Chapitre 3: Engrenages
III.1 Introduction
Engrenage c’est l’ensemble des deux roues dentées s’engrenant l’une avec l’autre et
permettant de transmettre un mouvement ou une puissance avec un rapport de vitesse
invariable. Les engrenages caractérisé par :
– Systèmes de transmission de mouvement et de puissance les plus utilisés, les plus résistants
et les plus durables ;
– Ils sont normalisés ce qui permet leur interchangeabilité et réduit leur coût de fabrication ;
– La roue qui a le plus petit nombre de dents est appelée « pignon » et c’est généralement elle
qui reçoit la puissance du moteur ;
– Une combinaison d’engrenages est appelée « train d’engrenages ».
III.2 Les Trains d’engrenages
Les trains d’engrenages sont utilisés dans une grande quantité de machines et mécanismes
divers. Une machine est souvent constituée d’un ensemble moteur et d’un ensemble récepteur.
On appel chaîne cinématique, la chaîne de transmission de mouvement partant du moteur
et allant jusqu’au récepteur.
Les trains d’engrenage font souvent partie intégrante de cette chaîne cinématique. Ils ont
pour fonction d’adapter la fréquence de rotation entre le moteur et le récepteur.
Moteur Couple C1 Trains Récepteur Couple C1
Fréquence de rotation N1 d’engrenages Fréquence de rotation N1
III.3 Engrenages
Les engrenages ont pour fonction de transmettre une puissance d’un arbre en rotation à un
autre arbre tournant à une vitesse généralement différente, les deux vitesses restant dans un
rapport constant.
Donc, l’engrenage est un ensemble de deux roues dentées complémentaires, chacune en liaison
(pivot ou glissière) par rapport à un support (souvent le bâti). La petite roue se nomme le
pignon, la grande roue extérieure s’appelle la roue figure 1a, la grande roue intérieure s’appelle
la couronne figure 1b. L’une des roues peut avoir un rayon infini, elle s’appelle alors une
crémaillère figure 1c.
Les engrenages ont pour avantages un excellent rendement et un encombrement plutôt faible.
26
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Figure III.1 Types d’engrenages
III.3.1 Avantages et désavantages des engrenages
III.3.1.1 Avantages
- bon rapport puissance / encombrement
- rendement élevé
- toutes puissances à toutes vitesses
- fiabilité et durée de vie élevées
III.3.1.2 Désavantages
- niveau sonore important (surtout à haute vitesse)
- lubrification nécessaire
- coût plus élevé
III.4 Dents développante
Une développante d'un cercle est une courbe plane générée par un point sur une tangente, qui
roule sur le cercle sans glisser ou par un point sur une corde tendue qui est déballé à partir d'une
bobine comme le montre la Fig. 2 . Dans le cadre de roues dentées, le cercle est connu comme
cercle de base.
Figure III.2 Construction de dents en développante de cercle
27
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
On distingue les différents types d’engrenages suivant :
- Les engrenages à axes parallèles à denture droite ou hélicoïdale (Figure III.3 (a)),
- Les engrenages à axes concourants à denture droite ou hélicoïdale (Figure III.3 (b)),
- Les engrenages à axes non concourants ou gauches (roue-vis, hypoïde, Figure III.3 (c)).
(a) (b) (c)
Figure III.3 types d’engrenages
III.5 Les principales familles d’engrenages
Les principaux Schémas des engrenages sont illustrés dans le tableau suivant :
Figure III.4 Schémas des Principaux Engrenages
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.6 Fabrication des engrenages
Plusieurs méthodes sont possibles pour fabriquer les roues dentées, soit :
- Par moulage : au sable, pour solides en fonte ou en acier, sous pression pour roues en
alliages légers, ou matières plastiques. Les dentures sont très souvent achevées sur une
machine à tailler.
- Par forgeage : il donne également des dentures brutes.
- Par taillage :
- Taillage successif : les dents sont usinées complètement et successivement soit par une fraise
de forme (fraise module) (Figure III.5a) ou par génération avec outil crémaillère (Figure III.5b),
ou encore par génération avec outil-pignon Figue III.5c
- Taillage progressif : à chaque instant toutes les dents à tailler sont à peu près dans le même
état dans la génération par vis mère Figure III.5d.
(a)
Figure III.5 Fabrication des engrenages
29
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.7 Engrenages droits à dentures droites
III.7.1 Systèmes d’engrenages cylindriques à denture droite
Une roue est à denture droite lorsque le plan de symétrie de chaque dent contient l’axe de la
roue. Les roues extérieures tournent en sens contraires alors que pour un engrenage intérieur,
les deux roues tournent dans le même sens.
Figure III.6 Système d’engrenage cylindrique
III.7.2 Caractérisation des engrenages cylindriques à denture droite
- Cylindre primitif de fonctionnement ; diamètre primitif (d): cylindre décrit par l’axe
instantané de rotation du mouvement relatif de la roue conjuguée par rapport à la roue
considérée. La section droite du cylindre primitif donne le cercle primitif de diamètre d.
- Cylindre de tête ; diamètre de tête (da): cylindre enveloppe du sommet des dents. La section
droite du cylindre de tête donne le cercle de tête de diamètre da.
- Cylindre de pied ; diamètre de pied (df): cylindre enveloppe du fond des dents. La section
droite du cylindre de pied donne le cercle de pied de diamètre df.
- Saillie (ha): distance radiale entre le cylindre de tête et le cylindre primitif.
- Creux (hf): distance radiale entre le cylindre de pied et le cylindre primitif.
- Hauteur de dent (h) : distance radiale entre le cylindre de tête et le cylindre de pied.
