A.
LA POESIE
I- DEFINITION ET ESSENCE DE LA POESIE
La poésie est un genre littéraire qui se veut un langage spécial, un langage de la différence.
Elle est un code de communication harmonieux par le son et harmonieux par le rythme,
indissociable du chant. Elle est définie dans le Robert comme un « art du langage
généralement associé à la versification visant à exprimer quelque chose au moyen de
combinaisons verbales ou le rythme, l’harmonie et l’image ont autant et parfois plus
d’importance que le contenu intelligible lui-même »,
Le vocable « poésie » provient du grec « poiein » qui signifie « fabriquer, faire, créer ». Par,
conséquent la poésie est une invention, une création. Son rôle est d’évoquer la réalité de façon
créatrice, d’interpréter le réel ou de faire naître un univers qui lui est propre, à travers le
langage. Elle dispose pour cela de formes spécifiques qui l’éloignent, ou parfois la
rapprochent de la prose. La poésie se donne la double vocation de transcrire et de créer. C’est
grâce au langage que s’opère cette transmutation. Elle s’apparente comme le disait Du Bellay
a une « alchimie » allant selon Rimbaud jusqu'à inventer son propre langage.
Cependant, il faut noter que la poésie, comme toute création, ne peut pas se contenir dans une
seule définition. Chaque poète ou chaque groupe de poètes tente de donner sa propre
définition de la poésie, car, même si elle est partout présente, la poésie n’a ni le même objet,
ni la même finalité, ni la même forme.
II- LES MISSIONS DE LA POESIE
La poésie, plus que toute autre forme d’expression littéraire, peut apparaître de nos jours,
gratuite voire inutile. Or, durant de nombreux siècles et, jusqu'à nos jours, elle avait et, a
encore à bien des égards de hautes missions :
A - Connaissance du monde.
La poésie facilite notre connaissance du monde en ce sens qu’en dévoilant ce qui était caché à
nos regards, obscurcit par l’habitude, le poète contribue par là à une nouvelle approche du réel
de façon passive ou active. Cloderne écrit en ce sens : « la poésie est connaissance du monde,
car le poète démiurge recrée le monde à sa manière ». Eugène Guillevic dira aussi : « je crois
que la poésie est un moyen de connaissance, un des moyens de comprendre le monde ». Cette
connaissance du monde se fera par la description et la suggestion. C’est l’exemple de Jean de
la Fontaine avec Les Fables et la poésie symboliste.
B - Connaissance de l’homme.
La poésie a aussi pour mission la transcription du monde intérieur. Elle permet en effet au
poète de mettre en forme les sentiments qu’il éprouve comme la mort, le temps qui passe,
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l’amour, la nature…En traduisant poétiquement ses propres sentiments, le poète les dépasse
alors dans une sorte d’universalité des émotions où chacun se retrouve. C’est dans ce sens que
Victor HUGO écrira dans la préface des Contemplations : « Hélas ! Quand je vous parle de
moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! Insensé, qui crois que je ne
suis pas toi ! ». La poésie dévoile cet univers intérieur par le jeu des images, des
rapprochements, par les recherches sonores, par l’harmonie et la musicalité.
La poésie permet donc la connaissance de l’homme à travers le lyrisme (poésie humaniste et
romantique). Voltaire écrira en ce sens que « la poésie est la musique de l’âme, et surtout des
âmes grandes et sensibles. »
Aussi, « Le poète est autant inspirateur qu’inspiré » disait Paul ELUARD. Dire que le poète
nous inspire, c’est accepter qu’il nous communique son enthousiasme, sa puissance
visionnaire, sa sensibilité, par l’émotion affective et esthétique. Il nous offre une connaissance
intuitive du cœur humain. Cette connaissance de l’homme se fait à travers le lyrisme. DU
BELLAY disait à ce propos « je me contenterais de simplement écrire ce que la passion
seulement me fait dire, sans chercher ailleurs plus grave arguments ».
C - Connaissance de l’absolu.
