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Animé par Dr.

BAMBA Amadou, Maître de conférences à la FSEG


Cours économique managériale-ISPRIC

Elément 4 : LA THEORIE DE L’AGENCE

La théorie de l’agence complète, sinon généralise la théorie des droits de propriété. Elle
permet de répondre à deux questions importantes que nous avons soulevées dans le chapitre
précédent : qui contrôle le contrôleur dans la firme capitaliste ? Comment s’organise le
contrôle de l’effort productif ? Le contrôle consiste à mettre en place des mécanismes
incitatifs de révélation de l’information, car les agents rationnels possèdent certaines
informations nécessaires à l’évaluation de leur effort. Il existe des asymétries d’informations
qui empêchent l’évaluation correcte des efforts de chacun. En particulier, le propriétaire qui
délègue une partie de ses droits de propriété à un gestionnaire-mandant ne peut être assuré que
celui-ci met en œuvre les moyens les plus adaptés à dégager un profit maximum. Il existe un
risque que le gestionnaire ne poursuive pas cet objectif de maximisation du profit. Cette
relation particulière entre le(s) propriétaire(s) et l’équipe dirigeante implique l’existence de
coûts d’agence. Dans le même temps, il existe des coûts d’agence au sein même de la firme.

Dans cet élément , nous présentons les travaux qui portent sur les objectifs des gestionnaires
mandatés par les propriétaires, c’est-à-dire que nous synthétisons différents travaux portant
sur l’existence de la firme managériale, dans laquelle la propriété et la gestion sont séparées.
Ces travaux ne constituent pas à proprement parler la théorie de l’agence. Ils en constituent
cependant les prémisses sans que l’on puisse les rattacher à ce courant théorique. Nous
présentons ensuite la théorie de l’agence qui généralise la notion de coût d’agence à
l’ensemble des contrats de la firme, qui n’est alors qu’un nœud de contrat. Nous montrons que
dans cette approche la spécificité de la firme n’est pas encore prise en compte de façon
satisfaisante.

1- Conséquences de la séparation propriété / gestion

La séparation entre la fonction de gestion et la propriété du capital d’une entreprise introduit


une source d’incertitude qui peut prendre plusieurs formes. En effet, les dirigeants de
l’entreprise peuvent ne pas rechercher la maximisation du profit, mais poursuivre d’autres
objectifs. Ce phénomène est possible dans les firmes où la dilution du capital a pour
conséquence l’émergence d’un pouvoir managérial qui, de fait, impose ses décisions aux
propriétaires/actionnaires. Ce phénomène sera mis en lumière, pour la première fois, par Berle
& Means en 1932. D’autres travaux montreront que les objectifs des dirigeants ne se résument
pas à la maximisation du profit.
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2- Travaux des théoriques

L’apparition de la société anonyme par actions et sa généralisation dans les pays capitalistes
ont conduit de nombreux auteurs à souligner la séparation croissante entre propriété et gestion
de l’entreprise. Déjà Adam Smith notait les conséquences de cette évolution de la structure
des entreprises : “les directeurs de ces compagnies étant les régisseurs de l’argent d’autrui... le
gèrent de façon négligente et dispendieuse” et non “avec cette vigilance exacte que les
associés d’une société apportent au maniement de leur fonds”.

Cette séparation sera d’autant plus préjudiciable aux actionnaires que la dilution du capital de
la société anonyme sera importante. En effet, en cas de forte dilution du capital, les membres
du conseil d’administration (organe de contrôle des actionnaires sur la société, ne détiennent
leur pouvoir de contrôle d’un mandat dont l’origine n’est pas nécessairement la propriété d’un
grand nombre d’actions. Par conséquent, selon le degré de dispersion des actions, une partie
ou l’ensemble des actionnaires peut se voir privé de son pouvoir de contrôle au profit des
dirigeants.

