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Théories de la personnalité en psychologie

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PSYCHOLOGIE CLINIQUE

Dr OVAMBE
Psychologue clinicien
Psychothérapeute

CHAPITRE 1 : LA PERSONNALITE

INTRODUCTION

La personnalité est un domaine à part en psychologie de par son importance, elle est
souvent considérée comme la clé de voûte de la nature humaine. Dans le langage usuel, les
termes « tempérament » et « caractère » sont souvent utilisés comme synonymes de «
personnalité », mais seul ce dernier terme est considéré dans le champ scientifique. La
personnalité est « une caractéristique relativement stable et générale de la manière d’être
d’une personne dans sa façon de réagir aux situations dans lesquelles elle se trouve. »
Reuchlin (1991). Les théories de la personnalité peuvent être classées en deux catégories. Les
théories structurales qui décrivent la structure de la personnalité. Les théories dynamiques qui
décrivent le fonctionnement de la personnalité.

1. LES THEORIES STRUCTURALES DE LA PERSONNALITE


1.1.La théorie des types
Un type est une catégorie de personnes qui se ressemblent sur un grand nombre de
caractéristiques, qui se différencient d’une autre catégorie de personnes. Une typologie est
donc un ensemble de catégories. Le type s’oppose à la dimension. Le type est une variable
discrète (ex : homme-femme, droitier-gaucher). La dimension est variable continue (ex : la
taille, l’intelligence).

L’approche typologique a toujours été très répandue car elle est très simplificatrice.
On range les personnes dans des boîtes. Le modèle typologique le plus célèbre est celui de
Jung (1921), il donne lieu à un questionnaire de personnalité, le MBTI.

1.1.1. La typologie des tempéraments d’Hippocrate


Elle est basée sur la dominance de l’un des quatre humeurs dans l’organisme de
l’individu. Il s’agit du sang, de la lymphe, de la bile noire et de la bile jaune.

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- le mélancolique : rumineur, replié, émotif, peu sociable
- le flegmatique : calme, lent, modéré, sensible à la douleur
- le colérique : agressif, irritable, volontaire, logique
- le sanguin : bon vivant, optimiste, sociable, excessif

1.1.2. La typologie de Sheldon


La typologie est basée sur la morphologie de l’individu.
- l’ectomorphe : maigre, sensible, introverti

- l’endomorphe : rond, décontracté, tolérant

- le mésomorphe : athlétique, actif, prend des risques

1.2. La théorie des traits

C’est la théorie correspondant à l’approche différentielle de la personnalité. Elle décrit


la structure de la personnalité au moyen de dimensions plutôt que de catégories. Un trait de
personnalité détermine des pensées, des sentiments, des comportements. C’est une dimension
suivant laquelle les individus se différencient. Elle est stable dans le temps (stabilité
temporelle) et entre les situations (stabilité situationnelle).

1.2.1. Le modèle de Cattell

Pour Cattell, la meilleure méthode pour élaborer une vraie théorie de la personnalité
est l’analyse factorielle. Il existe 3 types de données :

- Les données biographiques : données issues de l’observation du comportement


d’un sujet dans son environnement naturel (ex: habitudes alimentaires), et données issues
d’une évaluation du sujet par des observateurs (hétéro-évaluation). Ex: demander aux parents
de Marie si elle est persévérante
- Les données de questionnaires : réponses fournies par un sujet lui-même (auto-
évaluation) ex: demander à Marie si elle est persévérante
- Les données de tests objectifs : données objectives issues de l’observation du
comportement d’un sujet dans une situation standardisée. Ex : faire réaliser à Marie une tâche
fastidieuse et observer si elle persévère ou non. Le modèle de Cattell a donné lieu à un
questionnaire de personnalité appelé le 16PF.

2
1.2.2. Le modèle de Eysenck

La spécificité de l’approche d’Eysenck de la personnalité est son ancrage dans la


biologie : son modèle est psychobiologique. Les gènes n’influencent pas directement la
personnalité, ils déterminent la physiologie de l’individu, qui à son tour influence la
personnalité. Eysenck croit reconnaître l’expression pathologique de deux types de
personnalité : l’introverti (dysthymique) et l’extraverti (hystérique).

