Domaine : L L A
Etablissement : F L L A
Filière : Sciences du Langage
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SYLLABUS DE COURS
Intitulé du parcours : Licence/
Semestre d’évolution : Harmattan (1, 2, 3)
Code et intitulé de l’enseignement : LNG102 - Introduction à la linguistique
générale (UE-Libre)
Nombre de crédits : 2
Jour, horaire et salle de l’enseignement :
Enseignant responsable de l’UE : GUEDELA Bakouya, Docteur en Science
du Langage ; Tel : 90215816 ;
KAROUE Essohanam, Docteure en Science du Langage ; Tel : 90344072 ;
KANSIWER Ahoefa, Docteure en Science du Langage ; Tel : 90894045 ;
ATCHALI Awadi, Docteur en Science du Langage ; Tel : 90395758.
Disponibilité pour recevoir les étudiants : mercredi, de 12h à 13h, salle des
Professeurs :
Public cible : Cette UE s’adresse aux étudiants désireux de se former à la
recherche en linguistique générale
Pré requis : Pour suivre cet enseignement, vous devez
- avoir suivi l’UE LNG102
- avoir des compétences en langage
1
Objectifs d’enseignement
- Objectif général : Cette UE vise à faire acquérir aux apprenants les
connaissances relatives au langage
- Objectifs spécifiques : Au terme de ce cours, les étudiants seront
capables de
Présenter les domaines d’étude de la linguistique ;
Identifier les notions générales de la linguistique;
Donner le statut scientifique et les caractères des langues naturelles
Langue d’enseignement : Français
Bref descriptif de l’enseignement : (Dire succinctement le contenu de
l’enseignement :
Le cours d’Introduction à la linguistique générale présente la langue dans ses
différents domaines d’étude, clarifie les notions et concepts généraux relatifs aux
langages, à la langue, à la communication en générale, et fait une distinction
entre le langage animal et le langage humain. Il décrit ensuite les caractères des
langues naturelles, donne leur statut et procède à leur étude scientifique.
Organisation de l’enseignement (objectifs, contenu /activités, méthodes
d’enseignement/apprentissage)
Séanc Contenu et activités Méthodes Matériel/
Objectifs e N° d’enseignement/apprentissage d’enseignement/ Support
Apprentissage pédagogique
Présentation du 1 L’explication du syllabus du Exposé, Ordinateur /
syllabus et de la cours et de la plate-forme explications smart phone,
plate-forme moodle. Le cours est introduit projecteur
moodle ;
introduire le cours
Exposer sur les 2 les domaines de la linguistique Questions- Ordinateur,
domaines de la sont exposés réponses support du
linguistique cours relatif
aux domaines
de linguistique
Expliquer les 3 Les clarifications sur les notions Exposé, Ordinateur,
notions et et concepts de langues sont explications support du
concepts de données cours relatif
2
langues aux notions et
concepts de
langues
Expliquer l’argot, 4 L’argot, le jargon le pidgin, le Questions- Ordinateur,
le jargon, le sabir et le créole sont expliqués réponses support du
pidgin, le sabir, le cours relatif à
créole
ces langues
Classer les 10 5 Les 10 premières langues du Questions- Ordinateur,
premières langues monde réponses support du
du monde cours relatif
aux 10
premières
langues du
monde
Présenter et 6 La protolangue, la langue mère et Exposé, Ordinateur,
expliquer la le dialecte sont expliqués explications support du
protolangue, la cours relatif à
langue mère, le la protolangue,
dialecte la langue mère,
le dialecte
Exposé sur les 7 Les explications sur les Présentation, Ordinateur,
conceptions conceptions traditionnelles du explications support du
traditionnelles du langage sont données cours relatif
langage aux
conceptions
traditionnelles
du langage
Exposé sur les 8 Les conceptions modernes du Présentation, Ordinateur,
conceptions langage et le statut de la explications support du
modernes du linguistique scientifique sont cours relatif
langage et le présentés
aux
statut de la
linguistique conceptions
scientifique modernes du
langage et au
statut de la
linguistique
scientifique
Expliquer la 9 La fonction de communication, Présentation, Ordinateur,
fonction de l’arbitraire du signe linguistique explications support du
communication et sont expliqués cours relatif à
l’arbitraire du
la fonction de
signe linguistique
communicatio
n et à
l’arbitraire du
3
signe
linguistique
Exposer sur les 10 Les caractères : système, linéaire, Exposé, Ordinateur,
caractères : discret du signe linguistique sont explications support du
système, linéaire, exposés cours relatif
discret du signe
aux caractères
linguistique
susmentionnés
Expliquer la 11 La première et la deuxième Présentation, Ordinateur,
double articulation du signe linguistique, explications support du
articulation du ainsi que les fonctions du langage cours relatif à
langage sont expliquées la double
articulation du
langage
Exposé sur les 12 Les fonctions du langage sont Présentation, Ordinateur,
fonctions du exposés explications support du
langage cours relatif
aux fonctions
du langage
Evaluation
- Contrôle continu :(préciser les types d’activités d’évaluation : DST,
Exposé, Devoir de maison, compte rendu de lecture, etc. et préciser le poids
dans la validation de l’UE : 40% ? 50% ?)
- Examen final : (préciser le type d’activité d’évaluation : Examen écrit,
examen oral, travail pratique, travail de recherche, de synthèse, etc. et préciser le
poids dans la validation de l’UE : 60% ? 50% ?)
Bibliographie
- Lectures obligatoires (1 ou 2 ouvrages ou articles obligatoires)
- Autres documents
- Sites internet
BIBLIOGRAPHIE (à aussi faire des recherches sur le net)
MOUNIM, Georges, 1967, Histoire de la linguistique, Seghers
MOUNIM, Georges, 1971 Clefs pour la linguistique, Seghers
LYON, John, 1970, Linguistique générale, Larousse
4
ROBINS, R.H., 1973, Linguistique générale, une introduction, Harmand Colin
BENVENISTE, Emile, 1974, Problème de linguistique générale II, Coll. Paris,
Gallimard.
CHOMSKY, Noam, 1969, Structures syntaxiques (Syntactic Stractures, 1957),
Paris, Edition du Seuil. 143 p.
CRESSEILS, Denis, 1979, Unités et catégories grammaticales, réflexion sur
Les Fondements d’une théorie générale et descriptions grammaticales,
Publication de l’Université des langues et lettres de Grenoble, 210 p.
DUBOIS, Jean et al., 1994, Dictionnaire de la linguistique et des sciences du
langage, Paris, CEDEX 06, 514 p.
GUEDELA, Bakouya, 2018, Analyse syntaxique du nawdm, Thèse pour
l’obtention du Doctorat Unique, Université de Lomé, 320 p.
