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Renaissance : Humanisme et Réformes en Europe

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RENAISSANCE, HUMANISME ET RÉFORMES RELIGIEUSES : LES

MUTATIONS DE L’EUROPE

Introduction
Doc.: « La célébration des lettres antiques »
Doc. : « Martin Luther rompt avec le catholicisme »
• Apparue au XVème siècle, la Renaissance est une période de renouvellement artistique qui trouve son
origine dans un intérêt pour la pensée et les formes de l’Antiquité. Au même moment, un nouveau
courant de pensée voit également le jour : l’Humanisme. C’est un mouvement intellectuel qui se fonde
sur des textes antiques et qui placent l’être humain et son bonheur au centre de leurs préoccupations.
• Ces deux courants, artistique et intellectuel, s’accompagnent au cours du XVIème siècle, de
bouleversements religieux importants dans le cadre des réformes religieuses (volonté de retour aux
sources du christianisme, afin d’être au plus près du message de Jésus). Le mouvement est initié par
ceux qu’on appelle les « protestants » au début du XVIème siècle puis il est repris, contraint et forcé, par
l’Église catholique qui doit s’adapter face aux critiques.
• Problématique : En quoi les mutations intellectuelles, artistiques et religieuses des XVème siècle et
XVIème siècle transforment-elles profondément l’Europe ?

I. L’Humanisme : une nouvelle façon de penser l’homme

Point de passage et d’ouverture 1 : « Érasme, prince des humanistes »

En quoi Érasme incarne-il le prince des humanistes en Europe au début du XVIème siècle ?

Érasme travaille sur des textes


- Érasme traduit des ouvrages anciens à partir des langues qu’il maîtrise, dont le grec ;
- Érasme corrige les traduction anciennes afin de les rendre fidèles au texte original ;
- Érasme fait ensuite imprimer des textes une fois qu’ils sont re-traduits et commentés

Érasme propose une nouvelle vision de l’homme


- Érasme porte un regard sur l’homme : en tant qu’humaniste, il le place au centre de ses
préoccupations intellectuelles et scientifiques et lui octroie la capacité à faire preuve de
raison et de devenir qui il veut ;
- Érasme critique aussi la société de son temps : dans Éloge de la folie, il dénonce les
contradictions et l’hypocrisie de toutes les catégories sociales, notamment les marchands ;

Érasme diffuse ses idées en Europe


- Érasme rend visite à ses amis en Europe : l’imprimeur Alde Manuce à Venise
- Érasme rédige aussi des lettres qu’il envoie à des humanistes, comme l’anglais Thomas More
- Érasme dispense aussi son enseignement humaniste dans des universités (Louvain)

A. Une philosophie qui s’appuie sur des textes antiques


Doc. : « La redécouverte des lettres antiques par l’humanisme »
Doc : « La confrontation des traditions religieuses »
• Au XVème siècle, apparaît un nouveau courant intellectuel, l’humanisme. Les humanistes
dénoncent la connaissance approximative des textes de l’Antiquité et prônent un retour à
l’étude des auteurs antiques comme Platon ou Plutarque afin de traduire leurs écrits, de les
commenter et de faire progresser le savoir et la science.
• Les humanistes doivent donc connaître les langues anciennes : hébreu, grec et latin. Ils
inventent une nouvelle discipline, la philologie (étude des textes anciens, qui cherche à établir
les versions les plus proches possible des textes d’origine, par confrontation des différentes
versions). La redécouverte de ce savoir antique doit permettre à l’homme d’accéder à la sagesse
et de d’exercer sa liberté en pleine conscience.

