Centrale 2010 MP M2 Corrige
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MATHÉMATIQUES 2. FILIERE MP
Partie I -
I.A -
I.A.1) a) Soit x ∈ E. h(x) est une application de E dans K, linéaire par linéarité de ϕ par rapport à sa deuxième variable.
Donc ∀x ∈ E, h(x) ∈ E∗ .
b) h est donc une application de E dans E∗ . Soient (x, y) ∈ E2 et (α, β) ∈ K2 . Pour tout z ∈ E,
et donc h(αx + βy) = αh(x) + βh(y). h est donc une application linéaire de E dans E∗ .
h ∈ L (E, E∗ ).
I.A.2) Soit A une partie non vide de E. Pour chaque a ∈ A, {a}⊥ϕ = {x ∈ \E/ h(a)(x) = 0} = Ker(h(a)) et donc pour
chaque a ∈ A, {a}⊥ϕ est un sous-espace vectoriel de E. Mais alors A⊥ϕ = {a}⊥ϕ est un sous-espace vectoriel de E en
a∈A
tant qu’intersection de sous-espaces vectoriels de E.
I.A.3) E et E∗ sont deux K-espaces de mêmes dimensions finies et h ∈ L (E, E∗ ). Donc, h est un isomorphisme si et
seulement si h est injective. Or
n
X
I.A.4) a) On sait que pour toute forme linéaire f sur E, on a f = f(ei )e∗i . En particulier, ∀j ∈ J1, nK,
i=1
n
X n
X
h(ej ) = h(ej )(ei )e∗i = ϕ(ei , ej )e∗i .
i=1 i=1
ϕ(e1 , ej )
ϕ(e2 , ej )
Pour chaque j ∈ J1, nK, la j-ème colonne de mat(h, e, e∗ ) est donc .. ou encore
.
ϕ(en , ej )
b) Soit (x, y) ∈ E2 .
n
X n
X X n
X Xn
ϕ(x, y) = ϕ xi ei , yj ej = xi yj ϕ(ei , ej ) = xi ϕ(ei , ej )yj
i=1 j=1 16i,j6n i=1 j=1
t
= XΩY.
• Réciproquement, supposons qu’il existe une isométrie f de (E, q) dans (E ′ , q ′ ). f est un isomorphisme de E sur E ′ et
pour tout x ∈ E, q ′ (f(x)) = q(x). Plus généralement, pour (x, y) ∈ E2 ,
1 ′ 1
ϕ ′ (f(x), f(y)) = (q (f(x) + f(y)) − q ′ (f(x)) − q ′ (f(y))) = (q ′ (f(x + y)) − q ′ (f(x)) − q ′ (f(y)))
2 2
1
= (q(x + y) − q(x) − q(y)) = ϕ(x, y).
2
Soient alors e une base de E puis e ′ = f(e). Puisque f est un isomorphisme de E sur E ′ , e ′ est une base de E ′ . De plus,
pour (i, j) ∈ J1, nK2 ,
et donc pour tout (i, j) ∈ J1, nK2 , le coefficient ligne i colonne j de mat(q ′ , e ′ ) est égal au coefficient ligne i colonne j de
mat(q, e). Par suite, mat(q, e) = mat(q ′ , e ′ ).
2p
X 2p
X p
X
I.B.3) a) Pour x = xi ci et y = yi ci éléments de K2p , posons ϕp (x, y) = (xi yi+p + yi xi+p ). ϕp est une forme
i=1 i=1 i=1
bilinéaire symétrique telle que ∀x ∈ K , qp (x) = ϕp (x, x). Donc qp est une forme quadratique sur K2p et ϕp est la forme
2p
1 si j = i + p ou i = j + p
bilinéaire symétrique associée à qp . De plus, pour (i, j) ∈ J1, 2pK2 , ϕp (ci , cj ) = et donc
0 sinon
2p
X p
X
∀y = yi ci , (xi yi+p + xi+p yi ) = 0.
i=1 i=1
http ://www.maths-france.fr 2 c Jean-Louis Rouget, 2010. Tous droits réservés.
En appliquant l’égalité précédente à y = ci , 1 6 i 6 p, on obtient xi+p = 0 et pour y = ci , p + 1 6 i 6 2p, on obtient
xi−p = 0. Par suite, ∀i ∈ J1, 2pK, xi = 0 et donc x = 0. qp est donc non dégénérée.
2p
Si maintenant (F, q)est un espace
isométrique à (K , qp ), d’après la question I.B.2), il existe une base e de E dans laquelle
0p Ip
la matrice de q est . Les calculs précédents s’appliquent donc à q et q est non dégénérée.
