Granulats Recyclés : Béton Écologique
Granulats Recyclés : Béton Écologique
MONOGRAPHIE N° 32
Utilisation de granulats de béton
recyclés dans le béton
Monographie n° 32
Utilisation de granulats de béton recyclés dans le béton
La présente monographie a été rédigée sous la direction du groupe de travail ‘Recyclage et béton’, créé au sein
du Comité technique ‘Gros œuvre et entreprise générale’ du CSTC.
ANNEXE A
POSSIBILITÉS D’UTILISATION D’AUTRES MATÉRIAUX RECYCLÉS DANS LE BÉTON.................75
ANNEXE B
PROJETS RÉALISÉS À L’AIDE DE BÉTON À BASE DE GRANULATS RECYCLÉS..........................77
ANNEXE C
PRESCRIPTION DU BÉTON À BASE DE GRANULATS RECYCLÉS DANS LES CAHIERS
DES CHARGES................................................................................................................. 95
ANNEXE D
INVENTAIRE DÉTAILLÉ DES APPLICATIONS POTENTIELLES DES GRANULATS RECYCLÉS DANS
LA CONSTRUCTION ROUTIÈRE.......................................................................................... 95
ANNEXE E
EXPLICATION DES TERMES GRANULATS DE BÉTON, GRANULATS DE BÉTON DE HAUTE
QUALITÉ, GRANULATS DE BÉTON DE TYPE A ET DE TYPE A+...............................................100
BIBLIOGRAPHIE............................................................................................................................... 102
Contenu de la monographie
OBJECTIF
La présente monographie est consacrée au thème ‘recyclage de haute qualité’ des déchets de construction et de démolition,
et plus particulièrement à l’utilisation des granulats de béton recyclés dans le béton prêt à l’emploi. Ce document rassemble
les connaissances et l’expérience acquises, et est destiné aux différents acteurs de la chaîne des déchets de construction et
de démolition, c’est-à-dire du recyclage du béton concassé en vue d’obtenir des granulats utilisables dans le béton.
Il s’adresse, d’une part, aux entreprises qui produisent et utilisent du béton à base de granulats recyclés et qui doivent donc
être à même de relever les défis techniques et pratiques, à savoir les producteurs de béton et les entrepreneurs. D’autres
acteurs jouent toutefois un rôle dans ce processus : les démolisseurs et les experts de la démolition qui établissent le plan de
démolition doivent faire en sorte que les installations de tri et de concassage puissent produire des granulats recyclés de
qualité aptes à l’emploi dans le béton.
Cette monographie vise en outre à permettre aux auteurs de projets, aux bureaux d’études et aux maîtres d’ouvrage de pres-
crire l’utilisation de béton à base de granulats recyclés en toute confiance dans le cadre de leurs projets, en les éclairant sur
les possibilités et les limites de ce matériau dans diverses applications.
Ce document n’a pas pour vocation de faire office de règlement, de loi, de prescription technique ou de cahier des charges, ...
établissant des exigences spécifiques, mais bien de donner un aperçu des connaissances et de l’expérience acquises à ce jour
en la matière. Les informations reprises dans la présente monographie doivent par conséquent être considérées de ce point
de vue.
PORTÉE
La présente monographie se penche sur l’utilisation des granulats de béton recyclés dans le béton structurel pour bâtiments
et routes. Les granulats recyclés sont les granulats obtenus par concassage de débris de démolition. En d’autres termes,
l’objectif est de valoriser au mieux le béton. Cette ambition s’inscrit dans la philosophie de l’économie circulaire
‘cradle-to-cradle’ ou ‘bouclez la boucle’, qui vise à transformer les déchets en produits secondaires et à boucler le circuit des
matériaux aussi étroitement que possible (voir figure 1). Dans le cas des débris de béton, que le secteur de la construction
produit chaque année en grande quantité (plus de 5 millions de tonnes par an rien qu’en Belgique), ce recyclage se traduit
notamment par le réemploi du béton concassé dans du nouveau béton (voir figure 2A, p. 6). La valeur technique intrinsèque
des débris de béton concassé est ainsi exploitée de manière optimale. Cette forme plus durable d’utilisation des matières
Construction
Matières Production
premières
Énergie
Utilisation
Recyclage
Démolition
Fig. 1 Aperçu des différentes phases du cycle de vie d’un matériau de construction ou d’un bâtiment.
Cette monographie se concentre sur l’utilisation des granulats recyclés qui sont issus du concassage des débris de structures
et de revêtements en béton et qui présentent donc une haute teneur en béton et en pierre naturelle. La ‘fraction grossière’,
soit les granulats dont la plus petite dimension (diamètre minimal ‘d’) est supérieure ou égale à 4 mm, est considérée comme
la plus appropriée pour une utilisation dans le béton. Ces granulats sont en effet ceux qui s’approchent le plus des gros gra-
nulats naturels, pour lesquels on dispose du plus d’expérience et de connaissances.
Cette publication constitue dès lors une première étape : les possibilités d’exploitation d’autres flux de recyclage seront à leur
tour décrites ultérieurement. Les flux concernés sont résumés ci-après et l’Annexe A (p. 75) de la présente monographie
détaille les applications envisageables :
• en théorie, l’utilisation de granulats de béton fins (soit la fraction sableuse) est, elle aussi, concevable d’un point de vue
technique, mais entraîne en pratique davantage de difficultés en termes d’ouvrabilité. La prise et le développement de la
résistance du béton sont en effet susceptibles d’être plus fortement influencés par l’emploi de matériaux recyclés de
faibles dimensions
• les granulats de débris mixtes de qualité suffisante peuvent également servir à la réalisation de certains ouvrages en
béton. On constate toutefois que les granulats mixtes réduisent davantage la résistance à la compression; c’est pourquoi
des mesures correctives supplémentaires devront être envisagées. Des recommandations en la matière ont été établies
aux Pays-Bas notamment et plusieurs projets de recherche ont également été menés en Belgique
• enfin, notons que les flux de déchets ou de résidus issus d’autres secteurs que celui de la construction (comme les cendres
volantes, les laitiers de métallurgie, etc.) peuvent, eux aussi, être valorisés et recyclés, et ce, tant dans la construction
routière que dans les ouvrages en béton.
La construction et la démolition impliquent, par ailleurs, d’autres flux de déchets tels que le bois, les métaux, le plâtre, les
bitumes, les matériaux d’isolation, le béton cellulaire, etc. Les possibilités de valorisation et de recyclage de ces matériaux ne
seront pas abordées dans la présente monographie. Le lecteur intéressé trouvera de nombreux exemples de produits recyclés
dans la maison Recyhouse du CSTC.
STRUCTURE DE LA MONOGRAPHIE
Le chapitre 1 (p. 8) fait le point sur l’utilisation des ressources naturelles et la gestion des déchets dans le secteur de la
construction ainsi que sur la circularité. Il dresse l’historique des évolutions dans le domaine du recyclage des déchets de
construction et de démolition (axé sur la fraction pierreuse, les débris) dans des applications de haute qualité ainsi qu’un
aperçu des applications actuelles des granulats recyclés. Il décrit ensuite le cadre normatif en vigueur pour l’emploi des granu-
lats recyclés dans le béton. Pour terminer, le chapitre s’attarde sur les aspects de durabilité et sur l’impact environnemental.
Le chapitre 2 (p. 21) se concentre sur les granulats recyclés et sur les principales caractéristiques requises pour l’application
visée dans le béton. Il aborde en outre les processus (démolition, concassage des débris et traitement) permettant d’obtenir
des granulats recyclés de qualité.
Le chapitre 3 (p. 41) s’intéresse à l’utilisation des granulats recyclés dans le béton. Il vise principalement à exposer les possi-
bilités de remplacement des granulats primaires par des granulats de béton recyclés et leurs limites, à savoir l’effet sur la
résistance, l’ouvrabilité, la durabilité et les autres caractéristiques du béton. Certains aspects pratiques de la production du
béton à base de granulats recyclés sont également détaillés.
Les aspects relatifs à la mise en œuvre et au chantier sont traités au chapitre 4 (p. 56). Le processus (du projet initial à la réali-
sation) y est décrit, en tenant compte de la qualité, de la manière d’établir les prescriptions, des aspects de mise en œuvre, etc.
Chaque chapitre est ainsi dédié à un des maillons de la chaîne : le maître d’ouvrage, le producteur de granulats recyclés, la
centrale à béton et l’entrepreneur. La dernière section (chapitre 5, p. 66) formule, en guise de conclusion, une série de recom-
mandations concernant l’utilisation (plus large) des granulats recyclés dans le béton pour bâtiments et routes. Les parties
impliquées peuvent s’appuyer sur ces recommandations pour la réalisation de projets concrets.
La présente monographie a vu le jour grâce à différents projets de recherche et de développement et projets pilotes ainsi
qu’au soutien des organismes suivants :
• VLAIO (autrefois IWT, Agence flamande pour l’innovation par la science et la technologie) à travers le projet TETRA ‘ValReCon20’
• le SPF Économie et le NBN par l’intermédiaire de l’Antenne Normes ‘Béton, mortier, granulats’ et de la recherche prénorma-
tive ‘RecyBeton’
• Innoviris au travers de la Guidance technologique ‘Écoconstruction et développement durable en Région de Bruxelles-Capitale’
• le Service public de Wallonie (SPW) (DG06) par le biais des GT ‘COM-MAT’ et ‘Valowall’
et comprend divers éléments et figures issus du projet FVT/NIB2 ‘Stortklaarbeton voor de toekomst’ (Béton prêt à l’emploi du
futur), soutenu par VLAIO (autrefois appelé Agentschap Ondernemen).
B)
Fig. 2 A) Débris de béton concassés en granulats de béton recyclés, dont une partie est utilisable dans du béton neuf. B) Les débris mixtes
se composent d’un mélange de maçonnerie et de béton, qui est concassé en granulats mixtes recyclés. Ce matériau est principalement
employé dans les voies de chantier (temporaires) et dans les sous-fondations des constructions routières.
La présente monographie traite à la fois des applications ordinaires du béton dans les bâtiments et les ouvrages d’art que de son
emploi dans la construction routière. C’est pourquoi le CSTC et le CRR ont élaboré ce document conjointement. Le béton utilisé pour
les bâtiments et pour les routes est à peu près le même : il s’agit de béton frais (composé de sable, de ciment, d’eau, d’adjuvants
et de granulats grossiers) qui se transforme, après la prise et le durcissement du ciment ou du liant, en un matériau homogène,
résistant et durable.
Les bétons destinés à la construction routière se distinguent des bétons pour ouvrages d’art et bâtiments par leur mise œuvre (mode
de pose) ainsi que par les charges auxquelles ils sont soumis. Les exigences et les principes relatifs à leur composition s’avèrent
donc différents.
Le béton pour routes est dès lors traité séparément à différents endroits de ce document, étant donné que des exigences spécifiques
à leur composition ou à leurs performances différentes de celles du béton ‘ordinaire’ destiné à d’autres applications sont en vigueur
dans certains cas.
Le tableau 1 reprend les abréviations et les symboles figurant dans la présente monographie.
Organismes
CERTIPRO Organisme de contrôle et de certification (créé par VITO)
COPRO Organisme impartial de contrôle de produits pour la construction
CRIC Centre national de recherches scientifiques et techniques pour l’industrie cimentière
FEREDECO Fédération des recycleurs de déchets de construction
FPRG Federatie van Producenten van Recycling Granulaten
CRR Centre de recherches routières
Terminologie du béton (voir norme NBN B 15-001 [B9])
E0, EI, EE, ES, EA classes d’environnement telles que définies dans la norme NBN B 15-001 [B9]
rapport E/C rapport eau/ciment
RAS réaction alcalis-silice
fck résistance en compression caractéristique du béton
Terminologie des granulats (voir norme NBN EN 12620 [B21])
Caractéristiques géométriques
d diamètre minimal des granulats [mm]
D diamètre maximal des granulats [mm]
fx teneur en fines (< 63 µm) [% m/m]
Caractéristiques physiques
LA valeur Los Angeles ou résistance à la fragmentation
MDE valeur micro-Deval ou résistance à l’usure
Fx coefficient d’aplatissement
En Europe, le secteur de la construction est le principal consommateur de matières premières et de matériaux. Les activités de
construction et de démolition génèrent en outre près de 33 % des déchets produits annuellement en Europe [A1]. Il en va de
même en Belgique : le secteur de la construction produit environ 1,5 tonne de déchets de construction et de démolition par
habitant chaque année, soit plus de 20 millions de tonnes par an au total (estimation réalisée sur la base des données de
COPRO, CERTIPRO et FEREDECO).
Il va de soi qu’un volume de déchets aussi important représente un enjeu de taille. La consommation de matières premières
(exploitation, transformation et transport) a en effet un impact non négligeable sur l’environnement. De plus, l’ensemble des
déchets doit être traité, étant donné que les déchets pierreux mis en décharge occuperaient un espace précieux et pourraient
engendrer des émissions dans le sol et dans les nappes phréatiques.
Toutefois, le secteur de la construction est aussi le domaine idéal pour revaloriser de nombreux flux de déchets. Il y a plusieurs
dizaines d’années, des solutions techniques et des systèmes de gestion (tels que le contrôle de la qualité et le règlement sur
l’environnement) ont été mis au point, en vue de permettre le réemploi contrôlé des débris provenant de bâtiments et de
routes sous forme de granulats recyclés. Combinées à l’utilisation répandue des cahiers des charges types incluant les granu-
lats recyclés, ces mesures ont permis la valorisation de ces flux de déchets, essentiellement dans la construction routière,
pour les fondations et les sous-fondations. La Belgique fait ainsi partie des leaders européens en la matière, avec un taux de
recyclage des déchets de construction et de démolition supérieur à 90 %.
Europe.
Depuis quelques années cependant, ce procédé est de plus en plus considéré comme du ‘sous-cyclage’ (downcycling) plutôt
que du ‘recyclage’. On parle de sous-cyclage lorsque les matériaux recyclés ne sont plus utilisés de la même manière que dans
le produit original (béton, brique, ...), mais dans une application moins performante ou ‘de moindre qualité’. Le produit recy-
clé perd, de ce fait, une partie de sa valeur intrinsèque. On tend aujourd’hui de plus en plus vers des ‘flux de matériaux
durables’ et le ‘recyclage en boucle’, qui consiste à employer le matériau recyclé pour fabriquer le même produit ou un produit
similaire au matériau dont il provient.
Dans cette perspective, on peut envisager d’utiliser les granulats recyclés dans une gamme de produits supérieure (béton
structurel, par exemple). D’autant plus qu’il est impossible de savoir si le principal champ d’application actuel (à savoir les
fondations dans la construction routière) pourra encore absorber l’ensemble des granulats recyclés à long terme. En effet, si
l’on construit moins de nouvelles routes, on aura besoin de moins de fondations et les débouchés traditionnels seront réduits.
Par conséquent, les granulats recyclés devront être employés à un autre endroit ou dans une autre application. De plus, si les
granulats recyclés de qualité supérieure servent à d’autres applications telles que le béton, les matériaux de moindre qualité
resteront disponibles pour les applications existantes (comme les fondations).
L’intérêt croissant pour le recyclage ‘de haute qualité’ se traduit également sur le plan normatif : les normes belges et euro-
péennes sont progressivement élargies afin d’intégrer les matériaux recyclés. Ces changements doivent néanmoins encore
être mis en pratique. C’est pourquoi la présente monographie vise à établir un cadre de référence technique en matière
d’emploi des granulats (de béton) recyclés dans le béton. Grâce à l’ensemble des connaissances réunies, elle permettra à
l’avenir une application plus sereine du béton recyclé dans la pratique.
1.2 HISTORIQUE
Cette tendance s’inscrit dans la vision du CSTC, qui a lancé les premiers projets de recyclage dès les années 1970. Depuis lors,
le CSTC et le CRR ont mené diverses recherches, en collaboration avec différents partenaires, afin d’acquérir suffisamment de
connaissances scientifiques pour pouvoir soutenir le secteur. Ces études ont notamment débouché sur la parution de diverses
publications, lesquelles sont reprises et résumées ci-après.
Cet article décrit différentes techniques appliquées pour démolir le béton armé et le concasser, mais
aussi pour enlever l’armature. Il montre comment les granulats recyclés produits ont ensuite été
exploités pour fabriquer du ‘béton recyclé’, sur la base de différents types de béton mère âgés de
15 ans. Le béton ainsi obtenu offre une résistance comparable à celle d’un béton similaire ne contenant
pas de matériaux recyclés.
Il souligne en outre qu’il convient d’accorder une attention particulière à l’influence des impuretés présentes
dans les débris, au comportement du béton recyclé dans le temps (durabilité) et à l’effet du recyclage
partiel ainsi qu’à la faisabilité économique du recyclage, une fois la faisabilité technique démontrée.
Les activités du groupe de travail ‘Remploi des déchets’ du département flamand Environnement et
Infrastructure sont détaillées dans cet article. Celui-ci a élaboré une circulaire sur le remploi des débris
de construction et de démolition sous forme de granulats dans le béton destiné aux bâtiments et aux
ouvrages d’art. Ce document définit deux catégories de qualité des granulats de débris : les granulats
mixtes et les granulats de béton. Ces granulats peuvent être employés : soit dans un béton de classe
de résistance C16/20 et de classe d’exposition 1 (= environnement actuel EI) et 2A (= environnements
intérieur et extérieur non soumis au gel = classes d’environnement actuelles EE1 et EE2) pour les
granulats mixtes, soit dans un béton de classe de résistance C30/37 et de classe d’exposition 1 et 2
(= environnements intérieur et extérieur dépourvus de sels de déverglaçage et de produits
chimiques = classe d’environnement EE3) pour les granulats de béton de qualité supérieure.
Cet article se penche sur les possibilités d’utilisation des débris de béton et de maçonnerie dans des
blocs de béton, étant donné que celles-ci sont moins nombreuses dans la construction routière.
Des blocs creux de 19 × 19 × 39 cm ont été réalisés à partir de granulats de béton et de maçonnerie
de calibre 0/4 et 4/7 ou 0/8 (remplacement de 0 %, 33 %, 66 % et 100 %). Les résultats d’essais ont
montré que, d’une manière générale, les blocs présentent de bonnes performances. Au vu de leur
perméabilité à l’eau, certains blocs ne peuvent néanmoins être utilisés en maçonnerie extérieure ou
souterraine que si les précautions nécessaires sont prises. De plus, les essais n’ont pas révélé de
problèmes de résistance au gel.
Ces deux textes décrivent une étude (1994-1999) menée par le CSTC, en collaboration avec le CRIC et
les universités de Gand (Laboratorium Magnel voor Betononderzoek) et de Liège, et consacrée à
l’utilisation des granulats recyclés. La première partie se concentre sur la certification et l’amélioration
de la qualité des granulats, tandis que la seconde s’intéresse à leur utilisation dans le béton.
Les résultats font apparaître que la production de béton recyclé est techniquement possible moyennant
quelques précautions. Une étude préliminaire limitée du comportement des granulats de débris dans
la pâte de ciment, assortie de quelques mesures préventives en matière de conception et de durabi-
lité permet d’obtenir un béton recyclé de qualité. Des facteurs tels que le manque de résistance
mécanique des granulats de débris et leur absorption d’eau plus importante n’apparaissent pas
comme déterminants pour les performances finales du béton.
L’emploi de ciment low alkali (à faible teneur en alcalis) et de ciment de haut fourneau semble consti-
tuer une mesure judicieuse pour éviter une réaction alcalis-silice.
Literatuurstudie over de toepassingsmogelijkheden van puingranulaten in de
wegenbouw (2004) [D2] (Recherche documentaire concernant les applications
des granulats de débris dans la construction routière)
Cette étude donne un aperçu des possibilités d’application des granulats de débris en tant que matière
première dans les ouvrages routiers. Elle s’appuie sur les expériences pratiques (tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur) documentées dans la littérature scientifique.
La première étape consistait à évaluer la qualité des granulats de béton actuellement disponibles sur
le marché. La production de béton a ensuite été entamée, avec la mise au point d’un mélange composé
de 100 % de granulats de béton 8/20. Les propriétés mécaniques de diverses formulations ont été
testées. Enfin, la durabilité de ces mélanges de béton a également été examinée, en particulier la
résistance à la carbonatation et la résistance au gel. Divers autres projets consacrés au béton recyclé
ont par ailleurs été répertoriés et documentés, et leur état d’avancement analysé.
Ce projet a principalement permis de conclure qu’il est possible de fabriquer un béton appartenant
à la classe de résistance C25/30 en classe d’environnement EE1 (et EE2) dans lequel les gros granu-
lats sont entièrement remplacés par des granulats de débris de béton, à condition de respecter cer-
taines précautions.
Outre ces projets de recherche, le CSTC a participé activement à deux projets pilotes historiques :
• la démolition de l’écluse de Zandvliet et la construction de l’écluse de Berendrecht dans le port d’Anvers (1982-1988). Une
partie de l’écluse de Berendrecht a été érigée en béton à base de granulats recyclés
• la construction de la maison Recyhouse en 1999, dont la structure en béton est intégralement composée de béton à base
de granulats (de débris mixtes) recyclés.
Plus récemment, le CSTC a suivi et documenté, dans le cadre du projet NIB ‘Stortklaar beton voor de toekomst’ (Béton prêt à
l’emploi du futur), dix chantiers concrets utilisant des granulats recyclés.
Le présent paragraphe offre un aperçu des applications pour lesquelles on a le plus souvent eu recours à des granulats recy-
clés (dans plus de 90 % des cas) en 2019.
Tout d’abord, notons qu’outre les exigences techniques et les conditions limites, il existe en Belgique un cadre réglementaire
relatif au traitement des déchets, au recyclage des déchets en nouveaux matériaux et produits ainsi qu’à l’emploi des maté-
riaux recyclés dans certaines applications, notamment dans le secteur de la construction. Étant donné que la présente mono-
graphie porte avant tout sur les aspects techniques, nous nous contentons ici de donner un aperçu des principaux éléments
des réglementations en matière d’environnement et de produits :
• réglementation relative à la collecte, au stockage et au transport des déchets :
–– en Flandre : Milieuvergunningsdecreet (décret relatif au permis d’environnement) du 28 juin 1985 (et versions ulté-
rieures), complété par le règlement VLAREM fixant entre autres les exigences en matière de permis d’environnement
pour les établissements
–– en Wallonie : décret wallon du 11 mars 1999 relatif au permis d’environnement
–– à Bruxelles : ordonnance bruxelloise du 5 juin 1997 relative au permis d’environnement
• réglementation relative à la valorisation et au réemploi des granulats recyclés :
–– en Flandre : Materialendecreet (décret relatif aux matériaux, en vigueur depuis le 1er juin 2012, anciennement dénommé
décret relatif aux déchets), complété par le VLAREMA (règlement flamand relatif à la gestion durable du cycle des maté-
riaux et des déchets, autrefois appelé VLAREA). Ces réglementations fixent notamment les limites que les granulats
recyclés ne peuvent pas dépasser en termes de composition (présence de certains composés organiques) et de lessi-
vage (des métaux lourds en particulier) et stipulent que leur qualité (environnementale) doit être certifiée conformé-
ment au ‘règlement unitaire’ (eenheidsreglement)
–– en Wallonie : arrêté du Gouvernement wallon favorisant la valorisation de certains déchets du 14 juin 2001, qui régit la
valorisation des débris en granulats recyclés
–– à Bruxelles : aucune réglementation spécifique à ce domaine n’est (actuellement) en vigueur, étant donné que la plu-
part des granulats recyclés sont produits en Flandre et en Wallonie. La Région travaille toutefois à l’établissement d’un
cadre bruxellois clair complétant le cadre existant en matière de ‘sol’
• réglementation fédérale et européenne en matière de produits (de construction) :
–– le Règlement européen sur les produits de construction (règlement UE no 305/2011 [C6]) établit les dispositions rela-
tives à la commercialisation des produits de construction. Il comprend, entre autres, les règles concernant l’apposition
et le respect du marquage CE.
À l’heure actuelle, les granulats recyclés issus des déchets de construction et de démolition servent avant tout à la construc-
tion de fondations et de sous-fondations d’ouvrages de voirie, sous forme de matériau lié ou non. Cela s’explique notamment
par l’existence de prescriptions techniques claires dans les cahiers des charges standard et les cahiers des charges types qui
ont été établis par les autorités et qui permettent l’utilisation de matériaux recyclés :
• le Standaardbestek (SB) 250 (cahier des charges type) [M2] pour la construction routière en Flandre, version 3.1 datant de
septembre 2014 (1)
• le cahier des charges type (CCT) Qualiroutes 2016 [S2] en Wallonie (2)
• le cahier des charges type (CCT) 2015 [M3] de la Région de Bruxelles-Capitale (3).
Dans un premier temps, on fixe des critères explicites auxquels les granulats recyclés doivent satisfaire (définition, composi-
tion, caractéristiques techniques, etc.). On détermine ensuite quels types de granulats recyclés peuvent être utilisés dans
chaque application (sous-fondations, fondations, béton maigre, etc.), en ajoutant d’éventuelles exigences complémentaires
concernant les spécificités techniques.
Le tableau 2 reprend les applications autorisées pour les différents types de granulats recyclés (dans les colonnes) selon le
cahier des charges type SB 250 pour la construction routière en Flandre, sous réserve que l’ensemble des conditions techniques
soient remplies. Des tableaux similaires peuvent être dressés pour la Wallonie et pour Bruxelles. Pour de plus amples informa-
tions à ce sujet, on consultera l’Annexe D (p. 95) ‘Possibilités d’application des granulats recyclés dans la construction routière’.
Granulats d’asphalte
Granulats de béton
Granulats de béton
Granulats de béton
Granulats mixtes
de haute qualité
non goudronné
et d’asphalte
Granulats de
maçonnerie
Application
Remblai et rehaussement X X X X X X
Sous-fondations X X X X X X
Fondations en empierrement à granularité discontinue X X
Stabilisé unique-
Fondations en empierrement à granularité continue X X X (*) ment aux liants
hydrauliques
Béton maigre pour fondations et revêtements routiers, élé-
X X X
ments routiers, bâtiments et ouvrages d’art
Asphalte maigre pour fondations X X X (*) X
Il est à noter que le cahier des charges type SB 250 pour la Flandre comprend également une disposition particulière relative
à l’emploi de granulats de béton recyclés spécifiques dans certains ouvrages en béton. Nous reviendrons sur ce point plus loin
dans la présente monographie.
Outre la construction routière, il existe d’autres possibilités d’application intéressantes pour les granulats recyclés. On pense,
d’une part, aux voies de chantier et aux plateformes de travail temporaires et, d’autre part, aux mélanges stabilisés et au
béton maigre. Ces applications font l’objet d’une série de normes spécifique, à savoir NBN EN 14227-1 à 14227-5 [B28 à B32].
La première partie de la norme NBN EN 14227 [B28] est ainsi intitulée : ‘Mélanges traités aux liants hydrauliques. Spécifica-
tions. Partie 1 : mélanges granulaires liés au ciment.’ Cette série de norme permet de certifier les mélanges de béton maigre
ou les mélanges sable/ciment.
1.4 CADRE NORMATIF POUR L’UTILISATION DE GRANULATS RECYCLÉS DANS LE BÉTON PRÊT
À L’EMPLOI
Une norme décrit les règles de bonne pratique applicables, dès leur adoption, à un produit, à un service ou à un processus de
production déterminé (4). Les normes sont appliquées sur base volontaire : personne n’est obligé de les respecter. Elles
revêtent toutefois un caractère contraignant lorsqu’elles sont reprises dans des textes législatifs, des arrêtés, des contrats et
autres, ce qui est souvent le cas dans le secteur de la construction, où les cahiers des charges y font référence.
Le cadre normatif pour l’utilisation des granulats recyclés dans le béton comprend plusieurs normes liées entre elles. Au
niveau européen, il existe des normes dédiées aux granulats et d’autres consacrées au béton. Ces normes européennes sont
également en vigueur en Belgique, à condition d’avoir été adoptées dans notre pays et complétées de dispositions spéci-
fiques établies au niveau national dans les normes belges.
En ce qui concerne les granulats, plusieurs normes européennes (NBN EN 12620 [B21], NBN EN 13043 [B23], NBN EN 13242
[B25], etc.) permettant de caractériser et de classer les granulats en fonction de diverses caractéristiques (granularité, résis-
tance mécanique, absorption d’eau, etc.) ont été publiées. Ces dernières sont décrites plus en détail au chapitre 2 (p. 21). Le
marquage CE (conformité) et la certification de certaines propriétés des granulats reposent sur les normes européennes. S’ils
satisfont aux exigences de la norme NBN EN 12620 [B21] ‘Granulats pour béton’, les granulats recyclés sont ‘généralement’
aptes à l’emploi dans le béton. Cette ‘aptitude générale’ ne signifie toutefois pas forcément que ces granulats peuvent toujours
être utilisés dans le béton, puisque des exigences complémentaires spécifiques peuvent être fixées pour chaque application.
En effet, le béton est lui aussi soumis à des normes. Il s’agit avant tout de la norme européenne NBN EN 206 (2014) [B14], qui
définit les règles relatives à la spécification et à la production du béton ainsi qu’à ses caractéristiques. Une annexe informa-
tive E détaillant les possibilités d’utilisation des granulats recyclés dans le béton y a été ajoutée en 2014. La norme euro-
péenne est en outre complétée par la norme belge NBN B 15-001 (2018) [B9], dont la version la plus récente comprend des
dispositions claires concernant l’emploi des granulats recyclés.
La norme NBN B 15-001 [B9] définit tout d’abord les propriétés des granulats de béton (de type A+ (5)) utilisables dans certains
ouvrages en béton. Les granulats recyclés doivent en effet présenter une qualité suffisante et posséder certaines caractéris-
tiques en termes de granularité, de propriétés mécaniques et physiques, ... :
(extrait de la norme NBN B 15-001 [B9])
‘[Link] Granulats de béton de type A+
Les granulats de béton de type A+ sont des granulats recyclés de béton qui répondent à la NBN EN 12620 et aux exigences complémentaires suivantes :
• d ≥ 4 mm et D ≥ 10 mm
• répond au moins aux catégories de composition Rc90/Rcu95/Ra1-/XRg0,5-/FL2- de la NBN EN 12620
• répond au moins aux catégories FI20, f1,5, LA35, SS0,2, A40 de la NBN EN 12620
• possède une masse volumique (ρrd) d’au moins 2.200 kg/m³
• a une absorption d’eau d’au plus 10 %, avec une variation de maximum ± 2 %, en regard de la valeur déclarée.
Pour une application particulière où une finition de surface de très haute qualité est exigée, la catégorie FL est limitée à FL0,2-.’
La signification de ces caractéristiques et de ces codes est explicitée au chapitre 2 (p. 21). En bref, les granulats de béton
recyclés doivent être dotés de bonnes propriétés mécaniques et être exempts de tout contaminant physique ou chimique. Une
exigence complémentaire s’applique aux ouvrages tels que les sols polis en ce qui concerne les particules flottantes, en vue
d’éviter que celles-ci ne remontent à la surface du béton.
Ces granulats de béton recyclés (de type A+) peuvent être employés dans certaines applications, conformément aux disposi-
tions du § [Link].1 de la norme NBN B 15-001 [B9]. Les taux de substitution sont exprimés en pourcentage en volume (% v/v) :
(extrait de la norme NBN B 15-001 [B9])
‘Les granulats qui répondent à la NBN EN 12620 et au [Link] ou [Link], peuvent être utilisés dans des classes d’exposition reprises dans le tableau 6-ANB
et dans les classes d’environnement reprises dans les tableaux 7-ANB et 8-ANB. Le pourcentage de remplacement maximum renseigné dans ces tableaux doit
être respecté.
Les granulats de béton de type A+ peuvent être utilisés pour des classes de résistance à la compression ≤ C30/37.’
Les tableaux 6-ANB, 7-ANB et 8-ANB de la norme NBN B 15-001 [B9] correspondent respectivement aux tableaux 3, 4 et 5 du
présent document.
