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Drvx5 s11 Faseg Gestiontc Support 2023 Tva-Tca-Taf

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FASEG/UL

DRVX5 _INTRODUCTION A LA FISCALITE


LICENCE FONDAMENTALE EN SCIENCES DE GESTION
MOUSSON 2024
Enseignants Fonctions
Ahmed Esso-Wavana ADOYI Expert en fiscalité, Ancien Commissaire des Impôts de l’OTR
Nalêwazou AWI Docteur en Gestion, Enseignant-Chercheur, Formateur à l’Institut de
Formation Fiscale et Douanière (IFFD-OTR)
Biova Kodjo SEWONOU Inspecteur des Finances publiques Diplômé, Chef Section des
Etudes monographiques des entités au Commissariat des impôts
de l’OTR

SEANCE N°11
TITRE 6 :
LES IMPOTS INDIRECTS SUR LE CHIFFRE D’AFFAIRES :
Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) ;
Taxe sur les Activités Financières (TAF) ;
Taxe sur les Conventions d’Assurances (TCA).

Objectifs spécifiques :
A l’issue de la présentation de cette partie, l’étudiant doit être capable :
❖ Pour la TVA :
- de distinguer les catégories d’opérations imposables ;
- d’identifier les personnes imposables, les personnes non imposables, les opérations
imposables et les opérations exonérées ;
- Détermination de la TVA collectée
o Champ d’application de la TVA

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o Fait générateur et exigibilité
o Base imposable et taux
o Calcul de la TVA collectée
- Détermination de la TVA déductible
o Exercice du droit à déduction
o Limitation du droit à déduction ;
- Détermination de la TVA nette ou crédit de TVA et modalités déclaratives (Cas pratique).

❖ Pour la TAF :
- de distinguer les catégories d’opérations imposables ;
- d’identifier les personnes imposables, les personnes non imposables, les opérations
imposables et les opérations exonérées ;
- Détermination de la TAF
o Champ d’application de la TAF
o Fait générateur et exigibilité
o Base imposable et taux
o Calcul de la TAF
o Déclaration de la TAF
❖ Pour la TCA :
- de distinguer les catégories d’opérations imposables ;
- d’identifier les personnes imposables, les personnes non imposables, les opérations
imposables et les opérations exonérées ;
- Détermination de la TCA
o Champ d’application de la TCA
o Fait générateur et exigibilité
o Base imposable et taux
o Calcul de la TCA
o Déclaration de la TCA

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CHAPITRE 1 : LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE

L’impôt frappe le revenu à trois niveaux : lors de sa perception, lors de son utilisation
(consommation ou dépense) et lors de sa conservation. Les impôts qui frappent le revenu lors de
son utilisation sont, essentiellement constitués des taxes sur le chiffre d’affaires.

Les taxes sur le chiffre d’affaires sont des impôts qualifiés d’impôts indirects car le redevable réel
n’est pas celui qui supporte la charge de l’impôt. Elles sont qualifiées d’impôts indolores car celui
qui supporte la charge ne sens pas, à proprement parlé, le poids de cet impôt.

Pour certains, les impôts indirects sont les meilleurs impôts à créer dans une société. A ce sujet,
Gaudin affirme que : « le meilleur impôt est celui dont les formes dissimulent le mieux sa nature
et qui, en dispensant d’ailleurs le contribuable de toute prévoyance, s’identifie le plus
complètement avec les dépenses de nécessité que l’on fait communément sans regret ».

Pour A. Thiers, les impôts indirects ont « l’avantage de ne pas prendre au dépourvu les classes
malaisées ordinairement peu prévoyantes ».

Les impôts indirects sont la taxe sur la valeur ajoutée, la taxe sur les activités financières, la taxe
sur les conventions d’assurance, les droits d’accise, la taxe sur les produits des jeux de hasard
et les droits d’enregistrement.

Les droits de douanes font également partie de la catégorie des impôts qui frappent la dépense
(impôts indirects) mais ils ne seront pas développés dans le présent cours eu égard à leur régime
juridique particulier.

Cette partie traitera seulement de l’introduction à la TVA.


ILLUSTRATION
Première ressource fiscale en volume, la TVA est un impôt qui frappe les transactions et qui
engendre pour l’administration fiscale moins de frais de gestion et de recouvrement eu égard à
son mécanisme de perception basé sur la cascade (la TVA est perçue à chaque stade du
processus de production et de distribution des biens et services) et au principe de la déduction

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de la TVA d’amont (il y a donc détaxation des consommations intermédiaires et taxation des
consommations finales).

