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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou


Faculté des Sciences Biologiques et des Sciences agronomiques
Département de Biologie

En vue de l’obtention du diplôme de Master en Sciences Biologiques

Spécialité : Biologie des Populations et des Organismes

Étude de l’effet insecticide du Pommier de Sodome


Calotropis procera vis-à-vis de quelques paramètres
physiologiques de la mouche méditerranéenne des
fruits Ceratitis capitata

Présentée par : Mlle TEBAH Sonia

Devant le jury composé de :

Présidente : Mme TALBI Nassima MAA UMMTO

Promotrice : Mme KAIDI Narimen Maitre de Recherche B INRAA

Co-promotrice : Mme BRAHMI Karima Professeur UMMTO

Examinatrice : Mme DJIOUA Ouiza MAA UMMTO

Année universitaire : 2022 /2023


RemeRciements
En premier lieu, je remercie DIEU le tout puissant de m’avoir accordé le courage, la force et

la patience de mener à bien ce modeste travail.

Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance et remerciements à ma promotrice Dr. KAIDI

Narimen, Maître de recherche B, de la Division de Recherche Protection des Cultures

(Institut Nationale de la Recherche Agronomique d’Algérie, INRAA) pour m’avoir accordé

l’immense honneur de m’encadrer et de diriger tout au long de ce travail de recherche et qui a

fait preuve de volonté a été d’un grand apport pour l’accomplissement de mon humble travail.

Je désire, également, exprimer mon vif remerciement à ma Co-promotrice Pr. BRAHMI

Karima, Professeur à l’UMMTO pour son soutien, ses conseils et orientations tout au long de

ce travail. Elle a été dans grand soutient, d’encouragement et qui a fait preuve d’une grande

patience.

Je remercie également Dr. OUKIL Salah, Directeur de la Division de Protection des Cultures

de l’INRAA, de nous avoir acceptées au sein de sa division de recherche et d’avoir mis à

notre disposition tous les moyens nécessaires pour la réalisation de ce travail.

Je remercie également les membres de jury qui ont bien voulu juger ce travail à savoir :

Dr. TALMAT-CHAOUCHI Nora, Maitre de conférences A à l’UMMTO et Dr. DJIOUA

Ouiza, Maitre-assistant A à l’UMMTO.

Enfin je remercie tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce mémoire
que ce soit par son amitié, ses conseils ou son soutien moral.
Dédicace
Au nom de Dieu le tout puissant et le très miséricordieux par la grâce duquel j’ai pu mener à
son terme ce travail que je dédie :

A la mémoire de mon père À travers chaque page de ce mémoire, je voudrais immortaliser ta


mémoire et ton influence profonde dans ma vie. Tu as été mon roc, ma source d'inspiration et
mon guide tout au long de mon parcours académique. Même si tu n'es plus physiquement
présent, ton amour, ta sagesse et ton soutien continuent à m'accompagner. Ce mémoire est
dédié à toi, car il symbolise notre voyage ensemble, tes rêves pour moi et les valeurs que tu
m'as inculquées. Ton héritage perdurera dans chaque accomplissement que j'obtiendrai, et je
te suis éternellement reconnaissante. Repose en paix, cher papa. Je t'aime toujours.

A ma chère mère quoi que je fasse ou que je dise, je ne saurai point te remercier comme il se
doit. Ton affection me couvre, ta bienveillance me guide et ta présence à mes cotes a toujours
été ma source de force pour affronter les différents obstacles.

A mes chers frères Belaid et Ferhat ma force et ceux qui ont partagés avec moi tous les
moments d’émotions et encouragés tout au long de mon parcours. Je leur souhaite beaucoup
de succès et de réussite dans leur vie.

A ma chère sœur Roza qui n’a pas cessée de me conseiller, encourager et soutenir tout au long
de mes études. Que Dieu la protège et leur offre la chance et le bonheur.

A ma chers copine Yasmine qui m’a toujours encouragé. Que dieu la procure joie, bonheur et
réussite et que notre amitié reste à jamais

A toute ma famille et tous ceux qui m’ont encouragée, soutenue et aidée de près ou de loin à la
réalisation de ce travail

SONIA
Liste des figures

Sommaire
Année universitaire : 2022 /2023 ............................................................................................... 1
.................................................................................................................................................... 0
I.1. I. - Généralités sur la mouche méditerranéenne des fruits ; Ceratitis capitata Wied., 1824 3
I.1.1. - Position systématiques et Synonymie ............................................................................. 3
I.1.2. - Biologie et cycle de développement de la cératite.......................................................... 4
I.1.2.1. - Cycle de développement .............................................................................................. 4
I.[Link]. - Ponte et fécondité ..................................................................................................... 4
I.1.2.2. - Développement larvaire ............................................................................................... 5
I.1.2.3. - Pupaison ....................................................................................................................... 6
I.1.2.3. - Maturation et l’adulte .................................................................................................. 6
I.1.2.4. - Longévité ..................................................................................................................... 8
I.1.2.5. - La durée du cycle de vie de la Cératite et le nombre de générations annuelles .......... 8
I.1.5. - Dégâts de la cératite ........................................................................................................ 9
I.1.6. - Moyens de lutte utilisés contre la cératite..................................................................... 10
I.1.6.1. - Mesures prophylactiques ........................................................................................... 10
I.1.6.2. - lutte chimique ............................................................................................................ 10
I.1.6.3. - Lutte biotechnique ..................................................................................................... 11
I.[Link]. - Anéantissement des mâles ...................................................................................... 11
I.[Link]. - Confusion sexuelle ................................................................................................. 11
I.[Link]. - Piégeage massif ...................................................................................................... 11
I.[Link]. - Lutte autocide (Technique de l'Insecte Stérile) ...................................................... 11
I.[Link]. - Lutte biologique ...................................................................................................... 12
I.[Link].1. - Lutte par prédateurs ............................................................................................. 12
I.[Link].2. - Parasitoïdes .......................................................................................................... 12
I.[Link].3. - Bactéries entomopathogènes ............................................................................... 12
I.[Link].4. - Champignons entomopathogènes ........................................................................ 12
I.[Link].5. - Biopesticides dérivés des plantes ........................................................................ 13
I.2. - Généralités sur pommier de Sodome Calotropis procera ............................................... 13
I.2.1. - Habitat et Répartition géographique ............................................................................. 14
I.2.3. - Classification botanique ............................................................................................... 14
I.2.4. - Description botanique ................................................................................................... 14
I.2.6. - L’utilisation de Calotropis procera .............................................................................. 16
II.1. Problématique et Objectifs ............................................................................................... 17
II.2. Matériel biologique........................................................................................................... 17
II.2.1. Matériel animal .............................................................................................................. 17
II.2.1.1. Elevage de masse de la Cératite.................................................................................. 18
II.2.1.2. Identification de la mouche méditerranéenne des fruit Cératitis capitata ................. 19
II.2.2. Matériel végétal ............................................................................................................. 21
II.3. Préparation de l’extrait aqueux de Calotropis procera .................................................... 21
II.5. Méthodes de traitements ................................................................................................... 23
II.5.1. Traitement par ingestion (extrait aqueux) ..................................................................... 23
II.5.2. Traitement par inhalation............................................................................................... 24
Liste des figures

II.6. Paramètre étudiés :............................................................................................................ 25


II.6.1. Effet sur la mortalité ...................................................................................................... 25
II.6.2. Effet sur l’hémolymphe ................................................................................................. 25
II.7. Analyse statistique ............................................................................................................ 27
III.1.- Clé d’identification de la mouche méditerranéenne des fruits Ceratitis capitata.......... 28
III.2.- Effet de l’extrait aqueux de Calotropis procera sur la mortalité des adultes de Ceratitis
capitata ..................................................................................................................................... 29
III.3.-. Effet de l’extrait aqueux de [Link] sur l’hémolymphe des adultes de C. capitata . 31
III.3.1. Etude qualitative ........................................................................................................... 31
III.3.2.- Etude quantitative ....................................................................................................... 32
III.4.-. Effet de l’huile essentielle de Calotropis procera sur la mortalité des adultes de
Ceratitis capitata ...................................................................................................................... 33
III.3.-. Effet de l’huile essentielle de C. procera sur l’hémolymphe des adultes de C. capitata
.................................................................................................................................................. 34
III.3.1. Etude qualitative ........................................................................................................... 34
III.3.2. Étude quantitative ......................................................................................................... 35
III.4.-. Analyse statistique ........................................................................................................ 36
IV.1.- Effets de l’extrait aqueux et l’huile essentielle de Calotropis procera sur la mortalité de
la mouche méditerranéenne des fruits Ceratitis capitata ......................................................... 37
IV.2.- Effet de l’extrait aqueux et de l’huile essentielle de calotropis procera sur
l’hémolymphe des adultes de ceratitis capitata ....................................................................... 38
IV.2 .1.- Qualitativement.......................................................................................................... 38
IV.2.2.- Quantitativement......................................................................................................... 39
conclusion ............................................................................................................................... 38
références biblographiques .................................................................................................... 44
resumé
Liste des figures

Liste des Figures

Figure 1 – La mouche méditerranéenne des fruit Ceratitis capitata (face ventrale)................. 3


Figure 2 – Œufs de la cératite .................................................................................................... 5
Figure 3 - Ceratitis capitata larves dans la pêche endommagée ............................................... 5
Figure 4 - Pupes de la cératite ................................................................................................... 6
Figure 5 – Cycle biologique de la ceratite ................................................................................ 7
Figure 6 – les dégâts de la mouche méditerranéenne des fruits Ceratitis capitata …………...9
Figure 6-A -dégât galerie avec les larves dans une section de fruits de satsuma ...................... 8
Figure 6-b - Encyclopédie (Ephytia ,2023) ............................................................................... 9
Figure 6-c -Encyclopédie (Ephytia, 2023) ……………………………………………………9
Figure 7 - Pommier de Sodome Calotropis procera…….... …………………………………13
Figure 8 – les différentes parties de C. procera ...................................................................... 15
Figure 9 -Verger d’agrumes prospecté et orange piquée par la cératite ................................. 17
Figure10 - Les différentes étapes de l’élevage de masse de la Cératite………………… …19
Figure 11 – les étapes d’identification de ceratitis capitata………. …………………...……..20
Figure 12 – feuilles fraiche de Calotropis procera ................................................................ 21
Figure13 – les Etapes de préparation de l’extrait aqueux ....................................................... 22
Figure 14 - Préparation de l’huile essentielle de C. procera par hydro-distillation ................ 23
Figure 15 - Essais de l’extrait aqueux de C procera contre les adultes de C capitata ............ 24
Figure 16 - les étapes du frottis hémolymphatique (sanguin)de la cératite………………. …26
Figure 17 - Illustration des hémocytes les plus communs chez les insectes ........................... 29
Figure 18 - observation microscopique de la mouche méditerranéenne des fruits ................. 28
Figure 19 - observation icroscopique de la femelle de la ceratitis capitata............................ 29
Figure 20 - la différence entre le male (gauche) et la femelle (droite)de ceratitis capitata .... 29
Figure 21 - Pourcentage de mortalité des adultes de C capitata traité par l’extrait aqueux ... 31
Figure22 - Les différentes hémocytes identifiées dans l’hémolymphe des témoins de C.
capitata ..................................................................................................................................... 32
Figure 23 - changement structurales des hémocytes des adultes de C. capitata traités par
l’extrait aqueux et l’huile essentielle de C. procera................................................................. 33
Figure24 - Nombre moyen des prohémocytes, plasmatocytes et des granulocytes des
adultes de C. capitata témoins et traités par l’extrait aqueux de C. procera ........................... 34
Figure25 - Pourcentage de mortalité des adultes de Ceratitis capitata traité par l’extrait ...... 35
Figure 26 - Nombre moyen des hémocytes de [Link] traités par l’huile essentielle de
Calotropis procera ................................................................................................................... 35
Liste des figures

