12 TD3
12 TD3
Mesures positives
Exercice 1 Soient (X, T , µ) un espace mesuré, λ ∈]0, +∞[. Montrer que λµ est une mesure sur (X, T ).
Que dire si λ = 0 ?
Solution. Le fait que λµ soit une mesure sur (X, T ) est évident lorsque λ > 0. Supposons maintenant
que λ = 0. Si µ ne prend pas la valeur +∞, alors λµ n’est nulle autre que la mesure nulle sur (X, T ).
Lorsque µ prend la valeur +∞, le symbole λµ n’est pas bien défini.
P+∞
Exercice 2 Soit (µn )n∈N une famille de mesures sur un espace mesurable (X, T ). Montrer que n=0 µn
est une mesure sur (X, T ).
Solution. Nous allons montrer que pour une suite double (um,n )m,n∈N d’éléments de [0, +∞], on a
l’égalité
+∞ X
X +∞ +∞ X
X +∞
um,n = um,n .
m=0 n=0 n=0 m=0
On peut supposer que la suite considérée est à valeurs dans R+ . Soit M ∈ N fixé. La suite (um,n )m,n∈N
limN →+∞ N
P
étant à valeurs positives, la limite P+∞ n=0 um,n existe dans R ∪ {+∞} pour chaque m ∈
{0, . . . , M } et vaut par définition n=0 um,n . On peut alors écrire
M X
X +∞ M X
X N
um,n = lim um,n .
N →+∞
m=0 n=0 m=0 n=0
L’inégalité renversée
P+∞s’obtient de manière analogue.
Notons ν := n=0 µn . On a tout de suite
+∞
X +∞
X
ν(∅) = ( µn )(∅) = µn (∅) = 0.
n=0 n=0
Soit (Am )m∈N une suite d’éléments de T deux à deux disjoints. On a par σ-additivité
[ +∞
X [ +∞ X
X +∞
ν( Am ) = µn ( Am ) = µn (Am ).
m∈N n=0 m∈N n=0 m=0
1
Le résultat sur les séries doubles à termes positifs démontré ci-dessus donne alors
[ +∞ X
X +∞ +∞
X
ν( Am ) = µn (Am ) = ν(Am ).
m∈N m=0 n=0 m=0
Ceci traduit que ν est σ-additive. On conclut que ν est une mesure sur (X, T ).
Exercice 3 Soit X un ensemble non vide muni de la tribu discrète P(X). Montrer que la fonction
µ : P(X) → [0, +∞] définie par
(
card(A) si A est fini,
µ(A) :=
+∞ sinon
est une mesure sur X, P(X) . Montrer que l’espace mesuré (X, P(X), µ) est σ-fini si et seulement si
X est dénombrable.
Solution. OnSa bien sûr µ(∅) = 0. Soient (An )n∈N une suite de parties de X, deux à deux disjointes.
Notons A := n∈N An . Il s’agit d’établir que
+∞
X
µ(A) = µ(An ).
n=0
P+∞
On peut supposer que pour tout n ∈ N, An 6= ∅. Il s’ensuit n=0 µ(An ) = +∞. Par ailleurs, en
choisissant pour chaque n ∈ N, an ∈ An , nous voyons (en gardant à l’esprit le fait que Ak ∩ Al = ∅
pour l, k ∈ N distincts) que A est un ensemble infini, i.e., µ(A) = +∞). S
Supposons que (X, P(X), µ) soit σ-fini. Alors, on peut écrire X = n∈N An avec pour chaque
n ∈ N, An ∈ P(X) et µ(An ) < +∞. Il s’ensuit que X est l’union dénombrable d’ensembles finis et donc
dénombrable. Réciproquement, supposons que X soit dénombrable. Alors, X est l’union dénombrable
de ses singletons, en particulier (X, P(X), µ) est σ-fini.
