau
national
Date et heure Date et heure de l'opération de saisie Format de la date :
DD-MM-YYYY
Format de l'heure :
hh:mm
Zone administrative Région administrative du pays (niveau 1, 2, Déterminé au niveau
etc.) où l'opération de saisie a été effectuée national
124
Note : Lorsque deux niveaux de détail ou plus sont
disponibles, chaque point de données doit être
enregistré séparément.
Notes :
1. L'enregistrement du nombre d'objets
saisis est utile, par exemple, pour
analyser le nombre d'armes à feu
saisies.
2. L'enregistrement du poids des objets
saisis est utile, par exemple, pour
analyser la quantité de drogues
saisies en kilogrammes.
3. Enregistrer le montant pour chaque
type de bien saisi
Valeur estimée Valeur monétaire estimée des biens saisis Monnaie nationale et dollars
des États-Unis
Note : Pour favoriser la comparabilité
internationale, il est recommandé de saisir la
valeur du bien à la fois dans la monnaie nationale
et en dollars des États-Unis.
Valeur réalisée Valeur réalisée après la vente des biens saisis Monnaie nationale et dollars
(le cas échéant) des États-Unis
Origine Origine des biens saisis (le cas échéant) Format du pays :
Code Alpha-2 de l'ISO 3166
Destination Destination des biens saisis (le cas échéant) Format du pays :
125
Code Alpha-2 de l'ISO 3166
Mandat Identifiant indiquant si un mandat a été utilisé 1. Non
pour l'opération de saisie/confiscation 2. Oui
Étiquette OC Identifiant de l'implication d'un groupe 1. Non
criminel organisé 2. Oui
Étiquette Identifiant indiquant si des arrestations ont 1. Non
d'arrestation été effectuées au cours de l'opération de 2. Oui
saisie/confiscation
Étiquette de force Identifiant indiquant si la force a été 1. Non
appliquée lors de l'opération de 2. Oui
saisie/confiscation
126
A.3 Autres activités
Note : Compte tenu de la nature sensible des données relatives à l'extradition et à l'entraide judiciaire, il est
recommandé de ne publier que des données globales.
DÉTAILS DE LA DEMANDE
Unité d'analyse Description
Demande Demandes individuelles d'extradition/d'entraide judiciaire traitées par le
bureau du procureur/le tribunal
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID de la demande Identifiant unique de la demande Déterminé au niveau
national
Statut Statut de la demande (par exemple, reçue, Déterminé au niveau
soumise, en cours d'examen, clôturée) national
Pays Pays demandeur/récepteur Format du pays :
Code Alpha-2 de l'ISO 3166
Direction Identifiant indiquant si la demande est 1. Entrante
entrante ou sortante 2. Sortante
Type de demande Assistance internationale demandée par 1. Extradition
type 2. Entraide judiciaire
3. Autres
Type d’infraction Type d’infraction par catégorie de la Catégories de la
Classification internationale (ou classification Classification internationale
nationale des crimes) (ou classification nationale
des crimes)
Bureau Identifiant du ministère public/de la Déterminé au niveau
juridiction qui traite la demande national
Date de la Date de soumission/enregistrement de la Format de la date :
demande demande DD-MM-YYYY
Date de la décision Date de la décision Format de la date :
DD-MM-YYYY
Résultats Résultat de l'examen de la demande 1. Accordée
2. Refusée
3. Autres
Remis/ reçu Nombre de personnes remises ou reçues à la -
suite de la demande (le cas échéant)
127
Sensibilisation
DÉTAILS DE L'ACTIVITÉ
Unité d'analyse Description
Activité Activité individuelle de sensibilisation/engagement de la communauté
organisée par le bureau du procureur ou le tribunal
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID du bureau Identifiant du ministère public/du tribunal Déterminé au niveau
organisant l'activité national
ID de l'activité Identifiant unique pour l'activité de Déterminé au niveau
sensibilisation/engagement de la national
communauté
Membres du Nombre de personnes impliquées dans -
personnel l'activité/événement
concernés
Date et heure de Date et heure du début de l'activité de Format de la date :
début sensibilisation/engagement de la DD-MM-YYYY
communauté Format de l'heure :
hh:mm
Date et heure de fin Date et heure de la fin de l'activité de Format de la date :
sensibilisation/engagement de la DD-MM-YYYY
communauté Format de l'heure :
hh:mm
Zone administrative Région administrative du pays (niveau 1, 2, Déterminé au niveau
etc.) où s'est déroulée l'activité de national
sensibilisation/engagement de la
communauté
128
129
A.4 Conduite
Comportement professionnel
(Dimension essentielle)
Remarque : si l'incident de mauvaise conduite concerne plusieurs membres du personnel et/ou plaignants, des
informations doivent être recueillies pour chacun d'entre eux.
