CH13 Prehilb
CH13 Prehilb
B. Landelle
II Orthogonalité 5
1 Vecteurs orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2 Orthogonal d'une partie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3 Famille orthonormale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4 Bases orthonormales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
IV Exemples importants 17
1 Distance à un hyperplan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2 Droite des moindres carrés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1
Dans tout ce chapitre, l'ensemble E désigne un R-ev.
I Produit scalaire
1 Dénition
Dénition 1. Une application φ : E2 → R est appelée produit scalaire sur E si elle est :
1. bilinéaire, i.e. linéaire par rapport à chaque variable ;
∀y ∈ E x 7→ φ(x, y) ∈ L (E, R) et ∀x ∈ E y 7→ φ(x, y) ∈ L (E, R)
3. positive ; ∀x ∈ E φ(x, x) ⩾ 0
4. dénie. ∀x ∈ E φ(x, x) = 0 ⇐⇒ x = 0
On dit que φ est une forme bilinéaire symétrique dénie positive.
Proposition 2. Soit E espace préhilbertien réel. Soit (xi )1⩽i⩽n et (yj )1⩽j⩽p des familles nies
de vecteurs de E, (αi )1⩽i⩽n et (βj )1⩽j⩽p des familles de scalaires. On a
Æ ∏
n
P p
P P
αi xi , βj yj = αi βj ⟨xi , yj ⟩
i=1 j=1 (i,j)∈[[ 1 ; n ]]×[[ 1 ; p ]]
2 Exemples importants
Proposition 3.
n
1. L'espace E = Rn muni de ⟨x, y⟩ = xi yi est euclidien.
P
i=1
B. Landelle 2 ISM MP
Démonstration. 1. net n2. immédiats.
3. On a ⟨A, B⟩ = aj,i bi,j avec A⊤ = a′i,j . D'où
PP ′
j=1 i=1
P
⟨A, B⟩ = ai,j bi,j
1⩽i,j⩽n
expression symétrique en les coecients d'où la symétrie de l'application. Les autres propriétés
s'obtiennent alors facilement.
Remarques : 1. On confond souvent Rn et Mn,1 (R) qui sont naturellement isomorphes.
2. Les produits scalaires présentés ci-avant sont canoniques, y compris celui sur Mn (R) en
considérant l'isomorphisme Mn (R) ≃ Rn .
2
3 Norme euclidienne
Dénition 3. Soit E espace préhilbertien réel. On appelle norme euclidienne associée au produit
scalaire ⟨·, ·⟩ l'application notée ∥ · ∥ dénie par
®
E → R+
∥·∥: p
x 7→ ∥x∥ = ⟨x, x⟩
Remarque : La norme euclidienne associée à un produit scalaire est bien dénie par positivité
du produit scalaire.
B. Landelle 3 ISM MP
Remarques : 1. Vérier l'identité du parallélogramme est caractéristique d'une norme eucli-
dienne (exercice dicile). Par exemple, la norme ∥ · ∥1 sur Rn n'est pas une norme euclidienne
(considérer x = (1, 0, . . .) et y = (0, 1, 0, . . .)).
2. L'identité du parallélogramme peut aussi être reformulée en identité de la médiane :
x+y 2 1
∀(x, y) ∈ E2 ∥x∥2 + ∥y∥2 = 2∥ ∥ + ∥x − y∥2
2 2
x+y
x−y
x
B. Landelle 4 ISM MP
u u
u = 2t ⟨x, y⟩ + ∥x∥2
t t
u = 2t ⟨x, y⟩ + ∥x∥2
Corollaire 1. Soit E espace préhilbertien réel. La norme euclidienne associée est une norme,
plus précisément elle vérie les propriétés suivantes :
1. ∀(x, λ) ∈ E × R ∥λx∥ = |λ| ∥x∥.
2. ∀x ∈ E ∥x∥ = 0 ⇐⇒ x = 0E
3. ∀(x, y) ∈ E 2
∥x + y∥ ⩽ ∥x∥ + ∥y∥ avec égalité si et seulement si la famille (x, y) est
positivement liée.
Démonstration. 1. et 2. Immédiates.
3. D'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz, on a
∥x + y∥2 = ∥x∥2 + 2⟨x, y⟩ + ∥y∥2 ⩽ ∥x∥2 + 2∥x∥∥y∥ + ∥y∥2
et le résultat suit par croissance de √ sur R+ . Le cas d'égalité résulte du cas d'égalité dans
l'inégalité de Cauchy-Schwarz.
II Orthogonalité
Dans tout ce qui suit, E désigne un espace préhilbertien réel.
