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Le bail commercial en droit gabonais est régi par les dispositions des articles 101 et suivants de l’Acte Uniforme Portant Droit Commercial Général qui sont d’ordre public. Le commerçant qui n’est pas toujours propriétaire des locaux dans lesquels il exploite son fonds de commerce se fait souvent consentir un bail commercial pour une durée
déterminée ou indéterminée.
Sur la procédure La procédure est le mécanisme juridique par lequel une convention légalement formée doit être résiliée. En droit OHADA, la procédure de résiliation s’articule en deux étapes, l’une extrajudiciaire et l’autre judiciaire. La procédure extrajudiciaire est indispensable, qu’il s’agisse d’un bail à durée déterminée ou indéterminée. Si le
bailleur considère que son locataire n’a pas exécuté les obligations mises à sa charge par le contrat, il pourra demander au juge la résiliation du bail et l’expulsion du preneur. Qu’en est-il des étapes de la procédure extrajudiciaire ? La mise en demeure L’article 133 alinéa 2 de l’Acte Uniforme Portant Droit Commercial Général du 15 décembre
2010 qui dispose qu’elle: « (…) est faite par acte d’huissier ou notifiée par tout moyen permettant d’établir sa réception effective par le destinataire ».
En application de ce texte, la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage d’Abidjan dans sa décision n°9859 énonce clairement que « la procédure de résiliation commence par une mis en demeure (…) ». Cela signifie qu’avant toute saisine du juge une mise en demeure est obligatoire.
Signification de la mise en demeure La signification ou la notification de la mise en demeure au preneur implique des mentions obligatoires à peine de nullité. L’article 133 alinéa 3 dispose : « (…) la mise en demeure doit indiquer la ou les clauses et conditions du bail non respectées (…) ». Il faut donc des motifs qui soient jugés légitimes et liés soit à
la chose louée, soit à la personne du preneur. Elle peut être faite par le bailleur lui-même ou par un officier ministériel en l’instar de l’Huissier de Justice. Respect du délai prescrit par l’acte uniforme Le bailleur qui met en demeure doit, comme le prescrit l’article 133 alinéa 3 de l’Acte Uniforme Portant Droit Commercial Général, « informer au
destinataire qu’à défaut de s’exécuter dans un délai d’un mois à compter de sa réception, la juridiction compétente statuant à bref délai est saisi aux fins de résiliation du bail et expulsion (…) ».
Cette disposition indique que le bailleur doit également délivrer un congé au locataire avant toute résiliation. Qu’en est-il de la procédure judiciaire. En ce qui concerne la procédure judiciaire, elle n’intervient qu’en cas d’échec de la procédure extrajudiciaire. Pour mieux l’appréhender, la question du choix du juge compétent, de l’introduction de
l’instance à la décision vont retenir notre attention. Le choix du juge compétent. La jurisprudence admet souvent qu’un contrat mixte peut contenir une stipulation contraire et, par là, attribuer la compétence à la chambre commerciale, même à l’égard des non commerçants et cette clause s’impose qu’il soit demandeur ou défendeur (Cass. Civ. 23
octobre 1958, Gazette du Palais 1959, P.281). La compétence d’attribution du juge des référés en matière de bail professionnel ne tire pas toutes les conséquences de la précision contenue dans la rédaction de l’article 133 du nouvel Acte uniforme. Ce texte désigne la « juridiction compétente » statuant à bref délai comme l’instance juridictionnelle
compétente pour connaître de la résiliation du bail professionnel. En d’autres termes, le législateur communautaire, par cette formule, s’est encore désintéressé de la question de la compétence juridictionnelle qu’il a entendu renvoyer aux législations des Etats Parties. En pratique, le juge du fond est saisi. De l’introduction de l’instance à la décision
Pour ce qui est de l’introduction de l’instance, celui qui sollicite la résiliation du bail commercial doit saisir le juge compétent par requête introductive d’instance (Article 408 du code de procédure civile) ou verbalement. Parce que le droit commercial admet le principe de la liberté de la preuve. La saisine du juge telle que précédemment dit va
conduire sur les échanges entre les parties : c’est le déroulement de l’instance. Pour ce qui est du déroulement de l’instance, « les parties doivent se faire connaître, mutuellement en temps utile, les moyens de fait sur lesquels elles fondent leurs prétentions, les éléments de preuve qu’elles produisent et les moyens de droits qu’elles invoquent afin que
chacune soit à même d’organiser sa défense » (Article 23 Code de procédure civile). Après la mise en l’état, le juge compétent rendra une décision susceptible de recours. Le juge civil ou commercial qui se déclare compétent doit valablement recevoir les pièces des parties et renvoyer à une audience de fixation. Au cours de l’audience de fixation, le
juge appréciera si l’affaire peut être mise en délibéré en vérifiant si le principe du contradictoire a été respecté. Si le juge compétent admet l’irrégularité de la résiliation, bien de conséquences juridiques en découleront. Sur les conséquences tirées de l’inobservation de la procédure de résiliation du bail commercial Il faut entendre par conséquences
juridiques les effets de droit prévus en cas d’inobservation de la procédure de résiliation du bail commercial. La résiliation irrégulière entraine le paiement d’une indemnité d’éviction, des dommages et intérêts et le cas échéant de la nullité du jugement d’expulsion prononcé contre le preneur en méconnaissance des prescriptions du droit uniforme.