Les poètes ont rêvé d’un au-delà d’idéal, d’une perfection universaliste, d’un amour
platonique, d’une harmonie salvatrice faisant de leur poème un sésame. Au monde logique, la
poésie préfère le domaine de l’irrationnel qu’elle seule peut explorer, car l’état poétique est
voisin de l’état mystique. A ce propos RIMBAUD disait : « je dis qu’il faut être voyant. Le
poète se fait voyant par un long immense et raisonné dérèglement de tous les sens. » Et
BAUDELAIRE affirmera que « c’est par la poésie… et par la musique que l’âme entrevoit les
splendeurs situées derrière le tombeau ». Cette création d’un monde inconnu fait du poète un
mage, un prophète divin, un ̒ ̓ Prométhée ̒ ̓, selon Rimbaud.
D - Engagement
Une littérature est engagée lorsqu’elle exprime des prises de position et dénonce ce que
l’écrivain considère comme des atteintes aux droits des humains. Pendant longtemps, la
poésie a été didactique, messagère de leçon d’éthique, morale et politique. Au XIXe siècle, le
poète se proclame prophète des temps futurs. Dans Les Rayons et les Ombres, (1840) Victor
Hugo, écrit : « Peuple, écoutez le poète / Ecoutez le rêveur sacré ! / Dans votre nuit, sans lui
incomplète / Lui seul a le front éclairé. »
Au XXe siècle, la poésie sera souvent engagée au service d’une cause, d’un idéal, d’une
politique : (Existentialisme, Négritude, Surréalisme). Cette conception de la poésie en tant
qu’élément ou moyen de lutte pour le devenir de la cité est quelque chose de très marquant à
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l’époque moderne. C’est en ce sens que AIME CESAIRE dira : «ma bouche sera la bouche
des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot
du désespoir ». De même PAUL ELUARD soutiendra : « le temps est venu ou tous les poètes
ont le droit et le devoir de soutenir qu’ils sont profondément enfoncés dans la vie des autres
hommes, dans la vie commune. »
CONCLUSION
La poésie est donc un art du langage qui vient s’opposer à la prose. Ainsi, Mallarmé
considérait cette dernière comme un simple véhicule communicationnel. Les linguistes
reconnaissent à la poésie le souci du travail verbal. Pour Jakobson, elle explore le signifiant
du mot (graphème) autant sinon davantage que son signifié (sens). La poésie a cette capacité
de charger de sens l’ensemble des ressources linguistiques et syntaxiques : rythme, sonorités,
image, lexique, typographie…
Citations : « La poésie est à la vie, ce que le feu est au bois. Elle en émane et la transforme »
(Jacques REVERDY) ; « Les poètes nous transposent dans un monde plus vaste ou plus beau,
plus ardent ou plus doux que celui nous est donné, différent par là même et en pratique
presque inhabitable » (Marguerite YOURCENAR)
B. LE ROMAN
INTRODUCTION
Le roman a commencé à signifier au moyen âge, un récit en prose ou en vers, en langue
vulgaire ou romane (et non le latin.)
A partir du 16e siècle, le roman se définit comme une œuvre de fiction écrite en prose,
racontant les aventures et l’évolution d’un ou de plusieurs personnages. En tant qu’œuvre de
fiction, le roman ne se soucie pas tellement de la vérité, mais, met en avant la vraisemblance.
Il diffère de la nouvelle par sa longueur et du conte par son coté vraisemblable.
Le genre romanesque est caractérisé par sa diversité, sa capacité à aborder tous les sujets. Il
comprend par exemple, les romans d’amours, les romans policiers, les romans historiques, les
romans d’aventures, les romans autobiographiques, les romans picaresques, les romans de
mœurs, les romans d’initiations
I- LES FONCTIONS DU ROMAN
La plus grande partie de la production romanesque n’a guère d’autre but que de divertir. En
effet, le roman permet au lecteur de s’évader, de se distraire à travers le d’histoires drôles
captivantes. Cette fonction ludique se retrouve dans tous les romans en général, mais en
particuliers dans les romans d’amour, les romans d’aventure, les romans picaresques…
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Souvent, l’écrivain cherche une autre justification à son écriture. C’est le cas de l’abbé
Prévost, auteur du roman L’histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, qui écrit : «
l’œuvre romanesque peut servir dans l’instruction de la vertu parce que chaque fait qu’on y
rapporte est un degré de lumière ». Le roman est donc éducatif, instructif et constitue ainsi un
excellent moyen d’acquisition de connaissances et du savoir. Cette fonction didactique se
retrouve dans l’ensemble des romans.
