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E .

Electricité nucléaire E 32

$VSHFWVQRQQXFOpDLUHVGHVFHQWUDOHV3:5

,QWURGXFWLRQ

Le système de refroidissement d’un réacteur à eau sous pression (PWR) comporte deux
parties :

(1) Le FLUFXLW SULPDLUH parcouru par le fluide caloporteur (jouant également le rôle de
modérateur) qui passe dans le cœur du réacteur et enlève la chaleur engendrée par fission
et par le rayonnement des produits de fission accumulés dans les éléments de combustible.
L’énergie thermique véhiculée dans le circuit primaire est transférée au circuit secondaire,
dans le générateur de vapeur (GV).
(2) le FLUFXLW VHFRQGDLUH parcouru par de l'eau qui, mise en contact avec le circuit primaire
dans le GV, se transforme en vapeur saturée sèche1. Cette vapeur est d'abord détendue
dans le corps HP d'une turbine à vapeur. Lorsque la fraction de liquide sous forme de
gouttelettes atteint 13 % (le titre de la vapeur saturée humide étant alors x = 0,87), cette
fraction est séparée de la vapeur saturée sèche, la vapeur restante étant resurchauffée
avant d'être détendue dans les corps BP de la turbine.

La présence des deux circuits résulte de considérations de sûreté. En effet, l’eau traversant
le cœur est radioactive car : (1) des produits de fission y migrent à travers les gainages ; (2)
des produits dissous dans l’eau (sous l’effet de la corrosion métallique) s’activent par capture
neutronique. Pour limiter au maximum le passage de produits radioactifs vers le monde
extérieur, on a voulu isoler l’eau radioactive en l’emprisonnant dans le circuit primaire. Le
fluide moteur (de la vapeur d’eau) utilisé pour la production d’électricité n’est donc pas en
contact (direct) avec les éléments de combustibles et n’est pas radioactif.

Le circuit primaire comporte quatre éléments principaux :

• le cœur du réacteur composé de crayons de combustible UO2 enrichi à environ 3 %,


encapsulé dans une gaine en zirconium et contenu dans la FXYH capable de résister aux
conditions thermodynamiques de l’eau (155 bar, 300°C). La cuve est en acier ; elle a une
épaisseur de 20 cm et est tapissée intérieurement d’un revêtement en acier inoxydable
(protection contre la corrosion) ;
• le SUHVVXULVHXU qui maintient le fluide caloporteur en phase liquide à 300°C. Comme l’eau
du circuit primaire joue également le rôle de modérateur, elle doit être maintenue en
phase liquide. La pression de saturation à cette température étant de 76 bar, le
pressuriseur maintient le circuit primaire à une pression de 155 bar.
• les SRPSHV SULPDLUHV qui font circuler l’eau et permettent de compenser les pertes de
charge du circuit;
• le JpQpUDWHXU GH YDSHXU qui est l’échangeur de chaleur entre le circuit primaire et le
circuit secondaire. C’est la source chaude du cycle de Rankine. Il produit de la vapeur
saturée sèche à 70 bar, 285°C (non surchauffée comme dans les centrales à
combustibles fossiles), fluide moteur utilisé pour la production d’électricité. La mauvaise
qualité (la faible exergie) de cette vapeur conduit à un mauvais rendement
thermodynamique du cycle à vapeur (η≈ 0,33) et à la nécessité de séparer les phases
liquide et vapeur dans un système appelé sécheur/surchauffeur (SS).

1
Point se trouvant sur la ligne de saturation de la phase vapeur dans le diagramme représenté à la
figure E10.

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 33

)LJXUH(/HF\FOHGH5DQNLQHHQOHVYDULDEOHV VW 

Les deux circuits de refroidissement (reliés par le GV), le pressuriseur et le sécheur-


surchauffeur sont caractéristiques de la filière PWR. Le cycle de Rankine est illustré à la
figure E10 ; il montre que le niveau (peu élevé) de la température à la source chaude conduit
à un rendement relativement faible.

D'après le principe de Carnot, la valeur du rendement maximal théorique d'une machine


thermique génératrice d'énergie est donnée par la relation :

énergie mécanique fournie T 300


ηc = = 1- 0 = 1- = 0.47 , (2.1)
énergie thermique reçue T1 573

où T0 désigne la température absolue de la source froide (27°C, soit 300K) et T1 la


température absolue de la source chaude (300°C, soit 573K).

En ce qui concerne le rendement total du cycle vapeur défini par la relation

η WRW = puissance électrique nette/chaleur fournie au cycle par le GV,

on peut montrer, comme nous le faisons ci-dessous, qu’il vaut environ 0,33

Dans un réacteur PWR de 1.000 MW e, la puissance thermique engendrée dans le cœur du


réacteur est de 3.000 MW th (3 boucles de 1.000 MW th). La puissance Qth produite par fission
est donnée par l’expression :

4= ∫ G9 Σ I (I φ , (2.2)
UpDFWHXU

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 34

où Ef est l’énergie dégagée lors d’une fission (200 MeV) et ∑f Φ le taux de fission (nombre de
réactions de fission par cm3), Φ étant le flux local de neutrons et ∑f la section efficace
macroscopique de fission, produit du nombre de noyaux fissiles par unité de volume et de la
section efficace microscopique de fission (N σf).

Rendement total = 1.000 MW e/3.000 MW th = 0,33.

