Cours de Mathématiques : Analyse 1
Cours de Mathématiques : Analyse 1
Cours de mathématiques
Filières :
Sciences de la vie et agroalimentaire
Module :
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Analyse 1
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Responsable :
EL HOUCINE EL BOUCHIBTI
1 Rappels 4
2 Calcul matriciel 9
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1
4 Résolution des systèmes linéaires 20
5 Suites réelles 24
2
7.5 Théorème de Rolle et théorème des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . 41
8 Intégrale simple 43
9 Equations différentielles 47
9.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3
Chapitre 1
Rappels
Définition 1.1.1. On appelle loi de composition interne sur un ensemble E toute application ∗
définie par :
∗ : E × E −→ E
(x, y) −→ x ∗ y
Exemple 1.
2. Pour tout ensemble X, la réunion ∪ et l’intersection ∩ sont des lois de compositions internes
dans P (X) (ensemble des parties de X).
Définition 1.1.2. Une loi interne ∗ dans un ensemble E est dite associative si :
∀(x, y, z) ∈ E 3 (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z).
Exemple 2.
2. La loi interne
∗ : Q × Q −→ Q
x+y
(x, y) −→
2
1
n’est pas associative, puisque ((−1) ∗ 0) ∗ 1 = 4 et (−1) ∗ (0 ∗ 1) = − 14
4
Définition 1.1.3. Une loi interne ∗ dans un ensemble E est dite commutative si :
∀(x, y) ∈ E 2 x ∗ y = y ∗ x).
Définition 1.1.4. Soient E un ensemble muni d’une loi interne ∗ et e ∈ E. On dit que e est neutre
pour ∗ dans E si :
∀x ∈ E x ∗ e = e ∗ x = x.
Définition 1.1.5. Soient E un ensemble muni d’une loi interne ∗ admettant un élément neutre e
et x ∈ E.
On dit que x admet un symétrique s’il existe un élément y ∈ E tel que x ∗ y = y ∗ x = e.
y s’appelle le symétrique de x.
• ∗ est associative
Si de plus ∗ est commutative, on dit que G est un groupe abélien ( ou groupe commutatif ).
Proposition 1.1.1. Une partie H d’un groupe (G, ∗) est un sous groupe de G si et seulement si :
5
• La loi × est distributive sur +
• 1A ∈ B
2. ∀(λ, µ) ∈ K2 , ∀x ∈ E, (λ + µ)x = λx + µx
3. ∀λ ∈ K, ∀(x, y) ∈ E 2 , λ(x + y) = λx + λy
5. ∀x ∈ E, 1x = x
• F 6= 0/
• ∀(λ, µ) ∈ K2 et ∀(x, y) ∈ F 2 ; λx + µy ∈ F
6
1.2 Point et vecteur
Une des difficultés de la géométrie est de bien comprendre la différence entre les points et les vec-
teurs. On vous a appris que les points sont (fixés ) et les vecteurs sont ( libres ) (d’être translatés
n’importe où dans le plan ou dans l’espace). Cette vision des choses est largement suffisante pour
vous permettre d’effectuer des calculs, et vous pouvez vous en contenter pour l’instant. Nous décri-
rons à la section suivante le formalisme mathématique de ces notions.
Un espace vectoriel est un ensemble de vecteurs muni de deux opérations, l’addition et la multipli-
cation par un réel. Ce sont bien celles que vous connaissez et leurs propriétés vous sont familières.
Définition 1.3.1. Une droite vectorielle est un espace vectoriel contenant des vecteurs non nuls,
dans lequel tous les vecteurs sont colinéaires entre eux. Dans une droite vectorielle tout vecteur non
nul constitue une base.
7
Si D est une droite vectorielle de base ~i. Alors :
Une droite affine qui passe par le point A et dirigée par le vecteur ~u est définie par :
~ = t~u avec t ∈ R}
∆ = {M / AM
Exemple 3. Dans l’espace V3 muni d’un repère orthonormal (O,~i, ~j,~k). La droite passant par le
point A(1, −2, 0) et de vecteur directeur ~u(2, 3, −5) est déterminée par la représentation paramé-
trique :
x= 1+2t
∆: y= -2+3t où t ∈ R
z= -5t
Définition 1.3.2. Un plan vectoriel (P) est un espace vectoriel contenant deux vecteurs non coli-
néaires, et dans lequel tout vecteur est combinaison linéaire de ces deux vecteurs.
Si (~i, ~j) est un couple de vecteurs non colinéaires de (P). Alors (P) peut s’écrire sous la forme :
Un plan affine qui passe par le point A et de base (~u,~v) est défini par :
Exemple 4. Dans l’espace V3 muni d’un repère orthonormal (O,~i, ~j,~k). Le plan (P) passant par
le point A(1, −2, 3) et de base (~u,~v) avec ~u(−1, 0, 2) et ~v(2, 1, 1) est l’ensemble des points M(x, y, z)
vérifiant l’équation :
(P) : −2x + 5y − z + 15 = 0
8
Chapitre 2
Calcul matriciel
2.1 Généralités
Définition 2.1.1. On appelle matrice à n lignes, m colonnes à éléments dans R toute application
de la forme :
(i, j) −→ ai j
a11 a12 ... a1m
a21 a22 ... a2m
. . .
A = (ai j ) 1≤i≤n =
1≤ j≤m . . .
