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Malaise collectif et révoltes arabes

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I.

LES RACINES D'UN MALAISE COLLECTIF DANS LE MONDE ARABE

1. Un contexte socio-économique marqué par des inégalités croissantes

Le malaise social qui a précédé le Printemps Arabe était principalement lié à une gestion économique
inégale dans les pays arabes. Malgré les ressources naturelles abondantes et un potentiel humain
important, les économies de nombreux pays de la région étaient caractérisées par des taux de chômage
élevés, particulièrement chez les jeunes. Selon le rapport de la Banque mondiale de 2011 sur l’économie
de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), les taux de chômage dans les pays arabes étaient
deux à trois fois plus élevés que la moyenne mondiale, et les jeunes diplômés étaient souvent laissés sur
le carreau. Les inégalités économiques étaient exacerbées par la concentration des richesses entre les
mains d’une élite proche des régimes au pouvoir.

Les évènements qui par la suite sont devenus le printemps arabe on commencé en Tunisie en décembre
2010 où un jeune marchand ambulant, MOHAMED BOUAZIZI, s'est immolé à Sidi Bouzid une ville située
à 270 km au sud de la capitale Tunis. Cette situation incarne la frustration d'une jeunesse arabe
confrontée à une absence de perspectives d’avenir.

Cette zone était sous la gouvernance des régimes autoritaires où la démocratie et liberté d'expression
est restreint.

3. La corruption et le népotisme comme facteurs aggravants

La corruption omniprésente dans le système politique et économique du monde arabe a constitué un


des moteurs de la mobilisation populaire du printemps arabe. Elle a exacerbé la colère populaire des
habitants de cette région. Les élites politiques et économiques, souvent constituées de membres de la
famille du dirigeant ou de ses proches, détournaient les ressources publiques à leur profit. Cette
situation a été bien documentée dans le rapport du Transparency International de 2010, qui mettait en
lumière le niveau élevé de corruption dans les régimes arabes, en particulier en Tunisie, en Égypte et en
Libye.

En ce qui concerne le népotisme, il était particulièrement visible dans presque tous les pays touchés par
le printemps arabe. En effet, les postes clés étaient réservés à des membres de la famille ou des amis
proches du pouvoir. Le cas de la Tunisie en est une parfaite Illustration; où le clan de la famille Ben Ali
avait pris un contrôle disproportionné sur les affaires économiques du pays. À titre d'illustration, la
fortune personnelle de Ben Ali était, estimée à cinq milliards d'euros placés sur des comptes à l'étranger
ou investis dans l'immobilier, serait essentiellement le résultat des détournements de fonds opérés
durant les 23 années de sa présidence.
Cette concentration des richesses et du pouvoir a alimenté le sentiment de frustration des citoyens.

II. DYNAMIQUE DES RÉVOLTES DANS LE MONDE ARABE

1. Chronologie et spécificités des révoltes

Le Printemps Arabe a commencé en décembre 2010 en Tunisie. Ce mouvement s'est rapidement


propagé à d'autres pays, notamment l’Égypte, la Libye, le Yémen et la Syrie. Chaque révolte avait ses
spécificités, mais plusieurs éléments communs peuvent être observés : une jeunesse mobilisée,
l'utilisation de la technologie pour coordonner les actions et une répression violente des autorités

2. Les acteurs clés et les dynamiques de la contestation

Les acteurs de ces révoltes étaient multiples : des jeunes, des intellectuels, des syndicats, des partis
politiques d’opposition et des groupes islamistes. Mais il faut noter que les acteurs principaux sont les
jeunesses. Leur rôle fut incontestable comme le démontre Allal Amin et Gessee Vincent «Lors du
moment révolutionnaire, les acteurs protestataires sont majoritairement des jeunes de quartier
populaire. Ils sont pour la plupart chômeurs ou occupent des métiers jugés dévalorisants et pénibles».
En Tunisie, le rôle des syndicats et des organisations de la société civile a été particulièrement
important, notamment la UGTT (Union générale tunisienne du travail), qui a joué un rôle de médiateur
dans les premières étapes du processus de transition démocratique.

