RAPPORT - LANDRY - Final A Imprimer - 29 - 07 - 2024
RAPPORT - LANDRY - Final A Imprimer - 29 - 07 - 2024
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INSTITUT DES SCIENCES DE Unité –Progrès-Justice
L’ENVIRONNEMENT ET DU
DEVELOPPEMENT RURAL (ISEDR)
BP : 176 Dédougou
Tél.: (+226) 20521270
Fax: (+226) 20521270
Sous l’encadrement de :
• Dr Sié Hermann POODA, Maître-Assistant à l’Université Daniel
OUEZZIN COULIBALY
• Monsieur Michel OUEDRAOGO, Conseiller d’élevage à la
DPARAH/Bam
• Monsieur Issouf ZERBO, Ingénieur d’agriculture à la DPARAH/BAM
Année académique……………………………………………………2022-2023
DEDICACE
I
REMERCIEMENTS
J’adresse mes remerciements à tous ceux qui ont contribué d’une manière ou d’une autre
au bon déroulement de mon stage et à l’élaboration de ce rapport, plus particulièrement :
✓ au Professeur Aboudramane GUIRO, président de l’Université Daniel Ouezzin
Coulibaly de Dédougou pour leur engagement dans la formation des étudiants ;
✓ au Docteur Modou SERE, directeur de l’Institut des Sciences de l’Environnement et
du Développement Rural ; au Dr Adama ZONGO son adjoint pour leurs conseils, le
sacrifice et les efforts consentis pour la formation des étudiants ;
✓ au corps professoral et à l’ensemble du personnel de l’Université Daniel OUEZZIN
COULIBALY pour leur engagement dans la formation des étudiants ;
✓ au Docteur Sié Hermann POODA, Maître-Assistant à l’Université Daniel
OUEZZIN COULIBALY, notre directeur de mémoire pour leur disponibilité et
leurs conseils à notre endroit ;
✓ à monsieur Basba YANOGO, le Directeur Provincial de l’Agriculture, des Ressources
Animales et Halieutiques du Bam pour nous avoir accepté dans leur structure ;
✓ à monsieur Michel OUEDRAOGO, conseiller d’élevage notre maitre de stage pour
son accompagnement ;
✓ à monsieur Issouf ZERBO, chef de Service Provincial des Etudes et des Statistiques
Sectorielles, notre co-maître de stage qui, malgré ses multiples occupations, a toujours
répondu présent à chaque fois que le besoin s’est fait sentir ;
II
TABLE DE MATIERES
DEDICACE ................................................................................................................................................. I
REMERCIEMENTS ................................................................................................................................ II
ABSTRACT........................................................................................................................................... VIII
INTRODUCTION ..................................................................................................................................... 1
III
CHAPITRE III : RESULTATS ET DISCUSSIONS ............................................................................ 19
3.1.2. DONNEES TECHNIQUES SUR LES RACES AINSI QUE LES PERFORMANCES DE
PRODUCTION ET DE REPRODUCTION DES PORCS ........................................................................ 21
BIBLIOGRAPHIE................................................................................................................................... IX
ANNEXE .................................................................................................................................................. XI
IV
LISTE DES FIGURES
Figure 5: Matériaux utilisés pour la construction du mur (A) et comme toiture (B) .......... 24
Figure 8: Photo de Commelina benghalensis utilisé pour alimenter les porcs .................... 26
Tableau I: Les différents besoins chez le porc par poids et selon l'état physiologique et
l’âge de l’animal ............................................................................................................ 9
Tableau IV: Les types de porcheries constatés dans les exploitations ................................ 23
V
SIGLES, ACRONYMES ET ABREVIATIONS
• % : Pourcentage
• Ca : Calcium
• Cl : Chlore
• CMV : Complément Minéral Vitaminé
• Cyst : Cystéine
• DPARAH : Direction Provinciale de l’Agriculture, des Ressources Animales et
Halieutiques
• ENEC : Enquête National sur l’Effectif du Cheptel
• FAO: Food and Agriculture Organization
• FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine
• G : Gramme
• GMQ : Gain Moyen Quotidien
• J : Jour
• kg : Kilogramme
• MAT : Matière Azotée Totale
• MRA : Ministère des Ressources Animales
• Mth : Méthionine
• Na : Sodium
• ONG : organisations non gouvernementales
• P : Phosphore
• PAPISE : Plan d’action et Programmes d’Investissement du Secteur d’Elevage
• PPA : Peste Porcine Africaine
• SAF : Service Administratif et Financier
• SDARAH : Services Départementaux de l’Agriculture, des Ressources Animales et
Halieutiques
• SPAADI : Service Provincial de Aménagements Agro-Pastoraux et du
Développement de l’Irrigation
• SPESS : Service provincial des Etudes et des Statistiques Sectorielles
• SPFOMR : Service provincial du Foncier Rural, de la Formation et de
l’Organisation du Monde Rural
• SPPA : Service Provincial des Productions Animales
• SPPER : Service provincial de la Promotion de l’Economie Rurale
• SPPV : Service Provincial de Productions Végétales
• SPRH : Service Provincial des Ressources Halieutiques
• SPSV : Service Provincial des Services Vétérinaires
• U.F : Unité Fourragère
• UAT : Unité d’Animation Technique
• BAF : Bureau Administratif et Financier
VI
RESUME
Notre étude avait pour objectif principal de mettre à la disposition des acteurs de la filière
porcine des données techniques et économiques sur les élevages de porcs dans la comme de
Kongoussi. Pour ce faire, une analyse de la production porcine a été réalisée dans ladite
commune à travers des enquêtes auprès de 60 élevages choisis de façon aléatoire. A travers
cela, nous avons collecté des données concernant le profil des producteurs, leurs pratiques,
les performances zootechniques et socioéconomiques. Les éleveurs sont en majorité des
chrétiennes exerçant d’autres activités et qui exercent l’élevage des porcs comme activité
secondaire. Les porcheries sont soit semi-modernes soit traditionnel. L’alimentation est à
base de drêches de dolo et de son de maïs qui sont utilisées dans la majorité des élevages.