Exercice 4 Soient X un ensemble non vide et a ∈ X. Montrer que la fonction δa : P(X) → [0, +∞]
définie pour tout A ∈ P(X) par (
1 si a ∈ A,
δa (A) :=
0 sinon
est une mesure sur X, P(X) .
Solution. C’est évident.
Exercice 5 Soient TX une tribu sur X, µ une mesure sur (X, TX ), (Y, TY ) un espace mesurable et
f : X → Y une application. Montrer que si f est (TX , TY )-mesurable, alors l’application mf : TY →
[0, +∞] définie par
mf (B) := µ f −1 (B) pour tout B ∈ TY
Soit (Bn )n∈N une suite d’éléments de TY deux à deux disjoints. On a tout de suite
[ [ [
mf ( Bn ) = µ(f −1 ( Bn )) = µ( f −1 (Bn )).
n∈N n∈N n∈N
2
Par ailleurs, on vérifie que (f −1 (Bn ))n∈N est une famille d’éléments de TX deux à deux disjoints. Il
vient alors
[ [ +∞
X +∞
X
−1 −1
mf ( Bn ) = µ( f (Bn )) = µ(f (Bn )) = mf (Bn ).
n∈N n∈N n=0 n=0
Exercice 6 On considère la mesure de comptage m sur l’espace mesurable (N, P(N)). Pour chaque
n ∈ N, on pose TTn := {k ∈ N : k ≥ n}. Montrer que la suite (Tn )n∈N est décroissante. Que dire de
inf m(Tn ) et m( Tn ) ?
n∈N n∈N
Exercice 7 L’objectif de cet exercice est d’établir qu’il n’existe pas de mesure µ sur (Z, P(Z)) qui
soit à la fois non nulle, finie et invariante par translation (i.e., pour tout P ⊂ Z, pour tout n ∈ Z,
µ(P + {n}) = µ(P )).
Nous allons procéder par l’absurde en supposant qu’il existe une telle mesure µ.
1. Montrer qu’il existe n0 ∈ Z tel que µ({n0 }) > 0.
2. Etablir que pour tout n ∈ Z, µ({n}) = µ({n0 }).
3. Calculer µ(N).
4. Conclure.
1 1 1 1 1
µ(I) = δ1 (I) + δ2 (I) + δ3 (I) = × 1 = .
2 4 4 2 2
Le fait que µ soit une probabilité sur (R, B(R)) découle des égalités
1 1 1 1 1 1
µ(R) = δ1 (R) + δ2 (R) + δ3 (R) = × 1 + × 1 + × 1 = 1.
2 4 4 2 4 4
2. Le fait que µ2 soit uneP mesure sur (R, B(R)) découle de l’Exercice 2. Pour tout entier k ≥ 1, on
a µ2 ({1, . . . , k}) = kn=1 23n . Il s’ensuit
+∞
[ X 1
µ2 (N) = µ2 ( {1, . . . , k}) = lim µ2 ({1, . . . , k}) = 3 = 3.
k→+∞ 2n
k∈N n=1
3
3. Le fait que µ3 soit une mesure sur (R, B(R)) découle de l’Exercice 2. On pose J := [ 21 , 2]. On a
pour tout n ≥ 1, (
1 si n ≤ 4,
δ √1 (J) =
n 0 sinon.
On en déduit
1 1 1 25
µ(J) = 1 + + + = .