- Premier facteur : névrosisme (noté N). Névrosés : anxiété, dépression, culpabilité,


faible estime de soi, irrationalité, sur-émotivité
- Deuxième facteur : extraversion-introversion (noté E). Extravertis : sociabilité,
expressivité, enthousiasme, activité, recherche de sensation, dominance
- Troisième facteur : Psychotisme ou psychoticisme (noté P) : Le psychotisme
représente un continuum entre la conduite empathique et la conduite schizoïde (détachement
des relations sociales et froideur émotionnelle), et il serait un trait commun à toutes les
psychoses.
Le modèle de Eysenck est donc aussi appelé modèle PEN.

2. LES THEORIES DYNAMIQUES DE LA PERSONNALITE


2.1.La théorie humaniste
L’essor de la psychologie humaniste dans les années 1950 est dû au rejet du
béhaviorisme (trop réducteur) et de la psychanalyse (trop centrée sur la pathologie). En
psychothérapie, il vaut mieux promouvoir les qualités individuelles du patient plutôt que le
considérer comme un « sac de symptômes »

Abraham Maslow et Carl Rogers ont étudié le développement de la personne. Celui-ci


serait dirigé par l’actualisation de soi : tendance à exploiter toutes ses potentialités et à faire
de son mieux pour se réaliser. La personnalité des individus qui parviennent à se réaliser
présenterait 4 caractéristiques : une conscience profonde de soi et du monde, le réalisme,
l’acceptation du monde, et l’agréabilité.

2.2.La théorie psychanalytique


- Stade oral (0-1an) : C’est la bouche qui durant cette période apporte le plus de satisfaction
à l’enfant ne serait-ce parce qu’elle permet de satisfaire au premier besoin qui est la nutrition.
Peu à peu sucer mâchouiller, mordre, manger et embrasser permettent de réduire les tensions.

3
- Stade anal (1-3ans) : C’est un moment ou l’enfant devient de plus en plus sensible à la
région anale, c’est également le moment où les parents mettent en place des habitudes de
propretés, souvenez-vous ce que l’on a dit à propos des facteurs externes de développement.

- Le stade phallique (3-5ans) : C’est la période où est censé se situer le complexe d’Œdipe.
Dans la théorie freudienne, cette période tient une place particulière dans l’aspect
identificatoire de la construction de la personnalité.

- Période de latence (5-11ans) : Comme son nom l’indique il semble que l’énergie sexuelle
soit relativement inactive. L’enfant construit une relation sociale élargie. Il construit
également les mécanismes de défense.

- Stade génital (11-18ans) : Les pulsions se réveillent sous l’effet de la maturation


physiologique. L’objet de fixation devient un pair en général de sexe opposé. C’est
l’ouverture vers la sexualité adulte et donc un changement dans les perceptions sociales de
l’adolescent.

CONCLUSION

La personnalité est le résultat, chez un sujet donné, de l’intégration dynamique de


composantes cognitives, pulsionnelles et émotionnelles. L’agencement de ces différents
facteurs constitue les traits de personnalité, à savoir les modalités relationnelles de la
personne. C’est la façon de percevoir le monde et de se penser dans son environnement.
L'unité fonctionnelle intégrative que constitue la personnalité présente deux caractéristiques
fondamentales. D’une part la stabilité, c’est-à-dire la personnalité contribue à la permanence
de l'individu. D’autre part l’unicité, c’est la personnalité qui rend le sujet reconnaissable,
distinct de tous les autres.

4
CHAPITRE 2 : APPAREIL PSYCHIQUE

INTRODUCTION

Lorsqu'il tente de concevoir l'appareil psychique, Sigmund Freud élabore une théorie
modulaire selon laquelle l'esprit pourrait se représenter comme une série d'organes
imaginaires aux fonctions et caractéristiques distinctes, chacun prenant part à l'activité
psychique. C'est ainsi qu'il distingue en premier lieu conscient et inconscient, puis par la
suite, opère un renouvellement en caractérisant l'esprit humain grâce aux concepts de Moi, de
Surmoi, de ça.