Ip 0p
0p Ip
c) Posons A = mat(qp , c) = . La matrice A est symétrique réelle et donc orthogonalement semblable à une
Ip 0p
matrice diagonale réelle d’après le théorème spectral. Déterminons les valeurs propres de A. Un calcul par blocs fournit
A2 = I2p et doncA est une matrice de symétrie et puisque A n’est ni I2p , ni −I2p , les valeurs propres de A sont 1 et −1.
Ip Ip
Enfin, A + I2p = est de rang p car les p premières colonnes de cette matrice sont linéairement indépendantes
Ip Ip
et la famille des p dernières est égales à la famille des p premières. Donc −1 est d’ordre 2p − p = p puis 1 est d’ordre p.
En résumé, il existe P ∈ O2p (R) telle que A = PDP−1 = PDt P où D = diag(1| .{z . . 1} |−1 .{z
. . − 1}).
p p
2p
Soit e = (e1 , . . . , ep , ep+1 , . . . , e2p ) la base de C dont les vecteurs sont les colonnes de la matrice P puis
e ′ = (e1 , . . . , ep , iep+1 , . . . , ie2p ) = (ek′ )16k62p . e ′ est une base de C2p car detc (e ′ ) = ip det(P) 6= 0. Pour x ∈ E, posons
X2p X2p X2p
x= xk′′ ek′ = xk′ ek = xk ck . D’après la question I.A.4)b)
k=1 k=1 k=1
p
X p
X 2p
X p
X 2p
X 2p
X
qp (x) = xk xk+p = t XAX = t (PX)D(PX) = xk′2 − xk′2 = xk′′2 − (ixk′′ )2 = xk′′2 .
k=1 k=1 k=p+1 k=1 k=p+1 k=1
Par suite, mat(qp , e ′ ) = I2p = mat(q, c). Comme mat(qp , e ′ ) = mat(q, c), les espaces (C2p , q) et (C2p , qp ) sont isomé-
triques d’après la question I.B.2) et donc
d) La matrice de q ′ dans la base c est D = diag(1| .{z . . − 1}). D’autre part, d’après la réduction usuelle d’une forme
. . 1} |−1 .{z
p p
quadratique d’un espace euclidien en base orthonormée, il existe une base e de R2p telle que mat(q, e) = D. D’après la
question I.B.2), les espaces (R2p , q ′ ) et (R2p , qp ) sont isométriques et donc
e) Soit f une isométrie de (K2p , qp ) sur (F, q). On pose G = f(Vect(c1 , . . . , cp )). Puisque f est un isomorphisme, G est
un sous-espace de F de dimension p. Pour tout x ∈ Vect(c1 , . . . , cp ), les p dernières composantes de x sont nulles et donc
qp (x) = 0. Soit alors y ∈ G. Il existe x ∈ Vect(c1 , . . . , cp ) tel que y = f(x) et donc q(y) = q(f(x)) = qp (x) = 0. En
résumé, G est un sous-espace vectoriel de F de dimension p et la restriction de q à G est nulle.
Partie II -
II.A -
II.A.1) a) On suppose p < n. Puisque la forme ϕ est non dégénérée, h est un isomorphisme d’après la question I.A.3).
n
X
Soit x ∈ E. On sait que h(x) ∈ E∗ puis h(x) = (h(x)(ei ))e∗i (∗).
i=1
x ∈ F⊥ ⇔ ∀y ∈ F, ϕ(x, y) = 0
⇔ ∀i ∈ J1, pK, ϕ(x, ei ) = 0 (⇐ est vraie par linéarité de ϕ par rapport à sa 2 ème variable)
⇔ ∀i ∈ J1, pK, h(x)(ei ) = 0 ⇔ h(x) ∈ Vect(e∗p+1 , . . . , e∗n ) (d’après (∗))
⇔ x ∈ h−1 Vect(e∗p+1 , . . . , e∗n ) .
(F⊥ )⊥ = F.
II.A.2) a) Soit x ∈ E. Si x est dans (F + G)⊥ , x est en particulier orthogonal à tout élément de F (car F ⊂ F + G) et tout
élément de G et donc x est dans F⊥ ∩ G⊥ . Réciproquement, si x est dans F⊥ ∩ G⊥ alors x est orthogonal à tout élément
de F et tout élément de G et donc x est orthogonal à toute somme d’un élément de F et d’un élément de G par linéarité
de ϕ par rapport à chacune de ses variables. On a montré que
(F + G)⊥ = F⊥ ∩ G⊥ .