En effet, le pouvoir des propriétaires dans une société anonyme, réside principalement dans
leur capacité à nommer, contrôler et éventuellement, sanctionner les dirigeants qui disposent,
eux, du pouvoir de gérer les actifs de l’entreprise. Ce pouvoir des actionnaires s’exerce par le
biais du droit de vote rattaché aux actions qu’ils détiennent. Le droit vote s’exerce au sein de
l’Assemblée générale de l’entreprise. Celle-ci valide le rapport de gestion présenté par le
conseil d’administration, dont les membres sont élus (pour une durée déterminée) par les
actionnaires en assemblée générale.

En cas de forte dilution du capital, les actionnaires sont peu incités à se déplacer aux
assemblées des actionnaires en sachant qu’il n’ont aucun pouvoir. Leur droit de vote sera «
noyé ». Par conséquent, les « petits actionnaires » n’exercent pas leur droit de vote, laissant
ainsi la voie ouverte à un contrôle de l’entreprise par des détenteurs d’un faible montant du
capital. Souvent, il arrive que le conseil d’administration d’une entreprise ne soit composé que
des dirigeants de l’entreprise, ou de dirigeants d’autres entreprises « amies » (le principe des «
noyaux durs » qui a longtemps existé. Ainsi les actionnaires n’ont pas de contrôle sur leur
propriété.
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Objectifs des dirigeants

Différents auteurs ont cherchés à décrire la fonction objective des dirigeants d’entreprises «
managériales ». On peut regrouper ces travaux multiples et divers en trois points : les
managers ont des préférences pour certaines dépenses et principalement des dépenses qui
assurent leur prestige ; les dirigeants ont tendance à construire des « empires » de nature
conglomérale qui ne correspondent pas aux objectifs des actionnaires ; les dirigeants ne
maximisent pas le profit mais le chiffre d’affaires qui leur assure une meilleure sécurité et
plus de pouvoir.

Une première façon pour les dirigeants de détourner les profits de l’entreprise consiste à
s’octroyer de multiples avantages en nature ainsi que des émoluments importants. Ainsi
O.E.Williamson4 postule que les dirigeants possèdent un pouvoir discrétionnaire important et
contrôlent de nombreuses dépenses de la firme dont ils tirent une satisfaction directe. Ces
dépenses se traduisent par des préférences que leur fonction d’utilité traduit. Williamson
distinguent ainsi trois catégories de dépenses qui permettent aux managers de satisfaire leurs
désirs de revenus, de prestige, de pouvoir et de sécurité :

Une première façon pour les dirigeants de détourner les profits de l’entreprise consiste à
s’octroyer de multiples avantages en nature ainsi que des émoluments importants. Ainsi
O.E.Williamson4 postule que les dirigeants possèdent un pouvoir discrétionnaire important et
contrôlent de nombreuses dépenses de la firme dont ils tirent une satisfaction directe. Ces
dépenses se traduisent par des préférences que leur fonction d’utilité traduit. Williamson
distinguent ainsi trois catégories de dépenses qui permettent aux managers de satisfaire leurs
désirs de revenus, de prestige, de pouvoir et de sécurité :

Les dépenses de personnel administratif

Les émoluments

Les dépenses d’investissement discrétionnaires


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2) La théorie de l’agence : la discipline du marché

Grâce à la théorie des droits de propriétés et à l’axiomatique de la théorie néo-classique,


l’entreprise peut, de fait, être considérée comme un ensemble de contrats, un nœud de contrats
(nexus of contracts). Le salariés par exemple passent un contrat avec leur employeur, tout
comme les fournisseurs et les clients, mais il en va de même avec les créanciers et l’Etat.
Comment gérer l’ensemble de ces contrats avec les différentes parties prenantes -
stakeholders (et non shareholders qui sont les simples actionnaires) ?

En effet, chacune des parties prenantes peut avoir intérêt à ne pas respecter son contrat. Ainsi,
le salarié accepte contractuellement une autorité à laquelle il annonce qu’il va se conformer
tout au long de l’exécution du contrat. Mais dans le même temps, le salarié - individu
rationnel - cherchera également à minimiser son effort. Il en va de même pour chacun des
stakeholders : ils peuvent avoir intérêt à ne pas respecter leur contrat. Il en va ainsi de toute
personne qui reçoit un mandat et dont l’intérêt personnel peut être divergent, comme on vient
de le voir avec les objectifs des actionnaires et des dirigeants. Comment donc établir des
modes d’organisation qui permettent de limiter l’opportunisme des individus, et qui les
incitent à révéler l’information qu’ils détiennent ?