Ce rendement est à comparer aux rendements respectifs d’une turbine à gaz en cycle ouvert
(η=0,33), d’une installation à charbon pulvérisé et à conditions de vapeur sous-critique
(η=0,40) et supercritique (η=0,45), d’une centrale IGCC2 (η=0,43) et d’un cycle combiné gaz-
vapeur (TGV) (η=0,55). On arrive donc au résultat paradoxal (mais qui s’explique par le
cycle thermodynamique) qu’avec un combustible à haute densité énergétique (le nucléaire),
on obtient un rendement relativement peu élevé : η=0,33 contre η=0,55 pour les TGV.

&DUDFWpULVWLTXHVSULQFLSDOHVGHVUpDFWHXUV3:5

Les caractéristiques d’une centrale PWR résultent d’une optimisation globale qui tient
compte à la fois de facteurs économiques et des exigences de sûreté. Parmi les
caractéristiques, la température de la vapeur qui alimente la turbine joue un rôle important :
plus sa valeur est élevée plus le rendement (c-à-d. rapport entre la puissance électrique
fournie au réseau et la puissance thermique de la centrale) est élevé. Dans les centrales
actuelles cette température se situe aux alentours de 280°C. A cette valeur sont liées
directement (pour les réacteurs à eau bouillante, BWR) et indirectement (pour les PWR) les
valeurs des paramètres qui règlent le transfert de l’énergie produite dans le réacteur.

La puissance thermique d’un réacteur PWR est ajustée à la charge de la centrale par
l’intermédiaire de la réactivité. Le transfert de puissance entre le réacteur et le générateur de
vapeur est réalisé par le fluide caloporteur, dont les conditions thermohydrauliques sont
définies par la température, la pression et le débit. Pression et température satisfont à la
condition de non-saturation (non-ébullition).

Pour que la puissance transmise par le fluide caloporteur s’adapte exactement à celle du
réacteur, on dispose donc de deux paramètres fondamentaux, à savoir la température et le
débit, pour une pression fixée.

En fait, le débit du circuit primaire est fixé à une valeur constante. On a intérêt à avoir un
débit élevé pour que la différence de température de l’eau du circuit primaire entre l’entrée et
la sortie du réacteur soit réduite, et que la température moyenne de l’eau soit élevée. En
effet, la densité de flux de chaleur entre les circuits primaire et secondaire, est grosso modo
proportionnelle à la différence entre les températures moyennes des fluides primaire et
secondaire. Toutefois, si on augmente le débit d’eau du circuit primaire, on augmente
également les pertes de charge et la puissance de pompage nécessaire. Un calcul
d’optimisation conduit finalement à fixer le débit d’eau du circuit primaire à 51.200 t/h pour
une unité de 900 MWe et à 68.760 t/h pour une unité de 1.300 MWe.

La température maximale de l’eau dans la cuve est limitée aux environs de 330°C par les
conditions d’échange thermique au niveau de la gaine du combustible. Il faut tenir compte du
fait qu’une augmentation de la température se traduit par un accroissement de la pression,
donc du coût de réalisation des cuves et de tous les composants sous pression. Pour une
unité de 900 MWe, la température de l’eau à la sortie de la cuve peut varier de 286°C

2
Pour ,ntegrated *azeification &ombined &ycle.

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 35

(puissance nulle) à 323°C (pleine puissance) et, pour une unité de 1.300 MWe, cette même
température peut varier de 293°C à 328°C.

La pression de l’eau du circuit primaire est maintenue à 155 bar, ce qui correspond à une
température de saturation de 345°C pour les deux types d’unités. Ainsi, grâce à cette marge
de sécurité, même à la puissance maximale, l’ébullition en masse dans le cœur du réacteur
est évitée. La pression élevée du fluide primaire en fonctionnement normal impose des
sollicitations importantes aux équipements et conduit à utiliser une technologie
particulièrement élaborée à tous les stades de fabrication.

Le maintien de la pression à la valeur choisie est réalisé par le pressuriseur branché sur
l’une des boucles de refroidissement, dans lequel l’eau primaire est en équilibre de pression

)LJXUH(/DFXYHGHSUHVVLRQHWOHFRHXUG¶XQUpDFWHXU3:5

avec sa vapeur. Il faut donc conserver un niveau libre dans le pressuriseur. En pratique, le
niveau est maintenu sensiblement constant malgré les variations de température de l’eau
primaire, par l’intervention du circuit de contrôle volumétrique et chimique qui procède aux
ajustements nécessaires.

/DFXYHGXUpDFWHXU

Les cuves des réacteurs sont des enceintes sous pression qui contiennent le fluide de
refroidissement et supportent le cœur du réacteur par l’intermédiaire des équipements
internes. Une cuve est un ouvrage de chaudronnerie lourde composé d’un corps et d’un
couvercle amovible. L’assemblage des deux parties est assuré par une série de goujons
filetés bridant l’ensemble des deux pièces. La figure E11 montre la disposition des
assemblages de combustible dans la cuve de pression d’un réacteur PWR.