DÉTAILS DE L'ÉVÉNEMENT
Unité d'analyse Description
Événement Cas de mauvaise conduite signalé par une personne
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID de l'événement Identifiant unique de l'événement de Déterminé au niveau
mauvaise conduite national
Type Principaux types de fautes commises lors de 1. Abus de pouvoir
l'événement 2. Corruption
3. Fraude
4. Usage illégal de la force
5. Manquement au devoir
6. Mauvaise conduite
sexuelle
7. Torture
8. Autres
Date et heure Date et heure de l'événement répréhensible Format de la date :
DD-MM-YYYY
Format de l'heure :
hh:mm
Zone administrative Région administrative du pays (niveau 1, 2, Déterminé au niveau
etc.) où a eu lieu la manifestation pour de la national
mauvaise conduite
130
Conséquence Conséquences pour le membre du personnel 1. Aucune
impliqué 2. Mesures disciplinaires
3. Action en justice
4. Autres
COORDONNÉES DU PLAIGNANT
Unité d'analyse Description
Plaignant(s) individuel(s) dans le cadre d'une même affaire de mauvaise
Plaignant
conduite
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID de l'événement Identifiant unique de l'événement de Déterminé au niveau
mauvaise conduite national
Sexe du plaignant Sexe du plaignant 1. Homme
2. Femme
Âge du plaignant Âge du plaignant -
Ethnicité du Ethnicité du plaignant Déterminé au niveau
plaignant national
INFORMATIONS SUR LES MEMBRES DU PERSONNEL
Unité d'analyse Description
Membre(s) du personnel individuel(s) dans le cadre d'un seul événement de
Personnel
mauvaise conduite
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID de l'événement Identifiant unique de l'événement de Déterminé au niveau
mauvaise conduite national
ID du personnel Identifiant unique du membre du personnel Déterminé au niveau
national
Sexe Sexe du membre du personnel impliqué dans 1. Homme
l'événement de mauvaise conduite 2. Femme
Âge Âge du membre du personnel impliqué dans -
l'événement de mauvaise conduite
Ethnicité Origine ethnique du membre du personnel Déterminé au niveau
impliqué dans l'événement de mauvaise national
conduite
Expérience Années d'expérience du membre du -
personnel impliqué dans l'événement de
mauvaise conduite
Rang Rang du membre du personnel impliqué dans Déterminé au niveau
l'événement de mauvaise conduite national
Bureau Identifiant du bureau du procureur ou de la Déterminé au niveau
juridiction de l'agent en question national
131
Disqualification/récusation
DÉTAILS DE LA DEMANDE
Unité d'analyse Description
Demande Rapports individuels de disqualification/récusation d'un procureur ou d'un
juge, examinés par un ministère public ou un tribunal
Variable Description Catégories suggérées
(minimum)
ID de la demande Identifiant unique pour la demande de Déterminé au niveau
disqualification/récusation national
Numéro Identifiant unique de l'affaire pénale Déterminé au niveau
d'identification du enregistrée national
cas
Remarque : l'enregistrement de l'identifiant de
l'affaire permet d'établir un lien avec les données
relatives aux poursuites et aux tribunaux.
132