La race locale est celle prédominante dans les élevages porcins de la commune et les races
améliorées sont peu utilisées. La taille moyenne de troupeau est de 16 porcs. L’âge moyen à
la première mise-bas est d’environ 18,5 mois et le nombre de mise-bas par an varie de 1 à 2.
La productivité moyenne par femelle par portée est de 10 porcelets. L’âge moyen au sevrage
est de 3,5 mois. Beaucoup d’éleveurs pratiques la castration a environ 5 mois. Les
pathologies récurrentes sont les parasitoses externes et les maladies digestives à l’origine de
la diarrhée. Les éleveurs utilisent certaines plantes pour traiter leurs animaux. Dans cette
zone, les ventes des porcs sur pieds se font à l’estime et non par kilogramme et montre une
certaine rentabilité bien que faible due à la gestion. Les stratégies d’amélioration devraient
s’orienter vers l’organisation, la responsabilisation et l’encadrement des acteurs pour une
meilleure gestion de la production pour un développement de cet élevage.
VII
ABSTRACT
Our main objective is to provide technical and economic data to the stakeholders of the
pig farming sector, which can be used for managing pig farms. This is an analysis of pig
production in the commune of Kongoussi. To achieve this, we conducted surveys with
producers on a randomly selected sample of 60 farms. Through this, we collected data on
the profiles of producers, their practices, and their zootechnical and socioeconomic
performances. Most of the farmers are Christians who engage in other activities and practice
pig farming as a secondary activity. The pigsties are either semi-modern or traditional.
Feeding is based on dolo dregs and maize bran, which are used in the majority of the farms.
The local breed is predominant in the pig farms of the commune, while improved breeds are
rarely used. The average herd size is 16 pigs. The average age at first farrowing is around
18.5 months, and the number of farrowings per year varies from 1 to 2. The average
productivity per female per litter is 10 piglets. The average weaning age is 3.5 months. Many
farmers practice castration at around 5 months. Recurrent pathologies include external
parasitosis and digestive diseases causing diarrhea. There some plants that breeders use to
treat their animals. In this area, pigs are sold by estimation rather than by weight, which
shows a certain profitability, although low, due to management issues. Improvement
strategies should focus on the organization, accountability, and support of stakeholders for
better management of production and development of this farming sector.
VIII
INTRODUCTION
Une des solutions pour répondre à cette demande est l’intensification des élevages
d’animaux à cycle court dont celui des porcs qui présente un effectif national estimé à
2 255 000 têtes avec une consommation moyenne annuelle estimée à 181 141 carcasses
(MRA, 2012). L’élevage des porcs, notamment, est une des activités rentables, en plein essor
ces dernières décennies. Le nombre de tête de porc au Burkina Faso est passée de 1 963 000
en 2005 à 2 346 000 en 2014. Soit une croissance de 19,5% en dix ans. En 2014, 196 000
porcs ont été abattus pour 4458 tonnes de viande écoulées sur le marché national (MRA,
2014).
L'élevage porcin joue un rôle essentiel dans l'économie agricole du Burkina Faso,
contribuant de manière significative à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance
des populations rurales. Son rôle dans certaines communautés, et notamment les petites
exploitations familiales, va bien au-delà de la production de viande et de la génération de
revenus. Dans certains milieux culturels les porcs constituent la principale source de revenus
pour les femmes ou les groupes marginalisés de la société (FAO, 2012).
Toutefois, il est crucial de noter que cette activité demeure principalement traditionnelle,
ce qui se traduit par un manque criard de données techniques et économiques concernant cet
élevage dans certaines zones de notre pays. Cette lacune entrave la mise en place de
1
politiques et de pratiques optimisées pour favoriser la croissance et la pérennité de cette
filière essentielle.
Dans ce contexte, notre étude s'inscrit dans une démarche d'évaluation technico-
économique visant à approfondir notre compréhension de l'élevage porcin au sein de la
commune de Kongoussi. Notre objectif global est d'analyser la production porcine dans cette
localité. De façon spécifique, nous nous attacherons tout d'abord à caractériser les élevages
porcins sur le plan socioéconomique, afin de mieux appréhender les dynamiques locales et
les enjeux auxquels sont confrontés les éleveurs. Ensuite, nous entreprendrons la collecte de
données techniques sur les performances de production et de reproduction des porcs. Enfin,
il s’agira de mener une analyse rigoureuse de la rentabilité économique des élevages de
porcs. Notre travail comprend deux parties. Une première partie décrivant le cadre de l’étude
et comprenant la synthèse bibliographique axée sur le contexte général de l’élevage porcin
au Burkina Faso ainsi que la gestion d’un élevage porcin et la présentation de la structure
d’accueil. La deuxième partie est consacrée à l’expérimentation. Elle présente les matériels
et les méthodes utilisés. Les résultats obtenus y sont indiqués et discutés également pour
terminer par une conclusion.
