Correction TD 2 : Condition de Dirichlet et éléments
2 finis P2
Exercice 1
Question 1 : Sans nous préoccuper de régularité, nous multiplions par une fonction test v nulle sur
ΓD et nous intégrons sur Ω :
Z Z Z
−∆u(x)v(x) dx = 0 =⇒ ∇u(x) · ∇v(x) dx − ∂n u(x)v(x) dx = 0
Ω
ZΩ Z∂Ω Z
=⇒ ∇u(x) · ∇v(x) dx + αu(x)v(x) dx − f (x)v(x) dx = 0
Ω ΓF ΓF
Z Z Z
=⇒ ∇u(x) · ∇v(x) dx + αu(x)v(x) dx = f (x)v(x) dx
Ω ΓF ΓF
Nous pouvons maintenant écrire la formulation faible. Pour cela, nous choisissons l’espace de Hilbert
suivant :
H 1 (Ω) = v ∈ H 1 (Ω) ¯ v|Γ = 0 ,
© ¯ ª
0,D D
1
avec pour norme, la même sur sur H (Ω), soit :
µZ Z ¶1/2
2 2
kvkH 1 (Ω) = |v(x)| dx + k∇v(x)k dx
Ω Ω
La formulation variationnelle est :
(
1
Trouver u ∈ H0,D tel que
1
∀v ∈ H0,D , a(u, v) = `(v),
avec Z Z Z
a(u, v) = ∇u(x) · ∇v(x) dx + αu(x)v(x) dx et `(v) = f (x)v(x) dx.
Ω ΓF ΓF
1
Question 2 : L’espace H0,D est un espace de Hilbert et a et ` sont respectivement sesquilinéaire et
anti-linéaire. Nous vérifions les autres hypothèses du Théorème de Lax-Milgram, en rappelant que
nous avons les inégalités suivantes, pour tout v de H 1 (Ω) :
kvkL 2 (Ω) ≤ kvkH 1 (Ω) et k∇vkL 2 (Ω) kvkH 1 (Ω) .
D’autre part, nous avons :
∀v ∈ H 1 (Ω), kvkL 2 (ΓF ) ≤ kvkL 2 (∂Ω) ,
2 TD 2. TD2 - CORRECTION
car kvk2L 2 (∂Ω) = kvk2L 2 (Γ ) + kvk2L 2 (Γ et les normes sont toujours positives. Enfin, comme l’application
F D)
1 2
trace est continue de H (Ω) dans L (∂Ω), nous avons :
∃C > 0|∀v ∈ H 1 (Ω), kvkL 2 (ΓF ) ≤ kvkL 2 (∂Ω) ≤ C kvkH 1 (Ω) .
1
Enfin, pour tout fonction v ∈ HO,D , nous rappelons l’inégalité de Poincaré
1
∃C p > 0|∀v ∈ HO,D , k∇vkL 2 (Ω) ≥ C p kvkH 1 (Ω) .
Armé de toutes ces inégalités, nous pouvons démontrer que nous travaillons sous les hypothèses du
théorème de Lax Milgram :
1
• Continuité de ` : soit v ∈ H0,D ,
¯Z ¯ ¯Z ¯
¯ ¯ ¯ ¯
|`(v)| = ¯¯ f (x)v(x) dx¯¯ ≤ ¯¯ f (x)v(x) dx¯¯ (Inégalité Triangulaire)
° Γ°F ΓF
≤ ° f °L 2 (Ω) kvkL 2 (Ω) (Cauchy Schwarz)
° °
≤ ° f °L 2 (Ω) kvkH 1 (Ω)
1
• Continuité de a : soient u et v dans H0,D ,
¯Z Z ¯
= ¯¯ ∇u(x) · ∇v(x) dx + α
¯ ¯
|a(u, v)| u(x)v(x) dx¯¯
¯ ZΩ ¯ ¯ ΓZF ¯
≤ ¯ ∇u(x) · ∇v(x) dx¯ + ¯α
¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯ u(x)v(x) dx¯¯ Inégalité triangulaire
Ω ΓF
≤ kukL 2 (Ω) kvkL 2 (Ω) + α kukL 2 (ΓF ) kvkL 2 (ΓF ) Cauchy Schwarz
≤ kukH 1 (Ω) kvkH 1 (Ω) + α kukL 2 (∂Ω) kvk∂Ω)
≤ kukH 1 (Ω) kvkH 1 (Ω) + αC 2 kukH 1 (Ω) kvkH 1 (Ω) Continuité de la trace
≤ (1 + αC 2 ) kukH 1 (Ω) kvkH 1 (Ω)
• Coercivité de a (u ∈ H 1 0, D) :
Z Z
ℜ(a(u, u)) = |∇u(x)|2 dx + α |u(x)|2 dx
Z Ω ΓF
≥ |∇u(x)|2 dx Car α > 0
Ω
≥ C p kuk2H 1 (Ω) Inégalité de Poincaré
Toutes les hypothèses sont validées, donc le problème admet une unique solution.
