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Liberté vs Déterminisme : Le Débat

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SOMMAIRE

INTRODUCTION

I- CONTEXTE HISTORIQUE
1- Liberté
2- Déterminisme
II- LIBERTE ET DETERMINISME : DEFINITION DES CONCEPTS
1- Le déterminisme
2- La liberté
III- LIBERTE ET DETERMINISME : UN DEBAT PHILOSOPHIQUE
IV- LIBERTE OU DETERMINISME

CONCLUSION
INTRODUCTION

Parmi les nombreux sujets de philosophie, la question de la liberté humaine et de sa


possibilité dans un monde plus ou moins déterminé revient souvent.

D’un côté, le sentiment de liberté est enraciné au plus profond de nous-mêmes ;


comme l’écrit Rousseau dans La Nouvelle Héloïse, ” un beau raisonneur aura beau
me prouver que je ne suis pas libre, le sentiment intérieur, plus fort que tous ses
arguments, le dément sans cesse “.

De l’autre côté, le monde semble ordonné selon des lois indépendantes à notre
volonté, qui permettent, comme l’écrivait Condorcet dans son Esquisse d’un
tableau historique des progrès de l’esprit humain de déduire des événements du
passé les lois qui présideront à l’avènement du futur. Si ces lois existent pour la
nature et la science qui l’explique (le théorème de Pythagore par exemple), elles
semblent exister aussi pour la culture et pour l’homme : dans des circonstances
données, je peux déjà prédire que j’agirai d’une certaine manière.

En ce qui concerne les affaires humaines, la difficulté à formuler la loi de l’action


ne tiendrait qu’à la difficulté d’embrasser toutes les conditions provoquant sa
réalisation : le cadre historique, l’humeur de l’individu, son expérience récente.
I- CONTEXTE HISTORIQUE
1- Liberté

La liberté s'oppose en général au déterminisme, au fatalisme et à toute « pensée qui


soutient la doctrine selon laquelle les êtres naturels sont soumis à une nécessité
stricte qui les détermine entièrement et selon laquelle la volonté humaine n'est pas
libre ». Dès le début la conciliation entre déterminisme rationnel, liberté et
responsabilité humaine est apparue impossible. Cette « aporie » s'est poursuivie
jusqu'à Emmanuel Kant dans le cadre de sa troisième antinomie : suis-je libre, ou
suis-je conduit par le destin ? Schopenhauer explique par l'influence du
christianisme la persistance de cette illusion que constitue pour lui le libre arbitre.

Le terme correspondant à déterminisme, dans l'antiquité, était celui de « nécessité »


qui déjà en distinguait deux formes ou deux applications : le déterminisme de la
nature et celui de l'action humaine.

- Chez les sumériens

En sumérien, la notion de liberté se dit amargi, et signifie « retour chez sa mère ».


En effet, des déclarations de libertés étaient signées : les péons, paysans dont les
dettes sont supprimées, étaient affranchis et pouvaient revenir sur leur terre.

- Le libre arbitre

Sous l'expression de « libre arbitre », toujours associée à la problématique du « Mal


», la question de la liberté humaine a été creusée par saint Augustin pour qui Dieu a
donné à l'homme le libre arbitre pour qu'il en fasse un bon usage. Étant libre l'être
humain peut mal agir (contre la volonté divine), tomber dans le péché et être
responsable de sa chute, doctrine qui avait pour but recherché d'exonérer Dieu de
toute responsabilité dans le « Mal » et de combattre le manichéisme. Avec Pélage
cette doctrine ira jusqu'à accorder à l'homme la responsabilité du Bien ce que ne
pouvait admettre saint Augustin qui suspendait le « bien agir » et le salut de
l'homme au don de la grâce8. Cette notion du libre arbitre alimentera la réflexion
des humanistes de la Renaissance pour la définition du concept de la dignité
humaine.

2- Déterminisme

Le terme « déterminisme » apparaît tout d'abord sous sa forme allemande,


determinismus, à la fin du XVIIIe siècle. Il s'agit soit d'un dérivé direct du verbe
determinieren (déterminer), soit d'une abréviation de praedeterminismus
(prédéterminé). Il est utilisé alors dans le contexte du débat entre la thèse de la
liberté de la volonté et celle de sa détermination par des raisons antérieures.