. . .
an1 an2 anm
Dans le cas où n = m, on dit que A est une matrice carrée d’ordre n.
L’ensemble des matrices à n lignes et m colonnes à éléments dans R se note par Mn,m (R).
L’ensemble des matrices carrées d’ordre n à éléments dans R se note par Mn (R).
9
−1 0 −2 2
Exemple 5. La matrice A = 0 3 a trois lignes et quatre colonnes c-à-d appartient
1 0
1 2 −3 0
à M3,4 (R).
Définition 2.1.2. Soit la matrice A = (ai j ) 1≤i≤n . On appelle transposée de la matrice A est la
1≤ j≤m
matrice notée At obtenue en échangeant les lignes en colonnes dans A c-à-d At = (a ji ) 1≤ j≤m
1≤i≤n
−1 0 −2 2
Exemple 6. On considère la matrice A = 0 3 , la matrice transposée de A est
1 0
1 2 −3 0
−1 0 1
t
0 1 2
A =
−2 0 3
2 3 0
Définition 2.2.1. Le produit d’une matrice A = (ai j ) 1≤i≤n par le nombre λ est la matrice définie
1≤ j≤m
par λA = (λai j ) 1≤i≤n . On dit aussi que λA est le produit de la matrice A par le scalaire λ.
1≤ j≤m
Exemple 7.
−1 0 −2 2 −3 0 −6 6
3 0 3 = 0
1 0 3 0 9
1 2 −3 0 3 6 −9 0
Définition 2.2.2. La somme de deux matrices de même format A = (ai j ) 1≤i≤n et B = (bi j ) 1≤i≤n
1≤ j≤m 1≤ j≤m
est définie par A + B = (ai j + bi j ) 1≤i≤n
1≤ j≤m
Exemple 8.
2 0 −2 1 2 3 3 2 1
+ 6 5 4 = 7 6 4
1 1 0
2 0 1 7 8 9 9 8 10
10
• A + (B +C) = (A + B) +C. (la somme est associative).
• λ(A + B) = λA + λB , et (λ + µ)A = λA + µA. (le produit par un scalaire est distributif par
rapport à la somme des matrices et par rapport à la somme des scalaires).
Définition 2.2.3. Le produit de deux matrices n’est défini que si le nombre de colonnes de la
première est égal au nombre de lignes de la seconde. Si A est de format (m, n), et si B est de format
(n, p), le produit C = AB est la matrice de format (m, p) définie par : chaque élément ci, j de C est
le produit de la ime ligne de A par la jme colonne de B.
Autrement dit, si A = (ai j ) 1≤i≤m et B = (bi j ) 1≤i≤n ,alors C = (ci j ) 1≤i≤m où ci, j est donné par la
1≤ j≤n 1≤ j≤p 1≤ j≤p
formule :
ci, j = ai,1 b1, j + ai,2 b2, j + ... + ai,n bn, j .
Exemple 9.
1 −2 −11 −8 −5
1 2 3
−2 4 = 22
16 10
6 5 4
1 −2 −11 −8 −5
1 −2
1 2 3 0 0
−2 4 =
6 5 4 0 0
1 −2
Propriétés 2.2.2. Pour A, B, C (telles que les produits existent), et des scalaires λ , µ :
11
• A(B +C) = AB + AC et (A + B)C = AC + BC (le produit est distributif à gauche et à droite par
rapport à la somme).
• Le produit AB peut être nul avec A 6= 0 et B 6= 0 (le produit des matrices n’est pas intègre,
voir exemple ci-dessus). En particulier, dans le calcul matriciel, on ne peut pas simplifier :
AC = BC n’implique pas nécessairement A = B (l’hypothèse équivaut à (A − B)C = 0)
Définition 2.3.1. Pour chaque ordre n, on appelle matrice identité d’ordre n la matrice notée In
définie par : In = δi, j , avec : δi, j = 0 si i 6= j et δi, j = 1 si i = j (symbole de KRONECKER).
Autrement dit, In n’a que des 1 sur la diagonale et des 0 partout ailleurs. Si l’ordre est implicite,
on la note simplement I.
Exemple 10.
1 0 0
I3 = 0 1 0
0 0 1
Définition 2.3.2. On dit qu’une matrice carrée A est inversible si et seulement si il existe une
matrice B (de même format) telle que : AB = BA = I.
B est alors appelée l’inverse de A , et est notée A−1 .
Propriétés 2.3.1.
• Si AB = I, alors A est inversible et B = A−1 (cette importante propriété montre qu’il est
inutile, en pratique, de calculer AB et BA). On en déduit que si A est inversible, alors son
inverse est unique.
12
• Si A et B sont inversibles, alors AB l’est aussi et : (AB)−1 = B−1 A−1 (attention à l’ordre).
• Si A est inversible, alors At l’est aussi, et : (At )−1 = (A−1 )t (l’inverse de la transposée est la
transposée de l’inverse)
13
Chapitre 3
Déterminant d’une matrice carrée
a11 a12
det(A) = = a11 a22 − a21 a12 .
a21 a22
Le résultat est donc obtenu en effectuant le produit des éléments opposés et en calculant la différence
entre ces deux produits... une recette en quelque sorte qu’il vous faudra retenir !
2 1
det(A) = = −7.
