Examen régional n°1
TEXTE :
Le soir, quand tous dorment, les riches dans leurs chaudes couvertures, les pauvres sur
les marches des boutiques ou sous les porches des palais, moi je ne dors pas. Je songe à
ma solitude et j’en sens tout le poids. Ma solitude ne date pas d’hier.
Je vois, au fond d’une impasse que le soleil ne visite jamais, un petit garçon de six ans,
dresser un piège pour attraper un moineau mais le moineau ne vient jamais. Il désire tant
ce petit moineau ! Il ne le mangera pas, il ne le martyrisera pas. Il veut en faire son
compagnon. Les pieds nus, sur la terre humide, il court jusqu’au bout de la ruelle pour
voir passer les ânes et revient s’asseoir sur le pas de la maison et attendre l’arrivée du
moineau qui ne vient pas. Le soir, il rentre le coeur gros et les yeux rougis, balançant au
bout de son petit bras, un piège en fil de cuivre.
Nous habitions Dar Chouafa, la maison de la voyante. Effectivement, au rez-de-chaussée,
habitait une voyante de grande réputation. Des quartiers les plus éloignés, des femmes
de toutes les conditions venaient la consulter. Elle était voyante et quelque peu sorcière.
Adepte de la confrérie des Gnaouas (gens de Guinée) elle s’offrait, une fois par mois, une
séance de musique et de danses nègres. Des nuages de benjoin emplissaient la
maison et les crotales et les guimbris nous empêchaient de dormir, toute la nuit.
Je ne comprenais rien au rituel compliqué qui se déroulait au rez-de-chaussée. De notre
fenêtre du deuxième étage, je distinguais à travers la fumée des aromates les silhouettes
gesticuler. Elles faisaient tinter leurs instruments bizarres. J’entendais des you-you. Les
robes étaient tantôt bleu-ciel, tantôt rouge sang, parfois d’un jaune flamboyant. Les
lendemains de ces fêtes étaient des jours mornes, plus tristes et plus gris que les
jours ordinaires.
I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
1) -En vous référant à votre lecture de l’oeuvre :
a. Recopiez et complétez le tableau suivant : (1 pt)
Titre de l’oeuvre : Auteur : Genre : Date de parution :
b. Ce passage se situe au début, au milieu ou à la fin du roman ? (0,5 pt)
2) -Relevez du texte trois mots relatifs à la célébration et trois autres à la
superstition. (1,5 pts)
3) –Recopiez les énoncés suivants et mettez : Vrai ou Faux. (1 pt)
a. Rares sont les gens qui rendent visite à la voyante.
b. Le narrateur vient de découvrir sa solitude.
c. Les riches comme les pauvres viennent consulter la voyante.
d. Le narrateur distingue à peine les scènes organisées à Dar Chouafa.
4) –« Le soir, il rentre le coeur gros et les yeux rougis, balançant au bout de son
petit bras, un piège en fil de cuivre.
- Quel sentiment éprouve le narrateur dans cet énoncé ?
5) Quel est le type de phrase qui domine dans le deuxième paragraphe ? Et pourquoi ?
(0,5 pt)
6) Après la relecture du texte : (1,5 pts)
a. Citez deux locataires de cette maison.
b. Le narrateur distingue deux classes sociales :
1. Quelles sont les deux classes ?
2. A quelle catégorie appartient le narrateur ? Justifiez votre réponse.
7) Cherchez les synonymes des mots suivants dans le texte : (0, 5 pt)
La renommée – Triste
8) Quelles figures de style se réalisent dans les groupes suivants : (1,5 pts)
a. Des nuages de benjoin emplissaient la maison :
b. plus tristes et plus gris que les jours ordinaires :
9) Le narrateur souligne la pratique de la superstition. Êtes-vous pour ou contre ces
pratiques ? Justifiez votre choix. (1 pt)
II. PRODUCTION ÉCRITE : (10 points)
Sujet : Toutes les femmes, de toutes les conditions rendent visitent à la sorcière.
