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Electricité nucléaire E 32
$VSHFWVQRQQXFOpDLUHVGHVFHQWUDOHV3:5
,QWURGXFWLRQ
Le système de refroidissement d’un réacteur à eau sous pression (PWR) comporte deux
parties :
(1) Le FLUFXLW SULPDLUH parcouru par le fluide caloporteur (jouant également le rôle de
modérateur) qui passe dans le cœur du réacteur et enlève la chaleur engendrée par fission
et par le rayonnement des produits de fission accumulés dans les éléments de combustible.
L’énergie thermique véhiculée dans le circuit primaire est transférée au circuit secondaire,
dans le générateur de vapeur (GV).
(2) le FLUFXLW VHFRQGDLUH parcouru par de l'eau qui, mise en contact avec le circuit primaire
dans le GV, se transforme en vapeur saturée sèche1. Cette vapeur est d'abord détendue
dans le corps HP d'une turbine à vapeur. Lorsque la fraction de liquide sous forme de
gouttelettes atteint 13 % (le titre de la vapeur saturée humide étant alors x = 0,87), cette
fraction est séparée de la vapeur saturée sèche, la vapeur restante étant resurchauffée
avant d'être détendue dans les corps BP de la turbine.
La présence des deux circuits résulte de considérations de sûreté. En effet, l’eau traversant
le cœur est radioactive car : (1) des produits de fission y migrent à travers les gainages ; (2)
des produits dissous dans l’eau (sous l’effet de la corrosion métallique) s’activent par capture
neutronique. Pour limiter au maximum le passage de produits radioactifs vers le monde
extérieur, on a voulu isoler l’eau radioactive en l’emprisonnant dans le circuit primaire. Le
fluide moteur (de la vapeur d’eau) utilisé pour la production d’électricité n’est donc pas en
contact (direct) avec les éléments de combustibles et n’est pas radioactif.
1
Point se trouvant sur la ligne de saturation de la phase vapeur dans le diagramme représenté à la
figure E10.
)LJXUH(/HF\FOHGH5DQNLQHHQOHVYDULDEOHV VW
on peut montrer, comme nous le faisons ci-dessous, qu’il vaut environ 0,33
4= ∫ G9 Σ I (I φ , (2.2)
UpDFWHXU
où Ef est l’énergie dégagée lors d’une fission (200 MeV) et ∑f Φ le taux de fission (nombre de
réactions de fission par cm3), Φ étant le flux local de neutrons et ∑f la section efficace
macroscopique de fission, produit du nombre de noyaux fissiles par unité de volume et de la
section efficace microscopique de fission (N σf).
Ce rendement est à comparer aux rendements respectifs d’une turbine à gaz en cycle ouvert
(η=0,33), d’une installation à charbon pulvérisé et à conditions de vapeur sous-critique
(η=0,40) et supercritique (η=0,45), d’une centrale IGCC2 (η=0,43) et d’un cycle combiné gaz-
vapeur (TGV) (η=0,55). On arrive donc au résultat paradoxal (mais qui s’explique par le
cycle thermodynamique) qu’avec un combustible à haute densité énergétique (le nucléaire),
on obtient un rendement relativement peu élevé : η=0,33 contre η=0,55 pour les TGV.
&DUDFWpULVWLTXHVSULQFLSDOHVGHVUpDFWHXUV3:5
Les caractéristiques d’une centrale PWR résultent d’une optimisation globale qui tient
compte à la fois de facteurs économiques et des exigences de sûreté. Parmi les
caractéristiques, la température de la vapeur qui alimente la turbine joue un rôle important :
plus sa valeur est élevée plus le rendement (c-à-d. rapport entre la puissance électrique
fournie au réseau et la puissance thermique de la centrale) est élevé. Dans les centrales
actuelles cette température se situe aux alentours de 280°C. A cette valeur sont liées
directement (pour les réacteurs à eau bouillante, BWR) et indirectement (pour les PWR) les
valeurs des paramètres qui règlent le transfert de l’énergie produite dans le réacteur.