(F ∩ G)⊥ = F⊥ + G⊥ .
II.A.3) • L’ensemble des éléments de F qui sont orthogonaux à tous les éléments de F est F ∩ F⊥ .
Donc, F est non singulier ⇔ ϕF non dégénérée ⇔ l’orthogonal de F pour ϕ dans F est réduit à {0} ⇔ F ∩ F⊥ = {0}.
• Ensuite, si F ∩ F⊥ = {0}, dim(F + F⊥ ) = dim(F) + dim(F⊥ ) − dim(F ∩ F⊥ ) = n − 0 = n et donc E = F ⊕ F⊥ . Réciproquement,
si E = F ⊕ F⊥ alors F ∩ F⊥ = {0}.
• Si F est non singulier alors F⊥ ∩ (F⊥ )⊥ = F⊥ ∩ F = {0} et donc F⊥ est non singulier. Mais alors, si F⊥ est non singulier,
F = (F⊥ )⊥ est non singulier.
On a montré que : F non singulier ⇔ F ∩ F⊥ = {0} ⇔ E = F ⊕ F⊥ ⇔ F⊥ non singulier.
II.A.4) Puisque F et G sont orthogonaux alors G ⊂ F⊥ et puisque F est non singulier, F ∩ G ⊂ F ∩ F⊥ = {0}. La somme
F + G est donc directe. Ensuite, d’après la question II.A.2)a)
(F + G) ∩ (F + G)⊥ = (F + G) ∩ F⊥ ∩ G⊥ .
ϕ(e1 , e2 ) = 0 x1 x2 − y1 y2 = 0
⇔
ϕ ′ (e1 , e2 ) = 0 x1 y2 + y1 x2 = 0
(x1 , −y1 )|(x2 , y2 ) = 0
⇔ (où | et det désignent le produit scalaire et le déterminant usuels )
det((x1 , −y1 ), (x2 , y2 )) = 0
⇔ (x1 , −y1 ) = 0 ou (x2 , y2 ) = 0 ⇔ e1 = 0 ou e2 = 0.
Une base e à la fois q-orthogonale et q ′ -orthogonale est une base de vecteurs propres de h−1 ◦ h ′ .
II.B.4) Si h−1 ◦ h ′ admet n valeurs propres distinctes, h−1 ◦ h ′ est diagonalisable et les sous-espaces propres sont des
droites. Notons (λ1 , . . . , λn ) la famille des valeurs propres de h−1 ◦ h ′ puis e = (e1 , . . . , en ) une base de vecteurs propres
associée.
Pour tout (i, j) ∈ J1, nK2 .
h−1 ◦ h ′ (ei ) = λi ei ⇒ h ′ (ei ) = λi h(ei ) ⇒ (h ′ (ei ))(ej ) = λi (h(ei ))(ej ) ⇒ ϕ ′ (ei , ej ) = λi ϕ(ei , ej )
Puisque ϕ et ϕ ′ sont symétriques, en échangeant les rôles de i et j on a aussi ϕ ′ (ei , ej ) = λj ϕ(ei , ej ) et donc
Si de plus i 6= j, puisque λi − λj 6= 0, on obtient ϕ(ei , ej ) = 0 puis ϕ ′ (ei , ej ) = λi ϕ(ei , ej ) = 0. La base e est donc une
base à la fois q-orthogonale et q ′ -orthogonale.
II.C -
II.C.1) a) Puisque q est non dégénérée, E⊥ϕ = {0}. Par suite, x ∈ / E⊥ϕ et il existe z ′ ∈ E tel que ϕ(x, z ′ ) 6= 0. Soit
1 1
z= z ′ . Alors, ϕ(x, z) = ϕ(x, z ′ ) = 1. Donc il existe z ∈ E tel que ϕ(x, z) = 1.
ϕ(x, z ′ ) ϕ(x, z ′ )
b)
q2 (z)
q(z) q(z) q(z)
q(y) = ϕ z − x, z − x = q(z) − 2 ϕ(x, z) + q(x) = q(z) − q(z) = 0
2 2 2 4
c) Montrons que la famille (x, y) est libre. Soit (α, β) ∈ K2 tel que αx + βy = 0. Alors
Il reste αx = 0 et donc α = 0 car x 6= 0. Finalement, la famille (x, y) est libre et si on pose Π = Vect(x, y), Π est un plan
et (x, y) est une base de ce plan.