- Flanc : portion de surface d’une dent comprise entre le cylindre de tête et le cylindre de pied.
- Profil : section d’un flanc par un plan normal à l’axe.
- Pas (P): longueur d’un arc de cercle primitif compris entre deux profils consécutifs.
- Largeur de denture (b): largeur de la partie dentée d’une roue mesurée suivant une génératrice
du cylindre primitif.
30
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
- Entraxe entre deux roues a : plus courte distance entre les axes des deux roues.
- Cercle de base : cercle permettant d’obtenir le profil en développante de cercle des dents.
- Ligne d’action : normale commune à deux profils de dents conjuguées, en leur point de
contact. Cette ligne est fixe pour les engrenages à développante de cercle.
- Angle de pression a : angle de la ligne d’action avec la tangente aux cercles primitifs (a = 20°
pour une denture normalisée).
- Module m : valeur permettant de définir les caractéristiques dimensionnelles de la roue dentée
( calculer par la résistance des matériaux). C’est le rapport entre le diamètre primitif et le
nombre de dents.
Figure III.7 Caractéristiques des roues à denture droite
Figure III.8 Caractéristiques des d’engrenage intérieur
31
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Figure III.9 Caractéristiques des engrenages cylindriques
32
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.7.3 Dimensions normalisées
Deux valeurs permettent de définir les roues dentées :
III.7.3.1 Module m
Choisi parmi les modules normalisés Tableau 1 et déterminé par un calcul de résistance des
matériaux. Ce module sera calculé par la suite.
Tableau III.1 Valeurs normalisée du module m
III.7.3.2 Nombre de dents Z
Le nombre de dents Z de chaque roue dentée permettant de définir le rapport des vitesses r
de l’engrenage Il existe un nombre minimal de dents pour avoir un engrènement correct pignon A /
roue B :
Nombre minimal de dents
ZA 13 14 15 16 17
ZB 13 à 16 13 à 26 13 à 45 13 à 101 13 à oo
III.7.4 Principales dimensions
Toutes les caractéristiques sont regroupées dans le tableau III.2
Tableau III.2 Caractéristiques des engrenages cylindriques à denture droite
33
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.8 Rapport de transmission d’un train d’engrenage
Un train d’engrenages comporte une Entrée, liée au Moteur et une (ou plusieurs) Sortie liée
au Récepteur.
On appel Rapport de Transmission noté « 𝑲𝟏, » le rapport entre la fréquence de rotation à
la sortie du train par la fréquence de rotation à l’entrée.
• Rapport de transmission
Avec « ω » en rad/s et « N » en tr/mn
Le signe moins (cas des roues extérieures) indique une inversion du sens de
rotation entre l'entrée et la sortie.
Figure III.10 Train d’engrenage simple
III.8.1 Cas des trains simples à deux engrenages
Dans ce cas il y a deux couples de roues en série. Le rapport de transmission est égal au
produit des rapports de transmission de chacun des deux couples de roues.
Figure III.11 Train simple à deux engrenages
34
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.8.2 Cas général : trains à n engrenages
Les roues menantes sont les roues motrices de chaque couple de roues. Les roues menées
sont les roues réceptrices.
Figure III.12 Train à ‘n’ engrenages
avec y = Nbre de contact extérieur
La valeur de « y » permet de déterminer le signe du rapport de transmission « K ».
1- Si « K » est positif → l’arbre de sortie tourne dans le même sens que l’arbre d’entrée.
2- Si « K » est négatif→ l’arbre de sortie tourne dans le sens inverse de l’arbre d’entrée.
III.9 Transmission de puissance a travers un train d’engrenage
III.9.1 Puissance d’entrée et de sortie d’une chaine cinématique
Les trains d’engrenages transmettent la puissance du moteur situé à l’entrée jusqu’au récepteur
situé à la sortie.
1. La puissance fournie par le moteur à l’arbre d’entrée – P moteur - est donnée par la relation
suivante : Pmoteur = C moteur. ω moteur
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
P moteur: Puissance fournie par le moteur à l’arbre d’entrée de la chaine cinématique en Watt.
C moteur: Couple fourni par le moteur à l’arbre d’entrée de la chaine cinématique en N.m.
ω moteur: Fréquence de rotation du moteur (arbre d’entrée) en rad/s
Remarque: Il ne faut pas confondre entre la puissance fournie par un moteur avec sa puissance
maximale, car à une vitesse donnée, le moteur d’une voiture fourni une puissance beaucoup
plus faible que sa puissance maxi
La plupart du temps c’est la machine réceptrice qui définit son besoin en puissance, c’est au
moteur et au train d’engrenage de satisfaire ce besoin.
De même, la puissance disponible pour le récepteur à la sortie de la chaine cinématique
(récepteur) est donnée par la même relation.
Précepteur = C résistant . ω sortie
Avec :
Précepteur : Puissance utile (disponible) pour le récepteur P (en Wat).
ω sortie : Fréquence de rotation de l’arbre de sortie (en rad/s)
C résistant: Couple résistant appliqué par le récepteur sur l’arbre de sortie (en N.m)
III.9.2 Rendement d’un d’engrenage
Un train d’engrenage est constitué d’un ou plusieurs engrenages. Le frottement au contact
entre les dents entraîne une perte de puissance. Cette énergie perdue est transformée en chaleur.
Les calories ainsi générés sont transportés par le lubrifiant (huile ou graisse) jusqu’à la paroi du
carter afin d’y être évacué par conduction dans l’atmosphère.
Un engrenage constitué d’un pignon « 1 » et d’une roue « 2 » aura un rendement noté 𝜂12.
