Projet D'autoévaluation Nationale Des Capacités À Renforcer Pour La Gestion de L'environnement Mondial (ANCR-GEM)
Projet D'autoévaluation Nationale Des Capacités À Renforcer Pour La Gestion de L'environnement Mondial (ANCR-GEM)
MINISTERE D’ETAT,
MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT
Mars 2005
SOMMAIRE
Pages
SOMMAIRE
LEXIQUE ……………………………………………………………………...………….. 1
RESUME ………………………………………………………...………………………... 2
I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION…………………………………………..…… 4
CONCLUSION ……………………………….………………………………………… 40
BIBLIOGRAPHIE ……………………………………………………………………... 42
2
LEXIQUE
AG13 : Groupe Spécial de l’Article 13
AGBM : Groupe Ad hoc du Mandat de Berlin
ANCR-GEM : auto évaluation de besoin en renforcement des capacités à gérer l’environnement
mondial
ANDE : Agence Nationale de l’Environnement
CCT : Centre de Cartographie et de Télédétection
CDP 4 : Quatrième Conférence des Parties
CP : Conférence des Parties
CILS : Comité International de lutte contre la Sécheresse au Sahel
CNI-CCCC : Comité de Négociation Intergouvernemental pour une Convention-Cadre sur les
Changements Climatiques
CNTIG : Comité National de Télédétection et d’Information Géographique
CNUED : Conférence des Nations-Unies sur l’Environnement et Développement
CO2 : Dioxyde de Carbone
CONGACI : Collectif des ONG Actives de Côte d’Ivoire
CPCP : Comité de Pilotage et de Coordination du Projet
CRP : Comité Restreint de Projet
EIE : Etudes d’Impact Environnemental
FEM : Fonds pour l’Environnement Mondial
G77 : Les pays n’appartenant pas à l’Annexe I (Pays en voie de développement)
GEF : Global Environment Facility
GES : Gaz à Effet de Serre
GIEC : Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat
I2T : Institut de transformation technologique
IGES : Inventaire des Gaz à Effet de Serre
IREN : Institut de Recherche sur les Energies Nouvelles
MDP : Mécanisme de Développement Propre
OCDE : Organisation pour la Coopération et le Développement Economique
OMM : Organisation Météorologique Mondiale
ONG : Organisation Non Gouvernementale
ONUDI : Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel
PNAE : Le Plan National d’Action Environnementale de la Côte d’Ivoire
PNUD : Programme des Nations-Unies pour le Développement
PNUE : Programme des Nations-Unies pour l’Environnement
REC : Réduction d’Emissions Certifiées
RECI : Réseau des ONG d’Environnement en Côte d’Ivoire
RIOF : Réseau ivoirien des ONG Féminines
SBI : Organe de Mise en Oeuvre
SBSTA : Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique
UFR : Unité de Formation et de Recherche
UNFCCC : United Nations Frameword Convention on Climate Change
1
RESUME
2
- L’implication effective des parties prenantes à la définition des activités liées aux
changements climatiques.
- La recherche et la promotion des outils les plus performants pour mener à bien les études.
- L’intégration des considérations relatives aux changements climatiques dans le domaine
politique, économique, social et environnemental.
- La mise en place d’un Comité National suivi opérationnel sur les changements climatiques
dans les meilleurs délais.
- L’élaboration et mise en œuvre des stratégies de mobilisation des ressources financières au
niveau national et international.
- L’élaboration d’un portefeuille de projets incluant des technologies propres en matière de
changements climatiques.
- Promotion de projets de technologies propres.
3
I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Les changements climatiques ont été reconnus pour la première fois comme un problème majeur,
d’envergure mondiale en 1979, au cours de la première conférence climatique organisé à Genève
par l’organisation météorologique mondiale. A cette occasion, un appel a été lancé aux
gouvernements les enjoignant à tout mettre en œuvre pour éviter toute forme de changements
climatiques d’origine anthropique susceptible de léser l’humanité toute entière. En décembre 1990,
l’organe suprême des Nations-Unies : l’Assemblée Générale, donna le signal de départ des
négociations qui devraient aboutir à une convention cadre sur les changements climatiques. C’est
donc par la suite qu’a été conclue à Rio de Janeiro en Juin 1992, lors de la Conférence des Nations
Unies sur l’Environnement et le Développement (CNUED), la convention cadre sur les
changements climatiques. Cette convention cadre a pour objectif final « la stabilisation » de la
concentration de l’atmosphère en gaz à effet de serre à un niveau qui empêche toute perturbation
anthropique dangereuse du système climatique. Cette convention a été ratifiée par la Côte d’Ivoire
le 14 novembre 1994.
C’est ainsi que dans l’élan de mise en œuvre des dispositions de la convention, le gouvernement de
Côte d’Ivoire avec l’appui du Fonds Mondial pour l’Environnement (FEM), du Programme des
Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE) et du Programme des Nations-Unies pour le
Développement (PNUD) a initié un projet en vue d’évaluer les capacités nationales à gérer
l’environnement mondial et à renforcer ses capacités individuelles, institutionnelles et systémiques
de manière à mieux gérer l’environnement dans le cadre de stratégie de réduction de la pauvreté et
de développement durable. C’est dans ce contexte que le projet d’auto évaluation de besoin en
renforcement des capacités à gérer l’environnement mondial (ANCR-GEM) à travers ce rapport
nous permettra de formuler une stratégie et un plan d’action en vue du renforcement des capacités
en matière de mise en œuvre nationale des conventions internationales, en particulier celles relatives
à la biodiversité, aux changements climatiques et à la désertification.
4
Les rapports issus de ces études seront approuvés en commission au sein du comité restreint de
pilotage.
Cette étude constituera un support pour les études à venir dans le cadre du projet ANCR-GEM
surtout dans le cadre des renforcements des capacités systémiques, institutionnels et individuels.
1. Objectifs
Le Comité Restreint du Projet (CRP) a défini l’objectif principal de la consultation qui est de
recenser les priorités et les besoins de la Côte d’Ivoire en matière de renforcement des capacités
pour la gestion de l’environnement mondial en particulier dans le domaine des changements
climatiques.
2. Tâches du consultant
- Evaluer l’évolution du climat en Côte d’Ivoire dans le contexte des Changements Climatiques
- Analyser et évaluer les dispositions pertinentes de la Convention Cadre des Nations Unies sur
les Changements Climatiques
- Evaluer l’évolution des émissions de gaz à effet de serre en Côte d’Ivoire
- Analyser les engagements de la Côte d’Ivoire en tant que partie prenante à la Convention
- Identifier les conditions préalables à la mise en œuvre de la Convention Cadre des Nations
Unies sur les Changements Climatiques et du Protocole de KYOTO par la Côte d’Ivoire
5
- Définir les besoins en renforcement des capacités dans le domaine des Changements
Climatiques et du Protocole de Kyoto. Analyser les causes fondamentales (analyse SWOT).
