1.
**J’accuse**
L’un des événements les plus emblématiques de la vie de Zola est la publication de son célèbre
article « J'accuse...! » le 13 janvier 1898 dans le journal *L’Aurore*. Cet article marqua son
engagement dans l'Affaire Dreyfus, une crise politico-judiciaire qui divisa la France. En dénonçant
l’injustice faite au capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé de trahison, Zola exposa les dérives
antisémites et l’injustice qui régnait au plus haut niveau de l’État français. Ce texte retentissant
entraîna Zola dans un procès pour diffamation, marquant le début d’une période difficile pour lui.
2. **L’affaire Dreyfus**
Zola a joué un rôle décisif dans l'Affaire Dreyfus. Grâce à « J'accuse », il devint l’un des défenseurs les
plus visibles de l’officier juif Dreyfus, accusé à tort de trahison envers la France en 1894. Zola mit en
lumière la manipulation des preuves et l’antisémitisme du système judiciaire, tout en attirant
l’attention internationale sur cette affaire. Son engagement lui valut d’être jugé et condamné à la
prison, mais il choisit l'exil pour éviter l'incarcération.
3. **Son exil**
Suite à sa condamnation pour diffamation après la publication de « J'accuse », Zola fut contraint de
s’exiler en Angleterre en 1898. Il y vécut environ un an, souffrant de la distance avec sa famille et de
la solitude, mais continuant de suivre l’évolution de l’affaire Dreyfus. Son retour en France en 1899
fut facilité par l’évolution de l’affaire et la réduction des tensions.
4. **Son enfance et son amitié avec Cézanne**
Émile Zola est né à Paris en 1840, mais passa une grande partie de son enfance à Aix-en-Provence.
C’est là qu’il se lia d'amitié avec le peintre Paul Cézanne, une amitié qui joua un rôle important dans
la formation artistique et intellectuelle de Zola. Cependant, leur relation s'effrita plus tard à cause
des écrits de Zola qui semblaient critiquer indirectement le travail de Cézanne.
5. **Son lien avec les impressionnistes**
Zola était proche du cercle des artistes impressionnistes, et il entretint des relations amicales avec
plusieurs peintres tels que Édouard Manet. Il soutint ce mouvement dans ses premières années,
notamment dans ses critiques d’art. Bien qu'il ait été initialement un défenseur de leur style
novateur, il s'éloigna progressivement des impressionnistes, notamment en raison de son orientation
vers un réalisme littéraire plus prononcé.
6. **Les Rougon-Macquart**
Le cycle des *Rougon-Macquart* est une série monumentale de vingt romans publiés entre 1871 et
1893. Zola y explore la société française sous le Second Empire à travers l'histoire d'une famille. Ce
cycle naturaliste témoigne de son désir de représenter la société sous toutes ses formes, en mettant
en avant des thèmes comme l’hérédité, l’influence du milieu, et les luttes sociales. Parmi les œuvres
les plus connues de ce cycle, on trouve *Germinal*, *L’Assommoir*, et *Nana*.
7. **Sa double vie, son adultère et ses enfants**
Zola menait une double vie durant les dernières années de sa vie. Bien qu'il fût marié à Alexandrine,
il eut une relation amoureuse avec Jeanne Rozerot, une lingère, avec qui il eut deux enfants, Denise
et Jacques. Cette relation restée longtemps secrète n’a été révélée que plus tard, après la mort de
Zola, et Alexandrine finit par reconnaître ces enfants.
8. **Son goût pour la photographie**
Zola développa un grand intérêt pour la photographie, qui devint une véritable passion dans sa vie. Il
appréciait cette forme d'art pour son réalisme, en accord avec ses idéaux littéraires naturalistes. Il a
laissé de nombreuses photographies, dont certaines représentent sa famille et ses voyages.
9. **Autodafés, critiques et tentative d'assassinat**
Les engagements de Zola, notamment dans l’affaire Dreyfus, lui valurent de violentes critiques, allant
jusqu'à la haine publique. Des autodafés de ses livres furent organisés, notamment par des
nationalistes et des antisémites. En 1899, Zola fut victime d'une tentative d’assassinat déguisée en
accident. Il mourut asphyxié chez lui en 1902, probablement à cause d’un conduit de cheminée
bloqué, et certains ont spéculé qu'il pourrait s'agir d’un acte criminel, bien que cela n'ait jamais été
prouvé.
10. **Son enterrement**
Le 5 octobre 1902, Zola fut enterré au cimetière Montmartre lors de funérailles qui furent un
véritable événement national. Sa mort choqua la nation, et de nombreux intellectuels et partisans de
Dreyfus assistèrent à la cérémonie. Dreyfus lui-même y fut présent et fut victime d'une tentative de
meurtre par un nationaliste durant les obsèques.
11. **La réhabilitation de Dreyfus**
Zola ne vécut pas pour voir la réhabilitation complète de Dreyfus, mais son combat y contribua
largement. En 1906, Dreyfus fut enfin réhabilité par l’armée française, reconnaissant ainsi
officiellement son innocence. Cet acte confirma l’impact de l’engagement de Zola sur la justice et la
vérité dans l’affaire.
12. **Ses cendres au Panthéon**
En 1908, six ans après sa mort, les cendres de Zola furent transférées au Panthéon, aux côtés de
celles de Victor Hugo et d’Alexandre Dumas. Cet honneur posthume souligna son importance dans
l’histoire littéraire et politique de la France, ainsi que son rôle de défenseur de la justice et des droits
de l'homme.