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Extrema de fonctions polynomiales et applications

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Université Claude Bernard Lyon 1 UE Analyse 4

L2, Semestre de Printemps 2022-2023

Feuille 6 : Extrema
CORRECTION
Exercice 1. Extrema de polynômes
Déterminer les extrema des fonctions suivantes :
1. f : R2 → R, (x, y) 7→ x4 − 2x2 + y 3 − 6y 2 − 4
2. f : R2 → R, (x, y) 7→ x4 + y 4 − 2(x + y)2
3. f : R3 → R, (x, y, z) 7→ 1 + 2y − 3y 2 + 2xz − 3z 2
Correction.
1. Déterminons les points critiques de f . Les dérivées partielles premières de f en (x, y) sont
∂f ∂f
(x, y) = 4x3 − 4x, (x, y) = 3y 2 − 12y,
∂x ∂y
et le système d’équations des points critiques est donné par

∇(x,y) f = 0 ⇐⇒ 4x3 − 4x = 3y 2 − 12y = 0 ⇐⇒ 4x(x2 − 1) = 3y(y − 4) = 0,

donc les points critiques de f sont

(0, 0), (0, 4), (1, 0), (1, 4), (−1, 0), (−1, 4).

Déterminons la hessienne de f en tout point (x, y) ∈ R2 :

12x2 − 4
 
0
Hf (x, y) =
0 12y − 12

On a donc  
−4 0
• Hf (0, 0) = est définie négative car ses valeurs propres sont −4 < 0 et −12 < 0,
0 −12
donc (0, 0) est
 un maximum  local.
−4 0
• Hf (0, 4) = est indéfinie car ses valeurs propres sont −4 < 0 et 36 > 0, donc
0 36
(0, 4) est un point selle.  
8 0
• Hf (1, 0) = Hf (−1, 0) = est indéfinie car ses valeurs propres sont 8 > 0 et
0 −12
−12 < 0, donc (1, 0) et (−1,
 0) sontdes points selles.
8 0
• Hf (1, 4) = Hf (−1, 4) = est définie positive car ses valeurs propres sont 8 > 0 et
0 36
36 > 0, donc (1, 4) et (−1, 4) sont des minima locaux.
2. Déterminons les points critiques de f . Les dérivées partielles premières de f en (x, y) sont
∂f ∂f
(x, y) = 4x3 − 4(x + y), (x, y) = 4y 3 − 4(x + y),
∂x ∂y
et le système d’équations des points critiques est donné par

∇(x,y) f = 0 ⇐⇒ 4x3 − 4(x + y) = 4y 3 − 4(x + y) = 0


3 3
√ x = y c’est-à-dire
On a donc nécessairement √ x = y, et on obtient 4x3 −8x = 0, donc 4x(x2 −2) =
0 et donc x = 0 ou x = 2 ou x = − 2. On obtient ainsi les points critiques
√ √ √ √
(0, 0), ( 2, 2), (− 2, − 2).
Déterminons la hessienne de f en tout point (x, y) ∈ R2 :

12x2 − 4
 
−4
Hf (x, y) =
−4 12y 2 − 4

On trouve ainsi
√ √ √ √
   
−4 −4 20 −4
Hf (0, 0) = , Hf ( 2, 2) = Hf (− 2, − 2) = .
−4 −4 −4 20

Le polynôme caractéristique de Hf (0, 0) est

P0 (X) = (−4 − X)2 − 42 = X 2 + 8X = X(X + 8),

donc les valeurs propres de Hf (0, 0) sont 0 et −8. On ne peut pas conclure directement. Soit
x ∈ R, calculons
f (x, x) = 2x4 − 8x2 = 2x2 (x2 − 4) ≤ 0
au voisinage de x = 0. Par contre, on a

f (x, −x) = 2x4 ≥ 0,

donc (0, 0) est un point selle de f . √ √


Le polynôme caractéristique de Hf ( 2, 2) est

P√2 (X) = (20 − X)2 − 42 = (20 − X − 4)(20 − X + 4) = (16 − X)(24 − X),


√ √ √ √
donc les valeurs propres de Hf ( 2, 2) √ 16 > 0 et 24 > 0, donc Hf ( 2, 2) est définie
√ sont
positive et ainsi f admet aux points ±( 2, 2) des minima locaux. Comme

f (x, y) = x4 +y 4 −2(x+y)2 = x4 +y 4 −2x2 −2y 2 −4xy ≥ x4 +y 4 −2x2 −2y 2 −2 x2 + y 2 = x4 +y 4




√ √
alors lim f (x, y) = +∞, donc les points ±( 2, 2) sont des minimiseurs globaux de f .
k(x,y)k2 →+∞

3. Les dérivées partielles de f en (x, y, z) ∈ R3 sont


∂f ∂f ∂f
(x, y, z) = 2z, (x, y, z) = 2 − 6y, (x, y, z) = 2x − 6z
∂x ∂y ∂z
et donc le système d’équations donnant les points critiques est

∇(x,y,z) f = 0 ⇐⇒ 2z = 2 − 6y = 2x − 6z = 0.