La puissance thermique d’un réacteur PWR est ajustée à la charge de la centrale par
l’intermédiaire de la réactivité. Le transfert de puissance entre le réacteur et le générateur de
vapeur est réalisé par le fluide caloporteur, dont les conditions thermohydrauliques sont
définies par la température, la pression et le débit. Pression et température satisfont à la
condition de non-saturation (non-ébullition).
Pour que la puissance transmise par le fluide caloporteur s’adapte exactement à celle du
réacteur, on dispose donc de deux paramètres fondamentaux, à savoir la température et le
débit, pour une pression fixée.
En fait, le débit du circuit primaire est fixé à une valeur constante. On a intérêt à avoir un
débit élevé pour que la différence de température de l’eau du circuit primaire entre l’entrée et
la sortie du réacteur soit réduite, et que la température moyenne de l’eau soit élevée. En
effet, la densité de flux de chaleur entre les circuits primaire et secondaire, est grosso modo
proportionnelle à la différence entre les températures moyennes des fluides primaire et
secondaire. Toutefois, si on augmente le débit d’eau du circuit primaire, on augmente
également les pertes de charge et la puissance de pompage nécessaire. Un calcul
d’optimisation conduit finalement à fixer le débit d’eau du circuit primaire à 51.200 t/h pour
une unité de 900 MWe et à 68.760 t/h pour une unité de 1.300 MWe.
La température maximale de l’eau dans la cuve est limitée aux environs de 330°C par les
conditions d’échange thermique au niveau de la gaine du combustible. Il faut tenir compte du
fait qu’une augmentation de la température se traduit par un accroissement de la pression,
donc du coût de réalisation des cuves et de tous les composants sous pression. Pour une
unité de 900 MWe, la température de l’eau à la sortie de la cuve peut varier de 286°C
2
Pour ,ntegrated *azeification &ombined &ycle.
(puissance nulle) à 323°C (pleine puissance) et, pour une unité de 1.300 MWe, cette même
température peut varier de 293°C à 328°C.
La pression de l’eau du circuit primaire est maintenue à 155 bar, ce qui correspond à une
température de saturation de 345°C pour les deux types d’unités. Ainsi, grâce à cette marge
de sécurité, même à la puissance maximale, l’ébullition en masse dans le cœur du réacteur
est évitée. La pression élevée du fluide primaire en fonctionnement normal impose des
sollicitations importantes aux équipements et conduit à utiliser une technologie
particulièrement élaborée à tous les stades de fabrication.
Le maintien de la pression à la valeur choisie est réalisé par le pressuriseur branché sur
l’une des boucles de refroidissement, dans lequel l’eau primaire est en équilibre de pression
)LJXUH(/DFXYHGHSUHVVLRQHWOHFRHXUG¶XQUpDFWHXU3:5
avec sa vapeur. Il faut donc conserver un niveau libre dans le pressuriseur. En pratique, le
niveau est maintenu sensiblement constant malgré les variations de température de l’eau
primaire, par l’intervention du circuit de contrôle volumétrique et chimique qui procède aux
ajustements nécessaires.
/DFXYHGXUpDFWHXU
Les cuves des réacteurs sont des enceintes sous pression qui contiennent le fluide de
refroidissement et supportent le cœur du réacteur par l’intermédiaire des équipements
internes. Une cuve est un ouvrage de chaudronnerie lourde composé d’un corps et d’un
couvercle amovible. L’assemblage des deux parties est assuré par une série de goujons
filetés bridant l’ensemble des deux pièces. La figure E11 montre la disposition des
assemblages de combustible dans la cuve de pression d’un réacteur PWR.
C < 0,25 %
1,15 % < Mn < 1,5 %
Mo ≈ 0.6 %
0,4 % < Ni < 1 %
La paroi intérieure de la cuve est revêtue d’un dépôt d’acier inoxydable réalisé par soudage
manuel ou automatique et destiné à éviter la corrosion de l’acier ferritique par l’eau du circuit
de refroidissement.
