Dans la première partie consacrée aux événements, nous avons présenté les différents types
d’événements, à savoir les événements de départ, les événements de fin et les événements
intermédiaires. Nous avons également vu que ces événements pouvaient avoir différentes natures
comme par exemple un message ou un timer et qu'on pouvait les distinguer en deux familles : les
événements « catch » et les événements « throw ».
Nous avons positionné ces événements dans le flux de séquence. Mais BPMN propose d’autres
possibilités de modélisation plus avancées pour gérer les événements et influencer le déroulement du
processus.
Concernant les événements intermédiaires, on peut en effet lier un
événement intermédiaire de type « catch » directement sur une activité.
C’est ce qu’on appelle un événement de frontière car il est positionné sur la
bordure d’une activité. Cela signifie que le déclenchement de l’évènement
durant l’exécution de l’activité, aura des conséquences sur le comportement
du processus.
Introduction à la cartographie des processus métiers
Eric DISSON, Leslie HUIN & Guilaine TALENS
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Deux possibilités :
- Soit le déclenchement de l’événement interrompt l’activité en cours
- Soit le déclenchement de l’événement n’interrompt pas l’activité en cours. Dans ce dernier cas, les
bordures de l’événement doivent être dessinées en pointillé.
Naturellement, si l'événement se déclenche une fois l'activité terminée, cela n'aura aucun impact et les
chemins alternatifs proposés ne seront pas exécutés.
Les événements de frontière constituent donc des flux d'exception, c'est-à-dire un flux qui ne sera
exécuté que si l'événement se déclenche. Cela ne peut donc pas être la seule alternative en sortie d'une
activité qui doit également présenter un flux normal.
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Si l’on reprend notre exemple simple de processus de service d’un client dans un restaurant, on pourrait
vouloir modéliser que le départ d’un client durant la préparation de la commande interrompt le processus.
On ajoute alors un événement de frontière sur l’activité « préparer commande ».
Autre exemple, on pourrait envisager qu’au bout de 30 minutes de préparation, le serveur passe rassurer
le client sur l’arrivée imminente de sa commande. Cette action n’interrompt pas l’activité de préparation de
commande. On propose donc d’ajouter un événement de type timer sur l’activité « préparer commande »
en spécifiant qu’il s’agit d’un événement qui n’interrompt pas l’activité.
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Il est tout à fait possible d'ajouter plusieurs événements de frontière sur une même activité afin de
modéliser plusieurs cas de figure d'interruption.
Rappelons que seuls des événements de type « catch », c’est-à-dire ceux dont le processus est le
destinataire, peuvent être modélisés en tant qu’événements de frontière. Les plus couramment utilisés
sont les évènements de types message, timer et règle conditionnelle.
D’autres types d’évènement sont également intéressants comme le signal, l’escalade, l’erreur,
l’annulation ou encore la compensation. Mais ces derniers types sont plutôt avancés ou utilisés pour des
modélisations de processus exécutables, qui n’est pas le niveau de détail que nous avons choisi de
présenter dans ce cours introductif.
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