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 36

Pour le choix du matériau de la cuve, les qualités de résistance mécanique et d’absence de


fragilisation sous le flux neutronique sont les critères les plus importants. Le souci d’obtenir
une bonne résistance au fluage3 et à la corrosion pouvait orienter les constructeurs vers le
choix d’un acier inoxydable austénitique, mais la mauvaise conductibilité thermique d’un
acier de ce type, qui aurait entraîné de fortes contraintes dans les parois épaisses et surtout
sa fragilisation sous rayonnement, lui ont fait préférer l’utilisation d’un acier ferritique à basse
teneur en carbone, ayant les caractéristiques suivantes :

C < 0,25 %
1,15 % < Mn < 1,5 %
Mo ≈ 0.6 %
0,4 % < Ni < 1 %

La paroi intérieure de la cuve est revêtue d’un dépôt d’acier inoxydable réalisé par soudage
manuel ou automatique et destiné à éviter la corrosion de l’acier ferritique par l’eau du circuit
de refroidissement.

Le fond de cuve est traversé par les guides des doigts de gants qui recevront
l’instrumentation de mesure du flux neutronique à l’intérieur du cœur du réacteur. Les
fourreaux sont placés sur des manchettes d’adaptation fixées sur la partie supérieure du
couvercle.

L’eau de refroidissement du réacteur, refoulée par les pompes situées dans les boucles
primaires, pénètre dans la cuve par des tubulures et descend dans l’espace annulaire
compris entre l’enveloppe du cœur et la paroi de la cuve, et ceci pour refroidir cette paroi
échauffée par le rayonnement n, β, γ. Après un changement de direction en fond de cuve,
l’eau remonte à travers le fond-support, s’échauffe dans le coeur et sort transversalement
de la cuve au niveau des tubes-guides, pour se diriger vers le circuit secondaire et y céder
sa chaleur dans les générateurs de vapeur.

/HSUHVVXULVHXU

La fonction principale de cet organe est de maintenir la pression du circuit primaire à sa


valeur de consigne. Si la pression est trop faible (eu égard à la température de saturation) il
y a risque d’ébullition massive et donc de fusion du combustible.

Le pressuriseur est un réservoir cylindrique dans lequel se trouve de l’eau en équilibre de


phase avec sa vapeur. Les grandeurs variables sont la pression (p) ou la température (T) et
le niveau (N).

Pour maintenir constante la pression, il faut agir sur la température de l’eau, soit par
chauffage de celle-ci, soit par refroidissement effectué par aspersion. Le chauffage se fait en
phase liquide et non en phase vapeur car le coefficient d’échange thermique est plus élevé.
La température croît, la pression également, mais le point de fonctionnement reste toujours
sur la courbe de saturation.

La phase liquide du pressuriseur est en liaison directe, par l’intermédiaire de la « tuyauterie


d’expansion », avec une boucle du circuit primaire. Ainsi tout le circuit primaire est mis sous
pression. La pression du circuit primaire est égale à la pression du pressuriseur (155 bar). La
température du circuit primaire (320°C) est inférieure à la température de l’eau du
pressuriseur (345°C) pour éviter l'apparition d'un anneau de vapeur autour des éléments

3
Celui-ci devient préoccupant si T>450°C.

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 37

combustibles qui pourrait réduire le transfert de chaleur entre les éléments de combustible et
le fluide caloporteur.

Au pressuriseur est associé un réservoir de décharge (voir la figure E12) dont le rôle est de
condenser et refroidir de la vapeur de décharge en provenance des vannes de réglage du
pressuriseur qui, comme tout réservoir sous pression est équipé de vannes de sécurité. La
condensation se fait par injection de la vapeur de décharge dans la phase liquide du
réservoir. Le refroidissement se fait, soit par aspersion d’eau froide sur la phase liquide, soit
par utilisation d’un serpentin plongeant dans cette phase liquide.

/HVSRPSHVSULPDLUHV

La circulation de l’eau primaire est assurée par trois moto-pompes (une sur chaque boucle).
L’ensemble moto-pompe, à arbre vertical, a une puissance de l’ordre de 5 MW. Les pompes
tournent à une vitesse de 1.500 tr/mn. Le rôle des pompes primaires est d'assurer un débit
suffisant pour le transfert de chaleur et le refroidissement du combustible. Elles sont de
simples accélérateurs du circuit d’eau destinés à faire passer un très grand débit dans le
cœur du réacteur (20.000 m3/h chacune) et n’ont donc à vaincre que les pertes de charge.
L’augmentation de pression est faible (de l’ordre de 8 bar).

)LJXUH(/HUpVHUYRLUGHGpFKDUJHGXSUHVVXULVHXU

Les pompes sont indispensables à la bonne marche et à la sécurité; en effet, le fonctionnement


en thermosiphon est pratiquement nul (en régime de puissance) car la différence de
température normalement tolérable entre l’entrée et la sortie de l’eau dans le réacteur est de
40°C environ (le fonctionnement en thermosiphon n’est toléré qu’après arrêt du réacteur dans
certaines conditions).

6WUXFWXUHHWIRQFWLRQQHPHQWGHVJpQpUDWHXUVGHYDSHXU

 3ULQFLSH

L’eau du circuit primaire circule dans un faisceau de tubes immergés dans le fluide
secondaire. Ce dernier (qui est aussi de l’eau) arrive à l’état liquide, s’échauffe puis se
vaporise et, dans certains types de générateurs de vapeur, subit une surchauffe au contact
des [Link] les échanges de chaleur entre les fluides, à travers les parois des tubes,
sont régis en chaque point par une relation de la forme :

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 38

G4
ϕ= = K (θS − θV ) , (2.3)
G6

dans laquelle ϕ désigne le flux thermique transmis, Q la puissance thermique transmise, S


la surface d’échange, K le coefficient d’échange entre les deux fluides (dont la valeur
dépend de l’état des fluides et de leurs vitesses ainsi que de la nature et de l’épaisseur de la
paroi), θp la température du fluide primaire, θs la température du fluide secondaire.

