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Responsabilité des États dans les conflits armés

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INTRODUCTION

Les conflits entre États ont fait de la guerre une partie intégrante du pouvoir politique
étatique.1 Ainsi, Carl Von Clausewitz, éminent stratège militaire prussien du XIX -ème siècle,
fait référence à la guerre comme « la simple continuation de la politique par d'autres
moyens».2 Il était alors nécessaire pour la politique d'élaborer un droit dans la guerre allant au-
delà des limites de la souveraineté nationale. C'est par le principe établi d'égalité de
souveraineté, exprimé dans la maxime romaine parem non habet imperium,3 que les Etats du
continent européen ont eu l'idée de réglementer les méthodes et moyens de conduite de la
guerre à l'aide du droit international Coutumier. 4 On assiste par la suite à une multiplication
des dispositions adoptées au niveau international. Notamment la convention de Genève de
1864 pour l'amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne, la
Déclaration de Saint-Pétersbourg de 1868, sans oublier les textes notamment les conventions
et déclarations adoptés pendant des conférences pour la paix à la Haye en 1899 et en 1907. 5
Les conventions de Genève de 1949, complétées par les protocoles de 1977, ont affiné les
règles du droit international humanitaire et renforcé la sanction pénale des violations 6. Par
ailleurs, celles-ci ont adopté la notion de « conflit armé » à la place de la guerre, afin d'étendre
le champ d'application aux affrontements violents qui dépassent la sphère formaliste de la
guerre7. Après la Seconde Guerre mondiale, de nouvelles formes de conflits, tels que les
guerres asymétriques et les guerres civiles avec intervention étrangère, ont fait leur apparition.
Ces conflits ont rendu les règles classiques, conçues principalement pour des guerres entre
États, de plus en plus difficiles à appliquer. Cette évolution a montré les limites du « droit de
Genève » et du « droit de La Haye », initialement conçus pour réguler les relations entre États.
Dans un contexte international marqué par la multiplication et la complexité des conflits
armés, la question de la responsabilité des États tiers revêt une importance croissante. En
effet, au-delà des parties directement impliquées dans un conflit, certains États, non
directement belligérants, jouent un rôle déterminant en apportant un soutien matériel,
financier ou logistique à l’une des parties. Cette implication soulève de nombreuses

1
Préservation de la souveraineté, expansions territoriales, imposition de volonté, etc.
2
Carl Von CLAUSEWITZ, on War, Oxford University Press, New York, 2007, p.28
3
« Nul État ne peut être soumis à la juridiction d'un autre État », traduction provenant de : CEDH, Affaire Jones
et autres c.Royaume-Uni, arrêt du 14 janvier 2014§188
4
Roger O'KEEFE, International Criminal Law, Oxford University Press, 2015, p.124
5
Marc EUDES, crimes de guerre in Jean FERNANDEZ, Xavier PACREAUX, Statut de Rome de la Cour pénale
Internationale : Commentaire article par article, Éditions Pedone, Paris,2012, p.487
6
Ibid.
7
Ingrid DETTER, The Law of War, Cambridge University Press, London, 2000, p.26

1
interrogations quant à la responsabilité juridique de ces États dits "tiers", notamment en ce qui
concerne les principes de non-intervention, la violation du droit international humanitaire et
les sanctions internationales. Le principe de non-intervention est un pilier du droit
international. Il interdit à un État de s'ingérer dans les affaires internes d'un autre État, y
compris dans le cadre de conflits armés. Le principe de non-intervention, essentiel au droit
international, interdit à tout État de s'ingérer dans les affaires internes d'un autre, notamment
en période de conflit armé. Ce principe, consacré par plusieurs textes fondamentaux comme la
Charte des Nations unies, garantit la souveraineté des États. Néanmoins, des exceptions
existent, telles que les interventions autorisées par le Conseil de sécurité des Nations unies en
vertu du chapitre VII de la Charte ou les actions en légitime défense collective 8. Lorsque les
États tiers apportent un soutien militaire ou logistique à une partie au conflit sans cette
autorisation, cela peut constituer une violation de ce principe et engager leur responsabilité
internationale. Aussi, l'implication d'un État tiers peut également se matérialiser par l'aide
directe à une partie belligérante dans un conflit armé, qu'il s'agisse d'un autre État ou d'un
groupe armé non étatique. Le droit international impose des restrictions strictes sur l'aide aux
parties en guerre, notamment à travers les principes du droit de la neutralité. 9 Si un État tiers
fournit des armes, une aide financière ou un soutien logistique, et que cette aide contribue à
des violations du droit international humanitaire, cet État peut être tenu responsable de ces
actes. La responsabilité des États dans le cadre des conflits armés repose également sur le
principe du "fait internationalement illicite", tel que codifié par la Commission du droit
international.10 Si un État tiers viole une obligation internationale, telle que le respect de la
souveraineté ou des conventions humanitaires, sa responsabilité peut être engagée. Cela inclut
aussi l'obligation de ne pas aider ou encourager des violations graves des droits humains ou
du droit humanitaire par d'autres États ou des groupes armés 11. La jurisprudence internationale
a joué un rôle crucial dans la clarification de la responsabilité des États tiers, comme en
témoigne l’affaire Nicaragua contre les États-Unis devant la Cour internationale de justice