Tableau 3 Pourcentage maximal de remplacement des gravillons (% en volume) en fonction de la classe d’exposition pour du béton non
armé et du béton armé.
Classe d’exposition X0 XC1, XC2 XC3, XC4, XF1, XF3, XA1, Autres classes
XD1 d’exposition
Granulats de béton de type A+ 50 % 30 % 20 % 0%
Tableau 4 Pourcentage maximal de remplacement des gravillons (% en volume) en fonction de la classe d’environnement pour du béton non
armé.
Classe d’environnement E0, EI, EE1 EE2, EE3, ES1, ES2, ES3, EE4, ES4, EA2, EA3
EA1
Granulats de béton de type A+ 50 % 20 % 0%
Tableau 5 Pourcentage maximal de remplacement des gravillons (% en volume) en fonction de la classe d’environnement pour du béton
armé.
Béton armé
Classe d’environnement EI EE1 EE2, EE3, EA1 EE4, ES1, ES2, ES3, ES4,
EA2, EA3
Granulats de béton de type A+ 30 % 30 % 20 % 0%
Gel + pluie
EE3 En pratique, cela signifie donc que l’on
peut utiliser des granulats de béton de
Air marin + gel haute qualité pour fabriquer du béton
EE4 EE4 non armé dans presque tous les envi-
ES2
EE2 EI ronnements.
Fig. 4 Illustration des différentes classes d’environnement selon la classification de la norme NBN B 15-001 [B9].
La norme autorise en outre l’emploi de granulats recyclés dans le béton pour d’autres classes d’environnement et de résis-
tance à la compression ainsi que pour des taux de substitution supérieurs ou encore dans le béton précontraint. L’aptitude à
l’emploi dans la composition de béton et l’application envisagées doit néanmoins être démontrée, même s’il n’existe pas de
règles clairement établies à cet effet :
(extrait de la norme NBN B 15-001 [B9])
‘En cas de pourcentage de remplacement plus élevé ou d’utilisation dans d’autres classes d’expositions et de compression ainsi que dans du béton précontraint,
les aptitudes spécifique et générale à l’emploi doivent être démontrées pour la composition et l’usage prévus.’
La norme NBN B 15-001 [B9] comprend également diverses autres dispositions relatives à l’utilisation des granulats recyclés :
• l’absorption d’eau des granulats recyclés considérée dans le calcul du rapport eau/ciment doit correspondre à la valeur sur
24 heures, déterminée selon la méthode décrite à l’annexe C de la norme NBN EN 1097-6 [B17]
• si l’on emploie des granulats dont l’absorption d’eau est supérieure à 3,0 % dans des classes d’environnement autres que
E0 et EI ou dans des classes d’exposition autres que X0 et XC1, le rapport eau/ciment prévu à l’annexe F de la norme doit
être réduit comme suit :
–– si la proportion volumique des granulats recyclés ou artificiels par rapport aux gros granulats est inférieure à 20 %, le
rapport E/C doit être diminué de 0,01
–– si la proportion volumique des granulats recyclés ou artificiels par rapport aux gros granulats est supérieure ou égale
à 20 %, le rapport E/C doit être diminué de 0,02
• le bon de livraison doit mentionner que le béton contient des granulats recyclés et comprendre une indication du pourcen-
tage volumique maximal ainsi qu’une référence aux propriétés des granulats recyclés.
Notons que la norme inclut aussi des dispositions concernant les granulats mixtes ou granulats de type B+ :
(extrait de la norme NBN B 15-001 [B9])
‘[Link] Granulats mixtes de type B+
Les granulats mixtes de type B+ sont des granulats mixtes qui répondent à la NBN EN 12620 et aux exigences complémentaires suivantes :
• d ≥ 4 mm et D ≥ 10 mm
• satisfait au moins aux catégories de composition Rc50/Rcu70/Rb30-/Ra5-/XRg2-/FL2- de la NBN EN 12620
• satisfait au moins aux catégories FI50, LA50, SS0,2, A40 de la NBN EN 12620
• a une masse volumique (ρrd) d’au moins 1.700 kg/m³
• a une absorption d’eau d’au plus 15 %, avec une variation de maximum ± 2 %, en regard de la valeur déclarée.
L’aptitude générale à l’emploi est démontrée pour les granulats mixtes de type B+.’
Ces granulats peuvent servir à la fabrication de bétons présentant une classe de résistance jusqu’à C20/25 et dans :
• les classes d’exposition X0 et XC1, avec maximum 20 % v/v de la fraction grossière
• les classes d’environnement E0 et EI, avec maximum 20 % v/v de la fraction grossière.
La norme exclut l’emploi de granulats de type B+ dans les ouvrages requérant une finition de surface de haute qualité.
En Flandre, le Standaardbestek 250 (cahier des charges type) [M2] autorise expressément l’emploi des granulats de béton dits
‘de haute qualité’ dans la couche inférieure d’un revêtement en béton bicouche et dans les éléments linéaires. L’utilisation de
granulats de béton de haute qualité est limitée à 20 % de la fraction grossière dans la couche inférieure du revêtement
bicouche et dans les éléments linéaires en béton (fabriqués sur place : bordures de trottoirs, rigoles de trottoirs et bandes de
démarcation, dispositifs de retenue, bandes de contrebutage et rigoles). Dans ce cadre, les granulats doivent répondre à
diverses exigences et définitions spécifiques :
• définition : les granulats de béton de haute qualité sont des granulats de béton obtenus par concassage des débris de
béton à haute résistance à la compression issus de revêtements en béton de ciment, d’éléments linéaires et d’autres élé-
ments constructifs similaires provenant de bâtiments et d’ouvrages d’art
• exigences auxquelles les granulats de béton de haute qualité doivent satisfaire :
–– d ≥ 4 mm et D ≥ 10 mm
–– appartiennent au moins aux catégories de composition Rc90/Rcu95/Ra1-/XRg0.5-/FL2- de la norme NBN EN 12620 [B21]
–– entrent au moins dans les catégories FI20, f1,5, LA35, SS0,2,WA10 de la norme NBN EN 12620 [B21]
–– possèdent une masse volumique (ρrd) d’au moins 2.200 kg/m³
–– ont une absorption d’eau d’au plus 10 %, avec une variation de maximum environ 2 % par rapport à la valeur déclarée.
En pratique, cela signifie que la fraction fine est tamisée et que les gros granulats se composent d’au moins 90 % de
béton concassé et de 95 % de béton concassé et de granulats naturels, et que la contamination par d’autres compo-
sants (brique, matériaux non pierreux, verre, particules flottantes) est limitée. Le document fixe en outre des exigences
concernant le coefficient d’aplatissement (forme des granulats), la teneur en fines, la résistance à la fragmentation, la
masse volumique et l’absorption d’eau ainsi que la présence de sulfates.
1.6 CADRE NORMATIF POUR L’UTILISATION DE GRANULATS RECYCLÉS DANS LES PRODUITS
PRÉFABRIQUÉS EN BÉTON
D’une manière générale, la norme NBN EN 13369 (2013) [B26] et son complément belge, la norme NBN B 21-600 (2009) [B13]
‘Règles communes pour les produits préfabriqués en béton’ s’appliquent.
Dans le cas des produits préfabriqués, les normes portant sur des groupes de produits particuliers renvoient en principe aux
normes générales, à savoir les normes NBN EN 13369 et NBN B 21-600, en mentionnant quels passages diffèrent de ces der-
nières. Ces documents renvoient aux normes NBN EN 206 [B14] et NBN B 15-001 [B9] en ce qui concerne la composition du
béton en général. Les informations mentionnées au § 1.4 (p. 13) restent dès lors applicables.
La norme européenne NBN EN 13369 [B26] comporte en outre des dispositions spécifiques concernant l’utilisation de granulats
recyclés. Elle autorise l’emploi de granulats recyclés concassés provenant de produits préfabriqués issus de la même usine (‘recy-
clage interne’) pour remplacer au maximum 10 % m/m de la quantité totale de granulats (et donc pas uniquement la fraction gros-
sière) dans le mélange de béton, sans tester la résistance mécanique et les propriétés du produit durci, à l’exception de la résistance
à la compression. Pour des applications spécifiques, la quantité de granulats ainsi récupérés est limitée à 5 % m/m si nécessaire.
Le document comprend une annexe informative Q, qui donne davantage d’informations au sujet de l’emploi des granulats
recyclés. Cette annexe informative ne doit pas être considérée comme une norme belge en tant que telle, mais plutôt comme
un guide :
• en règle générale, on peut utiliser jusqu’à 5 % m/m de granulats recyclés, sans vérifier d’autre propriété que la résistance
à la compression du béton
• dans le cas des granulats recyclés produits en interne (provenant de la même entreprise) :
–– on peut employer 10 % m/m des granulats utilisés sans réaliser d’autres essais que celui de la résistance à la compression
–– la proportion de granulats recyclés peut même monter jusqu’à 20 % m/m, si :
⊗⊗ la résistance mécanique du produit en béton est déterminée par calcul et l’ensemble des propriétés mécaniques
prises en compte dans le calcul sont testées
⊗⊗ la résistance mécanique du produit en béton est déterminée par essai en vraie grandeur
–– un taux de substitution plus élevé peut être admis lorsque toutes les propriétés nécessaires au bon calcul sont déter-
minées par essai
–– on ne peut se servir des granulats que s’ils proviennent d’un béton présentant une durabilité au moins identique à celle
du béton auquel ils sont destinés. Cette règle n’est pas valable pour les bétons de classes d’exposition X0, XC1 et XC2
• dans le cas des granulats recyclés produits en externe :
–– s’il s’agit uniquement de béton dont la provenance et les caractéristiques (composition) sont connues, les mêmes
règles que pour les granulats produits en interne s’appliquent
–– dans le cas contraire, les granulats doivent être composés d’au moins 90 % de béton (RC90 selon la norme NBN
EN 933-11 [B16]) et seule la moitié de la valeur autorisée pour les granulats produits en interne peut être utilisée.
Le règlement d’application général RAG 21-600 pour l’obtention d’une certification BENOR des produits en béton impose en
outre une exigence supplémentaire : les granulats de débris de béton produits en externe ne peuvent être utilisés que dans
les bétons de classes d’environnement E0, EI, EE1 et EE2.
Dans la présente monographie, nous ne détaillerons pas les aspects spécifiques à l’utilisation de matériaux recyclés dans les
produits préfabriqués.
Afin de quantifier l’avantage de l’utilisation de granulats recyclés pour l’environnement, on peut recourir à une analyse du
cycle de vie ou ACV (ou LCA). Cette technique prend en compte l’ensemble des impacts environnementaux engendrés tout au
long du cycle de vie, de la production des matières premières à la fin de vie du produit (du berceau à la tombe ou from-cradle-
to-grave). À la lumière des études internationales existantes qui comparent le béton à base de granulats recyclés et le béton
ordinaire [K3, T2, D1], nous pouvons formuler les conclusions suivantes :
• par rapport au score environnemental global du béton, la réduction de l’impact environnemental obtenue grâce au rempla-
cement des granulats primaires par des granulats recyclés est limitée, comme on peut le voir à la figure 5. Ce phénomène
est lié à l’importante contribution de l’emploi du ciment, lequel a un impact considérable sur le climat et notamment sur le
réchauffement climatique en raison des importantes quantités de CO2 émises lors de sa production. Dans le cas du béton
armé, l’armature a, elle aussi, un impact environnemental non négligeable
• les granulats recyclés obtiennent de meilleurs résultats que les granulats primaires pour certains indicateurs environne-
mentaux (tels que l’utilisation du sol, l’épuisement des ressources, ...)
• l’avantage environnemental dépend de la distance de transport des granulats. Si les granulats recyclés sont disponibles
au niveau local, on observe une réduction de l’impact environnemental (tant que la distance de transport reste inférieure
à 25 km, par exemple)
• la réduction obtenue est aussi fonction de la quantité de ciment nécessaire pour compenser les éventuelles pertes dues à
l’utilisation de granulats recyclés. Les conclusions précédentes sont valables lorsque la teneur en ciment ne doit pas être
accrue.
16
15
[ReCiPe endpoint : Europe ReCiPe H/A (2008)]
14
13
12
11
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
remplacement 0 % remplacement 20 % remplacement 100 %
Fig 1
changement climatique (impact sur la santé humaine) appauvrissement de la couche d’ozone
toxicité humaine formation de particules fines
écotoxicité marine occupation du territoire agricole
épuisement des ressources métalliques acidification des sols
changement climatique (impact sur les écosystèmes) écotoxicité terrestre
formation d’ozone photochimique (smog) occupation du territoire urbain
radiation ionisante acidification de l’eau douce
épuisement des ressources fossiles écotoxicité, eau douce
transformation du territoire naturel
Fig. 5 Aperçu d’une analyse du cycle de vie (exprimée en points environnementaux ReCiPe) pour 1 m³ de béton (non armé) présentant un taux de
substitution de la fraction granulaire par des granulats recyclés de respectivement 0, 20 et 100 % (avec des distances de transport identiques).
La littérature montre que l’on n’a pas encore pu établir de conclusions univoques en la matière à ce jour. Cette absence de
consensus est principalement liée aux choix méthodologiques ainsi qu’à la définition de l’unité fonctionnelle appropriée
(comparaison de bétons de même résistance, par exemple) et des limites du système adaptées (démolition, processus de
recyclage, acier, ... pris en compte ou non).
C’est pourquoi, dans le cadre du projet NIB ‘Stortklaar beton voor de toekomst’, une analyse du cycle de vie a été intégrée dans
diverses études de cas flamandes pour lesquelles du béton à base de granulats recyclés a été mis en œuvre.
1.7.2 RÔLE DES MATÉRIAUX RECYCLÉS AU SEIN DES SYSTÈMES D’ÉVALUATION DE LA DURABILITÉ
Il existe un autre moyen pour évaluer l’impact environnemental des granulats recyclés, à savoir la méthode BREEAM (6)
(BRE Environmental Assessment Method, version internationale, 2016). Dans ce contexte, l’emploi de granulats recyclés per-
met d’influer sur plusieurs aspects environnementaux essentiels, soit :
• matériaux – impact environnemental des produits et des composants (ACV) : l’utilisation de granulats recyclés dans des
produits en béton a un effet positif (bien que très limité) sur l’impact environnemental du produit ou de l’élément,
c’est-à-dire une amélioration de l’ordre de 3 à 5 %. Ce sont principalement d’autres facteurs qui déterminent l’impact envi-
ronnemental, comme l’emploi de ciment dans le cas présent
• matériaux – extraction durable : le recours à des granulats recyclés a une influence positive sur ce critère, puisque l’on
considère que les matériaux recyclés sont ‘extraits durablement’. Afin de marquer des points dans ce domaine, davantage
d’efforts sont toutefois nécessaires (système EMAS ou certification ISO 14001 pour les entreprises, par exemple)
• déchets – granulats recyclés : en principe, l’objectif – utilisation de 25 % de granulats recyclés – peut être atteint, à condi-
tion que l’on s’assure de la conformité avec les normes, les systèmes de certification et les habitudes en vigueur en Bel-
gique.
1.8 CONCLUSION
La Belgique a inscrit de longue date le recyclage des déchets de construction et de démolition à l’ordre du jour. Grâce aux
efforts et aux progrès réalisés main dans la main par les autorités et le secteur de la construction et des déchets, notre pays
est aujourd’hui un des leaders en matière de recyclage des déchets de construction et de démolition, avec un taux de recy-
clage de plus de 90 %.
Il existe depuis longtemps un cadre pour l’emploi des granulats recyclés dans la construction routière, ce qui leur assure un
débouché suffisant pour l’instant. L’application des granulats recyclés dans le béton offre néanmoins des perspectives inté-
ressantes pour différentes raisons (débouchés garantis, création de valeur ajoutée, économie circulaire). De nombreuses
recherches ont également été menées dans ce domaine et nous constatons que le cadre normatif a évolué ces dernières
années en s’ouvrant progressivement à l’utilisation des granulats recyclés. Des connaissances et une expérience suffisantes
doivent toutefois être acquises avant de pouvoir diffuser ces normes d’application générale auprès du grand public.
Les chapitres suivants reprennent les connaissances et les informations nécessaires à l’acquisition de cette expérience dans
la pratique.
(6) BREEAM est une méthode (d’origine britannique) utilisée au niveau international pour exprimer la durabilité d’un bâtiment par un score, qui peut donner
lieu à une certification (tout comme Valideo en Belgique).
Étude de cas : Analyse du cycle de vie pour la détermination de l’impact environnemental du béton à
base de granulats recyclés
Trois études de cas complémentaires ont en outre été effectuées, avec à la clé des résultats et des conclusions comparables. Ces
recherches ont permis de tirer les enseignements suivants :
5. l’ACV est un outil qui permet de mesurer l’impact environnemental de manière efficace. Grâce à l’approche holistique, toutes
les phases du processus constructif sont examinées et les résultats prennent en compte différentes catégories d’impact
environnemental. C’est la raison pour laquelle on note un intérêt croissant pour l’analyse du cycle de vie dans le secteur de la
construction ainsi qu’un recours de plus en plus fréquent à cette méthode
6. les données nécessaires à la réalisation d’une bonne ACV ne sont pas toujours disponibles. Il arrive parfois que l’on doive
s’appuyer sur des données génériques ou sur des moyennes européennes plutôt que sur des données spécifiques
7. à certains égards, les résultats restent soumis à interprétation. Ainsi, l’imputation du processus de concassage des granulats
recyclés (fait-il partie de la démolition du béton ancien ou du processus de production des nouveaux granulats ?) dépend de
la manière dont la valeur des granulats (le surplus de granulats ou la fraction 0/40) est estimée et du ‘point de fin de vie des
déchets’ (end of waste)
8. une ACV ne prend pas en compte tous les effets, notamment aux niveaux local (bruit, odeur, épuisement local des res-
sources, ...) et social, les catastrophes, etc.
9. l’étude de l’impact environnemental du béton à base de granulats recyclés montre que :
–– dans le béton armé, ce sont l’emploi de ciment (> 1/3) et l’armature (± 1/3) qui ont l’impact le plus important. L’utilisation de
granulats n’exerce qu’une influence limitée sur l’impact environnemental global
–– l’impact environnemental global diminue néanmoins légèrement lorsque l’on a recours à des granulats recyclés
–– le transport constitue un facteur déterminant. En ce qui concerne les granulats (recyclés), il contribue en effet davantage à
l’impact environnemental global que l’extraction des matières premières.
8
6
4
2
0
0% 100 % 0% 100 % 0% 30 % 100 %
1 m³ de béton EE4 1 m³ de béton EE4 1 m³ de béton EE3, 1 m³ de béton EE3, 1 m³ de béton EE4 1 m³ de béton EE4 1 m³ de béton EE4 sans
avec air, 100 % de avec air, 100 % de 100 % de granulats 100 % de granulats sans air, 100 % de sans air, 30 % de air, 100 % de granulats
granulats primaires granulats secondaires primaires secondaires granulats primaires granulats secondaires secondaires
ciment (production + transport) granulats primaires (production + transport) granulats recyclés (production + transport)
transport du béton vers le chantier coulage du béton sur chantier béton en fin de vie (transport + traitement)
Fig. 6 Impact environnemental des échantillons d’1 m³ de béton présentant différents taux de substitution (ReCiPe Endpoint (H)
v.1.12/Europe ReCiPe H/A).
2,5
1,5
0,5
0
0% 100 % 0% 100 % 0% 30 % 100 %
1 m³ de béton EE4 1 m³ de béton EE4 1 m³ de béton EE3, 1 m³ de béton EE3, 1 m³ de béton EE4 1 m³ de béton EE4 1 m³ de béton EE4
avec air, 100 % de avec air, 100 % de 100 % de granulats 100 % de granulats sans air, 100 % de sans air, 30 % de sans air, 100 % de
granulats primaires granulats secondaires primaires secondaires granulats primaires granulats secondaires granulats secondaires
sable de mer 0/2 – sable du Rhin 0/4 (production) porphyre 2/7 – pierre calcaire 7/20 (production) granulats de béton 7/20
(production)
granulats primaires (transport par camion) granulats primaires (transport par bateau)
Fig. 7 Impact environnemental des granulats contenus dans un échantillon d’1 m³ de béton (ReCiPe Endpoint (H) v.1.12/Europe ReCiPe H/A).
Le présent chapitre traite des granulats de béton recyclés et en aborde divers aspects. Nous nous pencherons tout
d’abord sur le processus de production des granulats, en partant de la phase de démolition et de déconstruction. Nous
analyserons ensuite diverses étapes du processus de production qui s’avèrent importantes pour obtenir des granulats
utilisables dans le béton. Nous passerons également en revue les principales propriétés techniques des granulats. Enfin,
nous aborderons les aspects pratiques à considérer pour la production du béton.
Remarque : Comme indiqué précédemment dans le paragraphe consacré à la portée du document, la présente monographie
se concentre sur les ‘granulats de béton recyclés’, à savoir la fraction grossière (plus petite dimension des grains > 4 mm)
obtenue à la suite de la démolition et du concassage du béton et de la transformation des débris en granulats recyclés.
Les granulats de béton employés dans le béton doivent satisfaire à un certain nombre d’exigences techniques, lesquelles
sont décrites dans les paragraphes suivants. Il est essentiel de choisir le bon matériau de base (c’est-à-dire les débris) lors
du processus de recyclage afin d’atteindre les performances visées (voir figure 8). Certains facteurs influençant la qualité
finale (7) des granulats recyclés entrent en ligne de compte dès la source (lors de la démolition). Grâce à l’étude de la prédé-
molition, une analyse réalisée avant la démolition, on peut dresser l’inventaire des différents flux de déchets à éliminer
séparément.
Fig. 8 Illustration de la
démolition du béton.
© De Meuter
(7) Outre la qualité technique, il convient de respecter les exigences environnementales relatives à la présence de contaminants (tels que des huiles
minérales, des PCB, des HPA, etc.) et d’amiante dans les déchets de construction et de démolition ainsi que la lixiviation des matériaux secondaires (tels
que le laitier et les cendres, par exemple) lorsque ceux-ci sont à nouveau libérés lors de leur application dans des fondations ou du béton. Ces éléments
doivent, eux aussi, faire l’objet d’une attention particulière dès la phase de démolition.
volumes de béton non contaminés par ces fractions. En opérant une sélection positive du ‘béton pur’ lors des travaux de
démolition et en pratiquant la démolition sélective, on obtient systématiquement des granulats de béton de qualité supé-
rieure. Certains flux qui peuvent aisément être traités de manière séparée s’avèrent dès lors intéressants, comme :
–– les revêtements en béton
–– les éléments linéaires tels que les bordures en béton
–– les éléments préfabriqués tels que les poutres, les colonnes, les portiques, ...
–– les structures en béton nues complètement démontées
–– etc.
• la qualité du ‘béton mère’ : des sources scientifiques [D5] indiquent qu’un béton initial plus résistant donnera aussi un
béton recyclé (fabriqué à partir de granulats concassés du béton mère) de résistance supérieure. Cette affirmation repose
sur l’idée qu’un béton plus résistant dispose d’une matrice cimentaire plus compacte et fournit donc des granulats de
résistance supérieure.
Néanmoins, le phénomène inverse s’observe également. Plus la quantité de mortier ajoutée aux granulats est importante
(le béton étant plus résistant), moins bonnes seront leurs performances. Les granulats issus de ‘béton de faible qualité’
(béton maigre, par exemple) ne sont donc pas forcément de mauvaise qualité. Un processus de concassage adéquat per-
mettra de fragmenter le béton ‘de faible qualité’ plus facilement en une fraction fine, principalement composée de mortier
de ciment (partie peu résistante) et d’une fraction plus grossière, contenant presque exclusivement des granulats naturels.
Il est en outre possible de fabriquer un béton de qualité à partir de granulats recyclés de moindre résistance (tels que des
débris mixtes ou des débris de maçonnerie). Le taux de substitution et la composition du mélange constituent les princi-
paux facteurs déterminants à cet égard.
En conclusion, il convient d’être attentif au type de béton démoli, même si ce facteur ne sera pas forcément déterminant. Il
n’existe en outre aucune méthode permettant de déterminer la qualité du ‘béton mère’ de manière simple et rapide et d’en
tirer des conclusions univoques au sujet de la qualité des granulats. De manière générale, on peut considérer que le béton
mère n’a qu’une influence limitée lorsque l’on vise à obtenir un béton suffisamment résistant (de type C25/30 au moins,
par exemple), en particulier si l’on s’efforce de recueillir des granulats de bonne résistance lors du processus de production
(en sélectionnant leur provenance et/ou en procédant à un double concassage, par exemple)
• la composition chimique : si le béton à démolir contient une grande quantité de chlorures ou présente une teneur en sul-
fates accrue, son application dans un nouveau béton peut être compromise. En effet, les chlorures peuvent endommager
l’armature et les sulfates peuvent engendrer des réactions au sein du béton. Il est possible de vérifier la présence de ces
matières dans les ouvrages à démolir en en prenant un petit échantillon et en analysant sa composition. Cet essai s’avère
surtout pertinent lorsqu’il existe une présomption claire de contamination.
La provenance du béton peut donc avoir une influence sur certaines caractéristiques des granulats recyclés. Lors du contrôle
réalisé sur le concasseur, il importe, d’une part, de prêter attention aux flux ‘préférentiels’ : ouvrages en béton non contami-
nés de grande taille et de qualité supérieure qui constituent une bonne source de granulats de haute qualité, ou tels que
définis dans le cahier des charges type SB 250 : débris de béton à haute résistance à la compression, issus de revêtements en
béton de ciment, d’éléments linéaires et d’autres éléments constructifs similaires provenant de bâtiments et d’ouvrages d’art
(voir figure 9).
D’autre part, il convient d’accorder une attention particulière à certaines sources de débris lors du contrôle, étant donné
qu’elles sont susceptibles de contenir des composants pouvant compromettre l’emploi des granulats qui en sont issus dans
le béton :
• sulfates, chlorures, ... : certains types de béton ont été utilisés dans des applications particulières (bâtiments industriels,
bâtiments agricoles ou piscines, par exemple) et peuvent donc présenter des teneurs plus élevées en sulfates, en chlo-
rures, etc. C’est également le cas des ouvrages en béton provenant d’une zone côtière (teneur accrue en chlorures en sur-
face principalement) et parfois aussi des revêtements routiers (sur lesquels de grandes quantités de chlorures issus des
sels de déverglaçage sont déversées). Certains matériaux de construction (tels que le plâtre) contiennent des sulfates
• béton sujet à une réaction alcalis-silice (RAS) ou à d’autres réactions de dégradation : il va de soi qu’un béton ayant subi
des dégradations dues à des réactions chimiques ne doit, dans l’idéal, plus servir à la production de béton neuf. Les gra-
nulats sont en effet réactifs et le risque serait alors transposé dans le nouveau béton. Le démolisseur et l’expert qui dresse
l’inventaire des déchets ont un rôle important à jouer à cet égard. Si l’on suspecte une réaction alcalis-silice, il est recom-
mandé d’en informer le concasseur qui traite les débris, afin d’éviter leur emploi dans le béton à un stade ultérieur. Le
risque de réaction alcalis-silice en cas d’utilisation de béton à base de granulats recyclés et les mesures à prendre en vue
de limiter ce risque seront traités plus loin dans cette monographie (voir § [Link], p. 52)
• béton de granulats légers, béton renforcé de fibres, béton à base de résidus industriels, ... : les granulats concassés
constitués de béton léger, de béton renforcé de fibres, ... diffèrent des granulats de béton ordinaire. Ils donnent en effet
des granulats plus légers absorbant davantage l’eau, ou des granulats comportant encore des fibres qui se retrouvent ainsi
dans le nouveau béton.
Un autre cas particulier est celui du béton à base de résidus industriels tels que le laitier et les mâchefers. Leurs granulats
présentent souvent des teneurs en métaux lourds plus élevées et peuvent contenir d’autres substances dangereuses
agglomérées dans la matrice du béton. Lorsque l’on procède à la démolition d’ouvrages en béton contenant ce type de
granulats, les substances dangereuses risquent d’être libérées et de se répandre par lixiviation ou d’une autre manière
dans l’environnement.
Il est dès lors conseillé d’exclure ce type de flux de débris de la production de granulats destinés au béton.
La provenance peut donc constituer un facteur important. Alors que certains pays ne tiennent pas compte de ce paramètre
puisque les granulats ont inévitablement des origines hétérogènes (Pays-Bas, France et Royaume-Uni entre autres), d’autres
accordent à la provenance une attention spécifique :
• en Allemagne, on doit connaître l’origine (incontestable) du béton si l’on veut pouvoir utiliser les granulats concassés dans
des conditions ‘humides’ sans devoir prendre de mesures particulières (contre les réactions alcalis-silice). Si la prove-
nance n’est pas connue, les granulats doivent être caractérisés de manière plus poussée ou des précautions suffisantes
doivent être prises (emploi de ciment à faible teneur en alcalis, appelé ciment LA ou ciment low alkali)
• en Autriche, les granulats issus d’un béton mis en œuvre dans une classe d’environnement déterminée peuvent être réu-
tilisés dans la même classe d’environnement. Les granulats de béton de haute qualité (provenant d’un revêtement routier,
par exemple) peuvent ainsi être réemployés dans des ouvrages en béton de haute qualité (comme un nouveau revêtement
routier).
Les granulats recyclés peuvent être produits par de grandes centrales de concassage ou au moyen d’engins mobiles installés
sur chantier ou sur un site de stockage. Afin d’obtenir des granulats de qualité, il convient en général de suivre les différentes
étapes du processus de recyclage :
• contrôle des débris : les débris sont de préférence ‘stockés de manière sélective’. En d’autres termes, les débris de béton
de bonne qualité (béton routier, béton de structure préfabriqué), par exemple, sont stockés séparément, de façon à pou-
voir ensuite les traiter isolément. Il est de toute façon difficile de transformer les flux de béton contenant trop de contami-
nants issus d’autres matières en granulats de béton de très haute qualité sans recourir à diverses techniques de nettoyage
• fragmentation et prétamisage des débris : afin de permettre le bon déroulement du processus de concassage et d’éliminer
la terre, les matières organiques et le sable adhérant aux gravats (voir figure 10A, p. 24)
• concassage des débris : il peut être opéré au moyen de différents types de concasseurs (voir tableau 6, p. 24)
Une installation de traitement des débris se compose donc d’une suite ou d’une combinaison d’appareils permettant d’obte-
nir des granulats recyclés de qualité déterminée.
Comme expliqué dans les prochains paragraphes, les granulats pour béton doivent posséder un certain nombre de propriétés
(techniques) et satisfaire à des exigences spécifiques :
• en plus des caractéristiques intrinsèques du matériau pierreux, le mode de production (processus de concassage) joue lui
aussi un rôle essentiel dans l’obtention de ces propriétés. Il existe ainsi différents types de concasseurs, dont les plus
courants sont le concasseur à mâchoires (jaw crusher), le concasseur giratoire à cônes (cone crusher) et le concasseur à
percussion (impact crusher). Le tableau 6 décrit les avantages et inconvénients de chaque type d’appareil.
Si l’on recourt uniquement à un concasseur à mâchoires, on obtient une majorité de granulats plats inutilisables dans le
béton. Afin de profiter des avantages des différents types de concasseurs, on les combine parfois ‘en série’ : le premier
appareil, un concasseur à mâchoires, par exemple, brise tous les débris puis le second, un concasseur giratoire à cônes ou
un concasseur à percussion, réduit seulement une fraction des débris en granulats de haute qualité. Comme on traite uni-
D. Vue du dessus d’une centrale de concassage E. Vue de côté d’une centrale de concassage
Fig. 10 Illustration de certaines étapes de la production de granulats recyclés.
quement le ‘surplus de granulats’ issus du premier concassage, par exemple, on ne transforme finalement que le matériau
le plus résistant en granulats pour béton. Le double concassage permet en outre de conserver les éléments les plus résis-
tants dans la fraction grossière (qualité supérieure grâce à la quantité réduite de mortier adhérent)
• la pureté intrinsèque des granulats ou l’absence de contaminants s’avère également primordiale. Le lavage des granulats
constitue à cet égard une solution appropriée : il a un effet positif sur la pureté, la distribution granulométrique, ... et per-
met aussi, si cela s’inscrit dans le processus, une première saturation/présaturation des granulats avant leur application
dans le béton. Le désavantage est toutefois que l’on ajoute, bien entendu, une étape au processus et qu’il reste ensuite
une fraction de boue ou de sable humide à traiter.
