Service ORL et CCF du CHU de Sidi Bel Abbes Dr Tahraoui A
République Algérienne Démocratique et Populaire
Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique
Université de Sidi Bel Abbes
Faculté de médecine de Sidi Bel Abbes
ANGINE AIGUE SPECIFIQUE ET
NON SPECIFIQUE
Dr Tahraoui Adel
Maitre Assistant en ORL et CCF
CHU de Sidi Bel Abbes
1
Service ORL et CCF du CHU de Sidi Bel Abbes Dr Tahraoui A
A- ANGINES AIGUËS NON SPECIFIQUES
I- DEFINITION – GENERALITES :
❖ Angine (latin) : serré, étrangler. L’angine aiguë peut se définir par l’inflammation
aiguë, souvent d’origine virale ou bactérienne, des formations lymphoïdes de
l’oropharynx et essentiellement des amygdales palatines.
❖ L’angine non spécifiques, peut être érythémateuses ou éythémato-pultacées d’origine
virale dans 50 % des cas, ou bactérienne dans 20 à 40 % des cas;on exclue les angines
spécifiques dont les aspects cliniques sont évocateurs de germes particuliers.
II- RAPPELS :
A- RAPPEL ANATOMIQUE
1- LIMITES DE L’OROPHARYNX :
❖ Antérieur : en bas : V lingual-en haut : extrémité sup des 02 arcs palatoglosses
❖ Supérieur : - voile du plais- rhinopharynx en arrière
❖ Latéral : -région tonsillaire-paroi oropharyngée latérale
❖ Postérieur : paroi oropharyngée post
❖ Inferieur : séparé de l’hypo pharynx par une ligne horizontale qui passe par le
bord sup de l’os hyoïde et le bord inf du corps du cricoïde
2- LES AMYGDALES
❖ Sont des formations lymphoïdes paires symétriques qui constituent l’élément le
plus volumineux de l’anneau de WALDEYER. Elles occupent la partie sup de la
tonsille amygdalienne
❖ La vascularisationest tributaire de la carotide externe alors que l’innervation relève
du IX, X et sympathique
B- RAPPEL HISTOLOGIQUE
❖ Le parenchyme amygdalien est formé par des follicules lymphoïdes clos constitués
de 02 zones :
• Une zone sombre formée de Lymphocytes B au repos
• Une zone claire formée par des Lymphocytes B activés
❖ Les espaces inter folliculaires (cryptes) constitués essentiellement de lymphocytes
T helpers, macrophages et cellules intermédiaires
❖ La face médiale est tapissée par un épithélium pavimenteux stratifié non
kératinisé.
III- ÉTUDE MICROBIOLOGIQUE
1- VIRALE :une angine commune est le plus souvent d’origine virale elle peut être
due à H. para influenza, VRS, adénovirus, elle est extrêmement contagieuses, réalisant
des épidémies saisonnières en hiver et au début du printemps
2- BACTERIENNE: l’épidémiologie bact est dominée par Strepto BHA. Elles
surviennent après l’âge de 3 ans, avec un pic de fréquence entre 5 et 10 ans. Elle
réclame une ATB adaptée et efficace pour éviter les complications post-
streptococciques.
2
Service ORL et CCF du CHU de Sidi Bel Abbes Dr Tahraoui A
D’autres germes tel que le strepto non A peuvent en être responsable.
IV- CLINIQUE: « TDD ANGINE ERYTHEMATEUX PULTACEE »
A-INTERROGATOIRE :
❖ Douleur pharyngée+++,dysphagie,odynophagie
❖ Fièvre d’intensité variable
❖ Symptômes digestifs surtout chez l’enfant
❖ Exceptionnellement des dyspnées chez les sujets ayant à la base des amygdales
hypertrophiées
B- EXAMEN PHYSIQUE :
❖ Oropharynx et amygdales rouge œdèmatie avec enduits pultacé à leurs surfaces
facilement détachables.
❖ Des adénopathies sous maxillaires ou sous digastriques douloureuses à la palpation
peuvent s’y associer.
