PSYCHOLOGIE
Éthique en santé :
Éthique et morale , quelle différence ?
La morale : Dogmes (principes non révisable), textes religieux, si pas possibilité de
délibération, nous sommes dans le registre de la morale. Le militantisme ne relève pas non
plus àpde l’éthique (de la réflexion) mais de l’activisme (expression publique de convictions).
La morale réclame peu de réflexion.
•"La morale est un système de règles d'action qui prédétermine la conduite. Et bien agir,
c'est bien obéir" (Durkheim, l'éducation morale, PUF, Paris, p.21)
La morale : Pilier de la société
Des interdits: ne pas tuer, ne pas infliger de sévices corporels, ne pas voler, ne pas
commettre l'inceste.
Des obligations : éduquer ses enfants, respecter ses engagements, respecter ses
parents... etc.
Toutes les professions ont un code de déontologie* : c’est une morale appliquée dont les
normes sont valables pour des micro-sociétés.
L’éthique peut être débattue à l’inverse de la morale, c’est une branche de la philosophie.
C’est une réflexion sur les savoirs profanes et académiques. Réflexion sur les discours
ayant trait à des valeurs :
Philosophie politique, morale, de l’art (l’esthétique) et philosophie morale.
- méta-éthique : 1ère réflexion, Socrate : Amitié, justice, sagesse... aujourd'hui =
questionnements sur ce qui diffère entre solidarité et générosité.
- éthique normative : plus de généralités qu’en éthique appliquée : Réflexion sur nos
devoirs envers autrui en général (Aristote, Kant, Mill).
- éthique appliqué : Réflexion sur nos devoirs envers autrui dans tel ou tel contexte
particulier.
L’éthique appliquée :
Débats de société : homoparentalité, accueil des migrants, laïcité, toxicomanie...
Éthique environnementale : OGM, centrales nucléaires, perturbateurs endocriniens,
usage de pesticides...
Éthique des affaires : problèmes moraux liés aux licenciements, aux disparités salariales...
Éthique médicale : euthanasie, refus de soin, avortement, annonce des mauvaises
nouvelles, …
Bioéthique : gestation pour autrui, PMA, transplantation d'organes, diagnostic
préimplantatoire, recherche sur l'humain, animal, recherche sur l'embryon...
MORALE ÉTHIQUE
"Ensemble de prescriptions que se "souci de s'interroger sur la meilleure
donne un groupe ou une société pour manière de se conduire ou de faire dans
assurer la vie bonne et le bien faire"* une situation où un choix est possible"*
NORME, discussion impossible INTERROGATION sur la justesse d'une
conduite ou des normes, discussion
possible
*Citation de Simone Bateman, 2004
La morale est la "toile de fond" de
l'éthique. Morale et éthique partagent le
même postulat nous avons une
conscience = nous ne sommes pas des
machines.
Techniques en éthique :
Plusieurs manières de penser l'éthique à travers les âges et de répondre à ces questions
épineuses.
Qu'est-ce que le dilemme éthique ?
Situation souvent frustrante où l'on doit choisir entre des obligations morales qui se
télescopent.
Cas de conscience ou conflit de devoirs (par exemple faut-il renoncer à entreprendre
des soins actifs si un nouveau-né est gravement handicapé ?).
Éthique des vertus :
Développer la pensée réflexive.
Platon et le mythe de la caverne : s'en remettre au sage qui est sorti de la Caverne
où prédominent les tromperies et les jeux d'apparence. (Platon, La république).
L’émotion est le point de départ en éthique, l’impulsion initiale.
L'émotion est un révélateur de valeur qui se transforment en principes.
Une énergie affective pour la mettre en œuvre.
"Je puis fort bien comprendre l'angoisse mortelle d'un homme qui se noie, sans pour cela
éprouver quelque chose qui ressemble, même de loin, à une angoisse mortelle" (Max
Scheler, Nature et formes de la sympathie).