Outre les techniques courantes (telles que le tamisage, la séparation pneumatique, la déferrisation au moyen de bandes
aimantées, le triage manuel et le triage à l’aide d’une grue), il existe diverses techniques spéciales innovantes qui visent à
trier les déchets de construction et de démolition différemment.
Certains autres secteurs (recycleurs de verre et de plastique ainsi que l’industrie agroalimentaire, entre autres) ont davantage
recours aux techniques optiques. En ce qui concerne les déchets de construction et de démolition, on peut envisager de faire
appel à la spectrométrie (dans le proche infrarouge ou Near Infrared Spectrometry) et à des caméras.
Le tri par couleurs permet de sélectionner la fraction rouge ou la fraction grise, par exemple (voir figure 11). Ces produits ‘purs’
peuvent ensuite être utilisés dans une application de qualité supérieure, à condition qu’il existe des débouchés. On peut
aussi extraire les particules non grises ou non rouges (bitumes, béton cellulaire, plâtre, ...), par exemple.
Des technologies de balayage semblables s’appliquent à d’autres propriétés des produits. On peut ainsi identifier et trier les
matériaux au moyen d’une analyse par rayons X ou par spectrométrie (dans le proche) infrarouge.
A)
B)
Fig. 11 Le tri par couleurs permet de sélectionner une certaine fraction ou de trier les flux partiels :
A) filtrage du verre et du plâtre, B) triage du béton, de la brique et de la fraction résiduelle.
Les matériaux peuvent également être séparés en fonction de leur poids ou de leur masse volumique, étant donné que ces
paramètres leur confèrent des caractéristiques mécaniques différentes. Les tables pneumatiques, le jig, ... comptent parmi les
technologies qui donnent généralement de bons résultats pour la séparation des déchets de construction et de démolition en
différentes fractions [D6].
Dans le cadre du projet européen C2CA (Advanced Technologies for the Production of Cement and Clean Aggregates from
Construction and Demolition Waste, [Link]), le développement de la technique ADR, mise au point par l’université
technique de Delft (TU Delft), se poursuit. Il s’agit en réalité aussi d’une technique de séparation balistique permettant de trier
encore mieux la fraction 0/12 mm, qui contient en général une grande quantité de fines humides (0/1 mm). Dans le cas des
granulats recyclés, on peut également, en principe, ajouter un processus de mouture afin d’éliminer le mortier de ciment
adhérent aux granulats. Grâce à la technique ADR, on obtient ensuite une fraction 0/1 mm pouvant servir de matière première
pour la production de ciment, ainsi qu’une fraction 1/12 mm utilisable comme granulat pour béton.
La technique ‘SlimBreken’ (concassage intelligent) a été inventée aux Pays-Bas ([Link] Elle consiste à
frotter les granulats les uns contre les autres, ce qui permet d’extraire les granulats originels et le sable de la matrice cimen-
taire (moins résistante). On recueille ainsi des granulats de haute qualité et une fraction fine qui peut éventuellement être
réemployée pour la production de liant.
En Allemagne, la Fraunhofer-Gesellschaft a mis au point une technique destinée à séparer les différents composants du béton,
c’est-à-dire les granulats et la pâte de ciment, au moyen de chocs électriques appliqués dans l’eau. De cette manière, on
retrouve une matière première pure.
Une multitude d’autres procédés et idées sont à l’étude. On envisage notamment de traiter la surface des granulats de béton
revêtus de coatings ou encore de carbonater le béton, de façon à réduire la porosité des granulats. Ces solutions permettent
d’écarter certains obstacles à l’emploi des granulats recyclés dans le béton.
Comme indiqué précédemment, un cadre normatif fixant les exigences relatives aux granulats de béton est en place aux
niveaux belge et européen. Il importe de préciser que la norme NBN EN 12620 [B21] applicable aux granulats pour béton défi-
nit notamment différentes classes et catégories de propriétés, lesquelles permettent à l’utilisateur de spécifier la qualité de
granulat souhaitée. De plus, les normes dédiées au béton (NBN EN 206 [B14] et NBN B 15-001 [B9]) établissent un certain
nombre de dispositions concernant les granulats utilisables dans le béton.
La norme européenne relative au béton NBN EN 206 [B14] impose comme exigence de base pour tous les constituants que :
‘ceux-ci ne peuvent contenir aucune substance nocive en quantités telles qu’elles puissent avoir un effet préjudiciable sur la
durabilité du béton ou induire une corrosion de l’armature’. Les constituants doivent être aptes à l’emploi dans l’application
visée. La manière dont cette aptitude doit être démontrée n’est toutefois pas indiquée expressément. L’aptitude à l’emploi du
mélange de béton peut, quant à elle, être prouvée par des essais de type initiaux (ITT ou Initial Type Testing). En ce qui
concerne les granulats, l’aptitude générale à l’emploi doit être considérée comme satisfaisante.
En pratique, c’est l’utilisateur des granulats (généralement le fabricant du béton) qui doit spécifier les propriétés que ceux-ci
doivent posséder selon l’application visée. En règle générale, la norme européenne ainsi que les normes (NBN) et les prescrip-
tions techniques (PTV) belges déterminent uniquement les catégories ou les classes pouvant être prescrites uniquement lors-
qu’il existe une norme relative à ces exigences, accompagnée de spécifications en matière de marquage CE. Si les exigences
ne font pas l’objet d’une norme, elles devront néanmoins être définies dans une convention spéciale conclue entre le fabri-
cant des granulats et l’utilisateur.
C’est donc le fabricant du béton qui fixe les exigences portant sur les granulats, en fonction de l’application visée. Nous pro-
posons, dans les paragraphes suivants (8), une description des caractéristiques (généralement) pertinentes dans le cas des
granulats pour béton, basée sur la classification des propriétés des granulats issue de la norme NBN EN 12620 [B21]. Le
tableau 13 (p. 39) synthétise les performances atteintes par les granulats recyclés pour ces critères.
[Link] Calibre des granulats et granularité (d/D et GCX/Y + intervalles) (NBN EN 12620 [B21])
La granularité est essentielle pour la structure du squelette inerte du béton, qui confère au béton sa résistance une fois com-
biné avec la pâte de ciment. Elle est en outre déterminante pour la quantité d’eau requise dans le mélange de béton. L’enro-
bage de granulats fins nécessite en effet davantage d’eau. La norme NBN EN 12620 définit les différents intervalles dans les-
quels les résultats d’un essai de tamisage doivent se situer.
La notation GCX/Y représente un gros granulat (d ≥ 1, D > 4 – gros calibre ou coarse grading) dont au moins X % passe à travers
le tamis D et au plus Y % à travers le tamis d. Un granulat 4/20 GC90/15 est donc un gros granulat dont au moins 90 % de la
masse passe à travers le tamis de 20 mm et au plus 15 % à travers le tamis de 4 mm.
[Link] Forme des gros granulats : coefficient d’aplatissement (FI) (NBN EN 12620 [B21])
Plus la forme des granulats est ronde, mieux on peut contrôler la compacité du squelette granulaire. Il importe que le béton
ne contienne pas trop de pierres plates, étant donné que celles-ci ont un effet défavorable sur l’ouvrabilité et l’aptitude au
pompage du béton. Cette propriété est exprimée par le coefficient d’aplatissement (Flakiness Index).
[Link] Teneur en débris coquilliers des gros granulats (SC) (NBN EN 12620 [B21])
Ce paramètre est avant tout essentiel pour les granulats d’origine maritime, puisque les débris coquilliers engendrent des
besoins en eau accrus et affectent la résistance au gel du béton. Cet élément est peu pertinent dans le cadre du présent docu-
ment.
[Link] Fines : détermination de la teneur en fines (fx) et de leur qualité grâce à la valeur de bleu de méthylène (MBFX)
(NBN EN 12620 [B21])
Les fines (grains dont le diamètre est inférieur à 0,063 mm) composées de minéraux argileux ont une influence particulière-
ment néfaste sur la qualité du béton. En revanche, elles peuvent améliorer l’ouvrabilité du béton. Il convient de trouver un
juste équilibre entre la quantité de fines et leur qualité : on devra soit éviter les fines, soit s’assurer que les fines présentes
sont de bonne qualité.
(8) Principales références : NBN EN 12620:2008 [B21], granulats [D9], Bouwcyclus [H3] et le Rapport du CUR n° 125 [C5].
[Link] Résistance à la fragmentation : coefficient Los Angeles (LA) (NBN EN 12620 [B21])
En principe, on peut considérer que dans le béton ordinaire (classe de résistance allant jusqu’à C50/60), les granulats sont plus
résistants que la matrice cimentaire. Si le béton est détruit, c’est donc la matrice cimentaire qui cassera et pas les granulats. La
résistance intrinsèque à la compression des granulats s’avère dès lors moins déterminante. La résistance à la fragmentation est
en revanche pertinente dans le cas des bétons à haute résistance ou de réalisations particulières (couches supérieures de
revêtements routiers, revêtements de sol soumis à des chocs). Pour les classes de résistance normales, on peut directement
vérifier si la résistance des granulats est suffisante au moyen d’essais de contrôle sur béton en compression (voir annexe E de
la norme NBN EN 12620 [B21]). Une recherche menée par le CSTC, en collaboration avec le CRIC et les universités de Gand et de
Liège, a démontré que la valeur LA revêt en effet une importance moindre pour le ‘béton ordinaire’. Il est possible de produire
un béton résistant à partir de granulats de résistance intrinsèque moindre, comme c’est le cas des ouvrages en béton léger.
Le coefficient LA constitue un bon indicateur de la résistance intrinsèque des granulats, mais aussi de la résistance au gel. La
norme NBN B 15-001 [B9] stipule que les gros granulats d’une valeur LA inférieure à 25 sont considérés comme résistants au gel.
Ce paramètre reflète la résistance des granulats au frottement et à l’usure. Il est particulièrement déterminant pour la mise en
œuvre des granulats, entre autres dans les ouvrages non stabilisés soumis à un compactage, lors duquel ceux-ci s’entre-
choquent. Parfois, il est mentionné qu’une faible résistance à l’usure peut entraîner une modification de la granularité (davan-
tage de fines) lors du mélange du béton. Les recherches menées en préparation de la présente monographie n’ont permis
d’identifier aucune publication étayant cette affirmation.
Les autres propriétés qu’il importe de prendre en considération pour les ouvrages particuliers en béton sont reprises dans la
norme NBN EN 12620 [B21]. Citons notamment le coefficient de polissage accéléré (CPA ou PSV pour Polished Stone Value),
qui indique le comportement des granulats lorsqu’ils sont soumis à des charges en surface (comme dans le cas de couches
supérieures ou de sols en béton ou en asphalte, de parkings, etc.). Bien qu’il ne soit pas déterminé de manière systématique,
ce paramètre est évidemment essentiel pour les applications spécifiques en question.
La norme inclut également des méthodes d’essais qui s’avèrent davantage utiles dans d’autres pays européens, telles que la
résistance aux pneus à clous.
[Link] Masse volumique et absorption d’eau des grains (NBN EN 12620 [B21])
Ces deux caractéristiques sont primordiales pour la technologie du béton. Les formulations de béton étant généralement
exprimées en masse (kg d’ingrédient par m³ de béton), il importe de connaître la masse par unité de volume des granulats.
L’absorption d’eau des granulats revêt, elle aussi, une importance capitale, au vu de sa possible influence sur l’ouvrabilité (et
son maintien dans le temps) ainsi que sur le rapport eau/ciment réel.
La norme NBN B 15-001 [B9] se sert en outre de l’absorption d’eau comme mesure de la résistance au gel : les granulats qui
absorbent à peine l’eau sont peu susceptibles de subir des dégâts liés au gel (ce qui ne signifie toutefois pas que les granulats
présentant une absorption d’eau plus élevée sont, par définition, non résistants au gel).
Dans la littérature scientifique [D3, C5], la masse volumique sèche fait également office d’indicateur de la qualité des granu-
lats recyclés. Il existe un rapport évident entre la masse volumique sèche (oven-dry density) et l’absorption d’eau des granu-
lats recyclés. Notons que la qualité des granulats a notamment des répercussions sur les propriétés de résistance du béton
produit à partir de ceux-ci.
Tableau 7 Répartition des granulats en différentes classes de qualité selon leurs propriétés [D3].
A B C D
Classe
I II III I II III I II III
Masse volumique sèche minimale [kg/m³] 2.600 2.500 2.400 2.300 2.200 2.100 2.000 1.900 1.800 Pas de valeur
Absorption d’eau minimale [%] 1,5 2,5 3,5 5 6,5 8,5 10,5 13 15 limite
La figure 12 et le tableau 7 [D3] montrent qu’il existe une corrélation univoque entre la masse volumique sèche et l’absorption
d’eau : plus la masse volumique est élevée, plus l’absorption d’eau est faible. On observe en outre une relation directe entre
les caractéristiques des granulats et l’effet sur la résistance du béton : plus la masse volumique est élevée (classe A, par
exemple), plus faible est la perte de résistance à la compression du béton en fonction du taux de substitution.
Parmi les dispositions importantes (datant de 2008), on compte l’obligation d’indiquer la composition des gros granulats
recyclés selon la méthode d’essai de la norme NBN EN 933-11 [B16], appelée essai d’identification (voir figure 13, p. 30). Pour
ce faire, il convient de définir les catégories suivantes : Rc (béton et mortier), Ru (granulats non stabilisés, pierres naturelles,
granulats stabilisés aux liants hydrauliques), Rb (maçonnerie, pierre calcaire, béton cellulaire), Ra (matériaux bitumineux),
FL (particules flottantes), X (autres : argile, terre, métaux, plastique, caoutchouc, plâtre, bois non flottant) et Rg (verre).
Il va de soi que pour une application dans le béton, on doit idéalement disposer de granulats purs, dépourvus de plastique,
de bois, de plâtre et autres.
Dans le cas de certains ouvrages (sols ou éléments préfabriqués horizontaux), il importe d’accorder une attention particulière
aux particules flottantes (FL). Ce paramètre est exprimé en cm³/kg (soit en volume par masse d’échantillon analysé).
Fig 6
A) B)
30
1,2
D
25 1
y = 2,937E-09x³ - 9,401E-06x² - 1,898E-02x + 62,745 A
R² = 0,8779
Absorption d’eau [%]
20 0,8
y = -0,0021x + 1
B
fcm-RAC/fcm-Control
15 0,6 y = -0,0038x + 1
C
C
0,4 y = -0,0054x + 1 D
10
B y = -0,0065x + 1
5 0,2
A
0 III II I III II I III II I 0
1.500 1.700 1.900 2.100 2.300 2.500 2.700 2.900 0 25 50 75 100
Fig .6
Masse volumique sèche [kg/m³] Taux de substitution [%]
Fig. 12 A) Relation entre la masse volumique sèche et l’absorption d’eau, B) relation entre la qualité des granulats et la résistance à la compression
relative [D3].
La teneur en chlorures du béton armé doit être limitée, afin de ne pas altérer l’armature du béton. La norme NBN EN 12620
définit, depuis 2008, une méthode d’essai spécifique permettant de déterminer la teneur en chlorures des granulats recyclés
(chlorures solubles dans l’acide). Ce paramètre peut ainsi être pris en considération dans le calcul de la teneur en chlorures
du béton.
[Link] Sulfates ‘solubles dans l’acide’ (AS), teneur en soufre totale (S) et sulfates ‘solubles dans l’eau’ (SS) (NBN
EN 12620 [B21])
Un excès de sulfates à l’état durci peut avoir un effet néfaste sur le béton (formation de gypse secondaire suivie de la forma-
tion d’ettringite expansive). Il est dès lors recommandé de restreindre la teneur en sulfates des granulats. En ce qui concerne
les granulats recyclés, on se référera à la méthode d’essai à base d’eau (et non à celle à base d’acide).
[Link] Constituants modifiant la prise (OS) et le durcissement (A) du ciment (NBN EN 12620 [B21])
La prise et le durcissement du ciment peuvent être ralentis ou entravés par des matières organiques, mais aussi par certains
sels métalliques.
2.3.4 DURABILITÉ
[Link] Résistance aux cycles de gel/dégel (F) (NBN EN 12620, § 7.2 [B21])
Ce paramètre indique si les granulats sont résistants aux cycles successifs de gel et de dégel. La norme belge NBN B 15-001 [B9]
stipule également que, pour les classes d’environnement EE2, EE3, EE4, ES2 et ES4, le béton doit être fabriqué au moyen de
granulats résistants au gel.
À cet égard, la norme européenne renvoie aux prescriptions nationales, aucun accord n’ayant pu être conclu à ce sujet au
niveau européen. L’annexe informative G de la norme NBN EN 12620 précise néanmoins que, par sécurité, les granulats recy-
clés doivent être considérés comme potentiellement réactifs.
En Belgique, la nouvelle norme NBN B 15-001 (2018) [B9] propose un guide visant à limiter le risque de RAS dans son annexe
informative I.
Outre les caractéristiques techniques précitées, il est à noter que les granulats recyclés doivent être conformes aux réglemen-
tations environnementales. À l’origine, ces granulats sont en effet des déchets et la transformation des ‘déchets’ en ‘maté-
riaux de construction’ est soumise à des règles spécifiques.
En Flandre, le règlement en vigueur est appelé VLAREMA (règlement flamand relatif à la gestion durable du cycle des matériaux
et des déchets). Il fixe entre autres les limites que les granulats recyclés ne peuvent pas dépasser en termes de composition
(présence de certains composants organiques) et de lixiviation (des métaux lourds notamment), et stipule que la qualité
(environnementale) doit être certifiée conformément au ‘règlement unitaire’.
En Wallonie, c’est l’arrêté du Gouvernement wallon favorisant la valorisation de certains déchets du 14 juin 2001 qui régit la
transformation des débris en granulats recyclés.
Les granulats recyclés font en outre l’objet de normes harmonisées et doivent dès lors respecter les règles relatives au mar-
quage CE.
Le paragraphe 2.4 s’attarde sur certaines propriétés spécifiques des granulats de béton et mentionne, dans la mesure du
possible, quelques valeurs indicatives. Il aborde ensuite divers aspects pratiques influençant la qualité et le traitement des
granulats recyclés. Le texte repose en grande partie sur les résultats du projet ValReCon20 [B4], complétés de valeurs obte-
nues sur site et de considérations pratiques.
La principale caractéristique des granulats de béton recyclés est qu’ils se composent de granulats naturels et de pâte de
ciment adhérente. La proportion de pâte ou de mortier adhérent varie entre environ 20 et 60 % et a une incidence sur certaines
propriétés des granulats : ils absorbent davantage d’eau que les granulats naturels, le mortier adhérent possède des proprié-
tés mécaniques différentes de celles des granulats naturels, ... [D4].
Par ailleurs, la provenance des granulats recyclés s’avère généralement plus hétérogène. Les propriétés des granulats sont
donc susceptibles de varier plus fortement, par exemple selon qu’il s’agit plutôt de granulats issus d’ouvrages routiers ou de
bâtiments, ou comprenant de la pierre naturelle, etc.
La pâte de ciment adhérente renforce la porosité des granulats. La teneur en pâte de ciment des granulats fins (fraction
sableuse dont le diamètre maximal des grains D ne dépasse pas 4 mm) est nettement supérieure à celle des granulats plus
gros. Les granulats de béton recyclés possèdent une masse volumique environ 5 à 10 % inférieure (2.000 à 2.500 kg/m³) à
celle de la plupart des granulats naturels et absorbent davantage d’eau. Leur absorption d’eau (après 24 heures) varie
entre 3 et 7 % à peu près, tandis que les granulats naturels ordinaires présentent généralement une absorption d’eau de 1 à 2 %
au plus.
La norme belge relative au béton NBN B 15-001 [B9] stipule que l’absorption d’eau des granulats de béton après 24 heures ne
peut excéder 10 %, avec une variation maximale de 2 % par rapport à la valeur indiquée. Ce paramètre a en effet un impact sur
la fabrication du béton : une partie de l’eau ajoutée au mélange est absorbée, et n’est donc plus ‘libre’ de réagir avec le
ciment.
Les données rassemblées par COPRO (Organisme impartial de contrôle de produits pour la construction) pour 2011 (voir
figures 14A et B) montrent que l’absorption d’eau des gros granulats de béton après 24 heures (WA24) s’élève à approximati-
vement 5 % et que les variations sont inférieures à 2 %. La valeur réelle dépendra de la nature du matériau concassé (béton
résistant ou béton de moindre qualité, et donc quantité de mortier adhérent, concassage simple ou double, etc.) et devra donc
être déterminée individuellement sur chaque site de production et son évolution dans le temps suivie.
L’étude menée par le CSTC, le CRIC et le CRR (étude prénormative RecyBeton) a révélé que l’absorption d’eau des meilleurs
granulats de béton (‘de haute qualité’) se situe entre 3 et 4,5 %.
A)
10
9
B)
8
Absorption d’eau WA24 [%]
12
7
6 10
5 8
4
6
3
4
2
1 2
0 0
80 82 84 86 88 90 92 94 96 98
Fig 8.
100 A B C D E F G H I
Fig 14b
Le CSTC, le CRIC et le CRR ont mené une étude prénormative en vue d’étayer les valeurs limites et les spécifications définies dans la
norme NBN B 15-001 (2018) [B9] concernant l’utilisation de granulats recyclés dans le béton prêt à l’emploi. Pendant les deux premières
années, les recherches se sont concentrées sur les deux aspects principaux suivants :
1. la qualité des granulats de béton recyclés :
neuf types de granulats de béton (désignés par les lettres A à I), présentant une granularité d/D (4/16, 4/20, 8/20, ...), ont été échan-
tillonnés et ont fait l’objet d’analyses portant sur les caractéristiques pertinentes pour l’emploi dans le béton. Ces essais ont permis
de vérifier si les exigences imposées par la norme étaient réalistes
2. les propriétés du béton produit à partir de ces granulats :
plus de 50 compositions de béton (EE3, EE4 et béton routier) ont été préparées en remplaçant respectivement 0, 30 et 50 % des gros
granulats par des granulats de chaque type (A à I). Ces essais ont permis de démontrer l’influence du taux de substitution, du type
de granulats et des propriétés des granulats sur la résistance et la durabilité du béton.
Les résultats de cette étude ont été rassemblés dans un rapport de recherche, qui n’est pas disponible publiquement, mais peut être
obtenu auprès du CSTC, du CRR et du CRIC. Une partie de ceux-ci a été présentée lors de journées d’étude et de formations, notam-
ment à l’occasion des conférences thématiques du Comité technique Gros œuvre et entreprise générale du CSTC et de la FEGC, à
l’automne 2016 ([Link]
La masse volumique revêt, elle aussi, une importance particulière. La masse volumique (sèche) est, d’une part, considérée
comme un critère de qualité : la norme NBN B 15-001 [B9] exige une valeur ρrd d’au moins 2.200 kg/m³, laquelle ne peut être
obtenue que si les granulats recyclés se composent de suffisamment de débris de béton et de granulats naturels. C’est ce
qu’ont démontré les données obtenues dans le cadre du projet de recherche ValReCon20 (voir figure 15). Notons que, dans ce
cas, il ne s’agit pas spécifiquement de granulats de béton ‘de haute qualité’, mais de l’ensemble des valeurs mesurées pour
les granulats de béton et les granulats mixtes.
D’autre part, la masse volumique s’avère déterminante pour la conversion du volume en masse et inversement lors de la com-
position du mélange. La quantité de matériau pesée comprend une certaine part d’eau (contenue entre les granulats et à
l’intérieur de ceux-ci), dont il convient de tenir compte. C’est la raison pour laquelle les normes définissent différentes densités.
Si l’on se base sur la masse volumique sèche (masse volumique mesurée après séchage à l’étuve) ou particle density on an
oven-dried base (ρrd) :
quantité de matériau à peser = volume % × ρrd × (1 + taux de saturation).
Si l’on s’appuie sur la masse volumique à l’état saturé surface sèche ou particle density on a saturated and surface-dried
base (ρssd) :
quantité de matériau à peser = volume % × ρssd × [1 + taux de saturation/(1 + WA24)].
Il est donc également primordial de connaître la quantité d’eau contenue dans les granulats lorsque ces derniers sont desti-
nés à une utilisation dans le béton. On consultera le § 2.4.3 pour un aperçu des recommandations pratiques en la matière.
La norme belge B 15-001 [B9] (basée sur la norme européenne) définit la composition des granulats de béton recyclés, déter-
minée selon la norme NBN EN 933-11 [B16] : Rc90/Rcu95/Ra1-/XRg0,5-/FL2-. En d’autres termes, les granulats doivent se composer
d’au moins 90 % de béton, la somme du béton et des granulats non liés doit atteindre minimum 95 % et les granulats ne
peuvent pas contenir plus d’1 % d’asphalte, 0,5 % de particules non pierreuses et de particules de verre, ni plus de 2 % (en
volume : cm³/kg) de particules flottantes (telles que le bois et le plastique).
Le tableau 8 (p. 34) est issu des PTV 406 [C9] et décrit les différentes catégories de matériaux. Les résultats sont exprimés en
pour cent en masse (% m/m), excepté pour les particules flottantes.
2,6
2,5
2,4
Masse volumique ρrd [tonne/m³]
2,3
2,2
2,1
2,0
1,9
1,8
1,7
1,6
50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100
Teneur en béton concassé [%]
Fig 10.
Fig. 15 Relation entre la masse volumique sèche et la teneur en béton concassé et en pierre naturelle des granulats belges [B4] (©COPRO ASBL).
Tableau 8 Classification des granulats recyclés : répartition en catégories selon les constituants [B1].
Les données disponibles (certifications COPRO, projet ValReCon20, etc.) montrent que – moyennant une bonne gestion
d’entreprise et un processus de production suffisamment actualisé – ces exigences sont réalistes, en particulier si l’on ne
considère que la fraction grossière (4/20 ou 8/32, par exemple).
Cette conclusion a été confirmée par l’étude prénormative RecyBeton (2016), dans le cadre de laquelle la composition et les
particules flottantes de neuf types de granulats de béton, destinés à un emploi potentiel dans le béton, ont été examinées
(voir tableau 9). Deux de ces types de granulats (A et E) sont certifiés pour une utilisation dans le béton de haute qualité.
Comme indiqué précédemment, il est indispensable de prêter une attention suffisante aux éventuelles impuretés et de les
éliminer du processus à temps, par exemple :
• flux entrants : blocs d’argile expansée, de béton cellulaire et de plâtre, béton à base d’autres matériaux secondaires (lai-
tiers, cendres, ...), béton renforcé de fibres, chapes isolantes, etc.
• contamination sur site due au mélange avec d’autres flux stockés à proximité. Il importe de stocker les flux séparément afin
d’éviter ce problème.
Pour les applications spécifiques (sols ou parois en béton apparent, par exemple), il peut être important de vérifier avec
davantage de soin l’absence de contaminants physiques tels que des particules de fer pouvant engendrer des taches de
rouille ou des particules légères remontant à la surface lors du polissage et provoquant ainsi l’éclatement de la couche supé-
rieure. Une autre solution consiste à éviter ces applications par mesure de précaution.
Tableau 9 Composition et particules flottantes de neuf types de granulats de béton destinés à un emploi potentiel dans le béton.
A B C D E F G H I
Particules flottantes FL [cm³/kg] 0,0 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,3 0,2 0,1
Les valeurs limites en termes de granularité figurant dans la norme NBN EN 12620 [B21] sont relativement ‘larges’. Ce n’est
pas parce que les granulats appartiennent à la même catégorie qu’ils présentent la même granularité. Il ressort de l’étude
ValReCon20 [B4] que la granularité au sein d’un même concasseur peut varier assez fortement d’une période à l’autre. Les
conditions climatiques pourraient expliquer ce phénomène : la quantité de fines adhérant aux gros granulats est plus grande
par temps humide que par temps sec.
La granularité constitue néanmoins un paramètre essentiel à la bonne formulation du béton et doit donc rester la plus
constante possible. Lors du concassage, il y a dès lors lieu de veiller particulièrement à la continuité de la production, de façon
à toujours employer la même formulation de béton. Dans le cas contraire, la formulation devra être adaptée à chaque mélange.
Une des solutions permettant de limiter les fluctuations consiste à répartir les granulats en plusieurs groupes de calibres
différents et à les réassembler ensuite. Soulignons également qu’un granulat de calibre 8/20 présentera, en principe, moins
de variations qu’un granulat de calibre 4/32 [K2].
La teneur en fines d’un granulat de calibre 8/20 se situe entre 0 et 1,26 % (valeurs mesurées sur les échantillons de l’étude
ValReCon20 [B4]). On constate que les conditions climatiques n’ont pas d’incidence sur la teneur en fines : les résultats sont
bons à la fois par temps de pluie et par temps sec. La valeur maximale de 1,5 % de fines (f1,5) imposée dans la norme NBN
B 15-001 est respectée dans la plupart des cas.
Les essais et les données statistiques de l’ASBL COPRO [B4] ont révélé que les granulats de béton (à haute teneur en béton)
entrent généralement dans les catégories MD35 et LA40. La dernière version de la norme NBN B 15-001 [B9] exige des granulats
de catégorie LA35. Cette limite est moins stricte que la valeur obtenue par la plupart des pierres naturelles, mais cela n’empêche
en principe pas l’emploi de granulats recyclés dans le béton. En effet, cette propriété est surtout pertinente dans le cas d’un
‘traitement sec’, par exemple dans des couches de fondation. Dans le cadre de l’étude prénormative réalisée par le CSTC, le
CRIC et le CRR, la valeur LA de six types de granulats de béton a été mesurée; les résultats d’essai sont donnés au tableau 10.
Selon la norme NBN B 15-001 [B9], le coefficient d’aplatissement (FI) ne peut excéder 20 % (FI20). En ce qui concerne les gra-
nulats recyclés, celui-ci est toujours inférieur en raison du concassage, à savoir 9 à 13 % selon le type de concasseur.
Pour obtenir un béton résistant au gel, la résistance des gros granulats aux cycles de gel/dégel doit être assurée conformé-
ment à la norme belge relative au béton [B9]. Les granulats dont l’absorption d’eau s’élève à moins de 1 % et/ou la valeur LA
est inférieure à 25 sont considérés comme non sensibles au gel (sans essais complémentaires). Si ces critères ne peuvent être
remplis, la résistance au gel des granulats doit être déterminée selon la méthode d’essai de la norme NBN EN 1367-1 [B18].
L’analyse montre que les granulats de béton recyclés ne sont pas toujours résistants au gel. Certains estiment cependant que
la méthode d’essai est trop stricte envers les granulats recyclés; le réchauffement préalable et la procédure d’essai (saturation
complète) notamment ont en effet une influence défavorable [P2].
Les résultats obtenus dans le cadre de l’étude prénormative RecyBeton (2016) (voir tableau 11) ont révélé que plusieurs des
granulats de béton testés appartiennent aux catégories F2 ou F4 selon la norme NBN EN 1367-1 [B18]. D’autres granulats ne
satisfont en revanche pas du tout aux critères imposés. Même s’il est impossible de tirer des conclusions univoques, la pro-
duction de granulats résistants au gel est donc possible.
Il va de soi que c’est avant tout la résistance au gel du béton lui-même qui importe et pas celle des granulats qui le composent.
En théorie, on peut aussi fabriquer un béton résistant au gel à partir de granulats non résistants au gel (granulats légers, par
exemple). Dans ce cas, on peut montrer la résistance au niveau du béton proprement dit.
