THEME :
LES HUIT PRINCIPES DU
SYSTEME COMPTABLE OUEST
AFRICAIN HARMONISE
PROFESSEUR : Dr Sonzai
Fait par Logbo
Axelle L2 B
Le SYSCOHADA (Système Comptable Ouest Africain Harmonisé) est un
référentiel comptable qui régit la comptabilité des entreprises dans la
plupart des pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine
(UEMOA). Il vise à harmoniser les normes comptables et à assurer une
certaine uniformité dans la présentation des comptes annuels.
1. Le principe de continuité et de l’exploitation
Le premier principe du SYSCOHADA est le principe de continuité de
l'exploitation. Ce principe suppose que l'entreprise va continuer ses
activités dans un avenir prévisible, ce qui signifie qu'elle ne prévoit pas de
liquidation ou de cessation d'activité à court terme. Ainsi, dans
l'évaluation des actifs et des passifs, la perspective de poursuite des
activités est prise en compte plutôt que la perspective de liquidation. le
principe de continuité de l'exploitation aide à assurer que les actifs sont
évalués de manière à refléter leur capacité à contribuer aux flux de
trésorerie futurs de l'entreprise, plutôt que simplement à leur valeur de
liquidation. Cela offre une perspective plus réaliste de la santé financière
de l'entreprise et aide les parties prenantes à prendre des décisions plus
éclairées en matière d'investissement, de crédit ou de gestion.
2. Le principe de prudence
Le deuxième principe du SYSCOHADA est le principe de prudence. Ce
principe comptable est fondamental car il demande aux entreprises d'être
conservatrices lorsqu'elles évaluent leurs actifs et leurs passifs. Plus
précisément, il les incite à anticiper les pertes potentielles dès qu'elles
sont identifiées, tout en ne reconnaissant les profits qu'une fois qu'ils sont
effectivement réalisés. Prenons l'exemple d'une entreprise qui vend des
biens. Supposons que l'entreprise ait vendu des produits à un client, mais
ce client rencontre ensuite des difficultés financières et ne peut pas
effectuer le paiement intégral pour les produits reçus.
En appliquant le principe de prudence, l'entreprise doit anticiper la
possibilité que le client ne puisse pas payer la totalité de la somme due.
Ainsi, elle doit enregistrer une provision pour créances douteuses dans
ses états financiers, D'autre part, en ce qui concerne les profits,
supposons que l'entreprise ait conclu un contrat avec un client pour
fournir des produits d'une valeur de 20 000 FCFA Cependant, elle
n'enregistre ce montant comme profit que lorsqu'elle a effectivement livré
les produits au client et reçu le paiement complet de 20 000 FCFA. Ainsi,
tant que les produits n'ont pas été livrés et que le paiement n'a pas été
reçu, l'entreprise n'enregistre pas les 20 000 euros comme profit dans ses
états financiers, En résumé, le principe de prudence exige que l'entreprise
anticipe les pertes potentielles liées à ses créances et ne comptabilise les
profits que lorsqu'ils sont réellement réalisés.
3. Le principe de Permanence des méthodes
Le troisième principe du SYSCOHADA est le principe de la permanence des
méthodes. En termes simples, cela signifie que les entreprises doivent
conserver la même méthode comptable d'une année à l'autre, sauf si un
changement est justifié. En d'autres termes, une entreprise doit utiliser la
même méthode pour évaluer ses actifs, passer en revue ses stocks,
calculer ses amortissements, etc., afin de garantir la cohérence et la
comparabilité de ses états financiers d'une année à l'autre. Prenons
l'exemple d'une entreprise qui utilise la méthode FIFO pour évaluer ses
stocks. Selon le principe de la permanence des méthodes, cette entreprise
devrait continuer à utiliser la méthode FIFO pour évaluer ses stocks d'une
année à l'autre, à moins qu'elle ne dispose d'une justification valable pour
passer à une autre méthode, comme la méthode LIFO (dernier entré,
premier sorti).
Si l'entreprise décidait soudainement de changer sa méthode d'évaluation
des stocks en passant de FIFO à LIFO d'une année à l'autre, cela pourrait
fausser la comparabilité des états financiers d'une année à l'autre, car les
résultats ne pourraient plus être directement comparés.