Evaluer les capacités à renforcer au niveau individuel, institutionnel et systémique
- Définir les actions de renforcement des capacités au niveau individuel, institutionnel et
systémique pour remédier aux faiblesses constatées dans le domaine des changements
climatiques et du Protocole de Kyoto
- Identifier et compiler les synergies entre la Convention Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques et les deux autres Conventions
- Proposer des mesures nécessaires pour renforcer les capacités pour la mise en œuvre des
objectifs stratégiques de la Convention en Côte d’Ivoire aussi bien que dans le contexte de la
coopération parmi les conventions globales.
- Présenter le document sur les besoins en renforcement des capacités dans le domaine des
Changements Climatiques et du Protocole de Kyoto aux membres du groupe de travail
« Changements Climatiques » au cours d’un atelier de travail qu’organisera la coordination du
projet.
- Présenter le rapport sur les besoins en renforcement des capacités dans le domaine des
Changements Climatiques au cours de l’atelier national des parties prenantes.
- L’inventaire des activités de renforcement des capacités passées et en cours dans le secteur des
Changements Climatiques ;
- L’inventaire des capacités à renforcer dans le secteur des Changements Climatiques, les
capacités devant être classées dans la mesure du possible par ordre de priorité ;
- La liste des questions intersectorielles et des synergies entre les trois conventions de RIO ;
- Le plan d’action visant à répondre aux besoins retenus comme prioritaires et le mécanisme de
suivi et d’évaluation des progrès réalisés ;
- Un rapport global présentant les différents produits.
6
IV. LA CONVENTION DES NATIONS-UNIES SUR LES CHANGEMENTS
CLIMATIQUES ET LE PROTOCOLE DE KYOTO
1. La prise de conscience
La première conférence mondiale sur le climat tenu en 1979 a reconnu que le changement
climatique représentait un problème sérieux. Ce rassemblement scientifique a permis d’explorer
comment le changement climatique peut avoir des impacts négatifs sur les activités et la vie
humaine ainsi que sur les êtres vivants à travers tout le globe terrestre.
En 1988, le PNUE et l’OMM ont établi le Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat
(GIEC) auquel on a confié le mandat d’évaluer l’état des connaissances actuelles sur le système
climatique et sur son évolution : les impacts environnementaux, économiques et sociaux du
changement climatique et les stratégies possibles d’intervention.
En 1990, le GIEC a publié son premier rapport d’évaluation qui confirmait la preuve scientifique du
changement climatique.
En 1990 l’Assemblée Générale des Nations-Unies a approuvé le début des négociations d’un traité
par l’intermédiaire du Comité de Négociation Intergouvernemental pour une Convention-Cadre sur
les Changements Climatiques (CNI-CCCC).
La Convention-Cadre sur les changements climatiques a été adoptée à New-York le 9 mai 1992 et a
été signée par 154 pays (plus la communauté européenne) au sommet de la Terre de Rio de Janeiro
en juin 1992. La convention est entrée en vigueur le 21 mars 1994.
La Côte d’Ivoire, pays en voie de développement a ratifié la convention le 14 novembre 1994. Les
pays en développement dont fait partie la Côte d’Ivoire sont représentés par la « Groupe des 77 et la
7
Chine ». Le thème commun dominant pour le G77 et la Chine dans les négociations sur le
changement climatique est la demande uniforme que les pays industrialisés assument la
responsabilité de l’accumulation historique des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
2. La Convention-Cadre
Entrée en vigueur le 21 mars 1994, la Convention-Cadre sur les changements climatiques a selon
l’Article 2 pour objectif ultime : « … » stabiliser les concentrations des gaz à effet de serre dans
l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système
climatique (…) dans un délai suffisant pour que les écosystèmes puissent s’adapter naturellement
aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le
développement économique puisse se poursuivre d’une manière durable.
Cette convention impose aux pays signataires des obligations et des engagements en vue de la
réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Il s’est avéré après analyse des dispositions de
la convention que les engagements qui s’y trouvent ne suffiront pas pour mettre un terme aux
changements climatiques. Aussi fut-il décidé de négocier un protocole qui impose de nouvelles
obligations pour l’après 2000. C’est dans cette optique que le Protocole de Kyoto a été mis en place
et est entré en vigueur le 16 février 2005.
Les engagements des Parties sont repris à l’Article 4 de la convention. Aux termes de l’Article 4.2
(a) les Parties de l’Annexe 1 (pays OCDE + pays dont les économies sont en transition) de la
convention prennent l’engagement suivant :
- « chacune des Parties adopte des politiques nationales et prend en conséquence les
mesures voulues pour atténuer les changements climatiques (…) » Il doit apparaître
selon le même article que les pays :
- « … » prennent l’initiative de modifier les tendances (…) reconnaissant que le retour
d’ici à la fin de la présente décennie aux niveaux antérieurs d’émissions anthropiques de
CO2 et d’autres gaz à effet de serre (…) contribuerait à une telle modification ».
8
L’Article 7 de la convention prévoit la possibilité pour la conférence des Parties, l’organe
suprême de la convention, d’adopter des protocoles à la convention. Déjà au cours de la
première session de cette conférence (Berlin, 1996) les plus de 120 pays qui avaient ratifié la
convention à l’époque ont constaté que les engagements prévus à l’Article 4 de la convention
climatique ne permettraient pas d’atteindre les objectifs ultimes de ladite convention.
Les pays de l’Annexe 1 (pays OCDE + pays dont les économies sont en transition)
doivent prévoir des moyens financiers supplémentaires pour prendre en charge les
frais exposés par les pays en développement pour respecter leurs engagements ;
doivent prévoir les moyens financiers y compris ceux qui sont requis par les pays
en développement pour faire face aux coûts de l’application des mesures.
L’Organe Suprême de la convention est la Conférence des Parties (CP). Elle est l’assemblée de tous
les pays ayant ratifié la convention. Elle se réunit chaque année depuis 1995. Son rôle est de
favoriser l’application effective de la convention et de l’évaluer à la lumière des objectifs de cette
dernière. Elle évalue l’évolution des connaissances scientifiques et l’efficacité des programmes
nationaux des Parties en matière de changements climatiques. La CP peut arrêter des engagements
complémentaires en adoptant des amendements ou des protocoles à la convention (voir l’Article 7).