Le fond de cuve est traversé par les guides des doigts de gants qui recevront
l’instrumentation de mesure du flux neutronique à l’intérieur du cœur du réacteur. Les
fourreaux sont placés sur des manchettes d’adaptation fixées sur la partie supérieure du
couvercle.
L’eau de refroidissement du réacteur, refoulée par les pompes situées dans les boucles
primaires, pénètre dans la cuve par des tubulures et descend dans l’espace annulaire
compris entre l’enveloppe du cœur et la paroi de la cuve, et ceci pour refroidir cette paroi
échauffée par le rayonnement n, β, γ. Après un changement de direction en fond de cuve,
l’eau remonte à travers le fond-support, s’échauffe dans le coeur et sort transversalement
de la cuve au niveau des tubes-guides, pour se diriger vers le circuit secondaire et y céder
sa chaleur dans les générateurs de vapeur.
/HSUHVVXULVHXU
Pour maintenir constante la pression, il faut agir sur la température de l’eau, soit par
chauffage de celle-ci, soit par refroidissement effectué par aspersion. Le chauffage se fait en
phase liquide et non en phase vapeur car le coefficient d’échange thermique est plus élevé.
La température croît, la pression également, mais le point de fonctionnement reste toujours
sur la courbe de saturation.
3
Celui-ci devient préoccupant si T>450°C.
combustibles qui pourrait réduire le transfert de chaleur entre les éléments de combustible et
le fluide caloporteur.
Au pressuriseur est associé un réservoir de décharge (voir la figure E12) dont le rôle est de
condenser et refroidir de la vapeur de décharge en provenance des vannes de réglage du
pressuriseur qui, comme tout réservoir sous pression est équipé de vannes de sécurité. La
condensation se fait par injection de la vapeur de décharge dans la phase liquide du
réservoir. Le refroidissement se fait, soit par aspersion d’eau froide sur la phase liquide, soit
par utilisation d’un serpentin plongeant dans cette phase liquide.
/HVSRPSHVSULPDLUHV
La circulation de l’eau primaire est assurée par trois moto-pompes (une sur chaque boucle).
L’ensemble moto-pompe, à arbre vertical, a une puissance de l’ordre de 5 MW. Les pompes
tournent à une vitesse de 1.500 tr/mn. Le rôle des pompes primaires est d'assurer un débit
suffisant pour le transfert de chaleur et le refroidissement du combustible. Elles sont de
simples accélérateurs du circuit d’eau destinés à faire passer un très grand débit dans le
cœur du réacteur (20.000 m3/h chacune) et n’ont donc à vaincre que les pertes de charge.
L’augmentation de pression est faible (de l’ordre de 8 bar).
)LJXUH(/HUpVHUYRLUGHGpFKDUJHGXSUHVVXULVHXU
6WUXFWXUHHWIRQFWLRQQHPHQWGHVJpQpUDWHXUVGHYDSHXU
3ULQFLSH
L’eau du circuit primaire circule dans un faisceau de tubes immergés dans le fluide
secondaire. Ce dernier (qui est aussi de l’eau) arrive à l’état liquide, s’échauffe puis se
vaporise et, dans certains types de générateurs de vapeur, subit une surchauffe au contact
des [Link] les échanges de chaleur entre les fluides, à travers les parois des tubes,
sont régis en chaque point par une relation de la forme :
G4
ϕ= = K (θS − θV ) , (2.3)
G6
4 = K 6 ∆θ , (2.4)
dans laquelle ∆θ désigne l’écart entre les températures moyennes primaire et secondaire.
Du côté primaire, l’eau est à une pression d’environ 150 bar. Ses températures à l’entrée et à la
sortie du générateur de vapeur sont nécessairement voisines de celles qu’elle a,
respectivement, à la sortie et à l’entrée du réacteur, c’est-à-dire classiquement 330°C et 295°C.
En pratique, la température moyenne du fluide primaire dans le générateur de vapeur se situe
entre 300°C et 320°C.