Pierre-Simon de Laplace, dans son Essai philosophique sur les probabilités,


n'emploie pas le terme « déterminisme » ; il fait par contre explicitement référence
au « principe de la raison suffisante », « aux actions que l'on juge indifférentes » et
à Leibniz, ce qui le rattache aux débats qui ont vu apparaître le mot dans la langue
allemande.

Dans la Grèce archaïque (Démocrite, Héraclite), prévaut l'idée de Nécessité ou de


ce qui ne peut pas être autrement, qui perd de son empire à partir d'Aristote. Dans
le monde sublunaire subsiste une part d'indétermination qui laisse place à l'action
humaine. On comprend que le genre tragique trouve son origine en Grèce antique
Ce sera par ailleurs en termes de conséquences morales que les Stoïciens ont posé
le problème de la nécessité.

Après Aristote le déterminisme est dominé par deux principes : la Causalité et la


nécessité. Le premier principe pose qu'il n'y a pas d'effet sans cause et le deuxième
que le monde est contraint par des lois physiques ou métaphysiques qui rendent les
choses inévitables. « Le déterminisme est causalité et nécessité. Si la théorie
déterministe est vraie, tous les événements qui surviennent sont nécessités par une
situation passée. Cette théorie s’oppose alors à la théorie de la liberté humaine
comme pouvoir de vouloir ou de ne pas vouloir, de faire ou de ne pas faire » écrit
Jean-Marc Goglin.
II- LIBERTE ET DETERMINISME : DEFINITION DES CONCEPTS
1- Le déterminisme

Il est ainsi absolument nécessaire d’aborder le baccalauréat avec une idée claire de
ce que signifie le déterminisme et de qui l’a théorisé. Le premier nom qui vient à
l’esprit est celui de Spinoza. Celui-ci écrit en effet que ” La liberté est l’ignorance
des causes qui la font agir “. Autrement dit, si je me pense libre, c’est uniquement
parce que je ne sais pas qu’il y a une loi qui me meut.

Spinoza parle ainsi de la liberté comme d’un fantasme, une illusion qui provient de
notre manque de science et de notre orgueil à vouloir nous considérer comme un ”
empire dans un empire “, c’est-à-dire comme des êtres non naturels. Cependant
Spinoza n’est pas le seul à penser l’absence de liberté humaine : Hobbes, dans son
Traité de la liberté et de la nécessité, dira ainsi que la liberté s’oppose à la
contrainte (quand je suis en prison, je ne suis pas libre) mais non à la nécessité.

Pour Hobbes, les actions volontaires sont celles qui suivent le dernier appétit : ma ”
liberté ” repose dans le choix de l’action dictée par le dernier désir que j’ai eu en
mon esprit. On doit ainsi penser la liberté contre l’asservissement par les autres,
mais non comme la soumission à des lois.

2- La liberté

Nous voyons bien maintenant l’étendue du problème : pour prouver la liberté


humaine, il faut montrer que même si le monde est modelé par des lois
scientifiques, et que nous percevons bien en notre for intérieur que nous avons aussi
des tendances à agir de telle ou telle manière selon les circonstances, ces tendances
ne valent pas loi et peuvent être contrées par la volonté de notre libre-arbitre. Si la
liberté est intuitive comme le dit Rousseau, l’absence de liberté semble ici être
logique ; à moins que nous réussissions le coup de maître de montrer que l’homme
ne répond pas à des lois.
Descartes parlera en ce sens du pouvoir de la volonté, par rapport à l’entendement.
Pour lui, tout choix présente le schéma suivant : l’entendement, faculté de
connaissance de l’homme, propose à la volonté, faculté de décision, plusieurs
possibilités. C’est ensuite la volonté qui fait le choix. Cette volonté, pour Descartes,
est si grande, si étendue, si ” ample ” pour parler comme lui, qu’elle va jusqu’à
nous faire connaître que nous sommes à l’image de Dieu.

Ainsi, pour résumer, même s’il existe une loi qui va nous pousser à faire quelque
chose, le choix final reviendra toujours à notre libre-arbitre ; c’est ce qui fait que
nous pouvons parfaitement agir de manière absurde et contre notre intérêt, à
l’image de Lafcadio tuant sans aucune raison Amédée Fleurissoire dans Les Caves
du Vatican d’André Gide.