Intégrée sur l’ensemble de la surface d’échange, la relation prend la forme :

4 = K 6 ∆θ , (2.4)

dans laquelle ∆θ désigne l’écart entre les températures moyennes primaire et secondaire.

Du côté primaire, l’eau est à une pression d’environ 150 bar. Ses températures à l’entrée et à la
sortie du générateur de vapeur sont nécessairement voisines de celles qu’elle a,
respectivement, à la sortie et à l’entrée du réacteur, c’est-à-dire classiquement 330°C et 295°C.
En pratique, la température moyenne du fluide primaire dans le générateur de vapeur se situe
entre 300°C et 320°C.

Compte tenu de l’écart de température du fluide primaire assez faible entre l’entrée et la sortie
du générateur de vapeur, on ne peut obtenir, du côté secondaire, que de la vapeur à l’état
saturé sec ou légèrement surchauffé.

Pour obtenir une température secondaire de vaporisation maximale (donc une pression de
vapeur maximale) il faut, pour des températures primaires données, chercher à réduire
l’écart moyen de température ∆θ.

Mais la puissance thermique à transférer du circuit primaire au circuit secondaire est


imposée ; c’est la puissance thermique du réacteur divisée par le nombre de générateurs de
vapeur. On ne peut réduire ∆θ et donc augmenter la température du fluide secondaire, pour
une température primaire fixée, qu’en augmentant la surface d’échange ou en améliorant le
coefficient d’échange thermique. On est limité dans ces deux voies par le coût et par
certaines contraintes techniques. C’est ainsi qu’on ne peut diminuer l’épaisseur de la paroi
des tubes pour améliorer le coefficient d’échange, sans mettre en cause la tenue mécanique
des tubes (à la pression). On arrive cependant à obtenir des coefficients d’échange élevés
qui permettent, avec des surfaces d’échange économiquement acceptables, de réduire
l’écart minimum de température, entre les fluides primaire et secondaire, appelé pincement,
à environ 5 à 7°C seulement.

 /HJpQpUDWHXUGHYDSHXUjYDSHXUVDWXUpHHWjUHFLUFXODWLRQ

Avec ce type de générateur de vapeur, la vaporisation de l’eau n’est effectuée que


partiellement dans le faisceau en forme d’U renversé. Le faisceau fournit une émulsion eau-
vapeur (vapeur saturée humide). Cette émulsion est séparée mécaniquement. La phase
vapeur (vapeur saturée sèche) est fournie par le générateur. La phase liquide (liquide saturé)
est mélangée à l’eau alimentaire plus froide et le mélange ainsi obtenu est renvoyé dans le
faisceau en U du générateur par un circuit interne de recirculation (recirculation naturelle).
L’avantage (de principe) de cette solution réside dans le fait que l’ensemble du faisceau
fonctionne en ébullition nucléée du côté secondaire, donc avec de très bons coefficients
d’échange calorifique.

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 39

Les puissances thermiques unitaires atteignent 1.000 MWth par GV. Les débits d’eau-vapeur
du circuit secondaire sont considérables. Ils sont de l’ordre de 500 kg/s (ou 1.800 t/h) pour
1.000 MWth. La pression de vapeur atteint 76 bar. Les débits primaires, également très
importants, sont de l’ordre de 16.000 t/h (ou 4.444 kg/s), soit environ 6 m3/s, pour une
puissance de 1.000 MWth. La surface d’échange peut aller jusqu’à 7.000 m² pour 1.000 MWth.
Les densités de puissance au niveau du faisceau sont en moyenne d’environ 150 kW/m² (ou 10
MW/m3). Elles peuvent atteindre localement 400 kW/m² (ou 25 MW/m3).

)LJXUH(/HJpQpUDWHXUGHYDSHXUjUHFLUFXODWLRQHWjYDSHXUVDWXUpHVqFKH

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 40

 *pQpUDWHXUGHYDSHXUjUHFLUFXODWLRQHWjYDSHXUVDWXUpHVqFKH

Ce type de générateur de vapeur est retenu par la plupart des constructeurs de chaudières
nucléaires (Westinghouse, Combustion Engineering, Framatome, Kraftwerkunion). Il est utilisé
pour les tranches 900 MWe et 1.300 MWe du programme français de centrales à eau
pressurisée.

En dehors des pays de l’Est, plus de 200 tranches PWR équipées de générateurs de ce
type, représentant une puissance totale supérieure à 200.000 MWe, ont été commandées.
Sur ce nombre, 55 (correspondant à 38.000 MWe) sont actuellement en service.

Dans ces générateurs de vapeur, l’eau secondaire, en écoulement ascendant, est partiellement
vaporisée dans le faisceau jusqu’à l’obtention d’une vapeur saturée humide de titre compris
entre 0,2 et 0,4. L’émulsion ainsi produite passe dans un ensemble de séparation – séchage
qui assure la séparation de l’eau et de la vapeur, et le séchage de celle-ci. A la sortie, il subsiste
une humidité résiduelle dont on cherche à limiter le taux à une valeur inférieure à 0,25 % en
poids (titre supérieur à 0,997) pour réduire l’érosion des ailettes de la turbine.

