Lycée Blaise Pascal MPSI 1 - 2023/2024
MATHÉMATIQUES
Devoir n°7
Vendredi 22 Mars 2024
La qualité de la rédaction et de la présentation, la clarté et la précision des raisonnements
constitueront des éléments importants dans l’appréciation des copies. En particulier, il est
indispensable de conclure vos réponses et d’encadrer vos résultats à la règle.
On pourra admettre le résultat d’une question après l’avoir mentionné explicitement sur sa copie.
Questions de cours :
Donner la définition du rang d’une application linéaire u : E → F en dimension finie puis
énoncer le théorème du rang.
Donner le nombre d’applications d’un ensemble fini à p éléments dans un ensemble fini à
n éléments.
Donner le nombre d’anagrammes du mot ANAGRAMME.
Exercice 1 1. Rappeler le développement limité d’ordre 3 au voisinage de 0 de tan.
2. Retrouver le développement limité d’ordre 3 au voisinage de 0 de arctan.
tan x
3. Déterminer le développement limité d’ordre 2 au voisinage de 0 de x 7→ arctan x .
Problème 1 Les parties 1 et 2 sont complètement indépendantes. Pour la partie 3, on pourra
admettre si besoin la formule d’inversion de Pascal (partie 1) et l’encadrement final de la partie 2.
Partie 1 Formule d’inversion de Pascal
k
k
Soient n ∈ N∗ et (a0 , ..., an ) ∈ Rn+1 . Pour tout k ∈ J0, nK, on pose bk =
P
i ai . On souhaite
i=0
démontrer la formule d’inversion de Pascal exprimant les réels a0 ,..., an en fonction des réels
b0 ,..., bn par :
p
k p
X
p
∀p ∈ J0, nK, ap = (−1) (−1) bk .
k
k=0
1. Soient p ∈ N∗ et i ∈ J0, p − 1K.
p
p−i
(−1)k
P
a) Justifier k−i = 0.
k=i
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p
k p
p−i
b) Pour k ∈ Ji, pK, prouver que k i = i k−i .
p
p
k
(−1)k
P
c) En déduire que, pour tout i ∈ J0, p − 1K, on a k i = 0.
k=i
2. Utiliser les questions précédentes et la permutation d’une somme double pour établir la
formule d’inversion de Pascal. On traitera les cas p = 0 et p ∈ J1, nK séparément.
Partie 2 Critère spécial des séries alternées
On considère une suite décroissante (uk )k∈N de réels positifs telle que uk −→ 0.
k→+∞
n
(−1)k uk .
P
1. Pour tout entier naturel n, on note Sn =
k=0
a) Montrer que les suites (S2n )n∈N et (S2n+1 )n∈N sont adjacentes.
b) Justifier que la suite (Sn )n∈N converge. Dans toute la suite, on note S = lim Sn .
n→+∞
2. Pour tout entier naturel n, on note Rn = S − Sn .
a) Soit n ∈ N. Établir 0 ⩽ R2n+1 ⩽ u2n+2 et −u2n+1 ⩽ R2n ⩽ 0.
b) En déduire que, pour tout entier naturel p, on a |S − Sp | ⩽ up+1 .
Partie 3 Nombre de dérangements
Soient k et i deux entiers naturels tels que 0 ⩽ i ⩽ k.
Dans toute cette partie, on note A un ensemble fini de cardinal k. On appelle point fixe (ou
point invariant) d’une application f : A → A tout élément a de A tel que f (a) = a.
On note Iki le nombre de permutations de A admettant exactement i points fixes.
Une permutation qui ne laisse aucun point invariant est appelée un dérangement et on note
ak = Ik0 le nombre de dérangements de A (avec la convention a0 = I00 = 1).
1. Calculer Ikk , Ikk−1 et Ikk−2 (pour k ⩾ 2).
k
Iki .
P
2. a) Donner une expression simple de
i=0
k
Iki
b) Justifier que = i ak−i .
p
P (−1)k
c) Montrer que, pour tout p ∈ N, on a ap = p! k! .
k=0
k
iIki = k!.