HOUIS, Maurice, 1967, Aperçu sur les structures grammaticales des langues
négro- africaines (suivi de réflexion sur la langue en afrique noire), Thèse de
Doctorat d’Etat, Lyon, Faculté de Théologie, 48 p. + 311 p.
KASSAN, Balibaou, 1996, Système verbal et énonciation en kabiyè (Togo),
Thèse de Doctorat unique, Paris III, Université de la Sorbonne Nouvelle, 376 p.
KOLOMBIA, Nini, 2008, Morphosyntaxe du yóm, langue gur du Nord-
Bénin, Université de Lomé, D.E.A., 54 p.
MARTINET, André, 1960, Eléments de linguistique générale, Paris,
ArmandColin, 217p.
SAUSSURE, Ferdinand de, 1916, Cours de linguistique générale, Paris, Payot.
( Google ou Bibliothèque Wilkins , non loin du marché Djidjolé)
SEANCE N° 1 : ORGANISATION DU MATERIEL POUR LE
DEMARRAGE DU COURS
5
Objectif : A la fin de la séance, les étudiants doivent être capables d’expliquer
le syllabus du cours et la plate-forme moodle, et introduire le cours.
INTRODUCTION
La linguistique est une discipline scientifique dont l’objet d’étude est la langue.
La langue est un moyen de communication entre les individus d’une
communauté linguistique. Il existe des domaines d’études de la langue où des
notions et concepts relatifs au langage, à la langue, à la communication et leur
implication sont évoqués. La notion de langage est différemment perçue selon
qu’on se place du côté de la conception traditionnelle ou de celui de la
conception moderne. En dehors des caractères communs des langues avec
d’autres systèmes de communication, celles-ci ont un caractère qui leur est
spécifique. Longtemps rattachée à la philologie ou à la philosophie, la
linguistique est étudiée depuis le 19e siècle en tant qu’une discipline scientifique
autonome.
Activités : Expliquez le syllabus du cours et la plate-forme moodle.
SEANCE N° 2 : LES DOMAINES DE LA LINGUISTIQUE
Objectif : A la fin du cours, les étudiants doivent être capables d’identifier et
expliquer chacun des domaines de la linguistique.
Il existe une différence entre la linguistique des langues particulières et la
linguistique générale. La linguistique des langues particulières est plus connue
de la majorité des gens que la linguistique générale. La linguistique générale est
relativement nouvelle dans le domaine universitaire. Le propre de la linguistique
générale, c’est l’étude du langage en tant que composante universelle du
comportement humain et composante des facultés humaines ; soit l’une des plus
essentielles à la vie telle que nous la connaissons et l’une des aptitudes les plus
influentes parmi tous les événements ou toutes les réalisations de l’homme.
La linguistique cherche à comprendre d’une manière scientifique, à la fois la
place du langage dans la vie humaine et la façon dont il est organisé pour
pourvoir à certains besoins et remplir certaines fonctions. Naturellement, il
n’existe pas de langage universel qui est l’objet spécifique de la linguistique
générale en dehors de nombreuses langues parlées du monde. Mais le spécialiste
6
de la linguistique ne se préoccupe pas plus de l’une d’entre elles que de toutes
les autres. Il lui est évident de les connaître toutes et pratiquement, la plupart des
linguistes concentrent leurs études sur un nombre limité de langues. Certes, une
solide connaissance de plusieurs langues peut être utile à un linguiste dans la
mesure où il est ainsi armé pour aborder son sujet. Mais le linguiste doit
absolument être distingué du polyglotte.
La linguistique générale peut être divisée en trois domaines à savoir : la
linguistique historique, la linguistique comparative et la linguistique
descriptive.
A/ La linguistique comparative
Elle compare les langues au plan formel (morphologie, lexico-sémantique,
syntaxe) et les classe en familles. Ex : La famille des langues indo-européennes.
B/ La linguistique historique (diachronique)
Elle étudie la langue suivant son évolution dans le temps (évolution historique),
montrant les changements intervenus sur les plans phonétique, phonologique,
morphologique, etc., à travers les périodes.
C/ La linguistique descriptive (synchronique)
Elle décrit la langue à une étape (période) donnée de son usage, aux plans
phonétique, phonologique, morphologique, lexicologique, etc.
La linguistique diachronique s’oppose à la linguistique synchronique, mais la
description diachronique d’une langue se réalise à travers les descriptions
synchroniques.
Activités : Identifiez et définissez les domaines de la linguistique
SEANCE N° 3 : LES NOTIONS ET CONCEPTS DE LANGUES
Objectif : Au terme du cours, les étudiants doivent être capables d’énumérer les
notions relatives aux langues
Les langues parlées dans le monde sont estimées à plus de 7000. Il arrive que les
langues ne correspondent pas aux limites des Etats, c’est-à-dire, plusieurs
7
langues peuvent être parlées à l’intérieur d’un même Etat. Par exemple, dans
l’ancienne URSS, il y avait une centaine de langues parlées. En France, il y avait
le breton, le corse, l’alsacien, l’occitan, le basque. En Suisse, il existe le français,
l’allemand, l’italien et le roman.
Mais cette situation de plurilinguisme est plus caractéristique des pays africains.
Au Togo, on compte parmi les langues parlées, l’éwé, le kabiyè, le nawdm, le
moba, le ncam, le tem. Au Ghana, on cite l’éwé, le tswi (l’ashanti), l’anglais.
Une langue peut être parlée dans plusieurs Etats. Ex : éwé au Togo, au Bénin, au
Ghana ; le haoussa au Niger, au Nigéria ; anglais en Angleterre, en Ecosse, aux
USA, au Canada, en Australie ; l’allemand en Allemagne, en Autriche, en
Pologne, en Italie, en France, en Belgique, au Danemark. Ces langues sont des
langues transnationales ou internationales.
Certaines langues servent à ceux qui n’ont pas la même langue maternelle de
pouvoir communiquer entre eux. Ce sont des langues véhiculaires
(linguafrancas). C’est les cas de sango en RCA, wolof au Sénégal, lingala en
RCD ; le swahili au Burundi, le bamana (bambara) dans tout ouest africain, le
dioula au Burkina-Faso. En Europe, le français en France, l’allemand en
Allemagne ; l’anglais au Royaume-Uni, aux USA au Canada.
* Langue : c’est un moyen de communication propre à une communauté
linguistique.
* Langue indigène : c’est la langue de la population estimée être la population
primitive ou première de la région considérée. Cette notion de langue indigène
est souvent prise au sens péjoratif. On l’appelle aussi langue autochtone.
* Langue maternelle ou langue de naissance : elle est celle qu’une personne
acquiert au cours de ses premières années et qui devient normalement son
expression naturelle de pensée et d’expression.
* Langue seconde : c’est la langue qu’on acquiert ou apprend en plus de sa
langue maternelle.