3 −2
14
3.1.2 Définition d’un mineur
2 1 4
Définition 3.1.2. On considère la matrice A = 5 2 3
8 7 3
Le mineur M12 est le déterminant de la matrice obtenue en éliminant la 1ère ligne et la 2 ème
colonne de A, c’est-à-dire
5 3
M12 = = −9.
8 3
Le mineur M22 est le déterminant de la matrice obtenue en éliminant la 2ème ligne et la 2 ème
colonne de A, c’est-à-dire :
2 4
M22 = = −26.
8 3
Ci j = (−1)i+ j Mi j .
Nous avons déjà montré que le mineur M12 = −9 . Ainsi, le cofacteur correspondant, C12 est :
15
3.1.4 Expansion par cofacteurs - méthode de calcul des déterminants
Définition 3.1.4. Pour une matrice 3 × 3, cela voudrait dire qu’en choisissant de faire une expan-
sion le long de la première ligne, le déterminant serait :
Si l’on avait choisi de faire une expansion le long de la deuxième colonne, alors il faudrait calculer :
2 3 5 3 5 2
det(A) = a11C11 + a12C12 + a13C13 = 2(−1)1+1 + 1(−1)1+2 + 4(−1)1+3
7 3 8 3 8 7
= 2(6 − 21) − (15 − 24) + 4(35 − 16)
= −30 + 9 + 76
= 55.
16
Exemple 15. Calculons le déterminant de la matrice
2 1 0
A = 1 −1 3
3 2 1
Attention :cette méthode ne s’applique pas pour les matrices de taille supérieure à 3. Nous verrons
d’autres méthodes qui s’appliquent aux matrices carrées de toute taille et donc aussi aux matrices
3 × 3.
Les méthodes présentées dans le cas des matrices 3 × 3 demeurent valides pour toutes les dimensions
supérieures. Il s’agit à nouveau de suivre les étapes d’une expansion par cofacteurs.
17
Définition 3.1.5. On considère la matrice
a a12 ... a1n
11
a22 ... a2n
a21
. . .
A=
. . .
. . .
an1 an2 ann
Le déterminant de A est obtenu en suivant une expansion par cofacteurs comme suit :
• Choisir une ligne ou une colonne de A(si possible, il est plus rapide de choisir la ligne ou la
colonne de A contenant le plus grand nombre de zéros)...
• Multiplier chacun des éléments ai j de la ligne (ou colonne) choisie par son cofacteur,Ci j ,
correspondant...
0 3 2 1 2 1 3 1 2 1
= + +3 − −3
1 2 1 2 0 3 1 2 3 1
= −3 + 3 + 18 − 5 + 3
= 16.
18
Propriétés 3.1.1. Soient A et B deux matrices carrées de même ordre. Alors :
• det(At ) = det(A).
• det(AB) = det(A)det(B)
Proposition 3.2.1. Une matrice carrée A est inversible si et seulement si det(A) 6= 0. De plus si
A est inversible, alors : det(A−1 ) = 1
det(A) .
1
A−1 = Ct
det(A)
19
Chapitre 4
Résolution des systèmes linéaires
Une solution de (S) est un n-uplet (x1 , x2 ......, xn ) de réels qui satisfont à la fois ses m équations.
Résoudre le système (S) c’est décrire l’ensemble des solutions. L’intuition géométrique des dimen-
sions 2 et 3 reste valable en dimension n.
20
Exemple 18. Le système suivant :
2x + y − z =0
(S) −3x + 2y + 2z = −5
+ 4z = −1
x + y
L’idée de la méthode de Gauss est de transformer par étapes, le système à résoudre en des systèmes
plus simples, tous équivalents au système initial, jusqu’à un système dit (résolu), sur lequel on lit
directement la solution. Pour un système linéaire, (plus simple) signifie (avec moins de termes), ou
encore (plus de coefficients nuls) . Pour annuler des termes, la méthode de Gauss combine les trois
transformations de la proposition suivante.
Proposition 4.2.1. Les transformations suivantes changent tout système en un système équivalent
(c-à-d a les mêmes solutions) :
Le principe général consiste à utiliser une équation à pivot non nul pour annuler les termes au-
dessous du pivot dans les équations suivantes du système. Décrire formellement l’algorithme dans le
cas général, conduirait à des notations compliquées. Le mieux est de comprendre son fonctionnement
sur des exemples. Dans ce qui suit nous utilisons la notation algorithmique ←−, pour (prend la
valeur). A part les permutations éventuelles de variables ou d’équations, les seules transformations
utilisées sont de type Li ←− Li + λLk , soit (la ligne i est remplacée par la somme de la ligne i, et
de la ligne k multipliée par λ ). Cette transformation change le système en un système équivalent,
d’après la proposition 4.2.1.
21
Exemple 19. Résoudre dans R4 le système suivant :
x + y − 3z − 4t = −1
− 3t
2x + 2y + 2z =2
(S)
3x + 6y − 2z + t =8
2x + y + 5z + t =5
⇐⇒
x + y − 3z − 4t = −1
←− L2 − 2L1
L2
8z + 5t =4
L3 ←− L3 − 3L1
3y + 7z + 13t = 11
←− L4 − 2L1
L4
− y
+ 11z + 9t =7
⇐⇒
x + y − 3z − 4t = −1
←− L4 − y + 11z
L2 + 9t =7
L4 ←− L2
40z + 40t = 32
8z + 5t =4
⇐⇒
x + y − 3z − 4t = −1
− y + 11z
+ 9t =7
L4 ←− L4 − 51 L3 .
