Indiscernabilité des Particules en MQ
Indiscernabilité des Particules en MQ
En mécanique classique, les objets en général et même les particules microscopiques sont par
leur nature discernables. A travers les équations de mouvement, il est possible de suivre les
particules au cours du temps et déterminer leurs trajectoires. En d’autres termes, chaque
particules peut être discerner des autres par son état dynamique qui est connu avec précision.
En mécanique quantique, cette discernabilité et la notion de trajectoire n’ont guerre de sens.
Comme il est impossible de localiser avec exactitude une particule, il est donc aussi impossible
de la discerner des autres. Nous avons vu dans la première partie du cours (voir 3.2.1), que dans
le cadre classique ce problème peut être résolu de façon ad-hoc avec le facteur de correction
de Gibbs. Ceci n’est. cependant, qu’une correction partielle dans le cadre quantique car ici la
notion du micro-état change radicalement.
Dans une vrai mécanique quantique statistique, l’indiscernabilité des particules qui est une
propriété fondamentale de la nature doit être prise en compte par construction à partir des
premiers principes de la MQ (ab-initio). L’objet justement de ce chapitre est de traiter de
manière exacte ce concept et d’en déduire les conséquences cruciales sur les systèmes physiques
constitués de particules microscopiques.
D
D
et
et
ec
ec
t or
t
or
Figure 7.1: (Color online) Représentation d’un évènement de diffusion entre deux électrons. Si
les deux électrons sont discernables (cas classique), il y aurait uniquement un seul processus
A: processus direct. Mais comme les deux électrons sont indiscernables (identiques), il est
impossible de distinguer dans une expérience entre le processus de A (processus direct ou
de Coulomb) et celui de B: (processus d’échange) !!
78
7.1 Particules indiscernables (identiques)
Comme nous venons de le souligner, l’indiscernabilité des particules microscopiques est une
propriété fondamentale, d’une très grande importance en physique quantique. En effet, elle
permet de définir deux grandes classes de toutes les particules qui se trouvent dans la nature.
Pour des particules identiques, l’échange (permutation) de deux particules ⇒ les propriétés
macroscopiques (par exemple l’énergie) restent inchangées avant et après l’échange.
On démontre facilement que l’opérateur d’échange X̂ij ne peut avoir que deux valeurs propres
distinctes α = ±1. On fait agir l’opérateur une fois, ce qui donne
X̂ij Ψ(�r1 , �r2 ...., �ri , ...., �rj , ...�rN ) = αΨ(�r1 , �r2 ...., �ri , ...., �rj , ...�rN ) = Ψ(�r1 , �r2 ...., �rj , ...., �ri , ...�rN )
Donc, on peut déduire que α2 = 1 ⇔ α + ±1. Ces deux valeurs propres définissent les deux
classes de particules élémentaires, fondamentalement différentes:
Bosons et Fermions
1. Les particules ayant une fonction d’onde symétrique sont appelés Bosons
α = +1 ⇔ X̂ij Ψ = Ψs = +Ψ
Ψs = Ψ(�r1 , �r2 ...., �rj , ...., �ri , ...�rN ) = +Ψ(�r1 , �r2 ...., �ri , ...., �rj , ...�rN ) (7.1.3)
2. Les particules ayant une fonction d’onde antisymétrique sont appelés Fermions
α = −1 ⇔ X̂ij Ψ = Ψa = −Ψ
Ψa = Ψ(�r1 , �r2 ...., �rj , ...., �ri , ...�rN ) = −Ψ(�r1 , �r2 ...., �ri , ...., �rj , ...�rN ) (7.1.4)
Exemples:
79
• Bosons: Photons, phonons, plasmons, magnons ...etc ≡ Ils véhiculent l’interaction.
• Fermions: Électrons, protons, quarks ...etc ≡ Les particules qui constituent la matière
et entre les quelles les interactions se produisent.
Par exemple, l’interaction électromagnétique électron-proton est assurée par échange de
photons.
Au-delà de la fonction d’onde, Bosons et Fermions se distinguent par leurs moments (cinétiques)
angulaires de spin (dont l’opérateur est noté Ŝ). C’est un moment angulaire intrinsèque de
la particule, ayant une origine purement quantique. En d’autres termes, et contrairement au
moment cinétique angulaire classique (L � = V� ∧ R),
� le spin n’a pas d’équivalent classique.