9
2.2.2. L’Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique
(SBSTA) et l’Organe de Mise en Oeuvre (SBI)
Il fournit le support à la CP et aux Organes Subsidiaires, accomplissant des fonctions telles que
préparer des documents de fond, organier des sessions de négociations, compiler des données sur
les émissions et donner conseil sur les questions techniques, à la demande des Parties.
Le Secrétariat, composé de quelques 150 employés, est actuellement basé à Bonn.
Le groupe Ad hoc du Mandat de Berlin (AGBM) et celui de l’Article 13 (AG13), créé par la
Conférence des Parties avaient pour mission de mettre sur pied une concertation multilatérale pour
la CDP4.
Il incombe aux Parties de préserver le système climatique sur la base de l’équité et en fonction de
leurs responsabilités communes mais différenciées et de leurs capacités respectives puis, de prendre
aussi des mesures de précaution à l’égard des causes du changement climatique. Il convient de tenir
compte des pays en développement qui sont particulièrement vulnérables aux effets des
changements climatiques ou qui doivent faire face à une charge disproportionnée. Le
développement économique durable est essentiel en vue de prendre des mesures pour lutter contre
les changements climatiques. Il convient d’éviter que les mesures prises pour lutter contre les
changements climatiques ne constituent un moyen d’imposer des discriminations arbitraires ou
injustifiables sur le plan du commerce international.
10
3. Le Protocole de Kyoto
Il est convenu dans le protocole que les pays industrialisés réduisent leurs émissions globales de six
(6) gaz à effet de serre en moyenne de 5,2 % entre la période de 2008 à 2012 par rapport à 1990.
Ces 5,2% ne sont pas uniformément répartis entre tous les pays.
Ce mécanisme permet :
- Aux pays non annexe I de parvenir à un développement durable en bénéficiant d’activités se
traduisant par des réductions d’émissions certifiées (REC)
- Aux pays visés à l’annexe I de contribuer à remplir leurs engagements chiffrés des
limitations et de réduction en acquérant des (REC)
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Le MDP est placé sous l’autorité de la conférence des parties et supervisé par un Conseil exécutif.
Il aide à organiser le financement d’activités certifiées.
La conférence des parties définit les principes, les modalités, des règles et les lignes directoires à
appliquer en ce qui concerne notamment la vérification, l’établissement de rapports et l’obligation
de réduction en matière d’échange des droits d’émission.
L’application conjointe (AC) : dans le souci de remplir ses engagements chiffrés en matière de
limitation et de réduction des émissions des GES (Article 3 du Protocole). « Toute partie visée à
l’annexe I peut céder à toute autre partie ayant le même statut ou acquérir auprès d’elle, des unités
de réduction des émissions découlant de projets visant à réduire les émissions anthropiques par les
sources ou à renforcer les absorptions anthropiques par les périls de GES dans tout secteur de
l’économie ».
De nombreuses actions ont été initiées pour promouvoir un développement durable en Côte
d’Ivoire, notamment à travers les programmes de renforcement du cadre institutionnel et législatif et
des capacités nationales de gestion environnementale. Plusieurs initiatives en conformité avec les
recommandations de l’Agenda 21 ont été entreprises par la mise en œuvre d’actions parmi
lesquelles on peut citer :
12
♦ La loi cadre de l’environnement n°96 – 766 de du 03 octobre 1996 portant le cadre législatif et
institutionnel de l’environnement. Cette loi est considérablement inspirée par les principes
fondamentaux de la législation internationale, notamment par l’insertion des concepts tels que
les principes du « pollueur–payeur », « développement durable », « implication de la Société
civile », « responsabilité commune partagée », « zones protégées ».
♦ Décret n°96 – 894 de novembre 1996 déterminant les règles et les procédures Applicables aux
Etudes d’Impact environnemental (EIA) des projets de développement. Il convient de signaler
qu’en matière d’environnement, un ensemble de textes législatifs et réglementaires existe en
Côte d’Ivoire. Le code de l’environnement (1996) représente la première tentative du
gouvernement de créer un cadre légal, intégré et intersectoriel pour gérer les défis nationaux en
matière d’environnement. Cet ensemble, constitue les documents de base de référence et
d’orientation.
13
- Le Protocole Montréal sur la réduction des chlorofluorocarbones (CFCS) a été signé en
novembre 1992.
- La Convention Stockholm sur les polluants organiques persistants a été adoptée récemment
et signée en mai 2001.
- Convention sur le commerce international des espèces en danger (Washington 1973) est
entrée en vigueur en Côte d’Ivoire en février, 1993.
- Convention de Bâle sur le contrôle de mouvements transfrontaliers des rejets toxiques et leur
élimination (le 22 mars 1989) ; la Côte d’Ivoire est membre depuis juin 1991.
- Convention de Bamako sur la prohibition de l’importation de déchets toxiques en Afrique et
sur le contrôle des mouvements du transfrontaliers et gestions des déchets toxiques produits
en Afrique (signé le 31 janvier 1991) ; ratifié par la Côte d’Ivoire depuis le 09 juin 1991.
- Convention de Ramsar : la Côte d’Ivoire est devenue partie contractante à la convention 27
juin 1996 et a enregistré le Parc National d’Azagny (19400 ha) sur la liste des zones humides
d’importance internationale.
2. Les Institutions
Les études menées dans le cadre de la communication nationale initiale de la Côte d’Ivoire sur les
changements climatiques ont permis de distinguer 3 types d’Institutions à savoir : les Institutions
gouvernementales (ou Ministères), les Organisations Non Gouvernementales (ONGs), les
Institutions privées.
Les Institutions gouvernementales
Le projet relatif à l’inventaire national qui fait la synthèse des émissions de Gaz à Effet de Serre
(GES) en Côte d’Ivoire en 1990 a permis d’identifier les secteurs prioritaires en matière d’émission
de GES à savoir : l’Energie, l’Agriculture, la forêt, les déchets.
Les Institutions gouvernementales qui ont donc participé de manière effective à l’élaboration de la
communication nationale initiale sur les changements climatiques sont :
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Ce ministère est chargé de la lutte contre le déboisement et les feux de brousse, la gestion du
patrimoine forestier, les parcs nationaux et les réserves aussi qu’en gestion des ressources agricoles.
Il est aussi chargé de la protection des sols, des eaux et de la végétation.
Parmi les programmes qui soutiennent le développement durable, on peut mettre en exergue :
- Pollution de l’eau et conservation de la diversité biologique dans le Grand écosystème
Marin du Golfe de Guinée (GEM-GG) ;
- Ratification et mise en œuvre de Convention Internationales qui concernent le
développement durable ;
15
- Le centre Ivoirien d’Antipollution chargé de la mise en œuvre du réseau national
d’observation de la qualité des eaux continentales, marines et lagunaires et le service de
l’inspection des installations classées, qui gèrent les établissements générant des déchets.