1 Vecteurs orthogonaux
Dénition 4. Deux vecteurs x et y de E sont dits orthogonaux si ⟨x, y⟩ = 0. On note x⊥y.
Dénition 5. Une famille (ui )i∈I de vecteurs de E est dite orthogonale si elle constituée de
vecteurs deux à deux orthogonaux, i.e.
∀(i, j) ∈ I2 avec i ̸= j ⟨ui , uj ⟩ = 0
B. Landelle 5 ISM MP
Proposition 7. Soit (ui )i∈I une famille orthogonale de vecteurs non nuls. Alors (ui )i∈I est une
famille libre.
Démonstration. Soit (αi )i∈I famille de réels presque nulle telle que αi ui = 0E . On a
P
i∈I
≠ ∑
= αj ∥uj ∥2 = 0
P
∀j ∈ I αi ui , uj =⇒ αj = 0
i∈I
d'où le résultat.
Théorème 2 (Théorème de Pythagore). Soit (ui )i∈[[ 1 ; p ]] ∈ Ep une famille orthogonale.
Alors
p p
ui ∥2 = ∥ui ∥2
P P
∥
i=1 i=1
Æ ∏
p p p p
Démonstration. On a ui ∥2 = ∥ui ∥2
P P P P P
∥ ui , uj = ⟨ui , uj ⟩ =
i=1 i=1 j=1 (i,j)∈[[ 1 ; p ]]2 i=1
Démonstration. On a
∥x + y∥2 = ∥x∥2 + ∥y∥2 ⇐⇒ ∥x∥2 + 2⟨x, y⟩ + ∥y∥2 = ∥x∥2 + ∥y∥2 ⇐⇒ ⟨x, y⟩ = 0
x+y
y
Remarque : La réciproque du théorème de Pythagore est fausse pour une famille de plus de
deux vecteurs. Par exemple, dans E = R3 avec a = e1 + e2 , b = e1 − e2 et c = e2 + e3 . On a
⟨a, b⟩ + ⟨a, c⟩ + ⟨b, c⟩ = 0 =⇒ ∥a + b + c∥2 = ∥a∥2 + ∥b∥2 + ∥c∥2
mais les vecteurs a, b, c ne sont pas deux à deux orthogonaux (et on peut même choisir une telle
famille libre).
B. Landelle 6 ISM MP
2 Orthogonal d'une partie
Dénition 6. Soit A une partie non vide de E. On appelle orthogonal de A l'ensemble noté
A⊥ déni par
A⊥ = {x ∈ E | ∀a ∈ A ⟨a, x⟩ = 0}
et le résultat suit.
4. Soit x ∈ A. Alors pour tout y ∈ A⊥ , on a ⟨x, y⟩ = 0.
Remarque : Si A n'est pas un sev, l'inclusion A ⊂ (A⊥ )⊥ est stricte puisque A ⊊ Vect (A) et
Vect (A) ⊂ (Vect (A)⊥ )⊥ = (A⊥ )⊥ . Si A est un sev, c'est moins évident. Un contre-exemple est
donné ultérieurement.
Dénition 7. Les sev F et G de E sont dits orthogonaux si
∀(x, y) ∈ F × G ⟨x, y⟩ = 0
On note F⊥G.
Proposition 11. Soient F, G des sev de E.
1. F⊥G =⇒ F ∩ G = {0E }
2. F⊥G ⇐⇒ F ⊂ G⊥ ⇐⇒ G ⊂ F⊥
3. F⊥F⊥ et F ∩ F⊥ = {0E }
B. Landelle 7 ISM MP
Théorème 3 (Orthogonal d'une famille génératrice).
1. Soit F = Vect (ui )i∈I . On a
x ∈ F⊥ ⇐⇒ ∀i ∈ I x⊥ui
2. Soit F = Vect (ui )i∈I et G = Vect (vj )j∈J . On a
F⊥G ⇐⇒ ∀(i, j) ∈ I × J ui ⊥vj
3 Famille orthonormale
Dénition 8. Une famille de vecteurs de E est dite orthonormale si elle est orthogonale et
constituée de vecteurs unitaires (on dit aussi normés) , i.e. de norme égale à 1.
B. Landelle 8 ISM MP
Démonstration. On met en ÷uvre l'algorithme dit d'orthonormalisation de Gram-Schmidt.
u1
• On initialise avec v1 = .
∥u1 ∥
k−1 zk
• Pour k ∈ [[ 2 ; p ]], on pose zk = uk − ⟨vi , uk ⟩vi puis vk = .