)LJXUH(9XH©pFODWpHªG¶XQJpQpUDWHXUGHYDSHXUjUHFLUFXODWLRQHWjYDSHXU
VDWXUpHVqFKH.

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 41

L’eau séparée de la vapeur est mélangée à l’eau alimentaire et descend ensuite le long du
faisceau tubulaire par un circuit de retour d’eau (généralement annulaire), comme le montre la
figure E13. On a donc une recirculation de l’eau qui, dans toutes les réalisations actuelles, est
naturelle, c’est-à-dire qu’elle s’effectue uniquement sous l’effet de la différence de masse
volumique des fluides des colonnes d’eau et d’émulsion. Le taux de recirculation (rapport du
débit dans cette boucle de recirculation au débit de vapeur produit) est compris entre 2 et 4,5, à
la puissance nominale.

)DLVFHDXWXEXODLUH

Les circulations des fluides primaire et secondaire dans le faisceau n’étant pas obligatoirement
méthodiques (c’est-à-dire à contre-courant), ce type de générateur s’accommode de tubes en
forme de U inversé qui sont raccordés à leurs deux extrémités à la plaque tubulaire, comme le
montre la figure E14. Le faisceau comporte ainsi une branche chaude et une branche froide.

Cette disposition présente deux avantages de principe fondamentaux :

• les tubes peuvent se dilater librement en fonctionnement, indépendamment de


l’enveloppe du générateur soumise à la pression, et de ce fait subissent des sollicitations
thermomécaniques faibles ;
• les sections d’entrée et de sortie du fluide primaire sont localisées au bas de l’appareil ce
qui permet d’avoir des tuyauteries de liaison au réacteur plus courtes qu’avec les
générateurs à tubes droits.

Dans leurs parties droites, les tubes en U sont supportés par les plaques ou grilles
entretoises. Dans les parties cintrées soumises à un écoulement transversal, des systèmes
de barres anti-vibratoires sont nécessaires.

Le faisceau est contenu dans une chemise cylindrique prolongée vers le haut par une structure
de raccordement à l’entrée des équipements de séparation. Cette chemise délimite, avec
l’enveloppe, l’espace annulaire.

)RQFWLRQQHPHQW

Le générateur de vapeur peut avoir à transférer des puissances inférieures à la puissance


nominale lors du fonctionnement de la centrale à des charges partielles. Dans ce cas, toutes
les températures primaires et secondaires ne peuvent pas être maintenues à leurs valeurs
nominales. Les particularités de fonctionnement dépendent alors du type de générateur
utilisé.

Comme le débit d’eau du circuit primaire reste constant pour tous les types classiques de
réacteurs pressurisés, on peut noter en premier lieu que l’écart de température du fluide
primaire entre l’entrée et la sortie du réacteur varie dans le même sens que la puissance. En
second lieu, la puissance échangée est régie par la loi (2.4).

La surface du générateur est fixée et, dans le cas du générateur de vapeur à recirculation, le
coefficient d’échange h est pratiquement indépendant de la charge du réacteur. Il en résulte
que l’écart moyen des températures entre primaire et secondaire varie dans le même sens
que la charge, et qu’à la limite, à charge nulle, la température de saturation au secondaire
est égale à la température moyenne du primaire.

Dans ces conditions, on peut envisager différents modes de fonctionnement à charge réduite
entre les options extrêmes suivantes :

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 42

- la pression de vapeur (donc la température au secondaire) est maintenue constante.


Dans ce cas, la température moyenne au primaire décroît avec la charge;
- la température moyenne au primaire est maintenue constante. Dès lors la pression de
vapeur et la température au secondaire croissent lorsque la charge diminue.

Pour la conception du circuit secondaire, la première option est favorable, mais en raison
des écarts importants de température moyenne au primaire, elle entraîne de fortes variations
de la réactivité du cœur et du volume massique de l'eau primaire. Le pressuriseur, qui doit
absorber ces variations de volume, prend des dimensions excessives.

La seconde option conduit à des valeurs importantes de la pression de vapeur à basse charge,
ce qui pénalise le circuit secondaire, qui doit être calculé pour une pression élevée.

En fait on adopte un profil intermédiaire, dans lequel on admet à la fois une certaine baisse
de la pression secondaire et une augmentation modérée de la température moyenne
primaire en fonction de la charge.

/HFLUFXLWVHFRQGDLUH

L'installation de production d'énergie électrique (IPE) a pour rôle de transformer l'énergie


thermique fournie par la chaudière nucléaire en énergie électrique. Elle constitue la partie
dite conventionnelle de l'unité (par opposition à la partie nucléaire) et ne diffère des
installations à combustibles fossiles classiques que par sa puissance et les caractéristiques
de la vapeur provenant de la chaudière. Néanmoins ces caractéristiques particulières
entraînent certaines spécificités de conception et de fonctionnement.