Les activités de toutes ces structures devraient être coordonnées par un comité national de suivi sur
les changements climatiques. Mais malheureusement ce comité n’a pas encore vu le jour.
Dans le cadre de la réduction des émissions des gaz à effet de serre, ces ONG ont mené des actions
de sensibilisation du grand public en faveur particulièrement des jeunes et des femmes. Ces actions
ont porté essentiellement sur les politiques de reboisement. Elles se sont aussi investies dans la
conduite de projets intégrés sur le terrain ; parmi ces projets nous pouvons citer l’action menée dans
le cadre du micro financement : Fonds pour l’Environnement Mondial ONG (FEM/ONG) qui a
porté sur la maîtrise du bois – énergie dans la zone péri – urbaine d’Abidjan (public cible les
ménages) et la maîtrise de la production du bio – gaz. En outre de nombreux projets
d’agroforesterie ont été développés dans le centre et le Nord du pays.
16
Les Institutions privées
Les Institutions privées ne sont pas suffisamment sensibilisées sur la problématique du
changement climatique ce qui pose souvent des problèmes de collaboration entre ces Institutions
et le Bureau du changement climatique. Il serait souhaitable d’associer le secteur privé dans un
cadre institutionnel bien défini. Le secteur privé est structuré comme suit :
La fédération Nationale des Industries de Côte d’Ivoire (FNICI) constitue un cadre de
concertation entre les industrielles et les autres secteurs non industriels
L’association des PME-PMI a un rôle particulièrement important pour la réussite des actions
de lutte contre la pollution.
En Côte d’Ivoire, deux études majeures ont été réalisées pour faire la situation de la contribution du
pays aux émissions globales de gaz à effet de serre.
Cette étude a donné lieu à la publication, en février 2001, de la « communication nationale initiale »
permettant ainsi à la Côte d’Ivoire de concevoir et d’appliquer ses propres stratégies de lutte contre
l’évolution climatique et ses effets désastreux.
Les deux études qui ont été menées dans le cadre de l’inventaire national ont permis d’obtenir les
résultats suivants :
La méthodologie utilisée dans le cadre de cette étude a été développe par le GIEC en 1996. Ces
émissions sont essentiellement liées aux secteurs de l’énergie, de l’agriculture, des forêts et des
déchets, notamment dans la cité d’Abidjan et banlieues.
Parmi les gaz émis le dioxyde de carbone (CO2), le monoxyde de carbone (CO) et le méthane (CH4)
restent largement prédominants.
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La synthèse des résultats d’émissions permet de dégager la répartition sectorielle suivante :
Energie = 12 438,1 Gg E CO2, soit 50,30 %
Agriculture = 3448,8 Gg E CO2, soit 13,93 %
Déchet = 8837,1 Gg E CO2, soit 35,74 %
Forêt = - 19847,4 Gg E CO2, soit 80,27 % environ par rapport aux émissions
Il est important de noter que durant cette étude le transport n’a pas été pris en compte dans
l’évaluation énergétique.
La capacité résiduelle des séquestrations des forêts étant de 19 847,4 Gg E CO2, vient atténuer les
émissions des autres secteurs qui s’élèvent à 24 724,5 Gg E CO2. Il en résulte une émission nette de
4877,1 Gg E CO2,
Il convient de retenir que cette étude a permis d’évaluer les émissions nettes de CO2, en Côte
d’Ivoire pour l’année 1994. Ces émissions sont évaluées à 4877,1 Gg E CO2, pour une population de
13 520 000 habitants soit 360,70 kg Gg E CO2 / habitants / an ou encore 0,988 kg E CO2 / habitant /
jour.
Parallèlement aux études d’inventaires des études de vulnérabilité ont été menées en vue de
déterminer les effets potentiels des changements climatiques sur quelques secteurs d’activités
économiques en Côte d’Ivoire.
Ces études ont porté essentiellement sur les ressources côtières et les forêts.
3.2 La vulnérabilité
Dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements
Climatiques en Côte d’Ivoire, des études de vulnérabilité/ adaptation aux changements climatiques
ont été menées parallèlement aux inventaires en vue de déterminer les effets potentiels des
Changements Climatiques sur quelques secteurs d’activités économiques en Côte d’Ivoire.
Ces études ont porté essentiellement sur les ressources côtières et les forêts.
18
3.2.1 Les Zones Côtières
L'érosion côtière constitue un problème important. Les efforts déployés varient en vue d’atténuer
les effets et les conséquences économiques négatives. A certains endroits, le problème a pris des
proportions inquiétantes. Le recul côtier et les submersions qui l'accompagnent constituent un
facteur de risque. Les facteurs naturels sont nombreux mais l'homme intervient sur
l'environnement naturel par la construction de structures artificielles sur le rivage, l'extraction de
sable sur les plages, la construction de barrages sur les rivières qui assuraient auparavant
l'approvisionnement sédimentaire du littoral, l'extraction anarchique de fluides dans les
gisements et les réservoirs côtiers, la destruction des mangroves. Ce sont quelques-uns uns des
facteurs qui ont renforcé l'impact des forces naturelles.
L’étude des impacts des changements climatiques sur les ressources en eau dans le cas des bassins
versant des fleuves Bandama et Sassandra s’est effectué sur la base de l’application de modèles de
circulation générale et du modèle sectoriel de gestion des ressources en eau (WATBAL).
L'exploitation des modèles de circulation générale GFD3 et UK89 sur les bassins versants du
Bandama et du Sassandra a permis de mesurer l'impact d'un doublement de la concentration du CO2
atmosphérique sur la température et la pluviométrie. Il ressort de l'analyse de ces résultats que la
température moyenne mensuelle sur ces deux bassins devrait augmenter de 2.28ºC au minimum et
de 4.10ºC au maximum.
La baisse de la pluviométrie et des ressources en eau dans ces zones affecterait la production
d'énergie hydroélectrique et la production agricole et d’autres secteurs socio-économiques.
19
Tableau 1 : Estimation de la baisse des ressources en eau à partir du modèle WATBAL
Au Nord de la Côte d'Ivoire, en zone de savane, le modèle WATBAL prédit une baisse des
ressources en eau sur les trois (3) sous-bassins étudiés : de 21% à 22% à Marabadiassa, de 5.1% à
6.9% à Kahin et de 6.4% à 8.4% à Piébly. Ainsi, la baisse sera davantage plus importante dans les
régions traditionnellement sèches.
Les barrages hydroélectriques de Buyo, Kossou et Taabo sont alimentés en eau par les fleuves N'zo
et Sassandra pour le premier et par le Bandama pour les deux derniers. Une baisse des ressources en
eau entraînerait une baisse dans la production totale d'électricité par ces barrages.