P
i=1 ∥zk ∥
Montrons par récurrence que la famille (v1 , . . . , vp ) vérie les propriétés voulues. Soit
P(k) : ”(v1 , . . . , vk ) orthonormé et Vect (v1 , . . . , vk ) = Vect (u1 , . . . , uk )”
• P(1) : L'initialisation est immédiate.
• P(k) =⇒ P(k + 1) : Supposons P(k) vraie pour k ∈ [[ 1 ; p − 1 ]] xé (on exclut k = p sinon
on suppose le résultat nal). On a
k
P
zk+1 = uk+1 − ⟨vi , uk+1 ⟩vi
i=1
Dans ce cas, la famille (u1 , . . . , uk+1 ) serait liée ce qui est absurde puisqu'elle est extraite de la
z
famille libre (u1 , . . . , up ). Par suite, la norme ∥zk+1 ∥ est non nulle et le vecteur vk+1 = k+1
∥zk+1 ∥
est normé. Ainsi, la famille (v1 , . . . , vk+1 ) est orthonormée. On a
Vect (v1 , . . . , vk ) = Vect (u1 , . . . , uk ) ⊂ Vect (u1 , . . . , uk+1 )
B. Landelle 9 ISM MP
Théorème 5. Soit (u1 , . . . , up ) une famille libre de E. Il existe une unique famille orthonormée
(v1 , . . . , vp ) de E telle que
∀k ∈ [[ 1 ; p ]] Vect (u1 , . . . , uk ) = Vect (v1 , . . . vk ) et ⟨uk , vk ⟩ > 0
k−1
Démonstration. Soit k ∈ [[ 1 ; p ]]. Notons πk = ⟨uk , vi ⟩ vi . Par construction, on a zk ⊥vi pour
P
i=1
i ∈ [[ 1 ; k − 1 ]] d'où
⟨zk , uk ⟩ = ⟨zk , zk + πk ⟩ = ∥zk ∥2 + ⟨zk , πk ⟩ = ∥zk ∥2 > 0
| {z }
=0
1
et par suite ⟨vk , uk ⟩ = ⟨zk , uk ⟩ > 0
∥zk ∥
Ainsi, la base construite par l'algorithme de Gram-Schmidt vérie la condition d'orientation.
Soit (w1 , . . . , wp ) une famille orthonormée qui vérie les mêmes propriétés que (v1 , . . . , vp ).
Alors, pour k ∈ [[ 1 ; p ]], on a
wk ∈ Vect (w1 , . . . , wk ) ∩ Vect (w1 , . . . , wk−1 )⊥ = Vect (v1 , . . . , vk ) ∩ Vect (v1 , . . . , vk−1 )⊥
autrement dit wk ∈ Vect (vk ). Comme wk est normé et vérie la même condition d'orientation
que vk , on conclut wk = vk .
Remarque : Les résultats et démonstrations d'orthonormalisation s'étendent au cas d'une fa-
mille libre dénombrable.
4 Bases orthonormales
Dénition 9. Soit E euclidien. On appelle base orthonormale (ou base orthonormée) notée
BON en abrégé une base de E qui est également une famille orthonormale.
Corollaire 2. Soit F sev de dimension nie de E. Alors F possède une base orthonormée.
Démonstration. Le sev F admet une base que l'on orthonormalise avec l'algorithme de Schmidt
pour obtenir une base orthonormée de F.
B. Landelle 10 ISM MP
Démonstration. 1. C'est le corollaire précédent avec F = E.
2. Soit (u1 , . . . , up ) une famille orthonormée de E avec p ⩽ n = dim E. D'après le théorème de
la base incomplète, on peut compléter (u1 , . . . , up ) en (u1 , . . . , un ) base de E. On xe ensuite
vi = ui pour tout i ∈ [[ 1 ; p ]] puis on poursuit la construction des vi en suivant l'algorithme
de Schmidt. On obtient alors une base orthonormée de E qui est une complétion de la famille
initiale.
Proposition 14. Soit E euclidien muni d'une base orthonormée B = (e1 , . . . , en ). Soit (x, y) ∈
E2 avec
n n
et y =
P P
x= xi e i yi ei
i=1 i=1
n n
On a et ∥x∥2 = x2i
P P
⟨x, y⟩ = xi yi
i=1 i=1
n
Démonstration. On a
P P
⟨x, y⟩ = xi yj ⟨ei , ej ⟩ = xi yi
(i,j)∈[[ 1 ; n ]]2 | {z } i=1
=δi,j
Le reste suit.
Proposition 15. Soit E euclidien muni d'une base orthonormée B = (e1 , . . . , en ). Soit (x, y) ∈
E2 avec et X = matB x, Y = matB y . On a
⟨x, y⟩ = X⊤ Y, ∥x∥2 = X⊤ X
Démonstration. Immédiate.