2 3 4 12
D’autre part, puisque pour tout n ≥ 1, δ √1 (R) = 1, on a
n
+∞
X 1
µ3 (R) = = +∞.
n
n=1
Exercice 9 Soient (X, T ) un espace mesurable et µ : T → [0, +∞] une fonction à valeurs positives
étendues. On considère les assertions suivantes :
(i) Pour tout A, B ∈ T , on a l’implication
(ii) Pour toute suite (An )n∈N d’éléments de T décroissante (pour l’inclusion ⊂) on a l’implication
\
An = ∅ ⇒ lim µ(An ) = 0.
n→+∞
n∈N
(iii) Pour toute suite (An )n∈N croissante (pour l’inclusion ⊂) d’éléments de T , on a
[
µ( An ) = lim µ(An ).
n→+∞
n∈N
(iv) Pour toute suite (Bn )n∈N décroissante (pour l’inclusion ⊂) d’éléments de T , on a
\
µ( An ) = lim µ(An ).
n→+∞
n∈N
1. Montrer que si µ satisfait (i) et (ii), alors µ est une mesure sur (X, T ).
2. On suppose que µ est à valeurs finies et satisfait (i) et (iii). Montrer que (iv) a lieu.
3. On suppose que µ est à valeurs finies et satisfait (i) et (iv). Montrer que (ii) a lieu.
4. Conclure.
Solution.
1. Supposons que (i) et (ii) ait lieu. Commençons par noter que la suite constante
T (Bn )n∈N définie
par Bn := ∅ pour tout n ∈ N est décroissante pour l’inclusion et satisfait n∈N Bn = ∅. D’après
(ii), on a limn→+∞ µ(Bn ) = 0, autrement dit µ(∅) = 0. Il reste à établir que µ est σ-additive.
Fixons (An )n∈N une suite d’éléments de T deux à deux disjoints. Posons pour tout n ∈ N,
+∞
[ n
[
Bn := Am \ Ak ∈ T .
m=0 k=0
4
T
La suite (Bn )n∈N est évidemment décroissante pour l’inclusion ⊂. De plus, elle vérifie n∈N Bn =
∅. Une application de (ii) nous dit alors que limn→+∞ µ(Bn ) = 0. Par ailleurs, (i) nous dit que
pour tout n ∈ N,
+∞
[ n
[ n
[
µ( Am ) = µ(( Ak ) ∪ Bn ) = µ( Ak ) + µ(Bn ).
m=0 k=0 k=0
La propriété (i) et une récurrence immédiate montre que pourStout l ∈ N P et pour toute suite
finie (Ck )0≤k≤l d’éléments de T deux à deux disjoints, on a µ( lk=0 Ck ) = lk=0 µ(Ck ). On en
déduit
+∞
[ Xn
µ( Am ) = µ(Ak ) + µ(Bn ) pour tout n ∈ N.
m=0 k=0
3. On suppose que µ est à valeurs finies et satisfait (i) et (iv). En exploitant (i), il vient
puis (car µ est à valeurs finies) µ(∅) = 0. Ceci et (iv) entraînent bien sûr (ii).
4. On a les équivalences suivantes dans le cas où µ est à valeurs finies : (i) et (ii) si et seulement
si µ mesure sur X si et seulement si (i) et (iii) si et seulement si (i) et (iv).
Exercice 10 Soit (X, T , µ) un espace mesuré. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
(a) La mesure µ est σ-finie.
S
(b) Il existe (An )n∈N une suite croissante d’éléments de T telle que X = n∈N An et µ(An ) < +∞
pour tout n ∈ N.
(c) Il existe (An )n∈N une partition de X telle que pour tout n ∈ N, An ∈ T et µ(An ) < +∞.
5
Solution. Les implications (b) ⇒ (a) et (c) ⇒ (a) sont évidentes. Montrons les implications réci-
proques.
Montrons que (a) ⇒ (b). Supposons donc qu’il existe (An )n∈N une suite d’élémentsSde T telle que
X = n∈N An et µ(An ) < +∞ pour tout n ∈ N. On pose pour chaque n ∈ N, Bn := nk=0 Ak . Il est
S
clair que (Bn )n∈N est une suite croissante d’élements de T et de réunion X. De plus, on a pour tout
n∈N
[n n
X
µ(Bn ) = µ( Ak ) ≤ µ(Ak ) < +∞.