Le roman essaie aussi de faire prendre conscience, de permettre l’engagement, de permettre
l’action pour changer ou transformer la société. Victor Hugo ne pensait pas autre chose
lorsqu’il écrit : « Tant qu’il y aura une damnation du fait des lois, des problèmes sur la dignité
humaine, la déchéance de la femme, de l’enfant, des livres comme Les Misérables peuvent
être utiles ». Dans cette tentative de conscientisation, le roman se veut réaliste en transcrivant
la réalité dans sa totalité et en dénonçant aussi les injustices sociales, politiques ou religieuses.
C’est l’exemple des romans réalistes, naturalistes, négro-africains ente autre.
Le romancier peut aussi être perçu comme un enchanteur du fait qu’il capte, retient, fixe le
réel, mais surtout modifie notre perception du monde, des faits et des hommes.
CONCLUSION
Le roman est un genre protéiforme qui véhicule tous les courants d’idées, exprime tous les
modes de sensibilités, se plie à toutes les circonstances. C’est pour cette raison, qu’il est
devenu le genre-roi et tend irrésistiblement à l’universel, à l’absolu puisqu’il n’y a rien dont il
ne puisse traiter.
C. LE THEÂTRE
DEFINITION
Dans son sens originel, le théâtre est un point de vue sur un événement. On peut le définir
aujourd’hui comme un art visant à représenter devant un public une suite d’évènement où sont
engagés des êtres humains agissant et parlant. La pièce de théâtre quant à elle est un texte
littéraire qui expose une action dramatique, généralement sous une forme de dialogue entre
des personnages. Il se caractérise et singularise donc par le dialogue et le jeu des personnages
fictifs incarnés par des comédiens.
I- LES FONCTIONS DU THEATRE
De l’antiquité à nos jours, le théâtre a joué un rôle social éminent. Il a bien reçu des missions
à assumer.
1 - Divertissement
La fonction naturelle du théâtre demeure le divertissement. En effet, confronté aux tracas, aux
tourments de la vie quotidienne, l’homme éprouve souvent le besoin de trouver une issue
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compensatoire. Le spectacle qui est un enchantement de l’esprit et des sens lui offre cette
opportunité de rompre avec la monotonie quotidienne et de s’oublier le temps d’une
représentation. C’est d’ailleurs ce que pense Jean Giraudoux qui fait dire à un de ses
personnages dans L’impromptu : « le mot comprendre n’existe pas au théâtre ; le vrai public
ne comprend pas, il ressent. Ceux qui veulent comprendre au théâtre sont ceux qui ne
comprennent pas le théâtre.
Le théâtre n’est pas un théorème, mais un spectacle ». C’est d’ailleurs ce que pense Marcel
Pagnol qui estime que si le théâtre n’a plus de succès, c’est qu’il est détourné de sa mission
première qui est celle de divertir.
Ce cachet divertissant du théâtre se retrouve aussi dans les émotions qu’il suscite au lecteur ou
au spectateur et fait intervenir la fonction cathartique. Catharsis est un mot d’Aristote qui
veut dire purgation des passions. Cette fonction est surtout visible dans la tragédie qui purifie
à travers la crainte, la terreur ou la pitié qu’éprouve le public devant le spectacle d’une
destinée tragique. Il se libère ainsi de ses passions.
2 - Mission didactique
Beaucoup de dramaturges ont assigné à leur art une mission didactique. Déjà au XVIIème
siècle, la devise du théâtre était : « instruire et plaire ». Il s’agissait pour eux de corriger les
mœurs en dénonçant les travers de la société. En effet, en tant qu’acteur social, le dramaturge,
est un observateur qui jette un regard critique sur les mœurs, les comportements et les
caractères des hommes. Il s’érige en médecin qui veut guérir les maux qui gangrènent la
société, les défauts des hommes. C’est dans cette logique que s’inscrit Molière qui, à travers
sa formule « castigare ridendo mores » qui signifie « châtier les mœurs en riant », entreprend
leur correction par la dénonciation des travers de la société dans ses comédies. C’est
l’exemple de Tartuffe, le Misanthrope, Harpagon, les précieuses ridicules, où le dramaturge
s’attache surtout à l’analyse précise des défauts qui ont pour nom hypocrisie, misanthropie,
avarice, pédanterie, jalousie... Le dramaturge offre ces personnages repoussoirs (négatifs),
pour inciter le lecteur ou le spectateur à s’éloigner de leurs tares. La portée du théâtre ici est
moralisatrice.