40z + 40t = 32
−12
− 3t
= 5
Donc t = 45 , z = 0, y = 1
5 et x = 2.
Finalement (2, 51 , 0, 54 ) est la seule solution de ce système.
22
4.3 Résolution d’un système de Cramer
k)
Si det(A) 6= 0, le système admet une solution unique et pour tout 1 ≤ k ≤ n nous avons xk = det(Adet(A) ,
où Ak est la matrice carrée formée ième colonne de A par le vecteur colonne B.
en remplaçant la k
a
i j si j 6= k
c-à-d Ak = (ak|i, j ) avec ak|i, j =
b
i si j = k
Exemple 20. Déterminer si la méthode de Cramer est applicable pour résoudre le système suivant :
3x − 7y − 2z = 38
(S) 2x + 3y + 5z = 39
− 3y + 2z
4x = 58
3 −7 −2 38
Dans cet exemple la matrice A = 2 3 et B = 39 .
5
4 −3 2 58
3 −7 −2
Nous avons det(A) = 2 3 5 = −13 6= 0 et par suite la méthode de Cramer applicable.
4 −3 2
38 −7 −2 3 38 −2 3 −7 38
1 104 1
x = − 13 39 3 5 = 13 = 8, y = − 13 2 39 5 = − 52 1
13 = −4 et z = − 13 2 3 39 =
58 −3 2 4 58 2 4 −3 58
91
13 = 7.
23
Chapitre 5
Suites réelles
Définition 5.1.1. Une suite est une application u : N −→ R qui à tout n ∈ N fait correspondre u(n)
qu’on la note par un et s’appelle le terme général de la suite.
Exemple 21.
√ √ √
• ( n)n≥0 est la suite de termes : 0, 1, 2, 3,...
• (un )n≥0 est bornée si elle est majorée et minorée ce qui revient à dire ; ∃ M ∈ R, ∀n ∈ N :
| un |≤ M.
24
• (un )n≥0 est croissante si ∀n ∈ N : un+1 ≤ un .
Définition 5.2.1. Une suite (un )n≥0 est dite convergente si elle admet une limite finie l ∈ R ce qui
est équivalent à dire que :
Une suite (un )n≥0 est dite divergente si elle n’admet pas de limite ou si sa limite est ±∞.
Proposition 5.2.1. Si (un )n≥0 est une suite convergente. Alors sa limite est unique.
Démonstration du Proposition :
On procède par l’absurde. Soit (un )n≥0 une suite convergente ayant deux limites l et l 0 telles que
l 6= l 0 .
|l−l 0 |
Choisissons ε < 2 .
Comme limn−→+∞ un = l, alors il existe N1 tel que n ≥ N1 =⇒| un − l |< ε.
Comme limn−→+∞ un = l 0 , alors il existe N2 tel que n ≥ N2 =⇒| un − l 0 |< ε.
Pour N = max(N1 , N2 ) et pour tout n ≥ N nous avons
.
On vient d’aboutir à l’inégalité | l − l 0 |<| l − l 0 | qui est impossible.
Bilan : notre hypothèse de départ est fausse et donc l = l 0 .
Théorème 5.2.1.
• Toute suite croissante qui n’est pas majorée tend vers +∞.
• Toute suite décroissante qui n’est pas minorée tend vers −∞.
25
Exemple 22. On considère la suite (un )n≥1 définie par :
1 1 1
un = 1 + 2
+ 2 + ... + 2
2 3 n
1
La suite (un )n≥1 est croissante car : un+1 − un = (n+1)2
> 0.
Montrons par récurrence que un ≤ 2 − n1 .
Pour n = 1 nous avons un = 1 ≤ 2 − 11 .
Supposons maintenant que un ≤ 2 − n1 et montrons que un+1 ≤ 2 − n+1
1
.
1 1 1
Nous avons un+1 = un + (n+1)2 et par suite un+1 ≤ 2 − n + (n+1)2 .
1 1
Comme (n+1)2
≤ n(n+1) = n1 − n+1
1 1
, alors un+1 ≤ 2 − n+1 .
Donc la suite (un )n≥1 est majorée par 2 et finalement elle est convergente.
Définition 5.3.1. Une suite (un )n≥n0 est dite géométrique s’il existe un réel λ tel que :
Proposition 5.3.1. Soit (un )n≥n0 une suite géométrique de raison λ. Alors :
Définition 5.3.2. Les suites (un )n≥n0 et (vn )n≥n0 sont dites adjacentes si :
• un ≤ vn ∀n ≥ n0 .
26
• limn→+∞ (un − vn ) = 0.
1 1 1 2
un = 1 + 2
+ 2 + ... + 2 et vn = un +
2 3 n n+1
Montrons que ces deux suites sont adjacentes.
1
(un )n≥1 est croissante car : un+1 − un = (n+1)2
> 0.
1 2 2 −n
(vn )n≥1 est décroissante car : vn+1 − vn = (n+1)2 + n+2 − n+1 = (n+2)(n+1)2 < 0.
2
pour tout n ≥ 1, nous avons vn − un = n+1 > 0 ce qui implique que un ≤ vn et limn→+∞ (un − vn ) =
−2
limn→+∞ n+1 = 0.