1. LA PREMIERE TOPIQUE (1900)


Elle est la première représentation spatiale du psychisme humain, selon Freud.
L’appareil psychique serait composé de trois systèmes (ou « lieux du psychisme ») qui
seraient en interrelation : l’inconscient, le préconscient et le conscient. Chacun de ces lieux
auraient une fonction précise

1.1. Le Conscient
C’est l’élément périphérique de l’appareil psychique : il reçoit toutes les informations
extérieures et les envoie dans l’appareil psychique. Il reçoit aussi des informations venant de
l’intérieur du psychisme (comme des souvenirs). Il est très lié à la seconde instance
psychique : le préconscient.

1.2.Le Préconscient
Le Préconscient regroupe tous les éléments qui ne sont pas présents à la conscience de
l’individu à un moment précis, mais qui sont accessibles. Il stocke sans émettre de censure, il
n’y a donc pas d’altération du contenu. Il permet à notre conscience de se concentrer sur
certaines tâches sans être parasité par des éléments indésirables à ce moment. Il nous permet
de nous adapter à la réalité au monde extérieur, on dit qu’il est régit par le principe de réalité.
Il nous permet de supporter l’insatisfaction et de remettre à plus tard des actions ou des
désirs.

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1.3.L’Inconscient
Il est séparé du reste du psychisme (le préconscient et le conscient) par une censure
très forte. Il est formé de sentiments désirs ou actes dont l’accès à la conscience est bloqué.
Ces éléments cherchent à revenir à la conscience mais ils sont refoulés par la censure. Il est
souvent le siège de désirs frappés d’interdit. Les désirs (ou pulsions) inconscients, cherchent
leur satisfaction immédiate : on dit donc que le système inconscient est régit par le principe
de plaisir.

2. LA DEUXIEME TOPIQUE (1920)


Cette deuxième façon de représenter le psychisme humain, élaborée elle aussi par Freud,
ne remet pas en cause la première mais l’enrichit. Il existerait, dans l’appareil psychique, trois
instances : Le Ça, le Moi et le Surmoi.

2.1.Le Ça
Il est le siège des pulsions et des désirs refoulés. Il a un rôle inconscient et donc
involontaire. C'est-à-dire qu’il nous est inconnu. Il apparaît avant l’éducation, par conséquent,
certains le voit comme le pôle animal de l’être humain. Le Ça n’a pas été théorisé par Freud
mais par G. Groddeck qui le définit comme ce qui se passe en nous et qui nous échappe. Il est
dominé par le principe de plaisir. Dans le Ça seront refoulés tous les éléments interdits. Il va
rentrer en conflit avec le Moi et le Surmoi.

2.2.Le Surmoi
Il possède un rôle de censeur ou de juge. Il correspond à notre conscience morale,
notre autocensure. Cette censure peut être consciente ou inconsciente. Il se forme par
l’intériorisation des interdits parentaux (durant l’enfance cf. complexe d’Œdipe) et des
6
exigences sociales. C’est par lui que s’effectue le refoulement des désirs et pulsions dans
l’inconscient. Les exigences du Surmoi peuvent être très grandes ce qui peut provoquer des
conflits avec le Moi et le Ça, et aussi des troubles de personnalité (Névroses).

2.3.Le Moi
Il est le médiateur entre le Ça, le Surmoi et la réalité. Il se constitue progressivement
au contact de la réalité. C’est le Moi qui met en place le raisonnement intellectuel objectif.
C’est aussi grâce au Moi que l’on a la perception d’être. Il doit composer avec les exigences
des autres instances (Ça et Surmoi) et le monde extérieur : Le Moi est donc dominé par le
principe de réalité. Le Moi a donc une place fragile au sein de la personnalité. Pour se
préserver, il peut utiliser la censure, cette dernière est inconsciente et adaptative. Il met aussi
en place ce que l’on nomme des mécanismes de défense (pour se préserver du conflit entre
les pulsions ou désirs du Ça et les interdits du Surmoi).