Listes des tableaux

Tableau I - Différentes étapes de l’levage de masse de la Cératite ....................................... 18


Tableau II - Pourcentages moyens de mortalité des adultes de C. capitata traités avec l'extrait
aqueux de C. procera ............................................................................................................... 30
Tableau III - Nombres moyens d’hémocytes des adultes de C. capitata témoins et traités par
l’extrait aqueux de C .procera.................................................................................................. 33
Tabelau IV - Pourcentages moyens de mortalité des adultes de C. capitata traités avec l'huile
essentielle de C. procera .......................................................................................................... 34
TabeleauV - Nombre d’hémocytes des adultes de C. capitata témoins et traités par l’huile
essentielle de C. procera .......................................................................................................... 35
Tableau VI - Analyse de la variance des mortalités des adultes de C. capitata traités par
l’extrait aqueux (par ingestion) et l’huile essentielle (inhalation) de C. procera ……………36
Introduction

L’arboriculture fruitière fait partie intégrante de la vie économique et sociale de


l’Algérie. Ce grand pays, de par sa position géographique et ses diverses conditions
pédoclimatiques, a en effet le privilège de mettre en culture plusieurs espèces fruitières et de
produire des fruits frais tout au long de l’année. Les mouches des fruits (Diptera : Tephritidae)
comptent parmi les principaux ravageurs des zones tropicales et subtropicales. Les dégâts très
importants causés par ces insectes se retrouvent sur une large gamme de plantes hôtes d’intérêt
commercial tant sur les cultures fruitières que maraîchères (White & Elson-Harris, 1992).
De tous les insectes ravageurs menaçant l’arboriculture fruitières, la mouche
méditerranéennes des fruits Ceratitis capitata (Weideman, 1824) (Diptera :Trypetidae) est
considérée comme l’une des espèces les plus nuisibles dans les pays méditerranéens. C'est un
ravageur de nombreuses cultures fruitières et légumières représentant toujours une menace
sérieuse de pertes de récoltes (Liquido et al., 1990). En Algérie, C. capitata est un ravageur
d’importance économique engendrant des dégâts majeurs sur les fruits d’été et d’hiver, en
particulier sur les agrumes, les pêches et les abricots. Selon Lance et al., (2014) et Hafsia et
al., (2019), ce diptère est l’un des ravageurs des agrumes les plus importants au monde. Ses
dégâts se divisent en deux catégories : d’une part, il y a les dommages occasionnés par les
piqûres des femelles lors de leurs tentatives de ponte, altérant ainsi l'apparence extérieure des
fruits. D'autre part, les dégâts occasionnés par les larves qui engendrent la détérioration des
fruits, créant, ainsi, un environnement propice au développement de moisissures (Cayol et al.,
1994). De ce fait, cette mouche constitue le principal obstacle à la production et à l’exportation
des fruits en Algérie (Oukil et al., 2002).
Afin de limiter les dégâts occasionnés par ce ravageur, la lutte chimique demeure le
moyen le plus utilisé contre ce ravageur dans les pays méditerranéens, notamment l’Algérie.
Toutefois, l’utilisation abusive et non rationnelle des insecticides est la cause d’apparition de
problèmes telles que la pollution de l’environnement, la toxicité vers les insectes non cibles
(Michaud et Grant 2003), l’augmentation du taux de résidus toxiques dans les fruits
commercialisés et l’apparition de résistance chez ce ravageur (Magaña et al., 2007). En outre,
l’utilisation de ces insecticides n’empêche pas toujours l’apparition de dégâts qui peuvent
atteindre 15% dans les zones traitées (Hafsi et al., 2015). En sus, cette lutte chimique a même
conduit à l’apparition du phénomène de résistance des insectes aux produits chimiques.
Pour faire face à ces problèmes, il est crucial d'envisager des approches de lutte plus
écologiques et plus prometteuses. Ces dernières années, les efforts des chercheurs se sont
focalisés en vue de trouver le moyen de lutte le plus efficace pour pallier à la lutte chimique
(Aouati, 2016 ; Bachiri et al., 2016 ; Papanastasiou et al., 2017). La lutte autocide, par lâcher

1
Introduction

de mâles stériles, a été appliquée avec succès notamment au sud du Mexique où elle a permis
de réduire les populations de cette mouche (Riba et Silvy, 1989). Toutefois, l’efficacité de cette
méthode demeure tributaire de la compétitivité sexuelle des mâles lâchés par rapport aux mâles
sauvages (Knipling, 1955 ; Hendrichs et al., 2002).
En 2009, Cosimi et al., Avaient mentionné que l'utilisation de produits naturels,
notamment les bio-insecticides à base de végétaux, était devenue une méthode privilégiée
pour lutter contre les ravageurs. Ces produits suscitent un intérêt croissant en raison de
leurs propriétés éco-toxicologiques favorables. Contrairement aux pesticides chimiques,
les bio-insecticides issus de végétaux ont tendance à être moins nocifs pour
l'environnement, car ils se dégradent plus rapidement et ont une action plus spécifique sur
les ravageurs ciblés, De plus, ils sont souvent considérés comme plus sûrs pour la santé
humaine et sont conformes aux normes de l'agriculture biologique.
En Algérie de nombreux travaux de recherches ont été réalisés en vue de maitriser la
bioécologie de la cératite et de rechercher des moyens de lutte autres que la lutte chimique.
Parmi ces travaux nous retenons ceux de Dridi (1990), Oukil (1995), Ali-Ahmed-Sadoudi
(2007, 2011 et 2012) et Boudjelida & Soltani (2011), Fahad et al., (2012), Djaout (2015),
Kara et Tellache (2015), Bachi et Sadoudi (2017), Sadoudi (2018) et Hedjaz (2021).
C’est ainsi que les travaux de notre présente étude s’inscrivent dans la recherche de moyens de
lutte biologiques capables de réduire les populations de la cératite. Elle consisterait à l'étude de
l'effet de l’extrait aqueux ainsi que de l’huile essentielle du pommier de Sodome Calotropis
procera, espèce très répandue dans le Sahara algérien, contre les adultes de la mouche
méditerranéenne des fruits, Ceratitis capitata. Cette étude vise à mieux comprendre comment
ces extraits naturels pourraient être utilisés pour contrôler ce ravageur et ainsi contribuer à la
protection des cultures fruitières contre les attaques de cette espèce nuisible.
Ainsi, ce mémoire est scindé en 4 grands chapitres. Le premier chapitre consiste en une
synthèse bibliographique sur la Cératite et sur le pommier de Sodome. Le deuxième chapitre
sera consacré à la présentation du matériel utilisé et de la méthodologie de travail. Le troisième
regroupe les différents résultats obtenus et sera suivi du chapitre relatif aux discussions de ces
résultats. Nous terminons par une conclusion générale et quelques perspectives

2
Chapitre I Synthèses bibliographiques

Dans ce chapitre, nous allons présenter des généralités sur la mouche méditerranéenne des
fruits Ceratitis capitata (Wied, 1824) ainsi sur la plante du pommier de Sodome Calotropis
procera ; Et les méthodes de lutte contre cette insecte

I.1. I. - Généralités sur la mouche méditerranéenne des fruits ; Ceratitis capitata Wied.,
1824

La mouche méditerranéenne des fruits est un diptère de la famille des Trypetidae


originaire d’Afrique du nord (Figure 1). Elle s’est ensuite répandue dans toutes les régions à
climat doux du monde s’attaquant à de nombreuses espèces fruitières. En Frances, Les vergers
méridionaux sont plus fréquemment atteints (Jean et al., 1996).

Figure 1 – La mouche méditerranéenne des fruit Ceratitis capitata (face ventrale) vue à
la loupe binoculaire (G40 x 10) (Originale, 2023)

I.1.1. - Position systématiques et Synonymie

La Ceratitis capitata, est une espèce qui a reçu plusieurs appellations depuis le début du
XIXe siècle). En 1824, elle fut initialement nommée Trypeta capitata par Wiedmann,
Petalophora capitata Macepi en 1825, Trypeta citriperda Mac leay en 1829 ; Trypeta hispanica
de Brème en 1842, puis Ceratitis flexuosa walk en 1856 ; et Pardalaspis asparagi Bezzi en
1942 (Fellah,1996)

3
Chapitre I Synthèses bibliographiques

Selon Balachowsky et Mesnil (1935), le nom retenu est Ceratitis capitata Wiedmann 1824.
Dans le langage courant, elle est également appelée Cératite ou encore mouche méditerranéenne
des fruits, "Med fruit fly" en anglais.
D’après Hendel (1927), Seguy (1934) et Costantino (1950) cette espèce est positionnée de la
manière suivante du point de vue systématique :
Embranchement Arthropodes
Sous- Embranchement Hexapodes
Classe Insectes
Super ordre Mécoptéroïdes
Ordre Diptères
S / Ordre Brachycères
Division Cyclorraphes
Groupe Schizophores
S / Groupe Acalyptères
Super famille Muscoidea
Famille Tephritidae ou Trypetidae
S / Famille Trypetinae
Genre Ceratitis
Espèce Ceratitis capitata Wiedemann (1824)

I.1.2. - Biologie et cycle de développement de la Cératite

Selon Djazouli et al., (2004) les adultes récemment émergés s’alimentent en


consommant des substances sucrées qu'ils trouvent sur les arbres fruitiers, telles que les
sécrétions glandulaires des plantes, le nectar, les exsudations de sève et le miellat produit par
les Hémiptères. Les femelles ont besoin de protéines afin de réaliser leur maturation sexuelle
(dont la durée varie entre 4 et 10 jours) et élaborer leurs œufs ; Les mâles se rassemblent en
groupes sur les plantes et émettent ensemble une phéromone sexuelle attirant les femelles
(Zuccoloto et al., 2005).

