C’est quoi ?
Un bâtiment bioclimatique est une construction qui s’adapte à son environnement.
Écologique, il s’inscrit dans le paysage et puise dans la nature de quoi fonctionner sans
l’impacter. Économique à l’usage bien qu’il soit plus coûteux à construire, il permet de
réduire considérablement les dépenses énergétiques. C’est également une structure plus
saine et confortable pour tous les usagers.
Les enjeux environnementaux
Les enjeux sont économiques et environnementaux :
- Préserver les ressources disponibles ;
- Limiter le réchauffement climatique.
Les évolutions doivent se faire tout en assurant un confort aux usagers.
Le réchauffement climatique est l'augmentation actuelle de la température de la surface
de la Terre (des terres et de l'eau) ainsi que de son atmosphère. Les températures
moyennes dans le monde entier ont augmenté de 0,75°C au cours des 100 dernières
années. Environ les deux tiers de cette augmentation se sont produits au cours des trois
dernières décennies.
Le réchauffement climatique nuit à de nombreux endroits autour du monde. Il accélère la
fonte des calottes polaires, du pergélisol et des glaciers, cela ayant pour conséquence un
accroissement de la moyenne des niveaux de mer. De plus, il modifie les précipitations et
les phénomènes météorologiques dans de nombreux endroits différents, rendant ainsi
certains endroits plus secs, avec des périodes plus intenses de sécheresse et, en même
temps, d'autres endroits plus humides, avec des tempêtes plus fortes et des inondations.
Ces changements ont affecté la nature ainsi que la société humaine et continueront
d’entraîner des répercussions qui seront de plus en plus graves si les émissions de gaz à
effet de serre continuent de croître au même rythme qu'aujourd'hui. La cause du
réchauffement climatique est la quantité croissante de gaz à effet de serre dans notre
atmosphère ; ces gaz sont produits par les activités humaines telles que la combustion de
combustibles fossiles et la déforestation. Ces activités produisent de grandes quantités
d’émissions de gaz à effet de serre, provoquant ainsi le réchauffement climatique.
Origine de l'accroissement de la concentration des principaux gaz à effet de serre
(dioxyde de carbone, méthane, l'oxyde nitreux et gaz fluorés) :
- La majorité des émissions de dioxyde de carbone d'origine humaine provient dela
combustion des combustibles fossiles tels que le charbon et le pétrole, pourque les
humains puissent alimenter divers véhicules et machines, demeurer au chaud et
créer de l'électricité. D'autres sources importantes proviennent de changements
dans l'utilisation des terres (par ex. la déforestation) et de l’industrie (par ex. la
production de ciment).
- Le méthane est créé par les humains lors de la production et de l'utilisation de
combustibles fossiles, de l'élevage et de la culture de riz, et de la fermentation des
décharges.
- Les émissions d'oxydes d'azote sont principalement causées par l'utilisation
d'engrais synthétiques pour l'agriculture, par la combustion de combustibles
fossiles et par la gestion du fumier d'élevage.
- Les gaz fluorés sont utilisés principalement dans les applications de réfrigération,
de refroidissement et de fabrication.
Les effets du réchauffement climatique sont :
- La désertification : l'accroissement des températures dans le monde rend les
zones arides et semi-arides encore plus sèches qu'avant.
- L'augmentation la fonte des neiges et des glaces : autour du monde, la neige et la
glace sont en train de fondre à un rythme beaucoup plus rapide que dans le passé.
Cela a été remarqué dans les Alpes, l'Himalaya, les Andes, les Rocheuses, l'Alaska
et l'Afrique, mais plus particulièrement dans les pôles. La calotte polaire est en
train de fondre au rythme de 9% par décennie, et l'épaisseur de la glace arctique
a diminué de 40% depuis les années 1960. Au cours des 30 dernières années, plus
de 2,5 millions de kilomètres carrés de glace de mer a disparu, une superficie
équivalente à la taille de la Norvège, du Danemark et de la Suède réunis.
- L'élévation du niveau de la mer : la fonte des glaces de l'Antarctique pourrait faire
monter le niveau des mers de plus d'un mètre d'ici 2100, et de 15 mètres d'ici
2500, selon une étude américaine
- L'intensification de la force des ouragans et des cyclones
Les échanges de chaleur
Lorsqu'on chauffe une substance, on doit donc lui donner de l'énergie afin que ses
particules bougent plus rapidement.