L'étude de l'installation de production d'énergie électrique des réacteurs PWR sera faite sur
l'exemple d'une tranche des programmes électronucléaires français et belge. Cette
installation comprend :

- la turbine composée d'un corps haute pression et de plusieurs corps basse pression;
- un ensemble de sécheurs-surchauffeurs;
- le condenseur;
- le poste d'eau;
- le circuit de refroidissement du condenseur;
- l'alternateur et l'installation d'évacuation de l’énergie électrique.

Pour caractériser la puissance électrique d'une tranche nucléaire, on utilise les notions
définies ci-dessous :

- puissance électrique brute : puissance électrique fournie à la sortie de l'alternateur ;


- puissance électrique nette : puissance électrique brute diminuée de la consommation des
auxiliaires électriques de la tranche et des pertes dans le transformateur principal;
- puissance continue nette (PCN) ou puissance continue maximale nette : puissance
électrique nette que la tranche peut fournir de manière continue.

3DUWLFXODULWpVGXF\FOHjYDSHXU

Par rapport au cycle thermique des centrales à combustibles fossiles classiques, le cycle de
Rankine d'une centrale nucléaire PWR possède certaines particularités :

- comme les GV (générateur de vapeur) sont de type en U, la vapeur produite est


saturée sèche. Elle est directement envoyée au corps HP de la turbine pour être
détendue une première fois;

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 43

- une partie du débit produit par les GV est utilisée pour surchauffer la vapeur entre la
sortie du corps HP et l'entrée des corps BP;
- la vapeur à la sortie du corps HP est d'abord débarrassée de sa phase liquide dans la
partie séparateur puis est surchauffée dans la partie surchauffeur du séparateur-
surchauffeur;
- les pompes alimentaires sont entraînées par des turbines à vapeur alimentées avec de
la vapeur prélevée au GV. Ce sont les TPA (Turbo-Pompes Alimentaires);
- le cycle étant médiocre, on s'efforce d'en retirer le maximum. Ainsi, la phase liquide en
provenance du séparateur est envoyée vers un réchauffeur d’eau alimentaire;
- les débits sont élevés : 1,6 t/s de vapeur saturée sèche à 76 bar et 291°C;
- les soutirages et déviations de vapeur sont importants : le débit de sortie BP vaut
environ 53,5 % du débit sortant des GV;

&\FOHWKHUPRG\QDPLTXHHWUHQGHPHQW

Nous avons vu précédemment que le rendement du cycle de Carnot pour les températures
utilisées en pratique (27°C pour la source froide et 300°C pour la source chaude ) est de
l’ordre de 0,5 (voir relation (2.1)).

L’expression du rendement de Carnot n'est valable que pour des transformations réversibles.
Dans une installation industrielle, il faut faire intervenir un coefficient correcteur. Le rendement
réel est nettement inférieur au rendement théorique. La source froide ultime étant le milieu
ambiant (eau ou air), indépendant du type de centrale, le rendement de Carnot dépend surtout
de la température de la source chaude, en l’occurrence de la vapeur fournie par la chaudière
nucléaire. Cette température est relativement faible pour diverses raisons, notamment pour
assurer une tenue satisfaisante de la gaine de combustible. Dans ces conditions, le rendement
de Carnot d'une centrale nucléaire à eau pressurisée est modeste. Toutefois, la vapeur produite
par le GV étant saturée sèche (transformation isotherme, car changement de phase), le
rendement réel se rapproche davantage du rendement théorique que dans le cas des centrales
à combustibles fossiles dans lesquelles la vapeur est fortement surchauffée.

Comme pour les centrales à combustibles fossiles, on améliore le rendement en réchauffant


l'eau d'alimentation par des soutirages de vapeur à la turbine, ce qui permet d'utiliser la
chaleur de condensation de la vapeur soutirée, au lieu de la perdre au condenseur.

Enfin, un séchage suivi d'une resurchauffe de la vapeur après détente partielle, améliore le
rendement de la détente BP en diminuant le taux d'humidité de la vapeur. Cette opération
est d'ailleurs nécessaire pour la tenue de la turbine.

Les caractéristiques principales du cycle eau/vapeur des tranches nucléaires actuelles à eau
pressurisée sont indiquées dans le tableau E2 présenté plus bas. A titre de comparaison,
celles de la centrale de Chooz (305 MWe), première réalisation de la filière PWR en France,
sont également présentées.

Le rendement net est égal au rapport de la puissance électrique fournie au réseau à la


puissance thermique fournie par le réacteur. Il diffère de celui de Carnot parce que le cycle
réel diffère du cycle théorique par la prise en compte du rendement mécanique de la turbine,
du rendement des pompes, de l'alternateur, du transformateur et de la puissance absorbée
par les auxiliaires :

η = ηth. ηGV. ηL. ηm. ηa. ηTaP. ηaux

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 44

avec :
− ηth : rendement du cycle thermodynamique théorique réel
− ηGV : rendement du générateur de vapeur
− ηL : rendement en ligne
− ηm : rendement mécanique
− ηa : rendement de l'alternateur
− ηTaP : rendement du transformateur primaire
− ηaux : rendement des auxiliaires (rapport puissance électrique
nette/puissance électrique brute)

Le rendement des centrales à eau sous pression, de l'ordre de η=0,33, est nettement
inférieur à ceux des centrales classiques ou nucléaires à neutrons rapides qui sont environ
η=0,40.4 Sauf modification importante du cœur du réacteur, on ne peut pas s'attendre à une
amélioration notable. L'introduction de générateurs de vapeur produisant de la vapeur
légèrement surchauffée (d'une vingtaine de degrés) permettrait de gagner environ un demi-
point de rendement. Le faible coût du combustible nucléaire par rapport à celui du charbon
ou du gaz ne doit toutefois pas laisser penser que le rendement a beaucoup moins
d'importance économique pour les centrales nucléaires que pour les centrales classiques.
En effet, le rendement intervient non seulement sur la consommation de combustible mais
aussi sur le coût de l'investissement.