2
Chapitre I : CADRE DE L’ETUDE
3
I. SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
I.1. Contexte général de l’élevage porcin au Burkina Faso
Le porc de race locale avec de grandes qualités d’adaptation (PAPISE, 2003) a une bonne
résistance à la chaleur et à l’insolation. Sa grande tolérance aux irrégularités alimentaires,
au manque de soins de santé est accompagnée parfois d’une bonne fécondité (entre 10 à 12
petits par portée). Il a un corps étroit et recouvert de soies longues et grossières et est terminé
par un groin allongé, de petites oreilles à port dressé ou port horizontal. La peau est souvent
noire, parfois pie mais rarement blanche.
La race améliorée représente les animaux de races exotiques et les produits issus de leur
croissement ou des croisements entre la race améliorée et la race locale.
La race Large White est de loin la race améliorée la plus répandue au Burkina Faso. Elle
présente une bonne adaptation aux températures élevées (FAO, 2012). Son phénotype
présente une tête imposante, un chanfrein et un groin large à profil concave. Les oreilles sont
grandes, triangulaires dont le port est dressé, les membres sont solides et les jambons
imposants (Institut technique du porc , 1993). Les performances de production moyennes
de cette race sont :
4
En plus de ces deux races très répandues, il y a aussi la race Landrace qui est
généralement utilisée en croisement avec la Large White. On note également la présence
de la race Hampshire autrefois importée du Ghana, ainsi que la race Duroc que l’on
rencontre de façon plus anecdotique.
L’élevage porcin traditionnel représente 80% des cas et exploite surtout la race
locale (FAO, 2012). Ce système se rencontre dans les villages et est caractérisé par le
fait que le porc divague dans la nature et recherche lui-même sa nourriture (cueillette).
Les propriétaires apportent peu de soins à leurs animaux. Le seul moment qu’ils
trouvent pour s’occuper de leurs animaux est le matin où ils distribuent de petites
quantités de drèche, généralement de dolo et de l’eau de boisson. Les animaux subissent
une claustration saisonnière (à l’attache ou en habitat traditionnel) pendant la période
d'hivernage. La pathologie dominante dans ce type d’élevage au niveau national reste
la cysticercose ou ladrerie porcine (10% des motifs de saisie). Les parasitoses externes
(gale, tiques, poux et puces) constituent la deuxième contrainte sanitaire de l'élevage
traditionnel.
I.1.3.2. Elevage porcin dit amélioré ou en claustration permanente
L’élevage porcin dit amélioré est pratiqué dans la périphérie des grands centres
urbains de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Banfora et Tenkodogo. Selon
la (FAO, 2012), il concerne environ 15% des animaux et exploite les porcs métissés de
Korhogo plus ou moins croisés avec la race Large White importée d’Europe (France et
Belgique principalement). La conduite se fait en claustration uniquement et les porcs
sont logés dans des bâtiments dont la qualité de la construction varie considérablement
en fonction du niveau économique de l’éleveur (TRAORE, 2004). Il est caractérisé par
une distribution d’aliment accessible facilement.
L’élevage porcin en race pure pratiqué dans la périphérie des grands centres urbains
de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso concerne environ 5% de l’élevage porcin. Le porc
Large White, exploité essentiellement dans ce système, est conduit en claustration
uniquement dans les bâtiments modernes où les normes de construction et de
5
spécialisation des loges sont plus ou moins respectées. Dans ce type d’élevage,
l’aliment distribué est composé et produit directement par les fermiers.
6
Figure 1:Schémas d’une porcherie adaptée (DICK et al., 2003)
On distingue différents types de bâtiment à savoir les bâtiments traditionnels, les
bâtiments semi-moderne et les bâtiments modernes.
Le bâtiment moderne comporte plusieurs cases comprenant chacune une aire de couchage
(partie couverte), une aire d’exercice et de déjection (partie découverte).
7
I.2.2. Gestion de l’alimentation
Bien qu’étant omnivore, le porc a besoin d’un apport d’éléments nutritifs essentiels
HOLNES (1994). Son niveau de production dépend principalement de la quantité et de la
qualité des nutriments apportés dans l’alimentation. Ceux-ci doivent couvrir ses besoins.
Selon AYSSIWEDE (2004), l’aliment est le facteur le plus important du prix de revient de
la viande de porc. C’est une opération qui, faute d’être délicate, doit recevoir une attention
soutenue, sans quoi l’élevage deviendra un échec pour le producteur.
Il existe de façon générale, deux types de besoins chez les animaux : les besoins
d’entretien et les besoins de production. Ces besoins se résument en énergie, en protéines,
en minéraux, en vitamines et en eau (MHUYS et al., 2003). Ils varient en fonction du type
et de l’état physiologique de l’animal SERRES (1989). Le tableau I résume les différents
besoins chez le porc par poids et selon l’état physiologique et l’âge de l’animal.