NB:la fièvre importante,l’adénopathie limitée et douloureuse plaideraient plus pour une
origine bactérienne, alors que la fièvre modérée, coryza, toux et adénopathies diffuses
seraient en faveur d’une angine virale
C- EXAMENS COMPLEMENTAIRES :
❖ Aucun examen complémentaire n’est nécessaire
❖ Test de diagnostic rapide TDR : spécificité 95%, sensibilité 80-90 %
Cas particuliers :
❖ NFS : angine trainante, complications locorégionales, certains aspects spécifiques
: fausses membranes, Sd MN, angine ulcéro-nécrotique bilatérale (recherche de
signes de leucose aiguë, agranulocytose)
❖ Sérologie : suspicion d’angine spécifique, épidémie
❖ Prélèvement orophryngé(Dc direct, culture et ATBgramme) : angine trainante,
ATCD de RAA, GNA, complications locorégionles, patients immunodéprimés,
angine spécifique
❖ AC anti-streptocoques
❖ bandelettes urinaires
V- DIAGNOSTIC :
A- Diagnostic positif :Clinique +++
▪ Douleur pharyngée
▪ Syndrome infectieux
▪ Adénopathie
▪ Rougeur pharyngée
➢ Le score de Mac Isaak: sensibilité insuffisnte
Score clinique prenant en compte quatre items:
- Fièvre > 38°. Oui /Non
- Présence d’exsudat/hypertrophie amygdalienne: Oui/Non
- Adénopathie cervicales douloureuses. Oui/Non
- Toux: Oui/Non
3
Service ORL et CCF du CHU de Sidi Bel Abbes Dr Tahraoui A
Score ≥ 2 forte suspicion d’un SBHA
B-Diagnostic différentiel :
▪ Herpès, Zona(vésicules)
▪ Diphtérie,MNI(fausses membranes)
▪ Syphilis, cancer(ulcération dure)
▪ Angine de VINCENT(ulcération souple)
VI- ÉVOLUTION-COMPLICATIONS :
A-ÉVOLUTION :Le plus souvent favorable
B- COMPLICATIONS DES ANGINES
1- Locorégionales: surtout le strepto
❖ Phlegmon péri-amygdalien
❖ Adénophlegmon cervical : suite à une adénite le plus souvent
❖ Cellulite : gravité extrême, diffusion régionale de l’infection qui
évolue à son propre compte
2- Post-streptococciques : tardives, RAA, GNA, érythème noueux
VII- TRAITEMENT
A-BUTS :
❖ Prévenir la survenue de complications locorégionales et générales
❖ Lutte contre la dissémination du streptocoque
❖ Accélérer la disparition des signes cliniques
B- MOYENS :
❖ Pénicilline V, Amoxicilline, C1G, macrolide
❖ Traitement symptomatique : antalgique, antipyrétique, AINS
C-Indications :
1- Dans tous les cas : TRT symptomatique
2- Adulte, angine vraie + état général altéré, ATCD de phlegmon, terrain
particulier : TRT anti-SBHA
3- Enfant ou âge jeune, angine vraie : TRT anti-SBHA
4- Adulte, angine vraie ou pharyngite + état général conservé : pas de TRT ATB
5- Test de diagnostic rapide (+) : TRT anti-SBHA ; TDR (-) : culture (48h)
6- Traitement des complications :
• Phlegmon péri-amygdalien: ponction (bactério), incision + ATB IV(Gram +
et anaérobie)
• ATCD RAA : Traitement préventif (Extencilline)
4
Service ORL et CCF du CHU de Sidi Bel Abbes Dr Tahraoui A
B- ANGINES AIGUES SPECIFIQUES
Les formes spécifiques sont moins fréquentes, peuvent se voir lors des maladies infectieuses
B-MICROBIOLOGIE
1- BACTERIES
streptocoque:
• CG+,aero-anaerobie.
• arrondie,se regroupe en chaînette.
• SBHA ,secrète des toxines erythrogenes responsable de la scarlatine.
corynibacteriumdipheriae: bacille de KLEBS LOEFFLER.
• BG+,agent de la diphtérie.
• transmission: par contact direct (malade ou porteur sain).
• culture: sur sérum de bœuf coagulé.
• maladie immunisante.
association fususpirillaire:
• responsable de l’angine de vincent.
• bacille fusiforme BGN,anaerobie,
salmonella typhi: bacille d’EBERTH
• BG+.
• réservoir: l’homme( malade, convalescent,porteur sain)
• transmission: direct ou le plus souvent indirect.
2- VIRUS
Epstein barr virus:
• famille herpes veridae.
• 2 caractères: ubiquité,persistance durant toute la vie.
• tropisme particulier pour les leslym B.
• atteint l’adolescent et adulte jeune.
• transmission: essentiellement salivaire.
5
Service ORL et CCF du CHU de Sidi Bel Abbes Dr Tahraoui A
Adénovirus:
• plusieurs types.
• type 3 et 7 sont le plus souvent responsable.
Enterovirus:
-le virus coxackie A est l’agent de l’herpangine.
Atteint les enfant de moins de 7 ans,par petites épidémies estivales.
• -*Herpes virus:
-agent du zona pharyngé.
