RUVE
RUVE
AZZEDDINE HAFIF
Mai 2024
PLAN
• Urbanisme
• Urbanisation
• Territoire
• Espace
• Sol
• Droit de l’urbanisme
I I– LA PLANIFICATION URBAINE
• Autorisation de lotir
• Autorisation de créer un groupe d’habitations
• Autorisation de morceler
• Permis de construire
• Permis de démolir
• Permis de réfection
• Permis de régulariser
▪ Définition
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Définitions
Urbanisme
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Définitionsdes concepts clés
Urbanisme
Définition
D’aucuns le considèrent comme un art, tandis que d’autres jugent qu’il s’agit plutôt
d’une science qui n’a rien à envier à d’autres disciplines faisant partie du monde de la
science.
« L’urbanisme se définit, écrit CHARLES (H), se définit comme l’ensemble des mesures
politiques, administratives ou techniques destinées à assurer la croissance
harmonieuse d’une cité…L’urbanisme est donc la science du développement des
villes »
D’autres hésitent entre les deux et ne se gênent pas de définir l’urbanisme tantôt
comme un art et tantôt comme une science. C’est le cas par exemple de
JACQUIGNON (L) et DANAN (Y.M) pour qui l’urbanisme est « l’art de concevoir,
organiser et réaliser de façon volontaire le développement des villes, en tenant
compte des facteurs géographiques, socio-économiques, esthétiques, institutionnels
et culturels susceptibles de le déterminer » et aussi « la science de l’aménagement
des villes ».
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Définitions
Définitions
Urbanisme
Pour Pierre MERLIN, il n’est ni art, ni science:
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Définitions
Définitions
Urbanisme
• «Science, art et /ou technique de l’organisation spatiale des établissements humains »
(A.M. Fixot, 1999) .
• C’est un acte volontaire qui vise à créer une situation ordonnée jugée préférable à une
situation résultant du jeu spontané des acteurs . Cette action s’exerce dans « l’espace
urbain ou rural » »( Pierre Merlin, Urbanisme, QSJ, p.4).
• « L’urbanisme ressortit donc à l’art (et à l’architecture qui conçoit les bâtiments
harmonieux) , à l’économie, à la sociologie (« la commodité » et les relations entre les
hommes), à l’histoire ( le temps), à la géographie(l’espace urbain et rural), au droit (les
règles de contrôle de l’utilisation du sol), à l’ingénierie (les réseaux et les techniques de
construction). Bref, c’est un champ d’action, pluridisciplinaire par essence, qui vise à
créer dans le temps une disposition ordonnée de l’espace en recherchant harmonie et
efficacité » (Ibid)
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DéfinitionDéfinitions
Définitions
Urbanisme des concepts
notions declés
base
• À l’origine, l’urbanisme est marqué par les procédures d’alignement (17ème siècle),
l’hygiénisme (19ème siècle);
• L’urbanisme résulte d’une action volontariste conduite par les pouvoir publics en vue
de canaliser les divers flux, concilier les différents intérêts et fonder un consensus entre
divers acteurs sociaux. Il constitue ce que nous appelons de nos jours une politique
publique
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Urbanisation
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Définitions
Urbanisation
Introduction
Ce qu’il faut surtout retenir de ces définitions, c’est que l’urbanisation peut, en
fonction des situations, s’analyser comme un acte volontaire, généralement planifié,
ou a contrario comme un acte involontaire ou naturel, autrement dit spontané et non
planifié.
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Définitions
Urbanisation
Introduction
• L’urbanisation est un phénomène mondial embrasant tous les continents. L’on a même
pu dire que c’est le phénomène le plus important de la seconde moitié du 20ème siècle.
• Les chiffres et les statistiques l’attestent mondialement : plus d’un habitant sur 2 de la
planète est citadin.
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Définition des concepts clés
Territoire
Le terme apparaît dans la langue française au cours du XIIIe siècle et dont l’usage ne se
généralise qu’au XVIIIe siècle. Pierre Larousse dans son Grand dictionnaire universel du
XIXe siècle (1875), note que le mot vient du latin, territorium, qui dérive de terra,
« terre », qu’il s’agit d’une « étendue de pays qui ressortit à une autorité ou à une
juridiction quelconque ».
Le Robert: « Etendue de la surface terrestre sur laquelle est établi un groupe humain
dépendant d’une autorité ».
« C’est la portion de l'espace terrestre dépendant d'un État, d'une ville, d'une juridiction.
C’est un espace considéré comme un ensemble formant une unité cohérente, physique,
administrative et humaine ».
« Le territoire fait figure de support concret de l’État qu’il revient à ce dernier de
préserver contre toute intrusion étrangère et de développer en l’aménageant » (Denise
PUMAIN, Thierry PAQUOT, Richard KLEINSCHMAGER (Ed.) Dictionnaire, la ville et
l’urbain, Paris, Economica/Anthropos, 2006)
Hiérarchie des territoires
Le territoire national : Le territoire national est la partie sur laquelle un pouvoir
politique exerce son autorité politique et militaire. C’est l’un des attributs d’un Etat .
Un Etat qui exerce sa souveraineté sur son territoire . Un pouvoir politique sans
territoire ne saurait prétendre à une reconnaissance comme Etat. Un Etat qui perd la
• Le territoire pour les géographes:
« L'espace rural se caractérise par une densité de population relativement faible, par
un paysage à couverture végétale prépondérante (champs, prairies, forêts, autres
espaces naturels), par une activité agricole relativement importante, du moins par
les surfaces qu'elle occupe » (INSEE).
Espace
En urbanisme, il est question d’espaces et non d’un seul espace:
Le tiers-espace est né d’un acte administratif visant une urbanisation organisée et d’un acte
technico-financier qui donne lieu à une production du sol urbain par le biais de la
viabilisation des terrains et la mobilisation des investissements pour assurer le financement
des travaux d’aménagement pour, en fin de compte, répondre à la demande notamment du
sol résidentiel ou d’activités.
Sol
• Le sol est un bien, une marchandise, en • Le sol agricole est un sol utilisé pour
quantité limitée, mais surtout, c’est un bien la production agricole.
non substituable, c’est-à-dire qu’on ne peut le • Le sol urbain ou urbanisé, c’est le sol
remplacer par un autre produit en cas de utilisé/exploité pour un usage
pénurie par exemple .C’est aussi un bien qui d’habitat, d’activités, d’équipements,
ne s’importe, ni ne s’exporte. etc.
• Les différents sens de la notion de sol : • Le sol urbanisable est celui que les
– Le sol naturel : Dans son état physique ou documents d’urbanisme ouvrent à
naturel, c’est-à-dire brut, le sol est soit l’urbanisation
une montagne, une forêt, un désert, etc.
La couche superficielle est vouée à
l’agriculture, à la sylviculture, etc. La
couche inférieure se présente sous forme
de sous-sol, sous-terrain, sous-terre qui
renferme des minerais (charbon , pétrole,
etc . Le sol, dans son état naturel, est la
matière première nécessaire à la
fabrication du produit final, l’espace
urbain. Le sol exploité : Le sol exploité
produit soit le sol agricole dans le cas
d’un usage agricole, soit un sol urbain
Sol
« Clos et couvert : l’ensemble des composantes du bâtiment et les éléments qui leur
sont intégrés, concourant à sa stabilité, notamment les fondations, la structure, la
charpente, la toiture, la façade, les escaliers, l’étanchéité et les dallages ».
Définition
Sol des concepts clés
« Le mouvement urbain aspire à la croissance » p,5
Le sol ne se transporte pas, ne s’exploite sur place et n’est pas substituable. Le sol ne se
consomme pas, il se transforme.
•Une branche de droit public, rattaché au droit administratif, en ce qu’il prescrit des
contraintes d’intérêt général, qui pour un certain nombre d’entre elles, s’apparentent à
des mesures de police administrative;
•Il dépasse le simple cadre urbain pour devenir « le droit commun de l’aménagement de
l’espace » (Philippe Ch.-A. Guillot, 2006).
•Ensemble de règles juridiques régissant les actions et opérations de planification,
d’aménagement et d’utilisation de l’espace.
Principes et méthodes du droit d’urbanisme
•Un droit planificateur maîtrisant l’espace et déterminant les utilisations du sol.
•Un droit qui limite la propriété encadrant très fortement les activités de construction ou
d’occupation du sol.
•Une manifestation de l’interventionnisme public: en plus de l’encadrement normatif, les
personnes publiques s’engagent dans des actions d’aménagement: « Etat propulsif »
(Charles Albert Morand), « le Pygmalion de la société; son sculpteur, son animateur et
son promoteur tout à la fois »([Link] Saab)
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Définition
Droit de l’urbanisme
des concepts clés
• déterminer les conditions permettant aux sols de recevoir les différentes affectations
et utilisations arrêtées ou ce qu’on peut appeler un droit d’aménagement urbain;
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Les principaux textes juridiques
Les lois
• Loi 12-90 promulguée par le dahir du 17 juin 1992 relative à l’urbanisme telle qu’elle a été
modifiée par la loi 66-12 relative au contrôle et à la répression des infractions en matière
d’urbanisme et de construction promulguée par le dahir n°1.16.124 du 21 di kiaada 1437
(25 août 2016).
• Loi 25-90 promulguée par le dahir du 17 juin 1992 relative aux lotissements,
morcellements et création de groupes d’habitation telle qu’elle a été modifiée par la loi 66-
12 relative au contrôle et à la répression des infractions en matière d’urbanisme et de
construction promulguée par le dahir n°1.16.124 du 21 di kiaada 1437 (25 août 2016).
• Loi 94-12 relative aux bâtiments menaçant ruine et à la gestion des opérations de
rénovation urbaine du 16 mai 2016.
• Loi n° 55-19 promulguée par le dahir n° 1-20-06 du 11 rejeb 1441 (6 mars 2020) relative à
la simplification des procédures et des formalités administratives.
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Les principaux textes juridiques
Les lois
• Dahir portant loi n°1-60-063 du 30 Hija 1379 (25 juin 1960) relatif au développement des
agglomérations rurales telle qu’elle a été modifiée par la loi 66-12 relative au contrôle et à la
répression des infractions en matière d’urbanisme et de construction promulguée par le dahir
n°1.16.124 du 21 di kiaada 1437 (25 août 2016).
• Loi n°22-80 relative à la conservation des monuments historiques et des sites, des
inscriptions, des objets d’art et d’antiquité, promulguée par le dahir n°1-80-341 du 17 safar
1401 (25 décembre 1980).
• Dahir portant loi du 25 Janvier 1984 relatif au Schéma Directeur d’Aménagement Urbain de la
Wilaya du Grand Casablanca.
• Dahir portant loi n°1-80-150 du 6 moharram 1405 (2 octobre 1984) relatif aux édifices
affectés au culte musulman.
• Dahir portant loi n°1-84-188 du 9 octobre 1984 portant création de l’Agence Urbaine de
Casablanca.
• Dahir portant loi n°1-93-51 du 22 rebia 1 1414 (10 septembre 1993) instituant les agences
urbaines.
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Les principaux textes juridiques
Les décrets
• Décret n°2-92-832 du 25 rebia ii 1414 (12 octobre 1993) pris pour l’application de la loi
n°12-90 relative à l’urbanisme;
• Décret n°2-92-833 du 25 rebia ii 1414 (12 octobre 1993) pris pour l’application de la loi
n°25-90 relative aux lotissements, groupes d’habitations et morcellements;
• Décret n° 2-93-67 du 4 rebia II 1414 ( 21 septembre 1993 ) pris pour l'application du dahir
portant loi n° 1-93-51 du 22 rebia I 1414 ( 10 septembre 1993 ) instituant les agences
urbaines;
• Décret n° 2-17-634 du 11 jomada akhira 1439 (28/02/2018 ) relatif au champ de
compétences des agences urbaines,
• Décret n° 2.17.198 du 28-04-2017 portant les attributions du Ministre de l’Aménagement
du Territoire Natoinal , de l’Urbanisme , de l’Habitat et de la politique de la ville ;
• Décret n° 2-76-69 du 24 chaoual 1397 ( 8 octobre 1977 ) pris pour l'application du dahir
portant loi n° 1-76-258 du 24 chaoual 1397 ( 8 octobre 1977 ) relatif à l'entretien des
immeubles et l'installation de conciergeries dans les immeubles d'habitation;
• Décret n°2-81-25 du 23 hija 1401 (22 octobre 1981) pris pour l’application de la loi n°22-
80 relative à la conservation des monuments historiques et des sites, des inscriptions, des
objets d’art et d’antiquité .
Les principaux textes juridiques
Les arrêtés
Ils sont approuvés par décret sur proposition de l’autorité gouvernementale chargée de l’urbanisme
après avis des autorités gouvernementales chargées de l’habitat, des travaux publics et de l’intérieur
et sont applicables à l'ensemble du territoire sauf dispositions contraires contenues soit dans lesdits
règlements soit dans leur acte d'approbation.
Les principaux textes juridiques
Décret n° 2-13-424 du 13 rejeb 1434 (24 mai 2013) (Bulletin officiel n° 6174 (1er -8-2013), p.2189)
approuvant le règlement général de construction fixant la forme et les conditions de délivrance des
autorisations et des pièces exigibles en application de la législation relative à l'urbanisme et aux
lotissements, groupes d’habitations et morcellements ainsi que des textes pris pour leur application.
Modifié par le décret n°2-18-557 du 12 juin 2019 (BO n°6874 du 16-04-2020) qui définit la forme et
les conditions d’octroi des nouvelles autorisations instituées par la loi n° 12.66 relative au contrôle et à
la répression des infractions en matière d’urbanisme et de construction, et revoit un certain nombre
de mesures ayant montré leurs limites, dans le but de simplifier les procédures et favoriser le respect
des délais impartis, et à faciliter l’accès à l’information et le suivi de l’état d’avancement des demandes
d’autorisations.
Le même texte se propose de promouvoir la gestion dématérialisée des procédures relatives aux
autorisations d’urbanisme et de confier aux gouverneurs des provinces et préfectures la mission de
veiller au bon déroulement des mesures édictées par le règlement général de construction.
Les principaux textes juridiques
Ils ne doivent pas contredire les dispositions des règlements généraux de construction ou celles
des règlements d'aménagement.
Les dispositions des règlements généraux de construction se substituent de plein droit aux
dispositions contraires ou divergentes des règlements communaux de construction.
Les principaux textes juridiques
• Décret n° 2-02-177 du 9 hija 1422 (22 février 2002) approuvant le règlement de construction
parasismique (R.P.S 2000) applicable aux bâtiments fixant les règles parasismiques et
instituant le Comité national du génie parasismique;
• Décret n° 2-04-267 du 20 rabii I 1425 ( 10 mai 2004) modifiant le décret n° 2-02-177 du 9 hija
1422 ( 22 février 2002 ) approuvant le règlement de construction parasismique ( R.P.S 2000 )
applicable aux bâtiments, fixant les règles parasismiques et instituant le comité national du
génie parasismique;
• Décret n° 2-12-682 du 17 rejeb 1434 ( 28 mai 2013 ) modifiant le décret n° 2-02-177 du 9 hija
1422 ( 22 février 2002 ) approuvant le règlement de construction parasismique ( R.P.S 2000 )
applicable aux bâtiments, fixant les règles parasismiques et instituant le Comité national du
génie parasismique.
• Décret n°2.22.867 approuvant le règlement général de construction (RGC) fixant les normes de
construction spécifiques aux établissements d’hébergement touristique et instituant le comité
national des normes de construction spécifiques aux établissements d’hébergement
touristiques.
Les principaux textes juridiques
Le règlement d’aménagement
•Selon l’article 20 de la loi sur l’urbanisme, il définit les règles d’utilisation du sol, les servitudes et
autres obligations imposées en vue de la réalisation d’un aménagement ordonné et cohérent, ainsi
que les règles de construction applicables à la zone concernée.
• Il est approuvé, au même titre que les documents graphiques du plan d’aménagement, par décret
et s’impose, dans la hiérarchie des normes juridiques, aux règlements communaux de construction.
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L’Etat
L’administration centrale
•Département ministériel chargé de l’Urbanisme: responsable de la politique générale
en matière d’urbanisme et de l’élaboration des textes législatifs et réglementaires.
•Le ministère de l’Intérieur
L’administration déconcentrée
• L’Inspection Régionale de l’Urbanisme.
• Les services extérieurs de l’Etat
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L’Etat
❑ La wilaya est une entité administrative créée, en juillet 1981, en vue d’assurer la coordination et
la cohésion du territoire casablancais.
C’est à ce titre qu’il est chargé de coordonner l’action des administrations locales et déconcentrées
en matière d’urbanisme. Une division est créée, à cet effet, au niveau des préfectures et provinces
(la division de l’urbanisme).
La loi n°1-84-150 du 2 octobre 1984 relative aux édifices affectés au culte musulman telle qu’elle a
été modifiée et complétée par la loi 29-04 promulguée par le dahir n°1-07-56 du 23 mars [Link]
donne aux walis et gouverneurs le pouvoir d’autorisation de la construction ou l’entretien des
édifices de cultes.
