1 – DS8 Sciences Physiques MP* 2020-2021
Devoir surveillé de Sciences Physiques n◦8 du 30-03-2021
— Durée : 3 heures —
Calculatrice interdite
Problème no 1 – Confinement d’objets quantiques Centrale MP 2016
Les données nécessaires sont situées à la fin du problème.
A. Confinement d’électrons dans une boı̂te quantique
On sait réaliser depuis quelques années des boı̂tes quantiques, de dimensions nanométriques, qui confinent les
électrons de conduction d’un solide à basse température. La possibilité de contrôler les états d’énergie d’un
tel dispositif ouvre des perspectives très riches en opto-électronique. Une boı̂te quantique est constituée d’un
matériau A jouant le rôle de puits, autour duquel on dépose un matériau B qui forme une barrière de potentiel
autour de A, voir la figure 1.
y( nm)
b
200
b
50 b
150
b
100 b
100
b
b
150
50
b
200
x( nm)
Figure 1 – Ensemble de boı̂tes quantiques de GaN déposées à 705 ◦ C sur un substrat d’AlN et mûries sous vide.
Image obtenue par microscopie à force atomique.
Fonction d’onde électronique
Nous nous intéressons ici au confinement d’un électron dans une telle boı̂te. Les directions x et y étant supposées
équivalentes, on traite dans un premier temps le problème à une dimension horizontale x. L’influence du confi-
nement vertical suivant la direction z sera abordé ultérieurement. On admet que dans la boı̂te, la dynamique
de l’électron est décrite par l’équation de Schrödinger où :
— la masse de l’électron m est remplacée par une masse effective m∗ = 0, 07m ;
1 ∗ 2 2
— l’ensemble des atomes des matériaux A et B crée un potentiel effectif harmonique V (x) = m ω x qui
2
varie lentement à l’échelle atomique et pour lequel ω = 9, 10 × 1013 rad · s−1 .
JR Seigne Clemenceau Nantes
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Dans tout le problème, on néglige tout effet associé au spin de l’électron.
1. Citer deux exemples de systèmes analogues de confinement, dans des domaines différents de la physique
classique. Pour chacun d’eux, établir l’équation d’évolution par une méthode énergétique et décrire les échanges
énergétiques mis en jeu.
2. Écrire l’équation de Schrödinger vérifiée par la fonction d’onde ψ1D (x, t) associée à l’état quantique de
l’électron dans la boı̂te. Que représente cette fonction d’onde ?
3. On s’intéresse aux états stationnaires unidimensionnels ψ1D (x, t) = ϕ(x)g(t) solutions de cette équation.
Expliciter la fonction g(t) et justifier le caractère stationnaire de ces états.
4. Ces états stationnaires sont-ils libres ou liés ? Que dire des fonctions d’onde ψ1D (x, t) associées ?
5. La partie spatiale de la fonction d’onde associée à l’état fondamental ψ1D,0 (x, t) de l’électron dans la boı̂te
s’écrit :
1/4
m∗ ωx2
m∗ ω
ϕ0 (x) = exp −
2π~ 2~
Quelle est, dans cet état, la position moyenne hxi de l’électron ? Quelle est l’extension caractéristique ∆x de la
distribution en position de l’électron ? Effectuer l’application numérique.
6. Déduire de la relation d’indétermination spatiale d’Heisenberg l’énergie de l’état fondamental E0 pour un
électron dont l’impulsion moyenne hpx i est nulle. Montrer que cette valeur de l’énergie est liée au confinement
spatial de l’électron. Comparer au cas classique.
Dans la suite, on admettra que les états stationnaires unidimensionnels ψ1D,nx (x, t) ont des énergies du type
E0 + nx ~ω avec nx ∈ N. On souhaite désormais prendre en compte le confinement équivalent de l’électron dans
la direction horizontale y. Le potentiel effectif bidimensionnel dans lequel évolue l’électron doit alors s’écrire :
1 ∗ 2 2 1 ∗ 2 2
V (x) + V (y) = m ω x + m ω y
2 2
7. On cherche les états stationnaires bidimensionnels ψ2D (x, y, t) = ϕ(x)χ(y)g(t) solutions de l’équation de
Schrödinger. Montrer que l’énergie E de ces états s’écrit sous la forme E = Ex + Ey , Ex et Ey désignant les
énergies des états stationnaires unidimensionnels suivant les directions x et y.
8. Quel est le nombre d’états quantiques (dégénérescence) g2D associé à chacun des niveaux d’énergie bidi-
mensionnels de l’électron ?
Propriétés optiques de la boı̂te
9. Citer un dispositif usuel qui met à profit les propriétés optiques de telles boı̂tes quantiques. Quel est le
domaine spectral concerné ?
10. L’étude précise des niveaux d’énergie bidimensionnels de la boı̂te se fait par spectroscopie d’absorption.
Décrire le principe de cette technique en explicitant le fonctionnement d’un dispositif couramment utilisé en
chimie.
La figure 2 fournit les résultats expérimentaux obtenus pour la fréquence des deux premiers pics d’absorption
de la boı̂te quantique lorsqu’on lui applique un champ magnétique statique uniforme B ~ s = Bs~ez .
eBs √
Dans la suite, on désigne par ωc = la pulsation cyclotron. On admet alors que, dans le régime ωc < ω/ 2, la
m∗
résolution de l’équation de Schrödinger dans le potentiel V (x) + V (y) conduit pour les trois premiers niveaux
d’énergie accessibles par l’électron à :
~ωc ~ωc
E0′ = ~Ω E− ≃ 2~Ω − E+ ≃ 2~Ω +
2 2
p
avec Ω = ω 2 + ωc2 /4.