Il existe 3 types d’échanges de chaleur :
- Conduction
- Convection
- Rayonnement, radiation thermique
Bio climatisme
Le bio climatisme consiste à utiliser l’environnement et l’énergie solaire disponible sous
forme de lumière ou de chaleur, afin de consommer le moins possible d’énergie
complémentaire pour un confort équivalent.
Il s’appuie sur :
- L’emplacement
- L’isolation
- L’orientation
- L’aménagement
Il s’agit d’allier, par ces biais, l’architecture aux potentialités du climat extérieur.
Limiter les échanges par les parois
Il est indispensable de limiter les échanges thermiques par les parois opaques :
- Améliorer l’isolation thermique
- Optimiser la compacité
- Profiter de l’environnement
L’amélioration de l’isolation thermique est liée à :
- La nature de l’isolant (λ ou r)
- L’épaisseur
Différents types d’isolants
Les isolants industriels :
- le polystyrène (PSE PSX)
- le polyuréthane (PU)
- les laines minérales (LM) :
o la laine de verre (LV)
o la laine de roche (LR)
- le verre cellulaire (exemple : foamglass)
- le béton cellulaire (exemple : multipor)
Les isolants naturels :
- ouate de cellulose
- fibres de lin ou chanvre
- laine de bois
- fibre de bois
- laine de mouton
- textile recyclé
- coton
- plumes de canard…
- la paille(λ= 0,052)
- le béton de chanvre
La compacité
L’une des principales "causes" de déperditions thermiques est liée au différentiel de
température entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment. Ces déperditions se font
principalement par conduction (en fonction de la résistance des parois). Ainsi, à volume
équivalent, les déperditions seront d’autant plus grandes que la surface déperditive
(enveloppe du bâtiment) sera importante. Le rapport entre ces deux facteurs est appelé
coefficient de compacité (c). La forme offrant la meilleure compacité est la sphère.
Profiter de l’environnement : le soleil
La prise en compte du soleil est essentielle pour une conception bioclimatique. Il est :
- Bénéfique en saison froide,
- Mais pénalisant en saison chaude.
Pour bénéficier du soleil en hiver, il faudra donc mettre en place de grandes surfaces
vitrées au sud (si on est dans l’hémisphère nord). Il n’y aura aucun intérêt solaire à
disposer des ouvertures vitrées au nord. L’usage d’un triple vitrage au nord est conseillé.
Afin de ne pas être pénalisé par le soleil en été, il conviendra d’adopter des mesures de
protection.
Profiter de l’environnement : le vent
Le vent peut être :
- Favorable quand on veut rafraichir l’habitation ;
- Pénalisant quand on veut se protéger du froid.
La répartition des espaces
Le sud : afin de capter un maximum de lumière et de chaleur gratuite, il faut s’ouvrir au
sud. C’est ce que l’on appelle les apports passifs. Contrairement à certaines idées reçues,
il est assez facile de se protéger du soleil l’été
L’est et l’ouest : ces faces du bâtiment seront à étudier avec prudence et bon escient car
elles correspondent à une incidence quasiment perpendiculaire du soleil qui occasionne le
plus souvent une gêne visuelle ou des « surchauffes ». Bénéficier du soleil levant ou
couchant n’offre donc pas que des avantages
Le nord : c’est la partie la plus froide. Il faudra donc s’en protéger et y limiter les
ouvertures
Afin de limiter les déperditions au nord, les pièces y figurant seront de préférence des
pièces moins (ou moins longtemps) chauffées, des locaux techniques, et des pièces
présentant peu de surface vitrée (très préjudiciable au nord) :
- Garage
- Entrée, hall, placards
- Local technique (chaufferie, …),
- Cellier
- WC, salle de bain
Dans les autres directions cardinales, la disposition des pièces suivra la course du soleil.
S’il est commun de voir les pièces de jour (séjour salon) au sud, la situation Est/Ouest des
chambres et de la cuisine sont plus discutés.
L’environnement végétal et minéral
Au nord, les végétaux permettent de protéger du vent froid en saison froide. Au sud et à
l’ouest, les végétaux permettent de protéger du soleil en saison chaude. A l’inverse il faut
qu’ils aient perdus leurs feuilles en saison froide pour ne pas empêcher le rayonnement
solaire d’atteindre la construction afin de bénéficier des apports solaires.