Compte tenu de l’écart de température du fluide primaire assez faible entre l’entrée et la sortie
du générateur de vapeur, on ne peut obtenir, du côté secondaire, que de la vapeur à l’état
saturé sec ou légèrement surchauffé.
Pour obtenir une température secondaire de vaporisation maximale (donc une pression de
vapeur maximale) il faut, pour des températures primaires données, chercher à réduire
l’écart moyen de température ∆θ.
/HJpQpUDWHXUGHYDSHXUjYDSHXUVDWXUpHHWjUHFLUFXODWLRQ
Les puissances thermiques unitaires atteignent 1.000 MWth par GV. Les débits d’eau-vapeur
du circuit secondaire sont considérables. Ils sont de l’ordre de 500 kg/s (ou 1.800 t/h) pour
1.000 MWth. La pression de vapeur atteint 76 bar. Les débits primaires, également très
importants, sont de l’ordre de 16.000 t/h (ou 4.444 kg/s), soit environ 6 m3/s, pour une
puissance de 1.000 MWth. La surface d’échange peut aller jusqu’à 7.000 m² pour 1.000 MWth.
Les densités de puissance au niveau du faisceau sont en moyenne d’environ 150 kW/m² (ou 10
MW/m3). Elles peuvent atteindre localement 400 kW/m² (ou 25 MW/m3).
)LJXUH(/HJpQpUDWHXUGHYDSHXUjUHFLUFXODWLRQHWjYDSHXUVDWXUpHVqFKH
*pQpUDWHXUGHYDSHXUjUHFLUFXODWLRQHWjYDSHXUVDWXUpHVqFKH
Ce type de générateur de vapeur est retenu par la plupart des constructeurs de chaudières
nucléaires (Westinghouse, Combustion Engineering, Framatome, Kraftwerkunion). Il est utilisé
pour les tranches 900 MWe et 1.300 MWe du programme français de centrales à eau
pressurisée.
En dehors des pays de l’Est, plus de 200 tranches PWR équipées de générateurs de ce
type, représentant une puissance totale supérieure à 200.000 MWe, ont été commandées.
Sur ce nombre, 55 (correspondant à 38.000 MWe) sont actuellement en service.
Dans ces générateurs de vapeur, l’eau secondaire, en écoulement ascendant, est partiellement
vaporisée dans le faisceau jusqu’à l’obtention d’une vapeur saturée humide de titre compris
entre 0,2 et 0,4. L’émulsion ainsi produite passe dans un ensemble de séparation – séchage
qui assure la séparation de l’eau et de la vapeur, et le séchage de celle-ci. A la sortie, il subsiste
une humidité résiduelle dont on cherche à limiter le taux à une valeur inférieure à 0,25 % en
poids (titre supérieur à 0,997) pour réduire l’érosion des ailettes de la turbine.
)LJXUH(9XH©pFODWpHªG¶XQJpQpUDWHXUGHYDSHXUjUHFLUFXODWLRQHWjYDSHXU
VDWXUpHVqFKH.
L’eau séparée de la vapeur est mélangée à l’eau alimentaire et descend ensuite le long du
faisceau tubulaire par un circuit de retour d’eau (généralement annulaire), comme le montre la
figure E13. On a donc une recirculation de l’eau qui, dans toutes les réalisations actuelles, est
naturelle, c’est-à-dire qu’elle s’effectue uniquement sous l’effet de la différence de masse
volumique des fluides des colonnes d’eau et d’émulsion. Le taux de recirculation (rapport du
débit dans cette boucle de recirculation au débit de vapeur produit) est compris entre 2 et 4,5, à
la puissance nominale.
)DLVFHDXWXEXODLUH
Les circulations des fluides primaire et secondaire dans le faisceau n’étant pas obligatoirement
méthodiques (c’est-à-dire à contre-courant), ce type de générateur s’accommode de tubes en
forme de U inversé qui sont raccordés à leurs deux extrémités à la plaque tubulaire, comme le
montre la figure E14. Le faisceau comporte ainsi une branche chaude et une branche froide.