À cet égard, la nouvelle version de la norme NBN B 15-001 [B9] permet, pour les classes d’environnement XF (EE2, EE3, EE4,
ES2 ou ES4), que la résistance au gel d’une composition de béton spécifique soit prouvée conformément aux dispositions du
§ [Link] de la norme NBN B 15-100 [B11], lorsque les granulats ne sont pas eux-mêmes résistants au gel. On considère comme
non sensible au gel un béton dont la perte moyenne de résistance à la traction par fendage après 56 cycles de gel/dégel est
inférieure ou égale à 5 %.
De même, il est intéressant de noter que dans d’autres pays, à savoir l’Allemagne, la directive DAfStb (Deutscher Ausschüss
für Stahlbeton Richtlinie für Betonbau) [D10] relative au béton de granulats recyclés détaille, dans son annexe A, une méthode
Tableau 10 Valeurs LA de six types de granulats de béton obtenues Tableau 11 Résistance au gel des granulats selon la norme NBN
dans le cadre de l’étude prénormative réalisée par le CSTC, le CRIC EN 1367-1 [B18].
et le CRR.
CODE Résistance au gel selon la norme NBN
CODE Calibre Valeur LA EN 1367-1 [perte de masse %]
[%]
A-1 1,2
A-1 8/20 25 % B-1 4,7
B-1 4/20 30 % C-1 5,4
C-1 4/20 36 % D-1 3,4
D-1 8/20 25 % E-1 1,5
G-1 4/16 31 % G-1 3,3
I-1 6/20 31 % I-1 15,2
d’essai reposant sur une valeur limite ‘absolue’ : une composition de béton définie est testée en vue de déterminer l’influence
des granulats recyclés, qui confèrent ou non au béton sa résistance au gel.
En outre, plusieurs cahiers des charges types destinés à la construction routière prévoient des essais de gel/dégel basés sur un
critère absolu (perte de masse due à l’écaillage du béton, exprimée en g/dm² ou en kg/m²) afin de démontrer la résistance au
gel au niveau du béton (qui contient les granulats recyclés). Le cahier des charges type SB 250 [M2] fixe une valeur maximale
pour la perte de masse cumulée après 28 cycles, mesurée au moyen d’un ‘slab test’; la résistance à l’écaillage est mesurée
uniquement pour la face supérieure du revêtement monocouche ou bicouche et pas pour la couche inférieure d’un système
bicouche (en l’absence de contact avec des sels de déverglaçage, uniquement à la surface du revêtement routier). En ce qui
concerne les classes B1 à B5 (les plus sollicitées), la valeur individuelle de chaque essai doit être telle que MVi,max ≤ 1,5 kg/m²;
quant aux classes B6 à B10 et BF (pistes cyclables), la valeur requise est MVi,max ≤ 3,0 kg/m².
La norme belge relative au béton NBN B 15-001 [B9] formule en outre deux exigences supplémentaires concernant les granu-
lats de béton :
• SS0,2 : la quantité de sulfates solubles dans l’eau doit être limitée à 0,2 %. Ce critère est en principe satisfait par les granu-
lats de béton de haute qualité de bonne provenance
• A40 : la différence de temps de prise entre deux mélanges de mortier, dont l’un est réalisé à base d’eau ‘ordinaire’ et l’autre
à base de l’eau dans laquelle les granulats recyclés se sont lixiviés, ne peut excéder 40 minutes.
De plus, la teneur en alcalis des granulats joue indirectement un rôle essentiel si l’on vise à éviter tout risque de réaction
alcalis-silice et qu’un bilan alcalin doit être dressé (ou qu’une autre mesure doit être prise).
Le tableau 12 reprend, en guise d’illustration, les résultats des essais réalisés sur neuf échantillons de granulats de béton
dans le cadre de l’étude prénormative RecyBeton menée par le CSTC, le CRIC et le CRR.
Le tableau 13 (p. 39) propose au lecteur un résumé des performances et des caractéristiques de qualité qu’il est en droit
d’attendre des granulats de béton recyclés. Dans la première colonne figurent les exigences imposées par la norme NBN
B 15-001 [B9]. Les deux colonnes suivantes reprennent les valeurs mesurées dans la pratique pour les granulats de béton, en
établissant une distinction entre, d’une part, les granulats de béton qui ont déjà été certifiés pour un emploi dans le béton et,
d’autre part, ceux qui ont été produits avec soin, mais pas nécessairement en vue d’une application dans le béton. Le tableau
mentionne aussi, à titre indicatif, les performances généralement atteintes par les (gros) granulats naturels. Il s’agit ici
d’ordres de grandeur permettant de mettre en évidence les principales différences et similitudes.
Tableau 12 Caractéristiques chimiques de neuf échantillons de granulats de béton analysés dans le cadre de l’étude prénormative RecyBeton.
Chlorures (solubles Sulfates (solubles Sulfates (solubles Matières Influence sur le temps de Na2Oeq
CODE dans l’acide) dans l’acide) dans l’eau) organiques prise A CEM I (mesure après 4h)
[%] [%] [%] [%] [min] [%]
A-1 0,064 0,24 0,10 satisfaisant 15 0,0069
B-1 0,041 0,44 0,12 satisfaisant 25 0,0177
C-1 0,050 0,53 0,20 satisfaisant 10 0,0175
D-1 0,058 0,39 0,08 satisfaisant 15 0,0122
E-1 0,078 0,34 0,16 satisfaisant 10 0,0036
F-1 0,039 0,36 0,16 satisfaisant 25 0,0122
G-1 0,113 0,49 0,13 satisfaisant 30 0,0220
H-1 0,093 0,54 0,23 satisfaisant 30 0,0261
I-1 0,088 0,36 0,11 satisfaisant 30 0,0230
Les informations concernant les propriétés et la qualité des granulats recyclés se font de plus en plus nombreuses. Grâce à
ces données, on peut tenter d’établir un lien entre les différentes caractéristiques des granulats. On pourrait ainsi limiter le
nombre de paramètres à tester et déduire ensuite les autres propriétés sur cette base.
Il ressort de la recherche menée par la Hogeschool PXL et le CSTC qu’il existe une forte corrélation entre la valeur LA et d’autres
paramètres tels que l’absorption d’eau, la valeur micro-Deval et la résistance aux cycles de gel/dégel (voir tableau 14, p. 40).
À ce jour, il est toutefois encore trop tôt pour employer ces liens statistiques à grande échelle et pour éliminer certains para-
mètres des contrôles de qualité.
La qualité finale des granulats de béton recyclés et leur facilité d’application dans le béton dépendent de divers facteurs.
Nous examinons brièvement ci-après une série d’aspects pratiques à considérer dans le cadre du recyclage en centrale de
concassage :
• flux entrants : une politique de contrôle stricte visant à éviter les impuretés ainsi qu’un plan de gestion ingénieux dans
lequel les débris de béton de haute qualité sont traités séparément contribuent à l’obtention de granulats recyclés purs (en
termes de composition) et de haute qualité (faible absorption d’eau, haute densité, bonnes performances mécaniques). La
politique de contrôle est, bien entendu, également associée à l’étape précédente du processus : un tri suffisamment sélec-
tif et réfléchi permettant la production de granulats de haute qualité (absence de polluants, démolition séparée des bons
ouvrages en béton, attention portée aux dégradations du béton telles qu’une réaction alcalis-silice, une corrosion de
l’armature, etc.)
• procédé de concassage : la qualité intrinsèque des granulats (forme, absorption d’eau et masse volumique, valeur LA, etc.)
est fonction du type de concasseur ainsi que du procédé de concassage – simple ou double (du surplus de granulats). À
cet égard, l’ensemble du processus doit être adapté en fonction des différents paramètres : pour obtenir des granulats de
bonne qualité, un double concassage n’est pas forcément nécessaire dans le cas d’un flux de débris de haute qualité; il le
sera en revanche si l’on applique une politique de contrôle moins sélective (en raison de volumes plus importants, par
exemple).
Afin de limiter les variations en termes de granularité, on peut traiter les granulats de béton de haute qualité systématique-
ment dans les mêmes conditions climatiques ou encore opter pour la production dans un environnement intérieur. Le
lavage permet également d’améliorer la pureté des granulats ainsi que la granularité, tout comme le double concassage
• stockage : le mode de stockage des granulats sur site après leur production constitue un facteur essentiel. La teneur en
humidité des granulats est liée au mode de stockage (sacs en plastique, big bags, empilement), aux conditions clima-
tiques (pluie, humidité de l’air, vent) et au taux d’humidité lors du traitement (installation de lavage, pluie). Les granulats
ont une tendance naturelle à chercher un équilibre entre leur propre teneur en eau et l’humidité de l’air. La teneur en eau
des débris de béton concassés qui sont stockés sur de longues périodes à l’intérieur se stabilise toujours à hauteur
de 3 % [B4].
Il importe d’éviter les mélanges avec d’autres flux. L’utilisation d’une dalle en béton empêchera les granulats de se mélan-
ger avec le sol. Si elle est penchée, la dalle permettra en outre la bonne évacuation des eaux pluviales. Grâce à cette tech-
nique, il est possible de limiter la teneur en humidité des granulats. Une solution alternative consiste évidemment à couvrir
les granulats.
Tableau 14 Aperçu de la corrélation entre les différentes propriétés des granulats recyclés : plus on s’approche de 1, plus la corrélation est forte.
Fines ρd ρrd ρssd WA LA MDE Aplatis Gel Gel Chlo- Sul- Sul- CEM I CEM III Alcalis
avec rures fates fates 4h
sels (AS) (SS)
Fines 1,00
Ra -0,15 1,00
ρrd -0,34 0,65 1,00
ρssd -0,33 0,73 0,98 1,00
WA 0,41 -0,46 -0,96 -0,91 1,00
LA 0,26 -0,34 -0,87 -0,82 0,92 1,00
MDE 0,03 -0,02 -0,67 -0,63 0,71 0,67 1,00
Aplatis -0,50 -0,04 -0,22 -0,15 0,26 0,38 -0,11 1,00
Gel 0,55 -0,37 -0,66 -0,63 0,67 0,45 0,78 -0,57 1,00
Gel avec 0,36 -0,45 -0,83 -0,76 0,85 0,66 0,41 0,34 0,45 1,00
sels
Chlo- 0,63 0,23 -0,12 -0,05 0,26 0,05 0,51 -0,78 0,75 0,10 1,00
rures
Sulfates 0,13 -0,37 -0,84 -0,77 0,89 0,79 0,76 0,44 0,57 0,80 0,23 1,00
(AS)
Sulfates 0,16 -0,01 -0,47 -0,41 0,58 0,91 0,55 0,61 0,15 0,49 0,10 0,64 1,00
(SS)
CEM I -0,09 -0,60 -0,16 -0,26 -0,03 -0,48 0,18 -0,72 0,41 -0,40 0,12 0,09 -0,17 1,00
CEM III -0,50 -0,09 0,50 0,43 -0,62 -0,68 -0,85 0,19 -0,55 -0,72 -0,60 -0,62 -0,73 0,00 1,00
Alcalis 0,50 -0,72 -0,83 -0,83 0,79 0,69 0,71 -0,27 0,85 0,67 0,43 0,73 0,33 0,48 -0,46 1,00
4h
Le présent chapitre décrit l’effet de l’emploi de granulats recyclés sur les propriétés du béton et se penche sur divers
aspects pratiques de la production du béton recyclé.
L’emploi de granulats recyclés dans le béton va de pair avec une bonne compréhension ainsi qu’une solide connaissance de
l’effet de ceux-ci sur les propriétés du béton frais et du béton durci.
Diverses recherches consacrées aux aspects les plus variés des granulats recyclés mis en œuvre dans le béton – caractéris-
tiques des granulats et méthodes de production, fabrication de béton à partir de granulats recyclés, ouvrabilité, propriétés de
résistance, caractéristiques de déformation, durabilité, etc. – ont été menées depuis les années 1970 [D5], et ce, pour diffé-
rentes applications, allant du béton ‘ordinaire’ (pour bâtiments, pour routes, ...) au béton préfabriqué en passant par le béton
à hautes performances. Il existe dès lors une multitude de publications scientifiques sur le sujet, qui analysent l’incidence de
plusieurs compositions, de différents taux de substitution ainsi que de diverses teneurs en eau et en ciment. Ces informations
fournissent un bon aperçu des possibilités d’emploi des granulats recyclés dans le béton, mais aussi des limites de celles-ci.
Le présent chapitre a été rédigé sur la base des sources suivantes : [A2, B2, D4, D6, D12, H1, H2, L1, M1, R1, V1, V2].
La synthèse que nous y proposons reposant sur de vastes recherches bibliographiques, il convient de la parcourir et de
l’interpréter avec prudence. Dans ce chapitre, nous établissons une comparaison entre les performances d’un béton à base de
granulats recyclés et celles d’un béton ordinaire de composition similaire (courbe granulométrique, teneur en ciment et type
de ciment, teneur en eau, ...) ne contenant pas de granulats recyclés. À cet effet, nous distinguons, dans la mesure du possible
et lorsque cela s’avère pertinent, les bétons aux taux de substitution faibles (20 à 30 %) de ceux aux taux de substitution
élevés (50 à 100 %), étant donné que ce paramètre a une influence significative sur de nombreuses caractéristiques. Le texte
se concentre essentiellement sur l’emploi de gros granulats de béton présentant une qualité suffisante pour une application
dans le béton. Les autres matériaux tels que les granulats de débris mixtes ou le sable recyclé ne sont pas abordés, sauf men-
tion contraire explicite.
La présente monographie vise uniquement à dresser un état des lieux des connaissances, de l’expérience et des recherches
scientifiques en la matière. Il ne s’agit en aucun cas d’un règlement, d’une norme ou d’une autre forme de document régle-
mentaire fixant des exigences ou des limites.
L’utilisation de granulats recyclés peut avoir des répercussions sur la consistance et l’ouvrabilité du béton frais. À teneur en
ciment et à granularité égales, la quantité d’eau nécessaire pour obtenir la même consistance se révèle généralement plus
grande (voir figure 16, p. 42) [C7]. Le matériau recyclé absorbant davantage d’eau, il se peut en effet que la part d’eau ‘libre’
disponible soit moindre. Il s’avère en outre plus difficile de déterminer la teneur en eau réelle et, de ce fait, le rapport
eau efficace/ciment, puisqu’une partie de l’eau peut être absorbée par les granulats, mais que l’on en sait encore très peu sur
ce mécanisme.
On peut établir une distinction selon le pourcentage de granulats naturels remplacés par de gros granulats de béton :
• lorsque le taux de substitution est faible (20 à 30 % du volume des gros granulats), l’effet sur l’ouvrabilité du béton frais
est négligeable
• lorsque le taux de substitution est élevé (50 % ou plus), il y a lieu d’accorder une attention particulière à la demande en
eau ainsi qu’à l’ouvrabilité.
Au vu de la teneur en mortier plus importante et du caractère anguleux des granulats de béton fins (sable de concassage),
l’absorption d’eau sera renforcée, ce qui réduira encore un peu plus l’ouvrabilité. De manière générale, on peut affirmer
qu’afin de garantir la qualité du béton, il est préférable de ne pas intégrer la fraction fine des granulats recyclés (0/4) dans la
chaîne de production du béton.
Divers projets pilotes ont montré que, même s’il présente une bonne consistance au départ, le béton à base de granulats
recyclés perd plus rapidement en ouvrabilité. Ce phénomène est probablement lié au fait que les granulats recyclés (surtout
si le taux de substitution est élevé) absorbent encore une partie de l’eau de gâchage, ce qui réduit l’ouvrabilité du mélange
après un certain temps.
Les problèmes d’ouvrabilité peuvent néanmoins être palliés en adoptant certaines stratégies lors du processus de malaxage
ou de la préparation. Pour de plus amples informations à ce sujet, on consultera le § 3.2 (p. 52).
La masse volumique du béton frais composé de granulats recyclés est légèrement inférieure à celle du béton fabriqué à partir
de granulats naturels, car les granulats possèdent une masse volumique plus faible [D4]. Il se peut que la teneur en air du
béton à base de granulats recyclés soit quelque peu supérieure à celle du béton ordinaire, en raison de la porosité des granu-
lats et/ou de l’emploi de certains adjuvants.
La quantité d’air contenue dans le mélange de béton frais a une incidence à la fois sur l’ouvrabilité de ce dernier et sur les
performances du béton à l’état durci. Une teneur en air accrue favorise l’ouvrabilité du béton frais, les bulles d’air introduites
servant de lubrifiant grâce à leur coefficient de forme favorable, à leur capacité de déformation, à leur élasticité et à leur apti-
tude au glissement sans frottement.
En revanche, une augmentation de la teneur en air du béton durci entraînera une réduction de sa résistance mécanique. La
résistance à la compression peut ainsi diminuer de 3 à 5 N/mm² par pour cent d’air incorporé.
L’air entraîné dans le béton durci permet néanmoins d’améliorer significativement la résistance de ce dernier aux cycles de
gel/dégel en présence de sels de déverglaçage. Dans ce cas, les bulles d’air font en effet office de vases d’expansion pour la
glace qui se forme au sein du béton durci ou pour l’eau propulsée par la glace à travers les capillaires. La pression d’eau est,
de ce fait, limitée et on évite ainsi les dégâts.
La norme NBN B 15-001 [B9] définit les teneurs en air minimale et maximale des différents types de béton comprenant de l’air
entraîné :
• si Dmax est compris entre 20 et 31,5 mm, la teneur en air doit se situer entre 4 et 8 %
• si Dmax est compris entre 14 et 16 mm, la teneur en air doit se situer entre 5 et 9 %
• si Dmax est compris entre 5,6 et 12 mm, la teneur en air doit se situer entre 6 et 10 %.
Certaines exigences spécifiques peuvent s’appliquer au béton routier. Selon le cahier des charges type Qualiroutes [S2], la
teneur en air doit, par exemple, se situer entre 3 et 6 % pour un Dmax compris entre 6 et 20 mm et doit être supérieure ou égale
à 5 % pour des granulats présentant un Dmax inférieur ou égal à 6,3 mm.
Il est parfaitement possible d’obtenir un béton à base de granulats recyclés présentant une résistance à la compression déter-
minée. Il se peut toutefois que cette résistance soit inférieure à celle d’un béton équivalent (même teneur en ciment, même
rapport eau/ciment, ...) fabriqué à partir de granulats naturels. L’effet sur la résistance peut néanmoins être atténué par un
taux de substitution plus faible et par l’emploi de granulats recyclés de haute qualité.
En principe, on peut donc produire un béton de résistance identique (granulats de béton de haute qualité, bonne granularité
et squelette inerte adéquat, demande en eau maîtrisée, ...).
Si l’on ne prête aucune attention à la qualité des granulats recyclés ni à la composition spécifique du béton, la perte de résis-
tance peut se révéler nettement plus importante – jusqu’à 30 à 40 % par rapport à un béton similaire composé de granulats
naturels. Tant que le taux de substitution des gros granulats par des granulats de béton n’excède pas 30 %, l’influence du
remplacement sur la résistance demeure négligeable [D5]. Lorsque les granulats recyclés possèdent une qualité suffisante et
uniforme, l’écart statistique de la résistance moyenne reste dans les limites acceptables.
Si les fractions grossière et fine sont toutes deux remplacées, la perte de résistance (mesurée après 28 jours) peut s’élever
jusqu’à 40 % par rapport au béton ordinaire.
Les caractéristiques mécaniques des granulats recyclés (telles que la valeur LA) n’ont que peu ou pas d’incidence sur la résis-
tance finale du béton produit, pour ce qui est des classes de résistance ordinaires [D6, D12]. Le béton à base de gros granulats
(recyclés) présenterait une résistance à la compression supérieure à celle du béton fabriqué à partir de granulats plus petits
(8/20 versus 4/16, par exemple). La quantité plus importante de mortier adhérant aux granulats fins pourrait expliquer ce
phénomène [D5]. Plusieurs sources mentionnent également une corrélation entre la résistance du béton et celle du béton
mère. Les granulats issus de bétons de faibles résistances donneraient ainsi des bétons moins résistants.
En général, il existe une bonne corrélation entre le rapport eau/ciment (total) et la résistance du béton obtenue. C’est aussi ce
qui ressort, entre autres, des études antérieures du CSTC, comme illustré à la figure 19 (p. 45). Il est dès lors possible de pré-
voir les propriétés du béton grâce à une composition correcte du mélange.
Dans le cadre de l’étude RecyBeton (menée par le CSTC, le CRR et le CRIC entre 2015 et 2016), on a mis au point un béton de référence
à partir de six types de granulats de béton recyclés différents (EE3, 320 kg de ciment, E/C = 0,50), et ce, avec des taux de substitu-
tion de respectivement 20, 30 et 50 % (v/v) de la fraction grossière.
Les résultats ont montré que l’ensemble des bétons étudiés atteignent le niveau de résistance minimal exigé (voir figure 17). La
plupart des compositions ont une résistance moyenne à la compression légèrement inférieure à celle du béton de référence (fabriqué
à partir de granulats calcaires), mais les écarts s’avèrent mineurs. Par ailleurs, certains types de béton (tels que celui contenant des
granulats de type A) obtiennent des performances supérieures ou égales à celles du béton de référence.
Résistance à la compression après 28 jours [MPa]
60 fck + 4
(37 + 4 = 41)
50
40
30
20
10 remplacement 30 % 20 % remplacement 50 %
0
Fig .17
B1-0 B1-30A B1-30C B1-30G B1-30B B1-30D B1-30I B1-20A B1-20G B1-50A B1-50C B1-50G
Fig. 17 Résistance à la compression après 28 jours d’un béton de référence (B1-0) et de diverses compositions de béton fabriquées à
partir de six types de granulats de béton recyclés différents (A, B, C, D, G, I), avec des taux de substitution de respectivement 20, 30 et
50 % de la fraction grossière. La classe de résistance à la compression du béton visée est C30/37.
Exemple du projet NIB ‘Stortklaar beton voor de toekomst’ (Béton prêt à l’emploi du futur)
Sur un des dix chantiers de ce projet, l’O.B.B.C. (Oosterzeelse breek- en betoncentrale) a mis en œuvre trois types de béton distincts
(EE3, EE4 avec et sans air entraîné), avec pour chacun une composition ne contenant pas et une autre contenant 100 % de granulats
recyclés (voir figure 18). Les autres paramètres (dosage en ciment, rapport eau/ciment, courbe, ...) restaient constants pour tous les
types de béton. Il ressort de cette expérience que la résistance à la compression après 28 jours ne diffère pas significativement selon
que le béton contient ou non des granulats recyclés.
50
Fig ..22
40
30
20
10
0
0% 100 % 0% 100 % 0% 30 % 100 %
C30/37 C30/37 C30/37 C30/37 C35/45 C35/45 C35/45
EE3 EE3 EE4 avec air EE4 avec air EE4 sans air EE4 sans air EE4 sans air
Fig ............
Fig. 18 Résistance à la compression après 28 jours de trois types de béton distincts, avec et sans remplacement des granulats naturels
par des granulats recyclés.
65
R² = 0,8832
60 MPI
LG
55
MPII
R² = 0,8832 KS
Résistance à la compression [N/mm²]
50 R² = 0,8876
BP
R² = 0,6504
STRB
45
40
35
30
R² = 0,9092
25
R² = 0,8309
20
Rapport E/C
Fig. 19 Relation entre la résistance à la compression et le rapport eau/ciment total (KS = granulats calcaires, LG = granulats légers, les autres
abréviations représentent différents types de débris de béton et de débris mixtes) [D7].
La résistance à la traction par fendage du béton à base de granulats recyclés est inférieure à celle du béton ordinaire. L’écart
est d’autant plus grand que le taux de substitution est élevé [D4]. Cette conclusion vaut également, dans une moindre mesure,
pour la résistance à la flexion. Dans le cas du remplacement complet des gros granulats par des granulats de béton, le module
d’élasticité statique subit une diminution de l’ordre de 15 à 30 %. Si les fractions fine et grossière sont toutes deux rempla-
cées, cette baisse atteint même les 40 % [H1].
La plupart des auteurs indiquent que l’utilisation de granulats recyclés entraîne une augmentation du retrait et du fluage allant
jusqu’à 40 % (pour un taux de substitution de la fraction grossière de 100 %) par rapport à un béton de référence équivalent.
Lorsque le taux de substitution est faible (20 à 30 %), ces phénomènes s’avèrent moins problématiques (voir figure 20, p. 46)
[V1]. Les études réalisées par le CSTC ont, en revanche, révélé que l’effet sur le retrait et le fluage est bien plus limité. Cette
différence est probablement liée au fait que les recherches du CSTC portaient sur des granulats de béton de haute qualité.
Pour le dimensionnement des structures, on peut éventuellement appliquer des facteurs de calcul adaptés si l’on a recours à
un béton recyclé au taux de substitution élevé. C’est notamment le cas lorsque des caractéristiques telles que le retrait, le
fluage et le module d’élasticité revêtent une importance particulière : en présence de fortes charges, d’un retrait empêché, etc.
Les Pays-Bas et la Suisse, notamment, ont établi des règles de calcul à cet effet [C6, S3].
À titre d’illustration, nous reprenons ci-après les règles de calcul adaptées, telles que proposées aux Pays-Bas pour des
bétons présentant des taux de substitution compris entre 50 et 100 % v/v de granulats de béton [C6] :
• déformation élastique (module d’élasticité Ecm) :
–– Ecm doit être multiplié par le facteur k2 = 0,9
En ce qui concerne les taux de substitution plus faibles, aucun facteur de correction n’est prévu pour le coefficient de fluage
ni pour le rétrécissement occasionné par le retrait, mais on ne peut plus se reposer sur une marge substantielle dans le calcul
selon la règle conventionnelle.
Les résultats de recherches scientifiques divergent fortement quant à l’adhérence du béton composé de granulats recyclés
aux armatures en acier [B7]. Certaines études montrent que l’écart plus réduit entre le module d’élasticité de la pâte de ciment
et celui des granulats recyclés donne lieu à une concentration de contraintes plus faible et donc à une augmentation visible
de l’adhérence entre le béton et l’acier. D’autres indiquent que la qualité de la pâte de béton est davantage déterminée par
l’adhérence que par le type de granulats utilisé.
Âge [jours]
1 3 7 14 28 42 63 91
0,000
-0,100
B3*0R
B3*30A
-0,200
B3*50A
B3*50C
B3*50G
Retrait [mm/m]
-0,300
B3*0R 95 %
B3*30A 95 %
B3*50C 95 %
-0,400 B3*50G 95 %
-0,500
-0,600
Fig. 20 Mesures du retrait d’un béton de classe EE4 dont respectivement 30 et 50 % de la fraction grossière ont été remplacés par des gra-
nulats recyclés présaturés à respectivement 100 et 95 %.
[Link] Durabilité du béton à base de granulats recyclés par rapport à son environnement
La durabilité du béton se définit comme son aptitude à résister aux actions chimiques, aux facteurs environnementaux exté-
rieurs ainsi qu’aux agents physiques. Un béton à longue durée de vie doit posséder de bonnes caractéristiques de durabilité.
Cette dernière dépend de divers facteurs tels que les composants (ciment, rapport entre les constituants, ...), les conditions
de cure, les mécanismes d’altération à l’œuvre, etc.
De manière générale, la porosité plus élevée du béton contenant des granulats recyclés accroît le risque de dégradation. C’est
pourquoi des précautions doivent être prises pour l’emploi dans des environnements agressifs; certaines applications sont
même déconseillées (en raison de problèmes précédemment rencontrés ou d’un manque d’expérience). La plupart des diffi-
cultés peuvent néanmoins être palliées en optant pour des teneurs en ciment et des rapports eau/ciment appropriés. On peut
aussi éventuellement prévoir un enrobage des armatures plus épais [V1].
La vitesse de carbonatation du béton à base de granulats recyclés est généralement supérieure à celle du béton ordinaire
dans le cas où seuls les granulats sont remplacés [D4]. Par ailleurs, les performances du béton comprenant des granulats
recyclés sont identiques à celles d’un béton composé de granulats naturels de résistance à la compression équivalente [C7].
En d’autres termes, le rapport eau efficace/ciment et la formulation du mélange (y compris le taux de substitution) jouent un
rôle prépondérant à cet égard. On peut ainsi prendre en compte une carbonatation plus importante lors du choix de l’enrobage
des armatures, par exemple. Une porosité accrue du béton étant à prévoir, la vitesse de carbonatation pourrait augmenter
de 65 % si le remplacement atteint 100 %.
Les conclusions d’un large éventail d’études (incluant une grande variété de compositions, de types de ciment, de taux de
substitution, etc.) ont été résumées par J. de Brito [D3] à la figure 21.
Xiao [X1] a également obtenu des résultats similaires à l’issue d’une étude comparative, mais a mis au jour un second phéno-
mène. Lorsque le taux de substitution est bas et que l’on emploie de gros granulats, l’effet des granulats recyclés sur la vitesse
1,9
1,8
Profondeur de carbonatation relative [%]
1,7
1,6
1,5
1,4
1,3
1,2
1,1
1
0 25 50 75 100
Taux de substitution [%]
Fig. 21 Incidence du taux de substitution des granulats sur la profondeur de carbonatation du béton [D3].
de carbonatation s’avère limité. Dans le cas de taux de substitution plus élevés, on enregistre en revanche une augmentation
notable de cette vitesse. On observe en outre une autre différence : lorsque les granulats de béton utilisés proviennent d’un
béton plus résistant que celui qu’ils servent à fabriquer, leur influence sera moindre. Si le mortier de béton ou de ciment initial
présente une résistance inférieure, les répercussions seront par contre plus fortes. Thomas et ses collègues [T3] concluent que
si le rapport eau/ciment est faible, la porosité réduite de la nouvelle pâte de ciment domine, ce qui confère au béton à base
de granulats recyclés un comportement comparable à celui du béton de référence.
Le problème de la carbonatation plus élevée pourrait être résolu en optant pour un rapport eau/ciment plus limité et donc
pour un béton plus résistant. Si, dans le cas de taux de substitution importants, il arrive que l’on mesure également des
vitesses de carbonatation faibles, cela s’explique, d’après une étude allemande, par une sorte de ‘cure’ interne : l’eau (absor-
bée) contenue en plus grande quantité dans les granulats de béton n’est libérée qu’à un second stade, transformant alors le
ciment anhydre en ciment durci [K1].
Lorsque l’on prévoit une forte carbonatation ou qu’une étude préalable du mélange de béton a révélé qu’il existait un risque
de carbonatation accrue, on peut prendre des mesures préventives, comme choisir un enrobage des armatures plus important.
De manière générale, les résultats décrits dans la littérature scientifique montrent qu’il n’existe pas de différence notable
entre les performances du béton à base de granulats recyclés et celles du béton ordinaire, et que leurs potentiels de corrosion
sont donc relativement semblables.
Il a toutefois été constaté que si le taux de substitution des gros granulats s’élève à 100 %, l’activité corrosive au sein de
l’acier pour béton est légèrement plus importante et que le délai jusqu’au moment où l’acier commence à se corroder est un
peu plus court que si seuls 20 ou 50 % de la fraction grossière ont été remplacés par des granulats recyclés.
Dans le cadre de l’étude RecyBeton (menée par le CSTC, le CRR et le CRIC entre 2015 et 2016), on a mis au point un béton de référence
à partir de six types de granulats de béton recyclés différents (EE3, 320 kg de ciment, E/C = 0,50), et ce, avec des taux de substitu-
tion de respectivement 20, 30 et 50 % de la fraction grossière (voir figure 22).
Il ressort de cette recherche qu’en termes de carbonatation, les résultats obtenus par la majorité des compositions de béton sont du
même ordre que ceux du béton de référence. Certaines compositions affichaient même de meilleures performances. En ce qui concerne
la carbonatation, le choix du ciment (CEM I ou CEM III) s’avère bien plus déterminant que l’emploi de granulats recyclés (50 % maximum).