On a déjà
ϕ(x, x) = ϕ(y, y) = 0. On a aussi ϕ(x, y) = ϕ(x, z) = 1. Par suite,
la
matrice de qΠ dans la base (x, y) est
0 1 2 0 1
. Comme la matrice de q1 dans la base canonique de K est aussi , la question I.B.2) permet d’affirmer
1 0 1 0
que Π est un plan artinien. (En particulier, la dimension n de E est nécessairement supérieure ou égale à 2.)
II.C.2) a) Soit x ∈ G ∩ G⊥ . Pour tout élément y1 de G, on a ϕ(x, y1 ) = 0. Maintenant, x est dans G et donc dans F
et pour tout élément y2 de F ∩ F⊥ , ϕ(x, y2 ) = 0. En résumé, ∀(y1 , y2 ) ∈ G × (F ∩ F⊥ ), ϕ(x, y1 ) = ϕ(x, y2 ) = 0. Puisque
F = G + (F ∩ F⊥ ), on en déduit par linéarité que ∀y ∈ F, ϕ(x, y) = 0. Donc x ∈ F⊥ .
Finalement, x ∈ G ∩ (F ∩ F⊥ ) = {0} et donc x = 0. On a montré que G ∩ G⊥ = {0} et d’après la question II.A.3),
II.C.5) D’après I.B.3)e), si (E, q) est un espace de Artin de dimension 2p, il existe un sous-espace F de dimension p tel
que q/F = 0. Réciproquement, supposons qu’il existe un sous-espace F de dimension p tel que q/F = 0.
D’après la question précédente, F est singulier, s = p et G = {0}. Un complété non singulier de F est F = G ⊕ P1 ⊕ . . .⊕ Ps =
P1 ⊕ . . . ⊕ Pp . Comme dim(F) = 2p = dim(E), on a donc
E = P1 ⊕ . . . ⊕ Pp .
Mais alors, avec les notations de la question II.C.2), e = (e1 , . . . , ep , e1′ , . . . , ep′ ) est une base de E dans laquelle la matrice
0 Ip
est égale à = mat(qp , c) et donc (E, q) est un espace de Artin.
Ip 0
Partie III -
III.A -
III.A.1) a) Si pour tout (x, y) ∈ E2 , ϕ(f(x), f(y)) = ϕ(x, y), en particulier pour tout x de E, q(f(x)) = ϕ(f(x), f(x)) =
ϕ(x, x) = q(x).
Réciproquement, supposons que ∀x ∈ E, q(f(x)) = q(x). Alors, pour (x, y) ∈ E2 , une identité de polarisation fournit
1 1
ϕ(f(x), f(y)) = (q(f(x) + f(y)) − q(f(x)) − q(f(y))) = (q(f(x + y)) − q(f(x)) − q(f(y)))
2 2
1
= (q(x + y) − q(x) − q(y)) = ϕ(x, y).
2
Donc,
Soient x ∈ F et y ∈ F⊥ . ϕ(f(x), f(y)) = ϕ(x, y) = 0. Donc ∀y ∈ F⊥ , f(y) ∈ (f(F))⊥ ou encore f F⊥ ⊂ (f(F))⊥ . Vérifions
Ainsi, Ker(f) = {0} et f est un automorphisme (car dim(E) < +∞). Mais alors
et finalement f F⊥ = (f(F))⊥ .
Ainsi, ∀(X, Y) ∈ (Mn,1 (K))2 , t XΩ ′ Y = t X(t MΩM)Y et on sait alors que Ω ′ = t MΩM (obtenu par exemple en appliquant
les égalités ci-dessus aux vecteurs de la base canonique de Mn,1 (K)).
f ∈ O(E, q) ⇔ ϕ ′ = ϕ ⇔ Ω ′ = Ω ⇔ Ω = t MΩM.
d) Puisque Ω = t MΩM, det(Ω) = det(Ω)(detM)2 . Vérifions alors que la matrice Ω est inversible. Soit Y ∈ Mn,1 (R).
et donc ϕ(x, y) = 0. On en déduit que G ⊂ F⊥ puis que G = F⊥ par égalité des dimensions.
• Réciproquement, supposons que G = F⊥ . Soit z ∈ E. Il existe (x, y) ∈ F × G tel que z = x + y et
s ∈ O(E, q) ⇔ G = F⊥ϕ .
b) D’après la question II.A.3), E = F ⊕ F⊥ ⇔ F non singulier. Donc les symétries de O(E, q) sont les symétries par rapport
à F parallèlement à F⊥ , où F est un sous-espace non singulier de E.
c) Soit e une base adaptée à la décomposition E = H ⊕ H⊥ . mat(f, e) = diag(1, . . . , 1, −1) et donc det(s) = −1.
d) Puisque ϕ(x + y, x − y) = q(x) − q(y) = 0, on a x + y ∈ {x − y}⊥ = H. D’autre part x − y ∈ H⊥ et donc y = s(x) (si
on pose x + y = 2x1 ∈ H et x − y = 2x2 ∈ H⊥ , alors x = x1 + x2 et y = x1 − x2 = s(x)).