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L’agence urbaine
1.réaliser les études nécessaires à l’établissement SDAU et suivre l’exécution des
orientations qui y sont définies ;
Mission de planification [Link] les projets d’aménagement inhérents à la réalisation des objectifs des
schémas directeurs ;
urbaine 3. préparer les projets de documents d’urbanisme réglementaires, notamment les plans de
zonage, les plans d’aménagement et les plans de développement ;
[Link] un avis conforme dans un délai maximum de 1 mois sur tous les projets de
lotissements, groupes d’habitations , morcellements et constructions qui doivent lui être
transmis, à cet effet, par les autorités compétentes;
Mission de gestion [Link]ôler la conformité des lotissements, morcellements, groupes d’habitations et
urbaine constructions en cours de réalisation avec les dispositions législatives et réglementaires
en vigueur et avec les autorisations de lotir, de morceler, de créer des groupes
d’habitations ou de construire accordées ;
6.réaliser les études de projets d’aménagement de secteurs particuliers et exécuter tous les
projets de travaux édilitaires ou d’aménagement pour le compte de l’Etat, des collectivités
Mission d’aide à locales ou pour toute autre personne publique ou privée qui en ferait la demande lorsque le
projet est d’utilité publique ;
l’aménagement urbain [Link] et réaliser des opérations de réhabilitation urbaine, de rénovation immobilière
et de restructuration de quartiers dépourvus d’équipements d’infrastructure et à cette fin,
réaliser les études et acquérir les immeubles nécessaires à ces opérations ;
[Link] des participations de toute entreprise dont l’activité correspond aux objectifs et aux
missions qui lui sont assignés ;
9. promouvoir avec l’assistance des corps élus concernés, la constitution et le développement
des groupements de propriétaires en mettant à leur disposition les cadres nécessaires en vue
Mission d’assistance de faciliter la mise en œuvre des documents d’urbanisme et notamment, susciter la création
d’associations syndicales en application de la législation en vigueur en la matière et veiller au
technique suivi des opérations menées par lesdites associations en coordination avec les conseils
communaux précités ;
10. fournir son assistance technique aux collectivités locales en matière d’urbanisme et
d’aménagement ainsi qu’aux opérateurs publics et privés qui en feraient la demande dans
leurs actions d’aménagement ;
11. collecter et diffuser toutes informations relatives au développement urbanistique des
préfectures et /ou provinces situées dans le ressort territorial de l’agence
Les collectivités territoriales
Région
Commune
Préfecture/Province
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Les collectivités territoriales
Commune Préfecture/Province Région
• Mission de prestation de Le législateur en fait •La région constitue un autre
services de proximité. essentiellement un agent de niveau de décentralisation,
• Dans le domaine de développement social en érigée par la constitution de
l’urbanisme, la Loi milieu rural et aussi dans les 2011 au rang de collectivité
organique n°113.14 espaces urbains. territoriale, à l’instar des
relative aux communes , préfectures, des provinces et
succédant à la charte A cet effet, la préfecture ou la des communes.
communale de 2003, de province œuvre à :
même que la Loi 12/90 sur • Rendre disponible les •Le cadre juridique de la région
l’urbanisme ainsi que la Loi équipements, les services est redéfini par la loi organique
25-90 relative aux de base notamment en n°111.14 relative aux régions
lotissements, groupes milieu rural ; dans la perspective de la mise
d’habitation et • Mettre en œuvre le en place d’une régionalisation
morcellement confient à la principe de mutualité avancée.
commune des entre les communes à
compétences larges en travers la réalisation Pour ce faire, la région voit ses
matière de: d’actions, l’offre de compétences renforcées, tout
• planification urbaine: le
conseil communal est
Préfecture/Province
prestation et la réalisation particulièrement en matière de
développement économique
de projets ou d’activités en
habilité à émettre son avis relation principalement et d’aménagement de
au sujet des documents avec le développement territoire.
d’aménagement du social dans le milieu rural ;
territoire et d’urbanisme • Lutter contre l’exclusion et
conformément aux précarité dans différents
règlements en vigueur. secteurs sociaux. 46
Les collectivités territoriales
Commune Préfecture/Province Région
La loi organique : la préfecture ou la -Comme dans la loi
gestion urbaine: autorisations de province exerce ces missions en
lotir, de morceler et de créer des précédente de 1997,
prenant en compte les politiques et l’urbanisme ne figure pas
groupes d’habitations et les les stratégies de l’Etat dans ces
permis de construire et d’habiter; dans les compétences
domaines. La préfecture ou la propres. Bien plus,
contrôle des chantiers; réception préfecture constitue, de ce fait, le
des travaux des lotissements et contrairement à la loi de
prolongement de l’action étatique 1997, le conseil régional n’est
groupes d’habitation. dans le domaine essentiellement même pas habilité à faire des
social. propositions et des
La commune veille au respect des
choix et des règlements contenus Dans la loi 12-90 sur l’urbanisme, la suggestions et à émettre des
dans les plans d’orientations de préfecture ou province n’a aucune avis au sujet de la politique
l’aménagement de l’urbanisme, les attribution en la matière, sauf celles de l’Etat en matière
schémas d’aménagement et de que reçoit le gouverneur en sa qualité d’urbanisme.
développement, et tous les autres de représentant de l’administration
documents d’aménagement et de territoriale et non en tant qu’exécutif - Le texte ne précise pas non
l’urbanisme. de l’assemblée préfectorale ou plus le rôle de la région en
matière d’élaboration des
Préfecture/Province
provinciale.
documents d’urbanisme,
Les préfectures ou provinces du notamment le SDAU qui peut
Grand Casablanca n’ont pas porter sur une partie du
d’attributions directes, en dehors de territoire régional.
l’approbation du Schéma Directeur
d’Aménagement Urbain (article 3 du
dahir portant loi du 25 Janvier 1984,
relatif au SDAU de la Wilaya du Grand 47
Casablanca);
Les professionnels
•L’architecte
•L’architecte est également chargé de veiller à ce que des ingénieurs spécialisés soient
chargés par le maître d’ouvrage de l’établissement des calculs et plans
d’exécution relatifs aux diverses dimensions techniques du projet (règlementation
parasismique, efficacité énergétique…).
•Il doit aussi s’assurer que les autres intervenants techniques (bureaux et laboratoires
de contrôle) accomplissent leurs missions de vérification sur plans et au niveau des
chantiers. Il doit par ailleurs s’assurer de la conformité des plans techniques avec la
conception architecturale.
Les professionnels
•L'ingénieur géomètre-topographe
( Art.1Loi n° 30-93 relative à l'exercice de la profession d'ingénieur géomètre topographe et instituant
l'Ordre national des ingénieurs géomètres topographes promulguée par le Dahir n° 1-94-126 du 14
ramadan 1414 (25 Février 1994) (B.O. 16 mars 1994 et B.O. 6 juillet 1994, rect.).
• L’IGT est chargé, en son propre nom et sous sa responsabilité, de procéder à toutes
études ou opérations, d'établir tous plans et documents y relatifs relevant de la
géodésie, la cartographie topographique, des levés cadastraux à toutes échelles et par
tout procédé, de la délimitation des biens fonciers, de l'expertise foncière, de la
copropriété et des lotissements tels que prévus par les articles 4 1°), 14 et 16 (alinéa 2)
de la loi n° 25- 90 relative aux lotissements, groupes d'habitations et morcellements
promulguée par le dahir n° 1-92-7 du 15 hija 1412 (17 juin 1992).
• Il peut effectuer également et dans les mêmes conditions les études et travaux
topographiques relatifs aux opérations de levés et d'implantation, au remembrement,
à l'aménagement du territoire, au bâtiment et aux travaux publics.
Les professionnels
Les ingénieurs spécialisés
Absence d’une loi réglementant la profession: Quelques textes juridiques encadrent l’action
de l’ingénieur :
•L’article 769 du D.O.C qui traite de la responsabilité civile décennale de l’architecte ou
ingénieur et l’entrepreneur chargé directement par le maître d’ouvrage ;
•Les articles 50 à 54 de la loi 12.90 relative à l’urbanisme imposent le recours à des
ingénieurs spécialisés pour toute construction nouvelle y compris les bâtiments publics
ou à usage public, toute modification apportée à une construction existante qui
nécessite l’obtention du permis de construire ainsi que tous travaux de restauration des
monuments.
•Les articles 15, 17, 24, 67 de la loi 25-90 relative aux lotissements, groupes
d’habitations et morcellements rendent obligatoire le recours aux ingénieurs spécialisés
pour l’établissement des documents techniques (plans et études) afférents à la
réalisation de la voirie, de l’assainissement, des réseaux d’eau et d’électricité et ce à
plusieurs niveaux d’avancements de ces opérations notamment le suivi des travaux et
les Réceptions provisoires et définitives.
Les professionnels
Au vu de ces dispositions, le rôle des ingénieurs spécialisés consiste en la réalisation des
études et l’établissement des documents techniques nécessaires relatifs à la conception de la
construction et le suivi de la réalisation des travaux se rapportant aux études techniques ainsi
effectuées.
Absence d’un ordre des ingénieurs : « La grande diversité des profils de l’Ingénieur a rendu
caduques les nombreuses tentatives d’unification de l’Ingénierie nationale, qui peine à
atteindre ses objectifs » (Tayeb El Karidi, ingénieur expert assermenté, vice-président de la
Fédération Marocaine d’Essai et de Contrôle (FédEC) et ex-président de l’Association
Marocaine des Laboratoires d’Essais et de Contrôle (AMLEC), Maroc-Hebdo, 14/07/2020).
Le promoteur immobilier:
« Toute personne physique ou morale qui réalise ou fait réaliser, pour son propre
compte ou pour le compte du maître d'ouvrage, des opérations d'aménagement ou de
construction et qui procède à l'exécution des opérations juridiques, administratives et
financières y afférentes, et ce pour la vente ou la location ».( Avant-projet de la loi n°29-
18 relative à la construction ( publié par le SGG sur son site officiel).
Les observations émises au cours de cette enquête sont étudiées par le conseil communal,
lors de l'examen par ses soins du projet de plan d'aménagement avant d’être soumises à
l’agence urbaine, à l'issue d’un délai de deux mois, accompagnées du dossier de l'enquête
publique comprenant notamment les observations formulées par le public au cours de
ladite enquête et les propositions dudit conseil.
La procédure d’enquête publique est, en outre, une procédure substantielle qui découle du
principe juridique de l’établissement d’une procédure d’information et de réclamation en
cas de limitation au droit de propriété
54
La planification urbaine
Typologie
55
2.1-La planification urbaine prospective
Le schéma directeur d'aménagement urbain
(SDAU) : Le régime général de la loi 12-90
• Instrument de planification spatiale . La durée
Le champ d’application • Le dahir portant loi relatif au
SDAU du Grand Casablanca:
• Un territoire dont le développement doit faire l'objet
aucun horizon temporel ;
d'une étude globale par suite de l’interdépendance
• La loi 12- 90: ne peut excéder 25
sur les plans économique, commercial et social des
ans.
différentes composantes de ce territoire;
56
2.1-La planification urbaine prospective
L’objet du SDAU (art 4 de la Loi 12-90) :
•déterminer les choix et options d’aménagement qui doivent régir le développement harmonieux
économique et social du territoire concerné.
•déterminer les nouvelles zones d’urbanisation et les dates de leur ouverture à l’urbanisation en
préservant notamment les terres agricoles et forestières dont les limites sont fixées par voie
réglementaire.
•fixer la destination générale des sols en déterminant la localisation des zones agricoles et forestières,
d’habitat et leur densité, industrielles, commerciales, touristiques, des zones grevées de servitudes, des
sites naturels, historiques ou archéologiques à protéger ou à mettre en valeur, des principaux espaces
verts à créer, à protéger et /ou à mettre en valeur, des grands équipements, tels que le réseau principal
de voirie, les installations aéroportuaires et ferroviaires, les principaux établissements sanitaires, sportifs
et d’enseignement.
•déterminer les zones dont l’aménagement fait l’objet d’un régime juridique particulier et les secteurs à
restructurer ou à rénover .
.
57
2.1-La planification urbaine prospective
Le dossier du SDAU
Comme le précise l’article 5 de la loi 12-90, le SDAU comprend des documents graphiques et un rapport .
•Les documents graphiques sont constitués de cartes d’utilisation des sols qui ont pour but de définir les
zones (agricoles, forestières) et localiser les aires d’extension, de restructuration de l’agglomération, les
principaux espaces libres ou boisés à créer ou à maintenir, les principaux sites urbains ou naturels à
protéger, les grands équipements publics ou d’intérêt général. Il comprend éventuellement un plan de
sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine historique.
La loi ne précise pas l’échelle de ces cartes. C’est là une position que le législateur adopte par rapport à
tous les documents d’urbanisme, qui laisse tout loisir au concepteur d’adopter l’échelle qui lui semble
convenable et à même de traduire graphiquement ses options. En pratique , certains BET n’en fixent pas
d’échelle surtout dans le cas d’agglomérations très vastes, difficiles à faire représenter à une échelle plus
ou moins précise. D’autres optent, par contre, pour le 1/25 000 ou le 1/50 000.
•Le rapport, généralement appelé rapport justificatif, est un document écrit qui se charge de justifier et
d’expliciter le parti d’aménagement choisi et tel qu’il est schématisé par des cartes d’utilisation des sols. Il
détermine aussi les mesures à mettre en œuvre pour la réalisation des objectifs arrêtés ainsi que les
phases d’exécution des orientations prévues et celles relatives à l’ouverture des nouvelles zones
d’urbanisation.
58
2.1-La planification urbaine prospective
L’établissement du SDAU
Initiative: l'autorité gouvernementale chargée de l'urbanisme avec la participation des communes
concernées.
Concertation:
Lorsque le département ministériel chargé de l’urbanisme décide d’établir un SDAU, il doit également
conduire la procédure fixée à cet effet par la loi.
Il doit commencer par organiser une large concertation avec les administrations et établissements
publics concernés, qui sont tenus de communiquer, dans un délai maximum de trois mois, tous les
documents relatifs aux projets d'équipement d’intérêt national ou régional qu’ils comptent réaliser
dans le ressort territorial du projet du SDAU.
Le cadre de la concertation est institutionnalisé par la loi. Celle-ci institue, en effet, deux structures
chargées aussi bien de l’étude que du suivi des travaux de l’élaboration du projet du SDAU : le comité
central et le comité local.
2.1-La planification urbaine prospective
La concertation: Le comité central
Le comité central est l’instance publique chargé d'examiner et d'orienter les études réalisées dans les
différentes phases d'élaboration du schéma directeur.
• Il est présidé par l'autorité gouvernementale charge de l'urbanisme ou son représentant.
• Il comprend les représentants des ministres chargés respectivement de l’intérieur, des travaux
publics, de l'agriculture, du commerce et de l'industrie, de l'habitat, des affaires culturelles, des
transports, des habous, de la jeunesse et des sports, de l'éducation nationale, de la santé
publique, de la défense nationale, du tourisme, des télécommunications et enfin de l'énergie et
des mines.
• Il compte également parmi ses membres le représentant de l'autorité gouvernementale
chargée des statistiques, ainsi que les walis et gouverneurs des provinces et préfectures
concernées et les présidents des conseils communaux concernés. Dans le cas d’existence d’une
agence urbaine, celle-ci est représentée par son directeur. Le comité peut faire appel à toute
administration ou personne, dont l'avis lui paraît utile.
• Le secrétariat est assuré par le département chargé de l'urbanisme même en cas d’existence
d’une agence urbaine.
• L'ordre du jour est établi par son président.
• Une fois le projet du schéma directeur arrêté par le comité central, il est soumis par l'autorité
gouvernementale chargée de l'urbanisme à l‘examen d'un comité local.
2.1-La planification urbaine prospective
La concertation : Le comité local
Le président du comité local peut associer aux travaux dudit comité toutes personnes qualifiées.
L'ordre du jour du comité local est établi par son président.
Le secrétariat est assuré par le représentant des services extérieurs de l'autorité gouvernementale
chargée de l'urbanisme ou par l'agence urbaine, le cas échéant.
La synthèse et le procès-verbal des travaux sont soumis à la décision du comité central 15 jours au
maximum après la fin des travaux.
2.1-La planification urbaine prospective
La consultation des conseils communaux
Préalablement à son approbation par l’administration, le projet du SDAU est soumis à l’examen des
conseils communaux concernés qui peuvent formuler, dans un délai de 3 mois, à compter de la date
à laquelle ils ont été saisis, des propositions qui sont étudiées par l'administration qui pilote le projet
en liaison avec les conseils communaux concernés.
En cas de silence dans ce délai: ils sont considérés n'avoir aucune objection.
L’approbation de l’administration
La révision du SDAU
Le SDAU est révisé dans les formes et conditions prévues pour son établissement et son élaboration.
62
2.1-La planification urbaine prospective
Les effets du S. D. A. U
Une fois approuvé et publié au B.O, le SDAU produit ses effets à l’égard des personnes
publiques et aussi des autres documents d’urbanisme :
L’opposabilité du [Link].U. aux personnes publiques
• Les dispositions du [Link].U sont opposables à l'Etat, aux collectivités territoriales, aux établissements
publics et aux personnes morales de droit privé dont le capital est souscrit entièrement par les
personnes publiques précitées.
• Les décisions et mesures prises par toutes les entités publiques doivent être compatibles aux
orientations du SDAU .Cela les oblige à tenir compte du SDAU lors de l’établissement de leur
programme d'action et la réalisation de leurs projets.
• Les projets de lotissements, de groupes d'habitations ou de constructions, sis dans des territoires non
couverts par un plan d'aménagement ou de zonage, ne pourront en aucun cas être autorisés s'ils ne
sont pas compatibles avec les dispositions du SDAU en ce qui concerne les zones nouvelles
d'urbanisation et la destination générale des sols.
• Dans le cas où les dispositions des PZ ou des PA contrarieraient les orientations du SDAU, une décision
de mise à l'étude est prise par le président du conseil communal afin de définir les zones à doter d'un
nouveau plan d'aménagement.
63
2.1-La planification urbaine prospective
Les effets du S.D.A.U. vis-à-vis des autres documents d'urbanisme
Les plans de zonage, les plans d'aménagement et les plans de développement doivent
respecter, impérativement, les dispositions des SDAU prévues en application des alinéas
1, 2, 3 et 4 de l'article 4 de la loi.
64
2.1-La planification urbaine prospective
Le suivi de réalisation du S.D.A.U
En dehors des limites d'intervention territoriale des agences urbaines, le décret d’application de la loi
12-90 prévoit, dans son article 10, la mise en place au niveau de la wilaya, la province ou la préfecture,
d’un « comité de suivi de la réalisation du SDAU », chargé de suivre l'exécution des orientations définies
par ce document d’urbanisme et de veiller, particulièrement, à la mise en œuvre de ses phases et
également d'animer, de susciter et de coordonner les actions d'aménagement projetées.
Ce comité, présidé par le wali ou gouverneur, est composé des membres du comité technique
préfectoral ou provincial intéressé, des représentants des conseils communaux intéressés ainsi que des
représentants des chambres professionnelles.
Le président du comité peut faire participer aux travaux dudit comité toute personne dont l'avis lui
paraît utile.
Lorsque les zones, incluses dans le territoire couvert d’un SDAU, concernent deux ou plusieurs
préfectures ou provinces, le comité précité est présidé, à tour de rôle, par les gouverneurs intéressés.
Le comité se réunit sur convocation de son président chaque fois qu'il est jugé nécessaire et au moins
deux fois par an.
Le président du comité tient régulièrement informée l'autorité gouvernementale charge de l'urbanisme,
des différentes phases de réalisation du SDAU.
Lorsque le besoin se fait sentir, le comité peut proposer une révision du SDAU .
65
2.1-La planification urbaine prospective
B- Le SDAU : le régime spécifique du
Grand Casablanca (Dahir portant loi du 25
janvier 1984 relatif au SDAU du Grand
Casablanca)
• Initiative
• Ministère de l’Intérieur
• Approbation
• assemblées préfectorales, provinciales
SDAU 1985
et communales;
• décret, après visa du ministère de
l’Equipement, du ministère de l’Habitat
et de l’Urbanisme et du ministère des
Finances.