6
1,2 x référence
5
NBN B 15-100
4
2
remplacement 30 % 20 % 50 % 30 %
1
0
-0 A C G B D I A G 0A P -P -P Fig ..22G-P
B1 -3
0 0 -3
0 0 0 -3
0
-2
0 0 -5 0C 0G -o 0A 0C
-3 -3 -3 -2 -5 -5 B1 0
B1 B1 B1 B1 B1 B1 B1 B1 B1 B1 B1 1-3 1-3 -3
B B B1
Fig. 22 Profondeur de carbonatation mesurée après 28 jours sur diverses compositions de béton (fabriquées à partir de ciment CEM III/A
ou de ciment Portland (les quatre mélanges de droite), indiqué P), contenant six types de granulats de béton recyclés différents (A, B,
C, D, G, I) avec des taux de substitution de respectivement 20, 30 et 50 % de la fraction grossière.
Bien qu’elle soit en général légèrement inférieure à celle du béton ordinaire, la résistance aux cycles de gel/dégel d’un béton
dont les gros granulats ont été remplacés par des granulats de béton recyclés demeure satisfaisante. Les granulats de moindre
qualité peuvent néanmoins entraîner une diminution de la résistance [A2, L1]. D’autres études, dont les recherches internatio-
nale RILEM et allemande [Link], attestent, elles aussi, que la résistance aux cycles de gel/dégel du béton composé de gra-
nulats recyclés ne pose aucun problème (voir figure 23) [B4, D5]. Seules des conditions très humides (béton complètement
mouillé qui arrive à saturation juste avant de geler), rarement voire jamais observées dans des ouvrages ordinaires, pourraient
s’avérer problématiques pour la résistance au gel du béton [D12]. Le taux de substitution joue un certain rôle à cet égard, mais
aucune conclusion univoque ne peut être tirée à ce sujet.
Il ressort des essais pratiques réalisés en Flandre que d’autres facteurs s’avèrent bien plus déterminants en termes de résis-
tance au gel (écaillage), comme le fait d’utiliser ou non un entraîneur d’air et, par là même, la teneur en air du béton.
Tout comme les granulats naturels, les granulats recyclés sont potentiellement réactifs et peuvent être à l’origine d’une réac-
tion alcalis-silice au sein du béton. Lorsque l’on emploie ce type de matériau, le risque de RAS est encore renforcé en raison
de la possible augmentation de la porosité du béton ainsi que de la teneur accrue de ce dernier en alcalis induite par la pâte
de ciment adhérant aux granulats recyclés. Étant donné l’incertitude entourant la provenance du matériau, les granulats recy-
clés doivent toujours être considérés comme ‘potentiellement réactifs’. La nouvelle annexe I de la norme NBN B 15-001 [B9]
propose dès lors une série de solutions envisageables en vue de prendre les mesures qui s’imposent pour limiter les risques.
Il s’agit, par exemple, d’utiliser du ciment low alkali (à faible teneur en alcalis) et d’établir un bilan alcalin. Une autre solution
consiste à tester les granulats au préalable (entre autres si l’on suspecte que le béton mère contient des granulats potentiel-
lement réactifs [K2]). On estime que ces mesures permettent, en pratique, de réduire de manière satisfaisante le risque de
réaction alcalis-silice [D6].
Afin de dresser le bilan alcalin du béton, on peut déterminer la teneur en alcalis des granulats par essai ou encore se baser
sur une valeur par défaut sécuritaire (telle que 0,03 % Na2Oeq), par exemple (voir tableau 15, p. 50).
10
8 Béton de référence
à base de sable du
Rhin (B1)
Perte de poids [% m/m]
6
Béton contenant
100 % de granulats
4 recyclés
0
0 14 28 56 74 100
Cycles de gel/dégel
Fig. 23 Résistance du béton aux cycles de gel/dégel (béton de référence et béton comprenant 100 % de granulats recyclés) [K1].
Tableau 15 Teneur en alcalis de neuf types de granulats de béton (d/D) disponibles sur le marché belge (source : étude RecyBeton).
Le béton contenant des granulats recyclés absorbera en principe davantage d’eau, en raison de la plus grande porosité de ces
derniers. Ce phénomène peut avoir des répercussions sur la durabilité du béton soumis à un environnement agressif.
Par ailleurs, l’absorption d’eau sert aussi, dans certains cas, de paramètre estimatif (pour l’évaluation de la résistance aux
cycles de gel/dégel, par exemple), et il est tout à fait possible que le béton résiste, en réalité, au mécanisme d’altération alors
qu’il présente une absorption d’eau plus élevée.
En ce qui concerne le béton routier, l’estimation de la durabilité (résistance aux cycles de gel/dégel, notamment) consiste tout
d’abord à vérifier la présence d’une quantité d’air suffisante dans le béton frais (> 4 % v/v), et ensuite la résistance à la com-
pression obtenue ainsi que l’absorption d’eau par immersion du béton durci. Si l’absorption d’eau ne suffit pas (en tant que
paramètre estimatif), l’évaluation reposera sur un essai de performance pour la détermination de la résistance à l’écaillage.
L’absorption d’eau par immersion est testée sur le béton durci âgé d’au moins 60 jours. Pour réaliser cet essai, on prélève des
échantillons cylindriques d’une surface de 100 cm² (113 mm de diamètre) dans le revêtement en béton par carottage. La
mesure est réalisée sur la partie supérieure de la carotte extraite de ce segment, sur un échantillon de 5 cm de hauteur.
L’absorption d’eau moyenne ne peut pas dépasser 6,0 % m/m (SB 250 v. 3.1 [M2]) ou 6,3 % m/m (Qualiroutes 2016 [S2], pour
un Dmax ≤ 20 mm), et les valeurs individuelles ne peuvent excéder respectivement 6,5 et 6,8 % m/m. Ces limites s’appliquent
à un revêtement monocouche ou à la couche supérieure d’un revêtement bicouche; cette exigence n’est pas applicable à la
couche inférieure.
L’exigence relative à l’absorption d’eau étant exprimée en pour cent en masse (% m/m) par rapport à la masse sèche du
béton, cette valeur numérique s’avère en fait, lorsque des granulats de béton recyclés sont intégrés dans le mélange de béton
(de densité inférieure à celle du béton ordinaire), plus sévère que la valeur initialement prévue. Cette règle devrait dès lors
être assouplie en tolérant une certaine marge.
Il arrive parfois que l’on souhaite donner une finition d’aspect particulier au béton. L’emploi de granulats recyclés peut avoir
une incidence (néfaste) à cet égard et est donc déconseillé, à moins que l’on dispose de garanties suffisantes (9) concernant
les granulats de béton :
• dans le cas du béton coulé in situ, il existe en général un risque lié à la présence de particules de fer provenant d’anciennes
armatures (ou de fibres d’acier), par exemple, dans les granulats de béton. Si, lors du coulage, ces particules entrent en
contact avec le coffrage, elles peuvent alors commencer à se corroder et entraîner ainsi l’apparition de taches (voir figure 24,
p. 51)
• pour ce qui est des sols en particulier, il se peut que des particules flottantes (bois, plastique, etc.) se retrouvent dans les
granulats de béton et remontent à la surface lors de la mise en œuvre. En règle générale, les sols sont néanmoins revêtus
d’une couche de finition en ciment/quartz, mais les particules flottantes peuvent néanmoins apparaître (voir figure 25, p. 51)
• en ce qui concerne tout particulièrement les sols polis ou dotés d’une finition similaire, d’autres éléments doivent aussi
faire l’objet d’une attention particulière lors du traitement : la prise et le durcissement ainsi que l’évolution de la consis-
tance du béton à base de granulats recyclés peuvent varier en comparaison avec le béton ordinaire, ce qui peut également
modifier le processus de finition (dans le temps et en termes de méthode de travail).
(9) En théorie, on peut soumettre un lot de granulats de béton à des tests, afin de détecter les éventuelles impuretés et particules flottantes, mais il s’avère
presque impossible d’éliminer tous les risques.
3.1.4 RÉSUMÉ
À la lumière de la synthèse proposée ci-avant, on peut affirmer que la plupart des aspects tels que la porosité, la résistance
mécanique, la durabilité, les critères de conception, etc. ont été étudiés d’un point de vue scientifique et technique.
On peut donc conclure que si le taux de substitution reste limité (20 ou 30 % de la fraction grossière, par exemple, comme
autorisé dans la norme NBN B 15-001 (2012) [B8]), il est possible d’obtenir, à condition d’utiliser des granulats de béton de
bonne qualité et d’adapter légèrement la composition du mélange, un béton qui soit à tous égards (ouvrabilité, résistance,
déformation, durabilité) équivalent à un béton comparable fabriqué à partir de granulats naturels.
Les granulats recyclés peuvent également être mis en œuvre dans des bétons présentant des taux de substitution plus élevés
(allant jusqu’à 100 %) et des résistances plus grandes, mais il importe alors de tenir davantage compte des effets du matériau
recyclé sur les propriétés du béton en modifiant la composition de ce dernier ou en adaptant les règles de calcul.
Les recherches ont démontré que le béton à base de granulats recyclés peut être produit à grande échelle. Les principaux fac-
teurs d’influence sont le rapport eau/ciment, qui détermine la résistance et a aussi une incidence sur la durabilité, le type de
granulats (gros/fins, de haute qualité/de qualité ordinaire, granulats de béton/granulats mixtes, ...) et le taux de substitution.
Fig. 24 Coulures de rouille apparentes sur un mur extérieur de la maison Recyhouse (construite en béton de granulats mixtes).
Fig. 25 Détail d’un sol en béton situé au Centre pour la construction durable (Centrum Duurzaam Bouwen) à Heusden-Zolder et composé de
granulats mixtes non filtrés : les particules de bois se trouvent juste en dessous de la surface du béton, ce qui provoque, au bout d’un
certain temps, l’éclatement de la couche de ciment qui les recouvre.
La composition du béton et la méthode de production doivent être adaptées en fonction des caractéristiques inhérentes aux
granulats recyclés (provenance hétérogène, absorption d’eau accrue, masse volumique plus faible). Une série de recomman-
dations pratiques en la matière sont formulées dans les paragraphes suivants.
Il appartient en principe au producteur de béton de déterminer la formulation du mélange. Différentes approches théoriques
permettant d’obtenir une composition adéquate peuvent être envisagées. Dans tous les cas, il importe de viser une courbe
granulométrique continue et de limiter la quantité de ‘fines’ (particules très fines). On peut améliorer l’ouvrabilité en pré-
voyant une fraction sableuse suffisante (volume de mortier plus grand), ce qui augmentera toutefois la quantité d’eau requise.
[Link] Composants
Tout comme pour le béton ordinaire, le choix du type de ciment dépend, bien entendu, de divers facteurs : le domaine
d’application, la résistance exigée et le développement de celle-ci, les conditions climatiques, etc.
Il convient éventuellement de prendre en compte le risque de réaction alcalis-silice ou RAS. Ce phénomène se produit lorsque
les granulats contiennent de la silice réactive qui entre en réaction avec l’eau et les alcalis se trouvant dans le béton (eau
interstitielle). On observe alors la formation d’un gel qui gonfle et qui peut donc engendrer la fissuration du béton. L’origine
des granulats recyclés étant en général inconnue, ceux-ci sont considérés comme ‘potentiellement réactifs’ ou comme ‘réac-
tifs’ dans certains pays et des précautions doivent être prises afin d’éviter toute RAS. Parmi les mesures courantes, citons non
seulement la limitation du taux de substitution, mais aussi l’emploi d’un ciment à faible teneur en alcalis, à savoir un ciment LA
[B4]. Pour de plus amples informations à ce sujet, on consultera l’annexe I de la norme NBN B 15-001 [B9].
Les granulats recyclés peuvent exercer un effet défavorable sur l’ouvrabilité. L’utilisation d’un adjuvant peut dès lors s’avérer
indispensable. La quantité additionnelle de superplastifiant nécessaire pour obtenir une même ouvrabilité dépend égale-
ment du type de sable (finesse) et du produit employés. Dans le cadre de l’étude ValReCon20, des mélanges ont été réalisés
à partir de différents types de débris de béton, avec à chaque fois le même type de sable et le même superplastifiant; il ressort
des analyses que le type de granulats n’a presque pas d’incidence sur l’ouvrabilité [B4].
Comme mentionné précédemment, l’emploi de granulats recyclés peut avoir des répercussions sur les performances du béton
frais et sur celles du béton durci. Il est cependant possible de neutraliser, en grande partie, ces effets en respectant une série
de recommandations.
Tout d’abord, il convient d’opter pour une formulation du mélange adéquate, avec une bonne rhéologie et une composition
correcte.
La qualité des granulats recyclés employés est en outre primordiale : plus leur qualité intrinsèque est bonne, moins leurs
effets (néfastes) sur les caractéristiques du béton seront marqués. En théorie, les granulats recyclés présentent des propriétés
variables, en raison de leur provenance hétérogène inhérente. Ces variations pourront être compensées dans une large
mesure grâce à un processus de production optimal (voir chapitre 2, p. 21). Il en va de même pour le taux de substitution : plus
la quantité de granulats remplacée est faible, plus les répercussions seront limitées.
Il existe, par ailleurs, toute une série d’autres solutions permettant de contrebalancer certains effets :
• réduire le rapport eau (efficace)/ciment : la proportion entre l’eau (libre) et le ciment constitue un des principaux para-
mètres déterminant la résistance (et la durabilité) du béton. En ajoutant davantage de ciment pour une même quantité
d’eau, on obtiendra un produit final plus performant. L’augmentation de la teneur en ciment peut éventuellement être en
partie compensée par l’addition d’eau, en vue de maintenir la même ouvrabilité. Une autre option consiste à restreindre la
quantité d’eau et à employer davantage de superplastifiant
• accroître la teneur en ciment en conservant le même rapport eau/ciment
• adapter le processus de malaxage (voir aussi § 3.2.3)
• recourir à des additions minérales ou autres (cendres volantes, laitier de haut fourneau ou filler calcaire, par exemple), qui
favorisent la résistance et/ou la durabilité du béton. Il importe néanmoins de garder à l’esprit qu’une mesure améliorant,
d’une part, une caractéristique peut également avoir, d’autre part, des répercussions négatives sur d’autres propriétés.
[Link] Absorption
Le calcul de la composition théorique du béton est basé sur le volume qu’occupent les granulats, pores (saturés) inclus, dans
un mètre cube de béton. Au vu de leur porosité, les granulats se gorgeront, en principe, de l’eau de gâchage ajoutée. Afin de
veiller à ce que l’eau de gâchage indispensable aux réactions d’hydratation ainsi qu’à l’ouvrabilité du mélange joue effective-
ment son rôle et ne soit pas absorbée par les granulats poreux, différentes méthodes peuvent être appliquées lors de la pro-
duction :
• saturation complète des granulats recyclés avant le processus de malaxage :
–– cette technique consiste à les immerger dans un bac d’eau pendant 24 heures au moins. À ce stade, l’eau se trouvant
‘entre’ les granulats peut être prise en compte comme de l’eau de gâchage ‘libre’ qui ne doit plus être additionnée
–– étant donné que les granulats assimilent la majeure partie de l’eau disponible en peu de temps (maximum 10 minutes),
on peut aussi les préhumidifier pendant 10 à 20 minutes
–– dans des conditions humides, la teneur en humidité des granulats (déterminée par séchage) est en général supérieure
à leur absorption d’eau. On peut donc partir du principe que les granulats ont effectivement atteint environ 95 % de leur
capacité d’absorption totale après 24 heures, et sont donc presque arrivés à saturation. La différence entre le taux
d’humidité mesuré et la valeur WA24 (ou 95 % de celle-ci) peut être considérée comme correspondant à de l’eau libre
–– par temps sec ou si les granulats sont stockés à l’abri de l’humidité et de la pluie, ils contiendront moins d’eau qu’ils
ne peuvent en absorber. Il ressort des résultats de l’étude ValReCon20 que le taux d’humidité se stabilise aux alentours
de 3 % m/m lorsque les granulats sont stockés à l’intérieur durant une longue période [B4]. De l’eau doit alors être
ajoutée en vue d’atténuer le phénomène d’absorption
–– en théorie, les granulats peuvent être humidifiés de diverses manières. On peut ainsi les faire passer dans un bain
d’eau ou les arroser sur l’aire de stockage ou dans la trémie, ou encore lors du transport vers le malaxeur
–– les granulats atteignant 75 à 90 % de leur capacité d’absorption totale en quelques minutes, on peut estimer que la
majeure partie de l’eau y pénètre au cours de cette brève période
–– pour déterminer le processus de malaxage et calculer la composition, on peut tenir compte, par sécurité, d’une absorp-
tion d’eau des granulats recyclés s’élevant à seulement 75 à 85 % de la valeur après 24 heures (WA24). Même si la
quantité d’eau libre pouvant être ajoutée s’en trouve, à l’évidence, légèrement réduite (ce qui altère l’ouvrabilité), cette
méthode permet de ne pas dépasser le rapport eau/ciment maximal dans le cas où de l’eau issue des granulats s’écou-
lerait malgré tout dans le mélange
• saturation des granulats pendant le processus de malaxage :
–– la solution la plus simple revient à incorporer l’eau destinée à être absorbée par les granulats en même temps que l’eau
libre lors du malaxage. Si l’eau se mélange déjà au ciment et forme une pâte, il n’est cependant pas garanti que toute
l’eau sera assimilée par les granulats. Au besoin, on ne versera pas la totalité de l’eau d’absorption, mais seulement
une partie (75 à 85 %, par exemple)
–– on peut aussi recourir à une autre méthode, appelée ‘Two Stage Mixing Approach’ (malaxage en deux étapes) [T1] :
⊗⊗ les granulats recyclés sont mélangés à la moitié de l’eau à incorporer (somme de l’eau libre et de l’eau pouvant être
absorbée par les granulats) et au ciment pendant une minute dans le malaxeur. Cette opération permet de remplir
leurs fissures et leurs pores de barbotine
⊗⊗ la seconde étape consiste à verser progressivement, sur une période de deux minutes, l’autre moitié de l’eau dans
le mélange
⊗⊗ cette méthode implique, bien entendu, d’utiliser un malaxeur adapté ou de prolonger le temps de malaxage de
chaque gâchée, ce qui s’avère, en pratique, irréalisable d’un point de vue économique ou non rentable
⊗⊗ si l’on emploie des granulats présentant une certaine teneur en humidité, il importe de connaître le taux exact avant
de procéder au mélange. Il est en outre essentiel de mesurer le taux d’humidité des granulats à plusieurs moments
de la journée ainsi que dans des conditions climatiques variables
• approche innovante : la troisième option envisageable est d’agir sur le comportement des granulats en matière d’absorp-
tion; on peut ainsi notamment les enrober d’une couche de protection ou accroître leur densité et donc limiter leur capacité
d’absorption, en soumettant leur surface à une carbonatation accélérée. À l’heure actuelle, l’expérience de ce type de
techniques est toutefois trop limitée pour que l’on puisse mettre celles-ci en pratique.
La norme belge relative au béton, la NBN B 15-001 (2018) [B9], prévoit d’appliquer une correction au rapport eau/ciment
lorsque l’on utilise des granulats absorbants (WA24 > 3 %). Ce rapport constitue en fait une marge de sécurité, qui tient compte
du taux d’humidité réel des granulats stockés à l’extérieur. Il prend également en considération le fait qu’une partie de l’eau
déterminant la teneur en humidité n’a pas été ou n’est pas absorbée par les granulats, mais reste libre.
Le choix du mode de malaxage et de la méthode de présaturation influe sur les performances du béton et sur la variabilité de
celles-ci. Certains auteurs affirment que la présaturation conférera au béton une résistance légèrement inférieure à celle obte-
nue lorsque l’on ajoute un complément d’eau lors du malaxage [D4]. Nos recherches (RecyBeton) ont cependant montré que
la présaturation produit de meilleurs résultats que l’ajout de l’ensemble de l’eau (eau d’absorption + eau libre) au moment du
malaxage. Il revient donc à la centrale à béton d’acquérir le savoir-faire nécessaire en la matière.
Par ailleurs, il convient d’accorder une attention particulière à la perte de consistance au fil du temps. En effet, nous avons
souvent constaté, en particulier dans des conditions de laboratoire (étude RecyBeton, entre autres; voir figure 26, p. 55), que
la consistance du béton à base de granulats recyclés faiblit plus rapidement que celle du béton ne contenant pas de tels gra-
nulats.
Il est par conséquent recommandé de faire appel à un spécialiste diplômé pour mettre au point la formulation et d’effectuer
un nombre suffisant d’essais de type initiaux (Initial Type Testing ou ITT), dans le but de disposer de l’expertise et des connais-
sances nécessaires concernant le comportement du béton. On peut aussi prévoir des essais de brûlage plus fréquents, en vue
de déterminer le rapport eau efficace/ciment.
Du point de vue de la centrale à béton, l’utilisation de granulats recyclés implique, bien entendu, de mettre en place un espace
de stockage supplémentaire. En fonction de la méthode de malaxage (à saturation complète, à l’état sec, au taux d’humidité
d’équilibre, ...), il y a également lieu de prendre en considération le mode de stockage : sous eau, à couvert et au sec, etc. Il
en va de même pour le transport des granulats sur le site de la centrale : on peut ainsi munir les bandes transporteuses de
recouvrement afin de protéger les granulats de la pluie.
Il importe en outre de tenir compte de l’éventuelle ‘hydraulicité résiduelle’ des granulats fraîchement concassés, qui pourrait
entraîner une nouvelle liaison des granulats recyclés provoquant leur agglomération. Dans des conditions de stockage nor-
males, où la pression est évitée (de préférence pas en silo), ce phénomène ne devrait pas poser problème, surtout si la frac-
tion fine des granulats a été éliminée.
Notons que cet exemple de calcul est donné à titre purement illustratif. L’emploi d’autres types de sable et de granulats naturels
engendre également un apport d’eau (libre) dans le mélange.
Maintien de la consistance
200
180
160
140
Affaissement [mm]
120
substitution 0 %
100 substitution 30 %
80
substitution 50 %
60
40
20
0
0 20 40 60 80
Le présent chapitre est dédié à la mise en œuvre du béton sur site. L’ensemble du processus y est étudié, de la prescription
et de la commande du béton à l’assurance de qualité en passant par l’exécution par l’entrepreneur.
Une fois les granulats produits et le béton fabriqué, l’entrepreneur doit mettre ce dernier en place sur chantier. Lors de la
préparation du béton, on tend, en principe, à obtenir un béton présentant des caractéristiques similaires à celles du béton
ordinaire ne contenant pas de granulats recyclés. C’est pourquoi – selon les granulats utilisés (type et qualité) et le taux de
substitution – les différences en termes de mise en œuvre du béton sur site sont peu nombreuses.
Dans l’ensemble, la littérature scientifique ne comprend qu’un nombre limité d’informations spécifiques concernant les impli-
cations de l’emploi de granulats recyclés sur la mise en place du béton. Les paragraphes suivants détaillent une série d’aspects
potentiellement importants à cet égard, en s’appuyant sur la structure et le contenu de la norme européenne NBN EN 13670
(2011) ‘Exécution des structures en béton’ [B27] ainsi que de son supplément belge NBN B 15-400 [B12].
Nous nous attardons, en particulier, sur le paragraphe 8 des normes NBN B 15-400 [B12] et NBN EN 13670 [B27], qui concerne
le bétonnage. Vous trouverez, au § 4.1.1 de cette monographie, un résumé des points qui y sont abordés, le reste du chapitre
étant consacré aux autres aspects à prendre en compte.
4.1.1 BÉTONNAGE (§ 8 DES NORMES NBN B 15-400 [B12] ET NBN EN 13670 [B27])
Le paragraphe 8 des normes NBN B 15-400 et NBN EN 13670 traite des sujets suivants :
• § 8.1 Spécification du béton : les dispositions générales s’appliquent. La commande et la prescription du béton sont
détaillées au § 4.2 (p. 58) de la présente monographie
• § 8.2 Opérations préliminaires au bétonnage : aucun autre élément à prendre en considération
• § 8.3 Livraison, réception et transport du béton frais sur le chantier : au vu de la porosité des granulats, il se peut que
l’ouvrabilité et l’aptitude au pompage du béton diminuent plus vite que d’ordinaire. Ce phénomène se manifeste surtout
dans le cas de taux de substitution élevés
• § 8.4 Mise en place et serrage : le béton à base de granulats recyclés peut être coulé à l’aide d’une benne ou d’une pompe
à béton. Lorsque le taux de substitution est limité, l’ouvrabilité du béton contenant des granulats recyclés ne différera, en
général, pas de celle du béton ordinaire. Si besoin, la consistance peut être ajustée par l’ajout d’un plastifiant ou d’un
superplastifiant. Dans le cas de taux de substitution plus élevés, on constate parfois une baisse de la consistance au fil du
temps, selon le processus de production (préhumidification, malaxage, ...). Il importe de bien évaluer ce phénomène au
préalable, de façon à pouvoir en tenir compte sur chantier, en fonction du mode et de la période de mise en œuvre prévus,
de la période de finition du béton, etc.
Aucune augmentation significative du ressuage ni de la ségrégation n’a été enregistrée. En revanche, des modifications de
la prise et du durcissement peuvent apparaître. L’accélération de la prise du béton complique le serrage de ce dernier.
Tout comme pour le béton ordinaire, les éléments de construction plus fins (parois, colonnes) requièrent un serrage effi-
cace, afin d’éviter la formation de nids de gravier
• § 8.5 Cure et protection : la cure est tout aussi importante pour le béton fabriqué à partir de granulats recyclés que pour le
béton ordinaire. En règle générale, la cure a le même effet sur le béton, qu’il contienne des granulats recyclés ou pas [F1]
• § 8.6 Opérations après le bétonnage et § 8.8 Parements : comme indiqué précédemment, l’emploi de granulats recyclés
dans le béton apparent est déconseillé, puisque l’expérience de cette technique s’avère insuffisante et que les granulats
sont susceptibles de contenir des contaminants.
Afin de bien maîtriser la mise en œuvre, il convient d’accorder une attention particulière aux points suivants :
• formation : l’exécution sur chantier ne nécessite aucune formation spécifique. Le responsable de la préparation du béton
doit néanmoins être qualifié, étant donné que certains paramètres techniques diffèrent par rapport au béton ordinaire.
L’un des aspects abordés lors de la formation du personnel exécutant est le fait que le début de la prise et/ou du durcisse-
ment peut varier, ce dont il convient de tenir compte lors de la mise en œuvre
• spécification : lors de la commande et/ou de la prescription du béton, l’utilisation des granulats recyclés est décrite dans
le volet ‘exigences complémentaires’
• documentation : la durabilité du béton à base de granulats recyclés n’a pas encore pu être pleinement démontrée dans la
pratique. Afin de pouvoir suivre l’évolution des performances du béton à long terme (sur plusieurs années), il est recom-
mandé de répertorier les applications dans lesquelles celui-ci a été utilisé ainsi que les spécifications fixées
• qualité et réception des matériaux : pour de plus amples informations à ce sujet, on se référera au § 4.3 (p. 59) de ce docu-
ment.
En théorie, la masse volumique moindre du béton ou sa fluidité initiale supérieure (visant à compenser la baisse de consis-
tance, par exemple) pourraient avoir une incidence sur la pression exercée sur le coffrage [K2]. En réalité, l’influence de ces
phénomènes sera toutefois limitée et ne doit donc pas être prise en considération.
Les résultats des recherches scientifiques divergent quant à l’adhérence du béton aux armatures en acier [B7]. Certaines
études révèlent que la concentration de contraintes est plus faible et que l’adhérence entre le béton et l’acier s’avère donc
nettement plus forte, en raison de l’écart plus réduit entre le module d’élasticité de la pâte de ciment et celle des granulats
recyclés. D’autres montrent que l’adhérence est davantage influencée par la qualité de la pâte de béton que par le type de
granulats utilisé.
Lors de la mise en œuvre, il importe de prêter attention au serrage du béton ainsi qu’au retrait, afin de garantir une bonne
adhérence.
En règle générale, l’utilisation de granulats recyclés n’est pas autorisée dans le béton précontraint. Tel est le cas en Alle-
magne, au vu des limites en matière de classe de résistance à la compression (C30/37), mais aussi en Suisse où l’on considère
que les granulats de béton sont toujours susceptibles de contenir des chlorures. Aux Pays-Bas, il n’existe, en revanche, pas
de restrictions claires concernant l’emploi dans le béton précontraint. En Belgique, l’aptitude à l’emploi des granulats recyclés
dans cette application doit être prouvée.
Différentes options sont envisageables pour ce qui concerne la prescription et la commande du béton fabriqué à partir de
granulats recyclés.
On respecte les prescriptions générales issues des normes (NBN EN 206 [B14] et NBN B 15-001 [B9]). Si le béton doit contenir
des granulats recyclés, ce paramètre sera décrit dans la partie E ‘Exigences complémentaires’ (voir tableau 16) [P3]. On suit,
par ailleurs, l’ensemble des prescriptions fixées dans les normes et on s’inscrit donc dans le cadre normatif en vigueur.
On peut en outre mentionner systématiquement, dans le cahier des charges, les paramètres requérant une attention particu-
lière (tels que le retrait, le moment de finition, le serrage, ...). Notons que la centrale à béton doit toujours signaler la livraison
de béton à base de granulats recyclés sur chantier (au moyen du bon de livraison).
En ce qui concerne les applications routières en Flandre, on peut, en principe, se référer aux dispositions ordinaires du cahier
des charges type SB 250 [M2].
Tableau 16 Partie E décrivant les exigences complémentaires relatives aux granulats recyclés.
A B1/B2 C D E
Classe de résistance à Domaine d’utilisation et Classe de consistance Dimension nominale du Exigences complémentaires
la compression classe d’environnement plus gros granulat
En général C20/25 ou Béton armé (BA) S3, S4, … Selon l’application On remplace 20 % de la
C25/30 ou C30/37 Classe d’environnement (généralement Dmax de fraction granulaire grossière
E0 ou EI ou EE2, ... 16 ou 20 mm) par des granulats de béton
recyclés répondant aux
exigences du § 5.1.3 de la
norme NBN B 15-001
La norme NBN B 15-001 [B9] permet d’outrepasser les prescriptions générales, à condition que l’aptitude à l’emploi de la
composition dans l’application visée soit prouvée. Il est dès lors possible d’envisager d’autres classes d’environnement ou de
résistance, sous réserve que l’aptitude à l’emploi du béton ait été suffisamment démontrée. Lorsque l’on prescrit l’utilisation
de granulats recyclés dans de telles applications, on s’inscrit donc toujours dans le cadre normatif, mais certains éléments
spécifiques doivent néanmoins être détaillés, à commencer par la manière dont l’aptitude à l’emploi doit être attestée.
Lors de la prescription, il y a lieu de renvoyer aux paragraphes correspondants de la norme NBN B 15-001 et de mentionner
explicitement les points qui diffèrent, en théorie, des normes belges en vigueur ainsi que leurs implications pour le processus
de réalisation (formulation, préparation et mise en œuvre).
Si l’on souhaite aller encore plus loin (en optant pour un taux de substitution de 100 % ou une application dans une classe
d’environnement non couverte par la norme, par exemple), on sort du cadre normatif. Dans ce cas, il convient de fixer de
manière claire et précise les dispositions relatives au béton, à la préparation et à la mise en œuvre, ainsi que le mode d’assu-
rance de qualité à adopter (voir § 4.3, p. 59). Le maître d’ouvrage et le concepteur sont alors responsables des choix effectués,
puisqu’ils travaillent en dehors du cadre des ‘codes de bonne pratique’.
Étant donné que l’emploi de granulats recyclés a été prévu dans les différentes normes et prescriptions relatives au béton, ce
dernier peut, en principe, faire l’objet d’une certification selon les systèmes d’assurance de qualité actuels (tels que le règle-
ment BENOR TRA 550). Il n’en est toutefois ainsi que pour le domaine d’application spécifique défini dans la norme NBN
B 15-001 [B9], le cahier des charges type SB 250 [M2], les normes dédiées aux produits en béton, etc.