III.B -
III.B.1) Soit (e1 , . . . , ep ) une base de F. On complète cette base en (e1 , . . . , ep , e1′ , . . . , ep′ ) base de E telle que, avec
les notations de la partie II, ∀i ∈ J1, pK, ϕ(ei , ei ) = ϕ(ei′ , ei′ ) = 0 et ϕ(ei , ei′ ) = 1 puis, si F = P1 ⊕ . . . ⊕ Pp avec
Pi = Vect(ei , ei′ ) base de Pi , alors F est un complété non singulier de F.
0 Ip M1 M2
Dans une telle base, on a Ω = puis M = car f(F) = F. D’après la question III.A.1.c),
Ip 0 0 M3
t
f ∈ O(E, q) ⇔ Ω = MΩM. Ceci fournit
t t
0 Ip M1 0 0 Ip M1 M2 0 M1 M1 M2
= t t = t t
Ip 0 M2 M3 Ip 0 0 M3 M3 M2 0 M3
t
0 M1 M3
= t t .
M3 M1 M3 M2 + t M2 M3
G ⊥ = P1 ⊕ . . . ⊕ Ps .
Ensuite, f/F = IdF et donc f/G = IdG . En particulier, f(G) = G et donc d’après la question III.A.1)a), f (P1 ⊕ . . . ⊕ Ps ) =
f(G⊥ ) = G⊥ = P1 ⊕ . . . ⊕ Ps . Ainsi, les restrictions de f aux deux sous-espaces supplémentaires G et P1 ⊕ . . . ⊕ Ps sont
des endomorphismes de ces sous-espaces et on en déduit que
b) Soit x ∈ V = Ker(f − IdE ). Si q(x) 6= 0, alors par hypothèse f(x) − x 6= 0 ce qui n’est pas. Donc q(x) = 0. On a montré
que q/V = 0.
n n n 3 n
c) dim(H) ∈ {n − 1, n} ou encore dim(H) > n − 1 = + −1 > + − 1 > . La question II.C.4) permet alors
2 2 2 2 2
d’affirmer que q/H 6= 0.
Soit alors y ∈ H⊥ = {x}⊥ tel que q(y) 6= 0. On a q(x ± y) = q(x) ± 2ϕ(x, y) + q(y) = 0 + 0 + q(y) = q(y) 6= 0. On a
montré que pour tout x de E tel que q(x) = 0, il existe y ∈ E tel que q(x + y) = q(x − y) = q(y) 6= 0.
d) Soit x ∈ E. Si q(x) 6= 0, alors q(f(x) − x) = 0.
Sinon, q(x) = 0 et il existe y ∈ E tel que q(x + y) = q(x − y) = q(y) 6= 0. Or
q(y) 6= 0 q(f(y) − y) = 0 q(f(y) − y) = 0
q(x + y) 6= 0 ⇒ q(f(x + y) − (x + y)) = 0 ⇒ q(f(x) − x) + 2ϕ(f(x) − x, f(y) − y) + q(f(y) − y) = 0
q(x − y) 6= 0 q(f(x − y) − (x − y)) = 0 q(f(x) − x) − 2ϕ(f(x) − x, f(y) − y) + q(f(y) − y) = 0
q(f(x) − x) + 2ϕ(f(x) − x, f(y) − y) = 0
⇒ ⇒ 2q(f(x) − x) = 0 ⇒ q(f(x) − x) = 0.
q(f(x) − x) − 2ϕ(f(x) − x, f(y) − y) = 0
Partie IV -
IV.A -
IV.A.1) Si n = 1, L (E) est constitué des homothéties. Maintenant, il n’y a que deux homothéties de déterminant ±1
à savoir IdE et −IdE . Réciproquement IdE et −IdE sont dans O(E, q) car pour tout x ∈ E, q(−IdE (x)) = q(−x) =
(−1)2 q(x) = q(x) = q(IdE (x)). Donc si n = 1, O(E, q) = {IdE , −IdE }.