Le rendement est proche de 100% pour les engrenages cylindriques à denture droite bien
lubrifiés. η ≈ 0.98 (98%)
Le rendement global d’un train d’engrenage est le produit du rendement de chaque engrenage.
Donc 𝜂𝑔𝑙𝑜𝑏= 𝜂1.𝜂2.𝜂3.𝜂4. 𝜂n
III.9.3 Relation entre la puissance d’entrée et la puissance de sortie
• En admettant que le rendement global de la chaîne cinématique est de 100%.
Alors : P récepteur = p moteur
• Si le rendement global de la chaîne cinématique est inférieur à 100% .
Alors : P récepteur = η 𝑔𝑙 . P moteur
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.9.4 Relation entre le couple d’entrée et le couple de sortie
A partir de la relation de puissance entrée: Précepteur = η𝑔𝑙𝑜𝑏𝑎𝑙 . P moteur
La puissance du moteur est : P moteu r= C𝑚𝑜𝑡𝑒𝑢𝑟.ω moteur
La puissance du récepteur est : P récepteur = C𝑟é𝑠𝑖𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡.ω sortie
On prend en considération les trois relations précedentes, nous obtenons
Avec: KS/E rapport de transmission
III.10 Calcul de dentures
On va traiter dans cette partie le calcul de la résistance de la dent qui nous donne la possibilité
par la suite de calculer le module (m), la pression superficielle appliquée sur la dent ainsi la
vérification du dimensionnement des engrenages
III.10.1 Calcul de la résistance
Le calcul va nous permettre de trouver l’expression du module qui sera utilisé pour calculer
les caractéristiques des roues dentées.
III.10.1.1 Calcul du module m
La dent est assimilée à une poutre encastrée libre à l’autre côté est chargé par l’effort T (effort
tangentielle) étant considéré perpendiculaire à l’axe de la dent.
Figure III.13 Une dent soumis à un effort tangentielle
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
D’après la condition de la résistance
Contrainte pratique en extension du matériau
𝐽 : Moment d’inertie
𝑀𝑓 : Moment de flexion maximal agissant à la base de la dent
T : effort tangentielle
m : est le module, il est toujours donnée en mm
e : Epaisseur de la dent, b : Largeur de la dent, la constante K généralement égale 10
Après simplification en tire la relation du module
dans les calcules en travaille avec un module m normalisée (choisi d’après le tableau)
III.10.1.2 Efforts sur les dentures – Couple transmis
L’effort F normal à la dent étant incliné de l’angle de pression α (20° en général), on
considère les deux projections de F suivant :
- la tangente commune aux diamètres primitifs : T
- la normale commune aux cercles primitifs (radiaux) : R
C : couple moteur, d : diamètre primitif
Figure III.14 les efforts appliqués sur une dent
38
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.11 Matériaux utilisés
Fonte à graphite sphéroïdal FGS : Roues de grandes dimensions.
- Aciers ordinaires type XC : Engrenages peu chargés.
- Aciers au nickel-chrome (10 NC 12) : Engrenages fortement chargés.
- Matières plastiques : Nylon, Téflon
Applications
Exercice1
Soit à transmèttre une puissance de 6 KW la valeur de l’entraxe a = 225 mm, la vitesse de
trotation soit 𝑁1 = 960 tr/mn, 𝑁2 = 120 tr/mn avec K= 10. la matière de l’engrenage A75, le
rendement 𝜂 = 0,95, la contrainte admissible 𝜎𝑝𝑒 = 90N/mm2
tableau: Contrainte admissible pour le calcul du diamètre de l’arbre.
Solution :
- La puissance de calcul est donnée par
− Les diamètres d1 et d2
- Le module m
- Le nombre de dents
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
- Supposant que l’on puisse modifier l’entraxe alors
- Vérification de la contrainte normale
Vérification de la contrainte normale =
Après le tableau suivant la contrainte comprise entre (9 et12) 𝑑𝑎𝑛/𝑚𝑚2, donc c’est correct.
Exercice2
Pour le train d’engrenage schématisé ci-dessous calculer :
- Le rapport de transmission du train d’engrenage (arbre 1 et arbre 2) Le rendement global
- La puissance de récepteur ainsi le couple résistant
Figure III.14 Train d’engrenage
Données :
- Le nombre de tours N= 1500 tr/min
- La puissance du moteur = = 3200W
40
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Solution
La chaîne cinématique est constituée de 4 engrenages et pour chaque engrenage il faudra
identifier :
- L’élément Menant ou moteur (qui provoque le mouvement de rotation).
- L’élément Mené (qui reçoit son mouvement de rotation de l’élément moteur)
Pour l’exemple ci-dessus on a :
1) la chaîne cinématique entre le moteur et la sortie 1:
On appel chaine cinématique, la chaine de transmission de mouvement partant du moteur et
allant jusqu’au récepteur.
Traçons le chemin que parcourt le mouvement
Le rapport de transmission :
Le rapport de transmission d’un train d’engrenage est donné par la relation (1) :
41
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
- Le train comporte « 3 engrenages extérieurs » alors « Y = 3 ».
- les éléments menants sont les pièces 1, 3, 4, 6
- Comme les éléments menés sont les pièces 2, 4, 5, 7
Donc, Le rapport de transmission est le suivant :
Nous constatons que le pignon « 4 » est à la fois menant et mené, sa présence ne modifie pas
le rapport de transmission « K » en valeur absolue mais seulement son signe, c’est à dire le sens
de rotation de l’arbre de sortie. Cette roue appelé roue folle.