3 - Miroir de la société
Le théâtre est un miroir de la société car il reflète non seulement les réalités sociales, mais
aussi donne une peinture réaliste de notre vie au quotidien. L’un des plus grands dramaturges
de tous les temps, William Shakespeare n’affirme pas autre chose. Dans sa pièce Hamlet, il
prête au héros ces propos : « l’objet du théâtre a été dès l’origine, et demeure encore, de
présenter pour ainsi dire un miroir à la nature et montrer à la vertu son portrait, à la
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niaiserie son visage, et au siècle même et à la société de ce temps quels sont leurs aspects et
leurs caractères ».
Victor Hugo ne dit pas autre chose car pour lui, « le théâtre est un point d’optique. Tout ce
qui existe dans le monde, dans l’histoire, dans la vie, dans l’homme, tout doit et peut s’y
réfléchir, mais sous la baguette magique de l’art ».
4 - Engagement
Le théâtre, dans une logique satirique, peut prendre la forme d’une contestation des pouvoirs
en place. Il est par conséquent une arme de combat.
L’expression théâtrale a été utilisée par certains dramaturges négro-africains pour dresser un
réquisitoire acerbe contre la gestion des indépendances africaine. L’œuvre dramatique d’Aimé
Césaire en est une illustration. Dans La tragédie du roi Christophe et Une saison au Congo,
Césaire s’attaque aux dérives des nouveaux maîtres qui se révèlent pires que les anciens avec
des pratiques avilissantes : culte de la personnalité, corruption, détournements de deniers
publics, emprisonnements, torture, meurtres etc.
Ils ont aussi, grâce à l’expression théâtrale, interrogé l’histoire africaine pour rétablir la vérité
sur le passé africain déformé par l’idéologie coloniale.
Dénonçant les mensonges du colonialisme, les dramaturges comme Cheikh Aliou Ndao, dans
l’Exil d’Alboury, Seydou Badian dans La mort de Chaka, Amadou Cissé Dia dans Lat Dior
ou le chemin de l’honneur, ont exhumé le passé africain en réhabilitant les grandes figures
africaines pour lui donner des préoccupations modernes : offrir aux jeunes des repères et des
recours. C’est ce que dit en substance Cheikh Aliou Ndao quad il écrit : « Mon but, est
d’aider à la création de mythe qui galvanisent le peuple et portent en avant ; dussé-je y
parvenir en rendant l’histoire plus historique ».
Cet engagement politique du dramaturge se note aussi dans le théâtre occidental. Les mains
sales de Jean Paul Sartre par exemple, s’inscrivent dans une logique de l’occupation
allemande. De même, Jean Anouilh, en reprenant le mythe de Antigone dans sa pièce de
même nom, fait de ce personnage, le symbole de la résistance, de la force morale qui refuse
les compromis faciles, la soumission aveugle à l’idéologie, à la dictature…
Il importe de souligner qu’on n’a pas fait le tour d’horizon de toute les fonctions du théâtre, il
va s’en dire que ces diverses fonctions ne sont nullement exclusives l’une de l’autre. Elles
sont logiquement complémentaires.
CONCLUSION
Le théâtre est donc un événement social, une représentation donnée pour un public. Nul genre
n’est aussi dépendant de la réalité sociale qui le suscite et de l’état de sa technique. Jean
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Louis Barrault évoquant l’aspect thérapeutique du théâtre écrit : « le théâtre est le premier
sérum que l’homme ait inventé pour se protéger de la maladie de l’angoisse. »
D. LE CONTE
INTRODUCTION
Le conte est une forme très ancienne qui semble contemporain à l’homme. C’est un genre
universel qui se caractérise par une structure simple, des thèmes permanents et par son
schéma narratif. A travers les thèmes traités, on distingue trois types de conte : Les contes
merveilleux qui mettent l’accent sur les êtres surnaturels, les contes de mœurs qui visent à
renforcer la cohésion du groupe sociale en dénonçant les défauts et les contes sur les
animaux qui exposent les attitudes sociales souhaitable ou qui sont à rejeter.