−IdE est la réflexion par rapport à {0} (qui est un hyperplan non singulier de E). Donc −IdE est la composée de 1 réflexion
et puisque IdE est la composée de 0 réflexions, tout élément de O(E, q) est la composée d’au plus 1 réflexion. Le théorème
de Cartan-Dieudonné est démontré dans le cas n = 1.
Soit alors n > 1. Supposons le théorème de Cartan-Dieudonné démontré pour tout espace de dimension n − 1. Soient E
un espace de dimension n et f ∈ O(E, q).
IV.A.2) Supposons qu’il existe x0 ∈ E tel que f(x0 ) = x0 et q(x0 ) 6= 0. En particulier, x0 6= 0 et D = Vect(x0 ) est une
droite vectorielle. Si f = IdE , c’est fini. Sinon, puisque q(x0 ) 6= 0, q/D est non dégénérée ou encore D est non singulier.
D’après la question II.A.3), H = D⊥ = {x0 }⊥ est non singulier et E = D ⊕ H.
Puisque f(x0 ) = x0 , f/D = IdD et en particulier, f(D) = D. Mais alors d’après la question III.A.1)a), f(H) = H ou encore
f/H ∈ O(H, q/H ). Par hypothèse de récurrence, f/H est la composée d’au plus n − 1 réflexions s1′ , . . . , sp′ , 0 6 p 6 n − 1.
On note H1′ , . . . , Hp′ les hyperplans (hyperplans non singuliers de H) de ces réflexions.
Pour 1 6 i 6 p, on pose Hi = D ⊕ Hi′ . H1 , . . . , Hp sont des hyperplans de E. Pour tout i ∈ J1, pK, D est non singulier, Hi′
est non singulier et D et Hi′ sont orthogonaux, la question II.4.A) permet d’affirmer que ∀i ∈ J1, pK, Hi est un hyperplan
non singulier de E.
On peut donc s1 , . . . , sp , 1 6 p 6 n les réflexions d’hyperplans H1 , . . . , Hp . Les endomorphismes f et s1 ◦ . . . ◦ sp
coïncident sur les deux sous-espaces supplémentaires D et H et donc f = s1 ◦ . . . ◦ sp . Ainsi, f est une composée d’au plus
n − 1 réflexions et en particulier, d’au plus n réflexions.
IV.A.3) Supposons qu’il existe x0 ∈ E tel que q(x0 ) 6= 0 et q(f(x0 ) − x0 ) 6= 0. Soit y0 = f(x0 ). On a q(y0 ) = q(f(x0 )) =
q(x0 ) et q(x0 − y0 ) 6= 0. D’après la question III.A.2)d), si s est la réflexion selon H = {x0 − y0 }⊥ , alors s(x0 ) = y0 et donc
aussi s(y0 ) = x0 . On en déduit que s ◦ f(x0 ) = s(y0 ) = x0 .
Maintenant, la composée de deux éléments u et v de O(E, q) est un élément de O(E, q) car pour (x, y) ∈ E2 , q(u ◦ v(x)) =
q(v(x)) = q(x). Donc l’endomorphisme s ◦ f est dans O(E, q) et vérifie s ◦ f(x0 ) = x0 avec q(x0 ) 6= 0. D’après la question
précédente, il existe au plus n − 1 réflexions s1 , . . . , sp telles que s ◦ f = s1 ◦ . . . ◦ sp ou encore f = s ◦ s1 ◦ . . . ◦ sp . Dans
ce cas aussi, f est la composée d’au plus n réflexions.
IV.A.4) Les cas analysés en 2) et 3) s’écrivent :
Ce dernier cas est le cas analysé en III.B.3). E est un espace de dimension paire n = 2p > 4 (car n > 3), f ∈ O+ (E, q) et
Ker(f − IdE ) = Im(f − IdE ) = (Im(f − IdE ))⊥ est un sous-espace de dimension p > 2.
Avec les notations de III.B.3), U est un sous-espace de dimension p tel que U = U⊥ (et donc U est singulier) et en
particulier U = U ∩ U⊥ . Donc un supplémentaire de U ∩ U⊥ dans U est G = {0}. Avec les notations de II.C.2)b), on note
(e1 , . . . , ep ) une base de U = U ∩ U⊥ = U⊥ = V et on note U = P1 ⊕ . . . ⊕ Pp un complété non singulier de U avec, pour
1 6 i 6 p, (ei , ei′ ) base artinienne de Pi .