Exercice 2
Question 1 : On introduit un relèvement u g tel que u g |∂Ω = g , et la nouvelle inconnue u = w − u g de
sorte que u vérifie (
−∆u = ∆u g (Ω)
u = 0 (∂Ω)
3
Notez que pour l’instant, nous n’imposons aucune contrainte de régularité au relèvement u g . Nous
savons par ailleurs que ce relèvement existe.
Question 2 : Sans nous préoccuper de régularité, nous multiplions par une fonction test v nulle sur
∂Ω et nous intégrons sur Ω :
Z Z
−∆u(x)v(x) dx = ∆u g (x)v(x) dx
ZΩ ZΩ Z Z
=⇒ ∇u(x) · ∇v(x) dx − ∂n u(x)v(x) dx = − ∇u g (x) · ∇v(x) dx + ∂n u g (x)v(x) dx
ZΩ ∂Ω
Z Ω ∂Ω
=⇒ ∇u(x) · ∇v(x) dx = − ∇u g (x) · ∇v(x) dx
Ω Ω
Nous savons maitnenant qu’une régularité de type H 1 (Ω) nous suffirait. Comme nous devons
également imposer une condition de Dirichlet homogène sur ∂Ω, nous travaillerons dans l’espace
H01 (Ω). La formulation variationnelle s’écrit alors
(
Trouver u ∈ H01 (Ω) tel que
∀v ∈ H01 (Ω), a(u, v) = `(v),
avec, pour u et v de H01 (Ω) :
Z Z
a(u, v) = ∇u(x) · ∇v(x) dx et `(v) = − ∇u g (x) · ∇v(x) dx
Ω Ω
Question 3 : L’espace H01 (Ω) est un espace de Hilbert et a et ` sont respectivement sesquilinéaire et anti-
linéaire (par linéarité de l’intégrale). Nous rappelons les inégalités suivantes (cf. exercise précédent) :
k∇vkL 2 (Ω) ≥ kvkH 1 (Ω) ,
et l’inégalité de Poincaré :
∃C p > 0|∀v ∈ H01 (Ω), k∇vkL 2 (Ω) ≥ C p kvkH 1 (Ω) .
Nous vérifions les autres hypothèses du Théorème de Lax-Milgram :
• Continuité de ` : soit v ∈ H01 (Ω),
¯Z ¯
¯ ¯
|`(v)| = ¯ ∇u g (x) · ∇v(x) dx¯¯
¯
°Ω °
≤ °∇u g °L 2 (Ω) k∇vkL 2 (Ω) Cauchy-Schwarz (produit scalaire L 2 (Ω))
° °
≤ °∇u g °L 2 (Ω) kvkH 1 (Ω)
• Continuité de a (u , v ∈ H01 (Ω)) :
¯Z ¯
¯ ¯
|a(u, v)| = ¯ ∇u(x) · ∇v(x) dx¯¯
¯
Ω
≤ k∇ukL 2 (Ω) k∇vkL 2 (Ω) Cauchy-Schwarz (produit scalaire L 2 (Ω))
≤ kukH 1 (Ω) kvkH 1 (Ω)
4 TD 2. TD2 - CORRECTION
• Coercivité de a (u ∈ H01 (Ω)) :
Z
ℜ(a(u, u)) = |∇u(x)|2 dx = k∇uk2L 2 (Ω) ≥ C p kuk2H 1 (Ω)
Ω
Toutes les hypothèses sont vérifiées : le problème admet une unique solution.
Remarquez que nous n’avons pas défini le relèvement. Pour des éléments finis P1 , un relèvement
naturelle serait la fonction éléments finis ayant pour valeurs g sur les sommets du bord, et 0 sur les
sommets internes.
Exercice 3
Question 1 : Nous savons que les trois fonctions de forme P1 du triangle de référence s’écrivent :
ϕ
b1 (ξ, η) = 1 − ξ − η, ϕ
b2 (ξ, η) = ξ, ϕ
b3 (ξ, η) = η.
En sommant ces trois termes, il vient que :
∀(ξ, η) ∈ Kb , ϕ
b1 (ξ, η) + ϕ
b2 (ξ, η) + ϕ
b3 (ξ, η) = 1.
Question 2 : Soit (x , y) ∈ K et (ξ , η) ∈ Kb tel que (x , y) = T K (ξ , η). Nous avons alors, pour j = 1 , 2 , 3 :
3 3
ϕ j (x, y) = ϕ j (T K (ξ, η)) = ϕ j ( sKi ψ
b i (ξ, η)) = b i (ξ, η)ϕ j (sKi )) = ψ
(ψ b j (ξ, η) = ϕ
b j (ξ, η).