1
B. Une philosophie qui place l’homme au centre du monde
Doc. : « L’homme au centre de l’univers »
Doc : « L’homme, mesure de toute chose »
• L’homme devient donc le centre d’intérêt des humanistes comme Pétrarque ou Pic de la
Mirandole : l’homme est présenté comme un être doué de raison et de liberté, capable de
devenir ce qu’il souhaite être. Né au milieu du XIVème siècle, l’humanisme se répand dans toute
l’Italie grâce au mécénat (protection financière accordée par un puissant personnage, appelé le
mécène, à des artistes ou à des lettrés qui sont tenus de célébrer les mérites de leur bienfaiteur).
• Ces humanistes peuvent être des hommes d’Église (comme Érasme qui est un moine flamand),
des hommes de lettres (comme Pic de la Mirandole qui est un humaniste italien) et des hommes
de science (comme Vésale qui est un médecin flamand). Ils centrent leurs études sur l’homme,
à la fois dans les traités de philosophie ou d’anatomie.
C. Une philosophie qui se diffuse rapidement en Europe
Doc. : « Humanisme et Renaissance en Europe »
Doc. : « Un atelier d’imprimerie au XVIème siècle »
• La diffusion des idées humanistes en Europe se fait par le biais de plusieurs moyens :
- des ateliers d’imprimerie : l’invention de l’imprimerie, mise au point vers 1450 à
Mayence par Gutenberg, permet d’imprimer des textes et de les reproduire à un
grand nombre d’exemplaires. À la différence des manuscrits du Moyen-Âge, les
textes ne sont plus recopiés à la main mais imprimés sur des feuilles de papier ;
- des universités : de nombreux humanistes sont professeurs dans des universités
(Érasme à l’université de Louvain) : ils y enseignent l’humanisme à leurs étudiants.
Pour les humanistes, l’homme doit être formé pour exercer son esprit critique : la
pédagogie est fondée sur la raison et le dialogue et non plus sur l’autorité et le
châtiment corporel comme au Moyen-Âge.
• Les humanistes se lient souvent d’amitié et entretiennent une correspondance dans laquelle
ils évoquent leur travaux et leurs réflexions (comme Érasme et l’anglais Thomas More, devenu
chancelier du roi Henri VIII). Certains humanistes voyagent en Europe afin de rendre visite à des
amis ou de se mettre au service de grands personnages, comme Érasme qui rend visite à son
imprimeur Alde Manuce à Venise. Ce réseau d’humanistes à travers l’Europe est appelé la
« République des lettres ».

II. La Renaissance : une nouvelle façon de représenter le monde


Point de passage et d’ouverture 2 : « 1508 : Michel-Ange peint la fresque de la Chapelle Sixtine »

En quoi Michel-Ange contribue-t-il à renouveler l’art en Italie au début du XVIème siècle ?

Michel-Ange réalise une peinture humaniste


- Sur les fresques peintes dans la Chapelle Sixtine, bien que la thématique soit religieuse,
l’homme occupe une place centrale :
o au plafond, sur la fresque de la Genèse, Adam est en contact direct avec Dieu ;
o sur la fresque derrière l’autel (scène du Jugement dernier), Jésus n’est pas représenté
en croix mais en simple homme et les hommes occupent une place importante ;
- Les corps peints rappellent les sculptures de l’Antiquité (corps nus, musclés, en mouvement)
- Les personnages vêtus portent des toges (le vêtement porté par les citoyens à Rome)

Michel-Ange utilise des techniques nouvelles


- Il utilise une structure géométrique dans la fresque du Jugement dernier :
o Au niveau supérieur : les anges
o Au niveau central : autour de Jésus, les élus emportés au ciel
o Au niveau inférieur : les damnés, poussés vers l’Enfer
- Il a recours au clair-obscur : il peint, côte à côte, des zones de la même couleur claires et
d’autres plus foncées afin de suggérer le relief et la profondeur : c’est le cas sur les bras d’Adam
ou sur la toge rose que porte Dieu 2
- Il affirme
Le travail Michel-Ange profite que seule
aux puissants et àlalui-même
foi sauve l’âme