Examen du circuit économique simple impliquant le mécanisme de la TVA

Pour mieux appréhender le mécanisme de la TVA, analysons le cas suivant : (on supposera que
le taux de la TVA est égal à 18%).

Fournisseur du fabricant fabricant détaillant consommateur


HT TVA HT TVA HT TVA TTC
Vente 30 000 5 400 50 000 9 000 100 000 18 000
118 000
Achat 0 0 30 000 5 400 50 000 9 000
TVA due 5 400 3 600 9 000 18 000

En analysant le tableau, on peut tirer les conclusions suivantes :

- Le fabricant et le détaillant ont mis la TVA sur le prix HT de leur vente (chiffre d’affaires
HT) ➔ la TVA est un impôt sur le chiffre d’affaires ;
- En faisant la différence entre le prix de vente HT et le prix d’achat HT du fabricant ou du
détaillant et en appliquant au montant obtenu le taux de la TVA, on obtient le montant de
la TVA due par chacun d’eux. Ceci signifie que la TVA due est une TVA calculée sur la
valeur que chaque opérateur a ajouté au bien avant de le vendre ➔ la TVA est un impôt
sur la valeur ajoutée ;
- Si nous faisons la somme de la TVA payée par le fournisseur du fabricant, de la TVA
payée par le fabricant et celle payée par le détaillant, on retrouve exactement la TVA
payée (due) par le consommateur final ➔ la TVA est un impôt sur la consommation :
c’est parce qu’on consomme qu’on paie la TVA ;
- Nous remarquons également que la TVA est supportée entièrement par le consommateur
alors que ce dernier ne verse pas lui-même le montant de la taxe à l’administration fiscale
➔ on dit que la TVA est un impôt indirect car le redevable légal (celui qui reverse
l’impôt au fisc) est différent du redevable réel (celui qui supporte la charge de l’impôt) ;
- Généralement le taux de la TVA est proportionnel ➔ ce qui fait dire que la TVA est un
impôt proportionnel ;

Page 4 sur 23
- En appliquant le taux de la TVA au prix HT d’achat du consommateur (PVHT du
détaillant), on obtient exactement le montant de la TVA due ➔ cela signifie que la TVA
est un impôt unique, elle frappe en une seule fois le produit final ;
- Nous remarquons également que le montant de la TVA est payé en partie par chacun des
opérateurs intermédiaires ➔ on dit de ce fait que la TVA est un impôt à paiements
fractionnés.
- Considérant son mécanisme, on peut dire que la TVA est un impôt économiquement
neutre pour les entreprises.

1. Régime d’imposition en matière de TVA


Le régime d’imposition est l’ensemble des règles qui permettent de déterminer les obligations
déclaratives et comptables et les modalités d’imposition des entreprises.
Au Togo, en matière de TVA, il existe deux régimes d’imposition : la franchise en base et le régime
du réel. Ce dernier se scinde en deux à savoir le réel sans TVA et le réel avec TVA. Ces régimes
sont applicables de plein droit en fonction du chiffre d'affaires réalisé par l'entreprise, peu importe
la forme juridique de l’entreprise et la nature d’activité de celle-ci, qu’elle soit industrielle,
commerciale, non commerciale ou agricole.
Ainsi, dès lors que le chiffre d’affaires de l’entreprise atteint le seuil de soixante millions
(60.000.000) francs CFA, elle bascule automatiquement au régime du réel avec TVA. Si le chiffre
d’affaires est inférieur à 60 000 000 FCFA, l’entreprise relève du régime de la franchise en base.
Toutefois, celle qui relève de la franchise en base ont la possibilité d’opter pour le régime du réel
avec TVA ou pour le régime du réel sans TVA.

60.000.000 FCFA

Franchise en base Régime du Réel avec TVA


(Taxe Professionnelle Unique)

Possibilité d’option (pour les


entreprises individuelles) Possibilité d’option
2. Détermination de la TVA collectée
Attention : les professionnels libéraux, les titulaires de
Franchise en base charges et offices, les commissionnaires, … relèvent du
(Réel sans TVA) Page
régime du réel avec TVA quel que soit leur CA. 5 sur 23
La TVA collectée est déterminée à partir du champ d’application, du fait générateur, de
l’exigibilité, de la base imposable et du taux.