I- DEFINITION ET CARACTERISTIQUES
Le conte est un genre oral qui a pour objectif principal d’éduquer et de divertir. Ainsi, il prend
en charge les aspirations et les préoccupations de la société.
Comme tout genre, le conte est régi par des règles. Ainsi, dans la tradition, le conte se dit la
nuit de préférence en saison sèche. En général, ce sont les femmes (mère ou grand-mère) qui
disent les contes pour leurs enfants. Le conte possède aussi des éléments qui le caractérise
(formule d’introduction et de conclusion) et des techniques de spectacle (gestes, intonations,
chants…). L’auditoire participe aussi à la réalisation du conte par son opinion (rires,
silences, applaudissements, interrogations…).
II- LES FONCTIONS DU CONTE
Le conte est avant tout un récit éducatif. Il essai de fermer les membres de la société à une
meilleure vision du monde et à la sagesse antique. C’est la raison pour laquelle, le conte qui
est une parole transmise est aussi une parole à transmettre.
Le conte est aussi un moyen d’unité, de cohésion mais surtout un moyen d’identification
social. C’est ce qui explique son utilité. On peut résumer les fonctions du conte avec cette
phrase d’amadou Hampathé Bâ qui écrit dans Kaydara « le conte est futile, utile et instructif
».
CONCLUSION
Parler du conte aujourd’hui, revient à montrer le rapport entre l’oralité et l’écriture. Le conte,
genre orale par excellence pour se moderniser et s’éterniser à besoin du support écrit. Mais il
garde toujours ses éléments oraux qui le caractérisent. Seulement au lieu d’être dit, il est lu ;
Au lieu d’unir les gens, de les regrouper, d’être un lieu de partage et de communion, le conte
écrit pousse plutôt vers l’individualisme.r
E. LA NOUVELLE
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INTRODUCTION
La nouvelle est un genre littéraire qui a fait son apparition à la renaissance. Le premier recueil
de nouvelle connu est celui de l’auteur italienne Boccace ; le Décameron. En France l’ouvre
majeure en ce qui concerne la nouvelle sera l’Heptaméron de Marguerite de Navarre qui est
une imitation des nouvelles italiennes. En Afrique le genre fera son apparition au XX siècle et
sera utilisé pour combattre les injustices. Ainsi la nouvelle devient un genre universel et
populaire.
I- DEFINITION ET CARACTERISTIQUES
Définir la nouvelle n’est pas facile. Comme le dit Etiemble « la nouvelle est partout présente,
mais insaisissable, existe mais sans essence. » Le Robert, dictionnaire de langue française,
définit la nouvelle comme « un récit généralement bref, de construction dramatique et
présentant des personnages peu nombreux. »
Pour William Faulkner « une nouvelle, c’est la cristallisation d’un instant arbitrairement
choisi, ou un personnage est en conflit avec un autre personnage avec son milieu ou avec lui-
même.
Ces définitions ne prennent pas totalement en compte la richesse de la nouvelle. Comme
l’affirme Maurice Brion, la nouvelle reste « une œuvre d’art totale en elle-même, constatée,
mais enrichie par ses limites et obéissant en une technique qui exige autant d’application que
de spontanéité. »
La nouvelle se caractérise par les éléments suivants :
- la nouvelle est un récit bref. En quelque page tout est dit, tout est épuisé. C’est pourquoi le
nouvelliste manipule avec expertise les digressions, les explications, les commentaires et les
descriptions.
- Le sujet de la nouvelle est restreint et parfois même unique. Il peut être une aventure, un
souvenir, un épisode, une anecdote ou un instant de vie.
- Les personnages de la nouvelle sont très peu nombreux et quelques fois nous en avons qu’un
seul autour de qui gravite des personnages secondaires
- Le style de la nouvelle est simple et précis
II- NOUVELLE ET CONTE
La nouvelle, issue de l’oralité ressemble parfois au conte. Mais il faut reconnaitre que même
si conte et nouvelle sont tous les deux des récits, le conte représente des aventures imaginaires
tan disque la nouvelle renvoie à des récits tirés du réel. Aussi quand le conteur recherche
l’extraordinaire, le nouvelliste essaie d’exprimer la réalité plus simplement. En plus le conte
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contient une morale dont se passe la nouvelle. Si le conte s’inspire du passé, la nouvelle se
base sur l’actualité.