En effet, une baisse des ressources en eau dans les bassins versants considérés aura probablement
un impact sur la productivité de l'agriculture pluviale notamment sur les cultures de riz et de soja.
Aussi, une baisse du volume des eaux superficielles pourrait rendre difficile l'accès de l'eau dans les
puits voire les assécher.
3.2.3 La forêt
La zone d’étude «d’impact des changements climatiques » est volontairement limitée aux zones
boisées du domaine rural dans la zone Nord caractérisée par une forte pression foncière (forte
densité de population) à la zone du sud-ouest, zone forestière, caractérisée par une ruée vers les
terres agricoles.
Ce choix répond au double souci d’analyser les effets conjugués des changements climatiques et des
activités anthropiques (agricoles et forestières) sur ces écosystèmes différents. Il s’agit aussi
d’écosystèmes pour lesquelles nous disposions de quelques données pour utiliser un modèle
bioclimatique simple tel que le modèle Holdridge.
20
La période choisie, pour les projections est de 100 ans. Elle est suffisamment courte pour permettre
de constituer des scénarios réalistes, mais suffisamment longue pour permettre d’influer sur des
processus longs comme la croissance des arbres.
Sur la base des tendances observées ces dernières années, le scénario envisagé est une augmentation
des températures moyennes, dans les deux zones, de +1°C, soit + 0,5 °C à l’horizon 2030 et +0,5 °C
en 2094 (horizon de temps de 100 ans), et une diminution des moyennes annuelles de précipitations
de l’ordre de 25 %.
Dans le bilan diagnostic du secteur forestier ivoirien il apparaît clairement que les atteintes de
natures diverses (anthropiques et autres) ont pour impacts palpables malheureusement aujourd’hui :
l’érosion des sols, la baisse de la pluviométrie, la perte de la biodiversité, la diminution de la
production forestière, etc.
L’évaluation de l’état de conservation du couvert forestier ivoirien, à partir du bilan des superficies
de forêts de 1990 permet de conclure que malgré un bon niveau moyen de conservation, l’espace
réservé à cet effet n’est pas suffisant ;
Au plan national, nous pouvons dire qu’il n’y a pas eu d’évaluation en tant que tel. C’est seulement
l’atelier qui a été organisé sur la communication initiale nationale qui peut faire office d’évaluation.
Au plan international, l’Agence d’exécution du Programme National des Nations-Unies pour
l’Environnement (PNUE) a procédé à l’évaluation de la première communication initiale nationale.
• Capacités institutionnelles
Au niveau des capacités institutionnelles, l’administration est suffisamment sensibilisée sur la
problématique du changement climatique car l’élaboration d’un projet dans le domaine nécessite un
minimum de recherche et d’étude qui en général est mené par ses structures. Mais il convient de
signaler que tous les membres de l’administration n’ont pas le même niveau de connaissance d’où
la nécessité de renforcement leurs capacités qui doit s’adresser par ordre de priorité : aux décideurs
et aux agents.
21
• Capacités individuelles
Les projets d’inventaire qui ont été menés ont permis à certains experts de participer aux
conférences internationale. Le développement des sujets portant sur les changements climatiques
par les doctorants venus des universités participent effectivement au renforcement des capacités
individuelles. Pendant et après les projets, les experts sont en étroite communication avec le Bureau
national sur les changements climatiques. Ils sont tenus informés sur l’évolution des différents
programmes à venir et des nouvelles technologies qui sont mises à la disposition du Bureau sur les
changements climatiques.
La participation aux ateliers par les personnes ressources de l’administration publique a permis
d’acquérir des connaissances sur le sujet.
22
Biologie alimentaire/Zoologie, le Laboratoire d’Hydrogéologie et le Laboratoire d’Ecologie
Humaine et de Sciences sociales.
• Capacités techniques
Les études d’inventaire ont permis de mettre à la disposition des consultants les capacités
techniques suivantes :
- Les modèles
- la documentation
- les lignes directrices
- le matériel informatique
Les structures de recherche telles que : le CRO, LAMTO etc. …. constituent de par leur personnel
technique et leurs bases de données des capacités techniques qu’il faut renforcer.
Les projets relatifs à la mise en œuvre de la Convention Cadre sur les changements climatiques qui
ont été menés par la Côte d’Ivoire ont été pour la plupart financés par le FEM ou par le biais de la
coopération américaine. Dans le souci d’asseoir une politique de renforcement de capacité nationale
durable, il est souhaitable que le Gouvernement ivoirien pense à développer des fonds propres.
Certains fonds ont déjà été créés tels que :
- Le Fonds National de l’Environnement
- Le Fonds forestier
- Le Fonds de l’eau
A l’image de ces structures ci-dessus, il convient donc pour le cas du changement climatique de
réfléchir à la mise en place d’un fonds qui lui est spécifique. Ce fonds pourrait être alimenté par des
projets qui seront développés dans le cadre du principe du “pollueur payeur”.
23
VI. L’ANALYSE STRATEGIQUE DES OBLIGATIONS DE LA CONVENTION CADRE
SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET LE PROTOCOLE DE KYOTO
L’analyse des obligations de la Convention Cadre sur les changements climatiques et le Protocole de Kyoto a permis d’établir un tableau à quatre (4)
colonnes :
- la première colonne est relative aux obligations ;
- la seconde dresse le bilan des stratégies, des plans politiques et les problèmes en rapport avec les obligations ;
- Quant à la troisième colonne, elle montre l’état d’avancement des différentes stratégies et des programmes ;
- Enfin, la quatrième relève les contraintes et les difficultés qui empêchent ou bloquent l’exécution des stratégies, des programmes en rapport
avec les stratégies.
24
Les contraintes qui
Etat
Les stratégies, les plans politiques et les empêchent/bloquent l’exécution, les
Obligations d’avancement :
programmes en rapport avec les obligations plans, les programmes en rapport
avec les obligations
Article 4.1-a de la convention/Article 10-a Projet : Inventaire des émissions et puits des gaz Exécuté - Incohérence des données selon les
du Protocole à effet de serre en Côte d’Ivoire sources
- Difficultés liées à la collecte et à
Etablissent, mettre à jour périodiquement, Période d’exécution 1994 à 1996 leur analyse dues à l’absence
publient et mettrent à la disposition de la Financement : US Country Studies Program- d’homogénéité dans les données
CdP, des inventaires nationaux des Gouvernement de Côte d’Ivoire - Nombreux trous dans l’ensemble
émissions anthropiques par leurs sources et Coordinateur : Dr Sékou Touré des données
de l’absorption par leurs puits de tous les - Manque d’analyse pointue pour les
gaz à effet de serre non réglementés par le Ce projet a permis de produire un rapport sur l’état mesures d’atténuation envisagées
Protocole de Montréal. des émissions et puits des gaz à effet de serre en - Insuffisance d’experts nationaux
Côte d’Ivoire pour l’année 1990. spécialisés dans le changement
climatiques
En outre, il a contribué à la formation de personnes
impliquées dans le projet dans le recueil et l’analyse
des données.