SDAU 2010
66
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le caractère prescriptif des règles d’urbanisme découle de la forte teneur juridique des documents
d’urbanisme en question (plans d'aménagement, plans de zonage et des plans de développement) qui
se chargent de traduire les orientations du SDAU, générales et imprécises, en prescriptions légales
opposables à l'administration et aux tiers.
67
2.2-La planification urbaine prescriptive
C- Le plan de zonage
C’est un document d’urbanisme introduit, pour la première fois, par le dahir du 30 juillet 1952 qui ne
lui donnait pas un statut propre mais l’’insèrait dans le cadre de ses dispositions consacrées au plan
d’aménagement (article 9 du « titre 3 » intitulé « plan d’aménagement »).
C’est dans la loi 12-90 que le plan de zonage se trouve , dans un chapitre à part, le chapitre 2, érigé en
document d’urbanisme soumis à un régime juridique spécifique.
Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il obtient une autonomie par rapport au plan d’aménagement.
En effet, le plan de zonage demeure, comme dans la loi de 1952, une mesure conservatoire destinée,
d’une part, à prévenir les réalisations pouvant entraver ou compromettre les orientations du SDAU et,
d’autre part, à combler le vide pouvant exister avant l’établissement du Plan d’aménagement.
68
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le champ d’application du plan de zonage
La loi 12-90 ne définit pas le champ d’application du plan de zonage, comme elle le fait pour les autres
documents d’urbanisme, en l’occurrence le SDAU et le plan d’aménagement.
S’agit-il d’un oubli ou d’un silence volontaire ? En tout cas, le silence de la loi pose le problème du
champ d’application territorial de ce plan. Est-ce celui du plan d’aménagement, tel que défini par
l’article 18 de la loi 12-90 ou bien celui du SDAU ?
Pour répondre à ces questions, il faudrait revenir à la définition donnée par la loi à l’objet d’un plan de
zonage. Celui-ci a, selon l’article 13, pour objet de permettre à l’administration et aux collectivités
territoriales de prendre les mesures conservatoires nécessaires à la préparation du plan
d’aménagement et à préserver les orientations du SDAU. Cela sous-entend que le plan de zonage peut
être établi pour les territoires couverts par un SDAU et pour lesquels un plan d’aménagement- ou des
plans d’aménagement- peut être établi. Il s’agirait ainsi des champs d’application des SDAU et des
plans d’aménagement, tels que définis aux articles 2 et 18 de la loi 12-90.
C’est, semble-t-il, cette interprétation qui a été retenue pour le plan de zonage de Casablanca de 1985
qui couvrait alors toute l’aire du SDAU.
Il a été également question d’un seul plan de zonage et non pas de plus d’un plan de zonage.
69
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le plan de zonage de Casablanca de 1985, le seul élaboré à ce jour, a été mis au point par l’équipe du
SDAU et adopté en même temps que ce dernier.
On peut lire dans le rapport justificatif du SDAU de 1985 (p.105): « Le Plan de Zonage qui accompagne
ici le Schéma Directeur est un plan réglementaire indiquant de façon claire le mode d’occupation des
sols et par conséquent les droits attachés à l’utilisation des terrains . Il permettra d’éviter qu’en
l’attente des Plans d’aménagement , plus longs à élaborer parce que plus complexes, ne subsiste une
réglementation inadaptée au Schéma Directeur ».
Le plan de zonage de 1985 couvrait l’ensemble du territoire du SDAU.
Le zonage se décompose en 6 zones d’habitation:
•La zone centrale ou zone A;
•La zone péricentrale ou zone B;
•La zone résidentielle ou zone C;
•La zone de villa ou zone D;
•La zone d’extension d’habitation individuelle et collectif ou zone E;
•La zone de moyenne propriété ou zone F;
-et 5 zones d’activités: la zone pour industries toutes catégories, la zone pour industries 2ème
catégorie, la zone pour industries 3ème catégorie, la zone artisanale et industrielle de 3ème
catégorie, la zone d’activité tertiaire.
71
2.2-La planification urbaine prescriptive
L’établissement du plan de zonage
L’étude et l’adoption du plan de zonage nécessitent l’intervention de l’administration, au niveau de sa
préparation et des collectivités territoriales (conseils communaux).
Le projet de plan de zonage est établi à l'initiative de l'administration chargée de l'urbanisme en
participation avec les communes concernées, sous réserve des attributions dévolues en la matière aux
agences urbaines par la législation en vigueur
La question se pose de savoir si le recours au plan de zonage est une obligation pour l’administration ou
si celle-ci dispose ici d’un pouvoir discrétionnaire.
Il semble que l’administration jouit à cet égard d’un large pouvoir d’appréciation et peut, par
conséquent, y recourir ou s’y abstenir, car par son essence même le plan de zonage est une simple
mesure conservatoire prise en attendant la préparation du plan d’aménagement.
Si l’administration estime que cette préparation peut intervenir dans des délais raisonnables et que rien
ne justifie l’adoption de mesures transitoires de précaution, elle peut donc se passer de l’établissement
du plan de zonage et se pencher plutôt sur la sortie du plan d’aménagement dans les délais les
meilleurs.
En revanche, si elle estime que l’élaboration des plans d’aménagement risque d’être longue compte
tenu de la complexité de ces plans, il aurait intérêt à établir un plan de zonage, un document « léger»,
en principe, réalisable dans des délais très courts puisque son approbation ne donne pas lieu à enquête
publique et se limite à un examen de 2 mois par le conseil communal avant son approbation par simple
arrêté ministériel.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Une fois arrêté, le projet de plan de zonage est soumis par le département chargé de l'urbanisme ou, le
cas échéant, par l'agence urbaine, à l'avis d'une commission locale composée et fonctionnant comme
celle prévue pour l'examen du SDAU.
La synthèse des travaux de la commission locale, appuyée d'un procès-verbal desdits travaux, doit
parvenir au département chargé de l'urbanisme ou, le cas échéant, au directeur de l'agence urbaine, 15
jours au maximum après la fin des travaux, pour décision.
Le projet du plan de zonage est soumis avant son approbation par l'autorité gouvernementale chargée
de l'urbanisme ou le directeur de l'agence urbaine, selon le cas, à l'appréciation des conseils
communaux concernés aux fins d'examen et d'étude.
Ces derniers doivent de se prononcer dans un délai de 2 mois, déclenché à compter de la date de leur
saisine. Si pendant ce délai, lesdits conseils ne prennent pas expressément position, leur silence vaut
acquiescement. Dans le cas contraire, ils doivent transmettre leurs propositions à l'une des autorités
précitées, selon le cas, qui les étudie.
.
Ensuite, le plan de zonage est approuvé par arrêté, publié au bulletin officiel, de l'autorité
gouvernementale chargée de l'urbanisme, au lieu d’un décret comme dans l’ancienne loi de 1952.
73
2.2-La planification urbaine prescriptive
Dès son approbation, le plan de zonage produit des effets pendant une période ne devant pas
dépasser 2 ans, délai qui court à compter de la date de publication du texte d'approbation au
bulletin officiel.
Passé ce délai, les dispositions du plan de zonage deviennent caduques de plein droit.
Durant les deux années de son application, le plan de zonage est opposable à l'administration et
aux tiers.
E- Le plan d’aménagement
75
2.2-La planification urbaine prescriptive
E-Le plan d'aménagement
C’est le document prescriptif et réglementaire par excellence et qui, pour cette propriété particulière,
se place au centre d’intérêt des différents acteurs publics et privés:
• l’Etat: le plan d’aménagement constitue le tableau de bord (par exemple, localisation des
équipements publics, plate-forme pour la confection des cartes scolaires et sanitaires).
•les notaires: mus par un souci de sécurité et de stabilité juridique, le plan d’aménagement
représente une garantie pour les transactions foncières et immobilières qu’ils sont appelées à
authentifier.
76
2.2-La planification urbaine prescriptive
•les professionnels (architectes et topographes ): c’est un outil de travail indispensable, les guidant
dans l’élaboration de leur plan de lotissement ou de construction.
•les promoteurs et investisseurs: c’est un guide qui éclaire sur les opportunités d’investissement et
apporte une certaine visibilité pour s’engager en connaissance de cause dans une entreprise
d’investissement.
• les propriétaires fonciers, le PA leur précise leurs droit d’utilisation de leurs terrains. C’est aussi une
aubaine puisque l’introduction des terrains dans une zone urbaine, procure à leurs propriétés
initialement agricoles une plus-value, source d’enrichissement. Malheureusement, ce n’est pas
toujours le cas parce que le plan d’aménagement est aussi une source d’injustice sociale : s’il enrichit
certains, il peut en appauvrir d’autres pouvant se retrouver, du jour au lendemain, en possession de
terrains totalement ou partiellement grevés de servitudes et, de fait, dénués de toute valeur sur le
marché foncier.
77
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le champ d'application du plan d’aménagement
Il convient de rappeler que le dahir n°1-15-85 en date du 7 juillet 2015 portant promulgation de la loi
organique n°113.14 relative aux communes abolit la distinction entre commune urbaine et commune
rurale.
Selon l’article 18 de la loi 12-90, les zones à vocation spécifique sont délimitées par l'administration
chargée de l'urbanisme, sur proposition des conseils communaux intéressés ou à défaut, à la
demande du gouverneur de la préfecture ou de la province concernée.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le PA a pour objet de définir notamment:
• L'affectation des différentes zones suivant l'usage principal qui doit en être fait ou la nature des
activités dominantes qui peuvent y être exercées telles que les zones d'habitat, industrielle,
touristique, maraîchère, agricole, commerciale et forestière.;
• Les zones non aedificandi;
• Les limites de la voirie à conserver, à modifier ou à créer;
• Les limites des espaces verts publics et les autres espaces libres à conserver, à modifier ou à
créer ;
• Les limites des espaces destinés aux activités sportives à créer;
• L'emplacement des équipements collectifs et installation d'intérêts général dont la réalisation
relève du secteur privé (centres commerciaux, centres de loisirs) ;
• Les quartiers, monuments, sites historiques ou archéologiques... à protéger ou à mettre en
valeur;
• Les règles d'utilisation des sols et les règles applicables à la construction;
• Les servitudes établies dans l'intérêt de l'hygiène, circulation, esthétique et de la sécurité et
salubrité publique...
• Les zones à ouvrir à l'urbanisation suivant une périodicité déterminée ;
• Les périmètres des secteurs à restructurer ou à rénover.
79
2.2-La planification urbaine prescriptive
L’objet du plan d'aménagement
•les zones dans lesquelles toute construction est interdite, les limites de la voirie (voies,
places, parkings) à conserver, à modifier ou à créer,
• les limites des espaces verts publics (boisements, parcs, jardins), des terrains de jeux et
des espaces libres divers tels que les espaces destinés aux manifestations culturelles et
folkloriques, à conserver, à modifier ou à créer,
•les limites des espaces destinés aux activités sportives à créer conformément aux
dispositions de l'article 61 de la loi n° 06-87 relative l'éducation physique et aux sports et
les limites des mêmes espaces à conserver ou à modifier,
•les emplacements réservés aux équipements publics tels que les équipements
administratifs, scolaires, sanitaires, culturels,
•les emplacements réservés aux équipements collectifs et installations d'intérêt général
dont la réalisation incombe au secteur privé tels que les centres commerciaux, les centres
de loisirs,
•les quartiers, monuments, les sites historiques ou archéologiques, les sites et zones
naturels telles que les zones vertes publiques ou privées à protéger ou à mettre en
valeur pour des motifs d'ordre esthétique, historique, culturel, et éventuellement les
règles qui leur sont applicables.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le plan d’aménagement précise aussi les règles d'utilisation des sols et celles applicables à la
construction, notamment :
•les normes de hauteur minima ou maxima des constructions à édifier,
• les conditions d'implantation et d'orientation des immeubles,
•les surfaces de stationnement,
•les prospects,
•le COS et le CUS,
•les servitudes architecturales,
•les servitudes établies dans l'intérêt de l'hygiène, de la circulation, de l'esthétique, de la sécurité
et de la salubrité publique et éventuellement les servitudes découlant de législations
particulières.
L’énumération opérée par l’article 19 suscité n’est qu’indicative, ce qui laisse au concepteur du plan
d’aménagement de de prévoir l’ensemble de ces éléments énumérés ou seulement une partie de ces
éléments. Il n’en demeure pas moins qu’un socle reste indispensable, à savoir le zonage, la voirie, les
règles de construction, les équipements publics.
Le plan d’aménagement indique, en outre, les zones à ouvrir à l'urbanisation suivant une périodicité
déterminée, les périmètres des secteurs à restructurer et des secteurs à rénover, les zones dont
l'aménagement fait l'objet d'un régime juridique particulier.
La loi ne donne pas de précision sur ce régime juridique et se contente d’une formulation générale.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le dossier du plan d’aménagement
Le plan d’aménagement regroupe des documents graphiques et des documents écrits, à savoir :
Le rapport justificatif :Il est devenu d’usage de faire accompagner le plan d’un rapport baptisé « rapport
justificatif », pourtant non prévu par la loi 12-90. C’est un document contractuel, puisqu’il est généralement
prévu par les termes de références des marchés d’études des plans d’aménagement.
C’est justement pour toutes ces raisons qu’il ne revêt pas de valeur juridique.
Les documents graphiques: Le parti d’aménagement ainsi que les différentes projections en matière
d’équipements ou de zonage sont représentés sur des cartes. Celles-ci ont aussi pour fonction de localiser
les limites et emprises des voies , les emplacements réservés aux équipements publics ainsi que les
servitudes (non aedificandi, d’isolement des cimetières…).
Comme dans le cas du SDAU et du plan de zonage, la loi ne précise pas l’échelle de ces cartes. Néanmoins,
force est de constater qu’en pratique, il est fait recours à l’échelle 1/20 000 ou 1/50 000 pour les plans
d’ensemble et aux 1/2000 ou 1/5000 pour le plan d’aménagement proprement dit, une échelle
généralement jugée suffisamment valable pour que le fonds de plan soit clair et lisible.
82
2.2-La planification urbaine prescriptive
Il convient de signaler que les sigles et initiales, utilisées aussi bien par les documents graphiques que
par le règlement, ne sont pas normalisées ou officialisées par un texte législatif, comme en France.
Ce qui crée une grande confusion étant donné la diversité des symboles utilisées par les différents
bureaux d’études chargés de l’élaboration des plans d’aménagement qui souvent appartiennent à des
pays différents (France, Bulgarie, etc.) et partant à des cultures (urbanistiques) différentes.
Quelle est la valeur juridique des documents graphiques ? Ces derniers trouvent leur fondement
juridique dans l’article 20 de la loi 90, selon lequel le plan d’aménagement comprend un ou plusieurs
documents graphiques et un règlement. Mais le législateur marocain ne se prononce pas
expressément sur leur teneur juridique. Son homologue français en fait de même, mais la doctrine et
la jurisprudence françaises ne reconnaissent pas de valeur juridique aux documents graphiques
considérant que ces derniers n’ont de valeur juridique que par le règlement du P.O.S aujourd’hui
supplanté par le PLU.
Aussi s’il est concevable de considérer le règlement comme ayant une valeur juridique en soi, il l’est
difficilement pour la représentation graphique qui ne peut avoir de valeur indépendamment du
règlement, puisque ce dernier est la traduction juridique des prévisions graphiques.
Une question se pose cependant : Qu’en est-il lorsque le règlement est muet sur une servitude, par
exemple, pourtant prévue par le document graphique ? Dans ce cas, le document graphique produit
des effets juridiques intrinsèques et peut servir de preuve en cas de litige.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le règlement
C’est la pièce maîtresse du plan d’aménagement qui, selon l’article 20 de la loi sur l’urbanisme,
définit les règles d’utilisation du sol, les servitudes et autres obligations imposées en vue de la
réalisation d’un aménagement ordonné et cohérent, ainsi que les règles de construction applicables
à la zone concernée.
L’importance du règlement provient du fait qu’il constitue la traduction juridique des documents
graphiques. Sa valeur juridique ne fait donc pas de doute. Pour paraphraser AUBY (M) s’exprimant à
propos du POS, l’on peut dire que le règlement constitue « l’élément juridiquement essentiel » [1]du
dossier du plan d’aménagement.
Le règlement-type qu’on trouve appliqué aux plans d’aménagement s’inspire du règlement du POS
français avec quelques adaptations rendues nécessaires par les spécificités des communes
concernées .
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le règlement est donc un document juridique qui se fonde sur un ensemble de prescriptions et
d’ « obligations négatives » qui qui font du plan d’aménagement un « ensemble de périmètre
d’interdits ou, au mieux, de limitation » pour reprendre les termes utilisés par CHAPUISAT (J) à
propos du POS en France.
L’auteur regrette que « cette conception régulatrice est au fond proche d’une conception presque
policière de l’urbanisme réglementaire » et « délaisse en tout cas trop systématiquement une
conception plus élastique ».
En outre, ce trait fortement réglementaire relègue au second plan les aspects de mise en œuvre,
telles que la programmation des actions projetées par le plan et l’estimation financière de ces
actions ainsi que leur échéance de réalisation.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le règlement d’aménagement obéit à la structuration suivante :
Titre 1-Dispositions générales
o Chapitre 1-Application et division territoriale
o Chapitre 2-Dispositions applicables à toutes les zones
Titre 2-Dispositions applicables aux zones urbaines
o Chapitre 1- Dispositions applicables à la zone A
o Chapitre 2- Dispositions applicables à la zone B
o Chapitre 3-Dispositions applicables à la zone C
o Chapitre 4- Dispositions applicables à la zone D
o Chapitre 5- Dispositions applicables à la zone E
o Chapitre 6- Dispositions applicables à la zone I
Titre 3-Dispositions applicables aux zones naturelles et rurales
Le règlement est donc un document juridique qui se fonde sur un ensemble de prescriptions et
d’ « obligations négatives » qui qui font du plan d’aménagement un « ensemble de périmètre
d’interdits ou, au mieux, de limitation » pour reprendre les termes utilisés par CHAPUISAT (J) à propos
du POS en France.
L’auteur regrette que « cette conception régulatrice est au fond proche d’une conception presque
policière de l’urbanisme réglementaire » et « délaisse en tout cas trop systématiquement une
conception plus élastique ».
En outre, ce trait fortement réglementaire relègue au second plan les aspects de mise en œuvre,
telles que la programmation des actions projetées par le plan et l’estimation financière de ces actions
ainsi que leur échéance de réalisation.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le planning
• Suivre le planning au niveau de la réalisation: le plan d’aménagement une fois approuvé, le conseil
communal devra suivre les différentes étapes de sa réalisation pour cerner éventuellement les
difficultés et proposer des solutions.