Sur l’indemnité d’éviction Elle est réclamée lorsque le bailleur refuse le renouvellement du bail.
Dans le cas que nous avons eu à traiter, le locataire dont la qualité de commerçant ne souffre d’aucune contestation est fondé à solliciter du bailleur le versement d’une indemnité d’éviction sur le fondement de l’article 126 de l’Acte Uniforme portant sur le Droit Commercial général qui énonce que le bailleur qui s’oppose au renouvellement du bail
règle « au locataire une indemnité d’éviction ».
Sur dommages intérêts. Sur la combinaison des articles 1134 et 1147 du code civil gabonais ancien, la partie victime de la résiliation abusive d’un contrat est fondée à réclamer le paiement des dommages et intérêts dont le montant est souverainement apprécié par le juge compétent par rapport à la demande de la victime. Sur la nullité d’un jugement
prononcé contre le preneur en l’absence d’une mise en demeure. La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage d’Abidjan (CCJA) dans sa décision n°006 du 24 avril 2003 affirme que « la signification d’une décision d’expulsion est régulière lorsqu’elle respecte les règles de procédure civile du droit national ». Est donc irrégulière une résiliation d’un bail
commercial qui méconnaît les dispositions de l’article 1146 du code civil gabonais ancien.
En droit OHADA l’article 133 impose une mise en demeure préalable, ce qui emmène les tribunaux à s’accorder sur l’irrecevabilité et même la nullité de la demande d’expulsion qui ne respecte pas les prescriptions légales. La Cour d’Appel du Littoral dans un arrêt n°132/CC du 3 novembre 2008 énonce que « l’absence de mise en demeure rend nul le
jugement d’expulsion », dans la même logique la Cour d’Appel de Yaoundé dans un arrêt n° 222/Civ du 14 mars 2003 affirme que « l’efficacité de la clause de résiliation d’un bail commercial est subordonnée à la stricte observation des formalités préalables imposées par le législateur du droit uniforme ». Actualité Juridique Droit des Affaires L'article
2 de l'Acte uniforme relatif au droit commercial général prévoit qu'est commerçant celui qui fait de l'accomplissement d'actes de commerce par nature sa profession 1. Il est donc nécessaire au regard de cette définition de définir préalablement quels sont les actes de commerce en droit OHADA. L'Acte uniforme relatif au droit commercial général
contient en ses articles 3 et 4 une énumération des actes de commerce, laquelle peut être scindée en deux catégories que sont les actes de commerce par la forme et les actes de commerce par nature 2. Parmi les actes de commerce par la forme, l'article 4 de l'Acte uniforme relatif au droit commercial cite la lettre de change, le billet à ordre et le
warrant 3. De plus, l'article 6 alinéa 2 de l'Acte uniforme relatif aux droits des sociétés commerciales déclare commerciales, par la forme, les sociétés en nom collectif, les sociétés en commandite simple, les sociétés à responsabilité limitée et les sociétés anonymes, et ce quel que soit leur objet 4. Les actes de commerce par nature sont ceux par lequel
une personne s'entremet dans la circulation des biens qu'elle produit ou achète ou par lequel elle fournit des prestations de service avec l'intention d'en tirer un profit pécuniaire 5. On distingue d'une part les actes de commerce isolés et d'autre part, les actes de commerce accomplis dans le cadre d'une entreprise. Les actes de commerce isolés sont
ceux qui sont accomplis par une personne dont la profession habituelle n'est pas de faire le commerce. Cela vise aussi bien les actes de commerce par la forme que les actes de commerce par l'objet tels que les opérations de banque, de bourse, de change, de courtage, d'assurance et de transit 6. L'article 3 de l'Acte uniforme relatif au droit
commercial général énumère également une liste d'actes commerciaux accomplis dans le cadre d'une entreprise. Il s'agit : - de l'achat de biens, meubles ou immeubles, en vue de leur revente ; - des opérations de banque, de bourse, de change, de courtage, d'assurance et de transit 7 ; - de l'exploitation industrielle des mines, carrières et de tout
gisement de ressources naturelles ; - des opérations de location de meubles, les opérations de manufacture, de transport et de télécommunication ; - des opérations des intermédiaires de commerce, telles que la commission, le courtage, l'agence, ainsi que les opérations d'intermédiaire pour l'achat, la souscription, la vente ou la location d'immeubles,
de fonds de commerce, d'actions ou de parts de société commerciale ou immobilière ; - des actes effectués par les sociétés commerciales. Par ailleurs, la jurisprudence a assimilé l'entreprise de construction d'immeubles à une entreprise de manufacture, laquelle se voit dès lors reconnaître un caractère commercial 8. A contrario, les œuvres de l'esprit
littéraires, scientifiques et artistiques sont en principes régies par le droit civil 9.