P
3. a) Montrer que
i=0
b) Quel est le nombre moyen de points fixes d’une permutation d’un ensemble à k éléments ?
p j k
P (−1)k 1 p! 1
4. En admettant k! −→ e , montrer que ap = e + 2 .
k=0 p→+∞
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Problème 2
Partie 1
On considère deux réels a et b avec b non nul et on note E l’ensemble des suites réelles vérifiant
la relation de récurrence un+2 = aun+1 + bun , ie
n o
E = u = (un )n∈N ∈ RN , ∀n ∈ N, un+2 = aun+1 + bun .
1. Montrer que E est un sous-espace vectoriel de RN .
(
E → R2
2. On définit la fonction Φ : .
u = (un )n∈N → (u0 , u1 )
a) Montrer que Φ est une application linéaire.
b) Montrer que Φ est un isomorphisme.
c) En déduire que E est de dimension finie et préciser sa dimension.
3. On suppose que l’équation caractéristique r2 = ar + b possède une unique solution réelle
que l’on note r0 . On note U = (Un )n∈N et V = (Vn )n∈N les suites définies par
∀n ∈ N, Un = r0n et Vn = nr0n .
a) Montrer que U et V appartiennent à E.
b) Montrer que (U, V ) est une famille libre de E.
c) En déduire une forme explicite des suites appartenant à E.
Partie 2
On suppose désormais a + b ̸= 1 et on considère un polynôme P ∈ R[X] non nul dont on note d
le degré. On pose :
n o
E = u = (un )n∈N ∈ RN , ∀n ∈ N, un+2 = aun+1 + bun + P (n) .
On note Rd [n] l’ensemble des suites réelles u pour lesquelles il existe Q ∈ Rd [X] tel que :
∀n ∈ N, un = Q(n).
1. On admet que Rd [n] est un sous-espace vectoriel de RN . Démontrer que Rd [n] est de
dimension finie et déterminer soigneusement cette dimension.
2. Soient (λ1 , λ2 ) ∈ R2 . On suppose qu’il existe Q ∈ Rd [X] tel que, pour tout n ∈ N,
λ1 r0n + λ2 nr0n = Q(n).
a) Démontrer que, pour tout n ∈ N, on a Q(n + 2) = aQ(n + 1) + bQ(n).
b) Démontrer que Q(X + 2) = aQ(X + 1) + bQ(X).
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c) En déduire que Q est le polynôme nul puis que λ1 = λ2 = 0.
3. Pour tout v = (vn )n∈N ∈ Rd [n], on note f (v) la suite (vn+1 )n∈N . Montrer que f est un
endomorphisme de Rd [n].
4. Montrer que f 2 − af − bidRd [n] est un endomorphisme injectif de Rd [n].
5. En déduire que E ∩ Rd [n] n’est pas vide et décrire précisément la structure de E.
6. Déterminer l’ensemble E dans le cas a = 4, b = −4 et P = X + 1.
L’exercice 2 ci-après n’est à aborder que si toutes les questions précédentes ont été traitées.
Dans le cas contraire, les éventuelles réponses à cet exercice ne seront pas comptabilisées.
Exercice 2 Si E est un R-espace vectoriel, on note E ∗ l’ensemble des formes linéaires sur E.
1. Montrer que si E est de dimension finie alors E et E ∗ sont isomorphes.
2. Dans cette question, on suppose que E = R[X].
a) Justifier que E est isomorphe à l’espace vectoriel R(N) des suites réelles presque nulles.
b) Montrer que E ∗ est isomorphe à RN .
c) Soit (U (j) )j∈N une famille de vecteurs de RN . Ainsi, pour tout entier naturel j, U (j)
est une suite réelle que l’on notera également U (j) = (ai,j )i∈N . Montrer qu’il existe une
suite réelle U = (ui )i∈N telle que U n’appartient à aucun des sev Vect(U (0) , ..., U (p) )
lorsque p décrit N.
d) En déduire que E et E ∗ ne sont pas isomorphes.
On peut montrer que E et E ∗ sont isomorphes si et seulement si E est de dimension finie et on
pourra regarder à ce sujet l’énoncé du théorème d’Erdos-Kaplansky.