Donc les deux suites (un )n≥1 et (un )n≥1 sont adjacentes.
Définition 5.3.3. Soit f : R −→ R une fonction. Une suite récurrente est définie par son premier
terme et une relation permettant de calculer les termes de proche en proche :
Une suite récurrente est donc définie par deux données : un terme initial u0 , et une relation de
récurrence un+1 = f (un ). La suite s’écrit ainsi :
u0 , u1 = f (u0 ), u2 = f (u1 ) = f ( f (u0 )), u3 = f (u2 ) = f ( f ( f (u0 ))),...
√
Exemple 24. Soit la fonction définie par f (x) = 1 + x. Fixons u0 = 2 et définissons pour tout
√
n ≥ 0 la suite un+1 = f (un ). C’est à dire un+1 = 1 + un . Alors les premiers termes de la suite sont :
r
√ √ √ √
p q p q p
u0 = 2, u1 = 1 + 2, u2 = 1 + 1 + 2, u3 = 1 + 1 + 1 + 2, u4 = 1 + 1 + 1 + 1 + 2, ...
Proposition 5.3.2. Soit (un )n≥0 une suite définie par une fonction f .
Si f est continue et (un )n≥0 est convergente vers une limite `. Alors f (`) = `.
La valeur ` est un point fixe de la fonction f .
27
Proposition 5.3.3. Si f : [a; b] −→ [a; b] est une fonction continue et croissante, alors la suite
(un )n≥0 vérifiant u0 ∈ [a; b] et un+1 = f (un ) est une suite monotone est converge vers une valeur `
qui satisfait l’égalité f (`) = `.
Exercice
Soit la fonction définie par :
1 √
f (x) = (x + x + 2)
2
On considère la suite (un )n≥0 définie par :
u0 = 1 et un+1 = f (un ) ∀n ≥ 0
3. Montrer que la fonction f est continue et croissante sur l’intervalle [1; 4].
5. Déterminer limn→+∞ un .
28
Chapitre 6
Limites et continuité d’une fonction
On dit aussi que f (x) tend vers ` lorsque x tend vers x0 . On note alors limx→x0 f (x) = `.
x−1
f (x) = √
x−1
√ √
limx→1 f (x) = limx→1 (x−1)(
√
x−1
x+1)
= 2.
29
Définition 6.1.2. On dit que f a pour limite +∞ en x0 si
Définition 6.1.3. Soient f une fonction définie sur un intervalle de la forme I = [a; +∞[ et ` ∈ R.
On dit que f a pour limite ` en +∞ si
Définition 6.1.4. Soient f une fonction définie sur un intervalle de la forme I = ]−∞; b] et ` ∈ R.
On dit que f a pour limite ` en −∞ si
30
Exemple 26. Nous avons les limites classiques suivantes :
+∞ si n est pair
• limx→+∞ xn = +∞ et limx→−∞ xn =
−∞ si n est impair
• limx→x0 ( f + g)(x) = ` + `0 .
• limx→x0 ( f × g)(x) = ` × `0 .
1
• Si l 6= 0, limx→x0 f (x) = 1` .
1
De plus, si limx→x0 f (x) = +∞ ou (−∞) alors limx→x0 f (x) = 0.
31
Il y a des situations où l’on ne peut rien dire sur les limites. Par exemple si limx→x0 f (x) = +∞ et
limx→x0 g(x) = −∞ alors on ne peut a priori rien dire sur la limite de f + g (cela dépend vraiment
de f et de g). On raccourci cela en +∞ − ∞ est une forme indéterminée.
0
Voici une liste de formes indéterminées :+∞ − ∞ ; 0 × ∞ ; ∞
∞ ; 0 ; 1∞ ; ∞0 ; 00 . Voici une proposition
très importante qui lie le comportement d’une limite avec les inégalités.
Proposition 6.2.1.
Définition 6.3.1.
32
• Une fonction constante sur un intervalle,
√
• La fonction racine carrée x 7→ x sur [0, +∞[,
Par contre, la fonction partie entière E n’est pas continue aux points x0 ∈ Z, puisqu’elle n’admet
pas de limite en ces points. Pour x0 ∈ R r Z, elle est continue en x0 .
Exemple 28. La proposition précédente permet de vérifier que d’autres fonctions usuelles sont
continues :
33
Corollaire 6.3.1. Soit f : [a; b] −→ R une fonction continue sur le segment [a; b]. Si f (a) f (b) < 0
alors il existe c ∈ [a; b] tel que f (c) = 0.
• On dit que f est prolongeable par continuité au point x0 si f admet une limite finie en x0 .
Notons ` = limx→x0 f (x).
34
Exemple 29. Considérons la fonction f définie sur R∗ par f (x) = x sin( 1x ). Est ce que f est pro-
longeable par continuité au point 0 ?
Nous avons pour tout x ∈ R∗ , | f (x) |≤| x | ce qui implique que limx→0 f (x) = 0 et par suite f admet
un prolongement par continuité au point 0 et son prolongement est la fonction f˜ définie par :
x sin( 1 ) si x 6= 0
˜f (x) = x
0 si x = 0.
• f est bijective si f à la fois injective et bijective c-à-d ∀y ∈ F ∃!x ∈ E tel que f (x) = y.