Élaborez un texte cohérent pour convaincre cette catégorie de femmes de l’inutilité de
ces pratiques en exposant les arguments nécessaires.
Examen régional n°2
Texte :
Mon père me parlait du Paradis. Mais, pour y renaître, il fallait d'abord mourir. Mon père
ajoutait que se tuer était un grand péché, un péché qui interdisait l'accès à ce royaume.
Alors, je n'avais qu'une solution: attendre ! Attendre de devenir un homme, attendre de
mourir pour renaître au bord du fleuve Salsabil. Attendre ! C'est cela exister. À cette idée,
je n'éprouvais certainement aucune frayeur. Je me réveillais le matin, je faisais ce qu'on
me disait de faire. Le soir, le soleil disparaissait et je revenais m'endormir pour
recommencer le lendemain. Je savais qu'une journée s'ajoutait à une autre, je savais que
les jours faisaient des mois, que les mois devenaient des saisons, et les saisons l'année.
J'ai six ans, l'année prochaine j'en aurai sept et puis huit, neuf et dix. À dix ans, on est
presque un homme. À dix ans, on parcourt seul tout le quartier, on discute avec les
marchands, on sait écrire, au moins son nom, on peut consulter une voyante sur son
avenir, apprendre des mots magiques, composer des talismans.
En attendant, j'étais seul au milieu d'un grouillement de têtes rasées, de nez humides,
dans un vertige de vociférations de versets sacrés.
L'école était à la porte de Derb Noualla. Le fqih, un grand maigre à barbe noire, dont les
yeux lançaient constamment des flammes de colère, habitait la rue Jiaf. Je connaissais
cette rue. Je savais qu'au fond d'un boyau noir et humide, s'ouvrait une porte basse d'où
s'échappait, toute la journée, un brouhaha continu de voix de femmes et de pleurs
d'enfants. La première fois que j’avais entendu ce bruit, j’avais éclaté en sanglots parce
que j’avais reconnu les voix de l’Enfer telles que mon père les évoqua un soir.
Ma mère me calma :
-Je t'emmène prendre un bain, je te promets une orange et un oeuf dur et tu trouves le
moyen de braire comme un âne !
Toujours hoquetant, je répondis :
-Je ne veux pas aller en Enfer.
Elle leva les yeux au ciel et se tut, confondue par tant de niaiserie.
I. ÉTUDE DE TEXTE (10 points)
1) Répondez aux questions suivantes à partir de votre lecture de l’œuvre :
a) Placez chacun des noms suivants dans la case qui convient : (1 pt)
Maalem Abdeslem- Lalla Zoubida- Fatma Bziouya- Sidi Mohammed.
Le personnage principal : Son père : Sa mère : Une voisine :
b) Répondez par vrai ou faux : (0,5pt)
-Le narrateur a deux frères. - Le narrateur a un frère et une
soeur.
-Le narrateur n’a ni frère, ni soeur.
c) Quel est le métier de son père ? (0,5 pt)
2) Relevez dans le premier paragraphe deux mots qui reprennent « Paradis ». (1 pt)
3) « Alors, je n’avais qu’une solution : attendre »
a) Quelle est l’autre solution écartée par le père ? (0,5 pt)
b) Pourquoi cette solution est-elle rejetée ? (0,5 pt)
4) « J’avais six ans »
a) Combien le narrateur doit-il attendre pour devenir « presque un homme » ? (0,5 pt)
b) Que rêve-t-il de faire quand il sera « presque un homme » ? (0,5 pt)
5) Le narrateur fait-il une description valorisante ou dévalorisante du fqih? (1 pt)
6) « La première fois que j’avais entendu ce bruit… » .
a) De quel bruit s’agit-il ? (0,5 pt)
b) Ce bruit, qu’évoque t-il pour le narrateur ? (0,5 pt)
7) « tu trouves le moyen de braire comme un âne ».
a) Identifiez la figure de style dans cet énoncé. (0,5 pt)
b) Sur quoi la mère veut-elle insister en employant cette figure de style ? (0,5 pt) 10
8) « Elle leva les yeux au ciel… »
D'après-vous, pourquoi la mère lève-t-elle les yeux au ciel ? (1 pt)
9) Le verbe attendre est répété plusieurs fois dans ce texte. Pourquoi cette répétition à votre avis ?