D’après le théorème de spin-statistics , la distinction est
1
• Les Bosons ont un spin entier ⇔ les valeurs propres de Ŝ (en unité de �): s = 0, 1, 2....
• Les Fermions ont un spin demi-entier ⇔ les valeurs propres de Ŝ (en unité �): s = 12 , 32 ....
Deux Fermions ont une probabilité nulle d’occuper le même état quantique à une particule.
Ψ(�x1 , �x2 ) = −Ψ(�x2 , �x1 ) si �x1 = �x2 ⇒ Ψ(�x1 , �x1 ) = −Ψ(�x1 , �x1 ) = 0
� �� � � �� �
≡état à deux particules ≡état à une particules !
(7.1.5)
Autrement énonce, Deux Fermions ne peuvent jamais avoir la même projection de spin
et la même position.
Nous pouvons aussi faire une généralisation de l’échange de deux particules vers une per-
mutation arbitraire de n’importe quel nombre de particules. Il suffit de construire un opérateur
général de permutation P̂ , donné par le produit de tout les opérateurs d’échange X̂ij possibles:
1
�� ������������� �� �������� �� spin-statistics� �� � �� ������ ��������� �� � ����� ������� �� �� ��� ����
������� ���� �� ����� �� �� ������� ��������� ��� ������� �� ������� �� ������ �� �����������
2
�������� ����� ������������ ������� ��������� ���������� �� �� ��� ���������� �� �� ��� �� � ���� �� ����
����� �� �������� �� ���� ���� ��� �������� �����������
3
En fait, la variable discrète σ (c’est un nombre quantique) permet d’indexer les valeurs propres (résultats
de mesure) et les vecteurs propres de Ŝz , c’est-à-dire les valeurs du spin projeté sur l’axe de quantification (ici
OZ). Pour un électron de spin s = 12 , il y a donc uniquement deux valeurs possibles σ = ± 12
80
Ici, (p1 , p2 , ...pN ) correspond à une permutation quelconque des indices 1, 2, ....., N , obtenue
après un certain nombre d’échange de deux particules. Si nous prenons une fonction d’onde de
départ Ψ(�r1 , �r2 ...., �ri , ...., �rj , ...�rN ) sans aucune symétrie, nous obtenons:
Ψs (�r1 , �r2 ...., �ri , ...., �rj , ...�rN ) = AP̂ Ψ(�r1 , �r2 ...., �ri , ...., �rj , ...�rN ) (7.1.8)
Ψ (�r1 , �r2 ...., �ri , ...., �rj , ...�rN ) = B(−1) P̂ Ψ(�r1 , �r2 ...., �ri , ...., �rj , ...�rN )
a p
(7.1.9)
Nous voyons bien que dans le cas antisymétrique, il y a l’apparition du facteur (−1)p . Ce dernier
correspond au nombre d’échange de deux particules avec lequel une permutation particulière
est générée. Donc, il en résulte que :
�
+1 permutation ≡ un nombre pair d’échange de deux particules
(−1) =
p
(7.1.10)
−1 permutation ≡ un nombre impair d’échange de deux particules
Lors de notre introduction de la notion de micro-état pour une particule libre dans une
boite 3.3, nous avons essayer de généraliser ce traitement pour N particules indépendantes.