88
2.2-La planification urbaine prescriptive
Le planning
Il s’agit d’un autre document constituant le dossier du plan d’aménagement qui n’est pas prévu par la
loi, mais qui a été proposé par une circulaire ministérielle aux administrations publiques.
Cette circulaire exhorte ces dernières, notamment celles concernées par les équipements publics ou
par des opérations du plan d’aménagement de joindre au plan d’aménagement, un planning fixant
l’échéance et les moyens de mise en œuvre des équipements et opérations programmés.
La circulaire considère qu’il est important d’introduire dans le modus faciendi actuel et
progressivement une nouvelle phase au niveau même de l’étude d’aménagement, la « phase
opérationnelle », afin d’aborder le plan d’aménagement, non pas en un simple document coercitif
susceptible de paraître aux yeux du citoyen comme destiné à imposer des règles sévères de
constructions ou entraîner une immobilisation paralysante de leurs terrains, mais avant tout sous
l’angle de son opérationnalité.
89
2.2-La planification urbaine prescriptive
L’établissement du plan d’aménagement
La loi 12/90, dans son article 23, laisse entendre que le projet du plan d’aménagement est établi à
l’initiative de l’administration avec la participation des collectivités territoriales.
Le décret d’application de cette loi précise, pour sa part, à l’article 19, que le projet de plan
d’aménagement est établi à l’initiative du département chargé de l’urbanisme en participation avec
les communes concernées, sous réserve des attributions dévolues en la matière aux agences
urbaines.
L’établissement du plan d’aménagement est un processus long et jalonné par plusieurs étapes
amorcées par la prise de décision d’établir le plan et couronnées par la publication au bulletin officiel
du texte d’approbation de ce dernier.
2.2-La planification urbaine prescriptive
L’établissement du plan d’aménagement
L’initiative
La loi confie le pouvoir d’initiative au département ministériel chargé de l’urbanisme.
Une fois prise la décision d’établir un projet de plan d’aménagement, l’élaboration dudit projet
doit se faire par l’agence urbaine avec la participation des communes concernées.
2.2-La planification urbaine prescriptive
L’établissement du plan d’aménagement
La participation
Cette notion de participation reste floue puisque le texte n’en précise ni le la portée, ni les
modalités de mise en œuvre. Il va sans dire que l’introduction dans la loi 12-90 de ce principe
de participation des communes constitue une innovation de ce texte, introduite sous l’exigence
du parlement puisque le projet de loi présenté, initialement, par le gouvernement devant cette
instance ne faisait pas mention de cette participation des communes.
Cette ouverture sur les communes est d’un intérêt incontestable puisqu’il est irréaliste de
concevoir des documents d’urbanisme sans la participation effective des communes, principaux
destinataires de ces documents.
Toutefois, la loi ne précise pas les formes et modalités de mise en œuvre de cette participation.
Elle n’institutionnalise pas non plus cette participation. Elle laisse alors à l’administration et à la
commune la liberté de définir et d’organiser, selon leur convenance, la mise en œuvre de cette
participation.
Etant donné que les premières phases de l’élaboration du plan d’aménagement revêtent un
caractère essentiellement technique, on peut imaginer que la participation se déroule au sein
de comités techniques ou à l’intérieur de la commission spécialisée de la commune.
2.2-La planification urbaine prescriptive
L’élaboration du plan d'aménagement peut être précédée par l’adoption d’un arrêté de mise à
l’étude qui constitue une mesure conservatoire à l’instar du plan de zonage.
L’ancien dahir du 30 juin 1952 relève qu’« antérieurement à la mise à l’enquête du plan, des
arrêtés de pachas et caïds dits « arrêtés de mise à l’étude du plan» peuvent définir des zones
dont l’aménagement est prévu et à l’intérieur desquelles il n’est délivré aucun permis de
construire sauf dérogation exceptionnelle accordée par l’administration. Ces arrêtés ont effets
pendant six mois et peuvent être renouvelés pour une période d’égale durée ».
Cette consultation est essentiellement administrative car elle vise à recueillir, à l’échelon
préfectoral ou provincial, l’avis de toutes les administrations publiques . Les chambres
professionnelles sont également associées à cette consultation.
Celle-ci est institutionnalisée par la loi puisque le projet de plan arrêté est soumis, selon le cas,
par le département chargé de l'urbanisme ou l'agence urbaine à l'avis d'une commission locale,
la même que celle prévue dans le cas du SDAU (art.5).
Le président établit l'ordre du jour de la commission, dont le secrétariat est assuré par le
représentant des services extérieurs du département ministériel chargé de l'urbanisme ou, le cas
échéant, par l'agence urbaine.
2.2-La planification urbaine prescriptive
• La consultation administrative
Le projet de plan d'aménagement est soumis à l'appréciation du conseil communal concerné ou,
lorsque ledit projet touche plus d’une commune, aux conseils communaux concernés.
En réaction au régime de 1952 et afin d’éviter les atermoiements et le veto du conseil communal qui
avaient empêché la sortie de plus d’un plan d’aménagement, la loi 12-90 enlève ce pouvoir au
conseil communal et oblige ce dernier à délibérer dans un délai de rigueur.
Le conseil communal doit, en effet, se prononcer expressément avant l'expiration d’un délai de 2
mois qui court à compter de la date de saisine du conseil.
Le silence du conseil dans le délai prescrit vaut assentiment et n’est plus considéré comme un refus.
Le conseil doit se limiter à émettre des propositions qui sont étudiées, en général, dans le cadre de
commissions tripartites regroupant notamment la commune, la préfecture et l’agence urbaine ou en
l’absence de celle-ci du département chargé de l’urbanisme.
Il y a lieu de signaler que durant les deux mois accordés au conseil communal pour délibérer, une
enquête publique est ouverte, pendant un mois, pour accueillir les observations des citoyens.
2.2-La planification urbaine prescriptive
• L'enquête publique
L’objectif de l’enquête publique est de permettre aux citoyens de prendre connaissance du projet du
plan d’aménagement et de formuler leurs éventuelles observations . Une façon de faire participer les
destinataires de la règle d’urbanisme à la phase d’élaboration des plans d’aménagement.
Afin de réduire les délais exigés pour le déroulement des procédures et contrairement au régime du
dahir de 1952, la durée de l'enquête publique est ramenée de 2 à 1 mois, durée qui est comprise
dans le délai de 2 mois imparti aux conseils communaux pour délibérer.
A cet effet, le projet du plan d'aménagement fait l'objet d'une publication et d'une publicité.
Le président du conseil communal fixe selon les convenances du conseil concerné, la date d’ouverture
de l’enquête publique ; il ne doit toutefois pas perdre de vue que le conseil communal doit disposer
d’un laps de temps assez suffisant pour examiner les éventuelles observations du public.
Le président du conseil communal est tenu, avant l'ouverture de l'enquête publique, de procéder à
l’affichage au siège de la commune d’un avis précisant les dates d'ouverture et de clôture de ladite
enquête et mentionnant le dépôt du projet de plan d'aménagement au siège de la commune.
Cet avis est, également et impérativement, publié à 8 jours d'intervalles dans deux quotidiens
nationaux autorisés à recevoir les annonces légales.
2.2-La planification urbaine prescriptive
• L'enquête publique
Le président du conseil communal peut, en outre, recourir à tout autre moyen approprié de publicité,
tels que la radio et le crieur public.
Durant cette enquête, le public pourra prendre connaissance du projet et formuler, sur un registre
mis à sa disposition au siège de la commune, ses observations au sujet du projet du plan
d’aménagement, ou les adresser sous pli recommandé avec accusé de réception au président du
conseil communal compétent. Les requêtes transmises par voie postale doivent être collées sur une
page du registre.
Les observations émises au cours de cette enquête sont étudiées par le conseil communal, à
l’occasion de l'examen par ses soins du projet de plan d'aménagement avant d'être soumises à
l'administration chargée de l'urbanisme pour décision.
2.2-La planification urbaine prescriptive
• L'enquête publique
Les requêtes sont étudiées par le conseil communal lors de sa session d’examen du projet du plan
d’aménagement.
L'autorité gouvernementale chargé de l’urbanisme étudie ces propositions en liaison avec l'agence
urbaine, le cas échéant.
En pratique, une commission dite centrale est mise en place, sous l’égide du ministère de l’urbanisme
regroupant les représentants du conseil communal concerné, de la préfecture ou la province, de
l’agence urbaine et parfois de représentants des départements ministériels concernés par les
requêtes formulées.
Les travaux de cette commission sont sanctionnés par un procès-verbal qui fait partie du dossier du
plan d’aménagement à transmettre au SGG pour préparer le décret d’approbation du chef du
gouvernement et sa publication au bulletin officiel.
2.2-La planification urbaine prescriptive
1. Réalisation des prises de vue aériennes et restitutions ;
2. Réalisation du mode d’occupation des sols (MOS) ;
3. Désignation d’un bureau d’études (Appel d’offres);
4. Recueil des données des différents intervenants techniques et institutionnels;
5. Réalisation des études générales (transport, activités…) ;
6. Réalisation de l’enquête ménage ;
7. Réalisation des études démographiques et socioéconomiques ;
8. Elaboration du diagnostic ;
9. Etablissement des variantes d’aménagement (parti d’aménagement);
10. Validation de la variante d’aménagement retenue ;
11. Réunions de concertation avec les différents ministères, notamment de l’éducation nationale, de
l’agriculture et de l’équipement ;
12. Etablissement du projet de plan et du règlement d’aménagement;
13. Tenue du comité local ;
14. Correction du projet du plan en tenant compte des remarques éventuelles du comité local ;
15. Envoi du projet de plan d’aménagement à l’enquête publique (1 mois) et délibération communale
pour une durée (2 mois);
16. Tenue de la commission centrale d’arbitrage en vue de l’examen des remarques et observations des
citoyens et élus locaux ;
17. Correction du projet du plan d’aménagement à la lumière des décisions de la commission centrale ;
18. Envoi du dossier complet au service central ( Direction de l’Urbanisme).
19. Envoi du dossier complet par le ministère de l’urbanisme au SGG ( contrôle de conformité avec la loi
et proposition du projet de décret à la signature du chef du gouvernement);
20. Publication du décret au B.O.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Les effets du plan d'aménagement
Ce sont sans doute les effets juridiques du plan d’aménagement qui font la spécificité de ce
document, dans la mesure où il peut produire des conséquences juridiques avant même son
approbation.
Aux termes de l’article 27 de la loi 12-90, le projet du plan d’aménagement commence à produire
ses effets à compter de la date de clôture de l’enquête publique, aucune autorisation de construire
de lotir ou de créer un groupe d’habitation ne peut être délivrée si elle est incompatible avec les
dispositions dudit projet de plan.
A partir de la même date, les dispositions du plan d'aménagement ou du plan de zonage couvrant
la zone considérée deviennent caduques de plein droit.
101
2.2-La planification urbaine prescriptive
L ’approbation du plan d’aménagement
Le dossier est transmis à l’administration centrale compétente (actuellement la direction générale de
l’urbanisme du ministère de l’urbanisme) comprenant :
•Les documents attestant de la régularité de la procédure ;
•Le registre des observations ;
•Les conclusions de l’autorité communale ;
•Les observations dégagées de l’enquête publique et de l’examen du projet par le conseil communal
peuvent déboucher sur des modifications du plan.
Le plan d’aménagement est approuvé par décret pris sur proposition de l’autorité gouvernementale
chargée de l’urbanisme et éventuellement après avis conforme de l’autorité gouvernementale chargée
de la culture dans le cas où le plan apporte des modifications aux servitudes résultant d’un classement.
Article 27 R
• Les conseils communaux et, le cas échéant, le conseil de la communauté urbaine prennent toutes
mesures nécessaires pour la réalisation et le respect des dispositions du plan d’aménagement en
concertation avec les services extérieurs relevant de l’autorité gouvernementale chargée de
l’urbanisme, ou l’agence urbaine selon le cas.
105
2.2-La planification urbaine prescriptive
Elaboration du plan de développement
La Circulaire du ministère de l’urbanisme, du tourisme et de l’environnement en date du 29 mars
1979 définit les critères que l’administration peut utiliser pour la définition d’une agglomération rurale
pouvant être couverte en plan de développement:
• Les centres limitrophes à une route principale qui connaît un développement urbain aux
abords de ladite route, doit être doté d’un plan de développement pour éviter que
l’urbanisation ne gène la circulation;
• Les centre ruraux qui connaissent une croissance démographique sensible due à leur position
géographique ou à la nature de leurs activités;
• Les zones naturelles qui attirent les touristes et les visiteurs et qui sont supposées bénéficier
d’une protection et d’un entretien.
Il faut noter que l’aire territoriale soumise au plan de développement s’amenuise au fur et à mesure de
l’avancée de la ville et l’élévation des agglomérations rurales au rang de centres délimités et centres
urbains.
Le dossier du plan de développement
Aucune indication n’est donnée par le dahir de [Link], on estime que par analogie au plan
d’aménagement, le plan de développement comportera un document graphique et un règlement.
2.2-La planification urbaine prescriptive
2° Les zones réservées à l'habitat de type non agricole, au commerce, à l'artisanat et à l'industrie;
5° Les emplacements réservés aux places publiques, aux espaces libres et aux plantations ;
6° Les emplacements réservés aux édifices et services publics ainsi qu'aux installations de la vie
sociale et notamment au souk et à ses annexes.
2.2-La planification urbaine prescriptive
L‘élaboration du plan de développement
Aux termes de l’article 3 du texte du 25 juin 1960, les plans de développement sont étudiés à la
diligence des services compétents du ministère des travaux publics (service de l'urbanisme) et du
ministère de l'agriculture (division de la mise en valeur et du génie rural).
Après accord du chef de la circonscription du génie rural, le projet établi par le service de l'urbanisme
est présenté au conseil rural, qui doit donner son avis dans le délai d'un mois.
Le projet de plan est ensuite soumis à une enquête d'une durée d'un mois, au cours de laquelle le
public peut en prendre connaissance et consigner ses observations.
Ce dépôt est annoncé par des avis affichés au siège de l'autorité locale intéressée.
Le conseil rural est de nouveau consulté lorsque des observations ont été présentées au cours de
l'enquête.
Cet arrêté, approuvé par le ministre de l'intérieur, est publié au Bulletin officiel et au siège de
l'autorité locale et vaut déclaration d'utilité publique des travaux et opérations publiques nécessaires à
la réalisation du plan.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Effets du plan de développement
•Une fois approuvé, le plan de développement produit des effets à l’égard des administrations et des
tiers semblables à ceux du plan d’aménagement.
•Le plan vaut, dès son approbation, déclaration d’utilité publique des travaux et opérations nécessaires
à sa réalisation.
•Les administrations doivent alors réaliser les équipements publics, aménager les espaces verts et la
voirie prévus par le plan dans un délai de 10 ans, sous peine de perdre, au-delà de ce délai, le privilège
de l’effet déclaratif d’utilité publique qu’offre le plan de développement.
•Quant aux particuliers, toute opération de construire est préalablement soumise à autorisation et doit
se réaliser conformément au plan de développement.
Toutefois, les servitudes instituées par l'article 2 dans ses paragraphes 1° (les zones réservées à l'habitat
des agriculteurs comportant l'installation de bâtiments d'exploitation agricole), 2° (les zones réservées
à l'habitat de type non agricole, au commerce, à l'artisanat et à l'industrie) et 3° (les zones non
aedificandi ) ont effet sans limitation de durée, sauf modifications du plan auxquelles il est procédé
dans les formes prescrites à l'article 3 ci-dessus.
Prorogation du plan de développement: Le plan peut être prorogé pour une période d'égale durée (10
ans), après une enquête d'un mois effectuée dans les conditions précédemment rappelées .
109
2.2-La planification urbaine prescriptive
Pour les rédacteurs du dahir de 1914, il ne suffit pas que l’administration puisse réaliser par voie
d’arrêté d’alignement des modifications partielles de la voirie d’une ville.
« Il est essentiel qu’elle puisse accomplir des mesures d’ensemble, à longue portée, et, dans ce but,
poursuivre l’exécution méthodique, non seulement d’un plan d’aménagement de la ville actuelle,
adaptant dans la mesure du possible le réseau des voies existantes aux nécessités de l’hygiène
publique, aux commodités de la circulation, aux exigences de l’esthétique, mais aussi d’un plan
d’extension , ou plan anticipé de la ville future, permettant de devancer, en quelque sorte, son
développement et de l’ordonner par avance », peut-on lire dans l’exposé des motif du dahir de 1914.
Ce texte réagit ainsi à ce que son exposé des motifs appelle la « servitude de ruine », désignant par-là
la servitude d’alignement pratiquée à l’époque en France.
Celle-ci revêtait, en effet, en droit français un caractère de perpétuité, jugé « en contradiction avec les
règles d’hygiène et les exigences de l’esthétique et considéré comme incompatible avec les nécessités
de développement rapide des villes du Maroc » .
C’est la raison invoquée pour instituer une servitude d’alignement, s’inspirant du droit suisse, limité à
une durée de vingt ans renouvelable en cas de besoin.
CONTRIBUTION DES RIVERAINS A LA VOIRIE
G-Les arrêtés d’alignement
L’alignement
L’alignement peut être défini comme la délimitation par l’administration de la voirie publique
au droit des propriétés riveraines.
L’alignement permet de fixer les limites du domaine public artificiel constitué par les routes,
rues et places publiques.
L’alignement est introduit pour la première fois au Maroc par le dahir de 1914, qui institue deux
types d’alignement :
• un alignement partiel : Le premier vise une modification partielle de la voirie sous forme
d’élargissement ou de redressement d’une voie existante ainsi que l’ouverture d’une nouvelle
voie; dans ce cas, l’alignement est fixé par voie d’arrêté d’alignement, régi par le titre 1 dudit
dahir.
• un alignement d’ensemble: il s’agit d’un plan général d’alignement appelé aussi plan
d’aménagement et d’extension, « fixant la largeur, la direction et le profil des voies existantes et
des voies nouvelles, l’emplacement, l’étendue et la disposition des jardins ou parcs, réserves
boisées et espaces libres à créer, les servitudes à établir dans l’intérêt de la sécurité publique,
de l’hygiène, de la circulation ou de l’esthétique »,comme le prévoit l’article 6 du dahir de 1914.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Dans le régime de 1914, dès qu’un alignement ou un ensemble d’alignement formant plan
d’aménagement a été approuvé et rendu public, les propriétés que le plan englobe sont figées
dans leur état actuel pour une durée de vingt ans, délai au cours duquel l’administration est tenue,
pour réaliser son plan, d’exproprier terrains et maisons, d’après leur valeur au jour de la
déclaration d’utilité publique.