A puissance thermique constante (donc, à même dépense totale de combustible), une


amélioration du rendement permet d'augmenter la puissance électrique de la tranche et de
réduire proportionnellement le coût d'investissement par kW installé. Il est donc nécessaire
d'y porter attention lors des études d'optimisation.

Chooz 305 PWR 900 PWR 1 300


'(%,7'(9$3(85 7+ 1670 5460 7760
Admission HP 35 55 69.5
Pression bar 241 270 285
Température °C
Admission BP 5,6 11,1 10,1
Pression bar 235 253 267
Température °C 55 51 55
Pression de condensation(1) mbar 175 220 232
Température eau d'alimentation GV °C η=0,29 η=0,33 η=0,34
Rendement net

328581(($8'(5()52,',66(0(17$ƒ& 5()52,',66(0(17(1&,5&8,7
289(57 

7DEOHDX(&DUDFWpULVWLTXHVSULQFLSDOHVGXF\FOHHDXYDSHXUGHWUDQFKHV3:5DFWXHOOHV

4
Les caractéristiques de la vapeur sont, dans une centrale au charbon, 540°C et 180 bar et dans une
centrale nucléaire à neutrons rapides, 490°C et 180 bar.

Commission AMPERE Rapport principal


E . Electricité nucléaire E 45

/DWXUELQH

La turbine d'une tranche nucléaire PWR comporte un corps haute pression dans lequel,
après avoir traversé des vannes d'isolement (vannes d'arrêt) et des soupapes de réglage, la
vapeur subit une première détente, ainsi que plusieurs corps basse pression à double flux
dans lesquels la vapeur qui a été séchée et surchauffée, se détend.

Le nombre de corps basse pression varie suivant la puissance de la tranche et la période de


conception. Des progrès énormes ont été accomplis en 20 ans :

Tihange 1 460 MWe 2 corps BP à double flux


Tihange 3 1.000 MWe 3 corps BP à double flux
Chooz 1.500 MWe 2 corps BP à double flux

La vapeur en provenance de la chaudière étant à une pression et température moins


élevées que dans les installations à combustibles fossiles, son débit est plus élevé à
puissance électrique égale. A l'échappement des corps basse pression, il est nécessaire,
pour améliorer le rendement et assurer la tenue du condenseur, d'avoir une vitesse faible de
la vapeur, donc de prévoir de grandes sections de passage. Mais les dimensions unitaires
de l'échappement sont limitées par la contrainte centrifuge admissible sur la dernière roue,
qui est la plus grande et dont le diamètre dépasse 7 mètres aujourd’hui. Par ailleurs, on ne
peut pas avoir un nombre trop grand d'échappements pour que la ligne d'arbre reste
constructible. Or la contrainte centrifuge est fonction de la vitesse périphérique de l'ailette.
En divisant par deux la vitesse de rotation (1.500 tr/mn au lieu de 3.000 pour les turbines
classiques) on peut conserver la même contrainte centrifuge en multipliant par deux les
dimensions linéaires de l'échappement, donc sa section par 4. C'est pourquoi la vitesse de
1.500 tr/mn a été adoptée dès que la puissance a dépassé celle de la centrale de Chooz A
(CNA).

Chooz Tihange 960 MW 1 300 MW


Puissance nominale à l'accouplement MW 321 469 957 1355
Vitesse de rotation tr/mn 3000 1500 1500 1500
Nombre de corps BP 3 2 3 3
Nombre de flux d'échappement 6 4 6 6
Hauteur de la dernière ailette m 0,785 1,06 1,22 1,45
Diamètre de la dernière roue m 2,95 4,90 5,30 5,55
Section totale d'échappement m² 34,6 36,8 96 112,2
Pression nominale d'échappement mbar 55 45 48 55
Longueur de la turbine m 22,3 27,2 39,5 56,1

7DEOHDX(4XHOTXHVFDUDFWpULVWLTXHVGHVWXUELQHVGHFHQWUDOHV3:5DFWXHOOHV

Le problème de l'échappement se présente d'ailleurs de façon différente suivant que le


circuit de refroidissement du condenseur est ouvert, ou à réfrigérant humide, ou encore à
réfrigérant sec. Le tableau précédent correspond au cas du refroidissement en circuit ouvert.

Dans une centrale avec réfrigération sèche, la pression de condensation nominale serait
plus élevée, de l'ordre de 100 mbar au lieu de 50 et le débit volumique à l'échappement
moins important, de sorte qu'une section d'échappement moindre serait suffisante et on
pourrait envisager de construire des groupes turbo-alternateurs 1.300 MW à 3.000 tr/mn qui,
étant moins encombrants, coûteraient moins cher.