L’utilisation de végétalisation contre les parois de la construction permet de constituer un
« manteau » qui peut être bénéfique aussi bien en période chaude qu’en période froide.
Les avantages d’une toiture-terrasse (TT) végétalisée :
Elle protège le toit des UV et des chocs thermiques et augmente donc sa durée de vie. La
protection d'une étanchéité par une végétalisation extensive augmente sa longévité
initiale (d’environ une quinzaine d’années). La toiture végétalisée possède un très grand
intérêt sur le plan de l'équilibre thermique de la construction : elle permet de garder la
chaleur en hiver et la fraîcheur en été. Elle isole du bruit. Elle améliore la qualité de l’air
car elle absorbe les poussières, certains polluants et les rejets de gaz carbonique. Elle
limite les risques d’inondation en cas de fortes pluies en retenant une partie de l’eau. Elle
filtre les eaux de pluies pour pouvoir les réemployer en usage domestique : chasses
d'eau, arrosage, etc.
Les apports solaires
Comme nous l’avons déjà vu, des baies vitrées doivent être disposées sur certaines
façades. Cela permet de bénéficier :
- De lumière naturelle
- D’énergie solaire
Les apports théoriques varient en fonction :
- Du jour de l’année
- De la latitude
- De la situation
- De l’altitude
Les couleurs
Le rayonnement solaire est :
- absorbé par la paroi opaque
- ou réfléchi.
L'absorption solaire est le phénomène naturel grâce auquel la matière capture les
photons du rayonnement solaire et les transforme en chaleur. Le coefficient d'absorption
d'une surface exprime par un nombre compris entre 0 et 1 le pourcentage de l'énergie
radiante incidente absorbée par cette surface.
Des murs et un plafond clair diminuent les besoins d’éclairage Un mur intérieur peint en
blanc renvoie dans la pièce environ 85 % de la lumière qu’il reçoit, qu’elle provienne
d’une lampe ou du jour extérieur. Il en réfléchit presque 70 % s’il est peint en jaune, mais
environ moitié moins s’il est peint en bleu. Recouvert de peinture noire, il réfléchit moins
d’un vingtième de la lumière qui lui parvient. Ainsi, plus la couleur d’une pièce est foncée,
et plus il faut de puissance lumineuse pour l’éclairer. On devra aussi allumer les lampes
plus tôt dans la soirée, et les éteindre plus tard dans la matinée.
Les menuiseries extérieures
Les menuiseries extérieures sont composées :
- d’une huisserie fixe + mobile
- d’un vitrage
- d’occultations (volets, stores, …)
La qualité des menuiseries extérieures dépendra :
- de la qualité intrinsèque de chaque composant
- de la qualité d’assemblage
- de la qualité de mise en œuvre
Concernant les vitrages, il existe du simple vitrage, du double vitrage et du triple vitrage.
Ce dernier est le plus performant ; il a été développé pour les BBC et les bâtiments
passifs ou positifs. Pour que le vitrage soit plus performant, la lame d’air n’est pas
remplie avec de l’air mais avec des gaz plus performants comme l’argon ou parfois le
krypton.
Les puits de lumière
Un puits de lumière est une ouverture zénithale vitrée (au plafond) qui permet de laisser
passer la lumière du jour et de la diffuser à l’intérieur du bâtiment. Il est constitué d’une
vitre ou d’un dôme collecteur de lumière naturelle et d’un diffuseur (qui est souvent une
paroi blanche).
Les serres bioclimatiques
Principe de la serre en saison de chauffage. La serre peut avoir plusieurs fonctions :
- un espace tampon entre l'extérieur et le bâtiment à chauffer : protection contre le
vent, réduction d'amplitude thermique entre l'intérieur et l'extérieur (en hiver la
température intérieure est toujours supérieure à la température extérieure),
- un espace valorisant les apports solaires,
- un espace améliorant le confort en créant une nouvelle pièce agréable à vivre
(véranda )
Ainsi l'énergie solaire reçue par la serre peut être :
- stockée par les parois adjacentes et rayonnée à l'intérieur du local par celles-ci (la
réglementation parle de serres passives),
- restituée pour préchauffer l'air neuf grâce à la VMC,
- restituée par l'intermédiaire de l'air chaud de la serre qui est injecté dans une
partie de l'habitation à chauffer avec une ventilation forcée qui démarre quand la
température de l'air de la serre est supérieure à une température de consigne ou à
la température des pièces adjacentes.