Proposition 6.5.1. Si f : E −→ F est fonction bijective, alors il existe une unique fonction g :
F −→ E telle que f ◦ g = IdF et g ◦ f = IdE . La fonction g s’appelle la bijection réciproque de f et
se note par f −1 .
Les fonctions trigonométriques x −→ cos x, x −→ sin x et x −→ tan x ne sont pas monotones sur
R tout entier, pour construire des fonctions inverses, on est obligé à se restreindre à des intervalles
de monotonie de ces fonctions ( on prend on général des intervalles de monotonie maximaux ).
x −→ arccos x
35
1. Le domaine de définition de arccos est l’intervalle [−1; 1].
2. y = arccos x ⇐⇒ cos y = x et 0 ≤ y ≤ π.
2. y = arcsin x ⇐⇒ sin y = x et − π2 ≤ y ≤ π2 .
π
arccos x + arcsin x = .
2
π π π
arccos x + arcsin x = y + arccos(cos( − y)) = y + − y = .
2 2 2
36
Chapitre 7
Dérivée d’une fonction
f (x)− f (x0 )
Définition 7.1.1. f est dérivable au point x0 si le taux d’accroissement x−x0 a une limite finie
lorsque x tend vers x0 . Cette limite s’appelle alors la dérivée de f en x0 et se note par f 0 (x0 ). Ainsi :
f (x) − f (x0 )
f 0 (x0 = lim .
x→x0 x − x0
Définition 7.1.2. f est dérivable sur I si elle dérivable en tout point x0 ∈ I. La fonction définie
df
sur I par x −→ f 0 (x) s’appelle la fonction dérivée de f sur I et se note par f 0 ou dx .
Exemple 30.
Exemple 31.
Montrons que la fonction f (x) = sin(x) est dérivable sur R et que f 0 (x) = cos(x). Nous allons
utiliser les deux assertions suivantes :
37
Pour x0 quelconque nous avons :
(x−x )
f (x) − f (x0 ) sin(x) − sin(x0 ) sin( 2 0 ) x + x0
= = x−x cos( ).
x − x0 x − x0 2
0 2
(x−x0 )
sin( 2 )
Comme limx→x0 x−x0 = 1, nous déduisons que f 0 (x0 ) = cos(x0 ).
2
Remarque 7.1.1. La réciproque est fausse. En effet la fonction x −→| x | est une fonction qui est
continue au point 0 mais n’est plus dérivable en ce point.
Proposition 7.2.1. Soient f , g : I −→ R deux fonctions dérivables sur I. Alors pour tout x ∈ I.
Le tableau suivant est un résumé des principales dérivées des fonctions usuelles.
38
Fonction Dérivée
xn nxn−1 (n ∈ Z)
1
x − x12
√ 1
x √
2 x
xα αxα−1
ex ex
1
ln x x (x>0)
cos x − sin x
sin x cos x
1
tan x 1 + tan2 x = cos2 x
Proposition 7.3.1. Si f est dérivable au point x et g est dérivable au point f (x) alors g ◦ f est
dérivable au point x et nous avons :
Exemple 32.
0 2x
ln(1 + x2 ) = (g ◦ f )0 (x) = g0 (1 + x2 ). f 0 (x) = .
1 + x2
Le tableau suivant est un résumé des principales dérivées des fonctions composées.
39
Fonction Dérivée
un nu0 un−1 (n ∈ Z)
1 0
u − uu2
√ u0
u √
2 u
uα αu0 .uα−1
eu u0 eu
u0
ln u u
Proposition 7.4.1. Soient I un intervalle ouvert et f : I −→ J une fonction bijective dérivable dont
on note f −1 : J −→ I sa bijection réciproque. Si f 0 ne s’annule pas sur I alors f −1 est dérivable sur
J et on a pour tout x ∈ J :
0 1
f −1 (x) =
f 0 ( f −1 (x))
Exemple 33.
La fonction f est continue strictement croissante et par suite elle est bijective et sa bijection est
f −1 (x) = arctan(x) pour tout x ∈ ]0; +∞[. De plus f 0 (x) = 1 + tan2 (x) > 0 pour tout x ∈ 0; π2 ce qui
implique que :
0 1 1 1
(arctan(x))0 (x) = f −1 (x) = = = .
f 0 ( f −1 (x)) 1 + tan2 (arctan(x)) 1 + x2
40
7.5 Théorème de Rolle et théorème des accroissements
finis
• On dit que f admet un maximum local en x0 ( resp un minimum local en x0 ) s’il existe un
intervalle ouvert J contenant x0 tel que f (x) ≤ f (x0 ) ( resp f (x) ≥ f (x0 ) ) pour tout x ∈ I ∩ J.
• f (a) = f (b).
Exemple 34.
Montrons que pour tout x, y ∈ R nous avons | sin x − sin y |≤| x − y |. En effet :
Si x = y l’inégalité est évidente.
Si x 6= y nous pouvons considérer que x < y car dans le cas contraire la démarche sera similaire. La
fonction f : a −→ sin a est continue sur l’intervalle [x; y] et dérivable sur l’intervalle ]x; y[. D’après
f (x)− f (y)
le Théorème des accroissements finis il existe c ∈ ]x; y[ tel que f 0 (c) = x−y c’est-à-dire que
sin x−sin y
x−y = cos c.
sin x−sin y
Puisque | cos c |≤ 1, alors | x−y |≤ 1. D’ où | sin x − sin y |≤| x − y |.