Lorsque l’on envisage d’autres applications (taux de substitution plus élevés, autres classes d’environnement ou classes de
résistance supérieures, par exemple), on s’écarte (dans une certaine mesure) du cadre normatif et prescriptif. Dans ce cas, on
ne peut plus recourir aux systèmes de conformité bien connus, mais il importe toujours de veiller à la qualité tout au long du
processus.
Il reviendra alors au maître d’ouvrage de procéder aux contrôles et aux vérifications des caractéristiques du béton qui doivent
être réalisés sur chantier. On peut éventuellement charger un organisme extérieur indépendant d’effectuer une réception par
lots, en vue de parvenir à un niveau de garantie similaire à celui des systèmes de certification courants.
4.3.2 ÉTAPES À SUIVRE POUR UNE APPLICATION QUALITATIVE DU BÉTON À BASE DE GRANULATS RECYCLÉS
Afin d’obtenir un résultat final satisfaisant et de pouvoir appliquer le béton contenant des granulats recyclés en toute confiance
du point de vue des différents acteurs concernés (maître d’ouvrage, entrepreneur, bureau d’études, architecte, assureur, etc.),
il y a lieu de respecter une série d’étapes pour garantir la qualité du béton employé dans le projet. Cela passe, en théorie, par
trois grandes phases, qui sont schématisées à la figure 27 (p. 60).
Selon le type de béton utilisé sur chantier et le niveau d’ambition (matières premières remplacées (grossières et/ou fines),
taux de substitution (élevé/faible), ...), il peut s’avérer souhaitable de réaliser des analyses complémentaires des caractéris-
tiques du béton. En fonction du niveau d’ambition, on peut alors identifier, lors de la conception, les applications les plus
appropriées à un projet, en concertation avec l’architecte et le bureau d’études :
• lorsque l’on remplace 20 ou 30 % des gros granulats par des granulats recyclés dans un béton de classe de résistance C25/30
ou C30/37 destiné aux classes d’environnement couvertes par la norme (E0, EI, EE1, EE2, EE3), l’effet sur les propriétés du
béton ainsi que les risques s’avèrent limités. Ces types de béton sont décrits dans la norme belge actuelle relative au béton
coulé in situ NBN B 15-001 [B9] et peuvent dès lors être considérés comme ‘ordinaires’
• dans le cas de taux de substitution plus élevés, les caractéristiques du béton peuvent être fortement altérées, comme
indiqué au chapitre 3 (p. 41). Les principales propriétés affectées sont les suivantes :
–– l’ouvrabilité, la résistance à la compression et la durabilité
–– les autres caractéristiques mécaniques telles que le module d’élasticité, le retrait, le fluage, etc.
À cet égard, il importe surtout de vérifier à partir de quel moment on s’écarte du cadre existant et des coefficients de sécu-
rité préconisés dans les calculs de stabilité, ce qui nécessite en principe une correction des propriétés et des paramètres
des matériaux. Aux Pays-Bas, la limite de remplacement des gros granulats est ainsi fixée à 50 % v/v
• certains domaines d’application – classes de résistance à la compression supérieures notamment, mais surtout environ-
nements exposés à des conditions plus sévères – ne sont pas encore autorisés par les normes et doivent faire l’objet de
précautions supplémentaires. Dans le cas de taux de substitution élevés, il convient donc de bien s’assurer préalablement
que le niveau d’ambition est compatible avec les applications envisagées. Lorsque l’ambition est haute, il peut se révéler
nécessaire d’étudier certains effets plus en détail au préalable (règles de calcul ou retrait, par exemple), mais aussi de
prévoir un suivi plus étroit lors du chantier (maintien de la consistance, variabilité des caractéristiques, ...).
Maître d’ouvrage
ÉTAPE 2 – Préparation
Producteur de béton
Fig. 27 Étapes à suivre pour une application qualitative du béton à base de granulats recyclés.
[Link] Étape 2 : préparation en centrale de concassage et en centrale à béton : qualité des granulats et essais préliminaires
Il est recommandé de maîtriser et d’étudier convenablement certains aspects de la confection du béton avant de procéder aux
travaux. À cet effet, il y a lieu de déterminer, préalablement aux travaux, une série de propriétés des granulats recyclés ainsi
que du béton fabriqué à partir de ces derniers. Ce ‘programme de tests minimal’ peut être complété en fonction des applica-
tions choisies et du taux de substitution.
Il est indispensable de réaliser des essais initiaux et de disposer de connaissances suffisantes au sujet des matières pre-
mières pour toute nouvelle composition de béton. Les matières premières (granulats recyclés) ainsi que les propriétés de base
du béton doivent toujours être caractérisées et vérifiées, quel que soit le domaine d’application final.
La norme belge relative au béton NBN B 15-001 [B9] établit un ensemble de propriétés que les granulats recyclés doivent pos-
séder afin d’être considérés comme présentant une qualité suffisante. Cette définition correspond pratiquement en tous
points à celle des ‘granulats de béton de haute qualité’ formulée dans le cahier des charges type SB 250 [M2].
Pour que leur qualité soit jugée satisfaisante, les granulats recyclés doivent être dotés des caractéristiques suivantes :
• d ≥ 4 mm et D ≥ 10 mm
• la composition des granulats répond au moins aux catégories Rc90/Rcu95/Ra1-/ XRg0,5-/FL2-, conformément à la norme NBN
EN 12620 [B21]
• les performances des granulats doivent appartenir au moins aux catégories suivantes : FI20, f1,5, LA35, SS0,2, A40 conformé-
ment à la norme NBN EN 12620 [B21]
• la masse volumique (ρrd) doit être supérieure ou égale à 2.200 kg/m³
• l’absorption d’eau après 24 heures (WA24) doit être inférieure ou égale à 10 %, avec un écart maximal de ± 2 % par rapport
à la valeur déclarée.
Bien qu’elles ne soient pas explicitement reprises parmi les critères de qualité applicables aux granulats, les propriétés sui-
vantes constituent des exigences de base et doivent donc être prises en considération :
• la granularité doit être déterminée
• la teneur en chlorures doit être évaluée si l’on prévoit une mise en œuvre dans du béton armé.
Pour certaines applications spécifiques, d’autres caractéristiques des granulats peuvent également s’avérer essentielles : il
convient entre autres d’être particulièrement attentif à la présence d’impuretés pour les bétons apparents ou de particules
flottantes pour les sols en béton.
En s’appuyant sur les exigences imposées, le maître d’ouvrage devrait pouvoir formuler des demandes complémentaires
auprès du fournisseur de béton et de granulats, notamment :
• si les granulats recyclés sont produits selon un processus continu (et non par lots de 1.000 ou 5.000 tonnes, par exemple),
il est recommandé de surveiller aussi la fluctuation de certaines propriétés des granulats
• outre le contrôle des caractéristiques, on préconise de bien vérifier la provenance des débris (connue ou non, de haute qua-
lité ou non, ...) et/ou de s’assurer que le processus de production et de stockage des granulats est correctement maîtrisé.
Le principal reste, bien entendu, que les granulats atteignent les performances souhaitées, quelle que soit la méthode de
préparation.
Les caractéristiques peuvent être testées au moyen d’essais réalisés sur un échantillon représentatif ou être certifiées par
BENOR, par exemple. Dans tous les cas, il importe de bien documenter le type de granulats employé.
Une fois la nouvelle composition de béton optimisée, divers tests doivent être effectués en vue de démontrer que le béton
possède les caractéristiques spécifiées. Ces essais préliminaires ou essais de type initiaux (Initial Type Testing ou ITT) sont,
de préférence, opérés sur différents lots de béton, et portent sur les propriétés suivantes :
• pour le béton frais : masse volumique, consistance et évolution de cette dernière, teneur en air, contrôle du rapport eau effi-
cace/ciment par brûlage
• pour le béton durci : masse volumique, absorption d’eau, résistance à la compression après 7 et 28 jours.
Idéalement, l’effet de l’emploi de granulats recyclés en plus grandes quantités ou dans d’autres applications (tant en termes
de résistance que d’environnement) doit être étudié au préalable :
• étant donné que la résistance à la compression est déjà évaluée parmi les caractéristiques de base, aucune étude complé-
mentaire n’est requise pour une utilisation des granulats de béton dans des classes de résistance supérieures lorsque le
taux de substitution est limité. Il est cependant à noter que si l’on vise une résistance déterminée (C55/67, par exemple),
la résistance intrinsèque des granulats s’avère alors cruciale (affaiblissement au sein des granulats plutôt que dans la
matrice cimentaire)
• en ce qui concerne les classes d’environnement EE4 et éventuellement EE3 (risque de carbonatation et de dégradation due
aux cycles de gel/dégel), il y a lieu de contrôler la durabilité du béton, en particulier dans le cas de taux de substitution
élevés. Pour de plus amples informations concernant les méthodes d’essai et les critères d’évaluation applicables, on se
référera à la norme NBN B 15-100 [B11] et, dans le futur, à la norme NBN B 15-101 en préparation (voir encadré au § 5.1.2,
p. 69)
• l’expérience en matière d’application dans un ‘environnement marin’ (ES) et dans un ‘environnement chimiquement
agressif’ (EA) est plus limitée. On peut éventuellement se baser sur la norme NBN B 15-100 pour la mise au point d’un pro-
gramme d’essais, notamment en vue de déterminer l’incidence des chlorures et des autres substances chimiques sur le
béton recyclé. Une étude préliminaire détaillée est en tout cas requise
• dans le cas de taux de substitution élevés (> 30 %), il convient d’être particulièrement attentif :
–– à l’évolution de la consistance dans le temps, sur une période d’une heure et demie
–– au comportement mécanique (module d’élasticité, retrait, fluage) pour certaines applications.
Tout comme pour le béton ordinaire, le fabricant doit vérifier si le béton produit satisfait aux exigences spécifiées. Pour ce faire,
il doit non seulement veiller à la maîtrise du processus (contrôle des matières premières et de la composition du béton, étalon-
nage, etc.), mais aussi assurer le suivi au moyen d’essais, de mesures et de calculs. Parmi les paramètres à tester, on compte :
• pour le béton frais : masse volumique, consistance, teneur en air, rapport eau/ciment déterminé par brûlage, ...
• pour le béton durci : résistance à la compression après 28 jours (et après 90 jours pour le béton routier) et absorption d’eau
par immersion.
On recommande de suivre de près l’évolution de la demande en eau (détermination du rapport eau efficace/ciment par brû-
lage) ainsi que les variations des caractéristiques du béton. Il importe en outre de veiller à ce que les essais et les prélève-
ments d’échantillons ne soient pas réalisés uniquement en centrale, mais aussi sur chantier.
Nous donnons ici un aperçu de diverses applications courantes, afin d’illustrer comment on peut prendre en compte l’emploi
de granulats de béton dans le processus de réalisation, et ce, tant en ce qui concerne les propriétés du béton qu’en termes de
mise en œuvre et de contrôle de la qualité.
Soulignons toutefois que les conditions limites et le contexte peuvent différer d’un projet à l’autre (terrain et exigences de
stabilité, conditions de chantier (distances de transport), été/hiver, etc.) et que les exemples décrits ci-après ne peuvent
être repris tels quels.
Fig. 28 Dalle et radier en béton à base de granulats recyclés (projet NIB ‘Stortklaarbeton voor de toekomst’).
A B1/B2 C D E
• la classe de résistance relève du champ d’application de la norme NBN B 15-001 : aucun(e) contrôle/exigence complémen-
taire imposé(e)
• la classe d’environnement relève du champ d’application de la norme NBN B 15-001 : aucun(e) contrôle/exigence complé-
mentaire imposé(e)
• taux de substitution :
–– 20 % : pas de risque supplémentaire et donc pas d’essais complémentaires
–– 100 % : contrôle de la résistance du béton aux cycles de gel/dégel
• consistance : selon le mode de mise en œuvre (tranchées de fondation) et la méthode de finition (dalle), il convient
d’accorder une attention particulière au maintien de l’ouvrabilité dans le temps, surtout dans le cas d’une exécution
manuelle et de taux de substitution supérieurs à 30 %.
Fig. 29 Utilisation de granulats secondaires dans les dalles et dans les parois intérieures.
A B1/B2 C D E
• si la classe de résistance est autorisée par la norme, aucun contrôle supplémentaire n’est requis
• lorsque la classe d’environnement est autorisée par la norme et que le taux de substitution s’élève à 20 %, aucun contrôle
supplémentaire n’est requis
• mise en œuvre : si les cloisons intérieures restent apparentes, il importe de prendre en considération l’effet des granulats
recyclés; les attentes doivent dès lors être clairement définies et les granulats lavés le cas échéant.
Fig. 30 Revêtements de sol industriel en béton à base de granulats recyclés (intérieurs et extérieurs).
Sol intérieur :
A B1/B2 C D E
Méthode de finition : talochage, lissage,
C30/37 BA – EE3 S4 Dmax = 20 mm
polissage
Sol extérieur :
A B1/B2 C D E
Méthode de finition : talochage, lissage (le
C35/45 BA – EE4 S4 Dmax = 20 mm polissage n’est pas autorisé dans cette
application)
• la classe de résistance C35/45 ne relève pas du champ d’application de la norme NBN B 15-001; elle doit être contrôlée au
moyen d’essais de type initiaux classiques afin de vérifier la résistance, la consistance, etc.
• domaine d’application du béton extérieur : gel, pluie/humidité, sels de déverglaçage éventuels. Au vu de l’effet potentiel
de l’emploi de granulats recyclés (en grandes quantités) sur la durabilité du béton et donc sur la résistance à la carbonata-
tion et aux cycles de gel/dégel (ainsi qu’aux sels de déverglaçage), on recommande d’analyser ces caractéristiques au
préalable
• consistance : le maintien de l’ouvrabilité s’avère primordial, en particulier pour certaines méthodes de finition
• autres éléments à prendre en considération :
–– dans le cas où la finition de surface a de l’importance, il est essentiel de veiller à la pureté des granulats recyclés
(absence de particules flottantes), en vue d’éviter les irrégularités ou la formation de petits cratères
–– la granularité du mélange doit être adaptée à la finition choisie (polissage du béton intérieur, par exemple). La quantité
d’eau disponible doit également être suffisante (180 litres par m³ de béton). Une plus grande teneur en eau impliquera
en outre d’augmenter la teneur en ciment, afin de préserver le rapport eau/ciment
–– si l’on opte pour un taux de substitution plus important, il conviendra d’être particulièrement attentif au retrait du
béton
–– les expériences antérieures ont montré que le béton contenant des granulats recyclés pouvait présenter un temps de
prise plus long ainsi qu’une vitesse de durcissement plus faible ou plus élevée que le béton ordinaire. Il importe de
tenir compte de ces phénomènes lorsque l’on souhaite effectuer un talochage ou un polissage avec une couche de
saupoudrage (béton intérieur), par exemple
–– pour la réalisation de revêtements extérieurs, on recourra, de préférence, à un entraîneur d’air; la finition ‘polie’ sera
dès lors déconseillée.
[Link] Spécification du béton conformément au cahier des charges type SB 250 [M2] :
• résistance à la compression : à contrôler au moyen d’essais de type initiaux (ITT), surtout lorsque le taux de substitution
est élevé (> 30 %)
• domaine d’application : béton non armé, exposé au gel et à la pluie (mais d’ordinaire pas aux sels de déverglaçage), d’où
la nécessité de vérifier la résistance aux cycles de gel/dégel (écaillage) au préalable. Il est possible que l’absorption d’eau
soit trop élevée (en raison, d’une part, de la porosité accrue des granulats de béton et, d’autre part, de la masse volumique
inférieure du béton – paramètre que l’on retrouve dans le dénominateur de la fraction permettant de calculer l’absorption
d’eau)
• consistance : ce type d’ouvrage est en général réalisé à l’aide d’un béton de classe S1, ce qui ne pose pas de problème pour
l’emploi de granulats recyclés
• finition : elle peut être exécutée de la même manière que celle du béton ordinaire.
Dans ce chapitre, nous formulons une série de recommandations concernant l’utilisation de granulats recyclés dans le
béton prêt à l’emploi destiné aux structures et aux routes, en nous appuyant sur les connaissances et l’expérience réunies
dans le présent document, comme décrit dans les chapitres précédents.
Fig. 32 Recommandations relatives à l’utilisation de béton contenant des granulats recyclés selon l’ensemble des normes et des prescriptions
en vigueur.
On distingue trois catégories de recommandations, en fonction de la manière dont elles répondent aux normes et aux pres-
criptions en vigueur (voir figure 32) :
1. applications dans le cadre des normes NBN EN 206 (2014+A1:2016) [B14] et NBN B 15-001 (2018) [B9] (voir § 5.1, p. 67) : la
norme relative au béton prêt à l’emploi (NBN B 15-001) comprend une série de dispositions concernant l’utilisation de
granulats recyclés. Cette norme définit les applications autorisées (a), tout en laissant une certaine latitude quant au
dépassement des limites actuellement imposées (b) :
a. applications pratiques complémentaires à celles décrites dans les normes NBN EN 206 et NBN B 15-001 : les normes
actuelles détaillent l’emploi de granulats recyclés dans le béton pour un domaine d’application bien déterminé (clas-
ses d’environnement, taux de substitution, classes de résistance). Cette catégorie reprend des directives supplémen-
taires ainsi que diverses considérations pratiques
b. recommandations pour la mise en pratique de ‘l’aptitude à l’emploi générale et spécifique’ telle que mentionnée dans
la norme NBN B 15-001 : la norme NBN B 15-001 autorise l’utilisation de granulats recyclés en plus grandes quantités
et/ou dans d’autres classes d’environnement et/ou dans des bétons de classes de résistance plus élevées que celles
qu’elle stipule, à condition que l’aptitude à l’emploi générale et spécifique de la composition concernée soit démon-
trée pour l’application visée. La norme permet donc, en ce sens, de dépasser le champ d’application établi.
Dans ce cas, il importe de bien déterminer les exigences à poser concernant les granulats et le béton selon l’applica-
tion spécifique visée (bâtiment, infrastructure, ...). Cela peut éventuellement aussi impliquer des contrôles supplé-
mentaires des granulats et/ou du béton avant ou pendant la mise en œuvre
2. dispositions spécifiques relatives au domaine d’application ‘construction routière’ selon les cahiers des charges types
SB 250 [M2] et Qualiroutes [S2] : le béton routier est parfois soumis à des exigences spécifiques. Les possibilités et les
limites d’utilisation des granulats recyclés dans ce domaine d’application sont décrites séparément
3. évolutions à plus long terme : certains effets et éléments ne sont pas encore suffisamment connus ou n’ont pas encore fait
l’objet d’une étude approfondie. On manque dès lors de connaissances et/ou d’expérience à cet égard et de nombreuses
nouvelles pistes restent à explorer. Tel est le cas non seulement de l’emploi de granulats recyclés dans le béton, mais aussi
des autres techniques visant à réduire l’impact environnemental du béton. Nous passerons également en revue diverses
évolutions intéressantes, qui pourraient jouer un rôle significatif dans le futur.
Les recommandations formulées ici peuvent servir de cadre pour l’établissement de conventions entre les différentes
parties impliquées dans un projet spécifique, de façon à ce que le béton à base de granulats recyclés puisse être utilisé
en toute confiance. Elles renvoient, dans la mesure du possible, aux paragraphes correspondants des normes en vigueur
(référence indiquée en bleu) et fournissent des compléments d’information et/ou des explications supplémentaires en
la matière. Cela ne leur confère toutefois pas le statut de norme ni une quelconque valeur normative.
La version actuelle (2018) de la norme NBN B 15-001 [B9] comprend un certain nombre de dispositions relatives à l’emploi des
granulats de béton recyclés. Celles-ci sont décrites au § 1.4 (p. 13) de la présente monographie. À cet égard, les informations
et les explications complémentaires données ci-après doivent être prises en compte.
La qualité des granulats utilisés s’avère essentielle à une application correcte et sûre des granulats recyclés dans le béton.
Pour que celle-ci soit considérée comme suffisante, les granulats doivent avant tout satisfaire aux normes existantes en la
matière ainsi qu’aux exigences formulées au § 5.1.3 de la norme NBN B 15-001.
Outre les exigences normatives, il importe de suivre l’évolution de l’absorption d’eau des granulats recyclés dans le temps, en
particulier lorsque ceux-ci sont produits selon un processus continu (et non par lots). Afin d’estimer les variations éventuelles,
l’absorption d’eau doit être mesurée sur trois échantillons produits chacun à des jours différents (WA24, conformément à la
norme NBN EN 1097-6 [B17]).
Explications supplémentaires :
• afin d’obtenir des granulats de qualité, il y a lieu d’accorder une attention particulière à la provenance des débris : les
débris de haute qualité issus d’ouvrages routiers, de constructions préfabriquées, etc. donnent en général des granulats
de meilleure qualité. De plus, il est recommandé de prévoir un processus de production adapté (double concassage, par
exemple). Une politique de contrôle efficace et sélective permettra au concasseur d’éviter les éléments indésirables et les
éventuels débris moins appropriés à la production de granulats de haute qualité
• une fois produits, les granulats doivent être stockés et gérés de manière appropriée sur le site : à couvert ou pas, avec un
dispositif d’évacuation des eaux pluviales, sur un support dur, de manière à éviter le mélange avec d’autres flux, ...
• les caractéristiques des granulats décrites ci-après doivent également être connues en fonction de l’application visée.
Celles-ci ne sont pas directement mentionnées au § 5.1.3, mais figurent, d’une manière ou d’une autre, dans d’autres par-
ties de la norme NBN B 15-001 [B9] :
–– la teneur en chlorures solubles dans l’acide, déterminée conformément à la norme NBN EN 1744-5 [B20], si les granu-
lats sont utilisés dans du béton armé. Le § 5.2.8 ‘Teneur en chlorures’ limite en effet la teneur en chlorures totale dans
le béton armé et le béton précontraint
–– la résistance au gel conformément à la norme NBN EN 1367-1 [B20], lorsque les granulats sont employés dans un béton
soumis au gel. Les tableaux F.2 et F.3 de l’annexe F.2 ‘Exigences de durabilité’ indiquent ainsi que les granulats doivent
être résistants au gel s’ils sont utilisés dans un béton destiné à la classe d’exposition XF, bien que la dernière version
de la norme NBN B 15-001 permette aussi de démontrer la résistance au gel de la composition de béton dans le cas où
les granulats ne satisfont pas à cette exigence : la résistance au gel de la composition de béton spécifique peut être
démontrée selon la norme NBN B 15-100 [B11] (§ [Link]), la perte moyenne de résistance à la traction par fendage après
56 cycles de gel/dégel du béton à évaluer devant être inférieure ou égale à 5 %
–– la teneur en alcalis, si l’on souhaite établir un bilan alcalin en vue de prévenir le risque de réaction alcalis-silice (voir
annexe I de la norme NBN B 15-001).
[Link] Remplacement de la fraction grossière selon le champ d’application défini dans la norme NBN B 15-001 [B9]
La norme NBN B 15-001 autorise le remplacement d’une partie de la fraction grossière par des granulats recyclés conformé-
ment au § [Link] ‘Granulats recyclés’. Les taux de substitution maximaux admis (en volume de la fraction grossière) sont
donnés au tableau 17 pour les bétons armé et non armé.
Tableau 17 Taux de substitution maximaux autorisés des gros granulats (pourcentage volumique) en fonction des classes d’environnement
pour les bétons armé et non armé.
Concrètement, cela signifie que, pour avoir une teneur en particules flottantes de 0,2 cm³/kg, si l’on remplace 300 kg
de gros granulats par des granulats de béton, le béton ne peut contenir plus de 60 cm³ de particules flottantes
(20 ‘blocs’ de 1 x 1 x 3 cm) par mètre cube, ou dans le cas d’une épaisseur de revêtement de 20 cm, 4 ‘blocs’ par mètre
carré. Le risque s’avère donc limité, mais ne peut être complètement exclu. En pratique, on observe que les granulats
de béton de qualité optimale présentent une teneur en particules flottantes inférieure à 0,05 cm³/kg.
Afin d’y parvenir, on peut adopter les solutions suivantes :
i. laver les granulats en vue d’éliminer les impuretés et les particules légères
ii. se montrer très sélectif lors du contrôle du béton afin d’éviter la présence de particules flottantes
6. pour ce qui est de la prévention du risque de réaction alcalis-silice, on se référera aux dispositions de l’annexe I de la
norme NBN B 15-001, qui s’appliquent également au béton à base de granulats recyclés. Si l’on ne dispose pas de valeurs
mesurées de la teneur en alcalis :
a. on peut déterminer celle-ci sur la base de la norme française NF XP 18-544 [A3]
b. on peut opter pour une valeur standard de 0,03 %, qui offre une certaine marge de sécurité.
5.1.2 APTITUDE À L’EMPLOI ET RECOMMANDATIONS PRATIQUES POUR LES TAUX DE SUBSTITUTION PLUS
ÉLEVÉS, LES AUTRES CLASSES D’ENVIRONNEMENT ET/OU LES CLASSES DE RÉSISTANCE SUPÉRIEURES
La norme NBN B 15-001 [B9] autorise l’utilisation de granulats recyclés en plus grandes quantités, dans d’autres classes
d’environnement ou dans des bétons de classes de résistance supérieures, à condition que les aptitudes générale et spéci-
fique à l’emploi soient prouvées pour l’application visée.
En outre, les recommandations ci-après concernent trois cas de figure dans lesquels le champ d’application est élargi par
rapport aux tableaux 7 et 8 de la norme NBN B 15-001 [B9] :
• classes de résistance supérieures dans le cadre du champ d’application établi par la norme (le taux de substitution et la
classe d’environnement restent inchangés)
• taux de substitution limités (20 % de la fraction grossière) dans d’autres classes d’environnement que celles autorisées
par la norme
• taux de substitution plus élevés que ceux admis, également dans d’autres classes d’environnement.
[Link] Classes de résistance supérieures dans les classes d’environnement et les taux de substitution autorisés par la
norme NBN B 15-001 [B9]
La norme NBN B 15-001 permet le remplacement par des granulats de béton recyclés de type A+ dans les bétons de classes de
résistance allant jusqu’à C30/37.
[Link] Remplacement de 20 % de la fraction grossière par des granulats de béton recyclés dans d’autres classes d’envi-
ronnement que celles définies dans les tableaux de la norme
La norme NBN B 15-001 [B9] autorise l’utilisation de granulats recyclés dans d’autres classes d’environnement, à condition
que l’aptitude à l’emploi de la composition en question soit démontrée pour l’application visée. Dans un premier temps, des
essais de durabilité peuvent être réalisés à cet effet sur le béton concerné. On peut éventuellement s’appuyer sur des essais
précédemment effectués sur une composition similaire (ou de qualité ‘inférieure’ en termes de taux de substitution, de teneur
en ciment et de rapport eau/ciment). La littérature scientifique (voir § 3.1, p. 41) montre toutefois qu’un remplacement de 20
% de la fraction grossière par des granulats de béton recyclés de qualité n’a qu’une incidence limitée sur la résistance à la
carbonatation et sur la résistance aux cycles de gel/dégel (en présence ou non de sels de déverglaçage). Dans ce sens, la
classe EE3 (autorisée) et la classe EE4 (non autorisée) constituent toutes deux des domaines d’application envisageables
dans le cas d’un remplacement de 20 %.
Afin d’élargir l’ensemble de données relatives aux performances de durabilité du béton à base de granulats recyclés dispo-
nible en Belgique, il est recommandé de démontrer l’aptitude à l’emploi au moyen d’essais (en complément des dispositions
du § [Link]). Pour ce faire, on peut se baser sur les essais et la méthodologie décrits dans la norme NBN B 15-100 (2018) [B11].
Les performances du béton fabriqué à partir de granulats recyclés (essai de carbonatation accélérée et essai de gel/dégel)
sont comparées à celles d’un béton (de composition) similaire ne contenant pas de tels granulats. Pour certaines applica-
tions, on peut éventuellement adopter des critères absolus :
• lorsque l’écaillage résultant de l’action des cycles de gel/dégel et des sels de déverglaçage constitue le principal méca-
nisme d’altération, on peut établir une comparaison avec les exigences du cahier des charges type SB 250 [M2] (notons
cependant que dans le cas du béton routier, on incorpore souvent de l’air pour obtenir la résistance au gel)
• en ce qui concerne la classe d’environnement EE3, la norme NBN B 15-100 [B11] prévoit la possibilité de prouver la résis-
tance au gel sans recourir à un béton de référence. On étudie alors l’écart maximal entre la résistance à la traction par
fendage mesurée avant et après 56 cycles de gel/dégel, lequel ne peut excéder 5 %.
Le cadre existant en matière de contrôle de la qualité (basé sur les prescriptions normatives) ne prévoit, pour le moment,
aucune application dans la classe d’environnement EE4 et limite le champ d’application de la classe EE3 à la classe de résis-
tance C30/37. Dans le cas des applications dépassant ce cadre, il convient donc de mettre en place un processus de qualité
spécifique au projet, dans lequel les principales caractéristiques du béton sont évaluées, avec une attention particulière pour
la demande en eau.
En plus des dispositions de l’annexe N de la norme NBN B 15-001 [B9], le processus de qualité comprendra les éléments suivants :
a. la teneur en humidité des granulats recyclés est mesurée lors de la production du béton et en cas de conditions clima-
tiques variables, et ces valeurs sont prises en considération dans la composition du béton. On peut, en principe, tenir
compte de l’absorption totale des granulats recyclés (WA24), en proportion de la teneur en humidité pour la détermina-
tion de la quantité d’eau libre dans le mélange de béton.
Il est toutefois plus prudent (afin de garantir un rapport eau/ciment suffisamment faible) de prendre une marge de 85 %
de la valeur WA24 mesurée. Cela signifie que les granulats n’absorbent que 85 % de la quantité d’eau qu’ils sont capables
d’absorber en théorie. Une autre option consiste à utiliser la valeur mesurée de l’absorption d’eau après 10 minutes
dans le calcul, valeur qui s’approche davantage de l’absorption réelle des granulats pendant le processus de malaxage
b. lors de la production du béton recyclé, un essai de brûlage est réalisé, au début puis à intervalles réguliers, en vue de
déterminer le rapport eau efficace/ciment. Dans ce cadre, on peut prendre en compte la capacité d’absorption théori-
que des granulats recyclés.
Afin de définir les fréquences et les méthodes d’essai, on peut s’inspirer du règlement d’application TRA 550 de BE-CERT [B2].
On ne dispose que de peu d’expérience concernant l’emploi de granulats recyclés dans les classes d’environnement ES et EA,
en particulier dans les classes plus exigeantes destinées au béton armé. Des études et analyses complémentaires sont dès
lors nécessaires si l’on opte pour ces applications dans un projet.
Les connaissances techniques et scientifiques accumulées montrent qu’il est également possible de remplacer 100 % de la
fraction grossière par des granulats recyclés dans un béton structurel prêt à l’emploi. On peut ainsi obtenir un béton présen-
tant une ouvrabilité, une résistance et une durabilité suffisantes malgré un taux de substitution élevé.
À cet effet, il y a néanmoins lieu de procéder à une étude préliminaire complémentaire, tant en ce qui concerne la technologie
du béton que l’application visée, au vu de l’influence non négligeable que peuvent exercer les granulats recyclés sur les pro-
priétés du béton dans le cas de taux de substitution élevés (50 % ou plus). Cette incidence dépend d’une série de facteurs,
dont le type de ciment, la teneur en ciment, le rapport eau/ciment et le caractère inerte du squelette, mais aussi de la qualité
des granulats recyclés.
À cet égard, les effets décrits dans les paragraphes suivants doivent faire l’objet d’une attention particulière.
La résistance à la compression doit, bien évidemment, être vérifiée au préalable à l’aide d’essais de type initiaux classiques.
Il importe d’être particulièrement attentif aux variations de cette résistance, étant donné la variabilité potentielle des proprié-
tés des granulats de béton.
Pour les ouvrages situés en milieu sec ou en milieu intérieur sec (E0, EI), aucun essai de durabilité supplémentaire n’est requis.