On obtient donc z = 0, puis x = 0 et y = 13 , donnant l’unique point critique


 
1
0, , 0 .
3

En tout point (x, y, z) ∈ R3 , la hessienne de f est donnée par


 
0 0 2
Hf (x, y, z) =  0 −6 0 
2 0 −6

de polynôme caractéristique
 
X 0 −2
P (X) = det(XI3 − Hf (x, y, z)) = det  0 6+X 0  = X 3 + 12X 2 + 32X − 24.
−2 0 6+X

Comme on a X 3 + 12X 2 + 32X − 24 = (X + 6)(X 2 + 6X − 4) alors les valeurs propres√sont les


solutions de X√+6 = 0, c’est-à-dire X = −6 > 0 et X 2 +6X −4 = 0, c’est-à-dire X = −3+ 13 > 0
et X = −3 − 13 < 0. Ainsi, le point (0, 1/3, 0) est un point selle pour f .
Exercice 2. Extrema sur un domaine
Soit f : R2 → R définie par f (x, y) = xy(1 − x2 − y 2 ) et K = [0, 1]2 .
1. Montrer que f admet un minimum et un maximum sur K.
2. Etudier les extrema de f sur son bord K\]0, 1[2 .
3. Etudier les extrema de f sur ]0, 1[2 .
4. Déduire des questions précédentes les points où f admet son minimum et son maximum sur K.
Correction.
1. f est une fonction continue, car polynomiale et K est un compact car [0, 1] est compact (fermé
borné dans R), donc d’après le théorème de Weierstrass, f admet un minimum et un maximum
sur K.
2. Le carré K\]0, 1[2 peut être écrit D1 ∪ D2 ∪ D3 ∪ D4 où les quatre côtés de ce carrés sont donnés
par
D1 := {(x, 0) : x ∈ [0, 1]}
D2 := {(x, 1) : x ∈ [0, 1]}
D3 := {(0, y) : y ∈ [0, 1]}
D3 := {(1, y) : y ∈ [0, 1]}.
Ainsi, on a
• Sur D1 et D3 , ∀x ∈ [0, 1], ∀y ∈ [0, 1], f (x, 0) = f (0, y) = 0.
• Sur D2 , ∀x ∈ [0, 1], f (x, 1) = −x3 admet son maximum 0 pour x = 0, c’est-à-dire au point
(0, 1) et son minimum −1 pour x = 1, c’est-à-dire au point (1, 1).
• Sur D4 , ∀y ∈ [0, 1], f (1, y) = −y 3 admet son maximum 0 pour y = 0, c’est-à-dire au point
(1, 0) et son minimum −1 pour y = 1, c’est-à-dire au point (1, 1).
Ainsi, sur K\]0, 1[2 ,
• f admet pour maximum 0 atteint en tout point de D1 , D3 ;
• f admet pour minimum −1 atteint au point (1, 1).
3. Sur l’ouvert ]0, 1[2 , calculons les dérivées partielles de f :
∂f ∂f
(x, y) = y(1 − x2 − y 2 ) + xy(−2x) = y(1 − 3x2 − y 2 ) (x, y) = x(1 − 3y 2 − x2 ),
∂x ∂y
et le système donnant les points critiques est
∇(x,y) f = 0 ⇐⇒ y(1 − 3x2 − y 2 ) = x(1 − 3y 2 − x2 ) = 0.
On obtient que (y = 0 ou y 2 = 1 − 3x2 ) et (x = 0 ou 1 − 3y 2 − x2 = 0).
Si y = 0, alors 1 − 3y 2 − x2 = 1 − x2 = 0 et donc x ∈ {−1, 1}.
Si x = 0, alors 1 − 3x2 − y 2 = 1 − y 2 = 0 et donc y ∈ {−1, 1}
Si y 2 = 1 − 3x2 , alors 1 − 3y 2 − x2 = 1 − 3(1 − 3x2 ) − x2 = 8x2 − 2 = 0, et donc x ∈ {−1/2, 1/2},
ce qui donne 1 − 3x2 = 1 − 3/4 = 1/4 et ainsi y ∈ {−1/2, 1/2}. Ainsi, l’unique point critique
appartenant à ]0, 1[2 est (1/2, 1/2).
Les dérivées secondes de f sur ]0, 1[2 sont données par
∂2f ∂2f ∂2f
(x, y) = −6xy, (x, y) = −6xy, (x, y) = 1 − 3y 2 − 3x2 ,
∂x2 ∂y 2 ∂x∂y
et la hessienne de f au point (1/2, 1/2) est donc
− 23 − 21
 