41
7.6 Règle de l’Hospital
• f (x0 ) = g(x0 ) = 0.
ln(x2 +x−1)
Exemple 35. Calculons la limite en 1 de ln(x) . Nous vérifions que
Maintenant nous sommes sur les conditions de la Règle de l’Hospital et par conséquent :
2x+1
ln(x2 + x − 1) x2 +x−1 x(2x + 1)
lim = lim 1
= lim = 3.
x→1 ln(x) x→1 x→1 x2 + x − 1
x
42
Chapitre 8
Intégrale simple
Définition 8.1.1. Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R. On dit que la fonction
dérivable F est une primitive de f sur I si, pour tout x ∈ I on a F 0 (x) = f (x). On note F =
R
f.
Proposition 8.1.1. Soit f une fonction continue (par morceaux) sur l’intervalle I = [a; b]. Alors
f admet des primitives sur cet intervalle.
R
Fonction f F= f
1 x +C
x2 R
x 2 +C Fonction f F= f
1 r+1
xr (r 6= −1) r+1 x +C U 0U α 1
α+1 U
α+1 +C
1 U0
x ln x +C U ln | U | +C
cos x sin x +C U 0 sinU − cosU +C
sin x − cos x +C U 0 cosU sinU +C
ex ex +C U 0 eU eU +C
√ 1 arcsin x +C(x ∈ ]−1; 1[)
1−x2
1
1+x2
arctan x +C
43
Définition 8.1.2. Soit f une fonction continue sur un intervalle I = [a; b]. On appelle intégrale de
Rb
f sur I = [a; b] ou de a à b le nombre réel noté a f (x)dx et défini par :
Z b
f (x)dx = F(b) − F(a),
a
b − a n−1
Z b
b−a
f (x)dx = lim ∑ f a+k n .
a n→+∞ n
k=0
R1
f (x)dx = limn→+∞ n1 ∑n−1 k
En particulier si f est continue sur [0; 1], alors : 0 k=0 f n .
Exercice
On considère la suite définie par :
n 1
un = ∑ e n+k − n.
k=1
x2 x
1. Montrer que ∀x ∈ [0; +∞[, 0 ≤ ex − 1 − x ≤ 2e .
1
2. Calculer limn→+∞ ∑nk=1 n+k .
3. Déduire limn→+∞ un .
Propriétés 8.1.1. Soient f et g deux fonctions continues sur un intervalle [a; b], λ et β deux
nombres réels.
Rb Rc Rb
• Si c ∈ [a; b], alors a f (x)dx = a f (x)dx + c f (x)dx.
Rb Ra
• a f (x)dx = − b f (x)dx.
Rb Rb Rb
• a (λ f (x) + βg(x)) dx = λ a f (x)dx + β a g(x)dx.
Rb Rb
• | a f (x)dx |≤ a | f (x) | dx.
Rb Rb
• Si f (x) ≤ g(x) pour tout x ∈ [a; b], alors a f (x)dx ≤ a g(x)dx.
Définition 8.2.1. Soient I un intervalle ouvert et f une fonction continue sur I. On appelle in-
tégrale indéfinie de f sur I la famille des primitives de f sur I. Cette intégrale indéfinie est notée
R
f (x)dx.
44
Puisqu’on sait que toutes les primitives de f sur I diffèrent seulement par une constante, on a
le résultat suivant :
Proposition 8.2.1. Soit f une fonction continue sur un intervalle ouvert I et soit F une primitive
quelconque de f sur I. On a :
Z
f (x)dx = F(x) +C(x ∈ I),
Exemple 37.
1
Z
x3 dx = x4 +C
4
Proposition 8.2.2. Toute fonction continue sur un intervalle I est intégrable sur tout intervalle
fermé borné inclus dans I. Le premier théorème fondamental de l’analyse affirme que pour tout réel
a de I, la fonction définie sur I par :
Z x
F(x) = f (t)dt,
a
Exercice
Calculer
x+1
Z
dx.
2x2 + x + 1
Il arrive que l’on ait à intégrer un produit de fonctions. Le produit de primitives n’est pas une
primitive du produit. Plus précisément, pour deux fonctions u et v dérivables, on a
45
Exemple 38.
Z π Z π
2 π 2 π π π
x cos xdx = [x sin x]0 −
2
sin xdx = − [− cos x]02 = − 1.
0 0 2 2
Proposition 8.3.2. ( Changement de variable )
Soit f une fonction continue sur l’intervalle [a; b]. Soit aussi u une fonction de classe C 1 sur [α; β]
dans [a; b] avec u(α) = a et u(β) = b. On a :
Z b Z β
f (x)dx = f (u(t))u0 (t)dt.
a α
R1√
Exemple 39. Calculons 0 1 − u2 du par la méthode du changement de variable.
On pose u(t) = sint. Alors u0 (t) = costdt et par suite :
Z 1p π π π π
1 + cos 2t 1 1 2
Z Z Z
2
p 2 2 π
1 − u2 du = 2
1 − sin t costdt = cos2 tdt = dt = t + sin 2t = .
0 0 0 0 2 2 4 0 4
46
Chapitre 9
Equations différentielles
9.1 Généralités
De nombreux problèmes issus de la physique sont modélisés à l’aide d’une équation différentielle,
c’est-à-dire une équation dans laquelle interviennent la fonction inconnue et ses dérivées successives.
dans certains cas simples, on pourra exprimer la ou les solutions par des formules faisant intervenir
les fonctions usuelles.