(1pt)
II. PRODUCTION ÉCRITE (10 points)
Sujet :
Vous avez certainement vu dans votre entourage des enfants trembler de peur devant leur parents.
A-t-on vraiment besoin de faire peur aux enfants pour les éduquer ?
Rédigez un texte argumentatif pour développer votre point de vue.
Examen régional n°3
Texte :
Ma mère me calma :
- Je t'emmène prendre un bain, je te promets un orange et un oeuf dur et tu trouves le
moyen de braire comme un âne !
Toujours hoquetant, je répondis :
- Je ne veux pas aller en Enfer.
Elle leva les yeux au ciel et se tut, confondue par tant de niaiserie.
Je crois n'avoir jamais mis les pieds dans un bain maure depuis mon enfance. Une vague
appréhension et un sentiment de malaise m'ont toujours empêché d'en franchir la porte.
A bien réfléchir je n'aime pas les bains maures. La promiscuité, l'espèce d'impudeur et de
laisser-aller que les gens se croient obligés d'affecter en de tels lieux m'en écartent.
Même enfant, je sentais sur tout ce grouillement de corps humides, dans ce demi-jour
inquiétant, une odeur de péché. Sentiment très vague, surtout à l'âge où je pouvais
encore accompagner ma mère au bain maure, mais qui provoquait en moi un certain
trouble.
Dès notre arrivée nous grimpâmes sur une vaste estrade couverte de nattes. Après avoir
payé soixante quinze centimes à la caissière nous commençâmes notre déshabillage
dans un tumulte de voix aiguës, un va-et-vient continu de femmes à moitié habillées,
déballant de leurs énormes baluchons des caftans et des mansourias, des chemises et
des pantalons, des haïks à glands de soie d'une éblouissante blancheur. Toutes ces
femmes parlaient fort, gesticulaient avec passion, poussaient des hurlements
inexplicables et injustifiés.
Je retirai mes vêtements et je restai tout bête, les mains sur le ventre, devant ma mère
lancée dans une explication avec une amie de rencontre. Il y avait bien d'autres enfants,
mais ils paraissaient à leur aise, couraient entre les cuisses humides, les mamelles
pendantes, les montagnes de baluchons, fiers de montrer leurs ventres ballonnés et leurs
fesses grises.
Je me sentais plus seul que jamais. J'étais de plus en plus persuadé que c'était bel et bien
l'Enfer. Dans les salles chaudes, l'atmosphère de vapeur, les personnages de cauchemar
qui s'y agitaient, la température, finirent par m'anéantir. Je m'assis dans un coin,
tremblant de fièvre et de peur. Je me demandais ce que pouvaient bien faire toutes ces
femmes qui tournoyaient partout, couraient dans tous les sens, traînant de grands seaux
de bois débordants d'eau bouillante qui m'éclaboussait au passage.
I. Compréhension : (10 points)
1) Titre de l’oeuvre : ..............................................
Auteur : ..................................................
Genre de roman : .................................................. Époque des évènements
: ...................... (0,25 x 4)
2) D'après votre lecture de l’oeuvre, quel métier (activité) exerce chacun de ces
personnages ? (0,5 x 2)
-Abdallah, Lalla Kanza.
3) Dans le lieu où se trouvait le narrateur : Répondez par :Vrai ou Faux
a) Les autres enfants étaient à l'aise.
b) Les femmes parlaient à voix basse.
c) Le narrateur y est venu tout seul.
d) Les femmes rangeaient leurs affaires dans des valises.
