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P1 - Introduction

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PREMIÈRE

PARTIE

DÉFINITIONS,
APPROCHES,
CONCEPTS
INTRODUCTION

Guerre, paix, stratégie et sécurité sont des termes régulièrement employés dans le débat
public, et dont le caractère au premier abord évident se complexifie dès que l’on se
penche sur ces questions. L’actualité récente nous donne plusieurs exemples de cette
complexification, voire confusion. Après avoir longtemps résisté à l’importation du
vocabulaire américain de « guerre contre le terrorisme », la France l’a finalement
adopté, d’abord par François Hollande lors de l’intervention de 2013 au Mali, et surtout
après les attentats de 2015 (Charlie Hebdo et 13 Novembre). Dès lors, la France est
officiellement « en guerre », ce qui s’est surtout traduit par un renforcement de l’arsenal
législatif permettant de lutter contre le terrorisme (au risque de la réduction importante
des libertés publiques), et une participation (limitée) à une opération en coalition en
Irak/Syrie, tout en maintenant une opération militaire dans le Sahel. Simultanément,
des militaires sont déployés en renfort des forces de police pour protéger la population,
brouillant encore la distinction entre guerre et sécurité.
est ce que
Les études stratégiques, comme les études de sécurité, sont actuellement en transition
guerre veut
dire car elles sont sujettes aux constantes querelles de définition et aux incessants affron-
forcement tements normatifs. Peut-on, demandent certains, accepter que la violence soit inhé-
violence rente ou « construite » au sein même du système international ? Peut-on sanctionner
le recours à la force ou doit-on l’empêcher et le dénoncer en tout temps ? Les réponses
à ces questions font des stratèges tour à tour des êtres honnis ou des êtres lucides,
selon les points de vue. Les affrontements normatifs ont eu tendance, ces dernières
années, à être moins liés aux débats sur les stratégies à adopter (comme cela fut
souvent le cas durant la guerre froide). Ils sont aujourd’hui intégrés aux débats sur la
signification même des concepts. Les questions de base de ces débats sont : la sécurité
pour qui ? La sécurité dans quel but ? La reconceptualisation de la sécurité, comme
nous le verrons, fait alors ressortir des visions normatives nouvelles, tout spécialement
chez les critiques – constructivistes, féministes, postmodernistes – de l’approche tra-
ditionnelle de la sécurité. Il n’existe aucun consensus sur les définitions et, pour cette
raison, les auteurs ne s’entendent nullement sur les paramètres de la discipline.

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Introduction

Le but de cette section est donc de présenter les principales approches, afin de per-
mettre au lecteur de se repérer au sein d’une littérature foisonnante. Une dizaine de
champs de recherche en études stratégiques et de sécurité demeurent importants
(Chipman, 1992 ; Shultz et al., 1993 ; Miller, 2001 ; Kolodziej, 2005 ; Cavelty et Mauer,
2012).
• L’histoire militaire étudie l’évolution temporelle du fait militaire (consulter l’ency-
clopédie de Macksey et Woodhouse, 1991). Autrefois limitée aux grands capitaines et
aux batailles, elle a depuis largement évolué pour devenir une histoire sociale de la
guerre (Pois et Langer, 2004 ; Baylis et al., 2010 ; Drévillon, 2013 ; Cabanes, 2018).
• La pensée stratégique est celle des grands auteurs qui ont conçu et écrit la stratégie
(Chaliand, 1990 ; Mahnken et Maiolo, 2008 ; Gray, 2010). Les références politico-
militaires sont encore largement tributaires de leur héritage, telle la géopolitique qui,
notamment en France, influence encore les explications populaires et médiatiques sur
les conflits. La formulation des « grandes stratégies », aux États-Unis, prend toujours
racine chez les classiques.
• La politique de défense découle de la définition des objectifs nationaux, des capa-
cités militaires et diplomatiques dont un État se dote afin de remplir le rôle qu’il
s’assigne sur la scène internationale. L’analyse décisionnelle est une approche parti-
culièrement appréciée pour éclairer les choix et les orientations en matière de défense
(Irondelle, 2011 ; Meijer et Wyss, 2018).
• La sécurité fait l’objet de recherches à la fois sur les menaces (réelles et appréhen-
dées) et sur les types d’acteurs qui les exercent dans les domaines militaires et non
que militaires ainsi que sur les plans national, régional et global. Le terrorisme et la sécurité
reprsent
e humaine, deux sujets aux antipodes, représentent des domaines de recherche particu-
securité lièrement importants (Neack, 2007).
on fait tous
aujiudhui
• La nécessité et la compétition en armements, en nouvelles technologies, en armes ca pour se
,violence
protèger,
, conventionnelles et non conventionnelles (incluant les armes biologiques, chimiques etre en
privation et nucléaires) font du processus de recherche et d’innovation, dans le domaine mili- securiter ou
des
taire, un facteur déterminant pour les enjeux de sécurité. La prolifération et les méca- porter atteint
liberté,g
a la paix et la
uerre... nismes de prévention et de contrôle des armements demeurent d’une importance securiter des
capitale dans ces considérations (Buzan et Herring, 1998). autre
• L’analyse des conflits et des crises, ainsi que leur résolution, constituent un pro-
gramme de recherche en pleine expansion. La violence organisée est devenue une
question d’autant plus complexe qu’elle s’exerce souvent dans un contexte de conflits
intra-étatiques (Ramsbotham et al., 2016 ; Wallensteen, 2019).
• La guerre et la paix font l’objet de nombreuses réflexions qui, depuis la fin de la
guerre froide, ne séparent plus les deux phénomènes. Les études stratégiques comme
les recherches sur la paix proposent des approches voulant offrir des perspectives
(durables) de paix (Wood, 2015 ; Barash et Webel, 2017).
• Les liens entre l’économie et la défense, et entre l’économie et la sécurité, sont à
l’ère de la mondialisation et des crises financières en pleine redéfinition (Williams,
2011b).

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LA GUERRE ET LA PAIX

comporte • La sociologie militaire demeure un domaine d’actualité, dans la mesure où les rela-
ment des
militaire tions entre civils et militaires sont réévaluées, particulièrement les dimensions légales
vis a vis et éthiques du comportement des soldats (Owens, 2011 ; Soeters, 2018).
des civils
• Enfin, l’apport et l’influence des institutions internationales de sécurité dans la pro-
organisation motion du multilatéralisme et de la coopération font, vraisemblablement, évoluer le
comme système international vers des régimes de sécurité fondés sur le droit et non sur la
onu ou otan
puissance et la force (au premier chef militaire) (Morgan, 2006, p. 153-175).

Ce bref programme recoupe les principales préoccupations du champ et sera appro-


fondi dans les prochains chapitres (à l’exception toutefois de la sociologie militaire,
des liens entre l’économie et la défense, et de l’histoire militaire qui, plus spécialisés,
seront peu abordés).

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