TVA Collectée
Schéma de raisonnement

Opérations réalisées par l’entreprise dans sa


relation avec ses clients

Champ d’application L’opération est-elle imposable et effectivement imposée ?

Fait générateur et exigibilité Quand doit-elle être déclarée ?

Base imposable Sur quel montant calculer cette TVA ?

Taux A quel taux calculer la TVA ?

Redevable Qui doit reverser cette TVA ?

2.1. Champ d’application de la TVA collectée


Il s’agit d’étudier les opérations imposables, les personnes assujetties et la règle de territorialité
en matière de TVA.

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Schéma de raisonnement

L’opération est-elle imposable par nature ?

Est-elle imposable en vertu d’une


Oui Non disposition expresse de la loi ?

Oui Non

Opération en dehors du champ


Opération dans le champ d’application
d’application

Opération exonérée ?

Option possible
Non Oui
exercée

Oui Non

Opération imposable Opération imposable Opération imposable Opération non


et imposée et imposée mais exonérée imposable

Assujetti Assujetti redevable Assujetti non


redevable sur option redevable Non assujetti

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Commentaire du schéma de raisonnement

Le schéma de raisonnement du champ d'application de la TVA se déroule donc en trois étapes.

1) Les opérations imposables s'entendent des opérations situées dans le champ d'application de
la TVA :

- soit en raison de leur nature (Art. 172, 173 et 174 du CGI)


- soit par une disposition expresse de la loi (Art. 175 du CGI).

2) Le cas échéant, ces opérations imposables peuvent être exonérées (Art. 261 à 263 du CGI)

3) Pour certaines opérations normalement exonérées, les intéressés peuvent, s'ils le désirent,
renoncer à cette exonération en exerçant une option pour l'imposition à la TVA (Art. 176 du CGI).

Les opérations qui sont situées dans le champ d'application de la TVA sont donc des opérations
imposables à la TVA qui seront :

- soit imposées de plein droit ou sur option ;


- soit exonérées.

Les opérations situées hors du champ d'application de la TVA ne sont pas imposables à la TVA.

Une bonne maîtrise de ce schéma et des termes employés est essentielle pour la compréhension
de la suite des enseignements.

2.1.1. Opérations imposables


Nous aborderons le cas des opérations imposables par nature, des opérations imposables en
vertu d’une disposition expresse de la loi et des opérations exonérées.

• 2.1.1.1. Opérations imposables par nature

Selon l’article 172 du CGI, sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée perçue au profit du budget
général, les livraisons de biens meubles et les prestations de service effectuées à titre
onéreux par un assujetti agissant en tant que tel.

Il s’agit donc :

➢ des livraisons de biens meubles corporels : opérations comportant le transfert de


propriété des biens meubles corporels (transfert du pouvoir de disposer du bien comme

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véritable propriétaire) même si ce transfert est effectué sous conditions suspensives
(vente avec clause de réserve de propriété, vente à tempérament).

L’électricité, l’eau, le gaz, la chaleur, le froid, les télécommunications et les biens similaires
sont considérés comme des biens meubles corporels ;

➢ des prestations de service : elles sont constituées par toutes les opérations qui
n’emportent pas transfert du droit de propriété ; il s’agit pour l’essentiel des :
- livraison de biens meubles incorporels,
- travaux immobiliers,
- locations de biens meubles et immeubles
- ventes à consommer sur place de produits alimentaire ou de boissons,
- activités hôtelières,
- travaux d’études, de recherches et d’expertise,
- operations de façon.
➢ des travaux immobiliers qui sont assimilés à des prestations de services.

Ces deux grandes catégories d’opérations doivent être effectuées à titre onéreux (c’est-à-dire
moyennant une contrepartie quel que soit sa nature) par un assujetti agissant en tant que tel
(personne qui réalise habituellement et de manière indépendante une activité économique).

Livraison de biens meubles


corporels et LBMC assimilés
Effectuées à titre Par un assujetti agissant en
onéreux tant que tel
Prestations de services et PS
assimilées

• 2.1.1.2. Opérations imposables en vertu d’une disposition


expresse de la loi

Ce ne sont pas des opérations réalisées avec la clientèle et donc ne peuvent pas être rattachées
aux deux catégories étudiées plus haut mais que la loi considère comme opérations imposables
à la TVA. Il s’agit :

- des livraisons à soi-même (LASM) : ce sont des prélèvements opérés par un assujetti
pour ses besoins personnels ou les besoins de l’entreprise.
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L’imposition des LASM à la TVA permet d’éviter une distorsion de concurrence par le
reversement de la TVA déduite lors de l’achat ;
- des prestations de services à soi-même (PSASM): ce sont des services rendus avec
les moyens de l’entreprise à des personnes qui ne peuvent pas être qualifiées de client.
Deux conditions doivent être remplies : utilisation des biens d’exploitation pour rendre ce
service et que la TVA ayant grevé l’achat de ces biens ait été déduite ;
- des importations : elles s’entendent de la mise à la consommation des marchandises
avec franchissement du cordon douanier.