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E . Electricité nucléaire E 46

+XPLGLWpGHODYDSHXUVpFKHXUVVXUFKDXIIHXUV

Le corps haute pression de la turbine reçoit de la vapeur saturée sèche dont le taux
d'humidité est de 0.3 % environ. Lors de la détente, le taux d'humidité augmente ce qui
favorise l'apparition de gouttelettes d'eau qui, entraînées à grande vitesse, provoquent
l'érosion des parties métalliques qu'elles rencontrent.

L'adoption d'acier inoxydable a permis de diminuer l'importance de cette érosion, mais n'a pas
suffi à l'éliminer. Il est donc nécessaire de réduire le taux d'humidité. A cet effet, on limite le titre
de sortie du corps BP (voir figure E15). La vapeur sortant du corps haute pression est séchée
dans un appareil comportant des chicanes en tôle ondulée, puis surchauffée par de la vapeur
prélevée au GV. Cette surchauffe permet de poursuivre la détente dans les corps BP de la
turbine sans que le taux d'humidité dépasse 13 % en fin de détente. Elle améliore le rendement
net de l'installation, car on perd 1 point de rendement de détente par pourcent d'humidité.

)LJXUH(/LJQHGHGpWHQWHGHODYDSHXUGDQVODWXUELQHG¶XQUpDFWHXU3:5
 'LDJUDPPHGH0ROOLHU 

6pSDUDWHXUVXUFKDXIIHXU

Ce dispositif est spécifique aux centrales nucléaires et indispensable si l'on veut améliorer le
rendement thermique sans impact nuisible sur les turbines à vapeur.

Un soutirage sur le GV est utilisé pour surchauffer la vapeur à la sortie du corps HP avant de
l'envoyer vers le corps BP. La raison est liée à la très mauvaise qualité de la vapeur : la plus
grande partie du cycle se trouve sous la courbe de saturation et un moyen d'en sortir
consiste à surchauffer la vapeur que l'on a détendue jusqu'à la limite d'humidité relative
compatible avec les turbines à vapeur (x = 0,87).

La vapeur à traiter passe dans un ensemble de cyclones qui vont lui enlever son humidité
par centrifugation des gouttelettes. Saturée sèche, cette vapeur passe ensuite au travers
d'un faisceau tubulaire pour surchauffer la vapeur vive soutirée sur les GV (voir figure E16).

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E . Electricité nucléaire E 47

/HSRVWHG¶HDX

Afin d’augmenter le rendement thermodynamique du cycle, l’eau condensée n’est pas


envoyée directement dans les générateurs de vapeur de la chaudière nucléaire. Elle est
réchauffée au préalable jusqu’à 220°C par des soutirages de vapeur de la turbine pour les
tranches de 900 MWe et 232°C pour les tranches de 1.300 MW. Les débits des soutirages
sont fixés par le débit d’eau à réchauffer en provenance du condenseur et par l’augmentation
de température admissible. Au total, il est d’environ 45 % du débit de vapeur à l’admission
de la turbine.

/DVRXUFHIURLGH

&RQGHQVHXU

Le condenseur doit remplir les fonctions générales suivantes :

• assurer la condensation de la vapeur qui sort de la turbine BP;


• permettre d’obtenir une température de condensation aussi basse que possible;
• engendrer une perte de charge minimale côté vapeur, afin de réaliser une pression
minimale à l'échappement de la turbine;
• limiter le sous-refroidissement du condensat pour assurer l’extraction des incondensables,
afin d'assurer un bon transfert de chaleur.

Le condenseur constitue le meilleur endroit pour réintroduire les drains des réchauffeurs BP,
ainsi que l'eau de réparation des purges et fuites : cette eau est pulvérisée dans la vapeur à
une température légèrement supérieure, afin d'en assurer le dégazage par flashing (auto-
évaporation).

)LJXUH(/HVpSDUDWHXUVXUFKDXIIHXU

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E . Electricité nucléaire E 48

/HFLUFXLWG HDXGHUHIURLGLVVHPHQW &(&

En définitive, quels sont les paramètres qui fixent la puissance produite ?

Le vide au condenseur sera généralement le paramètre fixant la puissance, il dépend :

• du débit du fleuve;
• de sa température;
• de la température et de l'humidité de l'air qui fixent les conditions de fonctionnement de la
tour.

A titre d’exemple, pour la centrale de Tihange, il faut évacuer (sans impact sur l'environnement
au-delà des normes légales) vers l'ambiance une puissance thermique 3WK égale à :

3WK = 31 (1 − η1 ) + 32 (1 − η2 ) + 33 (1 − η3 ), (2.5)

expression dans laquelle, 33 et 3, désignent les puissances thermiques des tranches 1, 2
et 3 de la centrale, (respectivement 2.652, 2.775 et 2.988 MWth) et η1, η2 et η3 leurs
rendements (respectivement 0,32, 0,33 et 0,33).

Le calcul fournit la valeur de 5.700 MWth.

/pJLVODWLRQVXUOHVUHMHWVWKHUPLTXHV

Le déversement des eaux en provenance des 3 unités de Tihange doit respecter la législation
en vigueur, relative à la protection des eaux de surface; ces conditions sont les suivantes :

1. la température aval de la Meuse, mesurée après mélange au barrage d'Ampsin-Neuville, du


fait des rejets thermiques de la centrale QHSHXWGpSDVVHU°&
2. l'échauffement de la Meuse provoqué par la centrale HVWOLPLWpj°&
3. cette limitation SDVVHj°& dans certains cas particuliers de débits.

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