CONCLUSION

La psychanalyse a élaboré différentes représentations de l’appareil psychique, aussi appelées


topiques. Ces topiques permettent de mieux comprendre le fonctionnement du psychisme
humain. L’idée d’un appareil psychique s’est formalisée dans les travaux de Freud. Dès le
début de son œuvre, Freud va utiliser le terme d’appareil psychique pour suggérer qu’il a une
tâche à accomplir.

7
CHAPITRE 3 : LES TROUBLES DE LA PERSONNALITE

INTRODUCTION
Les traits de personnalité désignent des modalités durables d'entrer en relation avec,
de percevoir et de penser son environnement et soi-même, qui se manifestent dans un large
éventail de situations sociales et professionnelles. Les traits de personnalité ne constituent des
troubles que lorsqu'ils sont rigides et inadaptés et qu'ils causent une souffrance subjective ou
une altération significative du fonctionnement. La caractéristique essentielle d'un trouble de
la personnalité est d'être une modalité durable de l'expérience vécue et des conduites qui
dévie notablement de ce qui est attendu dans la culture de l'individu et qui se manifeste dans
au moins deux des domaines suivants : la cognition, l'affectivité, le fonctionnement
interpersonnel ou le contrôle des impulsions. Les troubles de la personnalité sont regroupés
en trois groupes fondés sur des similarités descriptives. Il s’agit du groupe A, du groupe B et
du groupe C.

1. TROUBLES DE PERSONNALITÉ DU GROUPE A

Le groupe A inclut les personnalités paranoïaques, schizoïdes et schizotypiques. Les


individus qui ont ces personnalités paraissent souvent bizarres ou excentriques.

1.1.Personnalité paranoïaque

La personnalité paranoïaque est caractérisée par une méfiance soupçonneuse


envahissante envers les autres dont les intentions sont interprétées comme malveillantes, qui
apparaît au début de l'âge adulte et est présente dans divers contextes, comme en témoignent
au moins quatre des manifestations suivantes :
(1) le sujet s'attend sans raison suffisante à ce que les autres l'exploitent, lui nuisent ou le
trompent
(2) est préoccupé par des doutes injustifiés concernant la loyauté ou la fidélité de ses amis ou
associés
(3) est réticent à se confier à autrui en raison d'une crainte injustifiée que l'information soit
utilisée de manière perfide contre lui
(4) discerne des significations cachées, humiliantes ou menaçantes dans des commentaires ou
des événements anodins
(5) garde rancune, c'est-à-dire ne pardonne pas d'être blessé, insulté ou dédaigné

8
(6) perçoit des attaques contre sa personne ou sa réputation, alors que ce n'est pas apparent
pour les autres, et est prompt à la contre-attaque ou réagit avec colère
(7) met en doute de manière répétée et sans justification la fidélité de son conjoint ou de son
partenaire sexuel.

1.2.Personnalité schizoïde

La personnalité schizoïde est caractérisée par un mode général de détachement par


rapport aux relations sociales et de restriction de la variété des expressions émotionnelles
dans les rapports avec autrui, qui apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des
contextes divers, comme en témoignent au moins
quatre des manifestations suivantes :
(1) le sujet ne recherche, ni n'apprécie, les relations proches y compris les relations
intrafamiliales
(2) choisit presque toujours des activités solitaires
(3) n'a que peu ou pas (l'intérêt pour les relations sexuelles avec d'autres personnes
(4) n'éprouve du plaisir que dans de rares activités, sinon dans aucune
(5) n'a pas d'amis proches ou de confidents, en dehors de ses parents du premier degré
(6) semble indifférent aux éloges ou à la critique d'autrui
(7) fait preuve de froideur, de détachement, ou d'émoussement de l'affectivité

1.3.Personnalité schizotypique

La personnalité schizotypique est caractérisée par un mode général de déficit social et


interpersonnel marqué par une gêne aiguë et des compétences réduites dans les relations
proches, par des distorsions cognitives et perceptuelles, et par des conduites excentriques.
Le trouble apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers,
comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes :
(1) idées de référence (à l'exception des idées délirantes de référence)
(2) croyances bizarres ou pensée magique qui influencent le comportement et qui ne sont pas
en rapport avec les normes d'un sous-groupe culturel
(3) perceptions inhabituelles, notamment illusions corporelles
(4) pensée et langage bizarres
(5) idéation méfiante ou persécutoire
(6) inadéquation ou pauvreté des affects