-Mettez une croix dans la case qui convient en vous référant au texte. (0,25 x 4)
4) Quels sentiments le narrateur éprouve-t-il dans le dernier paragraphe du texte ? (se
limiter à deux sentiments) (0,5 x 2)
5) Dans ce même paragraphe (le dernier):
a) À quoi le narrateur compare-t-il ce lieu ? (0,5)
b) Justifiez votre réponse en vous limitant à deux indices. (0,25 x 2)
6) a)- Je ne veux pas aller en Enfer.
b) Dés notre arrivée, nous grimpâmes sur une vaste estrade couverte de nattes. 12
-Précisez le mode d'énonciation (le système énonciatif) utilisé dans chacun des deux
énoncés ci-dessus. (0,5 x 2)
7) Relevez dans le texte :
a) quatre mots relatifs au champ lexical du « corps humain ». (0,25 x 4)
b) une phrase comportant une comparaison. (1 pt)
8) À votre avis, le narrateur a-t-il gardé un bon souvenir du lieu où il était ? Justifiez votre
réponse. (1 pt)
9) D'après votre lecture du passage, quelle idée vous faites-vous du narrateur ? (1 pt)
II. Production écrite : (10 points)
SUJET : Chez nous, la femme est toujours considérée par certains comme un membre
secondaire (peu important) de la société. À l’occasion du 8 mars, journée mondiale de la
femme, rédigez un texte argumentatif dans lequel vous montrerez le rôle capital (très
important) que joue la femme marocaine pour le développement de notre pays.
Examen régional n°4
Texte 1 :
Le MARDI, jour néfaste1 pour les élèves du Msid, me laisse dans la bouche un
goût d'amertume2. Tous les mardis sont pour moi couleur de cendre. (…)
Le matin, je me rendis au Msid selon mon habitude. Le fqih avait son regard de
tous les mardis. Ses yeux n'étaient perméables à aucune pitié. Je décrochai ma
planchette et me mis à ânonner3 les deux ou trois versets qui y étaient écrits.
À six ans, j'avais déjà conscience de l'hostilité4 du monde et de ma fragilité5. Je
connaissais la peur, je connaissais la souffrance de la chair au contact de la
baguette6 de cognassier7. Mon petit corps tremblait dans ses vêtements trop
minces. J'appréhendais8 le soir consacré aux révisions.
Je devais, selon la coutume, réciter les quelques chapitres du Coran que j'avais
appris depuis mon entrée à l'école. À l’heure du déjeuner, le maître me fit signe
de partir. J’accrochai ma planchette. J'enfilai mes babouches qui m’attendaient à
la porte du Msid.
1-jour néfaste : jour où il arrive des malheurs.
2-goût d'amertume : goût amer, très désagréable.
3- ânonner : lire difficilement en hésitant sur les mots.
4-l'hostilité : l’intention de faire du mal, de causer un tort.
5- la fragilité : la faiblesse.
6- baguette : petit bâton mince, plus ou moins long et flexible.
7-cognassier : arbre fruitier produisant des coings.
8- appréhender : craindre, avoir peur.
Texte 2 :
Des équipes furent de nouveau constituées, chaque groupe avait sa spécialité. Je
devins un personnage important. Je fus nommé chef des frotteurs. On procéda au
lavage du sol. Une vingtaine d’élèves, chargés d’énormes seaux, faisait la corvée
d’eau. Ils allaient la chercher à la fontaine d’une zaouïa située à cinquante pas de
notre école.
Le sol fut inondé1 Je pris très au sérieux mon travail et pour donner l’exemple, je
maniai avec énergie ma balayette. J’en avais mal aux reins. De temps à autre, je
me redressais tout rouge. Les muscles des bras me faisaient mal. Au repos, je les
sentais trembler. Dans l’eau jusqu’aux chevilles, pieds nus, bousculé par celui-ci,
insulté par celui-là, j’étais heureux ! Adieu les leçons, les récitations collectives,
les planchettes rigides, rébarbatives2, inhumaines ! Frottons le sol en terre
battue, incrusté de poussière et de crasse3, orné d’énormes étoiles de chaux4,
qui résistaient à notre brossage énergique. (…)
Le soir, je revins à la maison mort de fatigue, mais très fier de ma journée.
Devant mes parents je me vantai de mes multiples exploits5.
1-Le sol fut inondé : complètement couvert d’eau.