Force est de constater aussi que le régime des alignements, défini par le dahir de 1914, demeure
valable dans ses grandes lignes, bien qu’il ait subi certains aménagements suite au dahir de 1952
et à la loi 12-92 sur l’urbanisme.
Cette dernière maintient, en effet, le distinguo entre les alignements partiels pris par voie
d’arrêtés d’alignement et les alignements d’ensemble dans le cadre d’un plan d’aménagement.
Les alignements d’ensemble dans le cadre d’un plan d’aménagement : Le plan d’aménagement
permet à l’administration de fixer les limites de la voirie et de déclarer celle-ci d’utilité publique,
dispensant ainsi du recours à l’arrêté d’alignement.
Autrement dit, en cas de présence d’un plan d’aménagement approuvé, il n’y a pas lieu de prendre
un arrêté d’alignement, mais plutôt un arrêté de cessibilité conformément à la procédure fixée par
la loi 7/81 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique et à l’occupation temporaire.
L’arrêté de cessibilité intervient dans le délai de 10 ans fixé par la loi 12-90 relative à l’urbanisme
comme durée de validité de la voirie prévue par un plan d’aménagement.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Pour les rédacteurs du dahir de 1914, il ne suffit pas que l’administration puisse réaliser par voie d’arrêté
d’alignement des modifications partielles de la voirie d’une ville.
« Il est essentiel qu’elle puisse accomplir des mesures d’ensemble, à longue portée, et, dans ce but,
poursuivre l’exécution méthodique, non seulement d’un plan d’aménagement de la ville actuelle, adaptant
dans la mesure du possible le réseau des voies existantes aux nécessités de l’hygiène publique, aux
commodités de la circulation, aux exigences de l’esthétique, mais aussi d’un plan d’extension , ou plan
anticipé de la ville future, permettant de devancer, en quelque sorte, son développement et de l’ordonner
par avance », peut-on lire dans l’exposé des motif du dahir de 1914.
Ce texte réagit ainsi à ce que son exposé des motifs appelle la « servitude de ruine », désignant par-là la
servitude d’alignement pratiquée à l’époque en France.
Celle-ci revêtait, en effet, en droit français un caractère de perpétuité, jugé « en contradiction avec les
règles d’hygiène et les exigences de l’esthétique et considéré comme incompatible avec les nécessités de
développement rapide des villes du Maroc » .
C’est la raison invoquée pour instituer une servitude d’alignement, s’inspirant du droit suisse, limité à une
durée de vingt ans renouvelable en cas de besoin.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Les arrêtés d'alignement
Les présidents des conseils communaux peuvent décider de la création des voies, places et parking ou
la modification de leur tracé ou leur largeur ou encore leur suppression, totale ou partielle, par des
arrêtés d’alignement.
Ils sont assortis d'un plan indiquant les limites de ladite voirie.
Ces arrêtés peuvent également valoir actes de cessibilité des terrains nécessaires à la réalisation des
opérations qu'ils fixent.
A cette fin ils désignent les propriétés frappées de cessibilité en mentionnant leur consistance, leur
superficie et le nom des propriétaires présumés.
Ces arrêtés sont pris après avis de l'agence urbaine, ils doivent recueillir les visas prévus par la
réglementation en vigueur, préalablement à l'ouverture d'une enquête publique lorsqu’il s’agit d’arrêté
emportant cessibilité.
La durée de cette enquête est fixée à 1 mois pour les arrêtés d'alignement et à 2 mois pour les arrêtés
d'alignement portant cessibilité.
Les arrêtés pris valent déclaration d'utilité publique pendant une durée de 10 ans.
Cette durée est ramenée à 2 ans pour les arrêtés portant cessibilité.
114
2.2-La planification urbaine prescriptive
Initiative :
• La loi n°12-90 reconnaît au président du conseil communal, après délibération de celui-ci, le droit
de décider par arrêtés la création des voies communales, de places et parkings communaux ou de
procéder à la modification de leur tracé ou leur suppression totale ou partielle. Ces arrêtés sont
assortis d’un plan indiquant les limites de cette voirie (article 32) ;
• Un arrêté d’alignement est généralement pris à l’initiative du président du conseil communal
concerné. Toutefois, l’agence urbaine peut demander l’élaboration d’un arrêté s’il entre dans le
cadre de la mise en œuvre d’un document d’urbanisme ou s’il est nécessaire pour la
restructuration d’un quartier d’habitat insalubre exigeant l’ouverture d’une ou plusieurs voies.
Avis des administrations concernées
• Les arrêtés d’alignement et ceux emportant cessibilité doivent être soumis, préalablement, à
l’autorité gouvernementale chargé de l’urbanisme, pour avis conforme aux fins de vérification de la
compatibilité du projet du plan d’alignement avec les dispositions des documents d’urbanisme en
vigueur (art. 33, alinéa 1 de la loi 12-90).
• En plus des visas prévus par la réglementation en vigueur, les arrêtés d’alignement et ceux
emportant cessibilité doivent également obtenir l’avis du:
– Ministère de l’Equipement lorsque l’arrêté d’alignement concerne un immeuble qui fait partie
ou qui est riverain du domaine public de l’Etat ;
– Ministère de la Culture lorsque l’arrêté d’alignement apporte des modifications aux servitudes
instituées par un texte de classement d’un site ou d’un monument historique (art. 31 du
décret d’application de la loi n°22-80 relative à la conservation des monuments historiques et
des sites).
2.2-La planification urbaine prescriptive
Pendant toute la durée de l'enquête et jusqu'à la publication de l'arrêté au "Bulletin officiel ", aucune
autorisation de construire ne sera accordée sur les terrains frappés d'alignement ou d'alignement et
de cessibilité. Cette interdiction ne peut dépasser une durée de 6 mois.
Les arrêtés pris valent déclaration d'utilité publique pendant une durée de 10 ans.
Cette durée est ramenée à 2 ans pour les arrêtés emportant cessibilité.
A dater de la publication d'un arrêté d'alignement ou d'un arrêté d'alignement emportant cessibilité,
aucune construction nouvelle ne peut être élevée, aucun abaissement ni exhaussement du sol de
nature à modifier l'état des lieux ne peuvent être effectués sur les terrains englobés dans la voirie
publique en vertu du plan prévu à l'article 32 ci-dessus et il ne peut être fait aux constructions
existantes sur les mêmes terrains que les réparations d'entretien autorisées par le président du conseil
communal selon les formes et les conditions prescrites par la loi.
Toutefois, les terrains frappés uniquement d'alignement peuvent recevoir à titre provisoire une
destination autre que celle prévue par l'arrêté d'alignement après autorisation du président du conseil
communal.
Cette autorisation n'est délivrée que si l'affectation provisoire ne compromet pas la réalisation de
l'équipement prévu par le plan.
Dans tous les cas, le propriétaire a l’obligation de remettre les lieux en état au moment de la
réalisation dudit équipement.
2.2-La planification urbaine prescriptive
Elle est effectuée dans les mêmes formes qui ont présidé à leur établissement.
La durée de validité de tout arrêté portant modification d'un arrêté d'alignement ou d'un arrête
d'alignement emportant cessibilité est celle de l'arrêté objet de ladite modification.
Dans les agglomérations rurales (visées à l'article 1er du dahir de 1960), des arrêtés de caïds peuvent
décider l'élargissement, le redressement ou le déclassement total ou partiel des voies et places
publiques existantes ou prescrire l'ouverture de voies ou places publiques nouvelles.(Article 6 du dahir
de 1960)
CONTRIBUTION DES RIVERAINS A LA VOIRIE
Contribution gratuite et solidaire des riverains à la réalisation d’une voie communale projetée en respect de la
règle du quart, c-à-d que la valeur de contribution ne doit pas dépasser 25% de la parcelle.
Article 37: La commune procède soit à l'amiable, soit par voie d'expropriation à l'acquisition des immeubles
tombant dans les emprises de la voirie communale en faisant application des règles particulières suivantes :
• le propriétaire de toute parcelle devenant ou demeurant riveraine de la voirie communale projetée, est tenu
de contribuer gratuitement à la création de cette voirie jusqu'à concurrence de la valeur d'une portion de son
terrain équivalente à un rectangle d'une largeur de dix mètres et d'une longueur égale à la longueur de
façade dont disposera la parcelle sur ladite voirie. Cette contribution ne saurait toutefois dépasser la valeur
du quart de la parcelle ;
• sur la demande du propriétaire, toute portion de terrain laissée hors des emprises de la voirie communale,
mais devenant inconstructible au regard des règlements en vigueur, est obligatoirement acquise par la
commune ;
• le propriétaire de chaque parcelle est en conséquence, après prélèvement sur la parcelle des emprises de la
voirie et en outre, s'il y a lieu, des portions inconstructibles, soit créancier, soit redevable d'une indemnité
différentielle, selon que la valeur des surfaces prélevées sera supérieure ou inférieure à la contribution ci-
dessus définie qui lui est imposée.
Article 38: L'indemnité due aux riverains en vertu de l'article 37 ci-dessus est fixée conformément aux
dispositions de la loi précitée n° 7-81 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique et sur l'occupation
temporaire, en tenant compte des limites qu'avait l'immeuble au moment de l'ouverture de l'enquête préalable
à l'acte déclaratif d'utilité publique.
En aucun cas , il ne sera tenu compte pour la fixation de l'indemnité des dépenses afférentes aux travaux qui
auraient pu être autorisés en application des dispositions du troisième alinéa de l'article 34 ci-dessus.
Le recouvrement des sommes dues par les propriétaires est poursuivi comme en matière d'impôts directs, l'état
de recouvrement est établi par l'ordonnateur concerné..
CONTRIBUTION DES RIVERAINS A LA VOIRIE
VRD
C’est l’ensemble des installations permettant le raccordement d’un lotissement ou une construction au réseau de la
ville.
Les travaux VRD portent sur les travaux relatifs à:
• la réalisation et à l'aménagement des voies d'accès et de circulation;
• la réalisation d'adduction, de canalisations et d'évacuations des eaux, reliant la construction au réseau
communal.
La viabilisation: les travaux VRD permettent d’assurer la viabilité des terrains sur lesquels doivent être édifiés les
constructions . Ces travaux commencent depuis la mise en forme du terrain jusqu’au raccordement des
constructions au réseau urbain ,
CONTRIBUTION DES RIVERAINS A LA VOIRIE
La voirie
A- Les voies de communication
(Décret n°2-83 du 1er février 1990 relatif aux voies de communication)
• Les routes nationales relient les principaux centres du pays et donnent accès aux pays voisins.
• Les routes régionales relient les centres de moyenne importance au réseau national et le complètent en reliant entre
elles les différentes mailles du réseau.
• Les routes provinciales relient les petits centres aux réseaux national et régional.
• La voie communale
C- L'emprise de la voie
C’est la surface totale du terrain affectée à la voie publique ainsi qu’à ses dépendances.
CONTRIBUTION DES RIVERAINS A LA VOIRIE
La voirie
A- La voirie communale
• Des immeubles tombant dans les emprises de la voirie communale/ toute parcelle devenant ou demeurant
riveraine de la voirie communale projetée;
• Un élément social: la participation citoyenne à la réalisation de la voie (conciliation entre l’intérêt privé et l’intérêt
général);
• Une contribution gratuite . Elle ne l’est plus si la commune procède à la réalisation de la voie en faisant fi du
formalisme juridique. On se trouverait alors devant une voie de fait et le propriétaire a droit à indemnisation.
• Toute portion de terrain laissée hors des emprises de la voirie communale, mais devenant inconstructible au
regard des règlements en vigueur, est obligatoirement acquise par la commune. Cela signifie aussi que la parcelle se
trouvant totalement comprise dans l’emprise de la voie, elle devient inconstructible et son propriétaire doit être
indemnisé pour l’intégralité de la parcelle dont il est dépossédé . Dans ce cas, il n’est ni riverain ni associé à la
réalisation d’une voie dont il ne tire aucun bénéfice.
CONTRIBUTION DES RIVERAINS A LA VOIRIE
D: le propriétaire contribue avec 5 m au lieu de 10 m, il est débiteur envers la commune: il doit lui payer la valeur des 5
m supplémentaires à multiplier avec la largeur de la parcelle (5 m X 10 m = 50 m²) soit 30 m² x…….. Dh);
Ex3:
E: le propriétaire de la parcelle E contribue avec les 10 m nécessaires. A supposer que la superficie de son terrain est de
280 m² et la contribution de 100 m² :
280/4=70 m, 100-70=30
Alors la commune doit lui verser la valeur des 30 m² (30 m² x….. Dh)
Si pour construire, le propriétaire de cette parcelle doit disposer d’un minimum parcellaire de 120 m² alors son terrain
après contribution à la voirie est de seulement 60 m² et donc inconstructible, il doit, dans ce cas, demander
expressément à la commune, dans le délai de l’enquête publique de l’acte de cessibilité, d’acquérir la totalité de la
parcelle .
PARTICULARITES DE L’EXPROPRIATION EN DROIT DE L’URBANISME
C-L’arrêté d’alignement
• L’alignement
• Enquête publique: 1 mois
• Durée de validité: 2 ans
• Les effets:Art.33 L 12/90 : de l’enquête publique à la publication de l’AA
PARTICULARITES DE L’EXPROPRIATION EN DROIT DE L’URBANISME
[Link] phase postérieure à l’approbation
A- Le Plan d’aménagement
• Approbation par Décret
• Publication au B.O
• Art.27: opposabilité du PA à la clôture de l’enquête publique
• Les effets:Art.28 L 12/90 :DUP/Durée de validité: 10 ans
• L’utilisation:
• avant les 10 ans: à titre dérogatoire, les terrains peuvent recevoir provisoirement une
destination autre que celle prévue par le plan , après autorisation de la commune et à la
condition que l’affectation provisoire ne compromet pas la réalisation de l’équipement et de
la remise des lieux en état au moment de la réalisation de l’équipement.
• Après l’expiration du délai de 10 ans: Art. 28: « Les effets de la déclaration d'utilité publique
cessent à l'expiration d'un délai de 10 ans à compter de la date de publication au " Bulletin
officiel " du texte d'approbation du plan d'aménagement et aucune nouvelle déclaration
d'utilité publique poursuivant le même objet ne peut intervenir sur les zones réservées
auxdits équipements avant un délai de 10 ans. Lorsque les propriétaires reprennent la
disposition de leurs terrains à la cessation des effets de la déclaration d'utilité publique,
l'utilisation desdits terrains doit alors être conforme à l'affectation de la zone dans laquelle ils
sont situés ».
PARTICULARITES DE L’EXPROPRIATION EN DROIT DE L’URBANISME
B- Le Plan de développement
• Approbation du plan par Arrêté du gouverneur après accord du ministre de l’intérieur
• Publication de l’arrêté du gouverneur au B.O
• Art.3 du dah/1960 : l’arrêté vaut DUP des travaux et opérations publiques d’intérêt général nécessaires à la
réalisation du plan .
• Durée de validité: 10 ans renouvelable pour une durée équivalente de 10 ans après une enquête d’un mois
• Art.4: Le zonage et les servitudes restent en vigueur sans limitation de durée sauf si le plan fait l’objet de
modifications réalisées dans les conditions de son établissement.
• Art.5: Le zonage et les servitudes ne donne droit à aucune indemnisation.
• Les effets : Art. 7 Dah/1960 :Interdiction de construire sans autorisation .
C- L’arrêté d’alignement
• Les alignements prévus par le PA et le PD sont régis par la loi 12/90 telle qu’elle a été modifiée par la loi 66/12
du 25/8/2016.
• Les arrêtés d’alignement emportant cessibilité: Art.32
• Durée de validité: 2 ans
• Interdictions prévues par l’art.33:pendant toute la durée de l’enquête publique et jusqu’à la publication
de l’arrêté au BO, aucune construction ne peut être autorisée pendant une durée de 6 mois.
• Interdictions prévues par l’art.34:
• à compter de la date de publication de l’arrêté, il est interdit de procéder de construire ou
d’abaisser ou rehausser le sol de nature à modifier l’état des lieux, sauf réparation d’entretien des
constructions existantes après autorisation du président du conseil communal.
• Les terrains frappés uniquement d’alignement peuvent recevoir à titre provisoire une destination
autre que celle prévue par l’arrêté d’alignement dans les mêmes conditions prévues par l’article 28
pour les équipements publics.
PARTICULARITES DE L’EXPROPRIATION EN DROIT DE L’URBANISME
II-La cessibilité
Il s’agit de l’une des innovations du dahir 30 juillet 1952 par rapport à la législation antérieure. Dans son exposé des
motifs, ce texte précise que « deux mesures nouvelles garantiront mieux que par le passé les droits des particuliers;
les plans d’aménagement , comme les arrêtés d’alignement ne seront déclaratifs de cessibilité que s’ils désignent les
immeubles atteints en mentionnant leur superficie, leurs limites et les noms des propriétaires présumés , alors que
dans la législation actuelle ils valent dans tous les cas et à défaut même de ces précisions, déclaration d’utilité
publique et arrêté de cessibilité ».
C’est ce qui ramené le législateur à introduire le plan d’aménagement valant cessibilité et l’arrêté d’alignement
emportant cessibilité.
• L’arrêté d’alignement désigne les propriétés foncières frappées de cessibilité .Art. 32 : « Des arrêtés des
présidents des conseils communaux après délibération desdits conseils peuvent décider des voies
communales, places et parkings publics communaux, la modification de leur tracé ou de leur largeur ou
leur suppression totale ou partielle. Ils sont assortis d'un plan indiquant de ladite voirie. Ces arrêtés
peuvent également valoir actes de cessibilité des terrains nécessaires à la réalisation des opérations qu'ils
fixent. A cette fin ils désignent les propriétés frappées de cessibilité en mentionnant leur consistance, leur
superficie et le nom des propriétaires présumés ».
• Enquête publique: 2 mois
• Publication au BO : DUP
• Durée de validité: 2 ans à compter de la date de publication
• Interdictions prévues par l’art.33: pendant toute la durée de l’enquête publique et jusqu’à la publication
de l’arrêté au BO, aucune construction ne peut être autorisée pendant une durée de 6 mois.
• Interdictions prévues par l’art.34:
• à compter de la date de publication de l’arrêté, il est interdit de procéder de construire ou d’abaisser
ou rehausser le sol de nature à modifier l’état des lieux, sauf réparation d’entretien des constructions
existantes après autorisation du président du conseil communal.
• Toutefois, les terrains frappés uniquement d’alignement- c-à-d sans cessibilité, peuvent recevoir
à titre provisoire une destination autre que celle prévue par l’arrêté d’alignement dans les mêmes
conditions prévues par l’article 28 pour les équipements publics.