Dans leurs parties droites, les tubes en U sont supportés par les plaques ou grilles
entretoises. Dans les parties cintrées soumises à un écoulement transversal, des systèmes
de barres anti-vibratoires sont nécessaires.
Le faisceau est contenu dans une chemise cylindrique prolongée vers le haut par une structure
de raccordement à l’entrée des équipements de séparation. Cette chemise délimite, avec
l’enveloppe, l’espace annulaire.
)RQFWLRQQHPHQW
Comme le débit d’eau du circuit primaire reste constant pour tous les types classiques de
réacteurs pressurisés, on peut noter en premier lieu que l’écart de température du fluide
primaire entre l’entrée et la sortie du réacteur varie dans le même sens que la puissance. En
second lieu, la puissance échangée est régie par la loi (2.4).
La surface du générateur est fixée et, dans le cas du générateur de vapeur à recirculation, le
coefficient d’échange h est pratiquement indépendant de la charge du réacteur. Il en résulte
que l’écart moyen des températures entre primaire et secondaire varie dans le même sens
que la charge, et qu’à la limite, à charge nulle, la température de saturation au secondaire
est égale à la température moyenne du primaire.
Dans ces conditions, on peut envisager différents modes de fonctionnement à charge réduite
entre les options extrêmes suivantes :
Pour la conception du circuit secondaire, la première option est favorable, mais en raison
des écarts importants de température moyenne au primaire, elle entraîne de fortes variations
de la réactivité du cœur et du volume massique de l'eau primaire. Le pressuriseur, qui doit
absorber ces variations de volume, prend des dimensions excessives.
La seconde option conduit à des valeurs importantes de la pression de vapeur à basse charge,
ce qui pénalise le circuit secondaire, qui doit être calculé pour une pression élevée.
En fait on adopte un profil intermédiaire, dans lequel on admet à la fois une certaine baisse
de la pression secondaire et une augmentation modérée de la température moyenne
primaire en fonction de la charge.
/HFLUFXLWVHFRQGDLUH
L'étude de l'installation de production d'énergie électrique des réacteurs PWR sera faite sur
l'exemple d'une tranche des programmes électronucléaires français et belge. Cette
installation comprend :
- la turbine composée d'un corps haute pression et de plusieurs corps basse pression;
- un ensemble de sécheurs-surchauffeurs;
- le condenseur;
- le poste d'eau;
- le circuit de refroidissement du condenseur;
- l'alternateur et l'installation d'évacuation de l’énergie électrique.
Pour caractériser la puissance électrique d'une tranche nucléaire, on utilise les notions
définies ci-dessous :
3DUWLFXODULWpVGXF\FOHjYDSHXU
Par rapport au cycle thermique des centrales à combustibles fossiles classiques, le cycle de
Rankine d'une centrale nucléaire PWR possède certaines particularités :
- une partie du débit produit par les GV est utilisée pour surchauffer la vapeur entre la
sortie du corps HP et l'entrée des corps BP;
- la vapeur à la sortie du corps HP est d'abord débarrassée de sa phase liquide dans la
partie séparateur puis est surchauffée dans la partie surchauffeur du séparateur-
surchauffeur;
- les pompes alimentaires sont entraînées par des turbines à vapeur alimentées avec de
la vapeur prélevée au GV. Ce sont les TPA (Turbo-Pompes Alimentaires);
- le cycle étant médiocre, on s'efforce d'en retirer le maximum. Ainsi, la phase liquide en
provenance du séparateur est envoyée vers un réchauffeur d’eau alimentaire;
- les débits sont élevés : 1,6 t/s de vapeur saturée sèche à 76 bar et 291°C;
- les soutirages et déviations de vapeur sont importants : le débit de sortie BP vaut
environ 53,5 % du débit sortant des GV;
&\FOHWKHUPRG\QDPLTXHHWUHQGHPHQW
Nous avons vu précédemment que le rendement du cycle de Carnot pour les températures
utilisées en pratique (27°C pour la source froide et 300°C pour la source chaude ) est de
l’ordre de 0,5 (voir relation (2.1)).