Un premier pas a été proposé (par D. R. Hartree aux premiers jours de la théorie quantique),
qui consiste à construire une fonction d’onde totale sous forme d’un produit des fonctions
d’onde individuelles à une particule. Il sera utile de rappeler cette fonction ici, connu comme
le produit de Hartree:
N
�
Ψk1 ,k2 ...kN (�r1 , �r2 ....�rN ) = φk1 (�r1 )φk2 (�r2 ).....φkN (�rN ) = φki (�ri ) (7.1.12)
i=1
Ce produit de Hartree possède un défaut majeur dans la mesure où il rend les particules
discernables, en attribuant à chaque particule un nombre quantique spécifique (voir la discussion
de la section 3.3.2). Pour traiter correctement des particules indépendantes identiques, il va
falloir donc procéder à la symétrisation de ce produit:
�
Ψsk1 ,...kN (�r1 , ..., �rN ) = A P̂ [φk1 (�r1 )φk2 (�r2 ).....φkN (�rN )] (7.1.13)
p≡(k1 ,...kN )
�
Ψak1 ,...kN (�r1 , ..., �rN ) = B (−1)p P̂ [φk1 (�r1 )φk2 (�r2 ).....φkN (�rN )] (7.1.14)
p≡(k1 ,...kN )
�
Les sommes p≡(k1 ,...kN ) sont prises sur toutes les permutations possibles des nombres quan-
tiques. Alors, la première fonction Ψsk1 ,...kN (�r1 , ..., �rN ) est symétrique par rapport à l’échange
ou permutation de particules et elle va donc décrire des Bosons indépendants. La deuxième
81
Ψak1 ,...kN (�r1 , ..., �rN ) est plutôt antisymétrique, et elle va donc décrire des Fermions indépen-
dants. Dans ce dernier cas, la fonction Ψak1 ,...kN (�r1 , ..., �rN ) possède une forme mathématique
particulière, qui est le déterminant
Déterminant de Slater
� �
� φk (�
� 1 r1 ) φk1 (�r2 ) ....... φk1 (�rN ) ��
� φk2 (�r1 ) φk2 (�r2 ) ....... φk2 (�rN ) ��
�
� �
1 � . . ....... . �
Ψak1 ,...kN (�r1 , ..., �rN ) = √ det �� �
� (7.1.15)
N! �
�
. . ....... . �
�
� �� �
B
�
�
. . ....... . �
�
�φk (� r1 ) φkN (�r2 ) ....... φkN (�rN )�
N
Ce déterminant est très bien connu en physique, comme le déterminant de Slater4 . Ici,
le principe d’exclusion de Pauli est une conséquence directe de cette forme mathématique. Il
est évident que si deux lignes sont identiques (c’est-à-dire deux nombres quantiques ou états à
une particule sont identiques pour des particules différentes) le déterminant s’annule !.
Pour les Bosons, cependant, il n’existe pas de restriction sur le nombre de particules à
occuper un seul état. Ceci en fait ajoute une complexité supplémentaire dans la normalisation
de Ψsk1 ,...kN (�r1 , ..., �rN ) (A =?). Si, par exemple nous avons n1 Bosons dans l’état k1 , et n2 Bosons
�
dans l’état k2 ...etc; bien-sur avec la condition N i=1 ni = N , la constante de normalisation va
avoir la valeur A = (N !.n1!.n2!....)−1/2 .
Pour retrouver les états: symétrique et antisymétrique; nous pouvons commencer à partir du
produit de Hartree 7.1.12 et puis procéder à la symetrisation. Nous obtenons donc
�
Ψsk1 ,k2 (�r1 , �r2 ) = A P̂ [φk1 (�r1 ), φk2 (�r2 )] (7.2.4)
p≡(k1 ,k2 )
�
Ψak1 ,k2 (�r1 , �r2 ) = B (−1)p P̂ [φk1 (�r1 ), φk2 (�r2 )] (7.2.5)
p≡(k1 ,k2 )
4
J. C. Slater (1900-1976) est un physicien Américain qui a fait des contributions majeures dans domaine de
la théorie de la structure électronique des atomes, molécules et solides. Il a reçu son Ph.D. de l’Université de
Harvard en 1923. Il a travaillé en Europe à Cambridge et puis à Copenhagen. De son retour aux états unis, il
a rejoint le département de Physique à Harvard
82
Dans ce cas simple de deux particules, il y a une seule permutation possible et la somme va se
réduire à deux termes:
1. Commençons par le cas de deux Fermions. Nous avons donc:
�
Ψak1 ,k2 (�r1 , �r2 ) = B (−1)p P̂ [φk1 (�r1 ), φk2 (�r2 )]
p≡(k1 ,k2 )
Deux Fermions ne peuvent jamais occuper le même état quantique à une particule.