k=0 k=0
⇒ (c). Supposons donc une nouvelle fois qu’il existe (An )n∈N une suite
Montrons l’implication (a) S
d’éléments de T telle que X = n∈N An et µ(An ) < +∞ pour tout n ∈ N. On pose pour chaque n ∈ N,
Tn−1
Bn := ASn ∩ ( k=0 X \ Ak ). On a vu au TD1 que (Bn )n∈N est une suite d’éléments de T qui a pour
réunion n∈N An = X et qui est une partition de X. Il reste à voir que µ(Bn ) ≤ µ(An ) < +∞ pour
tout n ∈ N pour conclure la démonstration de l’implication (a) ⇒ (c).
Exercice 11 Soient (X, T , µ) un espace mesuré et (An )n∈N une suite d’éléments de T . On rappelle
que [ \ \ [
lim An := Ak ∈ T et lim An := Ak ∈ T .
n→+∞ n→+∞
n∈N k≥n n∈N k≥n
1. Montrer que
µ( lim An ) ≤ lim inf µ(An ).
n→+∞ n→+∞
S
2. On suppose µ( n∈N An ) < +∞. Montrer que
+∞
P
3. (Borel-Cantelli) Montrer que si µ(An ) < +∞, alors
n=0
µ( lim An ) = 0.
n→+∞
Solution.
T
1. Posons pour tout n ∈ N, Bn := k≥n Ak . La suite (Bn )n∈N étant croissante pour l’inclusion,
nous avons [
µ( lim An ) = µ( Bn ) = lim µ(Bn ) = sup µ(Bn ). (1)
n→+∞ n→+∞ n∈N
n∈N
Par ailleurs, pour n ∈ N, l’inclusion évidente Bn ⊂ Ak valide pour chaque entier k ≥ n nous
permet d’écrire
µ(Bn ) ≤ inf µ(Ak ).
k≥n
6
D’autre part, on a évidemment pour tout n ∈ N,
[
µ(Bn ) = µ( Ak ) ≥ µ(Ak0 ) pour tout k0 ≥ n.
k≥n
Ceci entraîne que pour tout n ∈ N, µ(Bn ) ≥ supk≥n µ(Ak ). Par passage à la borne supérieure,
il vient alors
inf µ(Bn ) ≥ inf sup µ(Ak ) = lim sup µ(An ). (4)
n∈N n∈N k≥n n→+∞
[ +∞
X
µ(B0 ) = µ( Ak ) ≤ µ(Ak ) < +∞.
k∈N k=0
Il s’ensuit \
µ( lim An ) = µ( Bn ) = lim µ(Bn ).
n→+∞ n→+∞
n∈N
et à invoquer le fait que le reste d’une série numérique convergente converge vers 0 pour conclure
que µ( lim An ) = 0.
n→+∞
n∈N n∈N
Il vient alors [
lim µ(An ) = µ( An ) = µ(X) > 0
n→+∞
n∈N
et ceci nous donne en particulier n0 ∈ N tel que µ(An0 ) > 0. Il reste à voir que f est bornée sur
An0 ∈ A pour conclure.
2. On note pour chaque entier n ≥ 1, Bn := R \ [− n1 , n1 ] et An := f −1 (Bn ) ∈ A (cette dernière
inclusion étant une conséquence directe de l’hypothèse de mesurabilité de f ). La suite (An )n≥1
est clairement une suite croissante de parties satisfaisant
[ [
An = f −1 ( Bn ) = f −1 (R? ) = {f 6= 0}
n≥1 n≥1
7
et ceci permet d’écrire
[
lim µ(An ) = µ( An ) = µ({f 6= 0}) > 0.
n→+∞
n≥1
On déduit de ceci l’existence d’un entier n0 ≥ 1 tel que µ(An0 ) > 0. Il reste à voir que pour
tout x ∈ An0 , |f (x)| > n10 .