25
Objectifs spécifiques
26
Type d’intervention : Renforcement des
capacités
Agence d’exécution : UNOPS
Objectifs et produits :
- Amélioration des arrangements nationaux
relatifs à la compilation, l’archivage,
l’actualisation et la gestion des inventaires
de gaz à Effet de Serre.
- Promotion d’un Cadre institutionnel durable.
- Renforcement des capacités techniques pour
la préparation des inventaires nationaux
- Amélioration des méthodes et des facteurs
d’émission.
27
Article 4.1-b de la convention/Article Projet : Projet PNUD/FEM RAF 93/G32 - Insuffisance dans les échanges
10-b du protocole de Kyoto « Réduction des émissions des gaz à effet de d’information tant au plan national que
serre grâce à l’amélioration de l’efficacité régional
Etablissent, mettent en œuvre, énergétique dans les bâtiments, Côte d’Ivoire, - Manque de coordination dans la
publient et mettent régulièrement à Sénégal » gestion des projets et de la recherche
jour des programmes nationaux, le cas - Manque de pouvoir décisionnel
échéant, régionaux contenant de Période d’exécution : 1996-2001 - Résultats ne sont pas vulgarisés
mesures visant à atténuer les Fonds de financement : Fonds pour - Inexistence d’un réseau international
changements climatiques en tenant l’Environnement Mondial (FEM), de site de démonstration afin de
compte des émissions anthropiques Gouvernement de Côte d’Ivoire faciliter le partage de l’information et
par leurs sources et de l’absorption des données.
par leur puits de tous les gaz à effet Résultats :
de serre non réglementés par le - Données énergétiques sur les bâtiments
Protocole de Montréal, ainsi que les recueillies et exploitées
mesures visant à faciliter l’adaptation - .Formation de 100 techniciens
exécuté
appropriée aux changements - Audits sur 120 grands bâtiments.
climatiques - Mise en place de 4 bases de données
contenant 1 620 bâtiments
- Procédures et textes institutionnels sur
Finalisés
l’efficacité énergétique.
28
Article 4.1-c de la convention/Article Projet : Mécanisme de Développement En cours - Accords de coopération entre la Côte
10-c Propre (MDP) en Côte d’Ivoire d’exécution d’Ivoire et le secteur privé des pays
développés non fonctionnels
encourage et soutiennent par leur - Coopération sous régionale pas très
coopération la mise au point, Période d’exécution : Mai 2003 2ème phase du développée.
l’application et la diffusion projet
notamment par voie de transfert de Durée Trois : (3) ans
technologies pratiques et procédés qui Financement : PNUD/FEM
permettent de maîtriser, de réduire ou Coordonnateur National : Pr. Houenou Pascal
de prévenir les émissions Point focal de l’Autorité Nationale MDP :
anthropiques des gaz à effet de serre Diarra Boubacar
non réglementés par le Protocole de Localisation : Institut de Recherche sur les
Montréal dans tous les secteurs Energies Nouvelles (IREN)
pertinents, y compris ceux de
l’énergie, des transports, de Objectifs :
l’industrie, de l’agriculture. - Rendre fonctionnelle l’Autorité Nationale
MDP
- Développer des capacités en matière de
formulation de projet
Activités réalisées :
- organisation d’ateliers nationaux
- participation aux ateliers internationaux
29
Article 4.1-d de la convention Le Plan National d’Action Environnementale Exécuté - Manque de financement
de la Côte d’Ivoire (PNAE) - Volonté politique insuffisante
Encourage la gestion rationnelle et - Manque de suivi du PNAE
encourage et soutiennent par leur Objectifs : - Coordination de l’exécution des projets
coopération la conservation et le cas • Horizon 15 ans (1996-2010) a pour objectifs de développement à caractère
échéant, le renforcement des puits et généraux : l’économie et la valorisation des environnemental non assurée.
réservoirs de tous les gaz à effet de ressources naturelles
serre non réglementé par le protocole • Renforcer / promouvoir les pratiques
de Montréal, notamment la biomasse, culturelles favorables à la conservation des
les forêts et les océans de même que milieux naturels (forêts, rivières).
les autres écosystèmes terrestres, • Promouvoir une stratégie de développement
côtiers et marins durable et gérer de manière rationnelle les
ressources naturelles.
• Création d’un cadre cohérent qui crée les
bases légales et institutionnelles pour une
multitude d’interventions sectorielles.
Article 4.1-e de la convention et 10-b Projet sous régional : EG/RAF/92/G34 de En cours - Manque de suivi des activités
du Protocole de Kyoto l’Organisation des Nations Unies pour le d’exécution - Manque de données.
Développement Industriel. (ONUDI)
Préparent, en coopération, à Contrôle de la pollution de l’eau et
l’adaptation à l’impact des Conservation de la diversité Biologique dans
changements climatiques et le Grand Ecosystème Marin du Golfe de
conçoivent et mettent au point des Guinée » :
plans appropriés et intégrés pour la
gestion des zones côtières, pour les Gestion du littoral
ressources en eau et l’agriculture, et
pour la protection et la remise en état Financement : ONUDI
des zones frappées par la sécheresse et Coordonnateur : Pr. IBE
la désertification, notamment en
Afrique, et par les inondations. Approche intégrée en vue d’une résolution
concertée d’une situation pouvant se présenter
dans le domaine côtier.
30
Article 4.1-f de la convention Décret N° 96-894 du novembre 1996 Adopté - Manque de rigueur dans l’application
déterminant les règles de procédures applicables du décret
Tiennent compte, dans la mesure du aux Etudes d’Impact Environnemental (EIE) des - Manque d’experts pour l’EIE au niveau
possible, des considérations liées aux projets de développement. national
changements climatiques dans leurs Cette disposition réglementaire, impose le - Incohérence du cadre institutionnel et
politiques et actions sociales, recours à l’EIE comme en moyen déterminant juridique.