2-les planchettes rébarbatives : qui découragent par leur contenu difficile ;
ennuyeuses.
3-la crasse : une couche de saleté.
4-Les étoiles de chaux : les gouttes du liquide blanc utilisé pour blanchir les
murs.
5-je me vantai de mes exploits : j’énumérai mes réalisations d’une manière très
valorisante.
ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
A. CONTEXTUALISATION DES DEUX TEXTES
1) Lisez attentivement les deux textes puis complétez le tableau suivant après
l’avoir reporté sur votre copie : (1 point) -Œuvre : -Auteur : -Genre :
-Date des événements :
2) a)-Comment s'appelle le personnage principal dans les deux textes ? (0,5 pt)
b)-Quel âge avait-il au moment des événements racontés ? (0,5 pt)
B. ANALYSE DES DEUX TEXTES
TEXTE 1 :
3) D'après le 1er paragraphe, le souvenir du mardi au Msid est resté gravé dans
la mémoire du narrateur, devenu adulte. Pour le montrer relevez : (1 pt)
a) Un indice typographique (choix des lettres d'écriture).
b) Le temps verbal utilisé.
4) a)-« Le maître utilisait la méthode douce pour apprendre à ses élèves les
versets coraniques ». Dites si cette proposition est vraie ou fausse puis justifiez
votre réponse par une phrase ou une expression du texte. (0,5 pt)
b)-À partir des sentiments éprouvés par le narrateur, indiquez si la tonalité
dominante dans le texte est tragique, pathétique ou comique. (0,5 pt)
TEXTE 2 :
5) a)-D'après le texte, pour quelle tâche principale les élèves ont-ils constitué
(formé) des équipes ? (0,5 pt)
b)-Que devaient faire les élèves pour mener à bien cette tâche ? Citez deux
actions pour répondre. (0,5 pt)
6) En effectuant sa nouvelle tâche :
a) Le narrateur a travaillé dans l’ombre pour ne pas se faire remarquer.
b) Le narrateur a tenu à servir de modèle à suivre pour ses camarades.
c) Le narrateur a essayé de tricher en économisant bien ses efforts.
Recopiez la bonne réponse en la justifiant par une expression du texte. (1 pt)
7) a)-Le narrateur avait-il envie de garder encore le souvenir des leçons apprises
et récitées collectivement devant le fqih ? (0,5 pt)
b)-Relevez dans le texte une expression qui justifie votre réponse. (0,5 pt)
8) a)-À la fin de la journée, dans quel état physique se trouvait le narrateur ?
(0,5 pt)
b)-Relevez la phrase qui le montre puis précisez s’il s’agit d’une comparaison,
d’une hyperbole ou d’une personnification ? (0,5 pt)
C. RÉACTION PERSONNELLE FACE AUX DEUX TEXTES
9) Comment jugez-vous le comportement du fqih envers ses élèves dans le
premier texte ? Expliquez pourquoi en peu de mots. (1 pt)
10) D'après vous, le fqih a-t-il bien fait de charger ses élèves des travaux cités
dans le texte 2 ? Justifiez brièvement votre réponse par un argument. (1 pt)
Examen régional n°5
Texte :
Ma mère se leva pour se préparer .Elle changea de chemise et de mansouria,
chercha au fond du coffre une vieille ceinture brodée d’un vert passé, trouva un
morceau de cotonnade blanche qui lui servait de voile, se drapa dignement de
haïk fraîchement lavé.
C’était, en vérité, un grand jour, j’eus droit à ma djellaba blanche et je dus quitter
celle de tous les jours, une djellaba grise, d’un gris indéfinissable, constellée de
taches d’encre et de ronds de graisse.
Lalla Aïcha éprouva toutes sortes de difficultés à s’arracher du matelas ou elle
gisait.
J’ai gardé un vif souvenir de cette femme, plus large que haute, avec une tête qui
reposait directement sur le tronc, des bras courts qui s’agitaient constamment.