En ce qui concerne les applications en milieu extérieur (EE), la résistance à la carbonatation, la résistance aux cycles de
gel/dégel en présence ou non de sels de déverglaçage, ... de la composition visée doivent être testées en fonction du champ
d’application spécifique. Pour ce faire, on peut suivre la procédure définie dans la norme NBN B 15-100 [B11].
Remarque : si aucune mesure complémentaire n’est prise (réduction supplémentaire du rapport eau/ciment, cure spéci-
fique, ...), un taux de substitution maximal de 50 % peut être considéré comme réaliste pour les classes d’environnement EE3
et EE4. Les résultats et essais disponibles ont révélé que la résistance aux cycles de gel/dégel, en particulier, est susceptible
de diminuer fortement lorsque le taux de substitution s’élève à 100 %.
À l’étranger aussi, l’expérience en matière d’emploi de granulats recyclés avec des taux de substitution élevés dans le béton
dans des environnements marins (ES) et dans des environnements agressifs (EA) s’avère encore limitée.
Lorsque l’on opte pour un remplacement de 100 % dans un environnement très sévère, on peut appliquer un coefficient de
sécurité au rapport eau efficace/ciment (E/Ceff) (0,03 en moins, par exemple) : une réduction de ce rapport permet en effet
d’accroître la durabilité. Cette amélioration devra, bien entendu, être contrôlée pour le mélange concerné.
[Link].3 Effet sur les autres propriétés mécaniques et les règles de calcul
On sait qu’un taux de substitution élevé (≥ 50 %) a des répercussions sur les caractéristiques mécaniques du béton : le
module d’élasticité est modifié, le retrait et le fluage peuvent être accentués, etc. En pratique, lorsque l’on envisage de recou-
rir à un taux de substitution de 50 % ou plus dans des applications pour lesquelles les propriétés mécaniques sont impor-
tantes, on peut opter pour une des solutions suivantes :
• éviter les applications dans lesquelles le retrait, le fluage, le module d’élasticité, ... constituent des paramètres essentiels
• réaliser des études préliminaires de la composition du béton et déterminer les paramètres pertinents (module d’élasticité,
fluage, retrait, ...), de façon à pouvoir en tenir compte lors de la conception
• employer des coefficients de sécurité (comme aux Pays-Bas (CUR 112) [C6] ou en Suisse (SIA 2030) [S3]) pour le retrait, le
fluage et le module d’élasticité, et les inclure dans le calcul de la structure (voir § 3.1, p. 41).
Le producteur et le fournisseur du béton doivent analyser l’ouvrabilité garantie ainsi que l’évolution de la consistance dans le
temps. Ils donneront ensuite, en fonction des résultats, des recommandations concernant la planification des finitions (des
sols, par exemple). Cet aspect doit être testé et établi lors des essais de type initiaux. On peut ainsi élaborer un graphique
représentant la consistance après respectivement 10, 45 et 90 minutes, avec ou sans emploi de certains adjuvants.
La centrale à béton doit maîtriser correctement la demande en eau ainsi que le processus de malaxage du béton. Il est primor-
dial de prendre l’absorption d’eau en considération lors de la composition du mélange et il est conseillé de préhumidifier les
granulats.
Une cure et une mise en œuvre soignées s’avèrent indispensables (conformément aux normes NBN EN 13670 [B27] et NBN
B 15-400 [B12]).
En construction routière, les granulats recyclés sont traditionnellement utilisés comme matériau dans des applications non
stabilisées ou stabilisées au ciment pour fondations et sous-fondations (comme indiqué au § 1.4, p. 13).
Pour ce qui est des solutions plus innovantes telles que l’emploi dans le béton routier, une série de recommandations spéci-
fiques doivent en outre être prises en considération.
Le Standaardbestek (SB) 250 (cahier des charges type) pour la construction routière de la Région flamande (version 3.1a de
décembre 2016) [M2] autorise l’utilisation de granulats recyclés dans le béton sous les conditions suivantes :
• s’il s’agit de granulats de béton de haute qualité. En d’autres termes, les granulats doivent être issus du concassage de
débris de béton présentant une bonne résistance à la compression (revêtements en béton de ciment et éléments construc-
tifs similaires provenant de bâtiments et d’ouvrages d’art, par exemple). La fraction fine est ensuite éliminée par tamisage
et les gros granulats (composés d’au moins 90 % de béton concassé et d’au moins 95 % de béton concassé et de granulats
naturels, et contenant peu d’impuretés (composants tels que la brique, les matériaux non pierreux, le verre, les particules
flottantes)) doivent répondre aux exigences suivantes :
–– d ≥ 4 mm et D ≥ 10 mm
–– appartenir au moins aux catégories de composition Rc90/Rcu95/Ra1-/XRg0,5-/FL2- de la norme NBN EN 12620 [B21]
–– correspondre au moins aux catégories FI20, f1,5, LA35, SS0,2, WA10 de la norme NBN EN 12620 [B21]
–– posséder une masse volumique (ρrd) d’au moins 2.200 kg/m³
–– présenter une absorption d’eau d’au plus 10 %, avec une variation de maximum ± 2 % par rapport à la valeur déclarée
• à condition que le taux de substitution de la fraction grossière par des granulats recyclés n’excède pas 20 %
• s’ils sont employés dans la couche inférieure de revêtements bicouches en béton; l’utilisation dans un revêtement mono-
couche n’est pas autorisée
• s’ils sont employés dans des éléments linéaires en béton (fabriqués sur place : bordures de trottoirs, rigoles de trottoirs et
bandes de démarcation, dispositifs de retenue, bandes de contrebutage et rigoles).
Outre les exigences formulées dans la définition des granulats de béton ‘de haute qualité’, le cahier des charges type SB 250
[M2] stipule que les granulats doivent satisfaire aux dispositions suivantes :
• le calibre maximal des granulats dans le mélange de béton Dmax est égal à 31,5 mm; la catégorie de granularité GC est
85/20; le passant au tamis de 0,063 mm appartient à la catégorie f1,5 (pour D > 8 mm)
• la teneur en pierres concassées, semi-concassées et roulées entre au moins dans la catégorie C50/30 de la norme NBN
EN 933-5 [B15] (pour les chemins ruraux, les pistes cyclables et les éléments linéaires)
• la résistance à la fragmentation appartient à la catégorie LA25 de la norme NBN EN 12620 [B21] (pour les chemins ruraux, les
pistes cyclables et les éléments linéaires : LA30)
• le coefficient de polissage accéléré (CPA ou PSV pour Polished Stone Value) relève de la catégorie CPA40 de la norme NBN
EN 12620 [B21] (couche inférieure d’un système bicouche; cette prescription ne s’applique pas aux chemins ruraux, aux
éléments linéaires ni aux pistes cyclables)
• la résistance à l’usure entre dans la catégorie MDE20 de la norme NBN EN 12620 [B21] (pour les chemins ruraux et les élé-
ments linéaires : MDE25).
La quantité de ciment minimale s’élève à 350 kg/m³ dans le béton pour éléments linéaires ainsi que dans le béton pour revê-
tements routiers (couche inférieure d’un système bicouche) destinés aux routes de classes de construction B6 à B10 ou BF, et
doit atteindre 375 kg/m³ pour les routes de classes de construction B1 à B5.
Une étude préliminaire du mélange de béton doit être effectuée conformément aux dispositions du chapitre 14, § 5 du cahier
des charges type SB 250 [M2]. Le mélange de béton doit être certifié par un organisme indépendant et enregistré suivant les
dispositions du chapitre 6, § [Link] du cahier des charges type SB 250 [M2].
À ce jour, il est encore un peu risqué d’envisager des applications plus poussées que celles mentionnées précédemment (taux
de substitution plus élevés ou revêtements monocouches en béton pour pistes cyclables ou pour chemins ruraux, par
exemple), en raison du faible nombre de projets pilotes réalisés jusqu’ici et donc du manque d’expérience en la matière.
Vous trouverez à l’Annexe B (p. 77) cinq exemples de projets pilotes, à savoir :
• une piste cyclable à Tessenderlo (1998)
• un chemin d’accès industriel à Ouffet (2001)
• la couche inférieure d’un revêtement autoroutier à Zwijndrecht et à Melsele (2007-2008)
• les zones d’essai de revêtements extérieurs et de pistes cyclables à Genk (2011)
• un chemin à deux voies et des éléments linéaires à La Panne et à Dixmude (2014).
L’expérience acquise au cours de ces différents projets de recherche et projets pilotes a révélé que l’utilisation de granulats
recyclés dans des ouvrages soumis à de fortes charges de trafic et à des environnements agressifs (comme les revêtements
en béton des grands axes routiers) est loin d’être simple. On se limitera, de préférence, à remplacer au maximum 20 % des
gros granulats par des granulats de béton dont la haute qualité devra être contrôlée. La valeur CPA des granulats recyclés
s’avère particulièrement importante lorsque ceux-ci sont employés dans des couches supérieures.
Pour ce qui est des ouvrages moins sollicités, tels que des revêtements routiers en béton pour pistes cyclables séparées ou
pour chemins ruraux, on peut envisager un taux de substitution plus élevé (jusqu’à 40 à 60 % des gros granulats au maxi-
mum). Les observations menées dans les quelques zones d’essai ont démontré le potentiel de l’emploi de granulats de béton
de haute qualité dans ce type de revêtements en béton.
En guise de conclusion, nous nous tournons vers l’avenir en évoquant une série d’aspects et d’évolutions qui connaîtront, à
n’en pas douter, encore de nombreux développements dans le futur. Dans ce cadre, les recommandations du présent docu-
ment pourront être élargies grâce aux connaissances et à l’expérience supplémentaires qui seront acquises concernant :
• les taux de substitution plus élevés allant de 50 à 100 % de la fraction grossière et en particulier :
–– les effets et les possibilités dans les domaines d’application EE4, ES et EA
–– la mise au point de facteurs de correction et/ou de règles de calcul belges spécifiques au retrait, au fluage, au module
d’élasticité, etc.
• l’utilisation de granulats recyclés dans le béton préfabriqué et dans le béton précontraint. Au vu des exigences plus sévères
(en cas de précontrainte : résistances initiale et précoce, risques pour l’armature, transfert de charges, ...), il est pour l’ins-
tant impossible de formuler des recommandations fiables à ce sujet
• les autres types de granulats recyclés, à commencer par les granulats mixtes et le sable recyclé. Le domaine d’application
des résidus industriels (laitier, cendres, etc.) pourra ensuite également être défini (voir Annexe A, p. 75)
• les méthodes de production innovantes, tant en ce qui concerne les granulats (techniques de concassage et de tri, ...) que
leur retraitement éventuel (lavage, traitement chimique, imprégnation, ...), mais aussi la production de béton à base de
granulats recyclés (nouveaux adjuvants, nouvelles méthodes et installations de malaxage, ...)
• les autres méthodes permettant de réduire l’impact environnemental du béton. La mise au point de liants alternatifs et de
nouvelles méthodes de production du ciment constituera aussi une évolution majeure.
La présente annexe donne une brève description de divers autres matériaux recyclés utilisables dans le béton. Au vu de
l’expérience plus limitée en la matière dont on dispose en Belgique, nous renvoyons principalement le lecteur à des docu-
ments étrangers qui le guideront dans la mise en pratique.
A1 Sable recyclé
La recommandation néerlandaise n° 106 du CUR ‘Beton met fijne fracties uit BSA-granulaten als fijn toeslagmateriaal’ [C5]
indique que l’on peut remplacer jusqu’à 50 % v/v du sable primaire par la fraction fine de granulats DCD (10), dans les bétons
armé et non armé ainsi que dans le béton précontraint par posttension avec ou sans adhérence. Pour le béton précontraint par
prétension avec adhérence, le taux de substitution ne peut excéder 20 % v/v.
Cela vaut pour les classes de résistance à la compression C12/15 à C35/45 ainsi que pour toutes les classes d’exposition per-
tinentes. La recommandation du CUR propose des facteurs de correction pour la résistance à la traction, le module d’élasti-
cité, le diagramme contrainte-allongement, le coefficient de fluage, le rétrécissement occasionné par le retrait, ... afin de
permettre le calcul des structures.
Dans le cas de surfaces non coffrées, l’enrobage de béton doit en outre être augmenté de 5 mm et on considérera une longueur
d’ancrage des armatures plus importante.
Le matériau doit posséder les caractéristiques suivantes : teneur maximale en fines (< 63 micromètres) de 10 %, masse volu-
mique sèche minimale de 2.000 kg/m³ et teneur en chlorures de 0,03 % m/m tout au plus.
Une étude portant sur l’emploi de la fraction fine a été menée en Belgique également, dans le cadre du projet RecyScreed. Les
conclusions du projet RecyScreed montrent que :
• la composition doit faire l’objet d’une plus grande attention, étant donné que l’absorption des sables recyclés complique
le dosage en eau pour l’obtention d’une bonne consistance. La granularité constitue aussi un paramètre essentiel
• l’effet sur la résistance est restreint si le taux de substitution est limité à 50 %
• le retrait de séchage s’avère plus important (en raison de la demande en eau plus élevée).
A2 Granulats mixtes
L’emploi de granulats recyclés composés d’un mélange de béton et de maçonnerie, appelés granulats mixtes, peut également
être envisagé :
• l’annexe informative E de la norme NBN EN 206 [B14] indique que l’on peut opter pour un remplacement de 50 % par des
granulats mixtes de type B en classe d’exposition X0 et de 20 % en classes d’exposition XC1 et XC2, jusqu’à la classe de
résistance C30/37 (voir § 1.4, p. 13, du présent document pour les dispositions selon le cadre normatif belge)
• le groupe de recherche RecyCon ([Link] a déjà mené à bien une série de projets de
recherche et de projets pilotes consistant à fabriquer du béton à partir de granulats mixtes : blocs de maçonnerie, pistes
cyclables, ...
• la recommandation néerlandaise n° 80 du CUR ‘Beton met menggranulaten als grof toeslagmateriaal’ [C4] formule des direc-
tives en vue de permettre un remplacement de 100 % de la fraction grossière par des granulats mixtes, moyennant l’application
de facteurs de calcul adaptés. De plus, la norme néerlandaise NEN 8005 [N2] relative au béton autorise le remplacement
de 20 % des gros granulats par des granulats mixtes, sans adaptation des règles de calcul ni d’autres conditions.
(10) Les granulats DCD (ou BSA-granulaten) sont composés de débris concassés provenant de déchets de construction et de démolition (DCD) pierreux ‘propres’.
A3 Résidus industriels
Divers types de laitiers et de scories peuvent être utilisés dans le béton. La norme belge NBN B 15-001 [B9] relative au béton
autorise également l’emploi de ces matériaux dans les environnements secs et jusqu’à la classe de résistance C25/30, à
condition que l’application soit bien documentée et étudiée.
Dans ce cadre, il convient néanmoins aussi d’être particulièrement attentif aux défis et aux phénomènes suivants :
• le comportement des scories au sein du béton : les composants du laitier étant mis en contact avec l’eau et le ciment, il
existe, dans certains cas, un risque de formation d’éclats, de gonflement, etc.
• la deuxième et la troisième vie : les scories ont souvent une certaine teneur en métaux lourds ou autres ‘contaminants’ qui
sont liés dans la matrice cimentaire. Ces matières pourraient être libérées par la suite, lorsque le béton sera démoli et
transformé une nouvelle fois en granulats. Un contrôle préalable s’avère dès lors nécessaire
• les scories pesant, en règle générale, plus lourd que les granulats ordinaires, le béton s’en trouvera alourdi.
Il est également possible de fabriquer du béton à partir de verre, de béton cellulaire recyclé, etc.
A5 Catalogue
Pour un aperçu de ces matériaux et de leurs applications, le lecteur intéressé consultera le ‘Catalogus van secundaire
grondstoffen/Catalogus Grondstoffen, toepassingen en praktijkvoorbeelden’ (Catalogue des matières secondaires/Catalogue
des matières premières, applications et exemples pratiques) [D13] établi par le VITO et le CSTC à la demande de l’OVAM :
[Link]
Cette annexe présente brièvement différents projets réalisés en Belgique au moyen de béton recyclé. Ces exemples en
illustrent les possibilités et les limites, et donnent aussi, dans la mesure du possible, un aperçu de l’expérience pratique en
matière de mise en œuvre.
Plus de 150 produits de construction à base de matériaux recyclés ont été intégrés dans la maison Recyhouse, un projet pilote
financé par l’Union européenne.
La maison se trouve sur le site du CSTC à Limelette et a été achevée en 2001 ([Link]
cfm?lang=fr&dtype=publ&doc=Recyhouse%[Link]).
Tous les éléments en béton coulé in situ ont été fabriqués à partir de granulats recyclés : structure porteuse des colonnes et
des poutres, dalle de sous-sol, rampe d’accès, ...
En raison du manque de granulats de béton purs, on a opté pour des granulats mixtes de calibre 7/20. Le béton a été livré par
InterBeton en 1999.
Les deux types de béton suivants ont été repris dans le cahier des charges : C20/25 et C25/30. Tous deux ont été spécifiés
conformément aux prescriptions de la norme NBN B 15-001 en vigueur à ce moment.
Pour la composition des bétons, il a été imposé d’utiliser des granulats recyclés de calibre 7/20 pour remplacer la fraction
ordinaire 7/20 de granulats calcaires (substitution de 100 % de la fraction grossière).
Pour le béton de type C25/30, on a employé 350 kg/m³ de ciment CEM III/A 42,5 N LA, du sable de rivière grossier ainsi qu’un
superplastifiant/haut réducteur d’eau (TIXO).
Le béton présentait une consistance F3 en centrale (utilisation d’un superplastifiant) et une consistance F2 sur chantier.
Le béton prêt à l’emploi à base de granulats mixtes de calibre 7/20 mis en œuvre dans la maison Recyhouse possédait les
particularités suivantes :
• teneur en eau accrue
• teneur en ciment plus élevée
• ouvrabilité moins bonne
• perte de consistance relativement rapide
• teneur en air normale
• masse volumique plus faible
• absorption d’eau plus importante
• résistance à la compression conforme à la classe de résistance visée (voir tableau B1).
Tableau B1 Résistance à la compression du béton prêt à l’emploi utilisé dans la maison Recyhouse.
Type de Nombre Résistance moyenne à la compression
béton d’échantillons n [N/mm²] – cube de contrôle de 15 cm
7 jours 28 jours
C20/25 4 30,8 44,7
C25/30 16 33,8 47,1
Mise en œuvre
Afin de s’assurer que la centrale puisse maîtriser la qualité du béton à livrer et garantir la résistance à la compression pendant
toute la durée du chantier, la totalité du volume de granulats 7/20 nécessaire à l’achèvement complet du chantier a été
stockée avant le début des travaux.
Les exécutants ont choisi une teneur en ciment de 350 kg par m³ de béton pour davantage de sécurité. En théorie, une teneur
en ciment de 300 kg/m³ aurait suffi pour les éléments en béton intérieurs.
La construction de cette écluse a nécessité l’utilisation de 650.000 m³ de béton. En vue de réaliser l’accès commun des deux
écluses, les murs de quai sud de l’écluse de Zandvliet ont été démolis et recyclés, si bien qu’au final, environ 80.000 m³ de
débris ont pu être employés pour la confection du béton destiné à la nouvelle écluse. Les travaux ont été achevés en 1988.
La fraction 4/28 des matériaux concassés issus de la démolition du mur de quai sud a été intégrée dans le nouveau béton.
Le béton recyclé a été mis en œuvre sous forme de ‘béton de masse’ dans divers tronçons de murs de soutènement et au
niveau de la naissance du chenal d’accès.
L’écluse de Berendrecht appartient au ministère des Travaux publics de la Région flamande et est gérée par le service
Infrastructure du port d’Anvers.
Une étude détaillée des possibilités d’emploi du béton recyclé a été effectuée avant les travaux. La teneur en ciment a été
fixée à 350 kg/m³. On a opté pour un ciment de haut fourneau, de type LK-30 (= CEM III/C 32,5 N LA), afin de contrôler l’échauf-
fement du massif de béton.
D’une manière générale, on a pu constater qu’il convenait d’accorder une attention particulière à l’humidification des granu-
lats recyclés, en vue d’assurer l’ouvrabilité du béton.
B3 Kamp C – Westerlo
Le bâtiment Kamp C constitue un bel exemple d’application poussée des principes de la construction durable. En ce qui
concerne le choix des matériaux de ce projet, on s’est attelé à éviter les matériaux en fin de vie et/ou nocifs, tout en concevant
un ouvrage reconnaissable et réalisable tant du point de vue technique que financier.
Lors de la construction, on a également employé du béton recyclé pour les éléments structurels de moindre importance, en
remplaçant les gros granulats dans les proportions suivantes :
• 100 % pour une dalle et une plateforme de travail
• 20 % pour la plupart des poutres et des parois
• 0 % pour les autres éléments structurels (en raison du manque d’expérience et d’expertise des partenaires du projet).
On a choisi des granulats de débris de calibres 0/40 (marché belge) et 0/20 (marché néerlandais), dont les granulats de béton
présentaient une valeur LA40 et les granulats mixtes une valeur LA50.
La résistance à la compression caractéristique maximale mesurée sur cubes (f’ck) est de 35 N/mm².
Le béton (taux de substitution de 20 %, par exemple) a été fabriqué au moyen de 320 kg de ciment CEM III/A 42,5, du sable 0/5,
du gravier 4/28 et 24 % de granulats recyclés 0/20 (pour conserver finalement 20 % de granulats > 4 mm). Le squelette a été
comparé aux valeurs limites imposées aux granulats par la norme NEN 5950 [N1] et entrait parfaitement dans les courbes ABC.
Le rapport eau/ciment s’élevait à 0,55. Grâce à ce mélange, la résistance à la compression obtenue après 28 jours était
de 37 N/mm². Les compositions étaient basées sur un rapport eau efficace/ciment, afin de compenser l’absorption élevée des
débris. En effet, 6,7 % de l’eau ajoutée a été absorbée immédiatement.
Lorsque l’on a utilisé la fraction 0/40, on a rencontré d’importants problèmes d’ouvrabilité, surtout dans le cas où 100 % du
gravier était remplacé, et ce, même après l’ajout d’un superplastifiant. C’est pourquoi on a opté pour un matériau plus fin
(0/20 pour un remplacement de 20 %), qui n’était disponible qu’aux Pays-Bas.
Les essais effectués sur d’autres lots ont donné une résistance moyenne à la compression de 39 N/mm² (voir tableau B2).
Dans le cadre de la rénovation des anciens bâtiments miniers à Zolder, plusieurs surfaces de sol ont été réalisées à l’aide de
béton contenant des granulats mixtes. Outre le sol en béton de 700 m², on a également eu recours à 50 m³ de blocs creux en
béton à base de granulats mixtes.
Étant donné que le polissage d’un sol en béton constitue une étape assez critique en termes de mise en œuvre, on a décidé
de tester la technique intégrant des granulats de débris concassés dans les pièces situées au deuxième étage, mais pas dans
les pièces dotées d’un système de chauffage par le sol, en raison des difficultés techniques supplémentaires (davantage de
mouvements thermiques dans le sol, nécessité de prévoir des joints de dilatation, ...).
Les granulats mixtes utilisés présentaient une granularité de 0/28, une valeur LA43, une valeur micro-Deval MDE42 et rempla-
çaient la totalité des granulats naturels.
De plus, 3.500 blocs de béton creux ont été mis en œuvre à titre de démonstration. Ces blocs ont été fabriqués dans le cadre
du projet TETRA RecyMblok. Ils se composent de 75 % de granulats mixtes de calibre 0/7, de 125 kg/m³ de ciment
CEM III/A 42,5 N LA et possèdent une résistance moyenne à la compression de 15 MPa.
Dix ans après la réalisation du projet, on a constaté, lors d’une visite, que le sol était encore en bon état, malgré quelques
zones abîmées aux endroits où des résidus de bois et de brique se trouvaient à fleur de la surface, dans lesquelles on a
observé un éclatement de la couche de ciment superficielle.
À la demande du maître d’ouvrage, on a eu recours, dans la mesure du possible, à du béton contenant des granulats recyclés.
En s’appuyant sur divers critères (caractéristiques mécaniques, durabilité, étanchéité à l’eau, ouvrabilité, etc.), on a dressé une
liste d’éléments en béton dont les gros granulats (calcaires) pouvaient être partiellement remplacés par des granulats recyclés.
La norme NEN 8005 [N2] et les PTV 406 ‘Classification des granulats recyclés’ [C9] ont servi de référence en ce qui concerne
les exigences applicables aux granulats. Les granulats de béton ont été livrés en un lot et faisaient l’objet d’une certification
COPRO. Leur résistance statique à la compression ne pouvait toutefois pas être garantie par le fabricant.
Des essais ont été effectués avant la livraison conformément aux PTV 406 et il a également été recommandé de veiller à ce que
la granularité des 80 % de granulats naturels corresponde à celle des débris de béton, en vue d’obtenir une granularité classique.
Les granulats recyclés ont finalement été intégrés dans les sols intérieurs, qui ont ensuite été polis (structure non porteuse).
Au moment du polissage, le béton était déjà trop sec et durci, ce qui a posé problème pour la demande en eau. On ne sait pas
avec certitude si ce phénomène est lié ou non à la préhumidification des granulats.
© De Smet Vermeulen architecten
Cube Résistance à la
compression [N/mm²]
1 49,0
© De Smet Vermeulen architecten
2 46,6
3 52,2
4 53,7
5 50,6
6 46,4
7 49,8
8 49,8
moyenne 49,6
Dans le cadre de la construction d’une villa, il a été décidé de mettre en œuvre, dans les tranchées de fondation et dans la
dalle, un béton dont respectivement 100 % et 30 % de la fraction grossière étaient remplacés par des granulats recyclés.
A B1/B2 C D E
C25/30 BA – EE2 S3/S4 Dmax = 20 à 32 mm Utilisation de granulats de béton recyclés pour
remplacer respectivement 30 % (dalle) et 100 %
(fondation) de la fraction grossière
• la classe de résistance relève du champ d’application de la norme NBN B 15-001 [B8] en vigueur à ce moment : aucun(e)
contrôle/exigence complémentaire imposé(e)
• la classe d’environnement ne relève pas du champ d’application de la norme NBN B 15-001 [B8] en vigueur à ce moment
• les semelles de fondation appartiennent, en principe, à la catégorie ‘béton non armé’
• lorsque le taux de substitution est limité (20 à 50 %), aucun risque supplémentaire n’est observé et aucun essai complé-
mentaire ne doit être réalisé
• si le taux de substitution est plus élevé (50 à 100 %), il s’avère parfois intéressant de contrôler la résistance du béton aux
cycles de gel/dégel.
B6.3 Consistance
Selon le mode de mise en œuvre (tranchées de fondation) et la méthode de finition (dalle), il convient d’accorder une atten-
tion particulière au maintien de l’ouvrabilité dans le temps, surtout dans le cas de taux de substitution supérieurs à 30 % et
d’une exécution manuelle.
Sol intérieur :
A B1/B2 C D E
C30/37 BA – EE3 S4 Dmax = 20 mm Méthode de finition : talochage, lissage, polissage
Sol extérieur :
A B1/B2 C D E
C35/45 BA – EE4 S4 Dmax = 20 mm Méthode de finition : talochage, lissage (le polissage n’est pas
autorisé dans cette application)
• la classe de résistance C35/45 ne relève pas de la norme NBN B 15-001 [B9] et doit être contrôlée au moyen d’essais de type
initiaux classiques portant sur la résistance, la consistance, etc.
• domaine d’application : gel, pluie/humidité, sels de déverglaçage éventuels; au vu de l’effet potentiel de l’emploi de gra-
nulats recyclés (en grandes quantités) sur la durabilité du béton et donc sur la résistance à la carbonatation et aux cycles
de gel/dégel ainsi qu’aux sels de déverglaçage, on recommande d’analyser ces caractéristiques au préalable
• consistance : le maintien de l’ouvrabilité s’avère primordial, en particulier pour certaines méthodes de finition
• Dmax fixé à 20 mm, donc pas de considérations supplémentaires
• autres éléments à prendre en compte :
–– dans le cas où la finition de surface a de l’importance, il est essentiel de veiller à la pureté des granulats recyclés
(absence de particules flottantes), en vue d’éviter les irrégularités ou la formation de petits cratères
–– la granularité du mélange doit être adaptée à la finition (polissage, par exemple)
–– si l’on opte pour un taux de substitution plus élevé, il conviendra d’être particulièrement attentif au retrait du béton
–– les expériences antérieures ont montré que le béton contenant des granulats recyclés pouvait présenter un temps de
prise plus long ainsi qu’une vitesse de durcissement plus faible ou plus élevée que le béton ordinaire. Il importe de
tenir compte de ces phénomènes lorsque l’on souhaite effectuer un talochage ou un polissage du béton avec une
couche de saupoudrage, par exemple.
Dans le domaine de la construction routière aussi, un certain nombre de projets ont déjà été documentés.
Le béton destiné à la construction d’un chemin à deux voies à La Panne a été confectionné à partir de 100 % de granulats de
béton de haute qualité remplaçant la fraction grossière.
Le mélange comprenait 400 kg de ciment par m³ de béton et le revêtement a été posé au moyen d’une machine à coffrage
glissant (slipform paver). On n’a observé aucune différence notable par rapport au béton ordinaire. La résistance à la compres-
sion et la résistance aux cycles de gel/dégel (déterminée au moyen de slab tests) étaient satisfaisantes.
L’absorption d’eau du béton était cependant supérieure à la normale, probablement en raison du comportement des granu-
lats recyclés en matière d’absorption.
• résistance à la compression : exigence (classe de construction B6-B7) : > 52,5 MPa après 90 jours (cylindres)
• mesure sur cubes : 38 à 52 MPa après 7 jours, 52 à 65 MPa après 28 jours, 61 à 72 MPa après 90 jours
• mesure sur cylindres : 71 MPa après 90 jours; OK
• absorption d’eau du béton : 6,8 % (densité du béton inférieure, absorption d’eau des granulats de béton supérieure)
• la résistance aux cycles de gel/dégel est mesurée par un slab test : perte de masse cumulée après 7 cycles = 0,28 kg/m²,
après 14 cycles = 0,85 kg/m² et après 28 cycles = 1,40 kg/m² (exigence : < 3 kg/m²).
Sur ce chantier à Dixmude, on a posé, sur une longueur de 350 m, des bordures de sécurité (700 mètres courants de bordures
en béton; environ 40 m³ de béton) dont 50 % des gros granulats calcaires ont été remplacés par des granulats de béton de
haute qualité (calibre 8/20 mm).
Chantier : construction d’une piste cyclable séparée de 8 km longeant la route régionale N364 à Dixmude, opérée par phases
entre 2014 et 2015 :
• entrepreneur : Aswebo SA (Willemen Groep)
• fournisseur de granulats et de béton : De Brabandere Wegenbouw SA
• pose des éléments linéaires en mai 2014, au moyen d’une machine à coffrage glissant (slipform paver).
Le suivi du chantier a été assuré au moyen d’essais réalisés sur le béton frais et d’essais de durabilité opérés ensuite sur le
béton durci :
• résistance à la compression
• absorption d’eau
• résistance aux cycles de gel/dégel.
Les résultats ont révélé que le béton répondait aux exigences du cahier des charges.
Lors du réaménagement du rond-point de la N274 à Engsbergen (Tessenderlo) en 1998, on a eu recours à des granulats de
béton pour fabriquer le revêtement en béton coloré de la piste cyclable [D2]. Une partie des granulats calcaires naturels a ainsi
été remplacée par des granulats de béton (ordinaires) de calibre 7/20. D’après leurs caractéristiques intrinsèques, ces granu-
lats appartenaient à la catégorie D selon les PTV 406 [C9]. Deux zones d’essais ont été mises en place :
• une zone d’essai dans laquelle le revêtement en béton comprenait 20 % de granulats recyclés par rapport à la masse totale
de l’ensemble ‘granulats + sable’ (ou 32 % par rapport à la masse des gros granulats de calibre 2/20)
• une zone d’essai dans laquelle le revêtement en béton contenait 40 % de granulats recyclés par rapport à la masse totale
de l’ensemble ‘granulats + sable’ (ou 64 % par rapport à la masse des gros granulats de calibre 2/20).