I.1.2.1. - Cycle de développement

I.[Link]. - Ponte et fécondité

D’après Séguy (1951) les femelles commencent à pondre à l’âge de 10 jours. La


ponte dépend largement de l'intensité lumineuse et se produit de préférence dans des zones
ombragées (Quilici, 1999). La femelle utilise son oviscapte pour déposer ses œufs sous la
surface de la peau des fruits, à une profondeur de 2 à 5 mm par petits paquets (2 à 10 œufs) dont
le nombre varie avec la taille du fruit hôte. C’est le cas des pêches et des poires, par exemple,

4
Chapitre I Synthèses bibliographiques

ou dans l’épaisseur de la peau des agrumes (Praloran, 1971). La fécondité totale d'une femelle
varie généralement de 300 à 400 œufs, mais elle peut atteindre entre 800 et 1000 œufs lorsque
les conditions sont particulièrement favorables (Bodenheimer, 1951 ; Weems, 1981)
Les œufs de la cératite (Figure 2) son de couleur blanchâtres, mesurent environ 1mm de
longueur sur 0,20 mm de largeur et présentent une forme très allongée et fusiforme, légèrement
arquée (Jean et al., 1996).

Figure 2 – Œufs de la Cératite (Thomas et al., 2004)

I.1.2.2. - Développement larvaire

Après l'éclosion des œufs, les larves commencent à se nourrir de la pulpe du fruit.
Initialement l’attaque se manifeste extérieurement par une tache de décoloration qui s’agrandit
au fur et à mesure de la croissance des larves, puis noircit ou se tuméfie (Dellassus et al., 1931
; Sproul, 1983). D’après Back et Pemberton (1918) le développement des larves est influencé
principalement par deux facteurs majeurs : les conditions climatiques et la plante hôte. La durée
de cette phase qui comprend trois stade (L1, L2, L3) est très variable, selon Sproule (1983) elle
est de 7 à 10 jours en été et de 25 à 60 jours en hiver.
À la fin de leur développement, les asticots quittent brusquement le fruit et s'enfoncent peu
profondément dans le sol pour entamer la nymphose (Zaïdi, 1974). Les asticots (Figure 3) sont
de couleur blanchâtre avec une forme effilée à l'avant, caractérisées par des crochets buccaux
noirs, et une extrémité arrière tronquée. Elles mesurent environ 7 à 8 mm à la fin de leur
développement et subissent deux mues (Jean et al., 1996)

5
Chapitre I Synthèses bibliographiques

Figure 3 - Ceratitis capitata larves dans la pêche endommagée


(Nigel Cattlin, 2007)

I.1.2.3. - Pupaison

Sa durée varie selon la température et l’humidité du sol (Fletcher, 1989 ; Robacker,


2000). Elle peut s’effectuer en 9 jours comme elle peut s’étendre sur 80 jours (Bodenheimer,
1951). Lorsqu'elle tombe au sol à la recherche d'un lieu pour se pupaiser, Les pupes sont sujettes
à une mortalité causée par les facteurs biotiques et abiotiques ; notamment la prédation par les
fourmis et les araignées, ainsi que des températures élevées (Fellah, 1996).
Les pupes (Figure5) présentent une apparence de petit tonnelet arrondi et ont des dimensions
d'environ 5 mm de longueur et 2 mm de diamètre. Elles présentent une couleur brun-clair pour
les jeunes pupes et brun-foncé pour les pupes âgées (Bodenheimer, 1951 ; Weems, 1981)

Figure 4- Pupes de la Cératite (Originale ,2023)

I.1.2.3. - Maturation et l’adulte

L'éclosion des pupes (Figure5) se fait dans le sol, d'où émergera l'adulte après avoir
durci ses ailes. Ce phénomène est stimulé par la lumière et s'étale sur une période de 3 à 4
heures. Elle commence très tôt à l'aube et dure jusqu'au début de la matinée (Lachiheb,2008).

6
Chapitre I Synthèses bibliographiques

Lorsqu'ils émergent, les adultes passent par une phase de prématurité sexuelle. Pour le mâle de
la mouche, Bodenheimer (1951) indique qu'il exige une période de maturation, contrairement
à Balachowsky et Mesnil (1935) et Seguy (1950), qui le considèrent sexuellement mûr dès
l'émergence. L’adulte c'est une petite mouche mesurant de 4 à 5 mm, Son thorax est de couleur
anthracite avec des taches claires, et il est couvert de longs poils. L'abdomen, de couleur
jaunâtre, présente des bandes transversales grises et a une forme très renflée rappelant un cœur
stylisé, avec un oviscapte effilé vers l'arrière. Ses ailes sont larges et transparentes, avec trois
bandes orangées ; Les pattes sont de teinte jaunâtre (Jean et al.,1996).
Les mâles et les femelles sont aisément distinguables par deux traits morphologiques. Les mâles
arborent deux soies orbitales noires aplaties en lamelles à l'extrémité, permettant une distinction
facile des femelles (Feron, 1962 ; White &Elson-Harris, 1992). Les femelles, quant à elles,
se distinguent par un abdomen effilé appelé oviscapte qui peut s'étirer lors de la ponte ou de
l'accouplement. Cette oviscapte permet aux femelles d'insérer leurs œufs sous la peau des fruits.
(Duyck, 2005).

La femelle insert son ovipositeur dans


le fruit pour déposer les œufs

Œuf
Adulte

Éclosion
Après 6 à des œufs
15 jrs après 3 à 5
émergence jours
des adultes

Larve
Pupe

Après 10 à 20 jours la larve


quitte le fruit et se transforme
en pupe dans le sol

Figure 5 - Cycle biologique de la Cératite (Originale, 2023)

7
Chapitre I Synthèses bibliographiques

I.1.2.4. - Longévité

Muniz et al., (1986) ont démontrés que les males vivent plus longtemps que les
femelles). La longévité moyenne est de 28 à 40 jours en été et de 28 à 65 jours en hiver.
(Bodenheimer,1951)

I.1.2.5. - La durée du cycle de vie de la Cératite et le nombre de générations annuelles

Selon Bodenheimer (1951), le développement complet de l’œuf à l’adulte dure 12 à


18 jours dans les conditions optimales de laboratoire et un à trois mois dans la nature. En
Tunisie, la cératite trouve les conditions favorables pour sa pullulation, ce qui lui permet de
développer jusqu’à 6 générations pendant l’été (sur fruits divers) et 7 générations en automne-
hiver (sur agrumes) (Gahbiche, 1993).

I.1.3.- Répartition géographique

C. capitata est une espèce cosmopolite (Balachowsky et Mesnil, 1935). Elle s’est
propagée dans les différentes contrées du globe, non seulement dans les régions tropicales, mais
aussi dans les régions tempérées. Outre, elle s'établir abondamment dans le bassin
méditerranéen, elle a réussi à envahir des pays d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale, les îles
Hawaï et l'Australie. Sa présence est signalée pour la première fois en Floride aux Etats Unis
d'Amérique en 1929, mais y été éradiquée à diverses reprises (White & Elson-Harris, 1992).
Cette large dispersion est due à la rapidité des transports ainsi qu’à l’augmentation des échanges
internationaux des produits agricoles, mais aussi sa grande capacité d’adaptation aux différents
types de climat grâce à sa variabilité génétique (Delrio, 1985 ; Nunez, 1987).

I.1.4. - L’hôte

La Cératite est reconnue pour sa capacité à infester une large gamme de plantes hôtes,
ce qui en fait le ravageur polyphagie le plus redoutable dans les régions tropicales et
subtropicales. Elle compte 353 espèces hôtes appartenant à plus de 67 familles. Parmi celles-
ci, 5 renferment 40% des plantes hôtes : Rosaceae (10%), Rutaceae (9%), Sapotacea (9%),
Myrtaceae (6%) et Solanaceae (6%) (Liquido et al., 1990). De plus certaines espèces sauvages
sont considérées comme hôtes secondaires pour la Cératite à savoir : Lycium europaeum, Aberia
coffra, Ziziphus vulgaris, etc (Delanoue, 1957 ; Soria, 1962 ; Weems, 1981 ; Cayol, 1996 ;
Zucoloto et al., 2005).

8
Chapitre I Synthèses bibliographiques

I.1.5. - Dégâts de la Cératite

La Cératite est l’un des principaux ravageurs des cultures fruitières, elle constitue un
obstacle à la production de fruits saints et à leur exportation Les dommages causés par la
Cératite résultent des piqûres des femelles (Figure 7) lors de la ponte ainsi que des galeries
(Figure 8) creusées par les larves. Ces dommages peuvent affecter la qualité marchande des
fruits (Oukil et al., 2002). De plus on peut citer d’autre dégât selon Jean et al., (1996) tels que :
Anneau rouge ou décoloration brune de la zone autour du point de pénétration (Figure7 – A),
Décomposition et pourriture rapide de la pulpe autour du noyau (Figure7 – B), Les fruits piqués
présentent une maturité accélérer et chutent fréquentent (Figure7 – C) Parfois les dégâts ne
sont visibles qu’après la récolte

Figure 6-A –dégât galerie avec les larves dans une section de fruits de satsuma
(Nigel,2000)

Figure 6-b – Encyclopédie (Ephytia, 2023)

9
Chapitre I Synthèses bibliographiques

Figure 6-c – Encyclopédie (Ephytia, 2023)


Figure 6 – les dégâts de la mouche méditerranéenne des fruits Ceratitis capitata

I.1.6. - Moyens de lutte utilisés contre la Cératite


I.1.6.1. - Mesures prophylactiques
Ces méthodes consistent à prévenir l'infestation ou à perturber le cycle de vie de la
Cératite en utilisant des mesures préventives. L’hygiène des vergers est maintenue en récoltant
et en éliminant les fruits endommagés, Le ramassage doit se faire aux périodes opportunes avant
la sortie des larves des fruits (Bodenheimer, 1951 ; Gahbiche, 1993), De plus Les fruits
récoltés doivent soit être enfouis à une profondeur de 50 cm dans le sol, soit placés dans des
sacs en plastique hermétiquement fermés et exposés au soleil pendant au moins deux mois
(Delanoue et Soria, 1962).