8
Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression (Chapitre VII, article 39 et 42
de la Charte des Nations unies)
Légitime défense collective (Chapitre VII, Article 51 de la Charte des Nations unies)
9
Conventions de La Haye de 1907 (sur la neutralité en cas de conflit armé) : Spécifient les droits et devoirs des
États neutres, interdisant aux États tiers de fournir un soutien militaire direct aux parties belligérantes
(Convention V et XIII de La Haye de 1907). Charte des Nations unies : Le chapitre VII permet, sous certaines
conditions, d’autoriser des interventions en cas de menace à la paix, mais toute autre forme de soutien sans
autorisation internationale peut constituer une violation des principes du droit international.
10
Projet d'articles sur la responsabilité des États pour fait internationalement illicite (Commission du droit
international, 2001)
11
CIJ, Affaire Congo c. Ouganda, 2005

2
(1986), qui a établi des critères clairs pour la responsabilité des États tiers soutenant des
groupes armés.12.
Dans ce contexte, il est essentiel de définir la notion d'« États tiers ». Par ce terme, nous
désignons les États qui ne sont pas directement impliqués dans le conflit en tant que
belligérants, mais qui interviennent de manière indirecte, que ce soit par un soutien matériel,
financier, logistique ou diplomatique13. Le tiers peut remplir une double fonction. D'une part,
il peut empêcher le déclenchement d'une guerre, dans la mesure où il peut faire obstacle à la
formation de la relation bipolaire, immédiatement belligène. Il peut arriver que sa propre force
intimide les deux ennemis éventuels, à moins que la crainte qu'il ne s'allie à l'un des deux
camps tempère l'agressivité de l'autre 14. D'autre part, le tiers peut surgir dans un conflit en
cours, dans lequel il n'a aucune responsabilité, et modifier le rapport de forces bilatéral15.C’est
le cas des guerres de religion au XVIème siècle 16. Les Conventions de Genève de 1949 ont
fondé une distinction des conflits armés en deux catégories : les conflits armés internationaux
et les conflits armés non internationaux17. Tout en établissant cette dichotomie entre deux
types de conflits armés, la référence à la définition est incluse dans l'article 2 commun (conflit
amés internationaux) et l'article 3 commun (conflits armés non internationaux) aux quatre
Conventions. D'après le Commentaire du Comité International de la Croix Rouge sur les
Conventions de Genève18, lors des travaux préparatoires, les Etats ont exprimé l'intention de
se référer à un standard de facto pour qualifier un conflit armé, plutôt que de se limiter à des
technicités juridiques19. Nonobstant ces dispositions normatives, une description prétorienne a
été élaborée par la jurisprudence du Tribunal Pénal International pour l'ex Yougoslavie 20.

12
CIJ, Affaire des Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci, 1986
13
Intervention militaire indirecte : Fourniture d'armes, de troupes ou de renseignements.
Intervention économique : Sanctions économiques, aide financière aux belligérants.
Intervention diplomatique : Soutien politique dans les instances internationales.
Intervention humanitaire : Assistance humanitaire, souvent perçue comme neutre mais pouvant dissimuler une
ingérence.
14
Julien Freund, le rôle du tiers dans les conflits, Dans Négociations 2015/2 ,N⁰24, Pages 143 à 155, Éditions
De Boeck Superieur
15
La guerre du kippour dans « La reconnaissance de l'ennemi et le tiers », International Problems,vol.Xll,
septembre 1974.
16
Les guerres de religion françaises (1562-1598) ; Saint-Empire romain germanique ; Angleterre
17
Article 2 et 3 communs des conventions de Genève, 12 août 1949
18
Antonio CASSESE, The Oxford companion to International Criminal Justice, Oxford University Press, 2009,
p.247, référence à : Jean PICTET, Commentaire des conventions de Genève de 1949, Comité International de la
Croix Rouge, 1952, p.21
19
Ibid.
20
TPIY, Le Procureur c. Dusco Tadic, Arrêt relatif à l'appel de la défense concernant l'exception préjudicielle
d'incompétence, la Chambre d'appel, le 2 Octobre 1995, §70