3- La relation d’agence. Principal, agent, mandat. Opportunisme et asymétrie


d’information

La vision contractualiste de la firme nécessite d’étudier l’engagement des individus dans


l’exécution des contrats qu’ils passent entre eux et notamment dans le cas où le contrat
comporte la délégation d’un ensemble de décisions. Ceci peut s’assimiler à un transfert de
droits. Ce transfert constitue la relation d’agence.

• Plus généralement, on dira qu’une « relation d’agence s’est créée entre deux ou plusieurs
parties lorsque l’une de ces parties, désignée comme l’agent, agit comme représentant de
l’autre désignée comme le principal, dans un domaine décisionnel particulier. »

Dès lors qu’il y a transfert (contractuel) de la prise de décision, il y a relation d’agence. Ainsi
M. Jensen et W. Meckling définiront la relation d’agence comme « un contrat dans lequel une
ou plusieurs personnes ont recours aux services d’une autre personne pour accomplir en leur
nom une tâche quelconque, ce qui implique une délégation de nature décisionnelle. »
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Cette dernière définition de la relation d'agence est plus large que la précédente puisque le
contrat est la relation d'agence, et tout contrat recèle en lui une telle relation. Le contrat est
perçu comme une délégation partielle de droits de propriété. l'usus est confié en location à un
tiers avec lequel on contracte : le propriétaire est le principal, le tiers mandataire est l'agent.
Par définition, l'agent est capable de gérer le bien qui fait l'objet du contrat mieux que ne le
ferait le principal. La contractualisation implique une coopération qui se traduit par une
relation d'agence réciproque : chaque acteur est à la fois principal et agent. Ainsi le contrat de
travail peut-il s'analyser comme une location de l'usus du droit de propriété sur lui- même, soit
comme une location au salarié de l'usus du droit de propriété du propriétaire sur ses biens.

Pourquoi y a-t-il un problème d'agence ?

Chaque individu rationnel recherche son intérêt personnel (selon l'axiomatique néo-
classique); cette recherche peut conduire l'individu à ne pas respecter les engagements
contractuels, à la tromperie. Parce qu'ils sont intentionnellement rationnels, les individus
préfèrent tricher plutôt que de réaliser un engagement qui leur est défavorable à leur intérêt.
Ou bien , ils peuvent profiter de la liberté qui leur est contractuellement accordée pour gérer
les affaires de leur mandant dans une logique qui est défavorable à ce dernier. Cela est
d'autant plus probable que s'ils exercent une activité d'agent, c'est qu'ils sont supposés
posséder plus de compétences, ou d'informations que le principal. L'opportunisme peut donc
être interprété comme une manipulation privée de l'information dans le but de privilégier son
propre intérêt. Il existe donc une asymétrie d'information entre le principal et l'agent, c'est-à-
dire qu'un des deux agents possède plus d'information que l'autre sur les états de la nature.

L'asymétrie d'information renvoie à l'axiomatique de l'information parfaite (Dès lors que


l'information n'est pas parfaite, l'efficience allocative du marché est remise en cause et les
transactions deviennent coûteuses, car l'opportunisme des agents génère une incertitude sut la
situation réelle. L'asymétrie d'information est à la source des comportements opportunistes.
Cette incertitude génère elle-même des comportements qui rendent coûteuse la transaction :
les agents peuvent ne pas révéler toute l'information ou la falsifier ; il y a aléa moral (moral
hazard); l'incertitude sur l'autre peut même conduire à un refus d'établir un contrat ; il y a
antisélection (adverse selection) L'information n'est pas disponible ou cachée, ou le doute sur
celle-ci est très fort.
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D'une façon générale, on dira qu'il y a risque moral lorsqu'une des parties au contrat peut agir
de façon à léser l'autre partie, soit parce que cette dernière est moins bien informée, soit parce
que le contrat est incomplet (il ne prend pas en compte toutes les éventualités auxquelles font
face les parties dans la réalisation du contrat). Pour qu'il y ait risque moral, il faut donc qu'une
des parties ait la possibilité de recourir à des actions cachées, l'autre partie en subissant les
conséquences. Le risque moral peut être qualifié « d'opportunisme ex post » alors que
l'antisélection peut être qualifiée « d'opportunisme ex ante ».