Son visage lisse et rond m’inspirait un certain dégoût. Je n’aimais pas qu’elle
m’embrassât. (…)
Enfin, tout le monde s’engagea dans l’escalier .Nous nous trouvâmes bientôt
dans la rue.
Les deux femmes marchaient à tout petits pas, se penchant parfois l’une sur
l’autre pour se communiquer leurs impressions dans un chuchotement. À la
maison, elles faisaient trembler les murs en racontant les moindres futilités,
tellement leurs codes vocales étaient à toute épreuve ; elles devenaient, dans la
rue, aphones et gentiment minaudières.
Parfois je les devançais, mais elles me rattrapaient tous les trois pas pour me
prodiguer des conseils de prudence et de des recommandations. Je ne devais pas
me frotter aux murs : les murs étaient si sales et j’avais ma superbe djellaba
blanche, je devais me moucher souvent avec le beau mouchoir brodé pendu à
mon cou, je devais de même m’écarter des ânes, ne jamais être derrière eux car
ils pouvaient ruer et jamais devant car ils prenaient un malin plaisir à mordre les
petits enfants.
I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
1) Ce texte est extrait de :
-un roman à thèse - un roman autobiographique - une tragédie - une nouvelle.
a) Recopiez la bonne proposition (0,5 pt)
b) Qui en est l’auteur ? (0,5 pt)
c) Qui en est le narrateur ? (0,5 pt)
2) D'après votre lecture de l’oeuvre dans son texte intégral, recopiez les deux
propositions qui sont vraies (1 pt)
-Maalem Abdeslem est tisserand.
-Zineb est la soeur du narrateur.
-Lalla Aïcha est une voyante.
-Lalla Zoubida est l’épouse de Maalem Abdeslem.
3) « C’était, en vérité, un grand jour.» Pourquoi l’enfant qualifie-t-il ce jour de grand ?
(0,5 pt)
4) Le portrait que fait le narrateur de Lalla Aïcha est :
-valorisant – dévalorisant - neutre
a) Recopiez la bonne proposition (0,5 pt)
b) Relevez dans le texte deux indices pour justifier votre réponse. (0,5 pt)
5) Quel sentiment l’enfant éprouve-t-il envers Lalla Aïcha ? (0,5 pt)
6) Recopiez le tableau suivant et complétez-le à partir du texte. (1 pt)
Champ lexical des vêtements:……………………
Champ lexical du corps:……………………
7) « À la maison, elles faisaient trembler les murs en racontant les moindres futilités,
tellement leurs cordes vocales étaient à toute épreuve ; elles devenaient, dans la rue,
aphones et gentiment minaudières. »
a) La figure de style contenue dans cet énoncé est :
- Une comparaison - un euphémisme - une hyperbole -une métonymie
Recopiez la bonne proposition. (0,5 pt)
b) L’emploi de cette figure de style permet de :
-montrer un contraste - critiquer Lalla Aïcha - valoriser les deux femmes. (0,5 pt)
8) a)- Relevez dans le texte les trois conseils donnés à l’enfant par les deux femmes. (1,5
pt)
b)- Quel est le verbe qui introduit ces conseils dans le texte ? (0,5 pt)
9) Le texte vous parait-il amusant ? Dites pourquoi en une phrase. (1,5 pt) 21
II. PRODUCTION ÉCRITE : (10 points)
SUJET :
Certains parents font des travaux à la place de leurs enfants (devoirs / exercices /
chambre / lit…)
Rédigez un texte argumentatif dans lequel vous donnerez votre point de vue sur ce sujet.
Examen régional n°6
TEXTE
Toujours silencieux, mon père continuait à manger.
Ma mère recommença :
- Oui, tout cela ne te fait rien. Que ta femme subisse tous les affronts, ton appétit
n’en est pas affecté et tu manges comme à l’ordinaire. Moi, j’ai tellement de
peine sur le coeur que je ne mangerai plus jamais de ma vie.