√
11. Déterminer les valeurs de champ magnétique vérifiant l’inégalité ωc < ω/ 2 et ωc = eBs /m∗ .
12. À une température de 10 K, on constate que seul le niveau d’énergie E0′ contribue de manière significative
au signal d’absorption. Justifier quantitativement ce fait.
13. En exploitant la figure 2, déterminer le domaine de champ magnétique pour lequel le modèle adopté pour
la boı̂te quantique permet d’interpréter les résultats expérimentaux obtenus.
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b
17 b
b b
Fréquence d’absorption en THz
b
b
b b
b b
16 b
b
b
b
b
b
15 b
14 b
b b
b
b
b
b
13 b b
b b
b
b
b
b
b b
12
b b b b b b
0 2 4 6 8 10 Bs ( T)
Figure 2 – Fréquence des deux premiers pics d’absorption de la boı̂te quantique en fonction du champ magné-
tique appliqué à une température T = 10 K.
Anisotropie de la boı̂te quantique
On peut montrer que les résultats expérimentaux précédents sont interprétables intégralement si on prend en
compte une légère anisotropie de la boı̂te quantique, ce qui revient à considérer le potentiel de confinement :
1 ∗ 2 1
m ω (1 + ε)x2 + m∗ ω 2 (1 − ε)y 2
Ṽ (x, y) = avec ε≪1
2 2
14. En exploitant la figure 2, déterminer la valeur de l’anisotropie ε.
Rôle de la dimension z
Le confinement dans la direction z peut être modélisé par un puits carré infini de largeur D.
15. Établir les énergies Ez des états stationnaires unidimensionnels de l’électron suivant la direction z.
16. À quelle condition reliant D et ω est-il légitime de considérer que le mouvement de l’électron selon z
est gelé, c’est-à-dire que l’on peut ne s’intéresser qu’aux premiers niveaux du mouvement harmonique dans la
direction x ou y ?
17. Sur la figure 1, l’échelle de la direction verticale n’est pas la même que l’échelle dans le plan xOy. En
supposant que l’approximation consistant à ignorer le mouvement selon z est valide, déterminer si cette échelle
verticale est dilatée ou contractée. On se servira de la grandeur ∆x déterminée à la question 5..
18. Déterminer complètement l’expression des états stationnaires unidimensionnels de l’électron suivant la
direction z.
19. Proposer une analogie formelle entre ces résultats et ceux obtenus pour une corde vibrante. Mettre en
regard les différences notables entre ces deux systèmes.
20. Représenter les fonctions d’ondes spatiales de l’électron dans la direction z pour les trois premiers niveaux
d’énergie Ez ainsi que les densités de probabilité de présence associées. Commenter.
21. Discuter des résultats attendus dans le cas des énergies élevées.
B. Oscillateur harmonique quantique en équilibre thermique
Nous allons préciser les propriétés physiques d’un unique oscillateur harmonique quantique à une dimension en
équilibre thermodynamique avec un thermostat à la température T . Comme indiqué dans la partie précédente, la
résolution de l’équation de Schrödinger pour un tel oscillateur de pulsation ω conduit à des états stationnaires
d’énergie En = E0 + n~ω avec n ∈ N. On admet qu’à l’équilibre avec le thermostat, cet oscillateur ne se trouve
pas dans un état stationnaire mais dans un mélange statistique des états stationnaires d’énergie En affectés des
En
poids respectivement proportionnels au facteur de Boltzmann exp − .
kB T
22. Exprimer la probabilité d’occupation pn de l’état d’énergie En .
23. En déduire le rapport r entre la probabilité d’occupation de l’état d’énergie En+1 et celle de l’état d’énergie
En . Comment la température influence-t-elle ce résultat ?
24. Déterminer l’énergie moyenne hEi de l’oscillateur harmonique quantique en équilibre thermodynamique.
25. La figure 3 représente la variation en fonction de la température des énergies moyennes d’un oscillateur har-
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monique quantique et d’un oscillateur harmonique classique. Identifier, en justifiant votre réponse, chacune des
courbes. Commenter le comportement de ces oscillateurs à T = 0 K, à basse température, à haute température.
<E>
kB T
Figure 3 – Énergies moyennes d’un oscillateur harmonique classique et d’un oscillateur harmonique quantique
Données numériques :
Célérité de la lumière dans le vide c = 3, 00 × 108 m · s−1
Masse de l’électron m = 9, 11 × 10−31 kg
Charge élémentaire e = 1, 60 × 10−19 C
Permittivité diélectrique du vide ε0 = 8, 85 × 10−12 F · m−1
Constante d’Avogadro NA = 6, 02 × 1023 mol−1
Constante de Boltzmann kB = 1, 38 × 10−23 J · K−1
Constante de Planck h = 6, 63 × 10−34 J · s
Constante de Planck réduite ~ = h/2π
— Densité de probabilité pour une loi normale d’espérance (moyenne) hxi et d’écart-type σ :
2 !
1 x − hxi
1
f (x) = √ exp −
σ 2π 2 σ
— Relation d’indétermination spatiale d’Heisenberg :
~
∆x ∆px ≥
2
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