9
(7) comportement ou aspect bizarre, excentrique ou singulier
(8) absence d'amis proches ou de confidents en dehors des parents du premier degré
(9) anxiété excessive en situation sociale qui ne diminue pas quand le sujet se familiarise
avec la situation et qui est due à des craintes persécutoires plutôt qu'à un jugement négatif de
soi-même
2. TROUBLES DE PERSONNALITÉ DU GROUPE B

Le groupe B inclut les personnalités antisociales, borderline, histrioniques et


narcissiques. Ces sujets apparaissent souvent sous un jour théâtral, Ils sont émotifs et
capricieux.

2.1.Personnalité antisociale

La personnalité antisociale est caractérisée par un mode général de mépris et de


transgression des droits d'autrui qui survient depuis l'âge de 15 ans, comme en témoignent au
moins trois des manifestations suivantes :
(1) incapacité de se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements
légaux, comme l'indique la répétition de comportements passibles d'arrestation
(2) tendance à tromper par profit ou par plaisir, indiquée par des mensonges répétés,
l'utilisation de pseudonymes ou des escroqueries
(3) impulsivité ou incapacité à planifier à l'avance
(4) irritabilité ou agressivité, indiquées par la répétition de bagarres ou d'agressions
(5) mépris inconsidéré pour sa sécurité ou celle d'autrui
(6) irresponsabilité persistante, indiquée par l'incapacité répétée d'assumer un emploi stable
ou d'honorer des obligations financières
(7) absence de remords, indiquée par le fait d'être indifférent ou de se justifier après avoir
blessé, maltraité ou volé autrui

2.2.Personnalite borderline

La personnalité borderline est caractérisée par un mode général d'instabilité des


relations interpersonnelles, de l'image de soi et des affects avec une impulsivité marquée, qui
apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers, comme en
témoignent au moins cinq des manifestations suivantes :
(1) efforts effrénés pour éviter les abandons réels ou imaginés

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(2) mode de relations interpersonnelles instables et intenses caractérisées par l'alternance
entre des positions extrêmes d'idéalisation excessive et de dévalorisation
(3) perturbation de l'identité : instabilité marquée et persistante de l'image ou de la notion de
soi
(4) impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet
(5) répétition de comportements, de gestes ou de menaces suicidaires, ou d'automutilations
(6) instabilité affective due à une réactivité marquée de l'humeur
(7) sentiments chroniques de vide
(8) colères intenses et inappropriées ou difficulté à contrôler sa colère
(9) survenue transitoire clans des situations rie stress d'une idéation persécutoires ou de
symptômes dissociatifs sévères

2.3.Personnalité histrionique

La personnalité histrionique est caractérisée par un mode général de réponses émotionnelles


excessives et de quête d'attention, qui apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des
contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes :
(1) le sujet est mal à l'aise dans les situations où il n'est pas au centre de l'attention d'autrui
(2) l'interaction avec autrui est souvent caractérisée par un comportement de séduction
sexuelle inadaptée ou une attitude provocante
(3) expression émotionnelle superficielle et rapidement changeante
(4) utilise régulièrement son aspect physique pour attirer l'attention sur soi
(5) manière de parler trop subjective mais pauvre en détails
(6) dramatisation, théâtralisme et exagération de l'expression émotionnelle
(7) suggestibilité, est facilement influencé par autrui ou par les circonstances considère que
ses relations sont plus intimes qu'elles ne le sont en réalité.