• La valeur de l’indemnité de l’expropriation sera déterminée à la date de publication de l’AAEC par
dérogation au principe de la fixation de l’indemnité à la date de la DUP,
LES AUTORISATIONS ET LES PERMIS D’URBANISME
133
III- LES AUTORISATIONS ET LES PERMIS EN MATIÈRE D’URBANISME
A- Le lotissement
Texte de base
•Loi 25-90 relative aux lotissements, groupes d’habitations et morcellements promulguée
par le dahir n°1-92-7 du 17 juin 1992 et son décret d’application.
Définition: Le lotissement est toute division par vente, location partage d'une propriété
foncière en deux ou plusieurs lots destinés à la construction d'immeubles à usage d'habitation,
ou à usage industriel ou touristique, ou encore commercial ou artisanal.
La loi 25-90 innove par rapport aux textes antérieurs, notamment le dahir du 30 Septembre 1953
relatif aux lotissements et morcellements, en prenant en considération le critère de partage
considéré comme une division de la propriété foncière, tout en abandonnant celui de superficie
des lots et en étendant la destination des lots aux usages artisanal et touristique.
Cette opération est soumis à une obligation d’obtenir une autorisation de lotir.
136
Le lotissement et le groupe d’habitations
La demande
C’est l’acte qui enclenche le processus de l’autorisation de lotir, au moment du dépôt par le
pétitionnaire d’une demande d’autorisation de lotir auprès de l’autorité communale compétente.
Le pétitionnaire
La loi 25-90 est muette sur la qualité du demandeur de l’autorisation de lotir. Une situation à laquelle
les circulaires ministérielles ont tenté de faire face, en exigeant à ce que le demandeur de
l’autorisation de lotir soit le propriétaire lui-même ou son mandataire.
Le Règlement général de construction (RGC) abandonne cette conduite en allant dans le sens de loi
sans pour autant prendre une position tranchée et claire à cet égard. Le RGC n’évoque d’ailleurs la
qualité du demandeur qu’au moment où, définissant le modèle de la demande, il précise que le
maître d’ouvrage doit mentionner sa qualité soit de propriétaire, locataire ou gérant de la société
présentant la demande.
Mais dans aucun texte législatif ou réglementaire, il n’est expressément dit que le demandeur doit
être propriétaire.
Le juge administratif a pris position à ce propos estimant que le demandeur doit nécessairement être
propriétaire même si le terrain à lotir est cours d’immatriculation. C’est notamment le cas de l’affaire
directeur des Domaines de l’Etat contre le président du conseil municipal de Larache.
Le lotissement et le groupe d’habitations
L’autorité compétente
•le président du conseil communal concerné, lorsque le lotissement relève d’une même
commune;
•le ministre de l‘Intérieur ou sur délégation par le wali ou gouverneur concerné quand le
lotissement relève de plus d'une commune, le projet est à cheval de deux communes
appartenant à la même préfecture ou province ou de deux communes situées dans deux
préfectures ou provinces.
138
Le lotissement et le groupe d’habitations
La décision expresse
• l’autorisation retardée: le sursis à statuer
•Lorsque l'affectation des terrains n'est pas définie par un PZ ou un PA, l'autorité compétente
peut soit surseoir à statuer sur les demandes d'autorisation de lotir soit délivrer l'autorisation
de lotir si le lotissement projeté est compatible avec le SDAU ou à défaut avec la vocation de fait
du secteur concerné. Cela concerne surtout les projets situés dans les périmètres des
communes urbaines, des centres délimités et des zones à vocation spécifique.
•En dehors de ces périmètres, l'autorité compétente peut délivrer l'autorisation de lotir, si le
lotissement est réservé à des constructions destinées à l'habitat dispersé, aux activités
touristiques ou agricoles à condition que chaque lot ait une surface minimale d'un hectare.
139
Le lotissement et le groupe d’habitations
La décision expresse
La décision positive
L’autorisation est octroyée lorsque le lotissement projeté est reconnu satisfaire aux
dispositions législatives et réglementaires en vigueur notamment aux dispositions
des s de zonages et des plans d'aménagement.
La décision négative
• la demande est irrecevable si :
•le terrain n'est pas immatriculé ou en cours d'immatriculation, dans ce cas (en cours
d'immatriculation) pour que la demande soit acceptée, le délai fixé pour le dépôt des
oppositions doit être expiré sans formulation d'opposition ;
• l’autorisation est refusée si le lotissement n'est pas raccordé aux réseaux V.R.D sauf, dans
deux cas prévus par l’article 20 de la loi 25-90: si ces réseaux n'existent pas ou que l'exécution
des travaux de raccordement ne se justifie pas par la destination ou la situation du lotissement .
Le refus doit être motivé.
140
Le lotissement et le groupe d’habitations
La décision tacite
• Lorsque l'affectation des terrains est définie par un PZ ou un PA, le silence de l'administration vaut
autorisation de lotir après 3 mois de la date de dépôt de la demande.
•Le cours de ce délai est interrompu par toute demande de modification formée par l’administration .
• En cas de silence, le demandeur doit aviser par lettre recommandée avec accusé de réception
l'autorité dépositaire de sa demande, du commencement des travaux.
•Le lotissement à réaliser dans ces conditions doit satisfaire aux réglementations en vigueur
notamment aux dispositions des plans de zonage et des plans d'aménagement.
La péremption de l’autorisation
•L'autorisation de lotir expresse ou tacite est périmée si le lotisseur n'a pas réalisé les travaux
d'équipements à l'expiration d'un délai de 3 ans à partir de la date de délivrance de l'autorisation ou
de celle de 3 mois de silence de l’administration.
141
Le lotissement et le groupe d’habitations
Les délais maximums pour le traitement des actes administratifs
La loi 55.19 relative à la simplification des procédures administratives a fixé des délais maximums de :
•30 jours pour le traitement des dossiers d’actes administratifs nécessaires pour la réalisation des
projets d’investissement;
•60 jours pour les autres actes administratifs.
La loi donne la possibilité de proroger une seule fois ledit délai lorsque le traitement de la demande de
l’usager nécessite une expertise technique ou une enquête publique, la liste des actes concernée par
cette disposition sera fixée par un texte réglementaire.
Le silence vaut accord
La loi considère que le silence gardé par l’administration à l’expiration des délais prévus, sur une demande
de l’usager, vaut décision d’acceptation, et dans ce cas, le responsable hiérarchique de l’administration,
est tenu, à la demande de l’usager concerné, de lui délivrer l’acte administratif objet de la demande dans
un délai maximum de 7 jours à compter de la date du dépôt de la demande.
Le droit de recours
La loi accorde aux usagers un droit de recours, en cas de silence de l’administration dans les délais
impartis ou de réponse défavorable de celle-ci. Dans ce cas, l’usager peut introduire son recours devant
le responsable hiérarchique de l’administration, dans un délai maximum de 30 jours à compter de
l’expiration des délais fixés pour la délivrance de l’acte ou de la date de réception de la réponse
défavorable.
142
Le lotissement et le groupe d’habitations
Article 7 de la loi 55-19:
« Nonobstant toutes dispositions législatives ou réglementaires contraires, les administrations sont
tenues, lors de la formalisation et de la transcription des actes administratifs, d’observer les règles
suivantes :
1. ne pas demander à l’usager plus d’un exemplaire du dossier de la demande relative à l’acte
administratif et des documents et pièces constitutifs dudit dossier ;
2. ne pas demander à l’usager la légalisation de la signature sur les documents et pièces
constitutifs du dossier de la demande ;
3. ne pas demander à l’usager de fournir des documents et des pièces administratifs dont
l’accès est ouvert au public et qui ne le concernent pas personnellement ;
4. ne pas demander à l’usager de fournir des copies conformes aux documents et pièces
constitutifs du dossier de la demande
Toutefois, l’administration peut en cas de doute dans l’authenticité des copies produites, demander
à l’usager, une seule fois, par tous moyens de communication appropriés, en motivant sa demande,
de présenter les originaux des documents et pièces concernés ou des copies conformes aux
originaux pour les consulter et ce lors du dépôt du dossier ou au plus tard au cours de la première
moitié du délai fixé pour l’instruction de la demande.
Dans ce cas, le délai fixé pour l’instruction de la demande est suspendu jusqu’à la présentation des
documents et pièces requis .»
Le lotissement et le groupe d’habitations
Les obligations et droits du lotisseur
Dès l'obtention de l'autorisation de lotir, le lotisseur doit déposer un exemplaire du dossier objet de
ladite autorisation à la conservation foncière (Art.12 L).
Le lotisseur doit recourir à :
• un architecte pour la conception urbanistique du projet de lotissement et pour l'établissement des
documents relevant de la conception architecturale (Art.14 L) ;
• un géomètre pour l'établissement du plan topographique sur la base duquel l’architecte doit
concevoir le projet de lotissement (Art.14 L);
• des ingénieurs spécialisés pour l'établissement des documents techniques (Art.15 L) .
Le lotisseur est tenu de désigner un coordonnateur chargé de veiller à la bonne exécution des travaux
(Art.16 L) .
Le lotisseur doit prévoir les travaux d'équipement d’infrastructure (VRD) et de superstructure ( les
espaces destinés aux équipements collectifs et installations d'intérêt général) énumérés par l’article 18
L.
Le lotisseur qui se substitue à la commune pour la réalisation des réseaux principaux de voirie et
d'assainissement peut sur la base d'un accord avec la commune, percevoir des propriétaires de terrains
bénéficiant de ces nouveaux réseaux une indemnité recouvrée par la commune auprès des propriétaires
et reversée au lotisseur à concurrence du montant des travaux effectués à la place de la commune.
144
Le lotissement et le groupe d’habitations
Le lotisseur doit obligatoirement déclarer l'achèvement des travaux d'équipement prévus par le projet
de lotissement.
La réception provisoire se fait alors dans les 45 jours suivant la déclaration d'achèvement des travaux.
Un an après la date de l'établissement du procès-verbal de réception provisoire des travaux
d'équipement, il est procédé à la réception définitive. Cette réception définitive a pour objet de
déterminer si la voirie et les réseaux divers ne présentent aucune malfaçon.
Elle donne lieu à la délivrance par le président du conseil communal d'un certificat attestant que les
V.R.D sont en état.
Les servitudes imposées au lotisseur par l’administration ouvrent droit à indemnité à partir d'une
certaine superficie et selon la taille du lotissement (Art. 31 L).
• Le lotisseur est tenu de borner les différents lots et de requérir auprès de la conservation foncière la
création d'un titre foncier par lot.
• Le lotisseur peut recevoir une autorisation de construire avant l'achèvement des travaux
d'équipement s'il réalise les constructions lui-même.
• Le lotisseur est tenu d'établir, pour les parties communes du lotissement, un règlement de
copropriété.
145
Le lotissement et le groupe d’habitations
Dispositions spéciales applicables aux lotissements réalisés par tranches
Le lotisseur peut être autorisé à réaliser l'équipement du lotissement par tranches successives en
fournissant un dossier comprenant, en plus des pièces demandées (par l'article 4) :
• Un programme d'échelonnement des travaux assortis de leur estimation et désignant les lots
pour lesquels l'autorisation de vente ou de location sera demandé ;
• Une déclaration légalisée fournissant les renseignements sur les modalités de financement des
tranches successives des travaux et sur les garanties pour assurer ledit financement (caution
personnelle, caution bancaire, et nantissement).
La garantie doit couvrir le montant prévisible du coût des travaux d'équipement non réalisés au
moment de la vente des premiers lots. Si les travaux n'ont pas été exécutés dans les délais, la commune
se servira de la garantie pour achever les travaux.
La réception provisoire des travaux est opérée à l'achèvement de chaque tranche. Le PV de réception
provisoire est alors accompagné d'une attestation du président du conseil communal désignant les lots
dont la vente ou location peut être effectuée.
146
Le lotissement et le groupe d’habitations
La commission de réception des travaux
Article 16 du décret d'application de la loi n° 25.90
Lorsque le lotissement est situé dans deux ou plusieurs communes, la commission comprend:
• le représentant de chacun des conseils communaux intéressés ainsi que l'architecte et l'ingénieur
préfectoraux ou provinciaux ;
• le cas échéant, l'architecte et l'ingénieur en fonction dans chacune de ces communes. Dans ce
cas, la présidence de la commission de réception des travaux est assurée par le représentant de
l'autorité administrative ayant délivré l'autorisation de lotir.
147
Le lotissement irrégulier
Le lotissement irrégulier
Texte de base
•Articles 49 à 55 de la loi 25-90 relative aux lotissements, groupes d’habitations et morcellements
promulguée par le dahir n°1-92-7 du 17 juin 1992 et 18 et 19 de son décret d’application.
Définition
Est considéré comme lotissement irrégulier tout lotissement réalisé sans l'obtention de l'autorisation
administrative préalable ou, qui bien qu'autorisé, n'a pas été exécuté conformément aux dispositions
des documents qui ont fait l'objet de l'autorisation, en ce sens que les travaux n'ont pas été réalisés en
tout ou en partie ou l'ont été d'une manière différente de celle projetée et autorisée. (Art. 49 L).
Cette définition apporte des restrictions à la notion de lotissement irrégulier et tranche nettement avec
celle qui avait cours sous le régime du dahir du 30 septembre [Link] législateur se propose ainsi de
guider les collectivités publiques dans leur action dans le domaine de la restructuration de l'habitat non
réglementaire, en leur permettant par là même de faire respecter partout les prescriptions légales et de
veiller à l'harmonie urbaine.
2-Restructuration des lotissements irréguliers
Il s’agit de l’opération de régularisation de la situation d’un lotissement ou un groupe d’habitation ne
remplissant pas les conditions d’un lotissement ou un groupe d’habitation régulièrement autorisés,
notamment au niveau des équipements de viabilité. Il ne s’agit pas d’une régularisation foncière ou
juridique, mais, peut-on dire, réelle et technique, dans la mesure où elle porte sur les travaux
d’équipement. En dehors de ce cas, la restructuration fait intervenir les pouvoirs publics, le lotisseur
148
irrégulier ainsi que les acquéreurs de lots dans le lotissement à restructurer.
Le lotissement et le groupe d’habitations
B- Le groupe d’habitations
Texte de base
•Articles 56 et 57 de la loi 25-90 relative aux lotissements, groupes d’habitations et morcellements
promulguée par le dahir n°1-92-7 du 17 juin 1992 et son décret d’application.
Définition
(Art,56 L)
Texte de base
•Article 58 à 62 de la loi 25-90 relative aux lotissements, groupes d’habitations et
morcellements promulguée par le dahir n°1-92-7 du 17 juin 1992 et son décret
d’application.
Définition
Dans les communes urbaines et toute autre partie du territoire couverte par un document
d'urbanisme approuvé tel que le SDAU et le plan de développement , est soumise à autorisation
préalable de morcellement :
•Toute opération de vente ou de partage ayant pour objet ou effet la division d'une propriété
foncière en plus d'un lot non destinés à la construction;
•Toute vente en indivision d'une propriété foncière qui aurait pour effet d'attribuer à l'un au
moins des acquéreurs des droits de copropriétés dont la superficie serait inférieure à la
superficie prévue par les documents d'urbanisme (2500 m par défaut).
150
Le permis de construire
• Définition
Le permis de construire peut se définir comme l’autorisation délivrée
par l’administration à une personne physique ou morale manifestant la
volonté d’entreprendre un projet de construction, de reconstruction ou
de modification d’une construction réalisée ou en cours de réalisation.
C’est le moyen par lequel l’administration s’assure de la conformité dudit
projet à la réglementation d’urbanisme en vigueur.
151
Le permis de construire
La loi 12/90 est muette sur les personnes soumises à l’autorisation de construire. Ce silence ne saurait
s’interpréter comme une négligence du législateur si l’on tient compte de la philosophie générale qui
sous-tend cette loi. Celle-ci se préoccupe davantage de l’acte, c’est-à-dire de la construction, que de
l’identité de celui qui construit. A aucun moment ni dans cette loi, ni d’ailleurs dans celle 25-90, le
législateur n’évoque le demandeur ni n’en précise la qualité.
Il n’est pas dit non plus, de manière expresse, qu’il doit être propriétaire.
Ce sont les différentes circulaires émanant du ministère de l’intérieur dans les années 1980 qui ont exigé
à ce que le demandeur dans le cas de l’autorisation de construire ou de lotir, d’être le propriétaire du
terrain objet du projet ou le mandataire de ce dernier ou enfin l’expropriant en cas de procédure
d’expropriation pour cause d’utilité publique.
La position du législateur est cohérente dans la mesure où l’autorisation de construire est, comme l’écrit
LABETOUTLE (D), une « procédure de droit administratif intéressant les rapports de la puissance
publique et le constructeur, fait abstraction des règles de pur de droit privé régissant les rapports de
personne privée à personnes privée ».Selon une formule consacrée et employée par les tribunaux, « le
permis n’est délivré que sous réserve des droits des tiers ».Lorsqu’elle délivre une autorisation de
construire, l’autorité compétente ne prend nullement parti dans les rapports de droit privé que le
constructeur peut avoir avec les propriétaires des terrains voisins, ni même sur la portée exacte du titre
de propriété invoqué par lui.
Le permis de construire
Le droit de l’urbanisme tient, de manière générale, à marquer une frontière entre les règles
qu’il édicte-qui relèvent du droit administratif- et les règles du droit privé ; cette démarcation
se ressent bien au niveau du permis de construire.
Par conséquent, le permis de construire s’impose aux personnes physiques comme aux
personnes morales, publiques ou privées. Le règlement général de construction met fin à toute
polémique sur cette question, en précisant, à l’occasion de la définition de la notion de projet,
que celui-ci signifie « tous projets de constructions … entrepris par toute personne physique ou
morale, privée ou publique».
Article 40
(Complété par l’article premier de la loi n° 66-12 promulguée par le dahir n°1-16-124 du 21 Kaada 1437 (25 Août 2016)
relative au contrôle et à la répression des infractions en matière d’urbanisme et de construction (B.O.n°6770 du 18
Avril 2019).
Il est interdit de procéder à aucune construction sans qu'ait été obtenu un permis de
construire :
• dans les périmètres désignés à l'article premier ci-dessus et dans les zones à vocation
spécifique justifiant un aménagement contrôlé, visées au b) de l'article 18 de la présente
loi
«a) Pour tout ou partie d'un des territoires désignés au premier alinéa de l'article premier
ci-dessus. Toutefois un plan d'aménagement ne pourra être établi pour partie d'un groupement
d'urbanisme que si ledit groupement est doté d'un schéma directeur d'aménagement urbain.
b) Pour tout ou partie du territoire d'une ou plusieurs communes rurales, ayant une vocation
spécifique telle que touristique, industrielle ou minière et dont le développement urbain
prévisible justifie un aménagement contrôlé par l'administration; ces zones sont délimitées par
l'administration sur proposition des conseils communaux compétents ou à défaut à la demande du
gouverneur de la préfecture ou de la province concernée » (Art.18 L).