X X
i =1 i =1
Autrement dit, nous avons :
3 3
∀(x, y) ∈ K , ∃(ξ, η) ∈ Kb tels que ϕi (x, y) = ϕ
bi (ξ, η) = 1.
X X
i =1 i =1
Exercice 4
Question 1 : Nous savons que les trois fonctions de forme P1 du triangle de référence s’écrivent :
ϕ
b1 (ξ, η) = 1 − ξ − η, ϕ
b2 (ξ, η) = ξ, ϕ
b3 (ξ, η) = η.
Question 2 : Soient 6 données αi pour i = 1 , . . . , 6 et un polynôme p de degré 2 tel que p(b
si ) = αi , pour
i = 1 , . . . , 6. Nous avons donc, si p(x , y) = ax 2 + b y 2 + cx y + d x + e y + f (a , b , c , d , e , f ∈ C) :
p(0, 0) = f = α1
p(b
s1 ) =
0) = 0.25a + 0.5d + α1 = α4
p( s ) = p(1/2,
4
b
p(1, 0) = a + d + α1 = α2
p(b s2 ) =
p(b
s6 ) = p(0, 1/2) = 0.25b + 0.5e + α1 = α6
p( s ) = p(0, 1) = b + e + α1 = α3
3
b
s5 ) = p(1/2, 1/2) = 0.25(a + b) + 0.5(d + e) + 0.25c + α1 = α5
p(b
5
Les lignes 2 et 3 permettent d’obtenir a et d . De même, les lignes 3 et 4 nous fournissent b et e. La
dernière ligne nous donnera c : le système est résolvable, et ce de manière unique. Autrement dit, il
n’existe qu’un polynôme p de degré 2 qui vérifie la propriété demandée.
Question 3 : Nous savons que si nous trouvons un polynôme p j de degré 2, tel que p j (b si ) = δi , j alors
ce polynôme est unique. Autrement dit, si nous en trouvons un, alors nous avons trouvé l’unique.
Prenons l’exemple de φ b1 , polynôme de degré 2 nul sur tous les nœuds sauf b s0 . La fonction suivante
remplit parfaitement son rôle :
1
φ(ξ,
b η) = 2(1 − ξ − η)( − ξ − η).
2
Pour l’obtenir, on cherche deux polynômes de degré 1 : le premier s’annule sur la droite contenant les
sommets b s2 , b s3 (c’est (ξ , η) 7 → 1 − ξ − η), tandis que le deuxième sur la droite passant par b
s5 et b s4 et bs6
(c’est (ξ , η) 7 → 1/2 − ξ − η). Ensuite, nous multiplions ces deux polynômes et remultiplions le tout par 2
pour obtenir φ(0 b , 0) = 1. Une illustration est donnée sur la figure 2.1. Au final, nous obtenons
µ ¶
1
φ
b1 (ξ, η) = 2(1 − ξ − η) − ξ − η φ
b4 (ξ, η) = 4ξ(1 − ξ − η)
µ ¶ 2
1
φ
b2 (ξ, η) = 2ξ ξ − φ
b5 (ξ, η) = 4ξη
µ 2¶
1
φ
b3 (ξ, η) = 2η η − φ
b6 (ξ, η) = 4η(1 − ξ − η)
2
•b
s3 (0,1) •b
s3 (0,1) •b
s3 (0,1)
•b
s6 (0,1/2) •b
s5 (1/2,1/2) •b
s6 (0,1/2) •b
s5 (1/2,1/2) •b
s6 (0,1/2) •b
s5 (1/2,1/2)
• • • • • • • • •
s1 (0,0)
b s4 (1/2,0)
b s2 (1,0) b
b s1 (0,0) s4 (1/2,0)
b s2 (1,0) b
b s1 (0,0) s4 (1/2,0)
b s2 (1,0)
b
(a) Obtention de φ
b1 . (b) Obtention de φ
b4 . (c) Obtention de φ
b2 .
F IG . 2.1 : Méthode pour obtenir les fonctions de base P2 . En gras les deux droites où la fonction doit
nécessairement s’annuler.
Question 4 : Soient (αi )1≤i ≤6 six scalaires complexes, nous avons :
6 6
αi φ
b = 0 =⇒ ∀(ξ, η) ∈ Kb , αi φ(ξ,
b η) = 0
X X
i =1 i =1
6
αi φ(
X
=⇒ ∀ j = 1, . . . , 6, bb sj ) = 0
i =1
=⇒ ∀ j = 1, . . . , 6, αj = 0
La famille de fonctions φ
b est donc libre. De plus, elle est de cardinal 6, soit exactement la dimension de
l’espace des polynômes de degré 2 sur Kb : elle en forme une base.