Exercice 13 Soient (X, T , µ) un espace mesuré, (fn )n∈N une suite de fonctions de X dans R et
f : X → R une fonction. On suppose que f et fn sont (T , B(R))-mesurables pour tout n ≥ 1. On dit
que (fn )n∈N converge selon la mesure µ lorsque pour tout réel ε > 0,
1. On suppose que µ(X) < +∞ et que (fn )n∈N converge µ-presque partout vers f . On fixe un réel
ε > 0.
S
(a) On pose pour tout n ∈ N, An := m≥n {|fm − f | > ε}. Montrer que
\
A := An ∈ A et µ(A) = 0.
n∈N
Il est alors clair qu’on peut construire une application s : N → N strictement croissante telle
que
1 1
µ( |fs(n) − f | > < n pour tout n ∈ N.
n+1 2
P 1
2. La convergence de la série 2n permet d’appliquer Borel-Cantelli qui donne l’égalité attendue.
8
3. Soit x ∈ X \ lim Acn . On a donc par définition de limite supérieure ensembliste
n→+∞
\ [
x∈
/ Ack .
n∈N k≥n
1
Il existe donc n0 ∈ N tel que pour tout k ≥ n0 , x ∈ Ak , i.e., fs(k) (x) − f (x) ≤ k+1 . Fixons un
1
réel ε > 0. Choisissons N ∈ N avec N ≥ n0 et k+1 ≤ ε pour tout k ≥ N . Il s’ensuit que pour
1
tout k ≥ N , fs(k) (x) − f (x) ≤ k+1 ≤ ε. On conclut que fs(k) (x) → f (x).
Exercice 14 Une partie incluse dans une partie négligeable est-elle négligeable ? L’intersection de
parties négligeables est-elle négligeable ? Le complémentaire d’une partie négligeable est-il négligeable ?
L’union dénombrable de parties négligeables est-elle négligeable ?
Exercice 15 Soient (X, T , µ) un espace mesuré avec µ(X) < +∞ et (fn )n≥1 une suite de fonctions
de X dans R. On suppose que pour tout n ≥ 1, la fonction fn est (T , B(R))-mesurable. On note C
l’ensemble des x ∈ X tels que lim fn (x) existe et appartienne à R.
n→+∞
1. Montrer que
\ [ \ 1
C= {x ∈ X : |fp (x) − fq (x)| ≤ }.
k
k≥1 n≥1 p,q≥n
2. En déduire que C ∈ T .
3. Montrer que (fn )n≥1 converge µ-presque partout si et seulement si µ(C c ) = 0.
4. (Egorov) On suppose qu’il existe une fonction f : X → R qui soit (T , B(R))-mesurable et une
partie Ω ∈ T avec µ(Ω) = 0 telles que
L’objectif dans la suite est de construire pour chaque réel ε > 0, une partie Aε ∈ T avec
µ(Aε ) ≤ ε telle que (fn )n≥1 converge uniformément vers f sur X \ Aε .
Pour tout k, n ≥ 1 entiers, on note
\ 1
Akn := {x ∈ X : |fp (x) − f (x)| ≤ }.
k
p≥n
et en déduire que
µ(X) = lim µ(Akn ).
n→+∞
(d) Soient ε > 0 un réel et k ≥ 1 un entier. Justifier l’existence d’un entier (qui dépend de k et
de ε) N (k, ε) ≥ 1 tel que
ε
µ(AkN (k,ε) ) ≥ µ(X) − k .
2
9
(e) Pour chaque réel ε > 0, on pose
[
Aε = X \ AkN (k,ε) .
k≥1
(g) Enoncer le résultat que vous venez d’établir (connu sous le nom de Théorème d’Egorov).
Solution.
1. Il s’agit simplement d’observer que la complétude de l’espace métrique (R, | · |) nous dit que
pour chaque x ∈ X, on a l’inclusion x ∈ C si et seulement si la suite (fn (x))n∈N ) est de Cauchy
dans R.