-virus de la varicelle et zona.
herpès simplex virus:
• HSV I(rarement II) responsable de l’angine herpétique.
• transmission: contact direct.
V-DIAGNOSTIC POSITIF
A. A l’interrogatoire:
• le terrain.
• le contexte épidémiologique.
• mode de survenue.
• les SF: odynophagie, toux, douleur abdominale, vomissements,…
B. Examen clinique:
• l’aspect de la muqueuse oropharyngée.
• l’aspect de l’amygdale
• type de l’angine: érythémateuse ou erythematopultacée, ulcéreuse, vésiculeuse.
• le caractère uni ou bilatéral,l’existence des fausses membranes .
• l’examen des aires gonglionnaires .
• examen somatique:signe en faveur d’une infection particulière: rash
cutané,splenomegalie ; ……...
C. Examens complémentaires:
NFS: en cas de : angine traînante, angine ulcéronecrotique ; angine à fausses
membranes .
Sérologie: n’est pas de pratique courante.
Prélèvement de gorge: par écouvillonnage des loges amygdaliennes et de la paroi post
du pharynx. En cas des fausses membranes ,il se fait en périphérie. le prélèvement est
acheminé au laboratoire pour examen direct et culture.
V-DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
6
Service ORL et CCF du CHU de Sidi Bel Abbes Dr Tahraoui A
A-ETIOLOGIES BACTERIENNES
1-SCARLATINE
• Due au streptocoque du groupe A, exceptionnellement C ou G.
• Due a la toxine erythrogene( trois sous-types).
• Réservoirs : transmission aérienne (sujet atteint avec ou sans scarlatine).
• Incubation 2 à 5 jours.
• Le foyer infectieux peut être extra pharyngé.
• Phase de debut :Brutale, fébrile (39-40) avec frisson , langue saburrale, Adenopathies
cervicales .
• Phase d’etat :Est atteinte au moins de 48h, marquée par un exanthème et un
énanthème.
a. EXANTHEME
• Localisée d’abord sur le thorax , puis s’etantd en 1 à 2 jours :
• Tronc et les racines des membres respectant la plante des pieds et la paumes des
mains.
• Il est diffus , en nappe , sans intervalle de peau saine.
• A la palpation :peau sèche, rugueuse avec une impression granité.
b. ENANTHEME
• Il est constant ; caractéristique de la scarlatine,il associe :
• pharyngite erythemateuse ou erythemato- pluatacée avec ADP douloureuse.
• modification de l’aspect de la langue : desquamation de la périphérie vers le centre
(réalise une langue framboisée).
• EVOLUTION : Les SG s’améliore à partir du 6em jour. L’exanthème disparaît avec
desquamation du 8 au 30 jours, (squames non contagieuse), en doigt de gant aux
extrémités. langue devient normale au 15eme jour.
- TRAITEMENT: peni G 100000UI/KG/J ou macrolides pdt 10 j
2-LA DIPHTERIE
Toxi-infection à pt de départ oropharygé,due au bacille de klebs loffler.
• incubation: 2 à 5j.
• début: insidieux,avec F à 38,dysphagie.
• en 24 à 48h apparait une angine a fausses membranes blanc nacrées et épaisses,
extensives, adhérentes, envahissant les amygdales, piliers et la luette.
• s’associe: coryza séreux ou muccopurulent unilatéral, Adénopathies soud angulo-
maxillaire.
DIAGNOSTIC POSITIF
• prélèvement de gorge au moindre doute, se fait a la périphérie des Fausses Membranes
,et acheminés au labo préalablement averti.
• ex direct.
• culture sur Milieu de loffler.
7
Service ORL et CCF du CHU de Sidi Bel Abbes Dr Tahraoui A
• test d’ELEK :mise en évidence de toxine.
TRAITEMENT:
• Urgence+++;
• Sérothérapie;
• Antibiothérapie : Pénicilline ou Erythromycine .
3- ANGINE DE DUGUET
• Pathognomonique de la typhoïde
• Adulte jeune
• Contexte epidemiologique.
• Début insidieux.
• Syndrome infectieux franc.
• Angine ulcéreuse bilaterale.
• Traitement : Le traitement de la typhoïde et des soins locaux suffisent
4-ANGINE DE VINCENT
• sujet alcoolo tabagique, mauvaise hygiène buccodentaire.
• début insidieux.
• angine ulcéreuse ou ulcéronécrotique unilatérale.