* Langue nationale : c’est une langue parlée par une communauté linguistique
d’un pays considéré. Exemple : le kabiyè, l’éwé, le nawdm, l’ifè, le moba, le
ncam, le tem, etec., sont des langues nationales au Togo.
* Langue officielle : elle est la langue utilisée dans les institutions de la
république : l’exécutif, le judiciaire le législatif, l’éducation, les média. Du fait
8
de la colonisation, certaines langues européennes sont utilisées en Afrique
comme langues officielles. Exemple : le français est une langue officielle au
Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal (à côté du wolof) ; l’anglais au
Ghana à côté du tswi, au Nigéria à côté du haoussa.
* Langue mondiale : une langue est dite mondiale lorsqu’elle est utilisée dans
de vastes régions du monde. Ex : l’anglais, le chinois, l’espagnol, le français, le
portugais, l’arabe, le russe.
* langue vernaculaire : elle est définie comme la langue maternelle d’un
groupe socialement et politiquement dominé par un autre groupe qui parle une
langue différente. Cependant, lorsque la langue parlée par une minorité dans un
pays est une langue officielle dans un autre pays, elle ne peut être considérée
comme vernaculaire. Mais cette définition de la langue vernaculaire a été jugée
insatisfaisante et on a proposé une autre qui est la suivante : « Une langue
vernaculaire est une langue qui est la langue maternelle d’un groupe de
ressortissants d’un pays, mais qui n’est pas la langue officielle ni de ce pays ni
d’un autre pays ». Cette autre définition de la langue vernaculaire sera aussi
contestée, plusieurs experts ayant fait remarquer que, dans l’usage normale, on
appelle aussi langues vernaculaires, certaines langues officielles ; par exemple,
le haoussa au Nigéria. On préfère donc éviter l’emploi du mot ‘‘vernaculaire’’
au profit de ‘‘langues africaines’’.
Activité : Citer et définissez cinq notions relatives aux langues.
SEANCE N° 4 : L’ARGOT, LE JARGON, LE PIDGIN, LE SABIR LE
CREOLE
Objectif : A la fin du cours, les étudiants doivent être capables d’expliquer les
langues susmentionnées.
* L’argot : l’argot est un dialecte social réduit au lexique, de caractère parasite,
dans la mesure où il ne fait que doubler avec des valeurs affectives, avec un
vocabulaire existant. Il est employé par un groupe qui se veut en opposition aux
autres, dans une couche sociale. L’argot n’est compris que par les initiés et
marque l’appartenance à ce groupe. Ex : oseille = argent ; cafetière = tête ;
caillou = tête chauve ; paternel = père.
9
* Le jargon : le jargon a d’abord été une forme de l’argot utilisé par une
communauté généralement marginale qui éprouve le besoin de ne pas être
compris par les non initiés ou de se distinguer du commun. Ex : le jargon des
précieuses, le jargon des militaires, le jargon des étudiants.
Par extension, le jargon est employé pour désigner une langue dont on juge
qu’elle est, soit déformée, soit incompréhensible. Ex : le jargon linguistique : le
flambeau de nuit désigne la lune ; le trône de la pudeur = la joue ; les
commodités de la conversation ou la chaîne de la communication = le fauteuil ;
bâtard d’hypocrite = médecin ; l’instrument de la propreté = le balais. On parle
également du jargon franglais, du jargon philosophique, du jargon médical,
* Le pidgin : c’est la langue née de contact entre les populations ayant des
langues différentes. Cette langue est formée du mélange des langues en
question. Telle est la définition du terme par les experts de l’UNESCO, en 1951.
Ainsi, le pidgin est une langue mixte, née du contact de l’anglais avec de
différentes langues d’Extrême-Orient, notamment le chinois, afin de permettre
l’intercompréhension ponctuelle des communautés de langues différentes dans
leurs transactions commerciales.
* Le sabir : c’est un système linguistique réduit à quelques règles de
combinaison et au vocabulaire d’un champ lexical déterminé. Il est né du
contact entre les langues de deux ou plusieurs communautés différentes, surtout
dans les transactions commerciales. C’est une langue d’appoints (pièces de
monnaie). Elle a une structure grammaticale mal caractérisée et un lexique
pauvre, limité aux besoins que l’on fait paraître et qui assurent sa survie. Le
sabir se différencie du pidgin par le fait que le pidgin couvre un domaine de
nombreuses activités.
* Le créole : c’est le pidgin devenu la langue maternelle de toute une
communauté. Ex : le créole martiniquais, le créole guadeloupéen, le créole
guyanais, les créoles antillais.
NB : Le pidgin et le sabir ne peuvent être de langues maternelles.
Activités : Indiquez les parlers familiers et les langues mixtes dans le cours
SEANCE N° 5 : CLASSIFICATION DES 10 PREMIERES LANGUES DU
MONDE
10
Objectif : Au terme de la séance, les étudiants doivent être capables de classer
dans l’ordre numérique, les dix premières langues du monde,
LES DIX LANGUES LES PLUS PARLEES DANS LE MONDE
Plus de 7 000 langues vivantes sont recensées à travers le monde. Parmi
elles, certaines sont parlées par des millions de personnes, tandis que
d’autres ne survivent que parmi une poignée d’individus. Découvrez quelles
sont les langues les plus parlées au monde en 2020 !
Delphine Le Feuvre Publié le 16/12/2020 à 9h55 - Mis à jour le 07/10/2021
Difficile de recenser avec précision combien de personnes parlent chacune des
plus de 7 000 langues répandues à travers le monde. C’est ce que tente de faire
chaque année la base Ethnologue, la référence par excellence en termes de
données statistiques concernant les langues du monde entier. Leur comptage
prend en compte à la fois les personnes qui parlent une langue comme langue
maternelle et celles qui la parlent comme seconde langue. Ils ont ainsi établi un
classement des langues les plus parlées dans le monde en 2020.
1- L’anglais
Avec 1,268 milliard de personnes qui parlent l’anglais à travers le monde, cette
langue considérée comme officielle dans plus d’une cinquantaine de pays, se
hisse en haut du classement. L’on pense évidemment au Royaume-Uni, à
l’Australie, aux Etats-Unis ou encore au Canada, mais de nombreux Etats du
Commonwealth ont aussi cette langue comme langue officielle : c’est le cas de
l’Afrique du Sud, du Sri Lanka, de l’Inde mais aussi du Mozambique, du Kenya,
du Rwanda, du Nigéria, du Ghana, du Libéria, de la Gambie, etc.
2- Le chinois mandarin
1,012 milliard de personnes ont pour langue native ou seconde langue le chinois
mandarin, aussi appelé "Putonghua", qui est l’une des six langues officielles de
l’ONU, avec l'anglais, l'arabe, l'espagnol, le français et le russe. Le mandarin est
notamment très répandu en Chine (surtout dans le nord-est du pays), à
Singapour, à Taïwan, mais aussi en Malaisie, en Indonésie ou encore au
Royaume-Uni.