8
Tableau I: Les différents besoins chez le porc par poids et selon l'état physiologique et l’âge de l’animal
MAT % de la Lysine Mth et Ca P
Poids Nacl
Catégories UF /j ration en
(kg) (g/j) (g/UF) Cyst (g/UF) (g/j) (g/j) (g/j)
MAT
-
Porcelets : 3 semaines 1-5 0,5 - - - - - -
5 semaines 5-10 0,7 118 22 6,2 4,4 3,3 2,7
8,8
8 semaines 10-20 1,0 204 18 6,2 7,4 5,7 5,7
8,8
9
De façon pratique, les porcelets récemment sevrés ont besoin d’une alimentation riche en
protéines (20%) pour bien démarrer et grandir normalement. Au bout de trois mois, après la
sélection (reproduction ou viande), un régime contenant environ 13% de protéines leur
suffira MHUYS et al., (2003). Les truies et cochettes gestantes auront besoin de plus de
protéines vers la fin de leur gestation, car les porcelets sont alors en train de grandir
rapidement. Quant à la truie allaitant une portée, elle a besoin d’un régime énergétique pour
pouvoir produire suffisamment de lait.
A l’âge de 3 ou 4 semaines, les porcelets sous leur mère passent par une période difficile.
Leur besoin en lait dépasse ce que la truie peut fournir, et le stock de fer dont ils disposaient
à leur naissance s’épuise. Il est donc nécessaire de leur fournir quelques aliments faciles à
digérer et un complément en fer.
Un verrat élevé pour la reproduction n’a, par contre pas besoin d’un régime exceptionnel.
Ces différents besoins sont apportés par différents types d’aliments, aussi bien d’origine
animale ou végétale. Les aliments les plus utilisés sont entre autres : les céréales et leurs
sous-produits, les racines et les tubercules, la canne à sucre et ses dérivés, la drêche de bière,
les graines oléagineuses et leurs sous-produits, les farines. Les déchets de cuisine ou de
jardin restent aussi une ressource importante (MUYS et al, 2003). Au Burkina Faso, dans
les élevages semi intensifs de la zone périurbaine, l’alimentation est principalement
composée de drêches de brasserie, de dolo, de graines de soja et de tourteaux de coton acquis
auprès des huileries ou chez les fabricants d’aliments ou les marchands, du son de maïs et
de mil achetés auprès des gérants de moulins de quartier, etc. Par contre dans les élevages
traditionnels, l’alimentation est essentiellement à base de fourrages, les restes de repas, de
drêche de bière artisanale de sorgho (dolo), de son de maïs et de mil et sans apports de
Complément Minéral Vitaminé (CMV) (FAO, 2012).
10
augmentation de son sang dans la population. Les accouplements ne se feront alors plus
qu'entre les descendants de ce reproducteur : c'est la consanguinité. La dépression
consanguine qui en résulte se traduit par une baisse de la fertilité par atrophie fœtale et par
conséquent, une augmentation de la mortinatalité (AMMOND, 1961).
L’échec de la détection des chaleurs chez la truie se traduit par des retours fréquents en
chaleur et une faible productivité numérique. Deux signes cardinaux permettent d'identifier
la femelle en chaleur. II s'agit de la tuméfaction de la vulve qui commence environ 9 jours
avant l'ovulation (AMMOND, 1961) et l'acceptation du mâle. Ce dernier signe commence
environ 30 heures avant l'ovulation et se manifeste par le réflexe d’immobilité : la femelle
prête à accepter le mâle, s'immobilise lorsqu'on exerce une pression sur son dos.
Pendant les premières semaines de vie, le porcelet dépend quasi exclusivement du lait de
la mère. L'insuffisance qualitative et quantitative du lait se traduit déjà vers la troisième
semaine par une crise d'anémie appelée "crise du vingt-unième jour". Elle peut être évitée
en administrant à la naissance, du fer aux porcelets ou en leur donnant un aliment pré-
sevrage. Les autres interventions possibles sur les porcelets sont la section des dents (pour
éviter la blessure des mamelles) et la castration. Il est conseillé de faire cette dernière
intervention dans les quinze premiers jours après la naissance et les porcelets doivent se
trouver en bonne santé et, si tel n’est pas le cas, il vaut mieux attendre qu’ils soient en forme.
Le sevrage est la rupture du cordon lacté qui se traduit par la séparation de la truie avec
sa portée. Il peut se faire de façon précoce, entre le 7ème et le 16 ème jour BRENT et al.,
(1976). Mais les problèmes inhérents au sevrage précoce (soins vétérinaires, coût élevé du
lait de remplacement, ...), font qu'il est conseillé de ne pas sevrer les porcelets avant l'âge de
7 semaines (MUYS, 2003).
11
environnement paisible ; la vaccination, le traitement préventif ; éviter les fréquentes visites
des personnes étrangères ; prévoir toujours un pédiluve à l’entrée de chaque bâtiment ; etc.
Il est utile, dans certains cas, de traiter les animaux avant que la maladie ne se soit réellement
déclarée, surtout quand il s’agit d’une maladie qui se déclare toujours à la même période de
l’année. Il est conseillé, par exemple, d’administrer un traitement préventif contre les vers
avant et après la saison des pluies PUCK et al. (1996).
Le coût de production est défini par l’ensemble des charges engagées pour la production
d’une unité d’un produit donné (REJEB GHARBI et al., 2007). Ce coût peut être spécifié
selon la nature du produit obtenu.
Le coût de production des porcelets englobe les charges d’exploitation allant du jour de
la saillie de la truie, mieux du 21ème jour après la saillie au jour du sevrage. Ces porcelets
peuvent atteindre 25kg à 42kg à la fin de la lactation variant entre 30 et 42 jours.
Le coût de production des porcs à l’engrais regroupe les charges d’exploitation qui partent
du jour du sevrage jusqu’à la vente ou à l’abattage.