1
Ψak1 ,k1 (�r1 , �r2 ) = √ [φk1 (�r1 )φk1 (�r2 ) − φk1 (�r2 )φk1 (�r1 )] = 0
2
83
• Si les deux Bosons occupent deux états différents φk1 (�r1 ) et φk2 (�r2 ), alors les termes
3 et 4 dans l’expression juste avant sont nuls. Un résultat identique au cas de deux
Fermions est obtenu, à savoir A = √12 :
1
Ψsk1 ,k2 (�r1 , �r2 ) = √ [φk1 (�r1 )φk2 (�r2 ) + φk1 (�r2 )φk2 (�r1 )] (7.2.9)
2
• Si les deux Bosons occupent le même état, par exemple, φk1 (�r1 ), alors la symetrisa-
tion change et la normalisation aussi:
�Ψsk1 ,k1 |Ψsk1 ,k1 � = A.A∗ �φk1 (�r1 )φk1 (�r2 ) + φk1 (�r2 )φk1 (�r1 ) | φk1 (�r1 )φk1 (�r2 ) + φk1 (�r2 )φk1 (�r1 )�
1
= 4A.A∗ �φk1 (�r1 )φk1 (�r2 ) | φk1 (�r1 )φk1 (�r2 )� = 4A.A∗ = 1 ⇒ A = √
4
Alors en faisant la substitution dans 7.2.8, nous obtenons :
1
Ψsk1 ,k1 (�r1 , �r2 ) = √ [φk1 (�r1 )φk1 (�r2 ) + φk1 (�r2 )φk1 (�r1 )] = φk1 (�r1 )φk1 (�r2 ) (7.2.10)
4
Nous voyons bien dans cet exemple de deux Bosons, que la constante de normalisation
est correctement reproduite par la formule donnée en haut A = (N !.n1!.n2!....)−1/2 . Donc
selon l’occupation, dans le premier cas, (N = 2, k1 = 1, k2 = 1) conduit à A = √12 ; par
contre dans le deuxième (N = 2, k1 = 2, k2 = 0) conduit à A = √14 .
1
7.3 Deux spin 2 indépendants
Nous venons d’expliciter comment l’indiscernabilité des particules microscopiques peut être
finalement prise en compte de façon naturelle. Sans avoir besoin à introduire une quelconque
correction ad-hoc (comme le facteur de Gibbs), il suffit de choisir la bonne symétrie de la
fonction d’onde, (selon la nature des particules en question Bosons ou Fermions) pour que cette
propriété soit incluse par construction.
Par ailleurs, cette propriété d’indiscernabilité a permis de mettre en exergue l’importance
du spin (que nous avons ignoré dans la discussion précédente) dans la détermination de la
nature des particules microscopiques. Par conséquent, le sapin devient maintenant une variable
supplémentaire inévitable qu’il faut inclure lors du processus d’échange. Dans ce paragraphe,
nous essayer de traiter le cas de deux particules indiscernables et indépendantes de spin 12 (c-ànd
deux électrons) et d’établir les propriétés de la fonction d’onde qui les décrivent.
D’après la MQ, l’état général d’une particule ayant un spin est un élément d’un espace de
Hilbert H|�r,σ� obtenu comme produit tensoriel de l’espace de Hilbert spatial H|�r� et de l’espace
de Hilbert spinoriel H|σ� (La dimension de la base |�r, σ� = |�r� ⊗ |σ� est donnée par le produit
des deux dimensions des bases |�r� et |σ�).
• Pour une particule de spin 12 (la projection sur OZ ayant uniquement deux valeurs σ = + 12
et σ = − 12 ), l’état de la particule (ou sa fonction d’onde) s’écrit comme un spineur à
deux composantes:
� �
φ↑ (�r)
|φ� = φ↑ (�r) |↑� + φ↓ (�r) |↓� ⇔ φ(�r, σ) = ��r, σ | φ� = (7.3.1)
φ↓ (�r)
84
Il existe des situations (mais pas toujours !) où l’état est séparable entre les deux parties:
Où
�
|ψ|�r� � ≡ Vecteur dans l’espace H|�r� (de dimension infinie et base {|�r�})
|χ|σ� � ≡ Vecteur dans l’espace H|σ� (de 2 dimensions et de base {|↑� , |↓�})
De sorte à avoir (la flèche de gauche est pour la particule 1 et celle de droite pour la
particule 2 !)