I.1.6.2. - lutte chimique


La lutte chimique implique l'utilisation d'insecticides, de fongicides ou d'herbicides
chimiques pour contrôler, réduire ou éliminer la cératite. Le seul stade cible étant l’adulte
(Bateman, 1972). L’utilisation des produits chimiques vise, essentiellement ces dernières
années, l’épandage d’une quantité minimale. Ces méthodes varient de l’utilisation avec un
attractif sous forme d’appâts empoisonnés jusqu’au traitement par bandes ou par taches. En
plus, les femelles exigeantes une alimentation protéique pour leur maturité sexuelle, seront
attirées dès l’émergence vers l’appât (Lachiheb 2008). Les appâts empoisonnés consistent en
la présence d'attractif alimentaire additionné à l'insecticide attirant les mouches qui s’en
alimentent et meurent (Chambers et al., 1974).

10
Chapitre I Synthèses bibliographiques

I.1.6.3. - Lutte biotechnique


Comme décrite par Boller (1983) comprend un ensemble des techniques visant à
contrôler les insectes nuisibles. De plus, selon Fellah (1996), la lutte biotechnique englobe une
gamme de méthodes, notamment les attractifs, les répulsifs, les régulateurs de croissance et les
inhibiteurs de croissance des insectes, ainsi que la stérilisation des insectes.

I.[Link]. - Anéantissement des mâles


Selon Carey et Dowell (1989), cette technique repose sur l'utilisation d'un attractif
sexuel hautement efficace mélangé à un insecticide pour attirer les mâles et les éliminer au
contact.

I.[Link]. - Confusion sexuelle


Elle consiste à diffuser dans l'atmosphère du verger des quantités importantes de
phéromone sexuelle de synthèse de façon à désorienter les mâles empêchant ainsi la rencontre
des sexes., Cette méthode ne présente aucun avantage pratique pour la cératite à cause de ses
exigences techniques (coût élevé de la phéromone) (Lachiheb, 2008).

I.[Link]. - Piégeage massif


Le piégeage de masse implique l'utilisation de ces stimuli via un grand nombre de
pièges afin de réduire au maximum la population adulte de mouches (Lachiheb, 2008).
Le contrôle par les pièges englués à attractifs alimentaires réduit aussi bien la densité de la
population que le taux d’infestation des fruits (Aboussaid et al., 2007). Les pièges appâtés avec
l’attractif alimentaire et à la phéromone sexuelle capturent plus de femelles que ceux appâtés
uniquement à la phé[Link] d’après Barclay et Bell (1988), Dans le piégeage de masse,
l'utilisation combinée des deux types d'attractifs sur un même piège s'avère plus efficace
Hanniotakis et al., (1991) estiment que cette technique peut remplacer les insecticides pour
contrôler la mouche des fruits, mais elle fonctionne principalement dans les vergers isolés avec
un risque minimal de réinfestation.. Cette technique est cependant couteuse en temps et en
moyens (achat, pose, retrait) (Aboussaid et al., 2007).

I.[Link]. - Lutte autocide (Technique de l'Insecte Stérile)


Selon Roessler (1994), l'utilisation de la Technique de l'Insecte Stérile (TIS) est à
la fois respectueuse de l'environnement et efficace pour la lutte biologique. Elle a été utilisée
contre C. capitata au Costa Rica, en Espagne, aux Etats-Unis (California, Hawaii), en Italie,

11
Chapitre I Synthèses bibliographiques

au Mexique, au Nicaragua, au Pérou, et en Tunisie (Gilmore, 1989). Cette méthode


implique la libération d'un grand nombre de mâles stériles au sein de la population sauvage
de la Cératite, favorisant ainsi une forte probabilité d'accouplement entre les mâles stériles
et les femelles sauvages de la cératite, Le principe consiste à traiter des mouches mâles avec
de faibles doses d’irradiations (rayons Gamma), capables de stériliser l’insecte (Knipling,
1955). Les étapes de cette technique sont l’élevage de masse de la Cératite puis la
stérilisation et la dispersion de cette dernière stérile dans le champ. L’Algérie s’est inscrite
dans le programme régional de la lutte contre la cératite par TIS qui visait l’éradication de
ce ravageur en Algérie, en Libye, au Maroc et en Tunisie (Bounfour et Nafil, 1994).

I.[Link]. - Lutte biologique


Rioux (2001) a défini la lutte biologique comme méthode de lutte consiste à
exploiter des insectes bénéfiques, en particulier les hyménoptères parasitoïdes, pour attaquer
les stades pré-imaginaux (œufs, larves ou pupes) des Tephritidae. Parmi ces méthodes :

I.[Link].1. - Lutte par prédateurs


La fourmi Solanopsisgeminata, signalée par Eskafi et Kolbe (1990) consomme 7
à 25% des larves de C. capitata dans les vergers de caféiers et d’orangers, Le carabe
Pseudophonus rufipes il attaque efficacement aux larves de troisième stade et surtout aux pupes
de C. capitata (Monzó et al., 2011).

I.[Link].2. - Parasitoïdes
Psyttalia concolor Szepligeti (Smaili et al ; 2013) ; Spalangia cameroni Perkins
hyménoptère parasitoïde des pupes de mouches (Pérez-Hinarejos et Beitia, 2008).

I.[Link].3. - Bactéries entomopathogènes


Une souche de Bacillus thuringiensis (Bt A9) dont on a extrait une toxine a
présenté une activité insecticide importante vis avis des larves et des adultes de C. capitata
(Aboussaid et al., 2009).

I.[Link].4. - Champignons entomopathogènes


Les champignons entomopathogènes, qui infectent divers insectes par pénétration
à travers la cuticule par la germination des conidies. Le champignon colonise les organes
internes puis sporule à la surface de l’insecte mort (Riba et Silvy, 1999)

12
Chapitre I Synthèses bibliographiques

I.[Link].5. - Biopesticides dérivés des plantes


Les extraits de plantes et des huiles essentielles végétales de Cymbopognons
choenanthus, de C. giganteus, de Lippia multifora, d’Ocium basilicum, et de Securidaca
longepedunculata ont des propriétés insectifuges ou insecticides (Nébié, 2005 ; Koumalglo et
al., 1998 in Nébié, 2005). En plus Les huiles essentielles de Baccharis dracunculifolia et Pinus
elliottii, ont causé une mortalité de 100 % sur les pupes de C. capitata (Oviedo et al., 2018).

I.2. - Généralités sur pommier de Sodome Calotropis procera


Selon Berhaut (1971) Calotropis procera (Figure 7), est une plante communément
appelé Arbre à soie ou Pommier de Sodome ou plante à lait ou encore Roustonnier. D’après
Von Maydell, (1990) le pommier de Sodome présente de nombreuses caractéristiques : une
croissance rapide, qui pousse dans toute la saison et elle peut offrir une source de biomasse
végétale régulièrement disponible.
Noms vernaculaires
En français : Pommier de Sodome, Arbre à soie,
En anglais: Sodome Apple, Akund Crown flower
En arabe : Kranka, Torha, Torcha
En Mooré : Poutroupouga
En Bambara : Fogofogo, Popogolo, Fogofogoba , Fogofoko.

Figure 7 - Pommier de Sodome Calotropis procera (Originale, 2023)

13
Chapitre I Synthèses bibliographiques

I.2.1. - Habitat et Répartition géographique


Calotropis procera est très répandu à travers les régions sèches désertiques de l'Asie
occidentale et de l'Afrique intertropicale. Son aire est extrêmement vaste. Enumérer toutes les
stations où la plante a été signalée serait une tâche longue, fastidieuse, et d'un intérêt fort limité,
car la plante existe à travers toute la zone saharo-sindienne et la zone soudano decanienne
considérées au sens large. Vers le Nord elle remonte même jusqu'aux bords de la Méditerranée
en Tripolitaine (elle a été observée en mars 1968 par Mmc Jovet-Ast à Leptis Magna) et en
Egypte (elle est abondante entre Alexandrie et le canal de Suez d'après ce même auteur) (Gillet
,1968).
I.2.3. - Classification botanique
Selon la classification classique de Cronquist (1981) la Calotropis procera appartient :

Règne : plantea
Embranchement : Magnoliophyta
Sous-embranchement : Angiospermes
Classe : Magnoliopsida
Sous-classe : Asteridae
Ordre : Gentianales
Famille : Asclepiadaceae
Genre : Calotropis
Espèce : Calotropis procera (Aiton) [Link],1811

I.2.4. - Description botanique


Le pommier de Sodome est un arbuste xérophyte de 2 mètre de hauteur environ, qui
possède un latex blanc toxique, qui s’écoule à la moindre blessure (Benchelah et al., 2006). Ce
latex à cime irrégulière, de 3 à 5 m de haut, parfois sans branche. L’écorce est épaisse, liégeuse,
crevassée, grise à beige clair, avec la branche jaune, Et des rameaux qui sont finement
pubescents et glauques, Les feuilles (Figure9) sont opposées, sessiles, plus ou moins
succulentes, vert glauque sur le dessus et gris-vert en-dessous, largement ovales ou oblongues
de (15- 30) × (15–70) cm, à sommet arrondi ou en coin court, à base cordée (Zenasni et al.,
2012)
Selon Arbonnier (2002) Les fleurs (Figure 10) sont de couleur blanche-verte et violettetes,
avec un diamètre de 2 à 3 cm, à 5 pétales. Les fruits (Figure 11) se trouvent sous forme de gros
follicules renflés, ovoïdes, de la taille d’une mangue, verts, mous et remplis d’air. Les graines

14
Chapitre I Synthèses bibliographiques

sont aplaties et surmontées d’une aigrette De plus un limbe qui comporte des nervures plus ou
moins palmées à la base, avec une nervure centrale mangue, verts, mous et remplis d’air. De 8
à 10 paires de nervures secondaires peu saillantes se raccordant vers le sommet (Berhaut., 1975
; Dieye, 1990 ; Dieng, 1993 cité par Nikiema, 2005). La floraison se fait toute l’année, en
saison sèche plus qu’en saison des pluies et la reproduction se fait par les graines (Nacoulma
1996).