(e1 , . . . , ep ) est une base de Ker(f − IdE ) et donc ∀i ∈ J1, pK, f(ei ) = ei . D’autre part, (e1 , . . . , ep ) est aussi une base de
Im(f − IdE ) et donc pour i ∈ J1, pK, f(ei′ ) − ei′ ∈ Vect(e1 , . . . , ep ). La matrice de f dans la base B = (e1 , . . . , ep , e1′ , . . . , ep′ )
Ip A
est donc de la forme M = où A ∈ Mp (K). Réciproquement, d’après la question III.A.1)c), f ∈ O(E, q) ⇔
0 Ip
t
Ω = MΩM avec
t Ip 0 0 Ip Ip A 0 Ip Ip A 0 Ip
MΩM = t = = .
A Ip Ip 0 0 Ip Ip t A 0 Ip Ip A + t A
Ip A
Donc f ∈ O(E, q) ⇔ MatB = avec t A = −A. Solution inachevée.
0 Ip
IV.B -
http ://www.maths-france.fr 9 c Jean-Louis Rouget, 2010. Tous droits réservés.
IV.B.1) Supposons le résultat acquis quand les sous-espaces sont non singuliers. Si F (et F ′ ) sont nuls, g = IdE convient.
Soient F et F ′ deux sous-espaces non nuls tels qu’il existe une isométrie f de (F, q/F ) dans (F ′ , q/F ′ ). Avec les notations de
II.C.2), on note F = P1 ⊕ . . . ⊕ Ps ⊕ G un complété non singulier de F avec, pour 1 6 i 6 s, (ei , ei′ ) base artienne de Pi .
Puisque f est un isomorphisme, on a F ′ = Vect(f(e1 ), . . . , f(es )) ⊕ f(G).
Puisque f est une isométrie, pour y ∈ F, f(y) ∈ f(F)⊥ ⇔ ∀x ∈ F, ϕ(f(x), f(y)) = 0 ⇔ ∀x ∈ F, ϕ(x, y) = 0 ⇔ y ∈ F⊥ . Donc
f(F ∩ F⊥ ) = f(F) ∩ f(F)⊥ = F ′ ∩ F ′⊥ .
En résumé, (f(e1 ), . . . , f(es )) est une base de F ′ ∩ F ′⊥ et f(G) est un supplémentaire de F ′ ∩ F ′⊥ = (Vect(f(e1 ), . . . , f(es ))
dans F ′ .
Pour 1 6 i 6 s, on pose εi = f(ei ) puis on note F ′ = P1′ ⊕ . . . ⊕ Ps′ ⊕ f(G) un complété non singulier de F ′ avec, pour
1 6 i 6 s, (εi , εi′ ) base artienne de Pi′ . On définit alors f l’application linéaire de F dans F ′ par : f/F = f et ∀i ∈ J1, sK,
f(ei′ ) = εi′ .
s
X s
X s
X s
X
Soient x = xi ei + xi′ ei′ + z et y = yi ei + yi′ ei′ + t deux vecteurs de F avec (z, t) ∈ G2 .
i=1 i=1 i=1 i=1
s s s s
!
X X X X
′ ′ ′ ′
ϕ f(x), f(y) = ϕ xi εi + xi εi + f(z), yi εi + yi εi + f(t)
i=1 i=1 i=1 i=1
s
X s
X
= xi yi′ + xi′ yi + ϕ(f(z), f(t)) = xi yi′ + xi′ yi + ϕ(z, t)
i=1 i=1
s s s s
!
X X X X
=ϕ xi ei + xi′ ei′ + z, yi ei + yi′ ei′ +t = ϕ(x, y).
i=1 i=1 i=1 i=1
Donc f est une isométrie de (F, q/F ) sur (F ′ , q/F ′ ). Par hypothèse, il existe g ∈ O(E, q) telle que g/F = f et en particulier
g/F = f. Il suffit donc de démontrer le théorème de Witt quand F et F ′ sont non singuliers.
IV.B.2) a) Si q(x + y) = q(x − y) = 0, alors q(x) + 2ϕ(x, y) + q(y) = q(x) − 2ϕ(x, y) + q(y) = 0 et donc ϕ(x, y) =
q(x) + q(y) = 0. Comme y = f(x) et que f est une isométrie de (F, q/F ) sur (F ′ , q/F ′ ), on obtient 0 = q(x) + q(y) =
q(x) + q(f(x)) = 2q(x) et donc ϕ(x, x) = 0. Mais (x) est une base de F et donc q/F = 0 ce qui contredit l’hypothèse « F
est non singulier ». On a montré que l’un des deux nombres q(x + f(x)) ou q(x − f(x)) est non nul.
b) Si q(x − y) 6= 0, soit s la réflexion selon {x − y}⊥ . Puisque d’autre part, q(y) = q(f(x)) = q(x), la question III.A.2)d)
permet d’affirmer que s(x) = y = f(x) et donc s/F = f. s es un élément g de O(E, q) tel que g/F = f. Le théorème de Witt
est démontré dans le cas dim(F) = dim(F ′ ) = 1.