En première année, nous n’envisageons comme équations différentielles que celles qui sont linéaires.
αy0 + βy = γ
si et seulement si
y est dérivable sur J
∀x ∈ J, α(x)y0 (x) + β(x)y(x) = γ(x).
47
Définition 9.2.2. L’équation linéaire du premier ordre
αy0 + βy = γ
Remarque 9.2.1. Lorsqu’une équation différentielle αy0 +βy = γ n’est pas normalisée, on se ramène
à une équation normalisée en divisant par la fonction α sur tout intervalle sur lequel α ne s’annule
pas.
(E) y0 + ay = b,
appelée équation sans second membre associée à (E) ( ou équation homogène associée à (E)).
L’équation (E) est alors appelée équation avec second membre.
(E0 ) y0 + ay = 0,
(1 + x2 )y0 + 4xy = 0
48
Théorème 9.2.2. ( Solution de l’équation avec second membre )
La solution générale de l’équation différentielle
(E) y0 + ay = b,
(E0 ) y0 + ay = 0,
Remarque 9.2.2. Pour chercher une solution particulière de (E) on utilise la méthode de variation
de la constante c’est-à-dire on prend
R
y = z(x)e− a(x)dx
et on cherche z(x).
La solution générale de (E) va s’écrire donc sous la forme :
R R
y = λe− a(x)dx
+ z(x)e− a(x)dx
,
avec λ ∈ R.
1 2
y = λe− 2 x ,
où λ ∈ R.
Cherchons maintenant une solution particulière par la méthode de variation de la constante.
1 2 1 2 1 2 1 2
On prend y = z(x)e− 2 x ce qui montre que y0 = z0 (x)e− 2 x − xz(x)e− 2 x et par suite z0 (x)e− 2 x −
1 2 1 2
xz(x)e− 2 x + xz(x)e− 2 x = x2 e−x .
1 2 1 2 1 2
Alors z0 (x)e− 2 x = x2 e−x et z0 (x) = x2 e 2 x −x et donc z(x) = (x + 1)e 2 x −x .
Finalement une solution générale de (E) s’écrit sous la forme :
1 2
y = λe− 2 x + (x + 1)e−x ,
où λ ∈ R.
49
9.3 Equation différentielle du second ordre à coefficients
constants
Définition 9.3.1. On appelle équation différentielle du second ordre à coefficients constants toute
équation de la forme :
(E) ay00 + by0 + cy = d(x),
y00 − 2y0 + 5y = 0
50
Le discriminant de l’équation caractéristique associée à cette équation différentielle est ∆ = −16
ce qui implique que l’équation caractéristique admet deux solutions complexes conjuguées 1 − 2i et
1 + 2i. Donc les solutions de l’équation différentielle sont de la forme :
y = ex [α cos(2x) + β sin(2x)] ,
où α, β ∈ R.
Nous passons au cas général d’une équation différentielle linéaire d’ordre 2, à coefficients constants,
mais avec un second membre g qui est une fonction continue sur un intervalle ouvert I ⊂ R :
Pour ce type d’équation, nous admettons le théorème de Cauchy-Lipschitz qui s’énonce ainsi :
y(x0 ) = y0 et y0 (x0 ) = y1
Dans la pratique, pour résoudre une équation différentielle linéaire avec second membre (avec
ou sans conditions initiales), on cherche d’abord une solution de l’équation homogène, puis une
solution particulière de l’équation avec second membre et on applique le principe de superposition :
Proposition 9.3.1. Les solutions générales de l’équation (E) s’obtiennent en ajoutant les solutions
générales de l’équation homogène (E0 ) à une solution particulière de (E).
Il reste donc à déterminer une solution particulière. On donne deux cas particuliers importants
et une méthode générale.
Second membre de type eαx P(x)
Si g(x) = eαx P(x), avec α ∈ R et P(x) ∈ R [X]. On cherche une solution de la forme :
y0 = eαx xm Q(x),
51
• y0 = xeαx Q(x) si α est une racine simple de l’équation caractéristique.
• y0 = eαx [Q1 (x) cos(βx) + Q2 (x) sin(βx)], si α + iβ n’est pas une racine de l’équation caracté-
ristique.
• y0 = xeαx [Q1 (x) cos(βx) + Q2 (x) sin(βx)], si α + iβ est pas une racine de l’équation caractéris-
tique.
Dans les deux cas le degré de Q1 égal au degré de Q2 égal au maximum des degrés de P1 et P2 .
y = αe2x + βe3x ,
⇐⇒ (a − 5a + 6a)x + 2a + b − 5(a + b) + 6b = 4x
⇐⇒ 2a = 4 et − 3a + 2b = 0
⇐⇒ a = 2 et b = 3.
52
Alors y0 = (2x + 3)ex . Donc y = αe2x + βe3x + (2x + 3)ex .
Comme y(0) = 1 et y0 (0) = 0 nous obtenons α = β = −1 et par conséquent la solution cherchée est
y = −e2x − e3x + (2x + 3)ex
λ0 y + µ0 y = 0
1 2
(S)
λ0 y0 + µ0 y0 = g(x)
1 2 a
1
y00 + y =
cos x
y = λ cos x + µ sin x,
53