EL4 MISE EN COMMUN 1GB
Paul Eluard est un poète du 20e siècle qui fait partie du surréalisme, mouvement qui cherche à
libérer l'imaginaire, à explorer l'inconscient et à affranchir l'homme des conventions sociales. Le
poème « La Courbe de tes yeux » appartient au recueil Capitale de la douleur, écrit en 1926. Il s’agit
d’un blason sur les yeux de la femme aimée. Mais ce poème dépasse la simple description des yeux
pour explorer le thème de l’amour fou et de la dépendance du poète vis-à-vis de l’être aimé.
PBTQ : Cmt le poète exprime-t-il son amour et sa dépendance à travers le blason des yeux de la
femme ?
MVT 1 (v.1 à 5) : La description de la rondeur de ses yeux
Poème = blason et dès le titre, rondeur des yeux mise en avant
V1 métaphore » « courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur » > métaphore hyperbolique : Yeux au
centre de son monde + chiasme dans v.1 « courbe / tes/ tour / cœur » : amour fou du poète
V2 « un rond de danse et de douceur » > métaphore v1> lasso > femme a capturé son cœur
Danse, douceur, sur, berceau > allitération [s] : son doux > rappelle la douceur et le côté maternel de
la femme
V4-V5 thème : rondeur (CL du rond : « courbe v1, tour v2, yeux, rond ») + douceur de ses yeux > en
parle comme s’il ne voyait que par elle.
V4-5 : utilise négation partielle > insiste sur sa dépendance + nég° partielle + passé composé + rimes
sur « vu» et « vécu » montrent que poète préfère oublier époque où femme n’était pas dans sa vie
Rimes suivies + 1 orpheline AABCC > schéma rimes rappelle la forme du rond
CL douceur : « berceau, douceur, auréole » > yeux apaisent le poète + métaphore « berceau » insiste
aussi sur cet aspect
Auréole > connotation religieuse > divinise la femme
MVT 2 (v.6 à 11) : la nature dans ses yeux
Mouvement = accumulation de métaphores très originales et déroutantes pr yeux de la femme >
oniriques (// liées aux rêves > rappelle la fascination des surréalistes pour les rêves)
V8 « aile » = paupière / « roseaux » = cils, « mousse de rosée » = larmes / métaphore= « ciel et mer »
= yeux bleus
Antithèse = « ciel et mer » : présence des 4 éléments fondamentaux (air, terre, eau, et le feu) > yeux
= monde
Synesthésie = « couleur, bruit, parfum » > sensualité du poème
Nature : Mousse, feuilles, rosée = associe les yeux à la nature / calmant et apaisant
Chasseur des bruits et source des couleurs = yeux= source des éléments naturels
Métaphore des « ailes » + « lumière » > rappelle l’innocence et les anges > déification + Quand elle
ouvre ses yeux = « illumine le monde » + CL naissance « source », « éclos », « couvée » les yeux de
la femme permettent la vie, du monde et du poète métaphore « Couvée d’aurore » = énergie
créatrice des yeux.
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« mer » // rappelle le mot « mère » par association de sons > côté maternel de la F. + métaphores
« ailes couvrant le monde » « berceau », « chasseur de bruits » = femme protège le poète qui se sent
en sécucrité
« bateau » > rappelle le berceau par association de sons (// surréaliste) + invite au voyage > yeux =
porte/ port pour découvrir le monde
MVT 3 (v.12 à 15) : la dépendance du poète
V10 : champ lexical du nid « éclos, couvée, paille » > douceur et fragilité femme
CL de l’univers « Aurore, astre, monde entier » > associe femme > immensité de sa beauté + divinise
F.
Consonne fricatives « astre », « sang », « innocence » > allitération en [s] : douceur
Comparaison v13 + « tout mon sang coule dans le regard leur regard » hyperbole > dépendance du
monde ET poète > il vit grâce à son regard + connexion vitale CL du liquide « sang » « coule » qui est
mélangé à CL regard
Dernier vers répond au 1er de manière inversée (6 1ère syllabes du 1er vers font référence au regard de
la F aimée et les 4 derniers vers font référence au poète alors que c’est l’inverse dans le dernier
vers)> // forme du cercle > rappelle une litanie (prière qui fait l’éloge d’un saint) > sacralisation de la
femme.
CCL :
Le poème « La Courbe de tes yeux » de Paul Eluard illustre de manière subtile l'influence du
surréalisme à travers une vision poétique où le regard de l'aimée devient un véritable centre de
gravité émotionnel. Eluard dépasse les simples sensations pour proposer une expérience amoureuse
où l'imaginaire prend le pas sur le réel. Le regard transforme la perception du monde, efface le passé,
et recrée un présent pur, où seul l'amour compte. En cela, le poème reflète pleinement les idéaux
surréalistes en plaçant l'amour au centre d'un univers onirique et intemporel, où l'inconscient et
l'émotion règnent en maître, redessinant à la fois le temps, la mémoire et l'existence du poète.
Ouverture possible : - « Vénus anadyomène » de Rimbaud. > lien : moderniser la poésie en
retravaillant la forme fixe du blason (qui date du Moyen-Age)