Le coût de production du verrat est identique au coût de production des porcs engrais
mais il se différencie par les charges des soins vétérinaires obligatoires qui s’ajoutent, pour
ces animaux destinés à la reproduction.
La rentabilité d’un élevage est illustrée par le bénéfice de l’exploitation En terme unitaire,
ce dernier est égal au prix de vente moins le prix de revient.
L’élevage porcin est une activité dont les produits dépendent de la catégorie
d’exploitation porcine : naisseurs, engraisseurs et les exploitations naisseurs- engraisseurs.
Le fumier constitue le seul sous-produit des exploitations porcines.
12
L’étude de DOUMANA (2011) a montré que le revenu brut monétaire par animal
engraissé et vendu à 8 mois est de 29866,67 F CFA dans les bâtiments bien aménagés dans
la localité de Jagoo (Dakar) au Sénégal.
Au Burkina Faso selon l’étude de UMUTONI (2012), en considérant que le porc est
vendu à un poids moyen de 90kg à raison de 650FCFA/kg de poids vif, le porc charcutier
affiche en moyenne un bénéfice brut de 14 184 FCFA.
En conclusion à cette première partie, afin de mieux situer le contexte global de l’élevage
porcin au Burkina Faso, l’étude bibliographique donne des repères sur le développement de
l’élevage porcin, son importance socio-économique et sa gestion technico-économique.
Dans la deuxième partie, le cas spécifique des élevages de porcs de la commune de
Kongoussi est analysé afin d’en évaluer les performances technico-économiques.
13
➢ Le Service provincial du Foncier Rural, de la Formation et de l’Organisation du
Monde Rural (SPFOMR) ;
➢ Le Service provincial de la Promotion de l’Economie Rural (SPPER) ;
➢ Le Service provincial des Aménagements Agropastoraux et de Développement de
l’Irrigation (SPAADI) ;
➢ Le Service Provincial de la Production Animale (SPPA) ;
➢ Le Service Provincial des Services Vétérinaires (SPSV) ;
➢ Le service Provincial des Ressources Halieutiques (SPRH) ;
➢ Le Bureau Administratif et Financier (BAF).
14
CHAPITRE II : MATERIEL ET METHODES
15
2.1. PERIODE DE L’ETUDE ET PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE
Notre étude s’est déroulée au Burkina Faso, dans la province du Bam plus précisément
dans la commune de Kongoussi et a couvert 6 sur 7 secteurs de ladite commune. L’étude a
duré quarante-cinq jours, soit d’août à septembre 2023.
La commune urbaine de Kongoussi est localisée dans la région du Centre Nord, à 110
Km de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Chef- lieu de la province du Bam,
Kongoussi fait partie des neuf communes de cette province. Elle est située entre les
coordonnées géographiques 1°45’60’’et 1°25’39’’ de longitude Ouest et 13°35’00’’ et
13°14’22’’ de latitude Nord soit une distance de 38 km environ du Nord au Sud et 37 km
d’Est en Ouest.
2.2. MATERIEL
Nous avons utilisé une fiche d’enquête pour recueillir les différentes données. Les
données ainsi collectées ont été saisies, traitées et analysées à l’aide du logiciel SPHINX et
du tableur Microsoft EXCEL 2019. Le logiciel SPHINX nous a aussi permis de faire les
analyses statistiques descriptives (fréquence, moyenne, écart-type, minimum, maximum).
Les différentes figures ont été fait à l’aide du tableur EXCEL 2019.
2.3. METHODES
2.3.1. Echantillonnage
L’étude s’est intéressée aux éleveurs de porcs des différents secteurs de la commune de
Kongoussi. Cette commune de la province du Bam est choisie à cause de son accessibilité
sur le plan sécuritaire et de l’importance de l’élevage des porcs. Dix porcheries ont été
visitées dans chaque secteur, soit au total soixante porcheries comme taille de l’échantillon.
16
Figure 2:Cartographie de la commune de Kongoussi
Le choix des producteurs s’est fait de manière aléatoire avec à l’appui des agents des
ressources animales et halieutiques de la commune.
17
o entretien avec les éleveurs pour recueillir des informations ciblées, structurées selon
un questionnaire prédéterminé ;
o observations directes au sein de l’exploitation ;
o participation à quelques tâches dans quelques élevages en fonction de leur emploi de
travail.
Le traitement statistique des données a été conduit au moyen d’outils informatiques avec
d’abord le logiciel SPHINX pour la saisie des données recueillies auprès des éleveurs de
porcs. Ce logiciel a permis de faire aussi les analyses statistiques. Une fiche d’analyse
économique a été créée et associée à la fiche d’enquête, fiche dans laquelle sont enregistrées
les informations relatives aux charges (fixes et variables) et aux recettes des exploitations.
➢ la durée du stage qui a été brève et n’a pas permis de préparer les
producteurs pour recueillir des données économiques plus probables.
18
CHAPITRE III : RESULTATS ET DISCUSSIONS
19
3.1. RESULTATS
L’élevage porcin dans notre zone d’étude est majoritairement pratiqué par les femmes
(85%), de la religion catholique (81,65%). La plupart des producteurs, pratiquent l’élevage
sur leur propre initiative (91,70%) et le considèrent comme une activité secondaire pour
soutenir leur activité principale à l’exception de quelques-uns qui en dépendent de cette
activité. 60% des producteurs sont des adultes (30-50ans) contre 35% de producteurs âgés,
20
de plus de 50 ans et 5% de jeunes (moins de 30 ans). Sur le plan professionnel, les
agriculteurs dominent (46,7%) dans la production de porcs, suivis des commerçants (33,3%),
puis des fonctionnaires. Quelques fois des élèves et des personnes exerçant dans autres
activités sont également représentées. Une grande partie des agriculteurs font le maraichage
et les commerçants sont majoritairement des dolotières.