• 2.1.1.3. Opérations exonérées

Ce sont des opérations normalement passibles de la TVA, mais limitativement dispensées de la


taxation et par conséquent exonérées par une disposition expresse de la loi. Il s’agit des :

➢ des opérations relevant du commerce extérieur :


- Exportations : application du principe de destination ;
- Avitaillement des navires et des aéronefs à destination de l’étranger ;
- Etc.
➢ Opérations exonérées pour des motifs d’ordre social :
- Prestations médicales (médecine humaine & médecine vétérinaire) ;
- Loyers d’habitation ;
- Etc.
➢ Opérations exonérées car soumis à un autre impôt indirect
- Opérations bancaires ou financières,
- Polices d’assurances ou de réassurances ;
- Transmission de propriété ou d’usufruit d’immeubles nus, de fonds de commerce
ou de clientèle ;
- Etc.
➢ Opérations des services publics (sécurité, justice, défense, etc.) dans la mesure où ils
n’entrainent pas une distorsion de concurrence.
Elles sont, toutefois soumises à la TVA lorsqu’elles sont réalisées en concurrence avec
le privé ;

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➢ Autres exonérations :
- livraisons en l’état des produits de l’agriculture, de l’élevage et de la pèche faites
par les agriculteurs, éleveurs et pécheurs artisans,
- Importation, production ou vente de matériels agricoles ;
- activités d’enseignement réalisées par les établissements d’enseignement
scolaire, universitaire, technique ou professionnel ;
- importations, production et vente de produits énumères à l’annexe TVA

• 2.1.1.4. Opérations imposables sur option du redevable

Il s’agit des opérations normalement non soumises à la TVA (opérations exonérées) mais pour
lesquelles le contribuable demande à être assujetti. Il s’agit des :

✓ opérations imposables réalisées par un contribuable qui relève du régime de la


franchise en base ;
✓ Livraisons en l’état des produits de l’agriculture, de l’élevage et de la pèche faites par les
agriculteurs, éleveurs et pêcheurs artisans ;
✓ Location de locaux nus à usage professionnel.

L’option qui doit être formulée avant le 30 novembre s’exerce pour une période de cinq (05) ans
à compter du 1er janvier de l’exercice suivant. Elle est subordonnée à l’agrément du commissaire
des impôts et se renouvelle par tacite reconduction à l’issue de la période, sauf dénonciation
avant le 30 novembre de la dernière année.

2.1.2. Personnes imposables


L’article 177 du CGI dispose que « sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), les
personnes physiques ou morales qui effectuent d’une manière indépendante a titre habituel ou
occasionnel, une ou plusieurs opérations soumises à la taxe quels que soient le statut juridique
de ces personnes, leur situation au regard des autres impôts et la forme ou la nature de leur
intervention, lorsqu’elles réalisent un chiffre d’affaires supérieur à soixante millions (60.000.000)
de francs CFA.

Toutefois, les personnes morales ou physiques qui exercent une profession libérale, les titulaires
de charges et offices, les commissionnaires de transports aériens et maritimes, les agents de fret

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aérien et maritime, les commissionnaires agrées portuaires, les consignataires de navires et les
personnes exerçant des professions d’expertise maritime sont assujettis de plein droit à la taxe
sur la valeur ajoutée (TVA) quel que soit le montant de leur chiffre d’affaires.

Les personnes non imposables à la TVA :

- les salariés et les autres personnes qui sont liées par un contrat de travail ;
- les travailleurs à domicile dont les gains sont considérés comme des salaires ;
- les personnes morales de droit publics pour l’activité de leur services
administratifs, sociaux, éducatifs, culturels et sportifs lorsque leurs opérations
n’entrent pas en concurrence avec le prive.

2.1.3. Règle de la territorialité


En vertu de cette règle, ne sont imposables au Togo que les opérations réalisées sur le territoire
togolais. On entend par territoire togolais en matière de la TVA, le Togo continental, les eaux
territoriales, le plateau continental et la zone économique.