Le principisme est très utilisé en bioéthique et éthique médicale. On peut mettre en
rapport des valeurs et émotions avec l'émergence de ces 4 principes. (Pierre Le Coz, Le
gouvernement des émotions).
"sans principes communs, ce n'est pas la peine de discuter" (Confucius).
Les principes de l’éthique biomédicale : - Principe d’autonomie = Le respect
+ Valeurs en lien - Principe de non-malfaisance = La crainte
- Principe de bienfaisance = La compassion
- Principe de justice = L’indignation
Autonomie
Permettre au
patient de
participer aux Bienfaisance
décisions Professionalisme
& sollicitude
Permanences
des attentes
morales des
patients
Justice
Non-malfaisance
Égalité d’accès
Surtout ne pas
aux soins
nuire
Principe d’autonomie Pricipe de justice
•Pour le patient : il a pu comprendre les "La personne n'a pas seulement une
infos, poser des questions, le médecin lui valeur relative, c’est-à-dire un prix, mais
en a posé, il a pu recouper l'info, des une valeur intrinsèque, c’est-à-dire une
options ont été proposées. dignité" (Kant, fondements de la
métaphysique des mœurs).
Égalité à l'accès aux soins.
Principe de Principe de non-
bienfaisance malfaisance
Faire du bien : douceur et bonté. "face aux maladies, avoir deux choses à
Bien faire : professionnalisme et l'esprit : faire du bien ou au moins ne pas
prudence. faire du mal" Hippocrate, épidémies, I, 5,
Prudence = Procéder au cas par cas, 410 av. JC.
savoir s'entourer, chercher le juste
milieu, kairos (art de saisir l'instant, le
moment propice dans une annonce par
ex).
La néo-casuistique : •réfléchir au cas par cas sans les principes, c'est du
particularisme.
C'est un peu la logique de jurisprudence, un cas appelle un autre cas et doit être résolu
par comparaison avec les cas déjà résolus antérieurement. C'est un raisonnement
analogique.
Les comités d’éthique et règles de débats :
La naissance des comités d'éthique :
1975 : la Déclaration d'Helsinki de l'Association médicale mondiale préconise
l'instauration de comités d'éthique.
1983 : premier "comité national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé" en
France (liée à la première fécondation in vitro et débats sur l'eugénisme).
Le précautionnisme qui émerge entre 2000 et 2020 permet témoigne d'une sensibilité
collective accrue aux risques, après Tchernobyl (dans les années 80-90), cela prend
forme, il ne faut plus attendre les catastrophes pour agir.
Déclaration de Rio (1992) : Anticiper sur les risques potentiels et sur les moyens de les
gérer.
Différentes logiques : utilitariste (Bentham et John Stuart Mill pour le principe du plus
grand bonheur, faire pour la majorité) et déontique (Kant, chaque acte doit être jugé selon
sa conformité ou sa non-conformité à certains devoirs) (ex du tri).
Un point de vue
socratique est
nécessaire "je ne sais
qu'une chose c'est Les membres sont désignés
que je ne sais rien" par le gouvernement, le
car si toustes parlement, les organismes
pensent pareil ou nationaux de recherche
différemment (clans). (INSERM, CNRS) et les
académies (sciences et
médecine). C'est l'avènement
de l'ère de la collégialité. Les
problèmes sont de plus en plus
complexes
Le président est Les acteurs du CCNE
chercheur ou médecin (comité consultatif national
et le vice-président est d'éthique) : un président
philosophe ou juriste avec un mandat de 2 ans,
pour équilibrer les renouvelable plusieurs fois
disciplines représentées et 39 membres élus pour
un mandat de 4 ans.
Fiche de saisine : Aide à la décision par la réflexion éthique
- Démarche d’éthique appliquée.
La complexité de certaines décisions médicale peut-être
liée à des enjeux éthiques. Une aide méthodologique peut
vous être proposé pour explorer ces enjeux et éclairer la
décision par l’analyse des conflit de valeurs.
Fin