économiques et environnementales et d’intégrer les préoccupations écologiques dans
utilisent des méthodes appropriées, la conception, la réalisation et le fonctionnement
par exemple des études d’impact, des projets. L’Etude d’impact est ainsi exigée
formulées et définies sur le plan dès la phase de conception des projets de
national, pour réduire au minimum les développement potentiellement dangereux pour
effets – préjudiciables à l’économie, à l’environnement.
la santé publique et à la qualité de Précisément, selon les dispositions du décret,
l’environnement – des projets ou quand un projet, en raison de sa nature, de ses
mesures qu’elles entreprennent en vue dimensions, de la sensibilité du site qui
d’atténuer les changements l’accueille risque de porter atteinte à
climatiques ou de s’y adapter. l’environnement, l’Administration de tutelle
31
Article 4.1-g et 4.1-h / Article 5 de la - L’Institut de transformation technologique - Manque de moyens financiers
convention : Recherche, observation (I2T) a mis au point : un gazogène - Manque de vulgarisation des résultats
Systématique fonctionnant à la bourre de coco ou au bois des recherches
d’hévéa. - Collaboration sous régionale
Encouragent et soutiennent par leur - En outre, un digesteur a été mis au point Exécuté insuffisante voir inexistante
coopération les travaux de recherche permettant de produire du biogaz à partir des - Faible valorisation des ressources
scientifique, technologique, épluchures de manioc universitaires disponibles
technique, socio-économique et - Un four de carbonisation a été réalisé pour la - Manque de laboratoires spécialisés
autres, l’observation systématique et production continue de charbon activable de pour les recherches en environnement.
la constitution d’archives de données, coques de coco.
l’échange juridiques sur le système
climatique permettant de mieux
comprendre les causes, les effets,
l’ampleur et l’échelonnement dans le
temps des changements climatiques,
ainsi que les conséquences
économiques et sociales des diverses
stratégies de riposte, et de réduire et
dissiper les incertitudes qui subsistent
à cet égard.
Ces données devant être échangées
dans leur intégralité, librement et
promptement ;
32
Article 4.1-i de la convention Les ONG ivoiriennes sont pour la plupart - Surface de sensibilisation pas très
Article 10-e du protocole de Kyoto regroupées en collectif, on distingue : importante
▪ Le réseau des ONG d’environnement (RECI) - Manque de moyens financiers
Encouragent et soutiennent par leur ▪ Le collectif des ONG actives (CONGACI)
coopération l’éducation, la formation ▪ Réseau des ONG féminines (RIOF)
et la sensibilisation du public dans le ▪ Les actions de sensibilisation ont été menées
domaine des changements climatiques en faveur des jeunes et des femmes. Les
et encouragent la participation la plus thèmes retenus sont :
large à ce processus, notamment celle - Politiques de reboisement Exécuté
des organisations non - Maîtrise du bois-énergie dans la zone
gouvernementales. péri-urbaine
- Maîtrise de la production du bio-gaz.
Article 5. -b de la convention / Article - Création de l’Agence Nationale de Exécuté - Le choix des structures administratives
10-d du protocole de Kyoto et de la l’Environnement (ANDE) ne semble pas garantir la continuité des
décision 5/CP5 de UNFCCC (COP5) actions à l’issue des projets.
Objectifs : - Inexistence de système d’information
Les Parties soutiennent les efforts - Assurer la coordination de l’exécution des environnementale
menés aux niveaux international et projets de développement à caractère - Manque de coordination au niveau
intergouvernemental pour renforcer environnemental international et intergouvernemental les
l’observation systématique et - Effectuer le suivi des projets du PNAE activités liées aux changements
technique, notamment dans les pays - Evaluer les projets du PNAE En cours climatiques
en développement, et pour encourager - Mettre en place et gérer un système national
l’accès aux données provenant de d’information environnemental
zones ne relevant pas de la juridiction - Mettre en œuvre les conventions
nationale et à leur analyse, ainsi que internationales dans le domaine de
pour en promouvoir l’échange. l’environnement
33
▪ Emergence d’Institutions d’exécution
nationale dont les missions recouvrent les
préoccupations des changements En cours
climatiques et disposent de compétences
scientifiques réelles ou potentielles
34
- Participation aux rencontres régionales et - changements climatiques n’a pas
internationales bénéficié de la même considération.
- Organisation de conférences, de séminaires Cette quasi-absence des Institutions
et d’ateliers nationaux de sensibilisation sous-régionales et régionales aux
d’information et d’échange débats et aux stratégies ne saurait se
justifier, si l’on sait que toutes les
conventions issues de Rio visent à
relever le défi de la dégradation de
l’environnement dans une perspective
de développement durable.
- Au niveau du domaine de la gestion de
l’environnement national, on ne
dispose pas encore d’un système de
données collectées, traitées et mises à
la disposition des utilisateurs finaux en
un point central.
Au vu de ce tableau, nous constatons que l’élan de la Côte d’Ivoire en vue de la mise en œuvre des engagements de la Convention et du Protocole de
Kyoto a connu un énorme ralentissement eu égard à la crise militaro-politique que vit le pays depuis septembre 2004.
35
VII. LES QUESTIONS INTERSECTORIELLES ET LES SYNERGIES
RELATIVES AUX TROIS CONVENTIONS DE RIO
Les trois Conventions issues du sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio de Janeiro au Brésil en 1992,
à savoir : la Convention Cadre sur le Changement Climatique, la Convention sur la Biodiversité, la
Convention sur la Désertification ont pour objectif commun la protection de l’environnement
mondial. En effet, l’analyse des engagements des trois conventions met en évidence un certain
nombre de synergies. La mise en œuvre des objectifs et les engagements relatifs aux trois
Conventions nécessite donc une réalisation conjointe des activités et des programmes initiés par les
différents pays.
Ces trois Conventions concourent au développement durable et présentent de nombreuses
similitudes. En effet, conformément à l’Article 8, Alinéa 1 de la Convention sur la Désertification,
les questions intersectorielles relèvent des domaines suivants :
La recherche
La formation
L’éducation et sensibilisation
L’observation systématique, la collecte et l’échange d’informations
Le transfert de technologie.
Pour ce faire, la conférence des Parties a suggéré aux Parties contractantes la mise en place de plans
nationaux d’environnement dont l’objectif principal serait d’élaborer des programmes pour
contribuer à la lutte contre le changement climatique. En Côte d’Ivoire, sous l’initiative du
gouvernement et l’aide de bailleurs de fonds extérieurs, un Plan National d’Action pour
l’Environnement (PNAE-CI) a été initié en mai 1992 et un code de l’Environnement a été voté par
l’Assemblée Nationale depuis 1997.
36
Les principaux objectifs de ce plan s’articulent autour des points suivants :
L’examen des questions intersectorielles et des synergies des conventions a permis de faire le
développement dans les domaines de la recherche, la formation et la sensibilisation puis
l’observation systématique, la collecte et l’échange d’information.