• Traitement: Pénicillinothérapie: Par voie parentérale: Péni G Ou orale: Péni V
4- SYPHILIS PRIMAIRE :
Le chancre syphilitique de l'amygdale réalise un aspect voisin du précédent, toutefois,
l'amygdale atteinte est indurée et indolore, l'adénopathie est plus ferme avec un gros ganglion
central entouré de ganglions plus petits. Il ne faudra entreprendre le traitement de l'angine de
Vincent qu'après avoir demandé une sérologie syphilitique
Traitement : Pénicillinothérapie ;
B-ETIOLOGIE VIRALE :
1-MNI :
- EBV
- caractérisé par -primo-infection svt inapparente.
-confère une immunité solide. -pas de récurrences.
-transmission essentiellement salivaire (maladie du baiser)
8
Service ORL et CCF du CHU de Sidi Bel Abbes Dr Tahraoui A
CLINIQUE :
-fièvre 38. -asthenie.
-angine=erythmatopultacée bilaterale avec : *oedeme de la luette. *purpura petichial du voile
du palais.
-biologie: a l’Hémogramme: syndrome mononucléosique =augmentation du pourcentage des
lymphocytes hyper basophiles supérieur à 10%. (pas toujours dépisté lorsque NFS réalisée de
facon automatisée) *Hépatique : augmentation de transaminase dans 90%.
*Anémie hémolytique à coombs positif la certitude: est apportée par *MNI TEST
EVOLUTION
Guérison spontanée = 3 à 4 semaines.
2 ANGINE HERPETIQUE
- dysphagie, fièvre.
- Souvent associée a une gingivostomatite, herpes labial ou nasal.
- Erosion a bords nets dont la confluence donne un aspect polycyclique.
3-ANGINE A VIRUS COXACKIE A= HERPANGINE.
-Responsable de la grippe d’été.
-A toute âge, mais plus fréquente chez l’enfant et l’adolescent
-RESERVOIR : Strictement humain
Transmission : directe(manuportée) ou indirecte (alimentation, eau)
4-Zona pharyngé
-éruption vésiculeuse unilatérale qui s’ulcère et se recouvre d’un enduit pultacé.
-L’éruption intéresse le pilier ant, le sillon gingivo-lingual,et parfois la face interne des joues.
-peut s’associe a un zona ophtalmique ou auriculaire.
-l’évolution : bénigne,
C. Angines fongiques
Agent: candida albicans +++
Odynophagie
9
Service ORL et CCF du CHU de Sidi Bel Abbes Dr Tahraoui A
Sensation de cuisson au niveau de la Gorge et le langue
Dépôts blanchâtres diffuses sur la langue et L’oropharynx
Diagnostic : prelevement : écouvillonnage , pour examen mycologique
REFERENCES
1-AFSSAPS. Recommandation 2002 sur « l’Antibiothérapie par voie générale en pratique
courante : angine ».
2-Berche P. Les streptocoques A, C, et G. In: Berche P, Gaillard JL, Simonet M, editors.
Bactériologie : les bactéries des infections humaines. Paris: Flammarion; 1988. p. 278–91
3- Société de Pathologie Infectieuse de Langue Franc¸aise (SPILF). Recommandation 2011.
Antibiothérapie par voie générale en pratique courante dans les infections respiratoires hautes
de l’adulte et de l’enfant.
4- Cohen-Gogo S, Do NT, Levy D, Métreau J, Mornand P, Parisot P, et al. Les troubles
respiratoires du sommeil de l’enfant. Arch Pediatr 2009;16:123–31.
5-Caorsi R, Pelagatti MA, Federici S, Finetti M, Martini A, Gattorno M. Periodic fever,
apthous stomatitis, pharyngitis and adenitis syndrome. Curr Opin Rheumatol 2010;22:579 84.
6-Femiano F, Lanza A, Buonaiuto C, Gombos F, Cirillo N. Oral aphthous-like lesions.
PFAPA syndrome: a review. J Oral Pathol Med 2008;37:319–23.
7-Licameli G, Jeffrey J, Luz J, Jones D, Kenna M. Effect of adenotonsillectomy in PFAPA
syndrome. Arch Otolaryngol Head Neck Surg 2008;134:136–40.
8-Burton MJ, Pollard AJ, Ramsden JD. Tonsillectomy for periodic fever, aphthous stomatitis,
pharyngitis and cervical adenitis syndrome (PFAPA). Cochrane Database Syst Rev
2010;(2):CD008669.
9-Bussi M, Carlevato MY, Panizzut B, Omede P, Cortesina G. Are recurrent and chronic
tonsillitis different entities? An immunological study with specific markers of inflammatory
stages. Acta Otolaryngol Suppl 1996;523:112–4.
10- Revel MP, Bely N, Laccourreye O, Naudo P, Hartl D, Brasnu D. Giant tonsillolith. Ann
Otol Rhinol Laryngol 1998;107:262–3.
10