Le permis de construire
Les territoires soumis à l’obligation du permis de construire
Pour l'application des dispositions de la présente loi et des textes pris pour son application, on entend par:
• "Communes urbaines " : les municipalités et centres dotés de la personnalité morale et de l'autonomie
financière dits " centres autonomes " ;
• "Centres délimités": une partie du territoire d'une commune rurale, dont les limites sont fixées par voie
réglementaire ;
• "Zones périphériques des communes urbaines et des centres délimités " : des territoires ruraux
avoisinant ces agglomérations. Les zones périphériques des villes s'étendent sur quinze kilomètres à
compter du périmètre municipal ; celles des centres délimités sont définies dans chaque cas par l'acte
réglementaire qui fixe le périmètre du centre.
• Dans le cas de chevauchement de deux zones périphériques, le décret qui les institue ou à défaut un
décret spécial fixe la limite de chacune d'elles ;
• "Groupement d'urbanisme" : un ensemble territorial comprenant en tout ou en partie une ou plusieurs
communes urbaines ou centres délimités, leur zone périphérique et éventuellement des territoires ruraux
avoisinants en étroite relation économique avec lesdits communes ou centres et dont le développement
rationnel est lié à la réalisation d'un aménagement d'ensemble et/ou à la réalisation d'équipements
communs. Les limites du groupement d'urbanisme sont fixées par voie réglementaire.
Le permis de construire
Les territoires soumis à l’obligation du permis de construire
• à l'extérieur des périmètres visés au paragraphe qui précède et des agglomérations rurales dotées
d'un plan de développement : le long des voies de communication ferroviaires et routières autres
que les communales, sur une profondeur de un kilomètre à compter de l'axe desdites voies, et le
long des limites du domaine public maritime sur une profondeur de cinq kilomètres;
Chambre des appels du tribunal de 1ère instance de Tinghir n°24/2801/2020 du 11/03/2020: Considérant qu’en
se référant à la loi 12/90 relative à l’urbanisme notamment son article 40 qui rend obligatoire l’obtention d’un
permis de construire, nous constatons que cet article n’a pas exclu de cette obligation les périmètres non
couverts par un plan de développement. Par conséquent, l’absence d’un plan de développement n’exclut pas
l’obligation de la demande du permis de construire et, il s’en suit qu’il se confirme que le contrevenant est
accusé d’une infraction de construction sans autorisation.
C’est la lecture adoptée par la circulaire ministérielle MHPV n°21536 en date du 25 décembre 2012 relative à la
simplification des procédures de construction de logement dans le monde rural.
Le Tribunal de 1ère instance de Fès décide d’innocenter une personne mise en cause de réalisation d’une
construction sans autorisation dans une commune (Ain Baida) non dotée d’un plan de développement
.L’élément juridique fait défaut en l’espèce.( Jugement n°2273/2102/16 du 12/05/2016.
• Dans tout le royaume, pour la construction ou l’extension des mosquées ou au culte musulman ou
lorsqu’il s’agit des travaux visés par la loi 22/80 relative à la conservation des monuments
historiques et des sites, des inscriptions, des objets d’art et d’antiquité.
Le permis de construire
Les territoires soumis à l’obligation du permis de construire
Article 42:
En dehors des périmètres visés à l'article 40 ci dessus, le permis de construire peut être rendu
obligatoire pour tout ou partie du Royaume ou pour certaines catégories de constructions
définies par décret qui fixe également les règles et servitudes notamment d'implantation
auxquelles devront satisfaire les constructions dans l'intérêt de la salubrité, de la commodité,
de la circulation, de la sécurité et de l'esthétique.
Le permis de construire
Les travaux soumis à autorisation
La loi ne procède pas à une énumération des travaux soumis à autorisation, ni ceux qui
le sont pas.
Les travaux n’entrant pas dans ces catégories sont assujettis à une « permis de réfection »
un permis de régularisation .Ce dernier peut être délivré au demandeur par le président du
conseil communal après accord de l’agence urbaine concernée, suivant les procédures et
modalités définies par voie réglementaire . On doit noter que le législateur évoque
l’accord de l’agence urbaine et non seulement son avis.
Le permis de construire
La construction : un ensemble de matériaux imbriqués et rattachés de manière stable et
durable au sol en surface ou en sous terre.
La construction est donc supposée être fixée au sol de telle sorte que celles réalisées sans
fondations ou poteaux comme les tentes, les baraques en matériaux légers sont des objets
mobiles.
La construction nouvelle
La construction existante:
• Modification;
• Reconstruction;
• Changement d’affectation,
Le permis de construire
•La demande: Le propriétaire ou une personne ayant l’accord de celui-ci.
•Le dépôt de la demande : Selon l’article 30 du règlement général de construction (RGC), le dépôt
des dossiers de demande d’autorisation est effectué au bureau d’ordre de la commune, contre
accusé de réception, numéroté et daté qui a valeur d’attestation de recevabilité du dossier.
Celle-ci reste, toutefois, conditionnée par la présentation des documents principaux visés à l’article
33 du RGC. Le dépôt peut se faire par le pétitionnaire, par le concepteur du projet ou toute autre
personne dûment mandatée à cet effet.
En cas d’existence d’un guichet unique des autorisations d’urbanisme, le dépôt des dossiers
s’effectue au bureau d’ordre dudit guichet. Dans ce cas, l’accusé de réception mentionne la date de
la réunion de la commission d’instruction prévue à l’article 20 du RGC.
•L’instruction: Le RGC met fin aux procédures d’instruction mises en place par les circulaires
ministérielles et instaure une nouvelle procédure instituant un guichet unique dans les communes
dont la population est supérieure à 50.000 habitants, ainsi qu’au niveau des arrondissements et un
comité préfectoral ou provincial d’urbanisme dans les communes, dont la population est inférieure
ou égale à 50.000 habitants.
161
Le permis de construire
La délivrance du permis de construire
Les autorités compétentes
• Le président du conseil communal où se situe le projet à réaliser (art. 41 Loi 12-90) .
• Le ministre de l'intérieur ou sur délégation par le Wali ou le Gouverneur concerné, après avis des
présidents des conseils communaux concernés, lorsque l'immeuble concerné se situe dans deux ou
plusieurs communes.
• Le wali et le gouverneur lorsqu’il s’agit d’édifices affectés au culte musulman (la loi n° 29-04
:modifiant et complétant le dahir portant loi n° 1-84-150 du 6 moharrem 1405 (2 octobre 1984) °
• Les édifices concernés : les mosquées, Zaouias, « sanctuaires et tous lieux où les musulmans
pratiquent leur culte ».
• Les travaux : construction ou extension.
• Le permis est délivré par le wali ou le gouverneur après avis d'une commission composée des
représentants des départements ministériels concernés, du président du conseil provincial
concerné ou son représentant, du président du conseil communal concerné ou son
représentant, du président du conseil des ouléma concerné ou son représentant, ainsi que de
trois personnalités connues au niveau de la préfecture ou de la province concernées par leur
action dans le domaine caritatif et de bienfaisance au profit des musulmans et désignées par le
ministère des habous et des affaires islamiques.
Cette commission est présidée par le président du conseil des ouléma ou « son représentant
membre dudit conseil ».
Le permis de construire
La délivrance du permis de construire
Les autorités compétentes
• Dans le cas de la commune de Rabat-Hassan, le permis est délivré par le gouverneur de la préfecture
de Rabat ou par l’autorité administrative déléguée par lui;
• Dans la commune de Méchouar de Casablanca, c’est plutôt au pacha du Méchouar, assisté d’un
adjoint nommé par décret, que revient la prérogative de délivrer le permis de construire.
Par ailleurs, s’inscrit également dans ladite liste, les projets de construction situés dans des
lotissements dont les travaux d’équipement sont réceptionnés ou dans un lotissement non
réglementaire ayant fait l’objet de restructuration, conformément aux dispositions du chapitre II de la
loi n° 25-90 relative aux lotissements, groupes d'habitations et morcellements, dont la hauteur est
supérieure à 18.50m et dont les niveaux dépassent (R+4), toute superstructure confondue, et toute
opération de surélévation d’un bâtiment existant qui permet d’atteindre la hauteur et les niveaux
susmentionnés.
• Les projets de construction situés en dehors d'un lotissement dont les travaux d’équipement sont
réceptionnés et en dehors d’un lotissement non réglementaire ayant fait l’objet de restructuration
conformément aux dispositions du chapitre II de la loi n° 25-90 susmentionnée, lorsque l’affectation
des terrains n’est pas définie par le plan d’aménagement ou le plan de zonage ou le plan de
développement de l'agglomération rurale ;
• Les projets de construction situés dans des tissus anciens (médinas intra-muros, ksour et kasbahs)
ainsi que les bâtiments objet d’inscription ou de classement, conformément à la réglementation en
vigueur ;
• Les modifications portant sur des constructions existantes entrant dans la catégorie des projets
mentionnés ci- dessus ;
• Les projets de régularisation de bâtiments non réglementaires, quelle que soit leur nature, dont les
travaux sont effectués sans l’obtention préalable du permis de construire ou sans respect des
documents servant de base pour sa délivrance;
• Les opérations de démolition relatives aux projets soumis à la procédure « des grands projets »
mentionnés ci-dessus ;
• Et de manière générale, tous les projets non soumis à la procédure des « petits projets ».
Le permis de construire
Liste des « petits projets »
• Les projets de construction de bâtiments affectés à l’habitation dont la hauteur est
inférieure ou égale à 15.50 m et dont les niveaux sont inférieurs ou égaux à (R+3),
toute superstructure confondue, et toute opération de surélévation d’un bâtiment
existant qui permet d’atteindre la hauteur et les niveaux susmentionnés.
Par ailleurs, s’inscrit également dans ladite liste, les projets de construction situés
dans des lotissements dont les travaux d’équipement sont réceptionnés ou dans un
lotissement non réglementaire ayant fait l’objet de restructuration, conformément
aux dispositions du chapitre II de la loi n° 25-90 relative aux lotissements, groupes
d'habitations et morcellements, dont la hauteur inférieure ou égale à 18.50m et dont
les niveaux sont inférieurs ou égaux à (R+4), toute superstructure confondue, et
toute opération de surélévation d’un bâtiment existant qui permet d’atteindre la
hauteur et les niveaux susmentionnés ;
• Les modifications portant sur des constructions existantes entrant dans la catégorie
des projets mentionnés ci- dessus ;
• Les opérations de démolition portant sur les projets figurant au 1 er paragraphe ci-
dessus.
Le permis de construire
Elle correspond à la surface du SHOB de laquelle sont retranchées certaines surfaces: les
parties closes, couvertes et aménageables, de plus de 1,80m de hauteur de plafond, les
surfaces utilisées pour le stationnement (garage), les sous-sols lorsqu’il n’y a pas
d’ouverture extérieure ou encore les locaux agricoles.
Le permis de construire +6
La « surface de plancher ».
En contrepartie, les caves des maisons individuelles sont incluses dans la surface de
plancher.
Le permis de construire
Des commissions d’instruction des dossiers de demandes d’autorisation
L’instruction des dossiers de demandes d’autorisation, au sein des guichets uniques des autorisations
d’urbanisme et des comités préfectoraux et provinciaux d’urbanisme est confiée à des commissions
d’instruction.
Les commissions d’instruction sont composées de membres permanents visés à l’article 22 ci-après et
de membres non permanents visés à l’article 26 ci-dessous.(Article 21 Loi 12-90)
Dans le cas de l’instruction des dossiers de demandes d’autorisation relevant de la procédure des «
grands projets », les membres permanents précités s’adjoignent les représentants des services
compétents en matière de réseaux de télécommunications et des organismes chargés de la gestion
des réseaux divers. Les membres dont les domaines d’intervention sont régis par des textes
réglementaires ne sont associés aux travaux de la commission, que sur demande expresse du
président du conseil de la commune, en cas de difficulté de compréhension ou de divergence d’avis
quant aux modalités d’application desdites réglementations (Article 22 ).
Le permis de construire
Pétitionnaire
Bureau d'ordre
Président de la
commune Commune ou
Guichet Unique
Procès Verbal
Avis favorable/ Commission
Avis défavorable
Le permis de construire
Les membres permanents des commissions d’instruction des dossiers de demandes des
permis de démolition des constructions sont les représentants de :
- La préfecture ou la province ;
- La commune ( Article 24 )
Le permis de construire
Le permis expresse
• La décision positive
•Une autorisation écrite signée par l’autorité compétent;
•le permis de construire est accordé par le ministre de l'intérieur ou sur délégation par le Wali ou le
Gouverneur lorsque le projet est à cheval entre deux communes;
• lorsqu’il s’agit d’un édifice de culte musulman, le permis est délivré par le wali ou le gouverneur.
• La décision négative
• si le projet n’est pas conforme aux documents d’urbanisme;
• si le projet ne prévoit pas l'installation des lignes nécessaires au raccordement desdits
immeubles au réseau de télécommunication, dans le cas d'immeuble de 3 ou 4 niveaux
comportant 6 logements, ou tout immeuble à usage commercial ou industriel d'une surface au
sol supérieur à 500 m, situé dans le territoire d’une communes urbaine;
• si le terrain concerné n'est pas raccordé à un réseau d'assainissement ou de distribution d'eau
potable (des dérogations peuvent être accordées après avis des services compétents en la matière).
Le permis tacite
• Dans le cas de silence du président du conseil communal, le permis de construction est
accordé à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la date du dépôt de la demande.
173
Le permis de construire
• La péremption du permis de construire
Le permis de construire est périmé si les travaux de fondations ne sont pas entrepris après un an de
sa délivrance.
• La loi ne prévoit pas la prorogation du permis de construire.
• Le retrait du permis de construire: « droit de repentir» sur une « erreur de droit », deux
conditions:
•La décision doit être illégale: un vice affectant la légalité interne ou externe de la décision;
•L’administration doit réagir dans le délai du recours pour excès de pouvoir: 60 jours.
174
Le permis de construire
La conformité des travaux au plan autorisé: le permis d’habiter et le certificat de
conformité
Le propriétaire ne peut utiliser la construction une fois les travaux achevés, que s'il obtient le permis
d'habiter s'il s'agit d'immeuble à usage d’habitation ou un certificat de conformité lorsqu’il s’agit
d’immeuble à usage d’activité.
• Autorités compétentes
•le président du conseil communal;
•le président du conseil d’arrondissement
Chacun dans sa sphère de compétence, sur demande du propriétaire qui doit obligatoirement
déclarer l'achèvement de la construction.
• Pouvoir de substitution: A défaut de permis d’habiter ou de certificat de conformité dans le délai
de trois mois: substitution de l’autorité locale à la demande du pétitionnaire.
• Le permis d'habiter des immeubles ne peut être délivré qu'après vérification par les services
compétents en matière de télécommunication, de l'existence des lignes dont l'installation est
obligatoire.
• Lorsque dans un lotissement, les constructions sont réalisées par le lotisseur, le permis
d'habiter et le certificat de conformité ne peuvent être délivrés avant la réception provisoire du
lotissement.
175
Le permis de construire
Le changement d’affectation
• L'affectation de toute construction qui a donné lieu à la délivrance du permis de construire et du
permis d'habiter ne peut être changée;
• Le président du conseil communal peut autoriser un changement si le changement est conforme avec
la vocation du secteur concerné.
176
Le permis de réfection
•La demande
177
Le permis de réfection
Les pièces principales exigibles au dépôt du dossier
• Une demande signée par le pétitionnaire ou par toute autre personne dûment mandatée à
cet effet ;
• Tout titre justifiant la propriété ou permettant au pétitionnaire de procéder aux travaux de
réfection projetés ;
• Le cas échéant, une attestation administrative délivrée par les services déconcentrés relevant
de l’autorité gouvernementale chargée de la culture.
La délivrance du permis
Le permis est délivré par le président de la commune concernée dans un délai de 10 jours
ouvrables ; ce délai commence à courir à compter de la date de dépôt du dossier de la
demande.
Le président transmet une copie du permis à l’autorité administrative locale et à l’agence
urbaine dans un délai de 3 jours ouvrables à partir de la date de délivrance du permis.
•La demande
Le dossier est déposé par le pétitionnaire ou son mandataire dans un
délai maximum de 2 ans, à partir de l’entrée en vigueur du décret
n°2.23.103 du 8 mai 2023 (B.O n°7194 du 11 mai 2023), au bureau
d’ordre de la commune concernée ou au guichet unique des
autorisations d’urbanisme.
• L’autorité compétente
Le permis est délivré par le président de la commune après accord de l’agence urbaine dans un délai
ne dépassant pas 60 jours qui commence à courir à compter de la date du dépôt du dossier.
Le président transmet une copie du permis à l’autorité administrative locale et à l’agence urbaine dans
un délai de 2 jours ouvrables à partir de la date de délivrance du permis.
Dans le cas où la construction ne satisfait pas à ces exigences, le pétitionnaire doit introduire une
demande de permis de construire en vue de réaliser les modifications souhaitées. Après achèvement
des travaux modificatifs, le permis de régularisation lui est délivré et fait en même temps fonction de
permis d’habiter ou de certificat de conformité.
La régularisation des constructions d’un lotissement irrégulier ne peut avoir lieu qu’après avoir
soumis ledit lotissement à l’opération de restructuration prévue par la loi 25/90. 180
Le permis de démolition
La notion de démolition
Celle-ci n’est pas non plus définie par la loi relative aux bâtiments
menaçant ruine et organisation des opérations de rénovation urbaine.
Les termes utilisés ici par le juge égyptien rappellent ceux employés par le législateur
français, dans l’article 421-3 du code de l’urbanisme, selon lequel «les travaux ayant
pour objet de démolir ou rendre inutilisable tout ou partie d’une construction ».
La demande
Le dossier est déposé par le pétitionnaire ou son mandataire au bureau d’ordre de la commune
concernée ou au guichet unique destiné des autorisations d’urbanisme.
Le dossier comprend obligatoirement une étude technique réalisée par un ingénieur spécialisé portant
sur l’état de la construction à démolir et les mesures à suivre avant et après l’opération de démolition
et ce suivant les dispositions du RGC définissant la forme et conditions de délivrance des autorisations
d’urbanisme.
L’autorité compétente
Le permis de démolir est délivré par le président de la commune dans un délai d’un mois qui
commence à partir de la date du dépôt du dossier .