Dans ce contexte d'information imparfaite, la théorie de l'agence se concentre sur deux


questions : « 1) comment construire un système d'incitation et de surveillance qui empêche
l'agent d'avoir un comportement susceptible de léser les intérêts du principal, ou pour être plus
précis, qui conduise l'agent à se comporter comme s'il cherchait à maximiser la fonction
d'utilité du principal ? 2) comment concevoir, en information imparfaite, un système d'agence
qui s'approche le plus de l'efficience obtenue en information parfaite par les mécanismes du
marché décrits par la micro-économie standard? »

4- Les coûts d'agence

La mise en place d'un système d'incitation de l'agent et de son contrôle est nécessairement un
système coûteux. L'ensemble des dépenses effectuées pour inciter et contrôler l'agent
constitue le coût d'agence. Le coûts d'agence est constitué des coûts monétaires et non
monétaires que supportent les deux parties du fait de la nécessité de mettre en place un
système d'obligation et de contrôle. Ils se décomposent en trois principaux types de coûts :

Les dépenses de surveillance et d'incitation (monitoring expenditures) : ces coûts sont


supportés par le principal. Ils comportent les coûts liés à la gestion de l'information, la
surveillance, l'incitation.

Les dépenses d'obligations (bonding expenditures) : ces coûts sont supportés par l'agent
pour signaler la bonne exécution du contrat. (publication des comptes, rapports, etc...).

La perte résiduelle (residual loss) : c'est le coût d'opportunité ou encore ce qu'aurait gagné
chacune des parties à ne pas contracter avec l'autre. Il s'agit du coût d'opportunité entre le
paiement des coûts précédents et les coûts supportés en cas de gestion directe par le principal.
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La solution au problème de l'agence : la discipline du marché

L'existence des coûts d'agence entraînera des calculs de part et d'autre afin d'évaluer l'intérêt
de la relation d'agence. La délégation de la gestion des droits de propriété génère des coûts de
surveillance (S) pour le principal et une perte résiduelle (R), liée au risque de gestion
opportuniste de son bien par l'agent. Si l'on se place dans la perspective d'une relation
d'agence entre un propriétaire d'une firme et des dirigeants, le revenu du propriétaire peut
s'exprimer sous la forme : ∏-S-R, où ∏ est le profit dégagé par la firme en gestion directe
(donc sans coût d'agence). Le dirigeant obtient pour sa part une rémunération W. Par ailleurs,
il effectue des dépenses d'obligation afin de signaler la bonne exécution du contrat. En outre,
il peut obtenir une rémunération supplémentaire par une gestion opportuniste de l'entreprise
R*, qui est une partie de la perte résiduelle du principal. Le revenu du dirigeant est donc
W+R*-O.

Le principal doit limiter la gestion opportuniste du dirigeant qui est tenté d'augmenter R afin
d'augmenter R*. Mais plus R augmente, plus le dirigeant doit dans le même temps effectuer
des dépenses d'obligation pour rassurer le principal. Ainsi, il doit arbitrer entre une
augmentation de R* et une augmentation de O. Donc il cherchera à minimiser R, mais cette
minimisation implique des frais de surveillance supplémentaires, donc S augmentera. D'où un
arbitrage entre la diminution de R et l'augmentation de S. In fine, le problème de l'agence n'est
qu'un simple problème d'optimisation de coûts.