Figure 8-A - feuilles de Calotropis Figure 8-B - Fleurs de Calotropis


procera procera

Figure 8-c – fruits de Calotropis procera

Figure 8 – les différentes parties de C. procera (Originale ,2023)

15
Chapitre I Synthèses bibliographiques

I.2.6. - L’utilisation de Calotropis procera


Le pommier de Sodome est une plante qui possède beaucoup de vertus thérapeutiques
mai aussi il ne faut l'utiliser qu'avec prudence car est une plante toxique par exemple le latex
qui présente un danger pour les yeux mai d’après Kumar et Coll. (1994) le latex possède une
puissante activité anti-inflammatoire, des propriétés anti-diarrhéiques, analgésique (Devan et
al., 2000). Il est aussi utilisé comme antiseptique et sédatif (G.r.i.p.t, 2001).
Les extraits éthanoliques des feuilles et des fleurs possèdent des propriétés anti-inflammatoires,
des propriétés antimicrobiennes (Mascollo et al., 1988). Des extraits organiques des fleurs ont
montré une activité antifongique contre Candida albicans (Vohora et al., 1997). L’extrait
aqueux des écorces de tige a montré une activité antitussive peros chez le cobaye (Dieye et al.
1993).
Selon Sen et al., (1988), l’extrait chloroformique des racines de Calotropis procera Ait. Inhibe
les ulcères gastriques provoqués par l’aspirine, l’indométacine, l’éthanol ou par le stress. Il
inhibe par ailleurs le métabolisme de l’acide arachidonique.
Ouédraogo (2001) a démontré que l’extrait aqueux des écorces de racines présente une activité
anti-inflammatoire.
Le macéré aqueux des écorces de racines de Calotropis procera a présenté une activité anti-
falcémiante (Ouattara, 1991).
En médecine traditionnelle indienne, diverses parties de la plante sont utilisées comme purgatif,
antihelminthique, et aussi dans le traitement des maladies telles que la lèpre, l’ulcère, les
tumeurs et les hémorroïdes (Kirtikar et Basu, 1935).
Les extraits aqueux et alcooliques des racines ont une action stimulante sur la respiration et la
pression sanguine du chien et ont un effet spasmogène sur les muscles lisses du lapin et du rat,
ainsi que sur l’utérus de rate non gestante (Kerharo et Adam, 1974).
Ogundiwin et Oké (1983), Aworh et Nakai (1986), Aworh et Muller (1987), l’ont indiqué
comme principal coagulant, utilisé dans la fabrication du fromage au Nigeria.
Selon ZENASNI et al., (2012), les racines macérées de Calotropis procera peuvent être
employées pour le traitement des eaux polluées en Zn(II).

16
Chapitre II : Matériels et Méthodes

II.1. Problématique et Objectifs


La lutte contre la mouche méditerranéenne des fruits Ceratitis capitata qui est
considérée comme l’un ravageur majeur de la production fruitière dans le monde cet insecte
nuisible est un défi majeur en agriculture, mais il est encourageant de constater qu'il existe des
alternatives plus naturelles et moins nocives que les pesticides chimiques. L'utilisation d'extraits
aqueux et d'huiles essentielles s'est avérée être une stratégie efficace pour lutter contre ce
ravageur. Les extraits aqueux de plantes peuvent agir comme des répulsifs ou des insecticides,
tandis que les huiles essentielles, avec leurs propriétés aromatiques et parfois insecticides,
offrent une option respectueuse de l'environnement. En privilégié ces approches, nous pouvons
réduire notre dépendance aux produits chimiques.
Notre humble travail de recherche a pour objectif central d'étudier l'efficacité d’insecticide du
pommier de Sodome Calotropis procera contre quelques paramètres physiologiques de
Ceratitis capitata.
II.2. Matériel biologique
II.2.1. Matériel animal
L’échantillonnage des fruits infestés et piqués par la Cératite a été réalisé au niveau d’un
verger d’agrumes (Figure9), positionnés aux alentours de la station expérimentale de l’INRAA
de Mehdi Boualem (Baraki, Alger). Nous avons, de ce fait, observé une importante infestation
de ces vergers par la cératite traduite par une perte de la majorité des fruits qui sont tombé
prématurément au sol. Ces deniers ont été récoltés dans des boites d’échantillonnage puis
transportés au laboratoire de Protection des Cultures de l’INRAA pour les éventuels essais.

Figure 9-Verger d’agrumes prospecté et orange piquée par la Cératite


(Originale , 2023 )

17
Chapitre II : Matériels et Méthodes

II.2.1.1. Elevage de masse de la Cératite


Les mouches utilisées pour les bio-essais sont élevées au laboratoire et sont issues d'un
élevage mené au sein d'une chambre climatisée à température (27±3 °C) et humidité (70±15%)
contrôlées. Les étapes de l’élevage de masse de la cératite sont comme suivies :(Tableau I) :
Tableau I- Différentes étapes de l’levage de masse de la Cératite

Etape Méthodes

1 Les oranges affectées par les piqûres sont placées dans des boîtes en plastique
remplies d'environ 4 cm de sable. Afin de maintenir l'humidité et récupérer les
pupes.
2 Les couvercles des boites sont découpés au milieu afin de remplacer le plastique
par de la tulle à mailles fine. Cela permettra l’aération des boites

3 Les couvercles des boîtes sont découpés au centre et remplacés par de la tulle à
mailles fines. Cela permettra une meilleure circulation de l'air à l'intérieur des
boîtes.
4 Ainsi, les larves du troisième stade quittent le fruit d’une brusque détente pour
s’enfoncer, à faible profondeur dans le sable, où s’effectue la nymphose, donnant
les pupes
5 Les pupes sont par la suite récupérées après tamisage du sable qui se fait
quotidiennement
6 Une fois récupérées, les pupes sont placées dans des verres de montre remplis de

sable, puis transférées ultérieurement dans une cage d'émergence de forme

cylindrique.

7 La cage d’émergence est munie de deux pondoirs et un entonnoir en plastique


percé de trous et recouvert de tissus humide pour permettre la collecte des œufs ;

8 Ajouter des boîtes contenant du coton imbibé de solution sucrée à la cage


d'émergence permet aux adultes de se nourrir.
9 Après 13 jours, les adultes émergent et s’accouplent après leur maturité sexuelle.

18
Chapitre II : Matériels et Méthodes

Oranges piquée mise dans le sable Tamissage du sable

Récupération des pupes Préparation de la solution sucrée

Pupe dans une cage d’emergence

Figure 10 - Les différentes étapes de l’élevage de masse de la Cératite (Originale ,2023)

II.2.1.2. Identification de la mouche méditerranéenne des fruit Cératitis capitata


L'identification de la mouche méditerranéenne des fruits, Ceratitis capitata, a été
réalisée au sein du laboratoire de l'Institut National de la Recherche Agronomique d'Algérie

19
Chapitre II : Matériels et Méthodes

(INRAA) et cela après avoir réalisé un élevage en masse de cet insecte. Les étapes de cette
étude (Figure 11) sont résumées comme suit :
-A l’aide d’une pince on a pris soigneusement une mouche de C. capitata visible a l’œil nu et
on la mit sut un dispositif
-Étaler bien la mouche sur une lame
-mettre une goutte d’alcool sur l’insecte a fin d’immobiliser et conserver l'insecte
-Placer et fixé la lame sur une loupe binoculaire au grossissement G x 40

- Observation les caractéristiques de la cératite Telles que les antennes, les yeux, …etc

Observation de la cératite a l’œil nue Mettre de l’alcool sur la mouche

Étalement Observation sous la loupe

Figure 11 – les étapes d’identification de Ceratitis capitata (Originale ,2023)

20
Chapitre II : Matériels et Méthodes

II.2.2. Matériel végétal


Pour notre étude, nous avons utilisé la plante de Calotropis procera, également connu
sous le nom de Pommier de Sodome, provenant de la localité d'Oued Amded, située dans la
Wilaya de Tamanrasset (Figure12). Cela après avoir séparé ces différentes parties et dans notre
expérience nous allons utiliser ces feuilles fraîches.

Figure 12 – Feuilles fraiche de Calotropis procera (Originale ,2023)

II.3. Préparation de l’extrait aqueux de Calotropis procera


Pour l’extraction aqueuse de Calotropis procera, nous avons utilisé la méthode de
décoction qui est un processus par lequel des matières végétales solides sont bouillies dans de
l'eau pour extraire les composés chimiques solubles dans l'eau. Les étapes de la décoction de
pommier de Sodome sont les suivantes (figure 13) :
-Les feuille de Calotropis procera sont bien sécher et maintenue dans étuve à une température
de 30 ± 2 pendant 05 jours.
-A l’aide d’un broyeur électriques les feuilles de la plante ont broyers pour obtenir une poudre
foliaire.
-Ébullition 10 g de poudre de Calotropis procera dans 100 ml d'eau ultra pure pendant quelques
minutes. Une fois la décoction terminée, le liquide est filtré à l'aide d'un papier filtre Wattman,
Afin d'obtenir la solution mère.

21
Chapitre II : Matériels et Méthodes

Nettoyage des feuiles Séchage a l’étuve des feuilles de C .procera

Sss

Broyage et décoction

L’extrait aqueux de C. procera

Figure13 – les Etapes de préparation de l’extrait aqueux (Originale ,2023)

II.4. Préparation de l’huiles essentielle de C. procera


L’extraction de l’huile essentielle de C. procera a été réalisée par hydro-distillation en
utilisant un appareil Clevenger, selon le protocole décrit par Abd El Galeil et al., (2008) qui
consiste à laisser immerger une masse de matière végétale sèche (100g) dans une enceinte

22
Chapitre II : Matériels et Méthodes

(ballon) contenant 500 ml d’eau distillée, l’ensemble est porté à ébullition durant 3 à 6 heures
jusqu’à stabilisation de la quantité d’huile essentielle (Figure14). A la fin de chaque extraction,
l’essence a été récupérée par décantation à partir d’un récipient gradué relié à une enceinte
(ballon), car celui-là comporte à la fois de l’eau (hydrolat), et de l’huile essentielle qu’il faut
séparer à l’aide d’une seringue graduée.

Utilisation de l’appareil Clevenger

Figure 14 -Préparation de l’huile essentielle de C. procera par hydro-distillation


(Originale ,2023)
II.5. Méthodes de traitements
Au sein du laboratoire, des évaluations ont été menées sur les adultes de Ceratitis capitata
en utilisant des extraits de Calotropis procera. Les conditions expérimentales comprenaient une
température constante de 27 ± 3°C, une humidité relative de 70± 15%et une photopériode de
12 heures lumière/12 heures obscurité. Cette étude a permis d'observer les effets des extraits de
C. procera sur les imagos de C. capitata jusqu'à leur décès, fournissant ainsi des données
importantes pour l'évaluation de ces effets.

II.5.1. Traitement par ingestion (extrait aqueux)


Ce traitement implique le mode ingestion de l'extrait aqueux de Calotropis procera par
les adultes de la mouche méditerranéenne (Figure 15). Tout d’abord, les adultes sont soumis à
un jeun e de 24 heure a fin de vider leur tube digestif. Après 24h sont placés dans des contenants
hermétiques avec de trous pour l’aération. De plus, sur chaque bouchon de ces contenants, est
fixé par un morceau de coton imbibé de solution sucré. En suite l'aide d'une micropipette on a
23
Chapitre II : Matériels et Méthodes

déposé une dose de 20 µl d'extrait aqueux de Calotropis procera sur le coton. Pour les témoins,
seulement la solution sucrée a été introduite dans le coton. Des observations quotidiennes sont
réalisés dès le premier jour pour évaluer le taux de mortalité induit par le traitement.