3.1.2. Données techniques sur les races ainsi que les performances de production et
de reproduction des porcs
La principale race exploitée est la race locale qui constitue 71,7% des races
exploitées. Les races améliorées sont également présentes dans quelques exploitations.
Il s’agit des métis ou croisées et de la race Large White (28,3%).
La taille moyenne des exploitations porcines visitées est de 16 animaux avec un maximale
de 50 et avec un total de neuf cent quatre-vingt-un (981) pour l’échantillon examiné. En
moyenne, les élevages porcins de la commune de Kongoussi sont constitués de verrats et de
truies pour la reproduction, de porcelets sevrés et de porcelets encore sous leur mère ainsi
que de porcs en engraissement. La composition globale des élevages porcins troupeau est
représentée par le tableau III.
21
Tableau III: Structure générale des élevages porcins dans la commune de Kongoussi
Effectif Effectif
Catégorie d’animaux Minimum Maximum %
total moyen
Verrats 190 3 0 20 19,3
Truies 204 3 0 26 20,8
Porcelets sous leur
310 5 0 44 31,6
mère et Porcelets sevrés
Porcs en engraissement 277 5 1 26 28,3
Total 981 16 1 116 100
Source : Enquêtes menées auprès des producteurs par OUEDRAOGO Landry.
En matière de porcheries, 48,3% des producteurs ne disposent pas d’un logement pour les
animaux. La plupart de ces éleveurs ont leurs troupeaux attachés sous les arbres ou des troncs
d’arbre sec dans des endroits peu ombrageux et non loin de leur concession. Ceux qui n’ont
pas la possibilité d’attacher leurs animaux, les laissent en divagation. Ces éleveurs
représentent 46,6% des enquêtés. En fonction de la nature de la toiture (tôle, paille, etc.), des
parois latérales (banco, ciment, brique, etc.), du sol (bétonné ou non, etc.) et autres, les
porcheries ont été classées en quatre catégories qui sont :
22
➢ Les porcheries modernes
Les porcheries dites modernes qui représentaient 6,7%, sont construites en matériaux
définitifs et bien compartimentées, des parois latérales en ciment et bien crépies, sol bien
bétonné et la toiture en tôle. Les matériaux de construction de ce genre de porcheries sont
souvent en très bon état.
Le sol intérieur de la plupart des porcheries est en terre mais quelques-unes disposent
d’un sol en ciment. Le tableau IV indique les types de porcheries constatés dans les
exploitations. Ces dernières sont montrées sur la figure 4 et les matériaux utilisés par
la figure 5.
Traditionnelle 10 16,7
Semi-moderne 18 30,0
Moderne 4 6,7
Inexistant 28 46,6
23
5,00%
23,30%
43,30%
51,70%
48,40%
23,30%
Figure 5: Matériaux utilisés pour la construction du mur (A) et comme toiture (B)
L’élevage porcin dans la commune de Kongoussi est majoritairement de type mixte, c'est-
à-dire naisseur engraisseur (90%) avec quelques-uns qui sont engraisseurs et d’autres
naisseurs avec sortie au sevrage et post-sevrage, illustré par la figure 5. La majorité (95,0%)
des producteurs ne sont pas formés. La majorité des producteurs (70,0%) pratiquent
l’élevage traditionnel (extensif). L’élevage en claustration permanente et temporaire
représente respectivement 1,7% et 28,3% des élevages et caractérise les modes moderne
(intensif) et semi-moderne (semi-intensif).
L'activité de l'exploitation porcine
9,9%
0,7% Naissance avec sortie au sevrage
28,5% Naissance avec sortie post-sevrage
Naissance et engraissement
Post-Sevrage et engraissement
Engraissement seul
35,8%
25,2%
Les systèmes d’alimentation et les rations de base utilisée par les éleveurs de porcs de la
commune de Kongoussi sont presque identiques. La ration alimentaire est distribuée chez la
24
plupart des éleveurs visités une fois par jour soit le matin, soit le soir, alors que
l’abreuvement des animaux est continu. Les aliments utilisés, comme le montre la figure 6,
sont essentiellement les déchets ménagers, la drêche de dolo, les sons de maïs et de riz et
l’herbe fraiche qui sont utilisés par une grande partie des éleveurs et ils représentent l’aliment
de base. L’herbe fraîche est également utilisée par certains éleveurs en fonction de sa
disponibilité et surtout des périodes. D’après quelques producteurs, l’herbe la plus appétée
est le Commelina benghalensis, illustrée par la figure 8. L’approvisionnement de la drêche
de dolo se fait auprès des dolotières. Le son de maïs est acheté auprès des meuniers.
L’approvisionnement en son de riz se fait dans les provenderies et marchés locaux.
Types d'aliment
17,4%
déchets ménagers
29,4% aliments adaptés
résidus de brasseries(dreches de dolo)
Son
Herbe fraiche
24,9% 1,0%
27,4%
25
Figure 8: Photo de Commelina benghalensis utilisé pour alimenter les porcs
La plupart des exploitations porcines est généralement conduite par des éleveurs n’ayant
reçu aucune formation en élevage porcin. Dans certains élevages, la conduite des activités
est assurée par des ouvriers qui effectuent des tâches qui leur sont ordonnées.