En effet, la présence du pignon « 4 » implique que « y = 3 » c-à-dire sens de rotation inversé.
Alors que l’absence du pignon « 4 » implique que « y = 2 » c-à-dire même sens de rotation.
Pour là l’application numérique.
- Un rapport de transmission est toujours donne en valeur exacte sous forme de fraction
- Le signe (-) indique que l’arbre de sortie tourne dans le sens opposé
- La chaîne cinématique entre le moteur et la sortie 2
La chaîne cinématique est constituée d’un seul engrenage.
42
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Donc :
- Calcul de la puissance du récepteur
Puisque le rendement global de la chaîne cinématique est inférieur à 100%, Alors :
Donc la puissance perdue sous forme de chaleur est 447,2 W
- Calcul du couple moteur
43
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
D’où :
- Calcul du couple résistant
A partir de la relation du rapport de transmission en tire C résistant
Vérification de la valeur de la puissance de sortie
La fréquence de sortie est :
D’où :
D’après les résultats trouvés, on peut conclure qu’une réduction dela fréquence de rotation à
la sortie du train d’engrenage entraine une augmentation proportionnelle du couple de sortie
disponible (et inversement). Donc un réducteur de vitesse est aussi un multiplicateur de couple.
III.12 Engrenages cylindriques à dentures hélicoïdales
Un engrenage hélicoïdal a des dents en forme d'hélice figure1. Ces engrenages à axe
parallèles ont une ligne de contact, comme dans denture droite. Ceci permet d'obtenir un
engagement progressif et un contact continu. Les engrenages hélicoïdaux donnent entraînement
en douceur avec un rendement élevé de transmission.
Figure III.15 Engrenage Hélicoïdale
44
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.12.1 Caractérisation des engrenages cylindriques à denture hélicoïdale.
Les deux roues à dentures hélicoïdales doivent avoir leurs hélices de sens opposés pour
engrener ensembles. Quel que soit le diamètre, les roues dentées à denture hélicoïdale de même
module et de même angle d’hélice engrènent entre elles, à condition que les hélices soient de
sens contraire (Figure III.16).
Figure III.16 Engrenage Hélicoïdale
III.12.2 Avantages et inconvénients
- Les engrenages cylindriques à denture hélicoïdale ont un engrènement plus progressif que
les engrenages à denture droite
- Ils réduisent notablement les bruits et vibrations engendrés durant l’engrènement.
- Ils présentent également un meilleur rendement.
- Ils sont notamment utilisés dans les boîtes de vitesses d’automobiles, les réducteurs et les
multiplicateurs de vitesses. Mais l’inclinaison de l’effort entre les dentures du fait de l’hélice
engendre un effort axial durant l’engrènement.
III.12.3 Définitions
Hélice primitive : intersection d’un flanc avec le cylindre primitif d’une roue hélicoïdale.
Angle d’hélice (β) : angle entre la tangente à l’hélice primitive et une génératrice du cylindre
primitif.
Pas apparent (Pt) : longueur de l’arc de cercle primitif compris entre deux profils homologues
consécutifs.
Pas réel (Pn) : pas mesuré sur une hélice normale à l’hélice primitive.
Module apparent (mt) : rapport entre le pas apparent et le nombre de dents.
Module réel (mn) : rapport entre le pas réel et le nombre de dents.
45
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.12.4 Dimensions
Les dimensions d’une roue à denture hélicoïdale sont déterminées à partir :
- Du module normalisé, appelé ici module normal (ou réel) et désigné par mn, (Calculé par la
(R.D.M.)
- Du nombre de dents Z
- De l’angle d’inclinaison de l’hélice β
La relation entre pas normal Pn et pas tangentiel Pt permet de définir un module tangentiel (ou
apparent) mt (figure3).
Les dimensions de la roue dépendent alors de ce module tangentiel
Il existe donc un pas réel et un pas apparent repérer sur la figure ci-contre ces deux pas. Chaque
pas peut s’exprimer en fonction de son module respectif, ainsi que la relation entre ces pas.
Le module et les pas dépendent tous du même angle d’inclinaison de la denture
Figure III.17 Développée d’une roue à denture hélicoïdale
III.12.5 Calcul du module
T : composante tangentielle de l’effort de contact
Le module réel :
46
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Remarque
Pr (plan réel) = Pn (plan normal)
Pa (plan apparent) = Pt (plan de travail)
Pour satisfaire la continuité d’engrènement, il faut que :
BB′ ′≥ AB Avec BB′′ = 𝑏 𝑡𝑔β
D’où :
III.12.6 Caractéristiques des engrenages à dentures hélicoïdales
Toutes les relations sont regroupées dans le tableau III.3
Tableau III.3 Caractéristiques des engrenages cylindriques à denture hélicoïdales
On constate que le diamètre primitif varie avec l’angle d’hélice β, il en est de même pour les
diamètres de tête et de pied.
III.12.7 Efforts appliqués sur la dent
La composante normale à la denture donne ici trois forces :
47
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
- Effort radial R, déterminé par la relation :
- Effort axial A, déterminé par la relation :
Figure III.17 Efforts appliqués sur la roue dentée
III.12.8 Conséquences de l’inclinaison de la denture
• Douceur d’entrainement, d’où fonctionnement silencieux. L’incurvation des dents en hélice a
pour effet de réduire le glissement, d’assurer un contact progressif, d’augmenter la longueur de
conduite des flancs conjugués.