3- Le hindi
La langue officielle de l’Inde (avec l’anglais) est parlée par environ 637 millions
de locuteurs à travers le monde. Cette langue récente (qui a moins de deux
11
siècles) est utilisée par près de la moitié de la population indienne, notamment
dans le nord du pays. En revanche, ne parlez pas de langue nationale ! En 2019,
le ministre de l’Intérieur Amit Shah avait suggéré à ses concitoyens d’employer
l’hindi au lieu de l’anglais, en plus de leur langue maternelle, suscitant de vives
critiques, notamment dans le sud du pays, où le hindi est très peu parlé.
4- L’espagnol
538 millions d’hispanophones sont recensés en 2020 à travers le monde, et
surtout en Amérique latine, où c’est la langue officielle de la plupart des pays,
de même qu’en Espagne. La Guinée équatoriale est le seul pays sur le continent
africain dont l’espagnol est la langue officielle. L’on trouve aussi de nombreux
hispanophones aux Etats-Unis. Dans certains états – la Californie, le Nouveau-
Mexique et le Texas – les documents officiels sont émis en anglais et en
espagnol.
5- Le français
En cinquième position des langues les plus parlées dans le monde, le français est
principalement parlé en Europe, mais est néanmoins courant sur chaque
continent. 277 millions de personnes le parlent ! C’est notamment la langue
officielle de plusieurs pays africains – le Burkina Faso, le Bénin, le Togo, le
Gabon, le Sénégal, la République du Congo ou encore la Côte d’Ivoire. La
Belgique, le Luxembourg et la Suisse ont aussi le français comme langue
officielle en Europe, de même que les îles de Jersey et Guernesey, de manière
symbolique.
6- L’arabe
Presque à égalité avec le français, l’arabe est parlé par 274 millions de personnes
dans le monde. En France, l’arabe est d’ailleurs la deuxième langue la plus
parlée, avec 3 ou 4 millions de locuteurs. Les arabophones ne parlent en
revanche pas tous le même arabe, plusieurs dialectes étant spécifiques dans
chaque région.
7- Le bengali
Première langue parlée au Bangladesh, le bengali – ou bangla – est aussi la 2e
langue la plus parlée en Inde. A l’échelle mondiale, elle est parlée par pas moins
de 265 millions de personnes.
8- Le russe
12
Principalement parlé en Russie et dans les pays limitrophes, le russe est utilisé
par 258 millions d’habitants pour communiquer. Héritage de l’ex-URSS, la
langue russe est d’usage dans d’anciens pays du bloc soviétique : l’Ukraine, la
Biélorussie, le Kazakhstan et le Kirghizistan, ou encore dans les Etats baltes
(Lettonie, Lituanie, Estonie). On trouve aussi des russophones dans les régions
séparatistes d'Abkhazie, d'Ossétie du Sud et de Transnistrie. Le russe est
toujours prisé dans les pays du bloc de l’est, en Europe centrale, et on le parle
toujours dans l’état américain de l’Alaska.
9- Le portugais
C’est grâce aux anciennes colonies portugaises que le portugais est aujourd’hui
encore aussi répandu dans le monde – 252 millions de personnes le parlent.
Lusophones, vous n’aurez ainsi aucun mal à communiquer dans des pays tels
que l’Angola, le Mozambique, la Guinée-Bissau, mais aussi au Brésil, à Goa, au
Cap-Vert, à São Tomé-et-Príncipe ainsi qu’à Macao.
10- L’indonésien
Avec un peu moins de 200 millions de locuteurs (199 millions exactement),
l’indonésien est la dixième langue la plus parlée au monde. Langue officielle de
l’Indonésie (qui compte près de 270 millions d’habitants), elle est aussi
couramment parlée au Timor oriental. Viennent ensuite l’urdu (parlé dans le
nord de l'Inde et au Pakistan), l’allemand, le japonais, le swahili (la plus
importante langue bantoue), le marathi (langue indienne), le telugu ou télougou
(également une langue indienne), puis le turc.
* Les langues en voie de disparition
Le phénomène de disparition des langues n’est pas nouveau. Le latin et le grec
ancien en sont des exemples particulièrement parlants. Sur son site, le célèbre
linguiste canadien Jacques Leclerc indique qu’au cours des 5 derniers
millénaires, plus de 30 000 langues seraient nées et auraient disparu.
Il explique également qu’une langue devrait compter au moins 100 000
locuteurs pour être « viable ». Or, il semblerait que près de la moitié des
langues recensées dans le monde compteraient moins de 10 000 locuteurs(2).
Une information qui ne laisse que peu d’espoir quant à leur survie.
Si vous êtes curieux de savoir quelles sont les langues qui risquent de s’éteindre
au cours des prochaines décennies, sachez que l’UNESCO les a recensées sur
une carte interactive : L’Atlas des langues en danger.
13
Rien qu’en France, 13 langues régionales sont considérées comme
« sérieusement en danger ». Parmi elles, on retrouve par exemple le picard, le
poitevin-saintongeais, le languedocien ou encore le franc-comtois. Espérons
qu’elles ne connaîtront pas le même sort que l’auregnais, une langue normande
originaire de l’île d’Aurigny (Alderney), qui a cessé d’être utilisée dans les
années 1960.
Activités : Citez les 5 premières langues du monde et dites ce qui peut être la
cause de la disparition d’une langue.
SEANCE N° 6 : PROTOLANGUE (LANGUE ANCETRE), LANGUE
MERE, DIALECTES
Objectif : Au terme de la séance, les étudiants doivent être capables de définir la
protolangue, le dialecte.
De nombreuses langues du monde peuvent être regroupées en familles de
langues. Une famille de langues comporte les langues qui se ressemblent parce
qu’elles viennent d’une même langue qu’on appelle langue-mère (langue
ancêtre, protolangue). Ainsi, le latin est la langue mère des langues romanes à
savoir : l’italien, l’espagnol, le portugais, le français, le roumain. Le germain est
la langue mère de l’anglais, l’allemand, le danois, le suédois.
Lorsqu’une langue est parlée par un nombre important de personnes, on constate
souvent de différences dans la façon de parler cette langue, d’une région à
l’autre, surtout s’il n’y a pas de politique systématique de normalisation. Ainsi,
le français parlé en France n’est pas le même que celui de Belgique ou de
Canada. L’anglais en Angleterre n’est pas le même que celui de l’Ecosse, des
Pays de Gales ou des USA. Le nawdm parlé à Niamtougou se distingue de celui
parlé à Baga, à Ténéga, à Koka et à Siou.
Malgré les différences constatées, l’intercompréhension est maintenue sans trop
de difficultés. Ces différences de parlers d’une même langue constituent ce
qu’on appelle les variances dialectales, le dialecte ayant pris le sens dépréciatif,
c’est-à-dire, langue inférieure ou sans culture du groupe dominé, par rapport au
sens mélioratif de ‘‘langue’’ qui dénote un prestige ou langue qui a une culture
et donc dominatrice.