Les pratiques du sevrage et de la castration sont présentées dans le tableau V. Tous les
éleveurs ne font pas le sevrage. Environ 70% des producteurs le font et la plupart du temps
à l’âge de 3,5 mois (53,33%) et une minorité entre 3,5 à 6 mois (16,66%).
Pour ce qui est de la castration, 96,66% des producteurs de porcs castrent les verrats à des
âges différents selon l’éleveur. Des méthodes désinfections artisanales sont utilisées pour
l’opération.
26
Tableau V: Age au sevrage et à la castration
3 à 04 mois 16 26,66
Dans la plupart des élevages de porcs de la commune de Kongoussi, les chaleurs ne sont
pas contrôlées et les saillies se font de façon naturelle. Comme l’indique le tableau VI, le
nombre moyen de mise bas par femelle par an et la taille moyenne de la portée sont
respectivement de 2 et de 10 avec un âge moyen de 18,5 mois à la première mise-bas. Ces
paramètres varient en fonction des types d’élevage, plus l’élevage est encadré de bonnes
pratiques et conditions, plus la portée est conséquente et la précocité peut en dépendre
également.
27
Tableau VI: Paramètres de reproduction
Les pathologies les plus fréquentes dans les exploitations porcines de la localité sont les
parasitoses externes et les maladies digestives à l’origine de la diarrhée. Les cas des
parasitoses internes sont rares car beaucoup d’éleveurs font un déparasitage régulier. Aussi,
la quasi-totalité des éleveurs ont reconnu l’état d’endémicité actuel des maladies porcines
telles que la peste porcine africaine (PPA), la brucellose qui ravagent de plus en plus. On
observe également de cas des malformations congénitales.
28
3.1.2.6.3. Soins pour les porcelets
La plupart des éleveurs ne donnent pas de soins particuliers aux porcelets. Cependant
nous avons pu constater dans deux (02) élevages modernes que les porcelets reçoivent des
soins particuliers comme suit dans le tableau VII.
Les animaux sont dans la plupart des cas vendus à la ferme et achetés par les
acheteurs/revendeurs et les transformateurs. Dans quelques cas exceptionnels ou les animaux
sont convoyés à Ouagadougou ou les prix sont fixés en fonction du poids de l’animal et plus
confortables pour les producteurs et allant de 150 000 FCFA à 250 000 FCFA. La vente
concerne des porcs engraissés, des porcelets et des porcs reproducteurs. Les animaux
engraissés sont vendus à vue d’œil et non au poids de l’animal pour la plupart des élevages.
Le prix du porc est fixé en se basant sur la taille et la conformation de l’animal. Pour
quelques-uns des élevages modernes, les animaux sont vendus par kg d’animal abattu et le
prix du kg de viande est de 1 500FCFA. L’abattage est généralement assuré par un ami ou
proche de l’éleveur et rémunéré par un morceau de viande ou par une somme non-fixée.
29
ménages. Il s’agit d’une source de revenus stable et facilement mobilisable. L’élevage
contribue pour une part très importante au budget de la famille. Quand la vente est réalisée,
le règlement s’effectue immédiatement en espèces ou par chèque quand il s’agit de la mine.
Tous les élevages sont financés sur fonds propres à 100%.
3.2. DISCUSSIONS
Nos résultats montrent également que l’élevage des porcs est une activité secondaire pour
ceux qui le font car la majorité sont des agriculteurs et autres catégories de personnes
exerçant dans autres activités car il n’y a pas d’éleveurs à plein temps. Ces résultats sont en
adéquation avec ceux obtenus par la FAO (2012) au Burkina Faso qui a montré que les
promoteurs de l’élevage porcin commercial provenaient de diverses catégories
professionnelles.
30
3.2.2. Données techniques sur les performances de production et de reproduction
des porcs
3.2.2.1. Races exploitées
Les porcs élevés dans les exploitations visitées sont pour la plupart de race locale (71,7%).
Les races exotiques ou améliorées ne représentent que 28,3%. Cette différence significative
pourrait s’expliquer par le fait que l’étude s’est réalisée en milieu rural où l’élevage
traditionnel est dominant. Des études réalisées par ABDALLAH (1997) et HUMBERT
(2006), respectivement, en Centrafrique, et à Madagascar selon lesquels la race locale était
prédominante ont révélé les mêmes tendances. Cependant, ils sont différents de ceux obtenus
par PAPISSE (2003) au Burkina Faso selon lesquels pour l’élevage à but commercial utilise
plus les races améliorées.
L’effectif moyen du troupeau (16 porcs) est relativement faible dans les exploitations
visitées. Cela s’expliquerait par le fait que l’étude s’est réalisée dans un milieu où l’élevage
de type familial est dominant. Ces résultats concordent avec ceux obtenus par MOPATE et
al. (2010) en Afrique centrale. Par contre cette même taille reste nettement inférieure à celle
rapportée par TRABITRA (2009) en Côte d’Ivoire où l’élevage porcin est considéré
purement comme une entreprise. Quant à la composition globale, nos résultats montrent un
effectif important porcelets non sevrés et sevrés soit en engraissement soit réservés pour la
reproduction et de suivi des truies. Ce qui indiquerait que les éleveurs de porcs misent surtout
sur la reproduction de leur élevage, en maximisant sur le nombre de truies. En effet, la
reproductibilité d’un système d’élevage est surtout assurée par les femelles reproductrices.