• Possibilité d’obtenir des entraxes quelconques en faisant varier l’angle d’hélice β
La formule de l’entraxe est similaire à celle de l’engrenage droit à denture droite, avec les
modules apparents bien entendu L’entraxe « a » est :
𝑑1 et 𝑑2 : diamètres primitifs, 𝑍1 et 𝑍2: nombre de dents pour le pignon et la roue
Da la relation précédente on peut tirer l’angle β, car ces données 𝑚𝑛, 𝑎, 𝑍1 et 𝑍2 sont imposées
- Comme les engrenages cylindriques à dentures droites, l’action de contact agissant aux
dentures se projette suivant une composante radiale et l’autre tangentielle. Mais, il y a une
naissance d’une poussée axiale qu’il faut la remédiée.
III.12.9 Compensation de l’effort axial dans les réducteurs à engrenages hélicoïdaux
Les dentures hélicoïdales provoquent une poussée axiale, d’où la nécessité de l’emploi de
butées. La poussée axiale est proportionnelle à l’angle d’hélice . On peut donc réduire la
48
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
poussée axiale en diminuant l’angle d’hélice, mais on peut également la supprimer, en utilisant
des :
• Roues à chevrons :
Deux dentures hélicoïdales sont taillées en sens inverse sur la même roue. Ces roues ont donné
le sigle des usines Citroën, voir Figure III.17 (a).
• Roues à dentures inversées accolées :
Les roues sont fixées entre-elles, un positionnement angulaire précis entre les deux roues
accolées doit être réalisé, voir Figure III.17 (b).
• Inclinaison des dentures sur les arbres intermédiaires des réducteurs :
Les dentures sur les arbres intermédiaires doivent être inclinées dans le même sens pour que les
efforts axiaux se compensent (dirigés en sens inverses). Le moto-réducteur ci-contre en montre
une application, voir Figure III.17 (c).
Figure III.17 (a) Roues à chevrons, (b) Roues à dentures inversées accolées et
(c) Inclinaison des dentures
Exercice d`application
Un moteur électrique tournant à 720 tr/mn, transmet une puissance de 3680 w à un arbre
récepteur devant tourner 240 tr/mn. Les roues dentées utilisées sont cylindriques à dentures
hélicoïdale et axe parallèles avec β = 25° ; l’entraxe approximatif 𝑒𝑎=240 𝑚𝑚, σpe = 30 MPa
et K = 8
1) Déterminer pour les deux roues les éléments de taillage
Solution
- Calcul des diamètres primitifs approximatifs
Le rapport de transmission
49
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Entraxe :
De (1) et (2) on tire 𝑑1=120 𝑚𝑚 𝑒𝑡 𝑑2= 360 𝑚𝑚
• Calcul des modules réel et apparent
Le module réel est calculé d’après la formule suivante
𝑚𝑟 ≥ 4,52 D’après le tableau on choisit 𝑚𝑟=5 (une valeur normalisée)
Le module apparent :
- Calcul les diamètres primitifs définitifs
-
Diamètres définitifs
Pour accepter ces valeurs il faut vérifier de choses le rapport de transmission et l’entraxe :
L’entraxe :
Remarque :
Pour l’angle β=25° l’entraxe calculé est différent de l’entraxe approché, pour avoir un
entraxe exact ou acceptable, il suffit de changer faut que l’angle β.
Cherchons une nouvelle valeur de l’angle β en se basant sur les diamètres trouvés
Avec : 𝑚𝑟 = 5, 𝑍1 =22 , 𝑍2 = 66 et a = 240 mm ⇒ β = 23°.33′
50
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Maintenant un nouveau calcul avec β = 23°.33′
Les résultats trouvés : 𝑚𝑟 = 5, 𝑀𝑎 = 5.458 et a =240.15 mm est acceptable.
III.13 Engrenages cylindriques à dentures coniques
Les engrenages coniques sont des engrenages à axes concourants figure 1. Ils permettent de
transmettre le mouvement entre deux arbres concourants, avec un rapport de vitesse rigoureux.
Les conditions d’engrènement imposent que les deux roues doivent avoir même module et que
les sommets des deux cônes soient confondus. Ce dernier impératif oblige le concepteur à un
centrage très précis des deux roues pour assurer un fonctionnement correct. Il faut donc prévoir
au montage un réglage axial des deux roues. On peut utiliser par exemple des boîtiers et des
cales de réglage.
Figure III.18 les Engrenages Coniques
51
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.13.1 Avantages et inconvénients des roues coniques
• Avantage
- Transmission de puissance entre arbre concourants.
- Très grande puissance.
• Inconvénient
- Les roues coniques ne vont que par paire.
- Réglage précis pour la coïncidence des sommets (S).
- La présence d’efforts axiaux importants ce qui entraine l’utilisation de butée, de roulement à
contact oblique.
III.13.2 Définitions
- Cône primitif, angle primitif δ : cône décrit par l’axe instantané de rotation du mouvement
relatif de la roue conjuguée par rapport à la roue considérée. Le demi-angle au sommet de ce
cône est l’angle primitif δ
- Cône de tête, angle de tête δa : cône enveloppe des sommets des dents. Le demi-angle au
sommet de ce cône est l’angle de tête δf
- Cône de pied, angle de pied δf : cône enveloppe des bases des dents. Le demi-angle au
sommet de ce cône est l’angle de pied δf
- Cône complémentaire : cône dont les génératrices sont perpendiculaires à celles du cône primitif,
à l’extrémité externe de la largeur de la denture.
Figure III.19 Les éléments d’un engrenage Coniques
52
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
- Diamètre primitif d : diamètre du cercle intersection du cône primitif et du cône
complémentaire (cercle primitif).