2. Pour tout k, p, q ≥ 1 entiers, la (T , B(R))-mesurabilité de |fp − fq | nous dit que
1
Ak,p,q := x ∈ X : |fp (x) − fq (x)| ≤ ∈T.
k
La stabilité de T par intersections dénombrables nous alors dit que pour chaque entier k ≥ 1
et chaque entier n ≥ 1, on a l’inclusion
\
Ak,p,q ∈ T .
p,q≥n
La stabilité de T par unions dénombrables et l’inclusion précédente donnent pour chaque entier
k≥1 [ \
Ak,p,q ∈ T .
n≥1 p,q≥n
Une nouvelle utilisation de la stabilité de T par intersections dénombrables permet de conclure
que \ [ \
Ak ∈ T .
k≥1 n≥1 p,q≥n
3. Si (fn )n≥1 converge dans R µ-presque partout, alors C c est µ-négligeable, i.e., il existe N ∈ T
tel que µ(N ) = 0 et C c ⊂ N . L’inclusion C c ∈ T donnée par la question précédente entraîne
alors µ(C c ) = 0. La réciproque est évidente.
4. Soit ε > 0 un réel. Dans les questions (a)-(b)-(c) et (d), on considère k ≥ 1 un entier fixé.
(a) Soit n ≥ 1 un entier fixé. L’ensemble Akn est une intersection dénombrable d’éléments de T .
En effet, pour tout entier p ≥ n, la (T , B(R))-mesurabilité de |fp − f | donne
1
{x ∈ X : |fp (x) − f (x)| ≤ }∈T.
k
(b) Evident.
(c) Soit x ∈ X \ Ω, i.e., x ∈ X et limn→+∞ fn (x) = f (x). Il existe alors
S un entier n ≥ 1 tel que
1 k
pour tout entier p ≥ n, |fp (x) − f (x)| ≤ k . On en déduit que x ∈ n≥1 An puis
[
X \Ω ⊂ Akn .
n≥1
En combinant l’inégalité µ(X) < +∞, l’égalité µ(Ω) = 0, l’inclusion ci-dessus et la propriété
de croissance donnée par la question précédente, on aboutit à
[
µ(X) = µ(X \ Ω) ≤ µ( Akn ) = lim µ(Akn ).
n→+∞
n≥1
10
(d) Soient ε > 0 un réel et k ≥ 1 un entier fixés. La question précédente et l’inégalité µ(X) < +∞
permettent d’écrire
ε
µ(X) = lim µ(Akn ) > µ(X) − k .
n→+∞ 2
ε
Il découle de ceci l’existence d’un entier N (k, ε) ≥ 1 tel que µ(AkN (k,ε) ) ≥ µ(X) − 2k
.
(e) Soit ε > 0 un réel fixé. Montrons que
Fixons un réel η > 0. Choisissons un entier k ≥ 1 tel que k1 ≤ η. Soit n ≥ N (k, ε) un entier.
Pour tout x ∈ X \ Aε , on a évidemment x ∈ AkN (k,ε) ce qui entraîne
1
|fn (x) − f (x)| ≤ ≤ η.
k
On en déduit
sup |fn (x) − f (x)| ≤ η.
x∈X\Aε
Exercice 16 Soient (X, T , µ) un espace mesuré, (fn )n∈N et (gn )n∈N deux suites de fonctions (T , B(R))-
mesurables de X dans R. On suppose que pour tout n ∈ N, fn = gn µ-presque partout. Montrer que
inf n∈N fn = inf n∈N gn et supn∈N fn = supn∈N gn µ-presque partout.