III- LIBERTE ET DETERMINISME : UN DEBAT PHILOSOPHIQUE

Toutes les philosophies et sagesses du monde évoquent un concept capable de


mouvoir même les plus endurcis d'entre nous : la liberté ! On meurt pour la liberté.
En principe, on ne devrait vivre que pour elle et en être privé devrait être
impensable… L’idée est tellement évidente que la plupart de nos contemporains
s'offusqueraient du seul fait qu'on la catégorise comme concept. Parler de concept
paraît trop discutable pour une telle évidence : « La liberté se connaît sans preuve,
disait Descartes, par la seule expérience que nous en avons. »

Petite expérience : remplaçons, l'espace de quelques phrases, ces signifiants


magnifiques que sont « liberté » et « libre », par « chose ». Alors, l'éducateur, à l'air
paternel et sévère, dira : « Ma chose finit où s’arrête celle de l’autre » ; ou bien : «
Il n’y a pas de société chose sans un marché chose » ; « Je suis chose de faire tout
ce que je désire. » Mais enfin, quelle chose ? Donc « chose » veut dire la capacité
d’être égoïste, solidaire, de trahir ou d'être fidèle, et une série presque infinie
d'autres possibilités, toutes contradictoires. Parce que la liberté est devenue pour
l’Occident cette petite histoire qu’on se raconte pour dire que nous ne fonctionnons
pas sous le régime d'une nécessité quelconque, ou pas tout à fait. Que ce qui nous
définit en tant qu'espèce très bizarre, originale et magnifique, c'est que, quelque
part, nous avons un lieu ou une instance qui ne correspond à aucune détermination.

IV- LIBERTE OU DETERMINISME

Pour rendre cela clair et intelligible, concevons une chose très simple : une pierre
par exemple reçoit d’une cause extérieure qui la pousse, une certaine quantité de
mouvement et, l’impulsion de la cause extérieure venant à cesser, elle continuera à
se mouvoir nécessairement. Cette persistance de la pierre dans le mouvement est
une contrainte, non parce qu’elle est nécessaire, mais parce qu’elle doit être définie
par l’impulsion d’une cause extérieure. Et ce qui est vrai de la pierre il faut
l’entendre de toute chose singulière, quelle que soit la complexité qu’il vous plaise
de lui attribuer, si nombreuses que puissent être ses aptitudes, parce que toute chose
singulière est nécessairement déterminée par une cause extérieure à exister et à agir
d’une certaine manière déterminée.

Concevez maintenant, si vous le voulez bien, que la pierre, tandis qu’elle continue
de se mouvoir, pense et sache qu’elle fait effort, autant qu’elle peut, pour se
mouvoir. Cette pierre assurément, puisqu’elle a conscience de son effort seulement
et qu’elle n’est en aucune façon indifférente, croira qu’elle est très libre et qu’elle
ne persévère dans son mouvement que parce qu’elle le veut.
Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en
cela seul que les hommes ont conscience de leurs appétits et ignorent les causes qui
les déterminent. Un enfant croit librement appéter le lait, un jeune garçon irrité
vouloir se venger et, s’il est poltron, vouloir fuir. Un ivrogne croit dire par un libre
décret de son âme ce qu’ensuite, revenu à la sobriété, il aurait voulu taire. De même
un délirant, un bavard, et bien d’autres de la même farine, croient agir par un libre
décret de l’âme et non se laisser contraindre. »
CONCLUSION

Pour conclure, le déterminisme a toute sa place dans la méthode scientifique : de


l’état d’un système à un moment donné, par la connaissance des grandes lois de la
nature, on peut connaître l’état du même système un peu plus tard. Par contre, le
déterminisme semble compliqué à appliquer aux affaires humaines, et en particulier
à la liberté humaine qui peut toujours surprendre malgré toutes les lois des plus
grands psychologues. C’est sans doute à cause de la profondeur des émotions,
idées, humeurs de l’homme, inconnaissables par les autres, inconnaissables par lui-
même. S’il semble facile, a posteriori, de doter l’histoire de lois, la divination est
encore un art dans lequel l’homme est ignorant.

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