Le président transmet une copie du permis à l’autorité administrative locale et à la protection civile
dans un délai de 2 jours ouvrables à partir de la date de délivrance du permis
Toutefois, lorsqu’il s’agit de construction relevant des administrations de l’Etat ou des établissements
publics, la durée est de 12 mois non renouvelable.
Le permis de démolition
.
Les principales pièces exigibles au dépôt du dossier
[Link] demande signée par le pétitionnaire ou par toute autre personne dûment mandatée à cet
effet ;
[Link] copie du contrat conclu avec une entreprise spécialisée en matière de démolition ;
[Link] photographies du bâtiment à démolir et, le cas échéant, celles des bâtiments avoisinants ;
[Link] étude technique réalisée par un ingénieur spécialisé, présentant un diagnostic de l’état du
bâtiment ;
[Link] cas échéant, une attestation administrative délivrée par les services déconcentrés relevant
de l’autorité gouvernementale chargée de la culture.
LES ACTES ADMINISTRATIFS EN MATIÈRE D’URBANISME
À LA LUMIÈRE DE LA LOI 55/19 PORTANT SUR LA
SIMPLIFICATION DES PROCÉDURES ADMINISTRATIVES
185
La loi 55-19 relative à la simplification des procédures administratives promulguée par le
dahir du 6 mars 2020 constitue un pas important sur la voie de la bonne gouvernance ,
l’amélioration des services publics, le renforcement de la transparence des relations
entre l’administration et les usagers ainsi que l’amélioration du climat des affaires.
Champ d’application:
▪ Les actes administratifs: tout document délivré à l’usager par l’administration suite à sa
demande, conformément à la législation et la réglementation en vigueur, notamment les
permis, les licences, les autorisations, les attestations, les agréments et les décisions ;
▪Les administrations chargées de l’examen des demandes portant sur des décisions
administratives requises par les usagers, à savoir:
• les administrations publiques;
•les collectivités territoriales, de leurs groupements et de leurs instances,
• les établissements publics;
• toute personne morales de droit public;
• les organismes chargés de mission de service public.
La motivation des
réponses
défavorables
187
L’amélioration de la
La demande une
qualité des services
seule fois de tout
et digitalisation des
complément de
procédures
dossier
administratives
Le silence de
Le rapprochement La confiance entre
des administrations l’administration
l’administration et l’usager
aux usagers vaut accord
وتجدر اإلشارة إلى أنه وفقا لمقتضيات القانون 55-19فإن المدة القصوى لمعالجة طلب
رخصة البناء حددت في 60يوما.
197
اإلذن بإحداث تجزئة عقارية 2
اإلذن بإحداث تجزئة عقارية
57 -58 - 59 - 60 - 61 - 62 - 63 47.06 قانون القانون المتعلق بجبايات الجماعات الترابية
3 1.93.51 ظهير القانون المتعلق بإحداث الوكاالت الحضرية
6 10.03 قانون القانون المتعلق بالولوجيات
القانون المتعلق بالمحافظة على المباني
23 22.80 قانون التاريخية والمناظر والكتابات المنقوشة
والتحف الفنية والعاديات
القانون المتعلق بإصالح المراكز الجهوية
35-30 47.18 قانون لالستثمار وبإحداث اللجان الجهوية الموحدة
لالستثمار
7 12.03 قانون القانون المتعلق بدراسات التأثير على البيئة
اإلذن بإحداث تجزئة عقارية
2-1 683.03 قرار الوزير قرار وزير الداخلية المتعلق بتفويض االختصاص
قرار إداري صادر عن رئيس مجلس الجماعة ( ،أو عن عامل العمالة أو اإلقليم إذا كانت التجزئة
المراد إحداثها تقع باثنين أو أكثر من الجماعات) الغاية منه تتجلى ،أساسا ،في :
* تقسيم عقار من العقارات عن طريق البيع أو اإليجار أو القسمة إلى بقعتين أو أكثر لتشييد مبان
للسكنى أو لغرض صناعي أو سياحي أو تجاري أو حرفي مهما كانت مساحة البقع التي يتكون منها
العقار المراد تجزئته؛ الغاية من المسطرة
* تنظيم المجال والمشهد العمراني.
وتجدر اإلشارة إلى أنه وفقا لمقتضيات القانون 55-19فإن المدة القصوى لمعالجة طلب اإلذن بالتجزئ
حددت في 60يوما.
اإلذن بإحداث مجموعة سكنية 3
اإلذن بإحداث مجموعة سكنية
المراجع القانونية للقرار اإلداري
رقم المادة أو المواد المتعلقة بالقرار نوعية المرجع
رقم المرجع القانوني اسم المرجع القانوني
اإلداري القانوني
85 - 92 - 100 - 101- 103- 115 -
113.14 قانون تنظيمي القانون التنظيمي المتعلق بالجماعات
116
القانون المتعلق بالتجزئات العقارية والمجموعات السكنية وتقسيم
56 - 57 25.90 قانون
العقارات كما تم تتميمه وتغييره
57-40-27-22-13-10 12.90 قانون القانون المتعلق بالتعمير كما تم تتميمه وتغييره
الظهير الشريف المتعلق بتوسيع نطاق العمارات القروية ،كما تم
12-11-10-9 1.60.063 ظهير
تغييره وتتميمه
50- 51- 52- 53- 54- 55- 56- 57-
47.06 قانون القانون المتعلق بجبايات الجماعات الترابية
59-58 -62-61-60
7-6
10.03 قانون القانون المتعلق بالولوجيات
القانون المتعلق بالمحافظة على المباني التاريخية والمناظر
23 22.80 قانون
والكتابات المنقوشة والتحف الفنية والعاديات
القانون المتعلق بإصالح المراكز الجهوية لالستثمار وبإحداث
29 47.18 قانون
اللجان الجهوية الموحدة لالستثمار
6 11.03 قانون القانون المتعلق بحماية واستصالح البيئة
16-15-8 81.12 قانون القانون المتعلق بالساحل
3 1.93.51 ظهير القانون المتعلق بإحداث الوكاالت الحضرية
الظهير الشريف المتعلق بتعهد البنايات وتخصيص مساكن للبوابين
1-3-4 1.76.258 ظهير
في البنايات المعدة للسكنى
اإلذن بإحداث مجموعة سكنية
رقم المادة أو المواد المتعلقة نوعية المرجع رقم المرجع
اسم المرجع القانوني
بالقرار اإلداري القانوني القانوني
المرسوم لتطبيق القانون رقم 25-90المتعلق بالتجزئات العقارية والمجموعات
19-18 2.92.833 مرسوم
السكنية وتقسيم العقارات
المرسوم المتعلق بالموافقة على ضابط البناء المضاد للزلزال المسمى
1-3 2.02.177 مرسوم « » R.P.S.2000المطبق على المباني المحددة فيه قواعد الوقاية من الزالزل
وبإحداث اللجنة الوطنية لهندسة الوقاية من الزالزل
المرسوم المتعلق بالموافقة على ضابط البناء العام المحدد لقواعد األداء الطاقي
1 2-13-874 مرسوم
للمباني وبإحداث اللجنة الوطنية للنجاعة الطاقية في المباني
المرسوم المتعلق بالموافقة على ضابط البناء العام المحدد لقواعد الوقاية من
1 2-14-499 مرسوم أخطار الحريق والهلع في البنايات وبإحداث اللجنة الوطنية للوقاية من أخطار
الحريق والهلع في البنايات
المرسوم المتعلق بالموافقة على ضابط البناء العام المحدد لشكل وشروط تسليم
الرخص والوثائق المقررة بموجب النصوص التشريعية المتعلقة بالتعمير
1 2.18.577 مرسوم
والتجزئات العقارية والمجموعات السكنية وتقسيم العقارات والنصوص
الصادرة لتطبيقها؛
المرسوم المتعلق بتحديد إجراءات وكيفيات منح رخص اإلصالح والتسوية
10 2.18.475 مرسوم
والهدم
قرار مشترك بتحديد كيفيات تفعيل مساطر التدبير الالمادي المتعلقة بإيداع
1-2 338.20 قرار الوزير
ودراسة طلبات الرخص ورخص السكن وشواهد المطابقة وتسليمها
1 3146.18 قرار الوزير قرار مشترك تحدد بموجبه الخاصيات التقنية المتعلقة بالولوجيات المعمارية
قرار مشترك بإحداث الشباك الوحيد لرخص التعمير على مستوى الجماعات
1 2164.16 قرار الوزير
التي يفوق عدد سكانها 50.000نسمة ،وكذا المقاطعات
اإلذن بإحداث مجموعة سكنية
قرار إداري صادر عن رئيس مجلس الجماعة (أو عن عامل العمالة أو اإلقليم إذا كانت
المجموعة السكنية المراد إحداثها تقع باثنين أو أكثر من الجماعات) الغاية منه تتجلى ،أساسا،
في :
•
الغاية من المسطرة
تشييد مجموعات سكنية بصورة متزامنة أو متتالية على بقعة أرضية واحدة أو عدة بقع
أرضية من طرف مالك أو مالكو البقعة أو البقع المقامة عليها المباني؛
• تنظيم المجال وضبط المشهد العمراني.
وتجدر اإلشارة إلى أنه وفقا لمقتضيات القانون 55-19فإن المدة القصوى لمعالجة طلب اإلذن بإحداث
مجموعة سكنية حددت في 60يوما.
اإلذن بالتقسيم 4
اإلذن بالتقسيم
المراجع القانونية للقرار اإلداري
رقم المادة أو المواد المتعلقة رقم المرجع نوعية المرجع
اسم المرجع القانوني
بالقرار اإلداري القانوني القانوني
85 - 92- 100 - 101 -103-
113.14 قانون تنظيمي القانون التنظيمي المتعلق بالجماعات
115 - 116
القانون المتعلق بالتجزئات العقارية والمجموعات السكنية وتقسيم العقارات كما
58 - 59 - 60 - 61 - 62 25.90 قانون
تم تغييره وتتميمه
الظهير الشريف المتعلق بتوسيع نطاق العمارات القروية ،كما تم تغييره
10 1.60.063 ظهير
وتتميمه
القانون المتعلق بالمحافظة على المباني التاريخية والمناظر والكتابات المنقوشة
23 22.80 قانون
والتحف الفنية والعاديات
القانون المتعلق بإصالح المراكز الجهوية لالستثمار وبإحداث اللجان الجهوية
29 47.18 قانون
الموحدة لالستثمار
3 1.93.51 ظهير القانون المتعلق بإحداث الوكاالت الحضرية
المرسوم لتطبيق القانون المتعلق بالتجزئات العقارية والمجموعات السكنية
20- 21- 22 2-92-833 مرسوم
وتقسيم العقارات ،كما تم تغييره وتتميمه
المرسوم المتعلق بالموافقة على ضابط البناء العام المحدد لشكل وشروط تسليم
الرخص والوثائق المقررة بموجب النصوص التشريعية المتعلقة بالتعمير
1 2.18.577 مرسوم
والتجزئات العقارية والمجموعات السكنية وتقسيم العقارات والنصوص
الصادرة لتطبيقها؛
قرار مشترك بتحديد كيفيات تفعيل مساطر التدبير الالمادي المتعلقة بإيداع
1 338.20 قرار الوزير
ودراسة طلبات الرخص ورخص السكن وشواهد المطابقة وتسليمها
قرار مشترك بإحداث الشباك الوحيد لرخص التعمير على مستوى الجماعات
1 2164.16 قرار الوزير
التي يفوق عدد سكانها 50.000نسمة ،وكذا المقاطعات
اإلذن بالتقسيم
قرار إداري صادر عن رئيس مجلس الجماعة ،تتجلى الغاية منه أساسا ،في :
* كل بيع أو قسمة يكون هدفهما أو يترتب عليهما تقسيم عقار إلى بقعتين أو أكثر غير معدة القامة بناء
عليها ؛
* بيع عقار لعدة اشخاص على ان يكون شائعا بينهم اذا كان من شأن ذلك أن يحصل أحد المشترين على
الغاية من المسطرة
االقل على نصيب شائع تكون المساحة المطابقة له دون المساحة التي يجب أال تقل عنها مساحة البقع
االرضية بمقتضى وثيقة من وثائق التعمير أو دون 2.500متر مربع إذا لم ينص على مساحة من هذا
القبيل.
* عدم تفتيت الملكية العقارية وتفاذي ظهور أنوية عقارية صغيرة تضر بالمشهد العمراني.
• اسيفاء الوثائق المكونة لملف طلب اإلذن بالتقسيم؛
• احترام النصوص القانونية والتنظيمية الجاري بها العمل ذات الصلة بالتعمير والبناء؛ شروط الحصول على
• الحصول على التأشيرات المقررة بموجب األنظمة الجاري بها العمل. القرار اإلداري
وتجدر اإلشارة إلى أنه وفقا لمقتضيات القانون 55-19فإن المدة القصوى لمعالجة طلب اإلذن بالتقسيم
حددت في 60يوما.
غي
رخصة تسوية البنايات ر 5
القانونية
رخصة تسوية البنايات غير القانونية
قرار إداري صادر عن رئيس مجلس الجماعة ،تتجلى الغاية منه أساسا في :
* القيام بكل هدم كلي أو جزئي للبنايات المتواجدة داخل المناطق الخاضعة لرخصة البناء؛
الغاية من المسطرة
* الحرص على سالمة أرواح وممتلكات المواطنين؛
* تنظيم عملية الهدم .
* اسيفاء الوثائق المكونة لملف طلب رخصة الهدم؛
*إنجاز دراسة تقنية منجزة من طرف مهندس مختص؛
* احترام الضوابط التقنية المعمول بها عند القيام بعملية الهدم؛
شروط الحصول على القرار
* احترام الضوابط القانونية والتنظيمية الجاري بها العمل.
اإلداري
قرار إداري صادر عن رئيس مجلس الجماعة ،تتجلى الغاية منه أساسا في :
* القيام يأشغال الطفيفة على المباني ،التي ال تستوجب الحصول على رخصة
البناء؛
* إصالح البنايات القائمة والتي ال يترتب عنها تحويل الغرض المعد له المبنى
أو إدخال تغييرات تنصب على العناصر المنصوص عليها في األنظمة الجاري
الغاية من المسطرة
بها العمل؛
* تنظيم عملية اإلصالح بشكل سليم وفقا للضوابط القانونية والتقنية المعمول
بها في هذا المجال؛
* الحفاظ على سالمة المباني والمواطنين.
شهادة إدارية مسلمة من طرف المصالح الالممركزة للسلطة الحكومية المكلفة بالثقافة ،عند االقتضاء ،تثبت فيها •
22 -80المتعلق أن البناية موضوع أشغال اإلصالح ليست موضوع تقييد أو ترتيب طبقا للقانون رقم
بالمحافظة على المباني التاريخية والمناظر والكتابات المنقوشة والتحف الفنية والعاديات الصادر بتنفيذ الظهير
الشريف رقم 1.80.341بتاريخ 17من صفر 25( 1401دجنبر )1980
رخصة إصالح المباني القائمة
التكلفة
اإلدارة المكلفة عناصر
المبلغ المراجع القانونية التسمية
بالتحصيل االحتساب
شروط الحصول على القرار * احترام الضوابط القانونية والتنظيمية الجاري بها العمل؛
* إنجاز البنايات وفقا لما هو مرخص له ،واحترام الضوابط القانونية والتنظيمية الجاري بها العمل. اإلداري
يسلم رئيس مجلس الجماعة الرخصة داخل أجل 12يوما مفتوحة نبتدئ من تاريخ إيداع ملف الطلب .
محض التسلم المؤقت ألشغال 9
ان
ي النه التسلم شهادة / التجزئة
محض التسلم المؤقت ألشغال
هان
التجزئة /شهادة التسلم الن ي
المراجع القانونية للقرار اإلداري
رقم المادة أو المواد المتعلقة رقم المرجع نوعية المرجع
اسم المرجع القانوني
بالقرار اإلداري القانوني القانوني
103-101-92 113.14 قانون تنظيمي القانون التنظيمي المتعلق بالجماعات
القانون المتعلق بالتجزئات العقارية والمجموعات السكنية وتقسيم
22 - 23 - 24 - 25 -27-26- 41 25.90 قانون
العقارات كما تم تغييره وتميمه
57 - 58 - 59 - 60 - 61 47.06 قانون القانون المتعلق بجبايات الجماعات الترابية
3 1.93.51 ظهير القانون المتعلق بإحداث الوكاالت الحضرية
المرسوم لتطبيق القانون رقم 25.90المتعلق بالتجزئات
17-16-15 2.92.833 مرسوم
العقارية والمجموعات السكنية وتقسيم العقارات
المرسوم المتعلق بالموافقة على ضابط البناء العام المحدد لشكل
وشروط تسليم الرخص والوثائق المقررة بموجب النصوص
1 2.18.577 مرسوم
التشريعية المتعلقة بالتعمير والتجزئات العقارية والمجموعات
السكنية وتقسيم العقارات والنصوص الصادرة لتطبيقها؛
قرار مشترك بتحديد كيفيات تفعيل مساطر التدبير الالمادي
1-2 338.20 قرار الوزير المتعلقة بإيداع ودراسة طلبات الرخص ورخص السكن وشواهد
المطابقة وتسليمها
قرار مشترك بإحداث الشباك الوحيد لرخص التعمير على
1 2164.16 قرار الوزير مستوى الجماعات التي يفوق عدد سكانها 50.000نسمة ،وكذا
المقاطعات
قرار مشترك تحدد بموجبه الوثائق الالزمة لملفات طلبات
الرخص المقررة بموجب النصوص التشريعية المتعلقة بالتعمير
محض التسلم المؤقت ألشغال
هان
التجزئة /شهادة التسلم الن ي
* التحقق من أن جميع أشغال التجزئ قد تمت وفق المعايير التقنية المعمول بها ووفق ما ينص
عليه المشروع الذي صدر اإلذن بشأنه.
* يعد التسلم المؤقت بمثابة ترخيص لمباشرة التصرفات القانونية على التجزئة العقارية . الغاية من المسطرة
سالمة أشغال التجهيز والتهيئة ومختلف الشبكات من أي عيب ،واحترامها للقواعد القانونية شروط الحصول على
والتنظيمية الجاري بها العمل ،وكذا لما هو مرخص. القرار اإلداري
* الجماعة المعنية؛ اإلدارة المعنية بتلقي
* العمالة أو اإلقليم إذا كانت التجزئة تقع باثنين أو أكثر من الطلب و بتسليم القرار
الجماعات.
محض التسلم المؤقت ألشغال
هان
التجزئة /شهادة التسلم الن ي
الوثائق والمستندات المطلوبة
تصريح بانتهاءاألشغال