Ainsi, les livraisons sont imposables au moment du départ, à destination de l’acquéreur si le bien
est expédié ou transporté ou au moment de la délivrance a l’acquéreur en l’absence de
déplacement du bien.

Les importations sont soumises à la TVA, dès lors que la mise à la consommation intervient au
sens douanier du terme.

Les exportations de biens ne sont pas soumises à la TVA au Togo.

Le lieu d’imposition d’une prestation de services est le lieu de son exécution. Cependant, lorsque
la prestation est utilisée dans un lieu autre que celui de son exécution, l’imposition s’effectue à
son lieu d’utilisation.

2.2. Fait générateur et exigibilité


2.2.1. Fait générateur
Il est l’évènement qui crée la dette fiscale. Il est constitué :

✓ pour les biens meubles corporels et assimiles, par la délivrance du bien ;


✓ pour les importations, par la mise à la consommation au sens douanier du terme ;

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✓ pour les prestations de services y compris les travaux immobiliers, par l’exécution des
services ou des travaux ;
✓ pour les livraisons à soi-même, par la première utilisation du bien ou du service.

2.2.2. Exigibilité
Il est l’évènement qui permet au receveur de réclamer et d’obtenir le paiement de la créance
fiscale. En matière de la TVA, il intervient :

− pour les livraisons de biens meubles corporels et assimiles ainsi que pour les
importations, lors de la réalisation du fait générateur ;
− pour les prestations de services y compris les travaux immobiliers, lors de l’encaissement
des acomptes, du prix, de la rémunération ou d’après les débits sur autorisation du
commissaire des impôts ;
− pour les livraisons à soi-même de biens et de travaux immobiliers, à la date de la première
utilisation de l’immeuble.

Toute personne qui mentionne la TVA sur une facture ou tout autre document en tenant lieu est
redevable de la taxe du seul fait de sa facturation.

Pour les entreprises non installées au Togo et qui y effectuent des importations, des livraisons de
biens ou des prestations de services dont le lieu d’imposition se situe au Togo, la TVA est due au
même titre que les entreprises togolaises réalisant les mêmes opérations.

La taxe afférente aux opérations résiliées, annulées ou dont le règlement est, après justification,
reconnu irrécouvrable peuvent être déduites des taxes dues au titre de la période au cours de
laquelle l’événement qui motive cette déduction est intervenu.

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Tableau récapitulatif

Nature de l’opération Fait générateur Exigibilité


Livraison des biens meubles
Livraison du bien Livraison du bien
corporels (LBMC)

Encaissement du prix sauf si


l’entreprise est autorisée à acquitter
Prestations de services et Exécution de la prestation
la TVA d’après les débits
travaux immobiliers

Importation Dédouanement ou mise à


Dédouanement
la consommation

Livraison à soi-même (LASM) Première utilisation Première utilisation

2.3. Base imposable


2.3.1. Notion de base imposable
Question : sur quel montant l’opération doit-elle être imposée ?

La base est le prix correspondant à l’ensemble de ce qui est demandé par le redevable au client
en contrepartie du bien livré ou du service rendu.

A ce titre, elle est constituée :

✓ pour les livraisons de biens et les prestations de services par toutes les sommes,
valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire en
contrepartie de la livraison ou de la prestation.
✓ pour les livraisons à soi-même de biens, par le prix d’achat des biens similaires ou, à
défaut de prix d’achat, par le prix de revient déterminé dans le lieu et au moment où la
taxe devient exigible ;
✓ pour les prestations à soi-même, par les dépenses engagées pour leur réalisation ;
✓ pour les travaux immobiliers, par le montant total des marches, mémoires, factures ou
acomptes ;

Page 14 sur 23
✓ pour les ventes à consommer sur place, par la totalité du prix acquitté par la clientèle
sans réfaction d’aucune sorte ;
✓ pour les ventes de biens d’occasion, par la différence entre le prix de vente et le prix
d’achat justifie, et à défaut de justification de ce prix, par le total de la transaction ;
✓ pour les importations de biens neufs ou d’occasion, par la valeur en douane
augmentée des droits de taxes de toute nature perçus par l’administration des douanes
à l’exclusion de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
✓ pour les autres affaires, par le montant brut des rémunérations reçues ou des
transactions réalisées.