|φ� = φ↑↑ (�r1 , �r2 ) |↑↑� + φ↑↓ (�r1 , �r2 ) |↑↓� + φ↓↑ (�r1 , �r2 ) |↓↑� + φ↓↓ (�r1 , �r2 ) |↓↓� (7.3.4)
φ↑↑ (�r1 , ; �r2 ))
φ↑↓ (�r1 ; �r2 )
⇔ φ(�r1 , σ1 ; �r2 , σ2 ) = �(�r1 , σ1 ); (�r2 , σ2 ) | φ� =
φ↓↑ (�r1 ; �r2 )
φ↓↓ (�r1 ; �r2 )
Ici aussi, il existe des cas où l’état peut être séparable soit entre les deux particules ou
en entre les deux parties spatiale et spinorielle totales comme:
Puisque nous nous intéressons à la symétrie de la fonction d’onde totale du système, elle doit
être antisymétrique car elle est Fermionique. La permutation entre les deux particules
signifie la permutation des deux variables �r et σ à la fois . Alors, l’antisymétrie peut donc
se produire de deux manières opposées: Si la permutation spatiale �r1 ↔ �r2 est antisymétrique
(génère un signe moins) alors celle spinorielle σ1 ↔ σ2 doit rester symétrique, ou l’inverse.
Autrement dis, il est interdit d’avoir les deux parties à la fois symétriques ou antisymétriques,
si non il n’y aura aucun changement de signe dans le résultat total.
Dans ce qui suit, nous allons donner une brève inspection sur la symétrie de l’état des deux
particules par rapport à l’échange des spins ( C’est juste un petit résumé de la compositions de
deux spin 1/2 qui vous pouvez trouver dans la majorité des cours de MQ).
Pour deux particules de spin S �ˆ1 et S
�ˆ2 , le système total aura un spin S �ˆ = S�ˆ1 + S
�ˆ2 (il faut
surtout garder en tête que c’est des opérateurs hermétiques !). En fait, malgré que l’ensemble
{|σ1 , σ2 �} de 7.3.3 forme une base, elle n’est cependant pas commode pour étudier tout les
états de spin total et leur symétrie (car Ŝ 2 ne commute pas avec S �ˆ1z et S
�ˆ2z ). La composition
�ˆ = S
S �ˆ2 revient à chercher les valeurs propres de Ŝ 2 et Ŝz et leurs vecteurs propres qui
�ˆ1 + S
seront exprimés en fonction de 7.3.3. Le résulta est résumé comme suit:
• Les valeurs propres de Ŝ 2 sont s(s + 1)�2 avec s = 0, +1. Chacune d’elles va produire
2s + 1 valeurs de σz (≡ −s ≤ σz ≤ s) qui donnent les valeurs propres σz � de Ŝz .
85
• Pour s = 0 ⇒ σz = 0, il va y avoir un seul vecteur propre:
Etat singulet
1
|0, 0� = √ (|↑↓� − |↓↑�) (7.3.7)
2
connu comme l’état singulet. C’est un état antisymétrique par rapport à l’échange
des deux spins σ1 ↔ σ2 .
Etat triplet
qui sont dis l’état triplet. Ils sont symétriques lorsque les deux spin sont permutés.
Donc, nous pouvons conclure que lors d’un échange des deux particules (�r1 , σ1 ) ↔ (�r2 , σ2 ), si le
système est dans l’état du spin singlet, alors l’échange spatial �r1 ↔ �r2 doit rester symétrique.
Si, par contre, il est dans l’un des trois états du triplet, c’est le contraire qui doit y être.
Essayons enfin d’utiliser la base formée par les 4 états que nous venons d’obtenir, et de
déduire la symétrie de la base initiale exprimée par 7.3.3. En utilisons les trois états du triplet
et celui du singulet comme nouvelle base
Nous pouvons écrire l’état général du système dans cette dernière comme:
|φ� = φs0,0 |0, 0� + φa+1,−1 |+1, −1� + φa+1,0 |+1, 0� + φa+1,+1 |+1, +1� (7.3.10)
• Les fonctions φ↑↑ (�r1 , ; �r2 )) et φ↓↓ (�r1 , ; �r2 )) doivent être antisymétriques par rapport à
l’échange �r1 ↔ �r2 .
• Cependant, les deux autres fonctions φ↑↓ (�r1 , ; �r2 )) et φ↓↑ (�r1 , ; �r2 )) n’ont pas de symétrie
spécifique. C’est leur somme et leur différence qui doivent être antisymétrique et symétrique,
respectivement.
86
7.4 Nombres d’occupation
L’utilisation des fonctions d’onde de plusieurs fermions (ou bosons) independants, lorsque ils
sont en nombre variable, est souvent très compliquée dans la pratique. (Si en plus, ils sont en
interaction, alors il est quasiment impossible de les traiter analytiquement car les formes math-
ématiques simples données en haut ne sont plus valables !). La complexité est principalement
due à la symétrisasion approprie qu’il faut faire à chaque fois qu’une particule est introduite
ou extraite du système.