1. La recherche
Toutes les conventions mettent un accent particulier sur ce domaine ; car il est question d’adopter et
de promouvoir des programmes communs de « Recherche-Développement ». En effet, ces
programmes permettront de développer les capacités locales quant à la réduction des gaz à effet de
serre et à l’adaptation au changement climatique. Ces programmes devront tenir compte des
programmes existants des centres nationaux, internationaux et régionaux. En Côte d’Ivoire, ces
programmes se réalisent par l’intermédiaire des Centres de Recherches tels que : l’Institut de
Transformation Technologie de Toumodi (l2T), l’Institut de Recherche sur les Energies Nouvelles
(IREN), les universités telle que l’Université d’Abobo-Adjamé qui dispose en son sein d’une UFR en
Science et Gestion de l’Environnement. Ces recherches menées par ces structures prennent en
compte les préoccupations des trois conventions.
2. La formation et la sensibilisation
Ce Chapitre constitue une priorité pour toutes les conventions, car la mise en place d’une politique
d’Environnement durable dans les domaines du changement climatique, de la Biodiversité, et de la
Désertification ne peut, se faire sans le renforcement des capacités et une campagne de
sensibilisation bien menée. La formation et la sensibilisation permettent :
37
- L’élaboration et la poursuite des programmes d’éducation, de formation scientifique et
technique relatifs au changement climatique, à la Biodiversité et à la Désertification
- L’éducation et la sensibilisation du public en assurant une promotion de l’importance du
changement climatique, de la Biodiversité et Désertification ;
- La prise en compte des questions relatives aux différentes conventions dans les
programmes d’enseignement.
En Côte d’Ivoire, l’éducation environnementale est entrain d’être introduite dans le cursus scolaire
au niveau des écoles primaires en tant que matière intrinsèque au même titre que les matières dites
traditionnelles (français, mathématique etc …). La sensibilisation en milieu scolaire et universitaire
est en cours.
En Côte d’Ivoire, les structures intervenant dans le domaine de l’Environnement développent leur
propre programme mais l’accent n’est pas mis sur l’échange d’information entre elles. La collecte
d’information se fait de manière individuelle. Ce qui pose souvent des difficultés dans
l’interprétation des résultats. L’existence en Côte d’Ivoire d’institutions tels que le Centre de
Cartographie et de Télédétection (CCT) et le Comité National de Télédétection et d’Information
Géographique (CNTIG), qui ont développé à leur niveau leur propre système d’informations
environnementales, contribuent à renforcer l’observation systématique et technique.
Les Parties contractantes devront faciliter l’échange d’informations provenant de toutes les sources
accessibles au public concernant les changements climatiques, la biodiversité et la désertification.
Cela devrait se traduire dans les faits par :
- La diffusion des informations et la création des capacités nécessaires pour les évaluations ;
- La mise en place d’un réseau international de site de démonstration afin de faciliter le partage
de l’information et des données d’expérience en vue de mettre en œuvre le programme de
travail ;
- Le développement des consultations, de la coordination et du partage d’information et de la
documentation ;
- Le renforcement l’interaction entre les programmes de travail des trois conventions par
l’intermédiaire des réseaux régionaux ;
38
- L’échange des listes de centres de coordination de façon à encourager la coopération au
niveau local ;
- Le ralliement leur fichier respectif d’experts dans les domaines du changement climatique, de
la diversité biologique et de la désertification par l’intermédiaire de leur site internet ;
- L’organisation des forums consultatifs dont les thèmes porteront sur les trois conventions au
niveau des pays.
4. Le Financement
Le Fond pour l’Environnement Mondial (FEM) a été établi par la Banque Mondiale, le programme
des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE) en 1991 pour fournir des ressources financières à
certains projets de pays en développement qui ont des avantages écologiques globaux non seulement
dans le domaine des changements climatiques mais aussi de la biodiversité. Les fonds disponibles
sont basés sur des contributions volontaires des gouvernements.
Les projets éligibles doivent être dirigés par les pays et basés sur des priorités nationales qui
soutiennent le développement le développement durable. Le FEM s’intéresse à quatre champs
d’intérêts :
- Le changement climatique ;
- La diversité biologique ;
- Les eaux internationales ;
- La protection de la couche d’ozone.
- La désertification
Il doit s’accompagner de renforcement des capacités. La livraison d’un nouveau matériel seulement
conduit rarement à des « avantages environnementaux, réels, mesurables et à long terme » dans le
pays hôtes. Dans de nombreux cas, il est absolument essentiel de renforcer les institutions locales
existantes. Cela comprend le renforcement des compétences administratives et de transfert de savoir-
faire pour le fonctionnement et la reproduction des nouveaux systèmes technologies de façon
durable.
39
CONCLUSION
40
10. L’élaboration et mise en œuvre des stratégies de mobilisation des ressources financières au
niveau national et international.
11. L’élaboration d’un portefeuille de projets incluant des technologies propres en matière de
changements climatiques.
12. Promotion de projets de technologies propres.
41
BIBLIOGRAPHIE
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Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en Afrique. Mars 1997.
Internet ; note d’information sur les aspects institutionnels du développement durable en Côte
d’Ivoire
Communication initiale du Sénégal à la convention cadre des Nations-Unies sur les changements
climatiques (C C N U C C) novembre 1997.
Plan d’Action environnementale de la Côte d’Ivoire (Tome II) 1996-2010 document final. Abidjan,
juin 1995.
THIERRY C Pauchant et Jean Guimet ; ECO décision Revue environnement et Politique Edition
Française HIVER 1996.
Cellule de coordination du projet sur les gaz à effet de serre en Côte d’Ivoire ; Inventaire Vol 1 ; juin
1996.
Cellule de coordination du projet sur les gaz à effet de serre en Côte d’Ivoire ; Mesures
d’Atténuation ; novembre 1998.
African Center for Technology Studies (ACTS) ; Conférence africaine sur les politiques et mesures
d’adaptation possibles aux changements climatiques ; Exposé de la position des participants ; 5-8
décembre 1994.
Cellule de coordination du projet sur les gaz à effet de serre en Côte d’Ivoire ; Mesures d’atténuation
des émissions de gaz à effet de serre en Côte d’Ivoire : Secteur Forêts ; juillet 1997.
42
TABLE DES MATIERES
Pages
SOMMAIRE
LEXIQUE ………………………………………………………………………………….. 1
RESUME ………………………………………………………………………………….. 2
43
3. L’observation systématique, la collecte et l’échange d’information …...…..…… 38
4. Le Financement ………………………………………………………………………… 39
5. Le transfert des technologies ……………………………………………….………... 39
CONCLUSION ……………………………….…………………………………………… 40
BIBLIOGRAPHIE ………………………………………………………………………... 42
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