IV.B.3) a) Puisque F est non singulier, il existe x ∈ F tel que q(x) 6= 0. Soit F2 = Vect(x). q/F est non dégénérée et F2
est un sous-espace non singulier de (F, q/F ) car ϕ(x, x) = q(x) 6= 0. Donc, si F1 est l’orthogonal de F2 dans F, d’après la
question II.A.3), F1 est un sous-espace non singulier de (F, q/F ) et donc de (E, q) et F1 est un supplémentaire de F2 dans
F.
On a montré l’existence de deux sous-espaces non singuliers F1 et F2 de F tels que F1 ⊥F2 et F = F1 ⊕ F2 .
b) Soient x ∈ F2 et y ∈ F1 . ϕ(f(x), f(y)) = ϕ(x, y) = 0. Donc, ∀x ∈ F2 , f(x) ∈ F1′⊥ ou encore f(F2 ) ⊂ F1′⊥ . Ensuite, F2 ⊂ F⊥
1
et donc g(F2 ) ⊂ g(F⊥ ⊥ ⊥
1 ) = g(F1 ) = f(F1 ) = F1 .
′⊥
c) g(F2 ) ⊂ F1′⊥ . D’autre part, g−1 (g(F2 )) = F2 puis f ◦ g−1 (g(F2 )) = f(F2 ) ⊂ F1′⊥ .
Ainsi, g(F2 ) et f(F2 ) sont deux droites vectorielles non singulières de F1′⊥ (l’image d’un sous-espace non singulier par une
isométrie est clairement un sous-espace non singulier) et (f ◦ g−1 )/g(F2 ) est une isométrie de g(F2 ) sur f(F2 ). D’après la
question IV.B.2), il existe h ∈ O(F1′⊥ , qF1′⊥ ) telle que h/g(F2 ) = (f ◦ g−1 )/g(F2 ) .
d) Puisque F1 est non singulier, E = F1 ⊕ F⊥ 1 . Soit k l’endomorphisme de E défini par les égalités : k/F1 = f et k/F⊥ 1
=
⊥ ⊥ ′⊥
h ◦ (g/F⊥
1
) (g(F1 ) = g(F1 ) = F1 et donc h ◦ (g ⊥
/F1 ) est bien défini).
On a déjà k/F1 = f/F1 . Puis pour x ∈ F2 ⊂ F⊥ 1 , g(x) ∈ g(F2 ) et k(x) = h(g(x)) = (f ◦ g−1 )(g(x)) = f(x). Donc k/F2 = f/F2 .
On en déduit encore que k/F = f/F car F = F1 ⊕ F2 . Il reste à vérifier que k ∈ O(E, q).
Soit (x, y) ∈ F1 × F⊥ ′ ⊥ ′⊥
1 . ϕ(k(x), k(y)) = ϕ(f(x), h(g(y))) = 0 car f(x) ∈ f(F1 ) = F1 et h(g(y)) ∈ h(g(F1 )) = h(F1 ) = F1 .
′⊥
⊥
Donc k(F1 ) et k(F1 ) sont des sous-espaces orthogonaux.
Soit alors x ∈ E. Il existe (x1 , x2 ) ∈ F1 × F⊥
1 tel que x = x1 + x2 et donc q(k(x)) = q(k(x1 )) + 2ϕ(k(x1 ), k(x2 )) + q(k(x2 )) =
q(f(x1 )) + q(h(g(x2 ))) = q(x1 ) + q(x2 ) = q(x). Donc k ∈ O(E, q). On a montré qu’il existe k ∈ O(E, q) tel que k/F = f.
IV.B.4) D’après IV.B.2), le théorème de Witt est vrai quand F et F ′ sont deux sous-espaces non singuliers de dimension
1, et d’après IV.B.3), pour p > 2, si le théorème de Witt est vrai quand F et F ′ sont deux sous-espaces non singuliers de
dimension p − 1 alors le théorème de Witt est vrai quand F et F ′ sont deux sous-espaces non singuliers de dimension p.
Ceci montre le théorème de Witt par récurrence pour deux sous-espaces non singuliers et finalement d’après IV.B.1), le
théorème de Witt est démontré pour tous sous-espaces F et F ′ .