Un dialecte se définit alors comme une variante ou une forme variée d’une
langue.
14
Activités : qu’entendez-vous par dialecte, famille de langues ?
SEANCE N° 7 : LES CONCEPTIONS TRADITIONNELLES DU
LANGAGE
Objectif : Au terme de la séance, les étudiants doivent être capables de donner
deux conceptions traditionnelles du langage et de les expliquer
Le terme langage a fait l’objet de différentes définitions suivant les conceptions
traditionnelles et les conceptions modernes. Il s’agira d’examiner ces
conceptions et de montrer en quoi leurs différences résident.
Selon une longue tradition d’influence essentiellement aristotélicienne, le
langage était considéré comme l’expression de la pensée. Sous cet angle,
l’étude du langage étai consacrée à un domaine exclusivement philosophique et
la linguistique consistait à étudier les rapports entre les langues et les pensées, à
rechercher l’implication du fonctionnement du langage par le fonctionnement de
la pensée. ‘’L’homme parle parce qu’il pense’’. Certes, des recherches ont été
maintenant faites ou sont en cours. Elles apportent des éclairages féconds sur les
rapports entre langage et pensée. Mais une telle conception du langage à
contribué à bloquer pendant longtemps, le développement proprement
scientifique de la linguistique. Elle se posait toutes les questions sur la langue,
sauf celles sur son fonctionnement interne.
Selon la même tradition philosophique, est appelé langage, « Tout moyen
d’expression quelconque des idées » ; « N’importe quel moyen de
communication entre les êtres vivants », Jesperson, Encyclopaedia britannica.
Pour Lalande, le langage est « tout système de signes pouvant servir de moyen
de communication », Vocabulaire technique de la philosophie, 1926.
Dans le Lexique de la terminologie linguistique, le langage est définit comme
« tout système de signes apte à servir de moyen de communication entre les
individus ».
Selon Vendryès, ces types de définitions du langage impliquent : « Tous les
organes peuvent servir à créer le langage ». Ainsi, par exemple, les mimiques, le
rire, les larmes, la musique, la peinture, sculpture, la signalisation routière, les
chants des oiseaux, la danse des abeilles sont des langages.
15
On remarque cependant que les traités de linguistique n’étudient pas tous ces
prétendus langages. La raison en est que la même tradition philosophique
postule en même temps que les langues humaines constituent un langage
totalement différent de tous les autres, mais sans jamais montrer en quoi consiste
sa spécificité.
Activités : En quoi consistent les conceptions traditionnelles du langage ?
SEANCE N° 8 : LES CONCEPTIONS MODERNES DU LANGAGE ET
LE STATUT DE LA LINQUISTIQUE SCIENTIFIQUE
Objectif : A la fin du cours, les étudiants doivent être capables d’expliquer les
conceptions modernes du langage, donner la démarche méthodologique de la
linguistique scientifique.
1. Les conceptions modernes du langage
D’après celles-ci, le langage est aussi un moyen de communication, mais un
moyen de communication doublement articulé. Une telle définition est un apport
extrêmement révolutionné par la linguistique du 19e siècle. Mais avant de voir
en quoi consiste cet apport révolutionnaire, il convient de s’arrêter un peu sur la
notion de communication qui implique une intention de transmettre un
message. C’est donc un acte conscient, volontaire. Cette transmission du
message où se transfère l’information suppose :
a- Un émetteur ou destinateur : il est à la fois la source du message (l’émetteur
proprement dit avec les mécanismes du codage) et l’appareil émetteur .
b- Un récepteur ou destinataire : il est à la fois l’appareil qui reçoit le message
(oreille ou récepteur radio) et le destinataire proprement dit du message (cerveau
humain pour le langage parlé, auditeur pour la radio).
c- Le code : il comprend des signaux spécifiques et un ensemble de règles de
combinaison propres à ce système de signaux. Dans les langues naturelles, le
code est constitué par les phonèmes, les morphèmes ou les monèmes et les
règles de combinaison de ces éléments entre eux.
d- Un canal ou un support physique : c’est le moyen par lequel le message est
transmis, le code ou les signaux sont transmis. Ex : l’air pour la communication
16
verbale, la lettre pour la communication écrite, les câbles pour la communication
fixe.
Il convient de faire une distinction entre les phénomènes impliquant l’intention
de communication et les phénomènes qui n’impliquent aucune intention de
communication. Par exemple, 40° de fièvre n’a nulle intention d’informer le
médecin ; le ciel orageux n’a nulle intention de communiquer avec le
météorologue ; la fumée non plus n’a pas l’intention d’informer sur le feu. Ce
sont là des phénomènes physiologiques qui se produisent sous certaines
conditions, et par rapport à la communication, ce sont des indices, c’est-à-dire,
des faits immédiatement perceptibles qui nous font connaître quelque chose à
propos d’autres faits qui ne sont pas, L. Prieto. Leur interprétation relève de la
science de l’observation. Il est donc inexact de dire que le 40° degré de fièvre, le
ciel d’orages et la fumée sont des signes respectivement de maladie, de pluie et
du feu. Il est plus exact de dire qu’ils sont des indices de maladie, de pluie et du
feu.
La définition moderne du langage est, comme on l’a dit, un moyen de
communication doublement articulé. Pour la linguistique actuelle, le langage a
pour fonction centrale, la fonction de communication. Il ne caractérise que
l’homme et il est même superflu de parler du langage humain. C’est donc
inexact ou purement métaphorique de parler du langage des animaux, du
langage des abeilles, du langage des fleurs, etc.
* La communication linguistique
Dans la communication linguistique, il faut distinguer deux variantes : la
communication orale qui est première et la communication écrite qui est le
dérivé ou le système substitutif de celle-ci. Dans la communication orale,
l’émetteur devient aussi récepteur ou destinataire et inversement. Ainsi, par
exemple, dans une communication ordinaire ou téléphonique, l’échange est à
double sens
Emetteur Message Récepteur
Récepteur
Message Emetteur
Communication orale
17
Mais, il n’est pas toujours le cas. Par exemple, lorsqu’on écoute à la radio ou
suit la télé ou encore lorsqu’un chef harangue ses sujets, ou un professeur
dispense, la communication via écrit se fait toujours à sens unique, c’est-à-dire,
de l’émetteur (auteur) au récepteur (lecteur). Même si celui-ci peut répondre à
l’auteur, il ne peut le faire dans les mêmes conditions que dans une
communication ordinaire. Par exemple, il ne peut répondre directement à
l’auteur ou l’interrompre pendant qu’il écrit. Il est obligé de le lire jusqu’au
bout, avant de lui répondre éventuellement. Très souvent, même s’il a envie de
lui répondre, il ne le peut pas, l’auteur n’étant pas là, parce que mort ou éloigné.