- Les fresquesLuther
de la ouvre
Chapelle Sixtine
la voie sont
à des commandées
tensions parla le
au sein de pape Jules II : même si Michel-
chrétienté
Ange maîtrise mal la technique de la fresque et essaie de dissuader le pape de l’employer, il se
résout à travailler pour le compte du pape qui est le chef politique et religieux le plus puissant
de la chrétienté.
- Michel-Ange profite du prestige et de la richesse de la personne pour laquelle il travaille (il est
payé par Jules II et d’autres artistes sont jaloux de Michel-Ange, comme Bramante)
A. Des arts qui s’inspirent de la philosophie humaniste
Doc. : « La célébration des lettres antiques »
• La Renaissance artistique est influencée par l’humanisme dans certaines thématiques. Au
Moyen-Âge, on passe d’une représentation du monde divine, où l’être humain est absent ou
simple spectateur à un monde plus proche de la nature, représentée par des paysages, où
l’homme tient une place centrale, comme c’est le cas dans L’École d’Athènes de Raphaël.
• On représente des thèmes mythologiques et non plus uniquement religieux : c’est le retour du
nu et de l’idéal de la beauté grecque (voir les statues d’Athéna et d’Apollon dans les niches).
• Le portrait devient un genre important, l’individu s’affirme : on peint non seulement des
nobles mais aussi de bourgeois, des marchands, comme Les époux Arnolfini, portrait réalisé par
le peintre flamand Jan Van Eyck. En sculpture, on exécute des statues d’êtres humains, parfois
nus, comme le David exécute par le peintre et sculpteur italien Michel-Ange.
C. Des arts qui profitent aux puissants et aux artistes
Doc. 2 page 131 : « La célébration des lettres antiques »
Doc. vidéoprojeté : « La commande de L’École d’Athènes par le pape Jules II »
• Les artistes sont reconnus pour leur génie de création. Ils commencent à signer leurs œuvres,
comme le fait Raphaël sur le col d’Euclide ou de Pythagore dans L’École d’Athènes. C’est une
façon pour eux de revendiquer la paternité de leurs œuvres et d’afficher un nouveau statut
économique et social élevé dans cette société de la Renaissance.
• Les artistes sont polyvalents : ils accumulent des connaissances scientifiques sur le corps
humain par souci de perfection et de réalisme. Ils cherchent la beauté dans l’imitation de la
nature et les proportions du corps humain : dans L’École d’Athènes, Raphaël représente des
êtres humains avec grand réalisme et les corps sont peints en mouvements.
• Les artistes cherchent la protection et le financement de leur art par de puissants personnages.
À Florence, Léonard de Vinci ou Michel-Ange se forment auprès de maîtres dans des ateliers au
service de Laurent de Médicis, grand mécène qui appartient à une riche famille de banquiers.

III. Les reformes religieuses : une nouvelle façon de croire en Dieu


Point de passage et d’ouverture 3 : « 1517 : Luther ouvre le temps des réformes »

En quoi Luther ouvre-t-il le temps des réformes religieuses en Allemagne au début du XVIème siècle ?
Luther critique l’Église catholique
- En 1517, sur la porte de l’église de Wittenberg, Luther publie les « 95 thèses » qui critiquent
certains aspects du fonctionnement de l’Église catholique :
o Il refuse les indulgences (rémission des pêchés d’un chrétien contre le versement
d’une somme d’argent)
o Il critique l’immense richesse de l’Église catholique
o Il propose de revenir aux fondamentaux : les Évangiles…
Les nouvelles propositions religieuses faites Luther
- Il propose de se passer du clergé pour dire la messe et pour célébrer les sacrements (gestes
sacrés dispensés par un prêtre marquant les étapes de la vie d’un chrétien) ;
- Il propose de ne conserver que trois sacrements : le baptême, la cène (célébration du dernier
repas de Jésus) et la pénitence (punition donnée à celui qui a péché) ;
- Il propose de redonner une place centrale à la Bible : lors de la messe, il faut procéder à lecture
et à l’explication des Évangiles. La seule source de vérité est dans la Bible : il faut donc un accès
direct au texte saint par l’alphabétisation ; 3
- Il affirme que seule la foi sauve l’âme

Luther ouvre la voie à des tensions au sein de la chrétienté

- Les Luthériens représentent les catholiques de façon méprisante :