2.3.2. Éléments de la base imposable


La base imposable comprend en principe :

- le prix convenu entre les parties à l’opération,


- augmenté des impôts, droits, taxes et prélèvements de toute nature à l’exception de la
TVA et les frais accessoires tels que les frais de transport, les commissions, les
surestaries, les frais d’emballages vendus, les frais d’assurance demandés aux clients ;
- diminué des réductions de prix accordées par le vendeur quel que soit leur nature et les
débours. Le prix des emballages consignés ne fait pas partie de la base imposable.

2.4. Taux applicable


Question : à quel taux soumettre la base imposable

Le taux de la taxe sur la valeur ajoutée est de 18% pour toutes les activités et pour tous les
produits à l’exception de ceux exonérés.

Toutefois, les opérations d’hébergement, de restauration et toutes autres prestations fournies par
les hôtels, les restaurants et organismes assimilés agréés, les prestations réalisées par les
organisateurs de circuit touristique agréés, sont assujetties à la TVA à un taux réduit de 10%.

2.5. Calcul de la TVA due


La TVA collecte se calcule comme suit :

TVA Collectée = Prix de Vente des opérations imposables x Taux de la TVA

Page 15 sur 23
2.5. Redevable de la TVA
En règle générale, c’est le fournisseur qui est le redevable légal de la TVA. C’est sur lui que pèse
l’obligation déclarative et de paiement de la TVA.

Toutefois, lorsque le redevable n’est pas domicilié au Togo, il est tenu de désigner un
représentant fiscal domicilié au Togo qui s’engage à accomplir toutes les formalités incombant à
ce redevable et à acquitter les taxes à sa place. A défaut, les taxes et le cas échant les pénalités
qui s’y rapportent, doivent être liquidées et acquittées par les destinataires ou les bénéficiaires
des opérations imposables.

3. Détermination de la TVA déductible

L’instauration de la TVA déductible vise à assurer la neutralité du mécanisme de la TVA pour les
entreprises. Il s’agit de déduire de la TVA collectée, le montant de la TVA supportée dans ses
relations avec ses fournisseurs (TVA d’amont) dès lors que cette TVA respecte toutes les
conditions de déductibilité édictées par la loi. Le droit à déduction s’exercice au titre d’une période
donnée et suivant l’imprimé modèle de déclaration de la TVA fourni par l’administration fiscale

3.1. Conditions générales de déduction de la TVA


Il existe trois conditions : les conditions de fond, les conditions de forme et les conditions de
temps.

Page 16 sur 23
TVA déductible
Schéma de raisonnement

Opérations réalisées par l’entreprise dans sa


relation avec ses fournisseurs

1. Conditions de fond La TVA doit grever l’achat de biens et services :


✓ affectés à la réalisation d’opérations imposables et
ouvrant droit à déduction
✓ non exclus de la déduction par une disposition
expresse de la loi

La TVA à déduire doit figurer sur un justificatif régulier


2. Conditions de forme  en principe la facture d’achat
 et aussi les déclarations de douanes

Le droit à déduction prend naissance, chez le client


3. Conditions de temps redevable, lorsque la TVA devient exigible chez le
fournisseur redevable.

La déduction sera opérée au titre de la période au


Naissance du droit à déduction cours de laquelle le droit à déduction est né.

3.1.1. Conditions de fond


La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est
déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération si cette opération est
imposable et ouvre droit à déduction (effectivement imposé ou exportations).

Le droit à déduction est conditionné par la règle de "l'affectation". L'assujetti doit donc procéder
à l'affectation du bien ou du service dès son acquisition à une opération ouvrant droit à déduction.
« L’affectation » correspond à l’utilisation effective du bien ou du service.

De plus, il faut que le bien ou service ne soit pas exclu du droit à déduction par l’article 197 du
CGI. Selon cet article, sont exclus du droit à déduction, la TVA ayant grevé :

Page 17 sur 23
- l’achat des véhicules de tourisme ainsi que leur parties, pièces détachées ou
accessoires ;
- les dépenses exposées pour assurer le logement ou l’hébergement des dirigeants et du
personnel de l’entreprise ainsi que les dépenses de réception, de restauration, de
spectacles et de déplacement, …
- l’achat du mobilier et du matériel de logement ;
- l’achat des objets qui ne sont pas strictement indispensables à l’activité de l’entreprise ;
- les biens cédés et les services rendus gratuitement ou à prix sensiblement inférieur au
prix de revient, quelle que soit la qualité des bénéficiaires sauf lorsqu’il s’agit d’objet
publicitaires d’une valeur unitaire inférieure à cinq mille (5.000) francs CFA hors TVA ;
- les services se rapportant à des biens exclut du droit à déduction ;
- les frais de carburant pour véhicules.