3
Cette description couvre largement la question des hostilités contenues dans la notion de
conflit armé21.
L'article 2 commun des Conventions de Genève couvre les conflits armés internationaux,
c'est-à-dire ceux impliquant deux ou plusieurs États souverains. Cet article déclenche
l'application intégrale des Conventions, qu'il y ait ou non une déclaration de guerre formelle.
Cela inclut également l'occupation totale ou partielle d'un territoire d'un État par un autre,
même si cette occupation ne rencontre aucune résistance armée 22. Pour ce qui est des conflits
armés non internationaux, c’est l'article 3 commun qui s’applique. C'est-à-dire les conflits
internes qui ne concernent pas directement deux ou plusieurs États souverains, mais qui se
déroulent au sein des frontières d'un même État 23. Ce type de conflit implique le
gouvernement et des forces armées non étatiques, ou plusieurs groupes armés entre eux. En
guise de définition, Un conflit armé non international est un conflit armé qui se déroule à
l'intérieur des frontières d'un État entre les forces armées étatiques et un ou plusieurs groupes
armés non étatiques, ou bien entre plusieurs groupes armés non étatiques. Les Conventions
n'offrent pas de définition précise, mais l'interprétation courante est qu'un conflit armé non
international doit avoir un niveau minimum d'intensité et une organisation suffisante des
forces non étatiques pour être distingué d'une simple émeute ou d'un acte isolé de violence. À
la lumière de l'évolution historique et des fondements juridiques des conflits armés que nous
avons abordés, le thème central de cette étude intitulé « La responsabilité des Etats tiers dans
les conflits armés » autrement dit, « La responsabilité des États tiers dans les conflits armés :
Fondements théoriques et obstacles à la mise en œuvre pratique », intègre non seulement les
fondements juridiques de la responsabilité des États tiers, mais aussi les obstacles et les
limitations rencontrés dans la mise en œuvre de cette responsabilité . En effet, l'implication
des États tiers dans les conflits armés soulève des questions juridiques complexes en matière
de souveraineté, de non-intervention et de responsabilité internationale. Il s'agit d'explorer
comment le droit international a progressivement encadré cette responsabilité, en tenant
compte des nouveaux défis posés par les conflits modernes 24. Il est essentiel de s'interroger
par la suite, sur la manière dont le droit international régit l'intervention des États tiers dans
ces conflits. Si le principe de non-intervention et la souveraineté des États sont des piliers du
droit international, l'implication d'États tiers dans des conflits armés soulève des questions

21
Sten VERHOEVEN, International and non-international armed conflits, in Jan WOUTERS, Philippe DE
MAN and Nele VERLINDEN, Armed conflicts and the Law, Intersentia, Antwerp, 2016, p.155
22
Article 2 Commun des Conventions de Genève
23
Article 3 Commun des Conventions de Genève
24
Guerres asymétriques, guerres civiles avec intervention étrangère, etc…

4
complexes. Qu'il s'agisse d'un soutien militaire, financier ou diplomatique, ces interventions
indirectes peuvent avoir des conséquences graves, notamment en termes de violations des
droits humains et de stabilité régionale25.
Cependant, malgré les avancées du droit international humanitaire et les instruments
juridiques existants, la mise en œuvre de la responsabilité des États tiers reste un enjeu délicat.
Par ailleurs, quel est, le régime juridique de la responsabilité des États tiers dans les conflits
armés ? Concrètement comment cette responsabilité est-elle définie et encadrée par le droit
international ? De plus, quel est l’état des mécanismes de sa mise en œuvre en vertu du droit
international ?