- Diamètre de tête da : diamètre du cercle intersection du cône de tête et du cône
complémentaire (cercle de tête).
- Diamètre de tête df : diamètre du cercle intersection du cône de pied et du cône
complémentaire (cercle de pied).
- Largeur de denture b : largeur de la partie dentée de la roue mesurée suivant une génératrice
du cône primitif.
- Saillie ha : distance entre le cercle primitif et le cercle de tête mesurée suivant une génératrice
du cône complémentaire.
- Creux hf : distance entre le cercle primitif et le cercle de pied mesurée suivant une génératrice
du cône complémentaire.
- Angle de saillie θa : différence entre l’angle de tête et l’angle primitif.
- Angle de pied θf : différence entre l’angle de pied et l’angle primitif.
- Pas : longueur de l’arc de cercle primitif compris entre deux profils homologues consécutifs
- Hauteur de dent : distance entre le cercle de tête et le cercle de pied, mesurée suivant une
génératrice du cône complémentaire.
III.13.3 Rapport de transmission
III.13.3.1 Principe
Soient N1 et N2 les vitesses respectives des roues coniques 1 et 2. Et soient δ1 et δ2 les demi-
angles aux sommets des cônes primitifs.
Soit un point M sur la génératrice de contact des cônes primitifs. Et Soit S le sommet commun
des cônes primitifs. Soient r1 et r2 les rayons des cônes primitifs au point M.
D’où : r1 = SM sin δ1 et r2 = SM sin δ2
Le rapport des vitesses détermine donc les demi-angles au sommet.
Dans le cas ou d1 et d2 sont orthogonaux (𝛿1 + 𝛿2 = 90°)
Le rapport de transmission s’écrit :
53
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.13.3.2 Module Moyen
Le module moyen est donné par :
Effort tangentiel T
Le module normalisé
D’où :
m: module normalisé de la série
Quand le nombre de dent est connu :
𝐶𝑚∶ Moment de couple à transmettre, Z : nombre de dents
Figure III.19 Calcul du module m
III.13.3.3 Caractéristiques des engrenages à dentures coniques
Tableau III.4 Caractéristiques des engrenages cylindriques à denture coniques
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.13.3.4 Efforts sur la denture
L’effort normal à la denture (F) donne ici trois efforts en projection sur les trois directions
principales de la roue dentée (tangentielle, axiale A et radiale R). Si T est l’effort tangentiel
déterminé à partir du couple, les relations s’écrivent :
Figure III.20 Les efforts appliqués sur la dent
III.13.3.5 Autres types d’engrenages coniques
On rencontre fréquemment deux autres types d’engrenages coniques :
- Les engrenages coniques hélicoïdaux
- Les engrenages hypoïdes (engrenages dits coniques n’est pas un engrenage à axes
concourants).
III.13.3.6 Disposition constructive
Le fonctionnement correct d’un engrenage conique nécessite la coïncidence des sommets des
cônes primitifs.
Ces sommets sont virtuels, le réglage s’en trouve difficile à réaliser, de ce fait, on ne règle en
général qu’un des deux sommets afin d’avoir un engrènement avec un minimum de jeu et sans
précontrainte (serrage) des dentures.
Ce réglage est souvent réalisé par l’intermédiaire de cales de réglage lors du montage des roues.
Exercice d`application
Il s’agit de transmettre une puissance de 1,5 kW entre deux arbres perpendiculaires et
concourants dont les fréquences de rotation sont respectivement 400 tr/min.
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
1) Définir, pour chacune des roues coniques à denture droite pyramidales, les éléments de
taillage donnés dans le tableau 1, si la contrainte pratique en extension de l’acier constituant les
engrenages est 𝜎𝑝𝑒=140 : on donne le nombre de dents du pignon 1 : 𝑍1=23
Solution :
- Calcul du module moyen
D’après la relation du module
Avec Cm : moment de torsion
Donc
La constante 𝐾≥5 on prend K=5, mais cette valeur peut ensuite être augmentée
- Calcul des angles 𝛿1 𝑒𝑡 𝛿2
Avec
On peut prendre 𝑍2=37 𝑑𝑒𝑛𝑡𝑠
On sait que (𝛿1+𝛿2 = 90°⇒ 𝛿2 = 58°,09′)
- Calcul du diamètre primitif approché 𝑑1
Avec : 𝑑𝑚1 = 𝑀𝑚.𝑍1 = 2.89.23 = 66.47 𝑚𝑚
Largeur de la dent 𝑏 = 𝐾.𝑀𝑚 = 5 . 2.89 = 14.45 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝑏=15
D’où :
- Calcul des diamètres primitifs définitifs 𝑑1𝑒𝑡 𝑑2
On prend m =3.25
D’après le tableau du module normalisé 𝑑2 = 𝑀.𝑍2 = 3,25.37 = 120,25 𝑚𝑚
Pour les éléments de taillage, il faut faire une application numérique
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
III.14 Engrenages à roues et vis sans fin
C’est un engrenage hélicoïdal dont les axes sont orthogonaux et non concourants (Figure
III.21). La transmission par ce type d’engrenage donne une solution simple pour les grands
rapports de réduction, avec un fonctionnement peu bruyant. La poussée de la vis est forte surtout
si la démultiplication est grande. On utilise alors une butée à billes ou à rouleaux ou encore des
roulements à contact oblique pour réaliser la liaison pivot avec le support. Lorsque l’inclinaison
des filets est faible (vis à un filet), la transmission est irréversible, ce qui est souvent utile, car
le réducteur s’oppose à toute rotation commandée par la machine réceptrice (exemple :
appareils de levage). Toutefois le rendement est alors faible, et de plus le couple de démarrage
est beaucoup plus fort que le couple à vitesse de régime
Figure III.21 Roue avec Vis sans fin
Le rendement est meilleur avec les fortes inclinaisons, à condition que les métaux en
présence soient bien choisis et l’exécution des dentures très précises, avec des états de surface
très soignés. Le frottement est important et donne un rendement médiocre, mais suffisant dans
le cas de faibles puissances
III.14.1 Présentation
Lors d’une étude, un mécanisme est représenté sous la forme d’un dessin d’ensemble. Si le
mécanisme est complexe, il sera utile de le schématiser et de le représenter sous forme d’un
schéma cinématique.