Quant à la dynamique de contestation, les réseaux sociaux ont joué un rôle clé dans l’organisation des
protestations, en permettant aux manifestants de coordonner leurs actions et de sensibiliser l’opinion
internationale à la répression. Les nouvelles technologies ( Facebook et Twitter) ont, à cet égard joué le
rôle de courroie de transmission des informations en temps réel. Les manifestants faisaient usage des
réseaux sociaux pour partager les informations et révéler les abus du gouvernement, ce qui entendait la
portée de leurs actions au delà des frontières nationales.

Ces dynamiques de protestation ont fait joué un rôle majeur dans les révolutions arabes, cependant elle
ne restera pas sans réaction des régimes en place.

3. Les différentes réponses des régimes en place

Les réponses des régimes ont varié. En effet, en Tunisie, les manifestants n'ont pas abouti à des
répression ou conflit car, le régime en place a essayé tant bien que mal d'apaiser les tensions à travers
des subventions aux denrées de première nécessité (Voir documents)

Face à la pression des populations, certains dirigeants comme Ben Ali en Tunisie et Moubarak en
Égypte, ont choisi de céder sous la pression, tandis que d'autres, comme Kadhafi en Libye ou al-Assad en
Syrie, ont opté pour la répression violente.

Les régimes ont également utilisé la propagande et les manipulations médiatiques pour discréditer les
manifestants et faire passer leurs actions pour des actes de terrorisme.
III. LES CONSÉQUENCES DES RÉVOLTES DANS LE MONDE ARABE

Le déroulement du printemps arabe montre comment une vague d'espoir pour le changement a produit
des résultats très inégaux selon les pays façonnés par la dynamique interne et externe.

1. Changements de régimes et instabilité politique

Le Printemps Arabe a conduit à des changements de régimes dans plusieurs pays, mais ces changements
ont souvent été suivis d’une période d'instabilité. En effet, jusqu'à l'été 2011, le processus des révoltes
aboutit à trois situations politiques et sociales successives. D'abord, il mène une transition démocratique
providentielle et islamistes en (en Tunisie, en Egypte et au Maroc). Ensuite, il est enseveli sous la
répression des timides mouvements de contestation en ( Arabie Saoudite, à Bahreïn, en Jordanie ou en
Algérie.) Et enfin, il fait exploser les rivalités communautaires dans les États où la cohésion sociale n'est
que façade :( Au Yémen, en Syrie et en Libye).

Nous pouvons citer comme exemple les cas de la Tunisie. En effet, bien que le processus de transition
démocratique ait été relativement pacifique, le pays a continué à faire face à des défis économiques et
sécuritaires. En Égypte, le renversement de Moubarak a été suivi par un coup d'État militaire en 2013
qui a porté Abdel Fattah al-Sissi au pouvoir, rétablissant à nouveau un régime autoritaire.En Libye, la
guerre civile a mené à l'effondrement de l'État, plongeant le pays dans une situation de chaos politique.
Le départ départ de Kadhafi a laisse un vide de pouvoir, ouvrant la voie à des luttes entre différentes
factions et le pays et le pays demeure à ce jour, en proie à des conflits internes. Quant à la Syrie, la
guerre civile a duré plus d’une décennie, avec des millions de morts et des millions de réfugiés.

Le printemps arabe marque un tournant historique dans l'histoire des régimes autoritaires dans cette
région. Cependant, certains dirigeants ont manifesté des ripostes au point de créer une instabilité
politique marquée par des répressions et guerres civiles.

2. Répressions accrues, guerres civiles et effondrement de certains États

Le Printemps arabe, qui avait suscité un grand espoir de liberté et de justice, a rapidement révélé la
violence des réponses des régimes autoritaires face aux revendications populaires. Si certains pays ont
réussi une transition pacifique, d’autres ont sombré dans des cycles de répression, de guerres civiles
prolongées et, dans les cas les plus graves, l’effondrement total de l’État.