Il est vrai que, dans la communication théâtrale, la communication est à double
sens, c’est-à-dire, l’auteur émetteur devenant l’auteur récepteur et inversement.
Mais comme dans tout code écrit, la communication est à sens unique.
Acteur message Acteur Récepteur
émetteur Récepteur Spectateurs
message
A B
Communicationthéâtrale
A A
Emetteur message Récepteur
Auteur lecteur
Acteurs
Communicationparécrit
Activités : Identifiez et expliquez les types de communication
2. Le statut de la linguistique scientifique
Dire d’une science qu’elle est scientifique ou qu’elle est une science dans le sens
le plus strict, c’est dire qu’elle traite d’un objet spécifique et qu’elle utilise des
procédures qui peuvent être communiquées et décrites d’une manière
systématique et qui peuvent être justifiées par rapport à des principes énonçables
et à une théorie explicite.
Pour la linguistique aussi, prétendre au statut scientifique, c’est comme pour
toute science, définir l’objet de son étude, en donner une description qui répond
18
aux besoins de certains points de vue déterminés et cohérents. Ainsi, elle
procède suivant une démarche méthodologique : observation, hypothèses,
expérimentation (analyses), conclusions tirées des analyses. Ce choix pertinent
est la notion centrale dans cette discipline.
Tout comme un animal peut être décrit de tel ou tel point de vue selon qu’il
s’agit du zoologiste ou du vétérinaire, le langage peut valablement être décrit par
l’acousticien, le physiologiste, le phonéticien, le psychologue, le linguiste, le
philosophe, chacun sous un angle précis.
Pour le linguiste, les traits pertinents retenus pour étudier les faits de langue sont
ceux qui contribuent à assurer une fonction de communication. Les autres points
de vue ne l’intéresse pas ou l’intéresse accessoirement. Il s’agit pour lui de
rendre compte de la langue en tant qu’instrument ou moyen de communication,
c’est-à-dire, de rendre compte du fonctionnement interne de cet instrument en ne
faisant plus intervenir à priori dans ses analyses, les notions des concepts, de
pensées, d’idées, de sentiments de volonté, et de toutes les notions
philosophiques qui en découlent.
La langue est désormais décrite par ses unités constitutives-mêmes, unités dont
l’organisation ou la combinaison permet la communication. La description
linguistique vise à dégager et à analyser cette structure de la langue, c’ets-à-dire,
à isoler les unités véritables qui la composent et les définir fonctionnellement
par les relations qu’elles entretiennent les unes avec les autres par leur
opposition qu’elles entretiennent les unes aux autres, à définir ou à décrire les
règles de combinaison de ces unités entre elles.
Dans ces procédures et formulations, la linguistique est guidée par trois voies
scientifiques :
1- l’exhaustivité : c’est le traitement adéquat de tous les matériaux pertinents ;
2- La cohérence : c’est-à-dire, l’absence de contradiction entre les différentes
parties de l’analyse d’ensemble.
3- L’économie : selon laquelle une formulation brève ou une analyse employant
un minimum de mots est préférable à une formulation plus longue ou plus
compliquée.
Activités : Identifiez et expliquez les processus dans une recherche scientifique
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SEANCE N° 9 : LES CARACTERES DES LANGUES NATURELLES
Objectif : A la fin de la séance, les étudiants doivent être capables d’expliquer
la fonction de communication et l’arbitraire du signe linguistique
Les langues naturelles partagent des caractères avec d’autres systèmes dans le
processus de communication. Mais elles ont un caractère qui leur est spécifique.
Il s’agit de présenter ces caractères que les langues naturelles partagent avec les
autres systèmes de communication et indiquer le caractère qui leur est
spécifique, ensuite, décrire les autres fonctions de communication
1- La fonction de communication
Le premier caractère des langues naturelles est la fonction de communication.
Mais ce trait caractéristique ne leur est pas spécifique. Dans le message
linguistique, tout ne ressortit pas à la fonction de communication. Le message
véhicule généralement les indices ou les systèmes qui renseignent l’auditeur sur
le locuteur lui-même sans que celui-ci ait l’intention de les communiquer. Sa
voix peut renseigner sur son âge, son sexe, sa corpulence, son état de santé, son
origine géographique, sa classe sociale, son état d’âme à l’instant-même : le
sourire, le rire, etc. les mimiques partielles et gestuelles in forment l’auditeur
plus directement sur l’attitude du locuteur vis-à-vis sur du contenu de son propre
message sans faire non plus partie de l’acte de communication. L’utilisation
consciente systématique de cet acte appartient à d’autres systèmes de
communication : celui de la politesse et des rapports sociaux et des arts du
spectacle en général.
2- L’arbitraire du signe linguistique
C’est un trait qu’on doit à Saussure. Selon Saussure, les noms que portent les
êtres de la nature ne n’ont pas de lien intrinsèque avec ces êtres (ces noms n’ont
pas de lien analogique naturel avec les êtres auxquels ils sont attribués). Chaque
langue nomme arbitrairement et conventionnellement les êtres et les choses. Par
exemple, le chien, le cochon, l’arbre (en français) sont respectivement appelés
dog pig, tree (en anglais).
NB : La langue n’est cependant pas un système pur de signes arbitraires.
Mais l’arbitraire du signe linguistique n’est pas un trait spécifique au langage. Il
appartient aussi à d’autres moyens de communication. La communication peut
s’accompagner de faits de symbolisme. C’est les cas de :
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l : (son) liquide, coulant, continu
s : (son) doux, léger, sifflant
Exemple de sifflant : quel est ce serpent qui siffle si doux dans le silence ? (le
son ‘‘s’’ symbolise le sifflement des serpents produisant des sons musicaux).
Activité : En quoi consiste le caractère arbitraire du signe linguistique ?
SEANCE N° 10 : LES CARACTERES : SYSTEME, LINEAIRE,
DISCRET DU SIGNE LINGUISTIQUE
Objectif : Au terme du cours, les apprenants doivent être capables d’expliquer
les caractères : système, linéaire, discret du signe linguistique
3- Le système
Il implique la présence des signes stables d’un message à l’autre se définissant
fonctionnellement par opposition les uns aux autres. Ex : daba /d,a,b,a/. Dans cet
exemple, les phonèmes restent stables, s’opposant les uns aux autres de par leur
fonction. Mais ce trait de système est aussi partagé avec les autres moyens de
communication. Par exemple, le feu rouge de la circulation n’a de signification
dans le système qu’en opposition au vert et à l’orange.
4- La linéarité du message (Saussure)
Les unités des langues naturelles se déroulent dans le temps en venant les unes
après les autres, selon la ligne irréversible du temps et l’ordre d’apparition
fonctionnelle. Par exemple, avec les phonèmes /p,a,l/, on peut former les mots :
pâle, alpe, lape. L’ordre d’apparition dans le temps de chaque phonème dans
chaque mot est justifié par sa fonction selon le sens que prend le mot.
