Chapitre 6
L’impact et les limites
des politiques économiques
Thème La régulation de l’activité économique
Question Quel est le rôle de l’État dans la régulation économique ?
Compétence(s) Repérer l’impact des politiques sur l’environnement de l’entreprise
Savoirs associés – Les limites de l’intervention de l’État dans un contexte d’internationalisation de
l’économie
– Les principes de la régulation supranationale dans le cadre européen
Cours
La mise en œuvre des politiques économiques apparaît de plus en plus complexe du fait des
interactions des différentes politiques entre elles. De plus, la dépendance économique des pays
entre eux lie leurs choix en matière économique à une coordination internationale. Dans le cas de
la France, cette coordination se réalise dans le cadre de l’Union européenne.
I. L’impact des politiques sur l’environnement de l’entreprise
A. L’impact des politiques conjoncturelles
1) La fiscalité
Les politiques conjoncturelles, dont l’horizon est au maximum d’une année, ont un effet
observable sur les différents agents économiques et en particulier les entreprises. Il faut souligner
l’importance de la fiscalité pour les entreprises.
Chaque impôt ou taxe peut faire l’objet de variations dans le cadre de la politique économique
conjoncturelle décidée par le gouvernement ou dans le cadre d’accords internationaux (taxation de
15 % des multinationales).
2) L’impact sur les décisions d’investir
La fiscalité des entreprises a un impact sur les décisions des investisseurs et donc sur la croissance
économique et l’emploi. Les entrepreneurs doivent prendre en compte l’ensemble des impôts et
taxes relevant de la politique fiscale lorsqu’ils décident de créer une nouvelle usine, d’acquérir de
nouveaux équipements ou d’investir dans un pays donné.
Lorsque les impôts sont trop élevés ou trop complexes, cela :
– dissuade les investisseurs étrangers de s’implanter en France ;
– encourage les investisseurs nationaux à délocaliser leur activité ;
– ralentit la création d’entreprises.
B. L’impact des politiques structurelles
Les réformes structurelles produisent des effets positifs sur la croissance et l’emploi sur la longue
période. Les principales politiques mises en œuvre visent à réformer le marché de l’emploi, le
système de retraite et améliorer le respect de l’environnement. Leurs effets à court terme sont
souvent très limités.
Il s’agit de réformes qui transforment en profondeur le fonctionnement des marchés :
– sur le marché du travail : les réformes sur l’allongement de l’âge moyen de départ à la retraite et
les concertations sur le financement des pensions de retraite ;
– sur le marché des biens et des services : les nouvelles réglementations en faveur de
l’environnement, plus contraignantes pour les entreprises.
II. Les limites de l’intervention de l’État dans un contexte
d’internationalisation de l’économie
A. La difficulté de faire respecter les critères de convergence au sein de
l’UE
1) Les critères de convergence
Les critères de convergence furent établis lors du traité de Maastricht, signés par les membres de
l’Union européenne en 1992. Ces critères sont fondés sur des indicateurs économiques. Ils
concernent tous les pays membres de l’Union européenne (UE) qu’ils soient, ou non, membres de
la zone euro.
Les quatre critères imposent :
– la maîtrise de l’inflation : le taux d’inflation d’un État membre donné ne doit pas dépasser de
plus de 1,5 point celui des trois États membres présentant les meilleurs résultats en matière de
stabilité des prix ; soit un taux d’inflation inférieur à 2%.
– la maîtrise de la dette publique et du déficit public : l’interdiction d’avoir un déficit public
annuel supérieur à 3 % du PIB et une dette publique supérieure à 60 % du PIB ;
– la stabilité du taux de change, devenu secondaire avec le passage à l’euro en 2002 ;
– la convergence des taux d’intérêt.
Les pays membres doivent respecter ces critères, sous peine d’avertissements puis de sanctions.
Leur respect est jugé nécessaire à la réussite du Pacte de stabilité et de croissance, signé par tous
les pays de l’Union européenne.