En effet, face aux soulèvements populaires, de nombreux régimes ont opté pour une répression brutale
dans une tentative de maintenir leur pouvoir. Dans des pays comme la Syrie, la Libye ou le Bahreïn, les
forces de sécurité ont été déployées massivement pour disperser les manifestants.
De plus, lorsque la répression seule n’a pas suffi à contenir les soulèvements, certains pays ont sombré
dans des guerres civiles violentes, opposant les régimes en place à des groupes d’opposition ou des
factions rivales. Le cas de la Syrie est remarquable. Déclenchée par la répression brutale des
manifestations de 2011, le régime de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie et l’Iran, a utilisé des armes
chimiques, des bombardements massifs et des sièges prolongés contre des zones civiles. En parallèle, la
montée de groupes djihadistes comme l'État islamique (EI) a aggravé la situation, ajoutant une
dimension terroriste au conflit.

Ces guerres civiles ont conduit à l’effondrement complet de certains États, marqués par l’absence
d’autorité centrale et une fragmentation profonde. En Lybie par exemple, après la chute de Kadhafi,
l’État libyen s’est effondré, laissant place à un vide institutionnel rempli par des milices armées et des
trafics. La Libye est devenue un terrain fertile pour les groupes djihadistes et un point de départ majeur
pour les migrations clandestines.

Tous ces événements vont engendrer des conséquences au plan régional et international.

3. Impact régional et international

Le printemps arabe a eu un impact significatif sur le plan régional et international.

Au plan régional, nous avons une démocratie en dents de scie. En effet, bons nombres d'Africains ont
été captivés par les manifestations populaires en Afrique du Nord et ces événements ont servi de
modèle au reste de l'Afrique. Les cas les plus importants à l'échelle régionale sont celui de la Côte
d'Ivoire en 2011, du Kenya et la Zimbabwe, du Niger et de la Guinée. En bref, 2011 aura donc été une
année d'effervescence démocratie en Afrique. De plus, un autre aspect important comme conséquence
au plan régional, est particulièrement le cas du Sahel. Au lendemain du printemps arabe, en quelques
mois, le terrorisme gagne de plus en plus de l'ampleur dans cette zone. La chute de Kadhafi qui luttait
sans cesse contre ce fléau dans cette zone à favoriser de nouveaux groupes terroristes qui font leur
apparition tel que le mouvement pour l'unicité et Jihad en Afrique (MUJAO) au nord du Mali. Ançar el-
Din, groupe salafiste touareg ; Ançar al-Sharia, fondé par des dissidents libyens ; Les Signataires du Sang,
ex-GIA algérien, fondé par Mokhtar Belmokhtar. Ces groupes terroristes ont causé des dégâts au Mali,
au Burkina Faso, au Niger, au Tchad au Soudan occidentale... et continue toujours de fréquenter cette
zone malgré les luttes antiterroristes misent en place.
Au plan international, on assiste à un changement des paradigmes de la politique étrangère. Les
révolutions arabes ont mis en difficulté plusieurs puissances occidentales, dont les relations avec les
régimes autoritaires étaient basées sur des intérêts stratégiques et économiques. Par exemple, les États-
Unis et l’Union européenne ont été accusés de double discours : soutenant la démocratie dans certains
cas, tout en maintenant des alliances avec des régimes autoritaires stables, comme en Arabie saoudite.
En outre, nous avons les crises migratoires. En effet les conflits prolongés, notamment en Syrie, en Libye,
et au Yémen, ont provoqué des déplacements massifs de populations. L’Europe a été particulièrement
affectée par les vagues migratoires, qui ont alimenté des tensions politiques internes et la montée des
mouvements populistes.

Conclusion

Le Printemps Arabe a radicalement transformé le paysage politique et social du monde arabe. Si certains
pays ont amorcé une transition démocratique, comme la Tunisie, d’autres ont sombré dans la guerre
civile et l’instabilité, comme la Syrie et la Libye. Les aspirations initiales de liberté et de démocratie ont
été confrontées à des réalités politiques complexes, et les conséquences de ces révoltes sont encore
visibles jusqu'à nos jours.

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