Ces résultats concordent avec ceux de MOPATE et al. (2010) en Afrique Centrale, de
MISSOHOU et al. (2001) au Sénégal, mais sont contraires à ceux obtenus par DJIMENOU
et al. (2017) sur le nombre de truies en reproduction par élevage en milieu paysan. Nos
résultats sur la composition globale des élevages porcins montrent également un effectif
important des porcs en engraissement, ce qui s’expliquerait par le fait que dans les porcheries
visitées, la majorité des éleveurs font l’engraissement même si cela est à petite échelle
(28,3%). Ces résultats concordent avec celles de BULDGEN et al. (1994) au Sénégal, de
DEKA et al. (1998) au Bénin, de MISSOHOU et al. (2001) au Sénégal et de TRABITRA
(2009) en Côte d’Ivoire. Selon eux les élevages sont majoritairement engraisseurs.
31
3.2.2.3. Type de porcherie, mode et système de production
Nos résultats montrent que 48,3% ne disposent pas de logements pour leurs animaux.
Ceux qui en possèdent, il s’agit de porcheries traditionnelles (16,7%), semi-modernes (30%)
et très rarement de porcheries modernes (6,7%) et surtout caractérisées par l’utilisation des
matériaux locaux. Ces observations concordent avec celles observées par la FAO (2012) qui
souligne la prédominance des matériaux locaux dans la construction des porcheries et que le
type de porcherie dominante dans les régions périurbaines est de type amélioré. Selon
MOPATE et al. (2010) dans ce même sens, la prédominance des matériaux locaux dans la
construction de porcheries de type traditionnel est une caractéristique des porcheries dans
les milieux paysans.
3.2.2.4. Type, mode et systèmes de production
Nos résultats révèlent que le type mixte c’est à dire naisseur-engraisseur est dominant,
car selon les femmes c’est ce qui est rentable. De plus le mode d’élevage qui prédomine est
le mode traditionnel ou extensif (70,0%). Ce résultat concorde avec les résultats de
AYSSIWEDE (2004) dans lesquels le système traditionnel est surtout rencontré en milieu
paysan. Mais ils sont différents de ceux obtenus par UMUTONI (2012) au Burkina Faso et
TRABITRA (2009) en Côte d’Ivoire où les modes semi-intensif et intensif étaient
dominants par rapport au mode traditionnel.
3.2.2.5. Alimentation des porcs
L’alimentation des porcs est basée essentiellement sur les produits locaux d’origines
diverses tels que les déchets ménagers, les aliments adaptés, les résidus de brasseries, les
sons et l’herbe fraiche pour 99% de producteurs. Cela converge vers les résultats rapportés
par la PAPISE (2003) et la FAO (2012) dans le même pays.
D’après nos résultats, l’âge au sevrage est de 3,5 mois se justifiant par le mode d’élevage.
Cet âge, concorde avec celui obtenu par MOPATE et al. (2010) en milieu paysan d’Afrique
Centrale où les éleveurs pratiquent le mode traditionnel. Il est différent de ceux obtenus par
UMUTONI (2012) au Burkina Faso. La castration est pratiquée à partir de l'âge de 5 mois.
Ces résultats sont similaires à ceux de DJIMENOU et al. (2017) ; LOGTENE et al. (2009)
en Afrique centrale. Ils sont différents de ceux de UMUTONI (2012) au Burkina Faso et
32
aux recommandations de DICK et al. (2003) qui proposent la castration des porcelets dans
les quinze premiers jours après la naissance.
Nos résultats révèlent que l’âge moyen à la première mise bas de 12 mois chez la truie
corrobore les résultats de MISSOHOU et al. (1999), de MOPATE et al. (2010) et de
DOUMANA (2011) respectivement au Togo, en Afrique centrale et au Sénégal. Il est
toutefois inférieur à l’âge trouvé par ABDALLAH (1997) respectivement à Madagascar et
en Centrafrique. La productivité numérique moyenne est de 10 porcelets par truie par mise
bas, elle est plus élevée que celle trouvée par d’autres auteurs 8,3 au Togo MISSOHOU et
al., (1999) ; 5,74 au Bénin YOUSSAO et al. (2006), 7,2 en Afrique Centrale MOPATE et
al. (2010) et 6,73 au Sénégal DOUMANA (2011). Cette différence s’expliquerait par la
différence des conditions d’élevage.
Du point de vue sanitaire, nos résultats ont révélé des parasitoses externes et des diarrhées
qui sont les deux principales pathologies constatées dans les élevages de la commune de
Kongoussi. En effet, peu d’éleveurs s’intéressent à la santé de leurs animaux. Cela peut se
traduire par le manque de suivi sanitaire particulier, mais aussi par des programmes de
déparasitage des animaux qui ne sont pas bien respectés. Les mêmes entraves sanitaires ont
été observées dans les élevages périurbains de Cotonou et d’Abomey-Calavi au Bénin et les
élevages de Côte d’Ivoire, respectivement par YOUSSAO (2006) et TRABITRA (2009).
33
Conclusion et perspectives
34
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ses-resultats/
X
ANNEXE
AOUT-SEPTEMBRE – ETUDES
XI
XII
CFA) /mois
XIII