4. Le principe de l’indépendance de l’exercice
Le quatrième principe du SYSCOHADA est le principe de l'indépendance
des exercices. En termes simples, cela signifie que les résultats d'une
période comptable donnée doivent être traités de manière indépendante
des résultats des périodes précédentes ou futures. Ainsi, chaque exercice
comptable est considéré comme une entité distincte et les états financiers
sont établis sur cette base, sans aucune influence des exercices
comptables précédents ou ultérieurs. Pour donner un exemple concret,
considérons une entreprise qui a connu une année financière rentable et a
enregistré des bénéfices importants. Cependant, au cours de l'exercice
suivant, en raison de circonstances indépendantes de sa volonté, elle
subit des pertes significatives. Le principe de l'indépendance des
exercices stipule que ces pertes doivent être enregistrées distinctement
pour l'exercice en question, sans être affectées par les bénéfices
antérieurs.
5. Le principe du cout historique
Le cinquième principe du SYSCOHADA est le principe du coût historique.
En termes simples, ce principe stipule que les actifs acquis par une
entreprise doivent être enregistrés à leur coût d'acquisition historique.
Cela signifie que les actifs sont enregistrés dans les livres comptables au
montant réel payé au moment de leur acquisition, sans tenir compte de la
valeur de marché actuelle ou de la valeur potentielle de revente. Pour
illustrer ce principe, prenons l'exemple d'une entreprise qui achète un
terrain pour y construire un nouveau bureau. Si le terrain a été acquis
pour 1 000 000 Fcfa, le principe du coût historique exige que ce montant
soit enregistré dans les états financiers de l'entreprise en tant que coût
d'acquisition du terrain, même si sa valeur actuelle sur le marché est
supérieure ou inférieure à cette somme.
6. Le principe de l’intangibilité
Le sixième principe du SYSCOHADA est le principe de l'intangibilité du
bilan. Ce principe stipule que les éléments du bilan, tels que les actifs, les
passifs et les capitaux propres, doivent être enregistrés de manière juste
et sincère, sans être modifiés artificiellement pour augmenter ou diminuer
la valeur nette de l'entreprise. En d'autres termes, les informations
présentées dans le bilan doivent refléter la réalité économique et
financière de l'entreprise, sans manipulation délibérée des données. voici
un exemple concret pour illustrer le principe de l'intangibilité du bilan
Imaginons une entreprise immobilière qui possède un immeuble
commercial depuis plusieurs années. Au fil du temps, en raison de la
hausse des prix de l'immobilier dans la région, la valeur de marché de cet
immeuble a considérablement augmenté. Cependant, conformément au
principe de l'intangibilité du bilan, cette augmentation de valeur ne sera
pas reflétée directement dans le bilan de l'entreprise.
7. Le principe de transparence
Le septième principe du SYSCOHADA est le principe de transparence. Il
implique que les informations fournies par une entreprise dans ses états
financiers doivent être claires, compréhensibles et facilement accessibles
aux parties prenantes, telles que les investisseurs, les créanciers, les
actionnaires et le public en général. La transparence implique également
la divulgation complète et précise de toutes les informations pertinentes
qui pourraient affecter les décisions des parties prenantes. Imaginons une
petite entreprise de fabrication qui décide de solliciter des investisseurs
potentiels pour financer l'expansion de ses opérations. Dans le cadre de
cette initiative, l'entreprise prépare un rapport financier détaillé qui décrit
ses performances passées, sa situation financière actuelle, ses projets
d'expansion et les risques potentiels associés à l'investissement dans
l'entreprise. l'entreprise veille à ce que ce rapport financier soit clair et
compréhensible pour les investisseurs potentiels, en évitant l'utilisation de
termes techniques complexes ou de jargon financier difficile à
comprendre. Le rapport présente de manière transparente les chiffres
clés, tels que les revenus, les dépenses, les profits et les pertes, en les
illustrant de manière claire et concise.
8. Le principe de l’importance significative
Le huitième principe du SYSCOHADA est le principe de l'importance
significative. Ce principe indique que toutes les informations importantes
et pertinentes pour la compréhension de la situation financière d'une
entreprise doivent être pleinement divulguées dans les états financiers.
Les éléments significatifs, qu'ils soient positifs ou négatifs, doivent être
présentés de manière claire, pour permettre aux utilisateurs des états
financiers de prendre des décisions éclairées. Prenons l'exemple d'une
entreprise de fabrication de meubles qui connaît une augmentation
significative des coûts des matières premières en raison de changements
économiques mondiaux. Cette augmentation des coûts a un impact
important sur la marge bénéficiaire de l'entreprise et finit par entraîner
une diminution notable de ses bénéfices.
En respectant le principe de l'importance significative, l'entreprise devrait
présenter clairement cette diminution des bénéfices dans ses états
financiers, en soulignant les raisons sous-jacentes de ce changement, à
savoir l'augmentation des coûts des matières premières. Cette
information est essentielle pour les investisseurs, les créanciers et autres
parties prenantes, car elle leur permet de comprendre l'impact de cette
hausse des coûts sur la performance financière globale de l'entreprise.