o le pape est peint en banquier qui amasse des richesses
o les moines sont gros (un joue aux cartes en cachette ; celui qui fait la messe est inspiré
par un diablotin…)
o ces scènes provoquent la colère de Dieu et de Saint-François d’Assises (dans le ciel)
- La diffusion du luthéranisme en Allemagne inquiète les partisans et les responsables de l’Église
catholique : les idées de Luther enregistrent un certain succès, d’autant plus que les textes
saints sont traduits en allemand.
A. Une Église catholique de plus en plus critiquée
Doc. : « La doctrine luthérienne »
Doc. : « La critique de l’Église catholique »
• Des humanistes ébranlent l’autorité de l’Église catholique : ils reprochent aux membres du
clergé leur vénalité, leur ignorance ainsi que leur manque de compréhension des livres saints.
Ils demandent à voir la Bible accessible en langue nationale (donc pas en latin) afin qu’elle soit
accessible à tous, quelle que soit la condition et l’origine.
• Les humanistes ont une nouvelle approche de la Bible : ils la relisent, corrigent des erreurs de
copies dans la Vulgate (traduction de la Bible en latin) à partir des textes originaux en hébreu
(Ancien testament) et en grec (Nouveau testament).
B. Des Églises protestantes qui se développent
Carte : « L’Europe des réformes religieuses au XVIème siècle »
Doc. : « Les principales différences entre les religions »
• En 1517, un moine allemand, Martin Luther dénonce des pratiques et des croyances
chrétiennes, ce qui aboutit à la rupture entre les catholiques et les « protestants » (nom de ceux
qui protestent contre le refus de réforme interne de l’Église catholique). Ceux qui le suivent, les
Luthériens, sont présents en Allemagne et en Scandinavie.
• En 1541, le français Jean Calvin fonde son église à Genève. Il ne conserve que deux sacrements
(le baptême et la cène), refuse l’existence du clergé et affirme que seules la pratique de la foi
et la prédestination (croyance en le fait que Dieu a élu des personnes qui seront sauvées)
sauvent l’âme. Les Calvinistes sont présents en Suisse, en France, aux Pays-Bas et en Écosse.
• En 1534, en Angleterre, le roi Henry VIII rompt avec l’Église parce que le pape Clément VII
refuse de prononcer son divorce : Il fonde donc l’Église anglicane dont il est le chef.
L’anglicanisme ne retient que deux sacrements (le baptême et la cène) et affirme que seule la
foi sauve. L’anglicanisme conserve un clergé mais reprend le dogme protestant.
C. Des Églises catholique et protestantes en conflit
Doc. : « Le massacre de la Saint-Barthélemy »
Doc. : « La signature de l’édit de Nantes (1598) »
• Des guerres de religion éclatent entre catholiques et protestants en Allemagne et en France.
En France, huit guerres de religion opposent les catholiques et les calvinistes entre 1560 et
1598 : elles culminent le 24 août 1572 avec le massacre de la Saint-Barthélemy.
• L’action de certains monarques permet de mettre fin à ces conflits. En Allemagne, la paix
d’Augsbourg est signée en 1555 par l’empereur Charles Quint : elle accepte la diversité
religieuse dans l’empire. En France, le roi Henri IV met fin aux guerres de religion avec la
signature de l’édit de Nantes en 1598 : le catholicisme est reconnu comme religion d’État mais
cet édit de tolérance donne la liberté de culte aux protestants.

4
Carte : « L’Europe catholique au temps du Concile de Trente »
Doc. : « La réaffirmation du dogme catholique »
Doc. : « L’image au service de la réforme catholique »

• Face à l’émergence des Églises protestantes, la papauté réagit par la Contre-réforme


(mouvement initié par l’Église catholique pour contrecarrer l’émergence et la diffusion des
mouvements protestants). Un concile (réunion de tous les évêques de la chrétienté) est
convoqué : le concile de Trente (1545-1563) qui réaffirme tous les points contestés par les
protestants (sept sacrements, salut par les indulgences). Ce concile prévoit aussi une meilleure
formation des prêtres, la tenue d’un catéchisme pour instruire les fidèles et le rétablissement
de l’Inquisition (tribunal instauré par l’Église catholique pour réprimer les hérétiques).
• Enfin, il affirme la toute-puissance de l’Église catholique par un style artistique nouveau, l’art
baroque qui est imposant (en dimension, par des couleurs dorées).
Conclusion
• Entre le XVème et le XVIème siècle, un nouveau mouvement intellectuel, l’Humanisme, apparaît : il
s’appuie sur les textes et les savoirs antiques pour placer l’homme au centre des travaux
philosophiques et scientifiques. Ce mouvement influence l’art qui connaît une véritable révolution : la
Renaissance représente un renouveau artistique tant dans les thèmes abordés que dans les techniques
utilisées et consacre les artistes.
• L’humanisme bouleverse aussi la religion chrétienne, entraînant un éclatement de la chrétienté avec
l’apparition des différents courants protestants mais aussi avec le retour de l’intolérance religieuse
(guerres de religion, rétablissement du tribunal de l’Inquisition).

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