Préparation des contenants Adultes de la Cératite


hermétiques avec des trous

Dépôt de l’extrait aqueux Adultes dans le contenant hématique

Figure 15- Essais de l’extrait aqueux de C procera contre les adultes de C capitata
(Originale, 2023)

II.5.2. Traitement par inhalation


Le mode de traitement retenu pour cet essai est un traitement par inhalation. Le même
protocole de traitement que ce lui à base de l’extrait aqueux de C. procera contre C. capitata a
été effectué. Nous avons ajouté un autre coton imbibé de l’huile essentielle dans les piluliers,
en plus de celui contenant la solution sucrée. La dose utilisée pour l’huile essentielle D= 20 µl.

24
Chapitre II : Matériels et Méthodes

II.6. Paramètre étudiés :


II.6.1. Effet sur la mortalité
Le pourcentage de la mortalité observée chez les larves du cinquième stade et les adultes,
les témoins traités est estimé selon la formule suivante :
(Mortalité observée = [Nombre de morts / Nombre total des individus] × 100).
Les mortalités observées sont ensuite corrigées par la formule d’Abbot (1925) :
M.C. (%) = (M2 – M1/ 100 – M1) X 100
Soit :
M.C. (%) : Pourcentage de mortalité corrigé.
M1 : Pourcentage de mortalité dans le lot témoin.
M2 : Pourcentage de mortalité dans le lot traité.
II.6.2. Effet sur l’hémolymphe
Pour chaque extrait de la plante C. procera (extrait aqueux et huile essentielle) nous
avons réalisé des frottis hémolymphatique des individus témoins et traités. Pour cela
l’hémolymphe a été prélevé entre la patte postérieure et le thorax à l’aide d’une micropipette
ou d’une seringue. D’après Guzo et Stoltz (1987) cités par Habes et Soltani (1992), ce frottis
se réalise selon la méthode suivante (figure16) :
-Prélever 3 à 5µl d’hémolymphe avec micropipette graduée suite à une incision entre la patte
postérieure et le thorax ;
-Etaler une couche mince de ce volume, puis faire sécher la lame à l’air ;
-Après séchage, y déposer 20 gouttes de May- Grunwald dilué ou bleu de Méthylène et laisser
reposer pendant 3 minutes, on ajoute quelques gouttes d’eau distillée et laisser pendant 1 minute
-Enlever l’excès du colorant avec de l’eau distillée par rinçage ;
-Ajouter 40 gouttes de Giemsa et recouvrir la lame et laisser pendant 10 minutes, puis rincer la
lame à l’eau courante ;
-Laisser sécher la lame à l’air, après séchage faire un montage entre lame et lamelle en
appliquant une fine couche du liquide de Faure aux extrémités de la lamelle, qui sera collée sur
la lame puis laissée sécher.
-Réaliser un balayage des lames sous microscope afin d’observer et déterminer les différentes
catégories hémolymphatiques.

25
Chapitre II : Matériels et Méthodes

Etalement et séchage

20 gouttes de May-Grunwald
Prélèvement de l’hémolymphe

Rinçage

40 gouttes de Giemsa Quelques gouttes d’eau ultra


(10 mn) pure (01 mn)

Rinçage Séchage

Lame et lamelle

Observation microscopique

Figure 16- les étapes du frottis hémolymphatique (sanguin)de la cératite


(Originale,2023)

26
Chapitre II : Matériels et Méthodes

La détermination des différentes catégories hémocytes a été réalisé par comparaison avec les
travaux de références de Wgglesworth (1972), Arnold (1974) et Raccaud-Schoeller (1980),
mais aussi, les récents travaux de recherche réalisés par Kadota et al. (2003), De Negeiro et
al., (2009), Klowden (2013) et Rosales (2017) (figure 17).

Figure 17- Illustration des hémocytes les plus communs chez les insectes
(Woodring, 1985, cité par Frassens, 2006 et Klowden, 2013)

II.7. Analyse statistique


Pour approuver l’efficacité des différents facteurs étudiés, nous avons fait appel à l’analyse
de la variance (ANOVA) à n critères de classification dans le but de tester la significativité
statistique des différences entre les facteurs étudiés (STATSOFT, 2010).

27
Chapitre III : Résultats obtenus

Dans ce chapitre, nous allons présenter les résultats des effets de l'extrait aqueux et de
l'huile essentielle de la plante Calotropis procera sur les adultes de la mouche
méditerranéenne des fruits, Ceratitis capitata, l’une des espèces les plus nuisibles de
l’arboriculture fruitière dans les pays méditerranéens.

III.1.- Clé d’identification de la mouche méditerranéenne des fruits Ceratitis capitata


Selon Séguy (1983) les trypetidés se sont des adultes floricole ou arbicol, les Cératites.
En été dans les prairies, lieux incultes ou clairière de endroits boisés. Les larves vivent dans les
tissus végétaux vivants, plusieurs espèces sont galligéne, quelques espèces sont très nuisible.
Seuls les cryptogames ne sont pas attaqués par les Trypétides. La cératite est identifiée
par : Une tête d’un blanc jaunâtre, Un mésonot noir luisant, avec 4 bandes grises, Un abdomen
a bandes tergales alterne grises et rousse avec une longueur de 5 mm.

L’observation microscopiques qu’on a fait et l’utilisation de la clé de Séguy (1983) ont


confirmés de manière concluante que les mouches élevées au sein du laboratoire correspondent
bien à la mouche méditerranéenne des fruits, Ceratitis capitata. Cette identification précise est
essentielle pour garantir la validité des études menées sur cette espèce de mouche, notamment
en ce qui concerne ces caractéristiques morphologiques et son impact sur les cultures agricoles
Cette méthode d'observation a révélé de nombreux détails essentiels sur la morphologie et les
caractéristiques de la cératite (Figures18) En outre, l'utilisation de ce dernier a été d'une
importance cruciale pour examiner en détail les différences subtiles entre le mâle et la femelle
de Ceratitis capitata, comme illustré de manière éloquente dans la (Figure19).

Soies orbitale

Tête

Thorax et scutellum

Abdomen

Aile
.

Figure 18- Observation microscopique de la mouche méditerranéenne des fruits


(G40 x 10) (Originale, 2023)

28
Chapitre III : Résultats obtenus

Antenne

Oviscapte

Figure 19- Observation microscopique de la femelle Ceratitis capitata

(G40 x 10) (Originale, 2023)

Figure 20- la différence entre le male (gauche) et la femelle (droite)de Ceratitis

(G40 x 10) capitata (Originale ,2023)

III.2.- Effet de l’extrait aqueux de Calotropis procera sur la mortalité des adultes de
Ceratitis capitata
Les taux moyens de mortalité des adultes de C. capitata traités avec l'extrait aqueux à
une dose de 20 µl sont mentionnés dans le tableau II ci-dessous et illustrés la (figure 21)

29
Chapitre III : Résultats obtenus

Tableau II- Pourcentages moyens de mortalité des adultes de C. capitata traités avec
l'extrait aqueux de C. procera

Jours Témoins Traités (extrait aqueux C. procera)

1 0 0
2 0 0
3 0 33,33
4 0 46,66
5 0 83,33
6 0 100
7 0 100
8 0 100

Selon les résultats rapportés par le tableau ci-dessus, l’extrait aqueux de C. procera a mis
quelques jours pour engendrer un début de mortalité, soit au bout du 3 ème jour de traitement,
après 01 mn 23 sec. Les mortalités totales ont été notées à partir du 6 ème jour

Mortalité(%

120
traités
100 Témoin

80

60

40

20
Jours dobservation
0
1 2 3 4 5 6 7 8

Figure 21-Pourcentage de mortalité des adultes de Ceratitis capitata traité par l’extrait
aqueux de Calotropis procera

30
Chapitre III : Résultats obtenus

III.3.-. Effet de l’extrait aqueux de [Link] sur l’hémolymphe des adultes de C. capitata
III.3.1. Etude qualitative
L'analyse du frottis hémolymphatique de adultes témoins de C. capitata a révélé la
présence De quatre types d'hémocytes distincts : les prohémocytes, les plasmatocytes, les
coagulocytes et les granulocytes (Figure22).

Figure22- Les différentes hémocytes identifiées dans l’hémolymphe des témoins de C.


capitata (Originale,2023)
L'observation l'hémolymphe des mouches ayant subi un traitement avec l'extrait
aqueux de C. procera a montré des changements structurels significatives au niveau des
hémocytes de Ceratitis capitata (mouche méditerranéenne des fruits). Nos observations
microscopiques ont mis en lumière plusieurs caractéristiques marquantes (figure23), et
parmi ces altération on peut citer : un vidage complet du contenu cellulaire de certain
hémocytes de [Link] cela conduisant à une perte de leur intégrité cellulaire,
désagrégation de la majorité des hémocytes, la formation de nodules dans le cytoplasme des
hémocytes, ainsi que la présence de groupes d'amas de cellules rétractées. Libération de
granules par certains granulocytes.

31
Chapitre III : Résultats obtenus

Figure 23- changement structurales des hémocytes des adultes de C. capitata traités
par l’extrait aqueux et l’huile essentielle de C. procera

III.3.2.- Etude quantitative


Dans cette partie, nous avons procédé à un calcul des différentes catégories de
cellules identifiées chez les individus témoins ainsi que chez ceux ayant subi les deux modes
de traitement, soient à base de l’extrait aqueux et l’huile essentielle de C. procera. Les
résultats relatifs au premier traitement (extrait aqueux) sont mentionnés dans le tableau ci-
dessus ainsi que la (Figure24) :

Tableau III - Nombres moyens d’hémocytes des adultes de C. capitata témoins et


traités par l’extrait aqueux de C. procera

Hémocytes témoins traités


prohémocytes 49,6666667 11,6666667

plasmocytes 39,666667 54,3333333

granulocytes 28,333333 32,3333333

32
Chapitre III : Résultats obtenus

Figure24- Nombre moyen des prohémocytes, plasmatocytes et des granulocytes


des adultes de C. capitata témoins et traités par l’extrait aqueux de C. procera

Ces données révèlent des changements significatifs dans la composition des cellules
hémolymphatique des adultes de la Cératite suite au traitement. D’ailleurs chez les adultes
traités le nombre moyen de prohémocytes est nettement réduit de 49,66 jusqu’a 11,67, Cette
réduction significative suggère que ce traitement exerce un effet suppressif sur la production
ou la survie de ces cellules. Tandis que, le nombre moyen de plasmatocytes est
significativement augmenté, allant de 39,66vers 54,33. Cette augmentation notable peut être
expliquée par une réaction immunitaire accrue en réponse à l'extrait aqueux. Et par rapport
au nombre moyen de granulocytes il est légèrement augmenté, à environ 32,33. Cette
augmentation soit moins prononcée que celle des plasmatocytes.