Proposition
16. Soit E euclidien muni d'une base orthonormée B = (e1 , . . . , en ), f ∈ L (E)
et A = ai,j = matB f . On a
n
∀(i, j) ∈ [[ 1 ; n ]]2 ai,j = ⟨f (ej ), ei ⟩ et
P
Tr (A) = ⟨f (ei ), ei ⟩
i=1
n
Démonstration. Soit (i, j) ∈ [[ 1 ; n ]]2 . On a f (ej ) = ak,j ek puis
P
k=1
n
P
⟨f (ej ), ei ⟩ = ak,j ⟨ek , ei ⟩ = ai,j
k=1 | {z }
=δk,i
Le reste suit.
1 Supplémentaire orthogonal
⊥
Théorème 6. Soit F sev de dimension nie de E. Alors on a E = F ⊕ F⊥ .
B. Landelle 11 ISM MP
Démonstration. Soit (e1 , . . . , ep ) une base orthonormée de F et x ∈ E. On procède par ana-
lyse/synthèse.
p
≠ ∑
On a
P
∀k ∈ [[ 1 ; p ]] x− αi ei , ek = ⟨x, ek ⟩ − αk = 0
i=1
Ainsi les αk sont déterminés (cela prouve aussi l'unicité dans la décomposition F ⊕ F⊥ sous
réserve d'existence mais on l'a déjà en réalité car on sait F⊥F⊥ ).
p p
Synthèse : On a
P P
x= ⟨x, ei ⟩ei +x − ⟨x, ei ⟩ei
|i=1 {z } i=1
∈F
p
≠ ∑
Puis ⟨x, ei ⟩ei , ek = ⟨x, ek ⟩ − ⟨x, ek ⟩∥ek ∥2 = 0
P
∀k ∈ [[ 1 ; p ]] x−
i=1
p
donc, d'après le théorème 3, on a x − ⟨x, ei ⟩ei ∈ F⊥ ce qui prouve le résultat attendu.
P
i=1
Remarque : Le résultat est faux si F est de dimension innie. Considérons par exemple
Z 1
E = C 0 ([ 0 ; 1 ] , R) muni du produit scalaire ⟨f, g⟩ = f (t)g(t) dt pour (f, g) ∈ E2 . On pose
0
F = {f ∈ E | f (0) = 0}. Soit f ∈ F⊥ . Notant g : t 7→ tf (t), on a g ∈ F d'où
Z 1
⟨f, g⟩ = tf (t)2 dt = 0
0
Comme t 7→ tf (t)2 est continue positive sur [ 0 ; 1 ], on en déduit tf 2 (t) = 0 pour t ∈ [ 0 ; 1 ] d'où
f (t) = 0 pour t ∈ ] 0 ; 1 ]. Par continuité de f en 0, on a également f (0) = 0 d'où F⊥ = {0E } et
par conséquent
F ⊕ F⊥ ̸= E
2 Projection orthogonale
Dénition 10. Soit F un sev de dimension nie de E. On appelle projection orthogonale sur
F notée pF la projection sur F parallèlement à F⊥ .
B. Landelle 12 ISM MP
Remarque : 1. Comme F et F⊥ sont supplémentaires, on peut dénir une telle projection.
2. Si E est euclidien, alors F et F⊥ sont de dimension nie. Par suite, le projecteur id −pF
associé à pF peut se noter pF⊥ (notation licite car F⊥ de dimension nie).
Démonstration. Le sens direct est immédiat par dénition de pF et le sens indirect résulte de
l'unicité de la décomposition dans F × F⊥ :
x = y+ (x − y) avec (y, x − y) ∈ F × F⊥
= pF (x)+ x − pF (x) avec (pF (x), x − pF (x)) ∈ F × F⊥
et on identie terme à terme.
x
x − pF (x)
pF (x) F
X2
Ainsi pF (1) = X −
6
B. Landelle 13 ISM MP
p
P p
P
x= ⟨x, ei ⟩ei + x − ⟨x, ei ⟩ei
|i=1 {z } | i=1{z }
∈F ∈F⊥
p
On en déduit
P
∀x ∈ E pF (x) = ⟨x, ei ⟩ei
i=1
uk
zk ← uk − pFk (uk )
Démonstration. Pour x ∈ E, comme (a) est une base orthonormée de Vect (a), on a
pVect (a)⊥ (x) = id −pVect (a) (x) = x − ⟨x, a⟩a
B. Landelle 14 ISM MP
Dénition 11. Soit p un projecteur de E. Le projecteur p est dit orthogonal si Im p⊥ Ker p.