Le respect strict de ces critères a été progressivement assoupli. Il est possible qu’un pays dépasse
à titre « exceptionnel et temporaire » les règles ci-dessus. La crise sanitaire et économique qui a
découlé de la pandémie de Covid-19 constitue une situation exceptionnelle qui remet en question
le respect de ces règles par les pays membres du l’UE.
2) Le Pacte de stabilité et de croissance (PSC)
La politique économique de la France est encadrée par son appartenance à l’UE et son adhésion à
la monnaie unique.
Pour garantir la stabilité macroéconomique de l’UE, les membres fondateurs de la zone euro ont
défini en 1997 un Pacte de stabilité et de croissance (PSC), qui constitue un engagement politique
des États membres sur le contrôle de leur déficit public. Ce pacte oblige à renforcer la
convergence des politiques économiques, en contraignant les États à respecter les critères de
convergence.
Dans ce cadre, les dix-neuf États membres de l’Union économique et monétaire doivent viser une
coordination étroite de leurs politiques économiques.
B. L’existence de normes et de réglementations internationales
1) Les normes
L’Union européenne a mis en place un certain nombre de normes destinées à prouver que les
produits et services atteignent un certain niveau de qualité, de sécurité et de fiabilité.
Une norme unique de l’Union européenne est plus simple à mettre en place que 27 normes
nationales.
Ces normes sont nombreuses car elles portent sur des sujets divers tels que les produits de
consommation, la sécurité des bâtiments, la qualité de l’environnement. Elles contribuent à
protéger l’environnement et la santé des consommateurs.
2) La réglementation
La réglementation de l’Union européenne regroupe un ensemble de règlements que les États
membres sont tenus d’appliquer, sans les modifier (par exemple, l’autorisation ou non du
glyphosate).
Les règlements et les directives sont applicables à tous les États et s’imposent à tous les sujets de
droit : particuliers, personnes morales, États, institutions.
Pour le commerce en ligne par exemple, des règles communes à tous les pays membres permettent
de protéger les consommateurs.
3) Les traités internationaux
Les traités internationaux sont des accords de coopération ou d’échange entre deux ou plusieurs
pays. Les traités internationaux contiennent des obligations que les États acceptent expressément
et volontairement d’appliquer dans leur pays.
Pour la France, les traités internationaux les plus importants concernent l’Union européenne.
Toute action entreprise par l’UE a comme base un traité, approuvé par tous les États membres. Si
un domaine n’est pas cité dans un traité, la Commission européenne ne peut pas proposer de
légiférer dans ce domaine.
Les traités européens sont des accords contraignants que doivent respecter tous les États membres
de l’Union européenne.
III. La régulation supranationale dans le cadre européen
1) L’Eurosystème
L’Eurosystème, composé de la Banque centrale européenne et des banques centrales des États
membres de la zone euro, conduit la politique monétaire de l’euro. L’objectif final qui lui est
assigné est la stabilité des prix. Elle est indépendante des États qui la composent.
La BCE est la banque des banques de la zone euro. Elle dispose du monopole de l’émission de
monnaie fiduciaire (l’euro, monnaie unique européenne depuis 2002). Elle contrôle la création
monétaire en augmentant ou en diminuant ses taux d’intérêt à court terme.
2) La politique de l’environnement
La politique de l’environnement porte notamment sur l’objectif de neutralité carbone des pays
membres d’ici 2050.
La politique de l’environnement repose sur quatre principes fondamentaux :
– le principe de correction à la source, qui est basé sur le constat simple qu’il est moins coûteux et
plus simple de supprimer une pollution à la source que de prendre des mesures pour dépolluer ou
réparer après un accident ;
– le principe de prévention, en agissant en priorité à la source et en recourant aux meilleures
techniques disponibles ;
– le principe de précaution, selon lequel l’éventualité d’un dommage sur l’environnement appelle,
malgré l’absence de certitudes scientifiques sur les risques encourus, la mise en œuvre de mesures
provisoires et proportionnées au dommage envisagé ;
– le principe du pollueur-payeur signifie que les frais liés aux mesures de prévention de réduction
de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur.