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Cours : Histoire

Classe : TLE BCG

CHAPITRE 2 : LES REGIMES TOTALITAIRES DE


L’ENTRE-DEUX-GUERRES

INTRODUCTION

Dans l'entre-deux-guerres, l'Europe voit émerger des régimes politiques profondément marqués par
une ambition de contrôle total des sociétés. Ces régimes totalitaires, incarnés par le fascisme italien,
le nazisme allemand et le stalinisme soviétique, se distinguent par leur rejet des principes
démocratiques et leur volonté de transformer la société selon des idéologies radicales. Alors que
l’Italie et l’Allemagne adoptent des formes de nationalisme exacerbé et antidémocratique, l’URSS
s’inscrit dans un projet communiste basé sur l’égalitarisme et le contrôle étatique.

Mais quels sont les mécanismes idéologiques et pratiques qui définissent ces régimes, et comment
parviennent-ils à instaurer un contrôle totalitaire sur leurs populations ?

I. Les idéologies des régimes totalitaires

Sur quels projets idéologiques les régimes totalitaires fondent-ils leur action ?

A- Le fascisme italien

1. La conquête du pouvoir

Né dans une Italie traumatisée par la Première Guerre mondiale, le mouvement fasciste est fondé
par Benito Mussolini pour construire un pays fort. En 1919, il crée les « Faisceaux de combat », un
mouvement organisé sur un modèle militaire à la fois nationaliste et révolutionnaire, hostile dans un
premier temps aux élites traditionnelles. Pourtant, il apporte très vite son soutien aux grands
industriels et aux grands propriétaires, inquiets de l’agitation sociale (grèves, occupations d’usines)
engendrée par la crise économique de l’immédiat après-guerre. Les fascistes font régner la terreur
dans les usines et les grands domaines ruraux occupés par les ouvriers et les paysans. Cette stratégie
permet à Mussolini de créer le Parti national fasciste en 1921 et d’accéder au pouvoir le 28 octobre
1922 : il organise la « marche sur Rome », ce qui conduit le roi Victor-Emmanuel III à lui confier la
tête du gouvernement.

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2. Nationalisme et culte de l’État

L’idéologie fasciste est nationaliste. Mussolini se présente comme le défenseur de la nation italienne
dont il veut restaurer la grandeur, en jouant notamment sur la mémoire de l’Empire romain. Il prône
un État fort et autoritaire, réunissant autour de lui la nation italienne et rendant inutiles tous les
corps intermédiaires (partis politiques, syndicats, associations). Cet État est défini comme totalitaire.
Les débuts du régime révèlent la nature antidémocratique du fascisme. En 1924, des squadristes (les
forces paramilitaires luttant par la violence contre les mouvements sociaux suscités par les socialistes
et les communistes après la Première Guerre mondiale en Italie.) assassinent le chef de l’opposition,
le socialiste Matteotti. Assumant la responsabilité du meurtre, Mussolini fait voter les lois dites «
fascistissimes », concentrant le pouvoir entre ses mains et supprimant les libertés fondamentales
(1926). Le fascisme est traditionaliste, par exemple dans la manière dont il pense le rôle des femmes.
Mussolini se rapproche d’ailleurs de l’Église catholique et conclut avec le pape les accords du Latran
(1929).

B - Le nazisme allemand

1. Naissance et développement du nazisme

Le Parti nazi (NSDAP, Parti national-socialiste des travailleurs allemands) naît dans la République de
Weimar, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Il a pour chef Adolf Hitler. Resté longtemps
un groupuscule extrémiste et antisémite, il trouve grâce à la crise des années 1930 une audience qui
permet à Hitler d’arriver au pouvoir par la voie légale, en janvier 1933.

Hitler ne tarde pas à établir une dictature. Prenant prétexte de l’incendie du Parlement, le Reichstag
(27 février 1933), dont il attribue la responsabilité aux communistes, il supprime les libertés
publiques et les élections et s’octroie les pleins pouvoirs.

2. Une idéologie raciste, antisémite et nationaliste

Le nazisme est élaboré par Hitler dans Mein Kampf, l’ouvrage qu’il rédige en captivité après l’échec
du « putsch de la Brasserie » (1923), une tentative de coup d’État contre la République. Il affirme que
les hommes appartiennent à des races différentes. Selon lui, le peuple allemand (Volk) appartient à
la « race aryenne » qui serait la race supérieure. Tout en bas de la hiérarchie des races figurerait la «
race juive », considérée comme la cause de tous les maux dont souffre la nation. L’idéologie nazie
niant l’égalité des hommes, elle est à la fois antidémocratique et anticommuniste. Le rôle de l’État

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pour les nazis est ainsi d’assurer la domination et la « pureté de la race supérieure », en la
protégeant des autres races et en mettant en œuvre une politique eugéniste.

3. Un projet d’« homme nouveau »

Le nazisme prévoit une répartition claire des rôles dans la société : l’objectif ultime d’Hitler est de
forger un « homme nouveau », qu’il présente comme un guerrier dominateur. Quant à la femme, elle
doit contribuer à la reproduction de la race supérieure. Le triomphe de cet homme nouveau assurera
un nouvel ordre mondial, dominé par un empire (Reich) regroupant toutes les populations de langue
et de sang allemands.

C - Le stalinisme en URSS

1. L’arrivée au pouvoir de Staline

Après la mort de Lénine en 1924, son successeur, Joseph Staline, s’empare peu à peu de toutes les
instances du pouvoir. En 1928, secrétaire général du Parti communiste, il parvient à exclure son
principal rival Trotski, qui doit s’exiler en 1929 avant d’être assassiné en 1940. Les autres opposants
de Staline sont tous éliminés dans les années suivantes. Seul au pouvoir, Staline décide d’accélérer la
mise en place du communisme en URSS, nouveau nom de la Russie depuis 1922.

2. Le communisme stalinien

Le stalinisme vise à la création d’une société communiste, dont le socle repose sur le prolétariat qui,
par son travail collectif, produit de la richesse. Chacun reçoit ensuite en fonction de ses besoins. Le
communisme souhaite ainsi créer une société parfaitement égalitaire et supprimer ce qui différencie
les classes sociales (écarts de richesse et propriété privée), ce qui suppose la nationalisation des
industries et des banques et la collectivisation des terres. En théorie, le modèle soviétique a vocation
à se répandre dans le monde entier, par l’intermédiaire du Komintern (abréviation de l’Internationale
communiste : Son objectif principal était de coordonner les efforts des partis communistes du monde
entier). Staline défend cependant la construction du « socialisme dans un seul pays » : la diffusion du
modèle soviétique ne sera possible que quand celui-ci sera pleinement réalisé en URSS.

II. L’exercice du pouvoir totalitaire

Quelles formes prend l’exercice du pouvoir dans les régimes totalitaires de l’entre-deux-guerres ?

A - Des régimes dictatoriaux

1. La négation des libertés

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En Italie et en Allemagne, les libertés fondamentales (liberté de la presse, liberté syndicale, droit de
grève, etc.) sont suspendues. Si la Constitution de l’URSS reconnaît les principes démocratiques
d’égalité et de liberté, ils sont cependant largement niés dans la pratique. Par exemple, Staline se
lance dès 1928 dans une politique antireligieuse, contraire aux libertés de conscience et de culte
inscrites dans la Constitution.

2. Le système du parti unique

Dans tous ces régimes, un seul parti est autorisé : le Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS)
en URSS depuis 1918, le Parti national fasciste en Italie depuis 1926 et le (Parti national-socialiste des
travailleurs allemands) NSDAP en Allemagne dès 1933. L’opposition est donc interdite.
L’appartenance au parti est souvent une condition indispensable pour l’exercice de responsabilités,
que ce soit dans l’État ou dans la société. En URSS, elle engendre la nomenklatura (nouvelle élite
formée des responsables du parti bénéficiant de privilèges). Ces partis uniques sont aussi des partis
de masse, regroupant plusieurs millions d’adhérents.

3. Le culte du chef

Le développement d’un culte du chef, le « guide » doté d’une autorité charismatique, est un trait
commun à tous les régimes totalitaires : Mussolini est le « Duce », Hitler le « Führer », Staline le «
père des peuples ». En Italie et en Allemagne, la diffusion de l’idéologie est confiée à un ministère de
la Propagande qui organise de nombreuses manifestations de masse, campagnes d’affichage, et
utilise les médias modernes (comme la radio). L’État assure aussi un contrôle strict de toute la
production artistique et culturelle, ce qui passe par la mise en place d’un art officiel et d’une censure.

B - Un contrôle total de la société ?

1. La prise en main de l’économie et de la production

En URSS, le contrôle de l’économie est assuré à partir de 1928 par la planification. Elle met l’accent
sur le développement de l’industrie lourde et donne lieu à une intense propagande (le
stakhanovisme). La collectivisation des terres est mise en œuvre : kolkhozes (exploitation collective)
et sovkhozes (Fermes d’État) doivent se substituer à la propriété privée. En Allemagne et en Italie, le
contrôle de l’économie ne passe pas par la suppression de la propriété privée mais par la
mobilisation des forces productives afin d’assurer la puissance et l’indépendance du pays : travaux
autoroutiers et réarmement rapide en Allemagne, développement de la production agricole en
Italie.

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2. L’encadrement des individus et des esprits

La volonté de créer un « homme nouveau » suscite partout la naissance et le développement


d’organisations de jeunesse destinées au conditionnement des esprits : les Jeunesses hitlériennes en
Allemagne, les Balillas en Italie, ou le Komsomol en URSS. L’enseignement et les enseignants sont
placés sous contrôle. D’autres structures sont destinées à encadrer le reste de la population,
notamment dans ses loisirs (« Œuvre nationale du temps libre » en Italie, mouvement « La Force par
la joie » en Allemagne).

3. Un contrôle total ?

Il reste difficile de mesurer l’impact de cet encadrement. Si l’enthousiasme est réel, il varie aussi en
fonction des réussites du régime. Le plein-emploi ou les succès militaires sont par exemple accueillis
avec ferveur dans l’Allemagne nazie. Une opposition active subsiste, le plus souvent à l’étranger,
animée par des émigrés italiens ou allemands. Parfois, des mouvements de résistance clandestins
émanant des anciens partis politiques interdits ou des Églises (Allemagne) existent. L’opposition
peut aussi prendre la forme d’une résistance passive (non-respect des objectifs de production en
URSS).

C - La violence comme principe de gouvernement

1. Les moyens de la violence

Les régimes totalitaires se dotent tous d’une police politique traquant les opposants : la Tcheka,
devenue NKVD en URSS ; l’OVRA (Organisme de vigilance et de répression de l’antifascisme, créée en
1926) en Italie ; la Gestapo (créée en 1933) et la SS en Allemagne. Ces polices politiques sont les
instruments d’une violence dont l’ampleur diffère selon les régimes. Le fascisme italien fait ainsi
beaucoup moins de victimes que le nazisme et le stalinisme.

2. La répression des oppositions

Les pouvoirs totalitaires persécutent leurs opposants politiques. En Allemagne, les premiers camps
de concentration fonctionnent à partir de 1933 (Dachau). En Italie, les îles Lipari remplissent cette
fonction. En URSS, une administration spécifique, le goulag, gère les camps de travail dans lesquels
sont déportés les opposants. La violence se déchaîne aussi contre ceux qui, au sein du pouvoir,
s’éloignent de la ligne officielle. En 1934, lors de la Nuit des longs couteaux, Hitler fait éliminer les
chefs de la SA, qu’il juge trop anticapitalistes. En URSS, Staline organise de vastes purges (1936-
1938), qui donnent lieu à l’élimination des anciens cadres du parti et de l’Armée lors des
spectaculaires procès de Moscou.

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3. L’élimination des « ennemis de l’intérieur »

En Allemagne, les Juifs sont victimes de la violence de l’État nazi. Cela prend d’abord la forme de lois
discriminatoires, comme les lois de Nuremberg (1935), puis celle de pogroms, comme celui de la Nuit
de cristal, en 1938. En URSS, la violence se dirige tout particulièrement contre les koulaks. De 1929 à
1933, Staline lance la « dékoulakisation », qui provoque une famine et plusieurs millions de victimes.
Ils sont aussi les principales victimes de la Grande Terreur, en 1937 et 1938.

CONCLUSION

Les régimes totalitaires de l'entre-deux-guerres s'imposent par une combinaison d’idéologies


puissantes, d’une organisation politique centralisée et d’un usage systématique de la propagande et
de la violence. Le fascisme italien glorifie un État autoritaire et une nation forte, tandis que le
nazisme s’appuie sur une idéologie raciste visant à la domination aryenne. De son côté, le stalinisme
prône une société égalitaire en théorie, mais pratique une répression implacable pour éliminer les
opposants et assurer le contrôle total. Ces systèmes politiques, bien que différents dans leurs
objectifs, convergent dans leur rejet des libertés individuelles et leur quête de transformation totale
de la société, au prix d’une violence extrême et de la suppression des résistances internes.

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