L’inversion de l’ordre donne autre mot et autre sens. Jean a battu Paul est
différend de Paul a battu Jean. Mais ce trait de linéarité est également partagé
avec d’autres moyens de communication. Par exemple, le code de la route qui
annonce un autre signal pour tous les signaux, tel que : passage à niveau,
interdiction de rouler, limitation de vitesse.
5- Le caractère discret du signe linguistique (Saussure)
Selon Saussure, les unités linguistiques sont différentielles, c’est-à-dire qu’elles
s’opposent les unes aux autres sans gradation. Par exemple, le phonème
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français /p/ reste /p/ ou non /p / ; mais jamais /+p/ ou /-p/. Le mot ‘‘pierre’’ ne
signifie jamais quelque chose qui est ‘‘+ pierre’’ ou ‘‘- pierre’’ selon que son
phonème initial est /+ p/ ou /- p/. Dans un tel système, les unités sont présentées
ou non présentées. La réponse est ‘‘tout’’ ou ‘‘rien’’. Mais ce trait n’est pas non
plus spécifique au langage. La plupart des signaux du code de la route sont
discrets. Ex : le feu tricolore.
Activités : Expliquez, en les définissant, les caractères : discret, linéaire,
système du signe linguistique
SEANCE N° 11 : LA DOUBLE ARTICULATION DU SIGNE
LINGUISTIQUE
Objectif : A la fin de la séance, les étudiants doivent être capables de faire une
distinction entre la première articulation et la deuxième articulation du signe
linguistique.
6- La double articulation du langage
C’est le trait qui semble caractériser spécifiquement le langage par rapport aux
autres systèmes de communication. On doit ce terme à Martinet et Hjelmslev,
dans son acception moderne. Il est cependant très ancien, mais entaché
d’imprécisions et d’ambigüités. En effet, le langage articulé semble opposer
d’abord le langage humain au cri humain en ce sens que le cri humain se réfère à
l’enfant, c’est-à-dire, le petit d’Homme qui ne parle pas encore ; ensuite, le
langage humain opposé au malade, au fou, au monstre.
Le second sens est le langage opposé au cri de l’animal. Enfin, la troisième
acception est le langage marqué uniquement par son caractère vocal opposé aux
autres systèmes de communication non phonique, mais visible comme l’illustre
Malberg, lorsqu’il définit la phonétique comme : « une branche de la
linguistique qui ne s’intéresse qu’au langage articulé et non pas aux autres
formes de communication organisée, comme les signes du sourd-muet, les
signes des marins», etc. C’est à Hjelmslev et à Martinet qu’il est revenu de
clarifier la confusion et de définir systématiquement le langage articulé à partir
des recherches des unités minimales réelles du message linguistique, unités qui
seront alors définies par la façon dont on les isole.
* La première articulation
22
C’est celle selon laquelle, tout fait d’expérience, tout besoin qu’on désir faire
connaître s’analysent en une suite d’unités douées chacune d’un forme et d’un
sens. Ex : l’unité ‘‘tête’’ /tɛt/ et ‘‘rire’’ /rir/ sont des unités de la première
articulation ayant chacune une forme (le signifiant, l’image acoustique, la
graphie) et un sens (le signifié, l’idée, le concept,). Les unités de la première
articulation sont des unités significatives minimales qui ne peuvent plus ̂etre
analysées en d’autres unités significatives plus petites, c'est-à-dire, douées d’une
expression phonique et d’un sens. Martinet les appelle monèmes et d’autres
(Anglais) les appellent morphèmes
* Distinction entre lexème et morphème (Martinet)
Si Martinet appelle les unités de la premières articulation ‘‘monèmes’’, il
propose de distinguer au sein de ceux-ci les lexèmes et les morphèmes.
Le lexème trouve sa place dans le lexique (dictionnaire). Il est porteur de
l’essentiel de sens. Il se réfère à l’expérience humaine et dénomme une réalité
extralinguistique. Du fait que les expériences humaines sont en nombre illimité,
les lexèmes sont aussi en nombre illimité. On peut en créer autant qu’on veut,
selon les besoins de la communication. On dit que les lexèmes sont en inventaire
ouvert. Ils désignent généralement les classes des noms, des adjectifs, des
verbes, des adverbes, etc.
Le morphème trouve sa place dans la grammaire. Il a un sens référentiel moins
précis que le lexème. Les morphèmes sont en nombre limité. On dit qu’ils sont
en inventaire clos ou fermé. On ne peut pas en créer à sa guise. C’est la partie de
la langue qui change le moins vite. Ex : l’unité ‘‘travaillons’’ comporte le
lexème travail + le morphème -ons ; doux est un lexème ; douceur comprend
le lexème douce + le morphème -eur.
* La deuxième articulation
Le monème ou l’unité de la première articulation peut s’analyser à son tour en
de plus petits éléments phoniques dépourvus de sens. Ceux-ci ne peuvent plus
être analysés en d’autres éléments plus petits. Ce sont les unités dites unités de
la deuxième articulation, appelées encore unités distinctives ou phonèmes.
Ex : travail /travaj/ /t/, /r/, /a/, /v/, /a/, /j/ ou /t, r, a, v, a, j/
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Les unités /t/, /r/, /a/, /v/, /a/, /j/ ainsi isolées sont des unités de la deuxième
articulation ou phonèmes.
Activités : Identifiez les unités de la deuxième articulation des signes
linguistiques suivants : trouble, tuyau danse, mangeons, boule
7- La commutation
C’est l’opération d’analyse par laquelle les unités de la double articulation sont
isolées. Ex : Voilà notre père. Par commutation de ‘‘père’’, on a : Voilà notre
frère ; Voilà notre mère. Les unités : père, frère, mère sont isolées par
commutation. De même, par commutation, les éléments : leur, votre, notre sont
isolés. Ex : Voilà leur père ; Voilà votre père ; Voilà notre père.
Au niveau de la deuxième articulation, les unités distinctives qui composent les
unités significatives sont aussi isolées par la commutation. Soit /pɛR/ qui
contient 3 unités distinctives. En commutant la première tranche /p/ par d’autres
tranches possibles en français, on obtient toujours des monèmes français :
m /mɛR/ : mère ; f /fɛR/ : fer ; v /vɛR/ : ver, verre. Ceci permet
de dégager ces tranches d’unités comme étant les unités de la deuxième
articulation : /p, m, f, v/.
8- Le caractère économique du langage
La double articulation qui caractérise spécifiquement le langage explique son
caractère éminemment économique, sa richesse et sa flexibilité infinie par
rapport aux autres systèmes de communication, par exemple, la communication
animale.