La vente d'une œuvre par son auteur n'est donc pas considérée comme un acte de commerce. Les œuvres de l'esprit peuvent toutefois faire l'objet d'opérations commerciales. Ainsi, quand bien même la vente d'une œuvre demeure civile pour son auteur, elle est commerciale pour l'acquéreur si celui-ci est commerçant 10. L'Acte uniforme relatif au
droit commercial général dispose également que les contrats conclus entre commerçants pour les besoins de leur commerce sont réputés être des actes commerciaux 11. Il s'agit de ce qu'on appelle les actes de commerce par accessoire, c'est-à-dire des actes civils par nature qui ont acquis un caractère commercial du fait qu'ils ont été accomplis par
un commerçant dans l'intérêt de son commerce 12. Tel est le cas par exemple des actes accomplis par une société commerciale. Tous les contrats passés par un commerçant dans l'intérêt de son commerce sont en principe considérés comme des actes de commerce. C'est le cas notamment de l'achat de matériel ou d'outillages, la souscription d'un
contrat d'assurance, un emprunt pour financer l'activité du commerçant, etc… Par contre, contrairement au droit français, le droit OHADA exclut du domaine de la commercialité par accessoire les quasi-contrats, délits ou quasi-délits commis par les commerçants à l'occasion de leur commerce 13. ___________________________ 1.
Article 2 de l'Acte uniforme révisé portant sur le droit commercial général. 2. A. Pedro Santos et J. Yado Toé, Ohada, Droit commercial général, Bruylant, Bruxelles, 2002, p. 61. 3.
Article 4 de l'Acte uniforme révisé portant sur le droit commercial général. 4. Article 6, alinéa 2 de l'Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales.
5. Article 3 de l'Acte uniforme révisé portant sur le droit commercial général. 6. G. Ripert et R. Roblot, Traité de droit commercial, 1998, n°329. 7. Cour d’appel d’Abidjan, Chambre civile et commerciale Arrêt civil et contradictoire du 6 mai 2005 Affaire : Société Geodis Overseas Côte d'Ivoire devenue Geodis Côte d'Ivoire, Le capitaine Commandant
du navire M/V « AGAT », Société AGAT NAVIGATION c/ Société FONCIAS TIAD devenue AGAT Burkina Faso, [Link]. 8. Req., 20 avril 1808, D., 1986, I, p. 160 ; Civ., 29 avril 1885, D ; 1885, I, p. 225. 9. L'article 6 de l'ordonnance burkinabé n°83-16 du 9 septembre 1983 portant protection du droit d'auteur énumère ce qu'il faut entendre par
la notion d'œuvres de l'esprit. 10. A. Pedro Santos et J. Yado Toé, Ohada, Droit commercial général, Bruylant, Bruxelles, 2002, p. 64. 11. Article 3 de l'Acte uniforme révisé portant sur le droit commercial général.
12.
Bi Oula Kassia, « Peut-on renouveler la théorie des actes de commerce ? Etudes offertes au professeur Joseph ISSA-SAYEGH », A.I.D.D., 2006, p. 191. 13. R. Adidp, « Le domaine d'application de la commercialité par accessoire dans les systèmes O.H.A.D.A. et français », R.D.I.D.C., 2006/1 , p. 16.