Cependant, comme nous l’avons souligner auparavant, l’étude des particules indépendantes
est facilement re-exprimer comme un problème à une particule. Alors, puisque les particules
sont indiscernables, la seule donnée importante du problème est le nombre de particules
dans un état particulier à une particule. Cette notion permet d’introduire un nouveau cadre de
travail, connu comme la représentation en nombre de particules5 , dans lequel la variation
du nombre de particule est étudiée de façon beaucoup plus simple. Cette représentation est
illustrée dans la figure en bas 7.2.
.
.
.
.
.
nk=1
.
.
.
.
.
3 n3=0
2
n2=4
1
n1=2
Figure 7.2: (Color online) Nombres d’occupation des états à une particule
L’état général d’un système de N particules (fermions / bosons) est décrit par le vecteur
|n1 , n2 , n3 , ..., nk , ...n∞ �a/s , dans lequel n1 particules occupent l’état k = 1 dans le niveau
d’énergie �1 , n2 particules occupent l’état k = 2 dans le niveau �2 ... et nk occupent l’état
k dans le niveau �k . Il faut, cependant, noter qu’une convention est nécessaire pour l’ordre
dans lequel apparaissent les nombres d’occupation (Ici, on choisit un ordre croissant des états).
Car, une permutation entre états va générer un signe (±)P . Nous aurons les équations:
∞
�
N̂ |n1 , n2 , ..., nk , ...n∞ �a/s = N |n1 , n2 , ..., nk , ...n∞ �a/s avec nk = N (7.4.1)
k=1
Où N̂ est l’opérateur nombre total de particules. Dans ce cas aussi, l’énergie totale du
système est donnée par
∞
�
Ĥ |n1 , n2 , ..., nk , ...n∞ �a/s = EN |n1 , n2 , ..., nk , ...n∞ �a/s avec nk �k = E N (7.4.2)
k=1
5
Les états d’un système ayant un nombre variable de particules forme un espace appelé espace de Fock.
Il est construit par le produit tensoriel des espaces de Hilbert correspondant aux différents nombre fixes de
particules. Précisément HF = H1 ⊗ H2 ⊗ H3 ... ⊗ HN
87
Selon la nature des particules et en accord avec le principe de Pauli, le nombre de particules
dans un état (non pas dans un niveau, car ce dernier peut être dégénéré) nk (k = 1, 2, 3....∞)
peut prendre les valeurs suivantes:
Par ailleurs, deux états à N particules sont identiques si et seulement si les deux ensemble
de nombres d’occupation qui les constituent sont identiques deux à deux. Autrement dit,
l’orthonormalisation peux s’écrire :
NB: Nous savons déjà que les fermions ou bosons indépendants sont décrit par par la somme
de produits des états à une particule antisymétrique ou symétrique, respectivement. Alors tous
les états pour les quels nk = 0 ne vont pas figurer dans la fonction d’onde à plusieurs particules
correspondantes. Par exemples:
1 , 0, ...� = |k�
|0, 0, ..., 0, ���� (7.4.4)
état.k
1 , 0, ..., 0, ����
|0, ..0, ���� 1 , 0, ...� = |k, l� (7.4.5)
état.k état.l
qui correspond à la fonction φk,l (�r1 , �r2 ) = √12 [φk (�r1 )φl (�r2 ) ± φk (�r2 )φl (�r1 )], où le signe +
est pour les bosons et le signe - pour les fermions. L’ordre des indices (états) k, l est très
important (ici k < l) car φk,l (�r1 , �r2 ) = −φl,k (�r1 , �r2 ) pour les fermions !
Mais nous pouvons aussi avoir un autre cas de deux particules:
qui correspond à la fonction φk,k (�r1 , �r2 ) = φk (�r1 )φk (�r2 ). C’est exactement ce que nous
avons déjà obtenu plus haut en 7.2.10 pour deux bosons dans le même état. Un tel état
est interdit par le principe de Pauli pour deux fermions.
6
Cette orthonormalisation suppose implicitement des systèmes ayant le même nombre de particules. Deux
états de nombre de particules différents sont automatiquement orthogonaux.
88