Hf (1/2, 1/2) = ,
− 12 − 23
de polynôme caractéristique
 3 1
  2
X+ 3 1
P (X) = det(XI3 −Hf (1/2, 1/2)) = det 1
2 2
3 = X+ − = (X + 2) (X + 1) ,
2 X+ 2 2 4
et donc les valeurs propres sont −1 et −2, ce qui veut dire que f admet un maximum au point
(1/2, 1/2) qui vaut f (1/2, 1/2) = 1/8.
4. On en déduit que f atteint son maximum 1/8 sur K au point (1/2, 1/2) et son minimum −1 au
point (1, 1).

Exercice 3. Un contre-exemple
Soit f : R2 → R définie par f (x, y) = x2 − xy 2 .
1. Montrer que (0, 0) est le seul point critique de f .
2. Montrer que la restriction de f à toute droite passant par (0, 0) admet en (0, 0) un minimum local.
3. Montrer que f n’admet pas d’extremum local en (0, 0).
Correction.
1. Les dérivées partielles de f au point (x, y) ∈ R2 sont

∂f ∂f
(x, y) = 2x − y 2 , (x, y) = −2xy.
∂x ∂y
Ainsi, les points critiques vérifient

2x − y 2 = 0 et − 2xy = 0.

La deuxième équation nous donne x = 0 ou y = 0. Si x = 0, alors la première équation devient


−y 2 = 0 et donc y = 0. Si y = 0, la première équation donne x = 0. Ainsi, le point (0, 0) est
l’unique point critique de f .
2. Toute droite de R2 non-verticale et passant par (0, 0) s’écrit, pour un certain a ∈ R,

Da := {(x, ax) : x ∈ R},

la droite verticale étant Dv = {(0, y) : y ∈ R}.


• Soit a ∈ R. La restriction de f à Da est

g : x 7→ f (x, ax) = x2 − x(ax)2 = −a2 x3 + x2 .

La dérivée de g en tout point x ∈ R est g 0 (x) = −3a2 x2 +2x = x(2−3a2 x). Celle-ci s’annule en
x = 0 d’après la première question (et cela se vérifie facilement). De plus, g 00 (x) = −6a2 x + 2
et donc g 00 (0) = 2 > 0. On en déduit que x = 0 est un minimiseur local de g, c’est-à-dire que
(0, 0) est un minimum local de fDa .
• La restriction de f à Dv est
h : y 7→ f (0, y) = 0.
Ainsi, y = 0 est trivialement un minimum local de h (comme tout y ∈ R).
3. Il suffit de trouver une courbe sur laquelle la restriction de f n’admet pas de minimum local en
(0, 0). C’est le cas par exemple pour

C := {(t2 , 2t) : t ∈ R}.

En effet, on a f (t2 , 2t) = t4 − t2 (2t)2 = −3t4 qui admet clairement un maximum local en t = 0.
Ainsi, f ne peut admettre d’extremum local en (0, 0).