Ma mère, se cachant le visage dans ses deux mains, poussa un long sanglot et se
mit à pleurer à chaudes larmes. Elle gémissait, se lamentait, se donnait de
grandes claques sur les cuisses, chantant sur un air monotone et combien triste
tous les malheurs qui l’avaient frappée. Elle énumérait les insultes qu’elle avait
reçues, les épithètes dont on l’avait gratifiée, recommençait intarissablement le
panégyrique de ses ancêtres qui, par la même occasion, se trouvaient offensés.
Mon père, rassasié, but une gorgée d’eau, s’essuya la bouche, tira à lui un
coussin pour s’accouder et demanda :
- Avec qui tu t’es encore disputée ?
La phrase eut sur ma mère un effet magique. Elle cessa de pleurer, releva la tête
et, avec une explosion de fureur, s’adressa à mon père :
- Mais avec la gueuse du premier étage, la femme du fabricant de charrues !
Cette dégoûtante créature a souillé mon linge propre avec ses guenilles qui
sentent l’étable. Elle ne se lave jamais d’ordinaire, elle garde ses vêtements trois
mois, mais pour provoquer une querelle, elle choisit le lundi, mon jour de lessive,
pour sortir ses haillons. Tu connais ma patience, je cherche toujours à aplanir les
difficultés, je ne me départis jamais de ma courtoisie coutumière ; je tiens cela de
ma famille, nous sommes tous polis. Les gens qui nous provoquent par des
paroles grossières perdent leur temps. Nous avons conservé notre calme et
garder notre dignité. Il a fallu cette pouilleuse…
La voix de Rahma troua la nuit.
- Pouilleuse ! Moi ! Entendez-vous, peuple des Musulmans ? La journée ne lui a
pas suffi, les hommes sont maintenant dans la maison et pourront témoigner
devant Dieu qui de nous deux a dépassé les limites des convenances.
I. ÉTUDE DE TEXTE (10 points) : Lisez attentivement le texte et répondez
aux questions suivantes :
1. a) À quel genre littéraire appartient l’œuvre. b) À quelle date a-t-elle
été publiée ?
c) Qui en est l’auteur ? d) Citez une autre oeuvre
du même auteur. (0,25 pt x 4)
2. Pour situer le texte dans l’oeuvre, répondez à ces questions : (0,5 pt x 2)
a) Dans quel type de logement habite la famille du narrateur ?
b) Quel métier fait le père du narrateur ?
3. a) Que reproche la mère du narrateur à son mari ? (0,5 pt x 2)
b) Justifiez votre réponse par un énoncé du texte.
4. a) Avec qui la mère du narrateur s’est-elle disputée ? (0,5 pt x 2)
b) Pour quelle raison ?
5. Dans la première partie du texte, que fait la mère du narrateur pour
convaincre son mari qu’elle est victime
de cette dispute ? (1 pt)
6. La mère du narrateur brosse un portrait dévalorisant de la femme avec
laquelle elle s’est disputée. Relevez
du texte deux éléments qui le montrent. (0,5 pt x 2)
7. « Je ne me départis jamais de ma courtoisie coutumière. » Le mot souligné
dans cet énoncé signifie :
-Crainte -Patience -Politesse Recopiez la bonne réponse. (1 pt)
8.« Je ne mangerai plus jamais de ma vie » La figure de style employée dans cet
énoncé est ? (1 pt)
9. Dans le texte, la mère du narrateur évoque sa famille (ses origines) avec
beaucoup de fierté.
Pour quelle raison selon vous ? (Répondez en trois lignes au maximum). (1 pt)
10. Le père du narrateur écoute avec calme ce que sa femme lui raconte à
propos de sa dispute.
Que pensez-vous de cette attitude ? Justifiez votre réponse (en quatre lignes
au maximum). (1 pt)
II. PRODUCTION ÉCRITE (10 points) :
Sujet :
On admet généralement que les relations entre les voisins doivent être basées
sur le respect et l’entraide. Or, on remarque que certains voisins se comportent
d’une manière inacceptable.
Que pensez-vous de cette opinion ?
Développez votre réflexion sur le sujet en vous appuyant sur des arguments
pertinents et sur des exemples tirés de votre entourage et de vos lectures.