Des abeilles ne peuvent émettre que 3 ou 4 types de messages concernant la
distance proche, la distance éloignée, la direction par rapport au soleil, la
position du butin et la richesse de celui-ci. Chez le corbeau, on dénombre 60 cris
au plus. Dans le code de la route, on distingue une centaine de messages
distincts.
Mais ces messages se rattachent à chaque fois aux domaines très liés des
expériences dont ils ne peuvent pas sortir. Par contre, le langage peut tout dire
au moyen de milliards et de milliards de messages distincts.
Mais, supposons qu’à chaque expérience (message, idée) humaine correspond
un cri particulier. Ainsi, dans l’énoncé ‘‘j’ai mal à la tête’’, en faisant
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correspondre chaque unité de l’énoncé à un cri particulier, on obtiendrait ainsi
(comme chez l’animal) 6 cris distincts, c’est-à-dire, 6 messages distincts
(différents les uns des autres). Imaginez donc ce qu’il faudrait à la mémoire pour
retenir tous les cris par lesquels il faudrait traduire l’expérience humaine. Ces
cris seraient par milliers, ce qui serait incompatible avec les latitudes
articulatoires et la sensibilité auditive de l’être humain.
Or, dans le langage, grâce à la deuxième articulation, il suffit seulement de
quelques dizaines de productions phoniques distinctes pour obtenir, par leurs
combinaisons, la forme vocale de multiples différentes unités de la première
articulation. Ex : /a, r, m/ arme ; rame, marre, etc.
Au niveau de la première articulation, l’économie consiste en ce qu’on puisse
avoir des sens différents à partir d’une unité significative, c’est-à-dire, à travers
sa polysémie. Par exemple, en dehors du sens propre du mot pluie, il y a de sens
connotatifs. Dans le jargon estudiantine, l’expression ‘‘il a plu’’ veut dire que
les tranches de bourse ou d’aide (argent) sont sorties ; avoir une pluie de visite
veut dire que l’on a eu plusieurs visites.
SEANCE N° 12 : LES FONCTIONS DU LANGAGE
Objectif : A la fin de la séance, les étudiants doivent être capables d’énumérer
les fonctions du langage.
Les fonctions du langage ont été établies par Karl Bühler. Le langage selon lui
est utilisée à plusieurs fins, ce qu’il a matérialisé dans un schéma triatique ( petit
modèle de Bühler), dans son livre Die Axiomatik Sprachwissenchaft
Objet et état des faits
Expression représentation
(Ausdrück) (das stellung)
signe Appel (Appell)
Emetteur récepteur
(Sender) (empfänger)
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Karl Bühler part du constat que dans dans l’acte du discours, on parle de
quelque chose à quelqu’un, que la société est la base de la langue, et il en déduit
que tout énoncé porte une triple fonction :
- Premièrement, la fonction expressive par laquelle le locuteur manifeste son
affectivité volontairement à travers ce qui se dit grâce au débit, à l »intonation,
au rythme de ce qu’il di, aux mots qu’il emploie..
- Deuxièmement, la fonction appellative par laquelle le locuteur cherche à
provoquer chez l’auditeur certaines réactions précises, certaines tonalités
affectives sans les partager forcement lui-même. Ex : le chef qui donne des
ordres, le menteur, l’acteur ou l’orateur qui jouent ou parlent à froid.
- La troisième fonction est la fonction représentative qui se rapporte au contexte
auquel renvoie le message qui porte sur ce dont on parle.
Le schéma de Bühler qui sera déterminant pour l’école linguistique de Prague,
sera complété et enrichi plus tard par Roman Jakobson, dans son livre Essai de
linguistique générale. Jakobson va distinguer 6 fonctions constitutives de la
communication verbale
contexte
Destinateur------------ message--------- Destinataire
contact
code
Le destinateur envoie le message au destinataire. Pour être opérant, le message
requiert d’abord un contexte auquel il renvoie. Ensuite un code commun en tout
ou au mois en partie commun au destinateur et au destinataire, en d’autres
termes à l’émetteur et au décodeur du message. Enfin, un contexte qui permet au
destinateur et au destinataire d’établir et de maintenir la communication. A
chacun de ces 6 facteurs correspond une fonction une fonction linguistique
précise. Mais dans cette communication verbale, la diversité des messages ne
résulte pas dans le monopole de l’une ou de l’autre fonction, mais dans les
différences de hiérarchie entre celles-ci, ce qui veut dire que la structure verbale
du message dépend avant tout de la fonction prédominante.
* Les six fonctions du langage (selon Jakobson)
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- La fonction expressive : elle est centrée sur le destinateur. Elle vise à une
expression directe de l’attitude du sujet à l’égard de ce qu’il dit. Elle tend à
donner l’impression d’une certaine émotion. Elle est rencontrée dans les textes
poétiques, lyriques, autobiographiques, etc.
- La fonction appellative ou conative : Elle est orientée vers le destinataire et
trouve son expression la plus pure dans l’injonction ou l’impératif. Ex :
Travaille, toi ; presse-toi. Elle se retrouve dans les textes d’injonction, de
plaidoyer d’avocat.
- La fonction représentative ou référentielle : Cette fonction se rapporte au
contexte qui porte sur ce dont on parle. Elle est rencontrée dans les textes
romanesques, historique, descriptifs.
- La fonction poétique ou esthétique : Elle est centrée sur le message lui-
même. Elle met en évidence le côté palpable des signes (la beauté des lettres,
des mots, de l’expression, etc.). Elle caractérise par excellence la poésie, mais
aussi le roman et le théâtre. Dans cette fonction, le signe n’est plus arbitraire,
mais remotivé.
- La fonction phatique : Elle sert à établir, à maintenir la communication, à
unifier le circuit fonctionnel avec l’interlocuteur. Ex : Allo ! Vous m’entendez ?
- La fonction métalinguistique : Elle porte sur le langage utilisé pour faire
comprendre les notions, les concepts de la langue. Les articles (entrées ou
vedettes) du dictionnaire mettent en jeu cette fonction
Activités : Expliquez les fonctions du langage selon Bühler et selon Jakobson.
CONCLUSION
La langue est l’objet d’étude de la linguistique. Cette étude peut se faire sur les
plans : comparatif, diachronique ou synchronique. Associée à ses débuts à la
philosophie ou à la philologie en tant que l’expression de la pensée ou moyen de
communication des êtres vivants, l’étude du langage devient au 19 e siècle une
discipline autonome. La linguistique est désormais définie comme une discipline
scientifique dont l’objet d’étude est la langue en tant qu’instrument de
communication doublement articulé, exclusivement réservé aux êtres humains,
Son étude scientifique s’explique par le fait qu’elle procède désormais à la
manière des sciences exactes dont l’étude repose sur des principes et sur une
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démarche méthodologique basée sur l’observation, les hypothèses
l’expérimentation (analyses) et les conclusions tirées des analyses.
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