III.4.-. Effet de l’huile essentielle de Calotropis procera sur la mortalité des adultes de
Ceratitis capitata

Les taux moyens de mortalité des adultes de C. capitata traités avec l’huile
essentielle à une dose de 20 µl sont mentionnés dans le tableau ci-dessous et illustrés la
(figure25)

33
Chapitre III : Résultats obtenus

Tableau IV- Pourcentages moyens de mortalité des adultes de C. capitata traités avec
l'huile essentielle de C. procera

Jours Témoins Traités par l’huile essentielle C. procera

1 0 33,33
2 0 100
3 0 100
4 0 100
5 0 100
6 0 100
7 0 100
8 0 100

Mortalité(%)
120

100 traités

Temoin
80

60

40

20
Jours d'observations
0
1 2 3 4 5 6 7 8

Figure25- Pourcentage de mortalité des adultes de Ceratitis capitata traités par l’extrait
Aqueux de Calotropis procera
Selon les résultats rapportés par le tableau ci-dessus la mortalité totale des individus de la
cératite après le traitement à base de l’huile essentielle de ladite plante ont été engendré au
bout de 2ème jour, alors que la mortalité des premiers individus a été notées après 01mn 23 sec

III.3.-. Effet de l’huile essentielle de C. procera sur l’hémolymphe des adultes de C.


capitata
III.3.1. Etude qualitative

Nous avons identifié quatre catégories distinctes de cellules sanguines chez les adultes
témoins de C. capitata identique à celle observer au traitement aqueux. (Figure23), Ces

34
Chapitre III : Résultats obtenus

catégories comprennent les prohémocytes, les plasmatocytes, les granulocytes et les


coagulocytes, chacune ayant des rôles spécifiques dans le système immunitaire de l'insecte.
L’observation des adultes de C. capitata traités avec l'huile essentielle de C. procera a révélé
des altérations significatives au niveau de leurs cellules sanguines. Qui se manifestant par la
formation de nodules, éclatement des hémocytes...etc.

III.3.2. Étude quantitative

L'objectif principal de cette étude était d'évaluer l'impact du traitement des adultes de
Ceratitis capitata avec l'huile essentielle de Calotropis procera sur le nombre de différentes
catégories de cellules sanguines (prohémocytes, plasmatocytes, les granulocytes). Les résultats
de l’évaluation de l’impact de l’huile essentielle de C. procera sur l’hémolymphe de C. capitata
sont consignés dans le tableau11 ainsi que la (Figure 26) ci-dessous :

Tableau V- Nombre d’hémocytes des adultes de C. capitata témoins et traités par l’huile
essentielle de C. procera

Hémocytes témoins traités

prohémocytes 49,6666667 11,6666667

plasmatocytes 39,666667 38,6666667

granulocytes 28,333333 19

Figure 26 – nombre moyen des hémocytes de [Link] traités par l’huile essentielle de
Calotropis procera

35
Chapitre III : Résultats obtenus

Quantitativement, nous avons observé que le nombre d’hémocytes chez les adultes de C.
capitata traités par l’huile essentielle à base de C. procera a été réduit par rapport à celui des
témoins. En effet une chute remarquable du nombre de prohémocytes allant du 48,66% jusqu’à
8% cela signifie que les cellules sont subites un stress avec cette l’huile, tandis que le nombre
des plasmocytes son légèrement diminué de 39,66% à 38.66% par ra port au nombre de
granulocytes une chute de leur nombre de 28,33% à 19%, donc l’huile essentielle extrait de C.
procera affecte les cellule cette mouche.
III.4.-. Analyse statistique

L’analyse de la variance à deux critères de classification (traitement et temps) au seuil


5% (Tableau VI) ressortir une différence très hautement significative entre les deux modes de
traitement avec un niveau de probabilité p= 0,000 < 0,005, mais aussi pour le facteur temps,
toujours avec p<0,005.

Tableau VI- Analyse de la variance des mortalités des adultes de C. capitata traités par
l’extrait aqueux (par ingestion) et l’huile essentielle (inhalation) de C. procera
SCE DDL CM F. obs. p
VAR1 (temps) 425321,2 26 18452,3 522,21 0,000
VAR2 (mode de 0,000
314362,3 8 26984,5 621,33
traitement)
VAR1*VAR2 65812,3 134 632,2 13,44 0,000
VAR résiduelle 7335,1 159 29,3 - 0,000

36
Chapitre IV : Discussions des résultats obtenus

Ce chapitre comporte les discussions sur les clé d’identification de la mouche


méditerranéenne des fruits Ceratitis capitata. Par la suite On discutera sur les résultats obtenus
après avoir traité les adultes de la mouche par l’extrait aqueux et l’huile essentielle du pommier
de Sodome Calotropis pocera

IV.1.- Effets de l’extrait aqueux et l’huile essentielle de Calotropis procera sur la mortalité
de la mouche méditerranéenne des fruits Ceratitis capitata

Les deux traitements à base de l’extrait aqueux et l’huile essentielle de C. procera sur
les adultes de C. capitata, au laboratoire ont révélé un effet considérable des extraits testés surs
la mortalité des individus traités. En effet, un jour après l'application des traitements, nous avons
noté un comportement inhabituel chez les mouches traitées, soit une agitation suivie d’un
ralentissement progressif de leurs mouvements. D'après Copping (2001), les alcaloïdes
présents dans la plante agissent en ralentissant la fermeture des canaux sodium (Na+), ce qui
perturbe le fonctionnement normal des cellules nerveuses. Cela conduit à une paralysie avant
que l'insecte ne meure. En effet, la richesse de C. procera en alcaloïdes a été signalée par
plusieurs auteurs, soient Al-Yahia (1986) et Thiaw (2008) qui rapportent que toutes les parties
de C. procera contiendraient des cardénolides, des alcaloïdes, des saponines, des stérols et
triterpènes, des coumarines, des tanins et des flavonoïdes des anthracènes.

Nos résultats corroborent avec ceux de certains chercheurs ayant testé Calotropis contre
des insectes, comme ceux de Abdalla et al., (2009) avaient mis en évidence l’action toxique de
Calotropis procera sur la mue de Locusta migratoria., Il y a aussi les travaux de Abassi et al.,
(2004) qui ont enregistré un taux de mortalité de 100% chez les larves, au bout de 15 jours à
partir du début du traitement par C. procera. Ces mêmes auteurs ajoutent, également, que
l’extrait d’alcaloïdes des feuilles jeunes de ladite plante s’est révélé anti-appétant, toxique et
anti-fertilisant pour S. gregaria.
Kaidi et al., (2017), avaient noté que le traitement à base de l’extrait acétonique des
feuilles de Calotropis procera, des imagos de Schistocerca gregaria et Locusta migratoria, se
sont révélés très convainquant du fait de la rapidité et de l’efficacité de leur action suite à des
perturbations comportementales et aux premières mortalités enregistré seulement et
respectivement 3 heures et 24h après traitement.
Quant à Soltan et al, (2020), ils ont mentionné que l’application topique du latex de C.
procera sur les individus de Locusta migratoria a été très significative, en raison de l'activité
insecticide engendrant des taux de mortalité importants.

37
Chapitre IV : Discussions des résultats obtenus

IV.2.- Effet de l’extrait aqueux et de l’huile essentielle de calotropis procera sur


l’hémolymphe des adultes de ceratitis capitata
IV.2 .1.- Qualitativement

Du point de vue qualitatif, chez les insectes, les catégories d’hémocytes varient d’une
espèce à une autre. Lepesme en 1938 avait identifié chez les adultes de S. gregaria, deux
catégories hémocytaires (proleucocytes et phagocytes). Raccaud-Shoeller (1980), note que le
sang des orthoptères renferme quatre catégories d’hémocytes rencontrées chez d’autres ordres
d’insectes à savoir : les prohémocytes, les plasmatocytes, les granulocytes et les coagulocytes.
Bien après, Habes et Soltani (1992) avaient identifié, pour leur part, cinq types hémocytaires dans
l’hémogramme de Thaumetopea pityocampa, soient les prohémocytes, les plasmatocytes, les
granulocytes, les coagulocytes et les adipocytes). Quant à Klowden (2013), il a pu mettre en
évidence la présence de sept catégories d’hémocytes chez les insectes, soient les prohémocytes,
les plasmatocytes, les granulocytes, les oenocytoides, les coagulocytes, les adipohémocytes et les
cellules à sphérules.

Toutefois, à l’instar des vertébrés, les insectes possèdent une immunité qui repose sur
des composantes impliquées connues sous le nom de défenses cellulaires et humérales (Beckage,
2008). L’immunité cellulaire consiste en la phagocytose des micro-organismes agressifs par les
hémocytes, la formation de nodules et l’encapsulation (Boman, 1998 ; Stanley, 2006 ; Beckage,
2008). D’après Olsen et al., (2000), les indices hématologiques chez les animaux (vertébrés ou
invertébrés) sont importants pour déterminer le risque de toxicité puisque des changements dans
le système sanguin ont une valeur prédictive supérieure pour la toxicité humaine.

Nous avons entrepris une observation microscopique de l'hémolymphe des individus


traités avec l'extrait aqueux de Calotropis procera dans le but d'évaluer les effets des deux
traitements. Cette analyse révèle des altérations structurelles significatives au niveau des
hémocytes de Ceratitis capitata) Examinant l'hémolymphe, nous avons observé que certains
hémocytes avaient complètement perdu leur contenu cellulaire, ce qui indique une altération
majeure de leur structure. De plus, la plupart des hémocytes présentaient une désintégration
importante, laissant place à des débris cellulaires.

L'observation microscopique a également permis de mettre en évidence la formation de


nodules dans le cytoplasme des hémocytes, ainsi que la présence de groupes d'amas de cellules
rétractées. Ces nodules pourraient résulter d'une réaction immunitaire, tandis que les amas de
cellules rétractées indiquent des changements morphologiques importants Il est intéressant de

38
Chapitre IV : Discussions des résultats obtenus

noter que certains granulocytes semblaient libérer des granules (figure24) en réponse à ces
altérations, ce qui peut être interprété comme une tentative de défense immunitaire de la part de
l'organisme contre les effets de l'extrait aqueux de Calotropis procera. Ces observations
approfondies de l'hémolymphe soulignent l'impact significatif du traitement sur les hémocytes de
C. capitata et suggèrent des réponses immunitaires spécifiques en jeu.