Nous remarquons donc une nette différence entre ces deux genres même-ci la nouvelle utilise
quelque fois le schéma traditionnel du conte pour véhiculer son message.
CONCLUSION
La nouvelle, se contente tout simplement de signaler l’existence d’un cas ou d’un phénomène,
de poser un problème, de constater un fait mais sans pour autant chercher à trouver ou à
donner une solution. Dans la nouvelle, l’auteur braque son projecteur sur un aspect de la
réalité sociale.
SUJETS DE DISSERTATION
I- L’ART
Sujet 1 : « L’art n’est pas la réalité mais quoi qu’on fasse on est obligé de choisir parmi les
éléments qu’elle fournit ». Commentez et au besoin discutez cette affirmation de Gustave
Flaubert.
Sujet 2 : Discutez cette affirmation de Théophile Gautier « Nous croyons à l’autonomie de
l’art. L’art n’est pas le moyen, mais le but ».
Sujet 3 : Victor HUGO écrivait en 1864 : « Esprit, soyez utiles ! L’art pour l’art peut être
beau, mais l’art pour le progrès est plus beau encore. » Cette opinion que vous expliquerez
répond-elle à ce que vous attendez de la littérature ? Appuyez votre argumentation sur des
exemples précis.
Sujet 4 : Oscar W ilde écrivait : « l’artiste doit créer de belles choses sans rien y mettre de sa
vie ». Cette opinion que vous expliquerez Répond-elle à ce que vous attendez de l’art ?
Appuyez votre argumentation sur des exemples précis.
II- LA LITTERATURE
Sujet 1 : Tout écrivain, qu’il soit poète, romancier, dramaturge… se représente dans un petit
coin de son œuvre come le peintre se représente dans un coin de son tableau. Dans une
analyse étayée par les œuvres que vous avez lues, vous direz comment les artistes en général
et les écrivains en particulier sont très présents dans leurs œuvres.
Sujet 2 : RONSARD au XVIe siècle parlait d’une « plume de feu ». SARTRE, plus tard, dira
dans Les Mots : « Longtemps j’ai pris ma plume pour une épée… » ; Cheik Aliou NDAO
dans Mogariennes parle de sa « plume désarçonnant les ennemis de nos peuples. » Expliquez
cette triple métaphore. Comment l’écriture peut-elle devenir une arme et l’écrivain un
combattant ?
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Sujet 3 : « La littérature existe dans une société donnée, elle traduit ses préoccupations et lui
apprend à mieux vivre ». Vous expliquerez ces propos en vous aidant d’exemples précis.
Sujet 4 : Pensez-vous que l’ouvre littéraire (roman, poésie, théâtre, conte, …) nous détourne
de la réalité ou, au contraire, nous aide à mieux nous intégrer dans la vie ? Justifiez vos
réponses à l’aide d’exemples précis tirés de votre connaissance de la littérature.
Sujet 5 : « On peut considérer l’écrivain selon trois points de vue différents ; On peut le
considérer comme un conteur, comme un pédagogue, comme un enchanteur. Un grand
écrivain combine les trois- conteur, pédagogue enchanteur – mais c’est l’enchanteur qui
prédomine, et fait de lui un grand écrivain. » (Vladimir Nabokov, Littérature, I, 1983). Êtes-
vous d’accord avec cette définition du rôle de l’écrivain ? Justifiez votre réponse par des
exemples précis empruntés aux œuvres que vous avez lues.
Sujet 6 : Zola écrit : « J’aurais voulu aplanir le monde d’un coup de ma plume, en forgeant
des fictions utiles ». Pensez-vous que la littérature ait le pouvoir d’intervenir sur le monde et
sur les consciences pour les transformer ?
III- LA POESIE
Sujet 1 : Expliquez et discutez cette réflexion de Victor Hugo : « La poésie n’est pas un
ornement, elle est un instrument ».
Sujet 2 : Selon Charles Baudelaire, « La poésie n’a pas d’autre but qu’elle-même ; elle ne
peut pas en avoir d’autre et aucun poème ne sera si grand, si noble, ni véritablement digne du
nom de poème que celui qui aura été écrit pour le plaisir d’écrire un poème ». Commentez et
discutez ce point de vue en étendant votre réflexion à la littérature en général.