On appelle Schéma cinématique minimal celui qui représente un mécanisme avec au plus
une liaison mécanique entre deux pièces ou classe d'équivalence. On peut aussi dire que c'est
une représentation d'un mécanisme qui met en évidence les possibilités de mouvements relatifs
entre les groupes cinématiquement liés.
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Figure III.22 Présentation et schéma cinématique de la roue Vis sans fin
III.14.2 Les avantages
Les avantages de ces engrenages par rapport aux engrenages cylindriques ou coniques :
• Le fonctionnement est silencieux et amortissant ;
• Grand rapport de vitesses pour un encombrement réduit ;
• Compacité notamment pour les rapports élevés ;
• Niveau sonore réduit, exempt de vibration, donnant une bonne qualité d’entraînement ;
• Charge radiale admissible élevée en sortie ;
• Bonne capacité d’absorption des surcouples ;
• De plus en plus utilisés en combinaison avec d’autres réducteurs d’une part, et d’autres trains
d’autre part afin d’améliorer le rendement.
III.14.3 Les inconvénients
Parmi les inconvénients par rapport aux engrenages cylindriques et coniques, on peut citer :
• Le mouvement de glissement des flancs cause une grande usure, une grande perte de puissance
et un rendement plus bas.
• Rendement variable en fonction du rapport de réduction et de la vitesse
• Échauffement plus important que dans d’autres technologies,
• Roue bronze pouvant engendrer une usure.
• La présence de forces axiales nécessite pour les arbres l’utilisation de paliers plus rigides.
Dans un tel système, la roue est une roue cylindrique à denture hélicoïdale. D’autre part, la
vis peut être assimilée, elle aussi, à une roue cylindrique à denture hélicoïdale dont le nombre
de dents ou de filets, est au nombre 1, 2 ou 3.
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Nous appellerons 𝛽 et 𝛾 les angles d’hélice respectivement de la roue 2 et de la vis 1. Les axes
D1 et D2 sont orthogonaux.
Les angles 𝛽 et 𝛾sont mesurés par rapport aux axes des engrenages :
Notons que : 𝛽 + 𝛾 = 90°
Les hélices de la vis 1 et de la roue 2 sont toutes les deux à droite, ou les deux à gauche.
Figure III.23 Les axes D1 et D2 sont orthogonaux.
III.14.4 Principales applications
• Convoyeurs,
• Manutention.
• Treuils,
• Applications à vitesse lente (par exemple : ponts racleurs de station d’épuration. . .),
• Combinaisons souvent utilisées : réducteur roue et vis associé à une vis sans fin, plusieurs
trains (schéma)
III.14.5 Caractéristiques dimensionnelles
III.14.5.1 Caractéristiques de la Vis
• Filet : une des dents de la vis. Les vis peuvent avoir un ou plusieurs filets.
• Cylindre de référence : surface primitive de référence de la vis.
• Hélice de référence : hélice d’intersection d’un flanc avec le cylindre de référence de la vis.
• Pas hélicoïdal pz : distance axiale entre deux profils homologues consécutifs d’un filet.
• Pas axial px : rapport entre le pas hélicoïdal et le nombre de filets (le pas axial est égal au pas
hélicoïdal si le nombre de filets est égal à 1).
• Module axial mx : rapport entre le pas et le nombre
• Développement de la vis
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Pour la vis en faisant rouler le cylindre primitif de la vis 1, autour de son axe sur un plan on
obtient le développement voir Figure III.24.
Figure III.24 Caractéristiques dimensionnelles de la vis.
III.14.5.2 Caractéristiques de la roue et vis sans fin
Le profil de la roue est le profil conjugué de celui de la vis. L’engrènement d’une vis avec
une roue n’est possible que si elles ont même module axial et même angle d’hélice. Les
caractéristiques dimensionnelles de la roue sont identiques celles d’une roue à denture
hélicoïdale. La roue est généralement cylindrique pour transmettre des efforts relativement
faibles, mais pour transmettre des efforts importants, une roue creuse est préférable.
Caractéristiques de la roue sont similaires à celles d’une roue à denture hélicoïdale d’angle
d’hélice roue = vis de même sens pour la vis et la roue.
Remarque
Pour la roue et la vis :
- Le pas réel (𝑃𝑟) c’est le pas normal (𝑃𝑛)
- Le pas apparent (𝑃𝑎) c’est le pas de travail (𝑃𝑡)
• Calcul d’entraxe
L’entraxe peut se calculer ainsi :
• diamètre primitif
Pour une bonne tenue en torsion de la vis un diamètre primitif minimal s’impose :
10Mr < d1 < 15Mr
60
Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Tableau III.5 Caractéristiques de la Roue et Vis sans fin
III.14.5.3 Rapport de réduction
Le rapport de transmission (r ou K12) se calcule de la même façon que pour un autre engrenage.