Exercice 4. Formule de Taylor-Young et extrema


Dans chacun des cas suivants, donner la formule de Taylor-Young à l’ordre 2 de f au voisinage de a et
étudier la nature du point donné, s’il est critique.
1. f : R2 → R, (x, y) 7→ x2 − xy + y 2 , a = (0, 0)
2. f : R2 → R, (x, y) 7→ x3 + 2xy 2 − y 4 + x2 + 3xy + y 2 + 10, a = (0, 0)
Correction.
1. La fonction étant de classe C 2 sur R2 , elle admet des dérivées partielles premières et secondes qui
sont données par :
∂f ∂f
(x, y) = 2x − y, (x, y) = 2y − x
∂x ∂y
∂2f ∂2f ∂2f
(x, y) = 2, (x, y) = 2, (x, y) = −1.
∂x2 ∂y 2 ∂x∂y
On en déduit donc que ∇(0,0) f = 0 donc a est un point critique. De plus, la hessienne de f au
point a est  
2 −1
Hf (0, 0) = .
−1 2
On obtient donc, quand h = (h1 , h2 ) → (0, 0),
1
f (h) = f (0, 0) + h∇(0,0) f, hi + hHf (0, 0)h, hi + o(khk22 )
2
= h21 + h22 − h1 h2 + o(h21 + h22 )
 2
h2 3
= h1 − + h22 + o(h21 + h22 ).
2 4
2
Comme h1 − h22 + 43 h22 ≥ 0 avec égalité si et seulement si h2 = h1 = 0, on en déduit que
Hf (0, 0) est définie positive et que a est un minimum local de f .
2. La fonction étant de classe C 2 sur R2 , elle admet des dérivées partielles premières et secondes qui
sont données par :
∂f ∂f
(x, y) = 3x2 + 2y 2 + 2x + 3y, (x, y) = 4xy − 4y 3 + 3x + 2y
∂x ∂y
et
∂2f ∂2f ∂2f
(x, y) = 6x + 2, (x, y) = 4x − 12y 2 + 2, (x, y) = 4y + 3.
∂x2 ∂y 2 ∂x∂y
On trouve donc ∇(0,0) f = (0, 0) donc (0, 0) est un point critique de f . La hessienne de f au point
(0, 0) est donnée par  
2 3
Hf (0, 0) = ,
3 2
et on a donc, quand h = (h1 , h2 ) → (0, 0),

f (h) = 10 + h21 + h22 + 3h1 h2 + o(h21 + h22 ).


2
Comme Φ(h1 , h2 ) = h21 + h22 + 3h1 h2 = h1 + 23 h2 − 54 h22 , on a Φ(−3/2, 1) = −5/4 < 0 et
Φ(0, 1) = 1 > 0, donc (0, 0) est un point selle de f .

Exercice 5. Fonctions et parallélépipède


L’objectif de cet exercice est d’utiliser les extrema d’une fonction pour répondre à des questions d’opti-
malité géométrique.
1 1
1. Etudier les extrema éventuels de f :]0 + ∞[2 → R définie par f (a, b) = ab + + .
a b
2. En déduire qu’à volume fixé, le parallélépipède rectangle d’aire minumale est un cube.
Correction.
1. Les dérivées partielles de f sur (R∗+ )2 sont

∂f 1 ∂f 1
(a, b) = b − 2 , (a, b) = a − 2 .
∂a a ∂b b
1 11 4 3
On a ainsi ∇(a,b) f = 0 ⇐⇒ b = a2 et a = b2 , donc a =
2 = a , d’où a = 1 car a 6= 0
( a12 )
et ainsi a = 1. On trouve donc b = 1. Ainsi (1, 1) est l’unique point critique de f sur (R∗+ )2 . Les
dérivées partielles secondes de f sont

∂2f 2 ∂2f 2 ∂2f


(a, b) = 3 , (a, b) = 3 , (a, b) = 1.
∂a2 a ∂b2 b ∂a∂b
et la hessienne de f au point (1, 1) est
 
2 1
Hf (1, 1) = ,
1 2

de polynôme caractéristique

P (X) = (X − 2)2 − 1 = (X − 3)(X − 1)

qui a donc deux racines {1, 3} strictement positives. On en déduit que Hf (1, 1) est définie positive
et donc (1, 1) est un minimum local pour f . De plus, montrons que f (a, b) tend vers +∞ quand
k(a, b)k → +∞. En effet, si k(a, b)k → +∞, alors nécessairement a ou b tend vers +∞. Supposons
que ce soit a, alors pour b, on a trois cas :
— si b tend vers l’infini, alors comme f (a, b) ≥ ab → +∞, on a limk(a,b)k→+∞ f (a, b) = +∞ ;
— si b reste borné sans tendre vers 0, alors comme f (a, b) ≥ ab → +∞, on a limk(a,b)k→+∞ f (a, b) =
+∞ ;
— si b tend vers 0+ , alors comme f (a, b) ≥ 1b → +∞, on a limk(a,b)k→+∞ f (a, b) = +∞.
On en déduit que f admet un minumum global au point (1, 1).
2. Soit x, y et z les côtés d’un parallélépipède rectangle de volume V = xyz, son aire est
 
V V
A = 2(xy + yz + zx) = 2 xy + + .
x y
x y
Posons a = 1 et b = 1 , alors
V 3 V 3

 
2 1 1 2
A = 2V 3 ab + + = 2V 3 f (a, b),
a b

donc A est minimale si a = b = 1, c’est-à-dire x = y = z, ce qui correspond à un cube.

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