L'opportunisme n'est donc que la résultante d'un calcul d'intérêt et non un comportement inné
des agents. La question qui se pose alors est comment les individus obtiennent l'information
sur les coûts qu'ils subissent et comment les coûts s'évaluent ? La solution à cette double
question est encore une fois le marché. Pour la théorie néo-classique, le marché assure la
coordination des intérêts de manière spontanée en empêchant des individus de tricher.
L'avantage du marché réside dans le fait qu'il transmet de l'information de façon parfaite si les
conditions de l'axiomatique sont respectées. Par conséquent, il apparaît un mode de régulation
qui peut limiter les asymétries d'information. Autour de la firme existent des marchés qui
permettent d'évaluer l'efficacité des chois contractuels de la firme. Il suffit donc de s'y référer
pour résoudre les problèmes d'agence. Dans cette perspective, deux marchés permettent de
limiter l'opportunisme des agents et d'évaluer les coûts d'agence : le marché financier et le
marché du travail.
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Le rôle du marché financier dans la théorie de l'agence

Le marché financier est un marché des droits de propriété sur les firmes. Sur ce marché
s'échangent des titres de propriétés (actions) ou de dettes (obligations). Les marchés
permettent d'évaluer en permanence le prix d'une action. Le marché financier permet
d'objectiver la perte de valeur d'une action si l'entreprise n'est pas gérée dans le sens des
intérêts du propriétaire. En effet, si le dirigeant gère l'entreprise dans son intérêt, il diminue le
profit, et par là même la valeur de la firme (i.e.: la valeur de la firme est égale à la somme
actualisée des profits futurs anticipés). Pour le principal propriétaire, cette perte de valeur
(matérialisée par la baisse du prix de son action), constitue une alternative au coût de
surveillance. Il pourra par conséquent effectuer un arbitrage entre ce qu'il perd en coûts de
surveillance et ce qu'il gagne en limitant la perte de valeur de ses actions. Tant que le coût de
surveillance est supérieur à la perte de valeur, il n'y a aucune incitation à mettre en place un
système de surveillance. Le marché financier permet donc que se réalise le calcul résolvant le
problème d'agence. Le marché financier envoie donc des signaux aux agents.

Le rôle du marché du travail

Le dirigeant qui aurait une gestion trop opportuniste de la firme augmenterait la perte
résiduelle du propriétaire. Ce dernier sanctionnerait alors le dirigeant en le licenciant. Cette
menace de se retrouver sur le marché du travail limite de fait l'opportunisme des dirigeants.
Une mauvaise gestion de la firme nuira à sa réputation et l'empêchera, une fois sur le marché
du travail, de retrouver facilement un emploi. Mais, le contrôle et la limitation de
l'opportunisme du dirigeant passe également par un contrôle interne. Les niveaux
hiérarchiques inférieurs étant portés à l'accession à un poste supérieur, le contrôle de l'équipe
dirigeante s'effectue donc également en interne. La hiérarchie de l'entreprise est donc ramenée
à un marché interne du travail.

Par conséquent, le marché est une forme d'organisation dont l'existence permet de limiter
l'opportunisme des agents, de les discipliner. Ainsi, la spécificité de la firme dans la théorie de
l'agence est réduite à néant. Perçue comme un ensemble de contrats, elle n'est que la
continuation du marché, un nœud de contrats. Certains auteurs parlent même d'une « fiction
légale » (sic). La firme n'a pas d'existence propre. Il y a seulement des individus qui
maximisent leur utilité. la firme n'a donc pas d'objectifs, seuls les individus ont des objectifs.
S'interroger sur les objectifs de la firme n'a donc aucun sens. De même la question de la
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propriété de la firme n'a pas de sens, puisqu'ils n'existent que des individus qui contractent
librement entre eux. La seule question pertinente est celle de la forme des rapports
contractuels entre individus. Dans la théorie de l'agence la distinction entre l'intérieur de la
firme (« la boîte noire ») et l'extérieur n'a aucun sens, comme Jensen & Meckling l'affirment.
La seule réalité est l'existence de relations contractuelles multiples. La question de la frontière
de la firme est donc sans objet. Par conséquent, il n'y a pas d'opposition fondamentale entre la
firme et le marché. Si l'on considère qu'il n'existe que des rapports contractuels, il n'y a pas de
sens à opposer les modes de coordination internes à la firme aux modes de coordination
externes. Pour les tenants de cette approche, il n'y a pas de rapport d'autorité distinct au sein
de la firme de celui existant dans toute relation de marché. La firme est un « marché privé ».

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