𝑍1: Nombre de filets de la vis, 𝑍2 : Nombre de dents de la roue ; n : nombre de filet par pas principale
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Figure III.25 Vis à 1 et 3 filets
III.13 Rendement des engrenages roue et vis sans fin
Sont mes mêmes formules que les engrenages gauches hélicoïdaux, c’est-à-dire :
- Si la vis est motrice (cas d’un réducteur de vitesse)
- Si la roue est motrice (cas d’un multiplicateur de vitesse)
III.14 Réversibilité et irréversibilité
Un système roue et vis sans fin est dit réversible quand la rotation de la vis entraîne celle de
la roue et réciproquement, sinon le système est dit irréversible.
La réversibilité dépend des valeurs relatives des angles d’inclinaison d’hélice (𝛽) et de l’angle
de frottement φ. L’état de surface et la lubrification sont aussi des éléments déterminants.
Condition de réversibilité s’écrit : quand 𝛽 > φ.
En général le mécanisme devient irréversible pour des valeurs de b inférieures à 6°.
Cette propriété est intéressante pour des mécanismes exigeant un non-retour.
- Si 0 < 𝛽1 < 𝜑 Transmission irréversible ( Roue menante seulement)
- Si 𝜑 < 𝛽1 < 90° − 𝜑 Transmission réversible
- Si 90° − 𝜑 < 𝛽1 < 90° Transmission irréversible (Vis menante seulement)
𝜑 : l’angle de frottement
𝑡𝑔𝜑 = 𝑓, étant le coefficient de frottement existant entre le couple de matériaux (vis-roue)
III.15 Caractéristiques mécaniques
𝐹𝑡𝑣 : Effort tangentiel sur la vis : 𝐹𝑡𝑣 = 𝐹𝑐𝑜𝑠 (𝛼𝑛) sin (𝛽), pour la roue 𝐹𝑡𝑟 = −𝐹𝑟𝑣
𝐹𝑎𝑣 : Effort axial sur la vis : 𝐹𝑎𝑣 = 𝐹𝑐𝑜𝑠 (𝛼𝑛) cos (𝛽), pour la roue 𝐹𝑎𝑟 = −𝐹𝑡𝑣
𝐹𝑟 : Effort radial de la vis : 𝐹𝑟𝑣 = 𝐹𝑠𝑖𝑛 (𝛼𝑛), pour la roue 𝐹𝑟𝑟 = −𝐹𝑟𝑣
Le frottement dans le système roue et vis sans fin est très important, les relations ci-dessus
ne prennent pas en compte ce frottement.
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Figure III.25 Les efforts appliqués sur la roue et la vis
III.16 Les matériaux utilisés
Pour obtenir un rendement minimal lorsque l’effort à transmettre est important, il y a intérêt
à faire
• la vis en acier trempé rectifié ou en acier nitruré bien poli ;
• la roue en bronze phosphoreux avec 10 à 12 % d’étain.
Pour autre combinaison de matériaux, le coefficient de frottement augmente et peut atteindre
le double dans le cas d’acier sur acier. Le couple de matériaux (acier trempé – bronze
phosphoreux) permet d’obtenir un coefficient de frottement dans des conditions optimales, soit
• f : est compris entre (0.01 et 0.03) si le filet est rectifié ;
• f : est compris entre (0.05 et 0.08) si le filet n’est pas rectifié.
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Chapitre 3: Engrenages
Exercice d`application
Soit à transmettre 6 kW par engrenage à vis sans fin, 𝑁1=600 𝑡𝑟/ , 𝑁1=30 𝑡𝑟/𝑚𝑖𝑛
L’entraxe a =250 mm ; la vis est en Acier nitruré ; la roue en bronze phosphoreux, l’angle de
pression = 20°, prenons 𝛿=60°.
Calculer :
- Les diamètres de la vis et de la roue
- Le rendement
- La vitesse circonférentielle V
Solution
1) Calcul de diamètres
On va vérifier le nombre cde filet
Donc la vis est à 2 filets
Le nombre dents de la roue est
On sait que
Donc 𝐷 = 11,547.𝑑 (𝑚𝑚) (1)
L’entraxe donne D + d = 500 (mm) (2)
Le système donne D = 460,15 mm et d = 39,85 mm
Le module apparent de la vis est
Pour vérification
Le problème trouvé c’est que le diamètre de la vis est trop faible par rapport au module
apparent 11.5. Donc il faut augmenter le diamètre de la vis en augmentant l’angle et en prend
par exemple 𝛿=75 °.
Donc 𝐷 = 5,359.𝑑 (𝑚𝑚) (1)
L’entraxe donne D + d = 500 (mm) (2)
Le système donne D = 421,32 mm et d = 78,63 mm
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Notion d’éléments de machines
Chapitre 3: Engrenages
Le module apparent de la vis est
Pour vérification 𝑚𝑛=𝑚𝑡sin75° = 10,17 ≈1 0
C’est valeur admissible à condition que le calcul de 𝑚𝑛, d’après la puissance à transmettre
ne donne pas une valeur supérieure.
Puisque 𝑚𝑛 est arrondi alors :
On va essayer avec diverses valeurs de 𝛿 jusqu’à ce que l’entraxe égal à 250 mm
Après des essais l’angle trouvé est 𝛿 = 77°5′
Donc, D = 410,383 mm, d = 89,472 mm et
Pour vérification 𝑚𝑛 = 𝑚𝑡 sin75° = 10,26.sin77°5′ = 10 résultat satisfaisant
- Le rendement
avec 𝑡𝑎𝑛𝜑=𝑓=0.06 ⇒ 𝜑=3°26′
D’où
La vitesse circonférentielle v est :
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Notion d’éléments de machines