Sujet 3 : (Bac 2000) « La poésie, c’est beaucoup plus qu’une forme littéraire, c’est la
traduction anoblie de nos émotions, de nos rêves de nos peines, de nos désirs à travers le
langage soudain magnifié, nous atteignons à la source de ce qui nous fait agir, penser et croire
». Commentez et discutez cette réflexion de Jeanne Bourin (les plus belles pages de la
poésie française) en vous appuyant de façon précise des œuvres que vous connaissez.
Sujet 4 : (Bac 2001) « La poésie ne doit nullement être assujettie à des convictions politiques
ou religieuses. Elle est avant tout l’exaltation des pouvoirs du verbe ». Vous analysez ces
propos en vous fondant sur ce que vous savez de la poésie.
Sujet 5 : Commentez cette affirmation de Pierre Reverdy : « La poésie est à la vie ce que le
feu est au bois : elle en émane et la transforme ».
Sujet 6 : Commentez cette réflexion sur la poésie : « la poésie est à la prose ce que la danse
est à la marche ».
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Sujet 7 : Expliquez et discutez cette affirmation de Michel Leiris « Toute poésie vraie est
inséparable de la révolution ».
Sujet 8 : « Le poète se trouve lié, malgré lui, à l’événement historique ». En vous appuyant
sur des exemples précis, vous expliquerez cette affirmation du poète français Saint-John
Perse.
Sujet 9 : A la lumière des textes poétiques que vous connaissez, vous commenterez cette
définition de la poésie : « Qu’est-ce que la poésie ? Une manière d’être, d’ouvrir les yeux, et
un travail sur les mots. »
Sujet 10 : Musset déclare : « Les chants désespérés sont les chants les plus beaux ». Les
Parnassiens ont au contraire affirmé que la seule poésie valable doit être impersonnelle.
Commentez ces deux affirmations contradictoires ?
Sujet 11 : Donnant sa conception de la poésie, Léopold Sédar Senghor écrit : « Je persiste à
penser que le poème n’est accompli que s’il se fait chant, parole et musique en même temps. »
Expliquez et discutez cette affirmation en illustrant vos propos par des exemples tirés des
œuvres poétiques au programme.
Sujet 12 : La poésie est Ŕ elle, selon vous, l’art du rêve, de l’évasion comme l’affirmait
Charles Baudelaire ? Vous construirez votre réponse en vous appuyant sur vos connaissances
et lectures personnelles.
Sujet 13 : « La poésie est la fusion harmonieuse du sensible et de l’intelligible, la faculté de
réaliser par le son et le sens, par l’image et par le rythme, l’union intime du poète avec le
monde qui l’entoure ». Commentez ces propos en illustrant vos arguments par des exemples
tirés de vos lectures.
IV- LE ROMAN
Sujet 1 : (bac 96) : A l’aide d’exemples précis tirés de vos lectures, commentez et discutez
cette définition : « un personnage de roman est toujours plus ou moins une possibilité que
l’auteur tire de lui –même ».
Sujet 2 : Commentez et discutez, en vous appuyant sur des exemples, cette réflexion d’un
critique sur le roman : « un roman n’est ni un livre d’histoire, ni un journal, il est création
d’un monde où l’auteur exprime des vérités humaines universelles ».
Sujet 3 : Un romancier à qui l’on demandait pourquoi il n’écrivait pas de poésie répondait : «
parce que je déteste parler de moi-même. » La distinction entre poésie et roman que cette
déclaration semble établir vous parait-t-elle justifiée ? Vous appuierez votre argumentation
sur des exemples tirés de vos lectures personnelles.
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Sujet 4 : « Les héros de cette histoire appartiennent à la fiction romanesque et toute
ressemblance avec des contemporains vivants ou morts est entièrement fortuite ». Quelles
réflexions vous inspirent une telle formule ?
Sujet 5 :« La valeur d’un roman se mesure à ce qu’il contient d’observation, non à ce qu’il
contient d’imagination ». Que pensez Ŕ vous de cette affirmation d’André Chaumeise ?
Illustrez vos arguments à partir de votre connaissance du Réalisme.