Le reste de la piste cyclable a été réalisé de manière classique à l’aide de granulats calcaires. Au total, 300 tonnes de béton,
dont environ 75 tonnes de granulats de béton, ont ainsi été mises en œuvre.
L’entrepreneur a veillé à ce que l’ouvrabilité, la consistance et la teneur en matériaux inertes soient identiques pour tous les
mélanges. La composition contenant les granulats de béton a nécessité une plus grande quantité d’eau (rapport eau/ciment
de 0,53, contre 0,49 pour le béton de référence).
L’analyse des carottes de béton recyclé prélevées après 90 jours a montré que la résistance à la compression de ce dernier
était inférieure d’environ 5 MPa à celle du béton de référence (respectivement 58 et 63 MPa). Le béton recyclé satisfaisait aux
exigences du Standaardbestek 250 (cahier des charges type) [M2] de l’époque applicables au béton contenant un entraîneur
d’air et aux routes de catégorie III.
Les principales caractéristiques de résistance mécanique des granulats de béton sont reprises au tableau B4. On constate
que, malgré la résistance à l’usure limitée mesurée lors de l’essai micro-Deval, les débris de béton appartenaient à la classe D
selon les prescriptions des PTV 406 en ce qui concerne les propriétés intrinsèques.
Lors de l’étude préliminaire en laboratoire, trois compositions de béton ont été testées : un mélange de référence à base de
granulats calcaires, un mélange de béton recyclé comprenant 20 % de granulats de béton et un autre en contenant 40 %. Les
propriétés de ces mélanges sont résumées au tableau B5 (p. 87).
Après la mise en œuvre, différents essais ont été pratiqués sur les carottes prélevées. Les résultats figurent au tableau B6
(p. 87).
Tableau B6 Résultats des essais effectués sur les carottes prélevées après la pose du revêtement de la piste cyclable.
Cette étude (subsidiée par la Région wallonne : ‘Convention relative à la création et à l’amélioration de voiries communales au
moyen de matières premières secondaires’, Centre de recherche de l’industrie cimentière, Bruxelles) visait à analyser l’emploi
de granulats de béton sous forme d’empierrement pour les revêtements en béton de ciment destinés aux routes peu sollicitées.
Les conclusions du rapport montrent que les granulats de béton peuvent être utilisés pour la fabrication de béton neuf, à
condition que ce dernier ne soit pas soumis à des conditions climatiques extrêmes ni à des charges trop importantes.
Lors de cette étude, un béton de référence composé de 375 kg de ciment par m³ et de grès naturel a été comparé à un béton
recyclé dont respectivement 20, 35 et 50 % des granulats naturels étaient remplacés par des granulats de béton. Ces derniers
ont été livrés par une installation de concassage fixe reconnue par la Région wallonne, et étaient constitués de granulats de
débris de calibre 5/20 issus de revêtements routiers et de granulats de béton de calibre 0/40.
Les granulats de béton ne satisfaisaient pas aux exigences du cahier des charges type wallon CCT 300 relatives à la résistance
statique à la compression des matériaux naturels employés dans les revêtements routiers.
Au total, huit compositions de béton ont été mises au point : un béton de référence, trois compositions contenant respective-
ment 20, 35 et 50 % de granulats de débris de calibre 5/20, trois compositions constituées de respectivement 20, 35 et 50 %
de granulats de débris de calibre 7/32 et une composition comprenant 35 % de granulats de débris de calibre 2/32.
L’ajout d’un entraîneur d’air a été exclu, de façon à limiter le nombre de variables. Le tableau B7 synthétise les résultats des
essais effectués sur le béton durci.
Les valeurs mentionnées sont les moyennes des valeurs mesurées sur trois échantillons (deux pour la résistance à la flexion).
Tableau B7 Résultats des essais effectués sur les huit compositions de béton.
Taux de substitution
Béton de
20 % 35 % 50 % 20 % 35 % 50 % 35 %
référence
5/20 5/20 5/20 0/40, 0/40, 0/40, 0/40,
Granularité fraction fraction fraction fraction
7/32 7/32 7/32 2/32
R’c après 7 jours [N/mm²] (ancienne norme NBN
50,0 41,3 40,6 36,2 44,4 40,1 38,7 36,9
B 15-220)
R’c après 28 jours [N/mm²] (ancienne norme NBN
63,6 57,3 57,0 55,3 54,8 51,0 51,1 54,9
B 15-220)
R’c après 91 jours [N/mm²] (ancienne norme NBN
72,0 64,3 66,7 61,3 61,7 59,3 58,7 62,6
B 15-220)
Résistance à la traction par fendage après 91 jours
4,65 4,55 5,05 4,35 4,10 4,40 3,95 4,60
[N/mm²] (ancienne norme NBN B 15-218)
Résistance à la flexion après 91 jours [N/mm²]
5,9 5,7 5,8 5,9 6,1 6,4 5,8 5,5
(ancienne norme NBN B 15-214)
Absorption d’eau après 56 jours [%] (NBN B 15-215) 6,2 6,7 7,3 8,0 6,8 7,4 7,9 7,4
Résistance aux cycles de gel/dégel après 30 cycles
21,7 20,9 20,7 17,8 22,4 24,9 32,8 20,0
[g/dm²] (ISO/DIS 4846-2)
• l’emploi de granulats de béton n’a qu’une influence limitée sur l’évolution de la résistance à la compression, mais a toute-
fois un effet non négligeable sur le niveau de cette dernière : la valeur R’c après 91 jours est 10 à 15 % inférieure à celle du
béton de référence.
L’étude s’est ensuite concentrée sur l’utilisation de béton recyclé pour la construction d’une route peu sollicitée : un revête-
ment en béton 0/32 a été fabriqué à partir de granulats de béton et de deux adjuvants (un plastifiant et un entraîneur d’air).
Les granulats de béton (5/20) sont le fruit de la démolition d’anciens revêtements en béton et de leur recyclage dans une
installation de concassage fixe reconnue par la Région wallonne. Leur résistance statique à la compression satisfait tout juste
aux exigences applicables aux granulats (classe S2 pour les matériaux pierreux de catégorie B).
Le béton de référence a été comparé à six compositions contenant respectivement 28, 35, 39 et 50 % de granulats de débris.
La quantité d’entraîneur d’air ajoutée à chaque mélange variait de façon à toujours obtenir une teneur en air d’au moins 3,5
% (en volume). Le tableau B8 résume les principaux résultats d’essai.
Sur la base de ces analyses, a été mis en œuvre, en juillet 1998, un béton dont 28 % des granulats 5/20 étaient remplacés par
des granulats de béton. Le dosage en ciment a été porté à 400 kg/m³, en vue d’obtenir une résistance à la compression de
50 N/mm² sur chantier; la teneur en air visée était de 2,5 % en volume. Les résultats des essais sont synthétisés au tableau B9.
Après la mise en
Béton livré sur chantier (cubes d’essai)
œuvre
1 3 6 Moyenne des Carottes après
Échantillonnage n°
(8/07/1998) (8/07/1998) (9/07/1998) 6 échantillons 90 jours
Résistance à la compression R’c après 7 jours
33,9 38,1 44,5 38,3 –
[N/mm²]
Résistance à la compression R’c après 28 jours
50,6 49,7 58,1 51,6 –
[N/mm²]
Résistance à la compression R’c après 91 jours
61,8 65,6 73,6 65,5 63,1
[N/mm²]
Résistance à la traction par fendage Rc,spl après
3,80 4,20 3,50 3,95 –
91 jours [N/mm²]
Absorption d’eau A après 56 jours
6,9 6,7 6,2 6,9 6,9
[% de la masse sèche]
Résistance au gel en présence de sels de déver-
11,9 8,1 8,9 9,2 16,1
glaçage (perte de masse après 30 cycles) [g/dm²]
Les cubes d’essai confectionnés à partir de béton frais livré sur chantier ont donné les résultats suivants pour la résistance à
la compression (valeur moyenne des six essais) : 38,3 MPa après 7 jours, 51,6 MPa après 28 jours et 65,5 MPa après 91 jours.
La résistance à la traction par fendage s’élevait en moyenne à 4,0 MPa; l’absorption d’eau du béton après 56 jours était en
moyenne de 6,9 % et l’essai de résistance aux cycles de gel/dégel en présence de sels de déverglaçage a montré une perte de
masse moyenne de 9,2 g/dm² après 30 cycles.
Les valeurs suivantes ont été mesurées sur les carottes prélevées dans le revêtement routier 90 jours après la mise en œuvre :
résistance à la compression de 63,1 MPa, absorption d’eau de 6,9 % et perte de masse de 16,1 g/dm² après 30 cycles de
gel/dégel.
Les résultats en termes de résistance à la compression sont excellents, et on observe une très bonne corrélation entre les
valeurs obtenues sur le béton prélevé lors de la mise en œuvre et sur les échantillons prélevés ultérieurement; la résistance
aux cycles de gel/dégel des carottes s’avère en outre légèrement meilleure que prévu.
Lors d’un contrôle à l’œil nu du revêtement routier trois ans après sa mise en service, la bonne qualité de l’ouvrage a pu être
confirmée : il ne présentait aucun dégât.
En 2007 et 2008, dans le cadre de la rénovation de l’autoroute N49/E34 à hauteur de Zwijndrecht-Melsele, un revêtement
bicouche en béton armé continu (BAC) a été posé sur un tronçon de 3 km (voir figures B1 et B2).
À cet effet, il a été opté pour l’emploi de granulats recyclés dans la couche inférieure, à hauteur d’environ 60 % des gros gra-
nulats. La réalisation d’un ouvrage bicouche en béton armé continu doté d’une couche inférieure intégrant des granulats
recyclés était une première en Belgique.
Les exigences suivantes ont été fixées pour les mélanges de béton des couches supérieure et inférieure :
• couche supérieure :
–– empierrement 4/6,3, avec une valeur CPA ≥ 50, recyclage non autorisé
–– sable pour béton routier, recyclage non autorisé
–– ciment CEM III/A 42,5 N LA : minimum 425 kg/m³
–– rapport eau/ciment ≤ 0,45
–– entraîneur d’air obligatoire, teneur en air du béton frais sur chantier ≥ 5 %
• couche inférieure :
–– empierrement 4/6,3 – 6,3/20 – 20/32 composé de 60 % de matériaux recyclés issus de la dalle en béton concassée,
lesquels sont répartis entre les fractions 6,3/20 et 20/32, et de 40 % de granulats naturels dont la valeur CPA n’est
soumise à aucune exigence
–– sable pour béton routier, recyclage non autorisé
–– ciment CEM III/A 42,5 N LA : minimum 375 kg/m³
–– rapport eau/ciment ≤ 0,45
–– entraîneur d’air obligatoire, teneur en air du béton frais sur chantier ≥ 3 %.
En ce qui concerne le béton durci, les exigences suivantes ont été établies en termes de résistance et de durabilité :
• couche supérieure :
–– résistance à la compression : valeur caractéristique ≥ 50 MPa mesurée à 28 jours d’âge sur des cubes de 15 cm de côté,
conservés dans une ambiance à 20 (± 2) °C, sous eau ou à 95 % d’humidité relative (HR) (remarque : une réduction
de 7,5 MPa a été appliquée en raison de l’emploi d’un entraîneur d’air)
–– absorption d’eau par immersion : valeur moyenne maximale de 6,3 % et valeur individuelle maximale de 6,8 %
• couche inférieure :
–– résistance à la compression : valeur caractéristique ≥ 52,5 MPa mesurée sur des carottes prélevées dans le revêtement
âgé d’au moins 90 jours.
Les résultats des essais de contrôle répondaient aux exigences du cahier des charges.
Après seulement quelques années, on a constaté des dégâts sous la forme d’effritements localisés entre fissures adjacentes,
en plus d’une fissuration horizontale. Les fissures horizontales n’apparaissaient pas au niveau de l’interface entre les deux
couches de béton (à cet endroit, le mélange était parfaitement solidaire), mais au droit de l’armature longitudinale.
BÉTON LAVÉ
couche supérieure, 5 cm
BAC, 23 cm
d’épaisseur couche inférieure, 18 cm
asphalte, 5 cm
fondation en béton maigre
stabilisée au ciment, 15 à 20 cm
Fig. B1 Nouvelle structure du revêtement routier en béton de l’auto- Fig. B2 Exécution des travaux à l’aide de deux machines à
route E34 à Zwijndrecht (2007). coffrage glissant.
Au vu des informations récoltées dans la littérature et des analyses effectuées, tout porte à croire que les dégradations
résultent de l’utilisation de granulats de béton dans la couche inférieure, et ce, en raison du retrait plus important et de la
résistance moindre du béton.
L’étude des carottes confirme que la fissure s’étend sur toute l’épaisseur du revêtement; les fissures adjacentes se terminent
au niveau de la fissure horizontale qui s’est formée au droit de l’armature longitudinale. Les mesures réalisées par tomographie
ultrasonore ont révélé que la fissure horizontale se trouve au droit de l’armature longitudinale et se poursuit sur une certaine
distance autour de la première fissure verticale, sur toute l’épaisseur. La fissure horizontale se termine, dans la plupart des
cas, par une fissure verticale. Les actions du trafic et de la température donnent lieu, après un certain temps, à la formation
de fissures verticales intermédiaires qui remontent depuis cette fissure horizontale vers la surface. Lorsque l’écart entre ces
fissures verticales secondaires est trop réduit, un type particulier de punch-out (11) apparaît, provoquant l’effritement des neuf
premiers centimètres de la surface du revêtement en béton.
Ce phénomène peut s’expliquer par : une diminution de l’adhérence entre l’armature et le béton, un retrait et un coefficient de
dilatation thermique plus importants, une différence de retrait entre la couche de surface et la couche inférieure, ou encore
l’ouverture plus large des premières fissures verticales, qui peut entraîner une infiltration d’eau ainsi que la formation locali-
sée de rouille au droit de l’armature.
Les études complémentaires portant sur l’influence de l’emploi de granulats recyclés sur l’adhérence du béton et de l’arma-
ture n’ont montré aucune différence significative entre l’adhérence du béton ordinaire et celle du béton à base de granulats
recyclés. Par précaution, il y a lieu d’émettre des réserves quant à l’application de granulats recyclés dans le béton armé
continu.
(11) Le punch-out est un phénomène qui se manifeste par l’altération et l’effritement du béton armé continu au niveau du bord extérieur ou d’un joint
longitudinal.
B13 Projet TETRA ReCycle : zones d’essai à Nieuport (KHBO désormais KULeuven – RecyCon)
Dans le cadre du projet TETRA ReCycle, différentes zones d’essai ont été mises en place à Nieuport en 2001 (voir figure B3) :
• zone d’essai 1 : 100 % de débris mixtes de calibre 0/7 dans un ouvrage ‘sable-ciment’, 12 MPa
• zone d’essai 2 : béton recyclé contenant 60 % de granulats mixtes de calibres 0/7 et 7/20, 350 kg/m³ CEM II, 40 MPa
• zone d’essai 3 : piste cyclable entre Heestert et Avelgem : même matériau que dans la zone d’essai 1, mais posé à l’aide
d’un finisseur d’asphalte, afin d’obtenir une plus belle finition.
Quinze ans plus tard, l’ensemble des pistes cyclables est toujours en service.
Fig. B3 Installation de différentes zones d’essai à Nieuport dans le cadre du projet TETRA ReCycle.
Le CSTC et le CRR ont mis au point différents modèles de textes pouvant être repris dans les cahiers des charges. Le lecteur
intéressé pourra contacter ces organismes pour de plus amples informations.
D1 Applications potentielles des granulats recyclés et exigences selon le cahier des charges type
SB 250 [M2]
Les tableaux D1 (p. 95 et 96) et D2 (p. 97) reprennent les principaux critères et exigences à prendre en considération pour
l’emploi de granulats recyclés dans les ouvrages routiers.
Tableau D1 Exigences et critères relatifs à l’emploi de granulats recyclés dans les ouvrages routiers.
Les matériaux secondaires ne sont autorisés que sur mention expresse et à condition qu’ils satisfassent aux
Exigences générales conditions du Materialendecreet (décret sur les matériaux) et du VLAREMA (voir déclaration de matière première
applicables à ou certification conformément au Eenheidsreglement ou règlement unitaire).
l’ensemble des Protection de l’environnement : l’utilisation de matériaux dont la nature, la forme ou les composants sont suscep-
matériaux (y compris tibles de gêner l’emploi est interdite : mottes d’argile, charbon, lignite, cokes, cendres et mâchefers, sels solubles
les matériaux et non solubles nuisibles, schiste, matériaux sensibles au gel, ... Les matériaux doivent être chimiquement inertes
recyclés) vis-à-vis du liant utilisé, de l’eau, du filler, des éventuels additifs et autres constituants, et ne peuvent contenir de
matières organiques, conformément à la norme NBN EN 1744-1, article 15 [B19] et aux PTV 411 [B1].
Avant d’être livrés sur chantier, les matériaux doivent être soumis à un contrôle technique préalable opéré par un
Tous les granulats organisme indépendant reconnu; cela peut être démontré au moyen d’une marque d’homologation de type
recyclés (pierreux) ‘BENOR’. Le certificat est délivré par l’ (les) organisme(s) de certification reconnu(s) pour ce produit par l’ASBL
BENOR (voir [Link]
Les granulats de béton sont issus du concassage des débris provenant de revêtements en béton de ciment, de
fondations en béton maigre, d’éléments linéaires, de bâtiments et d’ouvrages d’art. Selon la norme NBN
EN 13242 [B25], la composition doit répondre aux catégories Rc70, Rcug90, Rb10-, Ra5-, Rg2-, X1- et FL5-. En pratique,
Granulats de béton
cela signifie que les granulats doivent contenir au moins 70 % de béton concassé et au minimum 90 % de béton
concassé et de granulats naturels non liés, ainsi que maximum 10 % de brique, 5 % d’asphalte, 2 % de verre, 1 %
de matériaux non pierreux et 5 cm³/kg de particules flottantes.
Les granulats de béton de haute qualité sont obtenus par le concassage de débris de béton présentant une résis-
tance à la compression élevée et provenant de revêtements en béton de ciment, d’éléments linéaires et d’autres
éléments constructifs similaires issus de bâtiments et d’ouvrages d’art.
Ils doivent satisfaire aux exigences suivantes :
• d ≥ 4 mm et D ≥ 10 mm
• appartenir au moins aux catégories de composition Rc90, Rcu95, Ra1-, XRg0,5- et FL2- de la norme NBN EN 12620 [B21]
• correspondre au moins aux catégories FI20, f1,5, LA35, SS0,2, WA10 de la norme NBN EN 12620 [B21]
Granulats de béton de
• posséder une masse volumique (ρrd) minimale de 2.200 kg/m³
haute qualité
• présenter une absorption d’eau maximale de 10 %, avec un écart de ± 2 % maximum par rapport à la valeur
déclarée.
Concrètement, cela signifie que la fraction fine est tamisée et que les gros granulats se composent d’au moins
90 % de béton concassé et de 95 % de béton concassé et de granulats naturels, et que la contamination par
d’autres matières (brique, matériaux non pierreux, verre et particules flottantes) est limitée. Des exigences sont
également imposées en ce qui concerne le coefficient d’aplatissement (forme des granulats), la teneur en fines, la
résistance à la fragmentation, la masse volumique et l’absorption d’eau ainsi que la présence de sulfates.
Tableau D1 Exigences et critères relatifs à l’emploi de granulats recyclés dans les ouvrages routiers (suite).
Les granulats d’asphalte non goudronné sont issus du concassage et/ou du fraisage de revêtements en asphalte
non goudronné. Ils doivent répondre aux exigences suivantes :
• les granulats d’asphalte pour fondations en empierrement et sous-fondations doivent provenir de mélanges
bitumineux coulés à chaud (pas d’asphalte compacté à froid) et la composition doit, selon la norme NBN
EN 13242 [B25], répondre aux catégories RcNR, Rcug30-, Rb10-, Ra70, Rg2-, X1- et FL5-
• les granulats d’asphalte pour mélanges bitumineux doivent présenter la composition suivante (en pourcentage
en masse) selon la norme NBN EN 13108-8 [B24] :
–– minimum 95 % d’asphalte
–– maximum 5 % d’autres matériaux pierreux naturels comme le mortier ou le béton à base de ciment, la
brique, les matériaux de fondation (sable, etc.), ...
–– maximum 1 % de matériaux non pierreux (tels que le gypse, le caoutchouc, le plastique, les produits
Granulats d’asphalte d’isolation, le roofing, le métal, les matériaux organiques dont le bois, les résidus végétaux, etc.).
non goudronné
Les granulats d’asphalte contenant les matériaux et/ou les contaminants suivants sont exclus :
• liants à base de goudron et de dérivés de goudron
• matériaux provenant de réparations locales
• matériaux de dimensions supérieures à 2D, avec D représentant la taille des agrégats au sein des granulats
d’asphalte
• matériaux fins non détectés lors de l’identification des constituants étrangers selon la norme NBN EN 12697-42
[B22], mais indésirables dans les mélanges bitumineux, comme le sable de fondation, le fil d’armature, etc.
Pour les agrégats d’enrobés bitumineux utilisés comme constituants des mélanges bitumineux, le concassage ou
le fraisage doit être effectué de manière telle que les matériaux à recycler présentent un calibre apparent (U) de
maximum 40 mm pour le recyclage à froid et de 63 mm pour le recyclage à chaud [S2].
Les granulats d’asphalte goudronné sont obtenus à la suite de la démolition de revêtements en asphalte gou-
Granulats d’asphalte dronné. Quant aux fondations en granulats d’asphalte liés au ciment, les granulats proviennent de mélanges
goudronné bitumineux goudronnés à base d’asphalte. Exigences relatives à la composition : RcNR, Rcug30-, Rb10-, Ra70, Rg2-, X1-
et FL5- (les granulats contiennent au moins 70 % d’asphalte).
Les granulats mixtes sont issus du concassage de débris de maçonnerie et de béton en provenance de bâtiments
Granulats mixtes
et d’ouvrages d’art, et doivent être conformes aux dispositions de la norme NBN EN 13242 [B25]. Exigences rela-
(débris de maçonnerie
tives à la composition : RcNR, Rcug50, Rb50-, Ra5-, Rg2-, X1- et FL5-. Les granulats sont composés de maximum 50 % de
et de béton)
brique ainsi que d’au moins 50 % de béton concassé et de granulats naturels.
Les granulats de maçonnerie sont obtenus par le concassage de débris de maçonnerie issus de bâtiments et
Granulats de
d’ouvrages d’art, et doivent être conformes aux dispositions de la norme NBN EN 13242 [B25]. Exigences relatives à
maçonnerie
la composition : RcNR, Rcug40-, Rb60, Ra5-, Rg2-, X1- et FL5-. Les granulats comprennent au moins 60 % de maçonnerie.
Les granulats de béton et d’asphalte non goudronnés sont issus du concassage de revêtements en asphalte et en
Débris de béton et
béton ne contenant pas de goudron, et doivent satisfaire aux dispositions de la norme NBN EN 13242 [B25]. Exi-
d’asphalte concassés
gences relatives à la composition : RcNR, Rcug70, Rb10-, Ra30-, Rg2-, X1- et FL5-.
Ces granulats peuvent être utilisés dans différents domaines d’application (voir tableau D2, p. 97).
En Flandre, le Standaardbestek 250 (cahier des charges type) [M2] autorise spécifiquement l’emploi de granulats de béton dits
de haute qualité dans la couche inférieure d’un revêtement en béton bicouche et dans les éléments linéaires à hauteur de
20 % de la fraction granulaire. L’utilisation de granulats de béton de haute qualité est limitée à 20 % de la fraction grossière
dans la couche inférieure du revêtement bicouche (elle est interdite dans un revêtement monocouche) et dans les éléments
linéaires en béton (fabriqués sur place : bordures de trottoirs, rigoles de trottoirs et bandes de démarcation, dispositifs de
retenue, bandes de contrebutage et rigoles).
Pour être considérés comme étant de haute qualité, les granulats de béton doivent satisfaire aux dispositions suivantes, en
plus des exigences mentionnées ci-avant :
• le calibre maximal du mélange de béton Dmax s’élève à 31,5 mm; la catégorie de granularité est GC 85/20; le passant au
tamis de 0,063 mm entre dans la catégorie f4 (si D ≤ 8 mm) ou f1,5 (si D > 8 mm)
• le coefficient d’aplatissement appartient à la catégorie FI30 (si D ≤ 8 mm), FI25 (si 8 mm < D ≤ 16 mm) ou FI20 (si D > 16 mm)
Granulats de maçonnerie
Granulats de béton
Type de granulats
Granulats mixtes
Application Exigences
• la teneur en pierres concassées, semi-concassées et roulées entre au moins dans la catégorie C50/30 selon la norme NBN
EN 933-5 [B15] (pour les chemins ruraux, les pistes cyclables et les éléments linéaires)
• la résistance à la fragmentation fait partie de la catégorie LA25 selon la norme NBN EN 12620 [B21] (pour les chemins ruraux
et les éléments linéaires : LA30)
• le coefficient de polissage accéléré (CPA) appartient à la catégorie CPA40 selon la norme NBN EN 12620 [B21] (couches infé-
rieures d’un système bicouche; cette prescription ne s’applique pas aux chemins ruraux, aux éléments linéaires ni aux
pistes cyclables)
• la résistance à l’usure fait partie de la catégorie MDE20 selon la norme NBN EN 12620 [B21] (pour les chemins ruraux et les
éléments linéaires : MDE25).
La quantité de ciment minimale s’élève à 350 kg/m³ dans le béton pour éléments linéaires et dans le béton pour revêtements
routiers (couche inférieure d’un système bicouche) destinés aux routes de classes de construction B6 à B10 ou BF, et
à 375 kg/m³ en ce qui concerne les routes de classes B1 à B5.
Le mélange de béton doit faire l’objet d’une étude préliminaire conformément au chapitre 14, § 5 du cahier des charges type
SB 250 [M2]. Il doit être certifié par un organisme indépendant et enregistré selon les dispositions du chapitre 6, § [Link] du
cahier des charges type SB 250 [M2].
Le lecteur intéressé consultera, à ce sujet, les documents types en question pour de plus amples informations techniques. Il
pourra en outre obtenir d’autres renseignements utiles concernant l’emploi de granulats recyclés auprès du Centre de
recherches routières (CRR, [Link]).
D2 Applications potentielles des granulats recyclés et exigences selon le cahier des charges type
Qualiroutes 2012 [S2]
Tableau D3 Exigences relatives à la composition des granulats recyclés selon le cahier des charges type Qualiroutes 2012 [S2].
Tableau D4 Applications autorisées pour les granulats recyclés selon le cahier des charges type Qualiroutes 2012 [S2].
Tableau D5 Exigences techniques imposées aux granulats recyclés destinés à un emploi dans des sous-fondations selon le cahier des
charges type Qualiroutes 2012 [S2].
Les différents types de granulats de béton ne sont pas définis de manière univoque dans tous les documents. Leurs domaines
d’application sont déterminés en fonction des exigences imposées.
E1 Granulats de béton
Le Standaardbestek 250 (cahier des charges type) [M2] définit les granulats de béton comme étant ‘issus du concassage de
débris de revêtements en béton de ciment, de fondations en béton maigre, d’éléments linéaires, de bâtiments et d’ouvrages
d’art’. Selon la norme NBN EN 13242 [B25], la composition doit correspondre aux catégories Rc70, Rcug90, Rb10-, Ra5-, Rg2-, X1- et FL5-.
Ces granulats de béton sont traditionnellement utilisés dans la construction routière, en particulier dans les fondations et les
sous-fondations.
Le terme ‘granulats de béton de haute qualité’ (hoogwaardig betongranulaat) a été introduit dans le Standaardbestek 250
(cahier des charges type) [M2], où il est défini comme suit : ‘granulats de béton qui sont obtenus par le concassage de débris
de béton présentant une résistance à la compression élevée et provenant de revêtements en béton de ciment, d’éléments
linéaires et d’autres éléments constructifs similaires issus de bâtiments et d’ouvrages d’art’.
Les granulats de béton de haute qualité peuvent être employés pour la fabrication d’éléments linéaires et de la couche infé-
rieure de revêtements en béton bicouches.
Ce type de granulats de béton est défini à l’annexe E (informative) de la norme NBN EN 206 [B14]. S’ils satisfont aux exigences
de qualité, ces granulats peuvent être employés dans les domaines d’application spécifiés (classes d’exposition et taux de
substitution). Au vu du caractère informatif de ce tableau, les dispositions nationales sont applicables, à savoir la norme NBN
B 15-001 [B9] pour la Belgique.
L’annexe E de la norme NBN EN 206 [B14] a servi de base pour la transposition de cette dernière vers le complément belge NBN
B 15-001 [B9], mais des dispositions complémentaires y ont été ajoutées. Il s’agit des exigences auxquelles les granulats de
béton doivent satisfaire en Belgique afin de pouvoir être mis en œuvre dans du béton selon la norme.
Notons que la norme NBN B 15-001 [B8] parue en 2012 reprenait déjà des ‘granulats de béton’ présentant de très bonnes
caractéristiques, sans toutefois leur attribuer de dénomination spécifique.
Le tableau E1 (p. 101) synthétise les caractéristiques imposées à chaque type de granulat de béton.
Composition
Béton Maté-
Béton, Parti-
Nom Source Date Provenance et riaux
pierre cules
Béton pierre Brique Asphalte Verre non
naturelle flot-
natu- pier-
et verre tantes
relle reux
Issus du concassage de
débris de béton provenant de
revêtements en béton de
Granulats SB 250,
1999 ciment, de fondations en Rc70 Rcug90 Rb10- Ra5- Rg2- X1- FL5-
de béton PTV 406
béton maigre, d’éléments
linéaires, de bâtiments et
d’ouvrages d’art
Obtenus par le concassage
de débris de béton présen-
tant une résistance à la
Granulats compression élevée et
de béton de provenant de revêtements en
SB 250 2012 Rc90 Rcu95 Ra1- XRg0,5- FL2-
haute béton de ciment, d’éléments
qualité linéaires et d’autres
éléments constructifs
similaires issus de bâtiments
et d’ouvrages d’art
Granulats
NBN
de béton de 2014 Rc90 Rcu95 Rb10- Ra1- XRg1- FL2-
EN 206
type A
Granulats
NBN
de béton de 2018 Rc90 Rcu95 Ra1- XRg0,5- FL2- (*)
B 15-001
type A+
(*) FL0,2- pour une application particulière où une finition de surface de très haute qualité est exigée.
Résistance Sulfates
Apla- Masse Influence Chlorures
Granula- à la (solubles Absorp-
Nom Source Date Fines tisse- volumique sur la (solubles
rité fragmenta- dans tion d’eau
ment (ρrd) prise dans l’acide)
tion l’eau)
Granulats de SB 250,
1999
béton PTV 406
WA10 (écart
maximal
Granulats de
d ≥ 4 mm ± 2 % par
béton de SB 250 2012 f1,5 FI20 LA35 SS0,2 ≥ 2.200 kg/m³
D ≥ 10 mm rapport à
haute qualité
la valeur
déclarée)
Granulats de À
NBN
béton de 2014 d ≥ 4 mm décla- FI50 LA50 SS0,2 À déclarer ≥ 2.100 kg/m³ A40 À déclarer
EN 206
type A rer
WA10 (écart
maximal
Granulats de
NBN d ≥ 4 mm ± 2 % par
béton de 2018 f1,5 FI20 LA35 SS0,2 ≥ 2.200 kg/m³ A40
B 15-001 D ≥ 10 mm rapport à
type A+
la valeur
déclarée)
A
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A1 L’environnement en Europe. État et perspectives 2010 (SOER 2010). Synthèse. Chapitre 4 : ressources naturelles et
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