Pour analyser de manière approfondie la responsabilité des États tiers dans les conflits armés
contemporains, il est nécessaire de circonscrire cette étude à des bornes géographiques et
temporelles précises. En effet, l'implication des États tiers varie considérablement en fonction
des contextes géopolitiques et juridiques, ce qui nécessite une approche nuancée. Nous
concentrerons notre analyse sur la période post-Seconde Guerre mondiale (1945 à nos jours) 26
et sur deux régions particulièrement stratégiques : le Moyen-Orient et l'Afrique. Ces régions
sont emblématiques des interventions d'États tiers, souvent associées à des violations graves
du droit international humanitaire27. Cette délimitation temporelle, couvrant la période post-
1945, nous permettra d'analyser les enjeux actuels et les évolutions récentes du droit
international humanitaire. Quant à la délimitation spatiale, elle se justifie par l’importance des
interventions externes dans ces régions, souvent accompagnées de graves violations des droits
humains et de défis pour la stabilité régionale. En se concentrant sur ces contextes, cette étude
pourra examiner en profondeur les mécanismes juridiques 28 qui encadrent la responsabilité
25
-Article 2, paragraphe 4 de la Charte de Nations Unies (1945)
-Déclaration relative aux relations amicales entre les Etats (Résolution 2625 (XXV), Assemblée générale de
l'ONU (1970)
-Convention V et Xlll des Conventions de la Haye (1907) sur les droits et devoirs des puissances neutres en cas
de guerre terrestre et maritime
-Article 16 du Projet d'article sur la responsabilité des Etats pour fait internationalement illicite, CDI, 2001
-Article 25 du Statut de Rome de la Cour pénale Internationale, 1998
26
C’est une période clé pour l'évolution du droit international humanitaire, notamment avec l’adoption des
Conventions de Genève de 1949 et l'essor des organisations internationales comme les Nations unies. Les
interventions des États tiers dans les conflits armés ont pris une nouvelle forme avec la Guerre froide, les guerres
par procuration et les conflits contemporains.

27
Le Moyen-Orient et l'Afrique sont des régions qui, depuis plusieurs décennies, sont le théâtre de nombreux
conflits armés, souvent prolongés et complexes. Ces conflits impliquent non seulement des acteurs locaux, mais
aussi des États tiers qui jouent un rôle déterminant dans l'évolution et la durée de ces crises. L'intervention de
puissances étrangères dans ces régions, que ce soit par des moyens militaires, économiques ou diplomatiques, a
souvent exacerbé les conflits, rendant la situation encore plus difficile à stabiliser

28
-Article 2, paragraphe 4 de la Charte de Nations Unies (1945)

5
des États tiers et les obstacles 29 à la mise en œuvre effective de ces principes. L'analyse de la
responsabilité des États tiers dans les conflits armés s'impose comme une démarche
essentielle, non seulement sur le plan juridique, mais également sur les plans géopolitique et
éthique. Cette étude vise à explorer comment le droit international a progressivement encadré
cette responsabilité, en tenant compte des nouveaux défis posés par les conflits modernes, en
particulier au Moyen-Orient et en Afrique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
L’objectif principal de ce travail est de comprendre comment les États tiers, qui interviennent
indirectement dans les conflits armés, peuvent être tenus responsables au regard du droit
international30, Nous chercherons à déterminer dans quelle mesure les instruments juridiques
existants, tels que les Conventions de Genève, le Statut de Rome et la Charte des Nations
Unies, encadrent ces interventions. Par ailleurs, nous examinerons les obstacles à la mise en
œuvre pratique de cette responsabilité, notamment les enjeux liés à la souveraineté des États,
aux relations diplomatiques et aux intérêts géopolitiques. L'étude s'intéressera
particulièrement aux mécanismes de responsabilisation et aux défis posés par les tribunaux
internationaux pour sanctionner ces violations. Comprendre ces obligations est crucial pour
renforcer les mécanismes de responsabilisation et combler les lacunes dans la mise en œuvre
des sanctions en cas de violation de ces normes.

D'un point de vue géopolitique31, l'implication des États tiers dans des conflits, que ce soit au
Moyen-Orient, en Afrique ou ailleurs, est souvent motivée par des intérêts stratégiques,
économiques ou sécuritaires. Analyser ces interventions permet de mieux appréhender leur
impact sur la durée des conflits, la stabilité régionale, et la relation entre les puissances

-Déclaration relative aux relations amicales entre les Etats (Résolution 2625 (XXV), Assemblée générale de
l'ONU (1970)
-Convention V et Xlll des Conventions de la Haye (1907) sur les droits et devoirs des puissances neutres en cas
de guerre terrestre et maritime
-Article 16 du Projet d'article sur la responsabilité des Etats pour fait internationalement illicite, CDI, 2001
-Article 25 du Statut de Rome de la Cour pénale Internationale ,1998