3.1.2. Conditions de forme


Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins d'opérations imposables
et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe déductible est celle qui,
entre autre figure sur les factures d'achat délivrées par les fournisseurs dans la mesure où ces
derniers sont légalement autorisés à la facturer.

D’une manière générale, les documents justificatifs de la TVA déductible peuvent être :

- la facture normalisée (personnalisée ou pré imprimée) avec toutes les mentions


obligatoires ;
- les documents douaniers en cas d’importations de marchandises ;
- le bordereau de déclaration de TVA pour le compte de tiers accompagné de la quittance
de paiement de cette TVA en cas d’auto-liquidation de la TVA.

3.1.3. Conditions de temps

Le droit à déduction prend naissance dès lors que la taxe déductible devient exigible chez le
fournisseur. Elle détermine la période au titre de laquelle la déduction doit être effectuée.

Pour les biens meubles corporels, la déductibilité est constituée par la livraison des biens (ou
dans la pratique la facturation lorsqu’elle est postérieure à la livraison).

Page 18 sur 23
L'acquéreur de prestations de services et travaux immobiliers peut déduire la TVA lors des
paiements (acomptes et solde de la facture).

3.2. Exercice du droit à déduction de la TVA


Le droit à déduction de la TVA naît lorsque toutes les trois conditions de déductibilité de la TVA
sont remplies. La naissance du droit à déduction permet de déterminer la période au cours de
laquelle ce droit peut être exercé.

La déclaration de la TVA étant mensuelle, le droit à déduction s’exerce au titre du mois au cours
duquel ce droit est né. Toutefois, les déductions qui n’ont pu être effectuées dans les délais
peuvent néanmoins être opérées sur les déclarations déposées au plus tard le 30 avril de l’année
suivante. Passé ce délai, le contribuable perd son droit à déduction desdites TVA.

La déclaration de la TVA déductible se fait en fonction de la nature du bien. Ainsi, la TVA


déductible ayant grevé l’acquisition des immobilisations est portée sur la « ligne 23 » du
bordereau de TVA, alors que celle relative à l’achat des autres biens et des services est portée
sur la « ligne 22 » du bordereau.

Les régularisations sont effectuées distinctement et doivent être portées sur la « ligne 25 ou 26 ».

4. Détermination de la TVA due (crédit de TVA) et modalités déclaratives

La TVA à déclarer au titre d’une période (mois) s’obtient par la différence entre la TVA collectée
liquidée au titre de cette période et la TVA déductible liquidée au titre de la même période corrigée
des régularisations.

Si la différence est positive alors il s’agit d’une TVA nette à payer ;

Si la différence est négative alors il s’agit d’un crédit de TVA à reporter sur les déclarations
ultérieures sur la « ligne 21 : Crédit de TVA reporté du mois précédent ».

La TVA due au titre d’une période (mois) doit faire l’objet de déclaration au moyen d’un imprimé
modèle fourni par l’administration fiscale. Le défaut de déclaration même pour cause de crédit de
TVA ou d’absence d’opérations est sanctionné par une amende de 50.000 francs CFA.

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Cette déclaration doit être souscrite au plus le 15 du mois suivant celui au titre duquel la
déclaration est souscrite. En cas de TVA nette à payer, le paiement doit suivre la déclaration.
Tout retard dans le paiement est sanctionné par une pénalité de 10% du montant avec un
minimum de 1.000 francs CFA.
Conclusion
La TVA est un impôt indirect général sur la consommation, au rendement élevé.
Le mécanisme de paiement fractionné assure le principe de neutralité de la taxe pour les
professionnels.
La TVA collectée par le fournisseur constitue ainsi la TVA déductible pour son client (sous réserve
de restrictions particulières) tant que celui-ci ne destine pas le bien ou le service à sa consommation
personnelle.
Chaque professionnel transmet de façon périodique une déclaration sur laquelle il collecte la TVA sur
son chiffre d'affaires. Il reverse cette somme aux services de la DGFiP après avoir déduit la TVA payée
à ses fournisseurs.
Ainsi, bien que l'on désigne les professionnels comme étant les redevables légaux de la TVA, les
redevables réels sont les consommateurs finaux, puisqu'ils ne peuvent pas récupérer la taxe qu'ils
acquittent.
⚫ La TVA calculée en appliquant un taux proportionnel au prix de vente constitue la TVA collectée
= prix vente HT x Taux TVA.
⚫ Le prix TTC (Toutes Taxes Comprises) est égal à la somme du prix HT (Hors Taxes) et de la
TVA .
⚫ La TVA nette versée au SIE par chaque redevable (légal) est égale à la différence entre la TVA
collectée et la TVA déductible. Elle correspond à la TVA calculée sur la valeur ajoutée du
redevable.
La TVA est également un impôt dont les principes définis au niveau européen s'intègrent dans le
système fiscal de chaque État membre de l'Union Européenne. Les législations nationales ont été
largement harmonisées en ce sens.
La "ressource TVA" est l'une des quatre ressources propres de l'UE, mais elle n'est liée que très
indirectement aux recettes effectives de TVA de chaque État membre.