Sujet 6 : STENDHAL écrivait : « On ne peut atteindre au vrai que dans le roman (…). Un
roman est un miroir qu’on promène le long d’un chemin. » Expliquez et au besoin discutez
cette pensée à l’aide d’exemples précis empruntés aux romans que vous avez lus.
Sujet 7 : « A la fois document sur notre temps et énoncé des problèmes de l’homme actuel, le
roman doit blesser la conscience de la société, avec l’espoir de l’améliorer ». Analysez ces
propos d’Ana Maria Matute en vous aidant de vos connaissances sur le roman.
Sujet 8 : Tout le monde ne s’intéresse pas à la poésie. Tout le monde ne va pas au théâtre.
Mais tout le monde a lu un roman. Vous vous interrogerez donc sur les raisons d’une telle
popularité, et vous essaierez de dire pourquoi, dans tel cas précis, vous vous êtes intéressé
vous-même à une œuvre de ce genre.
Sujet 9 : Sembéne Ousmane écrit : « Le roman n’est pas seulement pour moi témoignage,
description, mais action, une action au service de l’homme, une contribution à la marche en
avant de l’humanité ». Vous expliquerez puis discuterez cette conception que vous étendrez à
l’œuvre littéraire en général, en vous appuyant sur des exemples précis tirés de vos lectures.
Sujet 10 : « L’art du roman est de savoir mentir », écrivit Louis Aragon. Discutez cette
affirmation
Sujet 11 : « Tout grand roman est un déїcide, c’est-à-dire un assassinat symbolique de la
réalité ». Commentez et discutez ces propos à l’aide d’exemples illustratifs.
V- LE THEATRE
Sujet 1 : Commentez ce mot du chœur dans Antigone de Jean Anouilh « c’est reposant la
tragédie, parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir, le sale espoir ».
Sujet 2 : Le théâtre est souvent considéré comme un divertissement. Partagez-vous ce point
de vue ? Vous donnerez votre avis sur la question avec des illustrations littéraires sur les
fonctions du théâtre.
Sujet 3 : « Le spectacle est la seule forme d’éducation morale ou artistique d’une nation. Il est
le seul cours du soir valable pour adultes et vieillards. » Expliquez cette affirmation de Jean
Giraudoux
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Sujet 4 : Analysez ces propos de Frédérico Garcia Lorca (1899-1936) en vous aidant de vos
connaissances sur le genre dramatique. « Un peuple qui n’aide pas, qui ne favorise pas son
théâtre est moribond, s’il n’est déjà mort ; de même le théâtre qui ne recueille pas la pulsation
sociale la pulsation historique, le drame de son peuple, et la couleur authentique de son
paysage et de son esprit, avec son rire et ses larmes, ce théâtre-là n’a pas le droit de s’appeler
théâtre. »
VI- L’ENGAGEMENT
Sujet 1 : « Au lieu d’être de nature politique, l’engagement est pour l’écrivain, la pleine
conscience des problèmes actuelles, la pleine conscience de son propre langage ».
Commentez ce propos d’Alain Robbe-Grillet en illustrant vos arguments par des exemples
précis tirés de vos connaissances littéraires.
Sujet 2 : « De nos jours, beaucoup d’intellectuels pensent que la mission de l’écrivain est de
contribuer autant que possible à la libération de son peuple dans tous les domaines. » Cette
conception du rôle de l’écrivain, vous parait-elle entièrement juste ?
Sujet 3 : Gilles Vigneault, poète-chansonnier québécois, affirmait dans un entretien avec un
journaliste : « L’engagement, ce n’est peut-être pas nécessairement de jouer les juges, mais
beaucoup plus, de se sentir et de se savoir accusés et de le dire. Tous les poètes sont engagés :
ils doivent être des révolutionnaires, non pas en maniant des bombes, mais par leur désir de
changer le monde, de l’améliorer. » En vous appuyant sur des exemples, vous commenterez et
discuterez cette réflexion.
Sujet 4 : « La littérature vous jette dans la bataille, écrire, c’est une certaine façon de vouloir
la liberté, si vous avez commencé, de gré ou de force, vous êtes engagés. » Les œuvres que
vous connaissez, illustrent-elles cette conception que Jean Paul Sartre a de la littérature ?
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