29
- Principes de souveraineté et non-intervention
-Difficultés de prouver la complicité
-Absence de mécanismes contraignants
-Considérations géopolitiques et diplomatiques
30
- Conventions de Genève de 1949, Commentaire du CICR sur l'Article 1 commun.
-Commission du droit international, Projet d'articles sur la responsabilité des États, 2001
-Statut de Rome de la Cour pénale internationale, 1998
CIJ, Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci, 1986
31
Charte des Nations Unies, Article 2(4), 1945.
Résolution 2625 (XXV) de l'Assemblée générale des Nations Unies, 1970.
Rapports du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le conflit syrien et yéménite.
Jean-François Bayart, L'État en Afrique : La politique du ventre, Fayard, 1989.

6
mondiales et régionales. Cette étude soulève des questions éthiques 32 fondamentales
concernant la légitimité des interventions des États tiers et leur responsabilité morale dans les
violations des droits humains. Il est essentiel de réfléchir à la justification de ces
interventions, souvent invoquées sous la "responsabilité de protéger", tout en examinant leurs
conséquences sur les populations civiles. Ces considérations sont cruciales pour promouvoir
des interventions respectueuses des droits humains et de la souveraineté des États. L'analyse
combine une approche théorique et pratique, avec une première partie explorant les
fondements juridiques de la responsabilité des États tiers. La deuxième partie aborde les
obstacles concrets à l'application de ces principes, en tenant compte des réalités géopolitiques
et institutionnelles. L’étude examine les défis rencontrés dans la mise en œuvre de ces
responsabilités, notamment par les tribunaux internationaux, tout en illustrant ces tensions par
des études de cas contemporaines.

Cette étude est structurée en deux axes principaux. Le premier (Chapitre 1) explore la base
théorique de la responsabilité des États tiers, en s’appuyant sur les textes internationaux et les
principes du droit international. Le second axe (Chapitre 2) se penche sur les limites
pratiques de la mise en œuvre de cette responsabilité, en analysant les obstacles juridiques,
politiques et diplomatiques. À travers des études de cas, cette approche vise à comprendre
pourquoi, malgré son encadrement théorique, la responsabilité des États tiers demeure
difficile à appliquer dans les conflits armés.

32
Rapport du Sommet mondial des Nations Unies de 2005, Principe de la Responsabilité de protéger.
CIJ, Affaire des activités armées sur le territoire du Congo, Congo c. Ouganda, 2005
Julien Freund, Le rôle du tiers dans les conflits, Négociations, Éditions De Boeck Supérieur, 2015
Alex Bellamy, Responsibility to Protect : A Défense , Oxford University Press, 2015

7
PLAN

Chapitre 1 : Une responsabilité théoriquement reconnue

Section 1 : Les fondements de la responsabilité des Etats tiers dans les conflits armés
Paragraphe 1 : Une responsabilité fondée sur les théories du droit international
A- La théorie de la responsabilité objective de l’Etat tiers
B- La théorie subjective de la responsabilité de l’Etat tiers

Paragraphe 2 : Une responsabilité bien établie par les instruments internationaux


A- Le Droit International Humanitaire
B- Les instruments spécifiques

Section 2 : Les conditions de la responsabilité de l’Etat tiers


Paragraphe 1 : L’armement et le soutien militaire
A- La fourniture d’armements
B- Le soutien militaire et la coopération technique

Paragraphe 2 : L’assistance et la complicité de l’Etat tiers dans la violation des droits


A- Une complicité dans les violations des droits humains
B- Une assistance humanitaire détournée

8
Chapitre 2 : Une responsabilité pratiquement limitée dans sa mise en œuvre

Section 1 : Les obstacles juridiques à la mise en œuvre


Paragraphe 1 : Les lacunes dans la législation internationale
A- Le manque de mécanismes de mise en œuvre
B- Le principe de souveraineté des Etats à l’épreuve de la non intervention

Paragraphe 2 : Les défis d’application devant les tribunaux internationaux


A- Les limitations des tribunaux internationaux
B- Les obstacles liés à l’exécution des jugements

Section 2 : Les implications politico-diplomatiques de la mise en œuvre


Paragraphe 1 : Les considérations géopolitiques
A- L’influence des intérêts nationaux sur la responsabilité
B- Les cas d’impunité en raison des relations diplomatiques

Paragraphe 2 : Etudes de cas des réponses de la communauté internationale


A- Cas de l’intervention en Irak
B- Cas de l’intervention de l’OTAN en Libye

CONCLUSION

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