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CHAPITRE 2 : AUTRES IMPOTS INDIRECTS

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Les entreprises qui opèrent dans certains secteurs d’activité ne sont pas redevable de la TVA.
Elles sont assujetties à d’autres impôts indirects sur leurs opérations. Il s’agit des banques qui
sont redevables de la taxe sur les activités financières (TAF), des sociétés et compagnies
d’assurance qui sont redevables de la taxe sur les conventions d’assurance (TCA) et des sociétés
des jeux de hasard qui sont redevable de la taxe sur les produits des jeux de hasard.

Dans la catégorie des impôts indirects, nous retrouvons également les droits d’accise sur les
produits pétroliers et les autres droits d’accise qui frappent les produits de grande consommation
ou des produits de luxe.

Les droits d’enregistrement ne sont pas des impôts sur le chiffre d’affaires mais sont qualifiés
d’impôts indirects.

Dans le cadre de ce chapitre, il ne sera étudié que la taxe sur les activités financières, la taxe sur
les conventions d’assurance et les droits d’enregistrement.

I. Taxe sur les activités financières

La taxe sur les activités financières (TAF) est un impôt qui frappe les opérations qui se rattachent
aux activités bancaires, financières et d’une manière générale au commerce des valeurs et de
l’argent.

Les activités bancaires ou financières s’entendent des activités exercées par les banques, les
établissements financiers, les agents de change, les changeurs, escompteurs et remisiers.

La TAF est assise et liquidée sur le montant brut des profits réalisés à l’occasion des opérations
imposables. Son taux est fixé à 10%.

Ainsi, lorsque l’on contracte un emprunt auprès d’une institution bancaire, les intérêts, les frais de
dossier et tous les autres frais sont imposables à la TAF. Leur montant doit donc être majoré de
10% représentant le montant de la TAF.

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Toutefois, les institutions mutualistes, coopératives d’épargne et de crédit (IMCEC)
communément appelées microfinances sont exonérées de la collecte de la TAF sur leurs
opérations de collecte et de distribution de crédit.

La déclaration de la TAF est mensuelle et se fait dans les mêmes conditions que la TVA.

II. Taxe sur les conventions d’assurance

La taxe sur les conventions d’assurances (TCA) est un impôt qui frappe les polices d’assurance
souscrites par les clients des sociétés et compagnies d’assurance sauf les contrats d’épargne et
de retraite et les contrats de groupe souscrits en vue de la retraite par tout groupement ou
association.

La TCA est due dès lors que le risque couvert se situe au Togo.
L’exigibilité de la taxe intervient lors de l’encaissement des sommes visées dans la police
d’assurance.
Le tarif de la taxe est fixé à :
- 5% pour les assurances contre les risques de toute nature de navigation maritime, fluviale
ou aérienne, y compris les assurances contre les risques d'incendie du transport maritime,
fluvial et aérien ;
- 25 % pour les assurances contre l'incendie ; toutefois le taux de la taxe est réduit à 20%
pour les assurances contre l'incendie des biens affectés de façon permanente et exclusive
à une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole, ainsi que des bâtiments
administratifs ;
- 3% pour les assurances sur la vie autres que les contrats d'épargne et de retraite et les
contrats de groupe souscrits en vue de la retraite par tout groupement, ainsi que par les
employeurs au profit du personnel salarié de l'entreprise ;
- 6% pour toutes autres assurances y compris celle couvrant les risques d'incendie en
matière de transport terrestre ;
- 0,20% pour les assurances en matière de crédit à l'exportation.

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