L’expression du rendement de Carnot n'est valable que pour des transformations réversibles.
Dans une installation industrielle, il faut faire intervenir un coefficient correcteur. Le rendement
réel est nettement inférieur au rendement théorique. La source froide ultime étant le milieu
ambiant (eau ou air), indépendant du type de centrale, le rendement de Carnot dépend surtout
de la température de la source chaude, en l’occurrence de la vapeur fournie par la chaudière
nucléaire. Cette température est relativement faible pour diverses raisons, notamment pour
assurer une tenue satisfaisante de la gaine de combustible. Dans ces conditions, le rendement
de Carnot d'une centrale nucléaire à eau pressurisée est modeste. Toutefois, la vapeur produite
par le GV étant saturée sèche (transformation isotherme, car changement de phase), le
rendement réel se rapproche davantage du rendement théorique que dans le cas des centrales
à combustibles fossiles dans lesquelles la vapeur est fortement surchauffée.
Enfin, un séchage suivi d'une resurchauffe de la vapeur après détente partielle, améliore le
rendement de la détente BP en diminuant le taux d'humidité de la vapeur. Cette opération
est d'ailleurs nécessaire pour la tenue de la turbine.
Les caractéristiques principales du cycle eau/vapeur des tranches nucléaires actuelles à eau
pressurisée sont indiquées dans le tableau E2 présenté plus bas. A titre de comparaison,
celles de la centrale de Chooz (305 MWe), première réalisation de la filière PWR en France,
sont également présentées.
avec :
− ηth : rendement du cycle thermodynamique théorique réel
− ηGV : rendement du générateur de vapeur
− ηL : rendement en ligne
− ηm : rendement mécanique
− ηa : rendement de l'alternateur
− ηTaP : rendement du transformateur primaire
− ηaux : rendement des auxiliaires (rapport puissance électrique
nette/puissance électrique brute)
Le rendement des centrales à eau sous pression, de l'ordre de η=0,33, est nettement
inférieur à ceux des centrales classiques ou nucléaires à neutrons rapides qui sont environ
η=0,40.4 Sauf modification importante du cœur du réacteur, on ne peut pas s'attendre à une
amélioration notable. L'introduction de générateurs de vapeur produisant de la vapeur
légèrement surchauffée (d'une vingtaine de degrés) permettrait de gagner environ un demi-
point de rendement. Le faible coût du combustible nucléaire par rapport à celui du charbon
ou du gaz ne doit toutefois pas laisser penser que le rendement a beaucoup moins
d'importance économique pour les centrales nucléaires que pour les centrales classiques.
En effet, le rendement intervient non seulement sur la consommation de combustible mais
aussi sur le coût de l'investissement.
7DEOHDX(&DUDFWpULVWLTXHVSULQFLSDOHVGXF\FOHHDXYDSHXUGHWUDQFKHV3:5DFWXHOOHV
4
Les caractéristiques de la vapeur sont, dans une centrale au charbon, 540°C et 180 bar et dans une
centrale nucléaire à neutrons rapides, 490°C et 180 bar.
/DWXUELQH
La turbine d'une tranche nucléaire PWR comporte un corps haute pression dans lequel,
après avoir traversé des vannes d'isolement (vannes d'arrêt) et des soupapes de réglage, la
vapeur subit une première détente, ainsi que plusieurs corps basse pression à double flux
dans lesquels la vapeur qui a été séchée et surchauffée, se détend.
7DEOHDX(4XHOTXHVFDUDFWpULVWLTXHVGHVWXUELQHVGHFHQWUDOHV3:5DFWXHOOHV
Dans une centrale avec réfrigération sèche, la pression de condensation nominale serait
plus élevée, de l'ordre de 100 mbar au lieu de 50 et le débit volumique à l'échappement
moins important, de sorte qu'une section d'échappement moindre serait suffisante et on
pourrait envisager de construire des groupes turbo-alternateurs 1.300 MW à 3.000 tr/mn qui,
étant moins encombrants, coûteraient moins cher.