Remarque : Cette dénition étend la dénition 10 puisque Im p n'est pas nécessairement de
dimension nie. Les deux dénitions sont cohérentes entre elles : si F sev de dimension nie
de E , alors pF est un projecteur orthogonal au sens de la dénition 11. Le projecteur associé
id −pF est également un projecteur orthogonal puisqu'il est le projecteur sur F⊥ parallèlement
à F.
Proposition 19. Soit p un projecteur de E. On a
p projecteur orthogonal ⇐⇒ ∀x ∈ E ∥p(x)∥ ⩽ ∥x∥
Démonstration. Supposons p projecteur orthogonal. Soit x ∈ E. On a
x = p(x) + x − p(x)
|{z} | {z }
∈Im p ∈Ker p
x x
y = 2x ⟨a, b⟩ + ∥b∥2
Ceci n'est possible que si la fonction est constante d'où ⟨a, b⟩ = 0 pour (a, b) ∈ Im p × Ker p ce
qui prouve que p est orthogonal.
Ker p
3a + b 2a + b a+b
3a 2a a Im p
B. Landelle 15 ISM MP
Sur la gure ci-avant, avec un projecteur non orthogonal, on observe trois congurations dié-
rentes :
∥a∥ < ∥a + b∥ ∥2a∥ = ∥2a + b∥ ∥3a∥ > ∥3a + b∥
Remarque : Ce résultat ne gure pas explicitement dans le programme ociel. Il faut savoir
le redémontrer.
B. Landelle 16 ISM MP
x
x − pF (x)
x−y
pF (x)
pF (x) − y F
y
IV Exemples importants
1 Distance à un hyperplan
Proposition 20. Soit E un espace euclidien et H un hyperplan de E avec n ∈ H⊥ et n ̸= 0E .
|⟨x, n⟩|
On a ∀x ∈ E d(x, H) =
∥n∥
⊥
Démonstration. On a E = H⊕ Vect (n). Comme Vect (n) = H⊥ est de dimension nie, on a
id −pH = pH⊥ . La famille (n/∥n∥) est une base orthonormée de H⊥ et on obtient
|⟨x, n⟩|
d(x, H) = ∥(id −pH )(x)∥ = ∥pH⊥ (x)∥ =
∥n∥
n
Exemple : Soit E = Rn et H : xi = 0. Notons u = (1, . . . , 1) ∈ E. On a
P
i=1
B. Landelle 17 ISM MP
y La droite des moindre carrés d'équation y =
ax + b est choisie telle que la quantité
•
n n
• • Mi H2i = [yi − (axi + b)]2
P P
i=1 i=1
•
• •
soit minimale. C'est la droite qui passe au
mieux au plus près des points M1 , . . . , Mn .
x Le problème consiste donc en la minimisa-
tion en (a, b) ∈ R2 de la somme des carrés
n
[yi − (axi + b)]2 .
P
Figure 11 Droite des moindres carrés i=1
u = (1, . . . , 1), on a
n n
Mi H2i = [yi − (axi + b)]2 = ∥y − (ax + bu)∥2
P P
i=1 i=1
Notons F = Vect (u, x). D'après la caractérisation métrique du projeté orthogonal, on sait que
inf {∥y − (ax + bu)∥, (a, b) ∈ R2 } = inf {∥y − z∥, z ∈ F} = ∥y − pF (y)∥
La famille (x, u) est libre car les xi ne sont pas toutes égales. On a donc reformulé le problème
de la droite des moindres carrés comme recherche de distance à un plan vectoriel. On construit
une base (v1 , v2 ) orthonormée de F avec l'algorithme d'orthonormalisation :
u 1
v1 = √ v2 = √ (x − x̄u)
n nσx
Variante : On peut opter pour une approche un peu diérente, moins géométrique et plus
probabiliste, pour obtenir le résultat. On a
B. Landelle 18 ISM MP
n
Mi H2i = ∥y − ax − bu∥2 = ∥y − ax − (ȳ − ax̄)u + (ȳ − ax̄)u − bu∥2
P
i=1
B. Landelle 19 ISM MP
Annexe
Borne inférieure et distance
Soit A partie non vide minorée de R et f dénie sur A ∪ inf A. Si f est croissante et continue
en inf A, on a
inf f (A) = f (inf A)
Par croissance de f , on a
∀x ∈ A x ⩾ inf A =⇒ f (x) ⩾ f (inf A)
La fonction t 7→ t2 est croissante continue sur R+ d'où l'application du résultat qui précède.
B. Landelle 20 ISM MP