IV.2.2.- Quantitativement

Quantitativement, nous avons observé que le nombre d’hémocytes chez les adultes de C.
capitata traités par l’huile essentielle à base de C. procera a été réduit par rapport à celui des
témoins. En effet une chute remarquable du nombre de prohémocytes allant du 48,66% jusqu’à
8% cela signifie que les cellules sont subites un stress avec cette l’huile, tandis que le nombre des
plasmocytes son légèrement diminué de 39,66% à 38.66% par raport au nombre de granulocytes
une chute de leur nombre de28,33% à 19%, donc l’huile essentielle extrait de C. procera affecte
les cellule cette mouche.

La diminution significative des hémocytes peut être expliquée par leur rôle central dans
le processus de défense immunitaire. Ces cellules ont été largement sollicitées pour phagocyter les
toxines présentes dans Calotropis procera. Cependant, il semble que la toxine de ladite a réussi à
contourner la réponse de phagocytose, échappant ainsi à la barrière protectrice du système
immunitaire des individus traités. En conséquence, environ 24 heures après le traitement, une
grande majorité des cellules hémocytaires ont subi une lyse complète, marquant ainsi une réponse
immunitaire inefficace face à la toxine de la plante.

L’introduction des particules étrangères telles que les microorganismes ou autre peut
perturber l’hémogramme des insectes (Chauvin, 1956 et Arnold, 1974). D’après Paillot (1933)
cette perturbation peut se traduire soit par l’augmentation du nombre de cellules soit par sa
diminution. Nos résultats confirment ceux obtenus par Moussa (2003) qui a, également, noté une
diminution du nombre d’hémocytes de Locusta migratoria traité par l’huile de Neem.

Nos résultats, corroborent avec ceux obtenus par Kaidi et a,l. (2017) qui ont enregistré
la même chute numérique des hémocytes chez les imagos de L. migratoria traités par l’extrait
acétonique de C. procera.

Kaidi (2018) avait, également enregistré cette chute remarquable du nombre des
hémocytes avec une augmentation considérable des plasmatocytes des imagos de S. gregaria
traités et par les champignons entomopathogènes Metarhizium anisopliae var acridum et

39
Chapitre IV : Discussions des résultats obtenus

Beauveria bassiana ainsi que par six plantes du désert, soient, Calotropis procera, Citrullus
colocynthis, Cleome arabica, Solenostemma argel, Aerva javanica et Salvadora persica.

Rosales (2017), dans une étude descriptive des cellules cristallines, des plasmatocytes, et
des lamellocytes chez Drosophila melanogaster, indique que l’infection bactérienne provoque une
réduction considérable du nombre des différents types d’hémocytes mis à part les plasmatocytes
qui augmentent engageant une réponse immunitaire immédiate.

40
Conclusion

Les travaux de recherche entrepris dans le cadre de ce mémoire représentent une


contribution essentielle à l'expansion de notre connaissance des paramètres biologique de la
mouche méditerranéenne des fruits Ceratitis capitata, ainsi qu'aux critères d'identification de
cette mouche. Notre objectif principal était d'étudier les bio-essais destinés à étudier l’effet
toxique de l’extrait aqueux et de l’huile essentielle des feuilles du Pommier de Sodome
Calotropis procera (plante médicinale également hautement toxique) sur la mortalité et
l’hémolymphe des imagos de la Ceratitis capitata ravageur redouté pour les cultures fruitières,
ce, dans le but de développer des moyens de lutte novateurs contre cet insecte. En effet,
l’introduction des substances naturelles d’origines végétales s’avère être une alternative
prometteuse pour une plus tentante contre les insectes ravageurs, puisque depuis toujours les
plantes ont été utilisées pour leurs bénéfices thérapeutiques, pharmaceutiques, leurs abondances
dans la nature qui ne nécessite pas de frai élevé.
Ces recherches représentent une avancée significative dans la compréhension de la biologie de
la mouche méditerranéenne des fruits, offrant ainsi une base solide pour son identification et
son suivi dans les cultures fruitières. Parallèlement, l'évaluation de l'efficacité des extraits de C.
procera ouvre des perspectives prometteuses pour la gestion intégrée de cette espèce ravageuse.
Ces extraits pourraient potentiellement devenir un outil précieux dans l'arsenal des pratiques de
lutte biologique, permettant de réduire l'impact de la mouche méditerranéenne des fruits sur les
cultures sans recourir à des produits chimiques nocifs pour l'environnement.
En premier lieu, l'étude de la C. capitata nous a permis de déterminer trois critères essentiels
qui peuvent être utilisés pour identifier cette espèce de manière fiable. Ces critères comprennent
des caractéristiques morphologiques spécifiques tel que la couleur la taille et d’autres
observations microscopique, c’est l’une des méthodes privilégiées pour identifier la cératite,
ensuite les dommages qu'elle inflige aux fruits qu'elle infeste qui est un indicateur crucial de la
présence de cette dernière qui réside dans les dommages qu'elle provoque sur les fruits. Les
femelles de cette espèce pondent leurs œufs à l'intérieur des fruits mûrs. Les larves qui en
émergent se nourrissent de la pulpe du fruit, provoquant la formation de galeries et de zones de
pourriture, ce qui altère significativement la qualité des fruits infestés. Enfin comme dernier
critère ses préférences en matière d'hôtes il infeste principalement des fruits à pulpe charnue et
mûre, comme les agrumes, les mangues, les cerises, et les pêches.
Pour réaliser les essais de lutte biologique contre la cératite au laboratoire, nous avons
élaboré l’extraits aqueux et l’huile essentielle à partir de la plante de Calotropis procera
(pommier de Sodome) utilisée a une dose de 20 ul. Les résultats obtenus ont montré que le
traitement par ingestion (extrait aqueux) a mis quelques jours à montrer des effets significatifs,

41
Conclusion

contre la mouche, c’est à partir du 3émejour, que nous observons une première augmentation
significative de la mortalité à 33,33 %. Cela suggère que le traitement commence à avoir un
impact sur la population de [Link] au bout du 6 èmejours la mortalité atteint 100% Cela
signifie que le traitement a enfin réussi à éliminer complètement la population de mouches,
cette 'effet neurotoxique manifesté par l'extrait aqueux de C. procera peut être attribué sans
aucun doute aux alcaloïdes contenus dans la plante. Ces composés sont reconnus pour leur
capacité à agir sur les canaux sodiques (Na+) dépendants ce qui entraîne un ralentissement de
la fermeture de ces canaux et perturbe la dépolarisation membranaire. Cette activité
neurotoxique se traduit par une paralysie préalable à la mort.
Contrairement au traitement par inhalation (l’huile essentielle), la mort des individus est
observée dès les première 07 minute et au bout de 24 heures le décès complet des mouches cela
explique l’efficacité de l’action insecticides de C. procera cela indique que cette l’huile est plus
toxique que l’extrait.
Nous avons également cherché à évaluer les effets des deux extraits de Calotropis procera
testés sur l'hémolymphe des adultes de la cératite, les observations ont révélé des perturbations
marquées au sein de l'hémolymphe de la cératite, accompagnées de changements structuraux
au niveau des hémocytes. Ces altérations ont induit une réponse immunitaire de l'insecte,
caractérisée par : la désagrégation des hémocytes, le vidage de leur contenu cellulaire,
l'apparition de nodules et d'amas de cellules rétractées, ainsi que la dispersion de granules de
sécrétion dans le cytoplasme. Ainsi leurs effets surle nombre moyen des hémocytes chez la C.
capitata qui se traduit soit par une diminution oui d’une augmentation. Ces modifications
reflètent une réaction immunitaire complexe en réponse à l'exposition aux extraits de C.
procera.
Nos investigations ont révélé que le pommier de Sodome, Calotropis procera, renferme
des composants toxiques ayant manifestement un effet insecticide sur les adultes de la mouche
méditerranéenne des fruits Ceratitis capitata. De manière significative, il est apparu que l'huile
essentielle extraite de cette plante présente une toxicité nettement plus prononcée que l'extrait
aqueux.
Pour conclure, cette étude représente une avancée majeure dans la connaissance des propriétés
insecticides de Calotropis procera et offre des perspectives fascinantes pour la gestion à long
terme des ravageurs agricoles. Au-delà de son potentiel pour protéger les cultures fruitières,
cette recherche ouvre de nouvelles portes vers des pratiques agricoles plus durables et
respectueuses de l'environnement. Les perspectives futures comprennent :

42
Conclusion

 Des études approfondies sur les mécanismes d'action


 Le développement de formulations pratiques
 La recherche de synergies avec d'autres méthodes de lutte biologique,
 La sensibilisation des agriculteurs aux avantages de cette approche.
En fin de compte, cette recherche s'inscrit dans une démarche visant à garantir la sécurité
alimentaire tout en préservant la biodiversité agricole, ce qui revêt une importance cruciale pour
l'avenir de notre agriculture.

43
Références bibliographiques

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Caracteristiques-du-ravageur-et-de-ses-degats

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Résumé
Notre travail porte sur l’étude de l’activité toxique des feuilles de Pommier de Sodome
Calotropis procera contre les imagos de la mouche méditerranéenne des fruits Ceratitis
capitata. Le traitement à base de l’extrait aqueux a engendré un début de mortalité au bout de
3ème jour et une mortalité totale a été notée à partir de 6 ème jour. Concernant de l’huile essentielle,
son traitement a engendré la mortalité des premiers individus juste après 01 mn 23 sec alors que
la mortalité totale a été obtenu au bout de 2 ème jour de traitement. Aussi, l’effet de l’extrait
aqueux sur l’hémogramme des individus traités a montré des changements structurels tels qu’un
vidage complet du contenu cellulaire, désagrégation de la majorité des hémocytes, la formation
de nodules dans le cytoplasme des hémocytes et libération de granules par certains
granulocytes. Nous avons également observé une chute de quelques hémocytes et une
augmentation de certaines d’autres et cela par les deux traitements réalisés.

Mots clés
Ceratitis capitata, Calotropis procera, extrait aqueux, huile essentielle, hemogramme

Abstract

Our study focuses on the toxic activity of Calotropis procera (Sodom Apple) leaves against the
adult stage of the Mediterranean fruit fly, Ceratitis capitata. Treatment with the aqueous extract
resulted in initial mortality starting on the 3rd day, with complete mortality observed from the
6th day onwards. As for the essential oil treatment, it induced mortality in the first individuals
just after 1 minute and 23 seconds, with total mortality achieved by the 2nd day of treatment.
Additionally, the effect of the aqueous extract on the hemolymph of treated individuals showed
structural changes such as complete emptying of the cell contents, disagregation of most
hemocytes, the formation of nodules in the hemocyte cytoplasm, and the release of granules by
some granulocytes. We also observed a decrease in some hemocytes and an increase in others,
induced by both treatments.

Keywords

Ceratitis capitata, Calotropis procera, aqueous extract, essential oïl, hemolymph"

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