+XPLGLWpGHODYDSHXUVpFKHXUVVXUFKDXIIHXUV
Le corps haute pression de la turbine reçoit de la vapeur saturée sèche dont le taux
d'humidité est de 0.3 % environ. Lors de la détente, le taux d'humidité augmente ce qui
favorise l'apparition de gouttelettes d'eau qui, entraînées à grande vitesse, provoquent
l'érosion des parties métalliques qu'elles rencontrent.
L'adoption d'acier inoxydable a permis de diminuer l'importance de cette érosion, mais n'a pas
suffi à l'éliminer. Il est donc nécessaire de réduire le taux d'humidité. A cet effet, on limite le titre
de sortie du corps BP (voir figure E15). La vapeur sortant du corps haute pression est séchée
dans un appareil comportant des chicanes en tôle ondulée, puis surchauffée par de la vapeur
prélevée au GV. Cette surchauffe permet de poursuivre la détente dans les corps BP de la
turbine sans que le taux d'humidité dépasse 13 % en fin de détente. Elle améliore le rendement
net de l'installation, car on perd 1 point de rendement de détente par pourcent d'humidité.
)LJXUH(/LJQHGHGpWHQWHGHODYDSHXUGDQVODWXUELQHG¶XQUpDFWHXU3:5
'LDJUDPPHGH0ROOLHU
6pSDUDWHXUVXUFKDXIIHXU
Ce dispositif est spécifique aux centrales nucléaires et indispensable si l'on veut améliorer le
rendement thermique sans impact nuisible sur les turbines à vapeur.
Un soutirage sur le GV est utilisé pour surchauffer la vapeur à la sortie du corps HP avant de
l'envoyer vers le corps BP. La raison est liée à la très mauvaise qualité de la vapeur : la plus
grande partie du cycle se trouve sous la courbe de saturation et un moyen d'en sortir
consiste à surchauffer la vapeur que l'on a détendue jusqu'à la limite d'humidité relative
compatible avec les turbines à vapeur (x = 0,87).
La vapeur à traiter passe dans un ensemble de cyclones qui vont lui enlever son humidité
par centrifugation des gouttelettes. Saturée sèche, cette vapeur passe ensuite au travers
d'un faisceau tubulaire pour surchauffer la vapeur vive soutirée sur les GV (voir figure E16).
/HSRVWHG¶HDX
/DVRXUFHIURLGH
&RQGHQVHXU
Le condenseur constitue le meilleur endroit pour réintroduire les drains des réchauffeurs BP,
ainsi que l'eau de réparation des purges et fuites : cette eau est pulvérisée dans la vapeur à
une température légèrement supérieure, afin d'en assurer le dégazage par flashing (auto-
évaporation).
)LJXUH(/HVpSDUDWHXUVXUFKDXIIHXU
• du débit du fleuve;
• de sa température;
• de la température et de l'humidité de l'air qui fixent les conditions de fonctionnement de la
tour.
A titre d’exemple, pour la centrale de Tihange, il faut évacuer (sans impact sur l'environnement
au-delà des normes légales) vers l'ambiance une puissance thermique 3WK égale à :
3WK = 31 (1 − η1 ) + 32 (1 − η2 ) + 33 (1 − η3 ), (2.5)
expression dans laquelle, 33 et 3, désignent les puissances thermiques des tranches 1, 2
et 3 de la centrale, (respectivement 2.652, 2.775 et 2.988 MWth) et η1, η2 et η3 leurs
rendements (respectivement 0,32, 0,33 et 0,33).
/pJLVODWLRQVXUOHVUHMHWVWKHUPLTXHV
Le déversement des eaux en provenance des 3 unités de Tihange doit respecter la législation
en vigueur, relative à la protection des eaux de surface; ces conditions sont les suivantes :