Solution. Pour chaque n ∈ N, l’ensemble X \ {fn = gn } = {fn 6= gn } est µ-négligeable, i.e., pour
chaque n ∈ N, il existe Nn ∈ T tel que µ(Nn ) = 0 et {fn 6= gn } ⊂ Nn . Notons que l’hypothèse
−1 ?
de mesurabilité entraîne que pourS tout n ∈ N, {fn 6= gn } = (fn − gn ) (R ) ∈ T , en particulier
µ({fn 6= gn }) = 0. Posons A := n∈N {fn 6= gn } ∈ T . Il est clair que µ(A) = 0, en particulier A est µ-
négligeable. De plus, par définition de A, on a pour tout x ∈ X \ A et pour tout n ∈ N, fn (x) = gn (x).
Cette dernière égalité donne évidemment que pour tout x ∈ X \ A, inf n∈N fn (x) = inf n∈N gn (x) et
supn∈N fn (x) = supn∈N gn (x).
Exercice 17 Soient (X, T ) un espace mesurable, µ, ν deux mesures finies sur X (i.e., µ(X) < +∞ et
ν(X) < +∞). On suppose que pour tout A ∈ T ,
µ(A) = 0 ⇒ ν(A) = 0.
11
S
2. Pour tout n ∈ N, on pose Bn := k≥n Ak . Montrer que (Bn )n∈N est une suite d’éléments de T
satisfaisant
+∞
X 1
µ(Bn ) ≤ pour tout n ∈ N.
2k
k=n
3. Etablir que \ \
µ( Bn ) = 0 et ν( Bn ) ≥ ε.
n∈N n∈N
4. Conclure.
7. Soit U un ouvert de R. Montrer que si U est borné, alors λ(U ) < +∞. Que pensez-vous de la
réciproque ?
8. Soit ε > 0 un réel. Soit ϕ : N → Q une fonction bijective. Justifier que
[ ε ε
U := ]ϕ(n) − n+2 , ϕ(n) + n+2 [
2 2
n∈N
Exercice 19 Soit µ une mesure sur (R, B(R)) invariante par translation (i.e., pour tout B ∈ B(R) et
pour tout a ∈ R, µ(B + a) = µ(B)). On suppose c := µ([0, 1]) ∈]0, +∞[.
1. Montrer que µ([0, n1 [) ≤ c
n pour tout n ≥ 1. En déduire que µ({0}) = 0 puis µ({x}) = 0 pour
tout x ∈ R.
2. Etablir que µ([0, n]) = cn pour tout n ∈ N.
3. En déduire que µ([0, q]) = cq pour tout q ∈ Q+ .
4. Montrer que µ([0, x]) = cx pour tout x ∈ R+ .
5. Conclure que µ = cλ.
Solution.
1. Soit n ≥ 1 un entier. On commence par voir que
n−1
[ k k+1
[0, 1] ⊃ [ , [.
n n
k=0
Il s’ensuit
n−1 n−1
[ k k+1 X k k+1
c = µ([0, 1]) ≥ µ( [ , [) = µ([ , [).
n n n n
k=0 k=0
12
Notons que pour tout k ∈ {0, . . . , n − 1}
k 1 k k+1
+ [0, [= [ , [.
n n n n
Le fait que µ soit invariante par translations donne alors
n−1
X 1 1
c≥ µ([0, [) = nµ([0, [)
n n
k=0
ou encore
c 1
≥ µ([0, [).
n n
1
Puisque ([0, m [)m≥1 est une suite décroissante et µ([0, 1[) < +∞, on a
\ 1 1 c
µ({0}) = µ( [0, [) ≤ lim µ([0, [) ≤ lim = 0,
m m→+∞ m m→+∞ m
m≥1
5. Soit a, b ∈ R avec a ≤ b. On a
µ([0, b − a]) = c(b − a)
puis par invariance par translations
µ([a, b])µ({a} + [0, b − a]) = c(b − a) = cλ([a, b]).
Ceci et le fait que la µ mesure d’un singleton soit nulle nous dit que µ et cλ coïncident sur la
classe I des intervalles de R. Cette classe est stable par intersections (finies) et engendre B(R).
On conclut que µ = cλ.
13