2.4.Personnalité narcissique

La personnalité narcissique est caractérisée par un mode général de fantaisies ou de


comportements grandioses, de besoin d'être admiré et de manque d'empathie qui apparaissent
au début de l'âge adulte et sont présents dans des contextes divers, comme en témoignent au
moins cinq des manifestations suivantes :
(1) le sujet a un sens grandiose de sa propre importance

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(2) est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté ou
d'amour idéal
(3) pense être « spécial » et unique et ne pouvoir être admis ou compris que par des
institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau
(4) besoin excessif d'être admiré
(5) pense que tout lui est dû : s'attend sans raison à bénéficier d'un traitement particulièrement
favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits
(6) exploite l'autre dans les relations interpersonnelles : utilise autrui pour parvenir à ses
propres fins
(7) manque d'empathie : n'est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les
besoins d'autrui
(8) envie souvent les autres, et croit que les autres l'envient
(9) fait preuve d'attitudes et de comportements arrogants et hautains

3. TROUBLES DE PERSONNALITÉDU GROUPE C

Le groupe C inclut les personnalités évitantes, dépendantes et obsessionnelles


compulsives. Les individus ayant ces troubles semblent souvent anxieux et craintifs.

3.1.Personnalité évitante

La personnalité évitante est caractérisée par un mode général d'inhibition sociale, de


sentiments de ne pas être à la hauteur et d'hypersensibilité au jugement négatif d'autrui qui
apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers, comme en
témoignent au moins quatre des manifestations suivantes :
(1) le sujet évite les activités sociales professionnelles qui impliquent des contacts importants
avec autrui par crainte d'être critiqué, désapprouvé ou rejeté
(2) réticence à s'impliquer avec autrui à moins d'être certain d'être aimé
(3) est réservé dans les relations intimes par crainte d'être exposé à la honte ou au ridicule
(4) craint d'être critiqué ou rejeté dans les situations sociales
(5) est inhibé dans les situations interpersonnelles nouvelles à cause d'un sentiment de ne pas
être à la hauteur
(6) se perçoit comme socialement incompétent, sans attrait ou inférieur aux autres
(7) est particulièrement réticent à prendre des risques personnels ou à s'engager clans de
nouvelles activités par crainte d'éprouver de l'embarras.

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3.2.La personnalité dépendante

La personnalité dépendante est caractérisée par un besoin général et excessif d'être


pris en charge qui conduit à un comportement soumis et « collant » et à une peur de la
séparation, qui apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers,
comme en témoignent au moins cinq, les manifestations suivantes :
(1) le sujet a du mal à prendre ries décisions dans la vie courante sans être rassuré ou
conseillé de manière excessive par autrui
(2) a besoin que d'autres assument les responsabilités clans la plupart des domaines
importants de sa vie
(3) a du mal à exprimer un désaccord avec autrui de peur de perdre son soutien ou son
approbation.
(4) a du mal à initier des projets ou à faire des choses seul (par manque de confiance en son
propre jugement ou en ses propres capacités plutôt que par manque de motivation ou
d'énergie)
(5) cherche à outrance à obtenir le soutien et l'appui d'autrui, au point rie faire volontairement
des choses désagréables
(6) se sent mal à l'aise ou impuissant quand il est seul par crainte exagérée d'être incapable de
se débrouiller
(7) lorsqu'une relation proche se termine, cherche de manière urgente une autre relation qui
puisse assurer les soins et le soutien dont il a besoin
(8) est préoccupé de manière irréaliste par la crainte d'être laissé à se débrouiller seul

3.3.La personnalité obsessionnelle-compulsive

La personnalité obsessionnelle-compulsive est caractérisée par un mode général de


préoccupation par l'ordre, le perfectionnisme et le contrôle mental et interpersonnel, aux
dépens d'une souplesse, d'une ouverture et de l'efficacité qui apparaît au début de l'âge adulte
et est présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins quatre des
manifestations suivantes :
(1) préoccupations par les détails, les règles, les inventaires, l'organisation ou les plans au
point que le but principal de l'activité est perdu de vue

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(2) perfectionnisme qui entrave l'achèvement des tâches
(3) dévotion excessive pour le travail et la productivité à l'exclusion des loisirs et des amitiés
(sans que cela soit expliqué par des impératifs économiques évidents)
(4) est trop consciencieux, scrupuleux et rigide sur des questions de morale, d'éthique ou de
valeurs (sans que cela soit expliqué par une appartenance religieuse ou culturelle)
5) incapacité de jeter des objets usés ou sans utilité même si ceux-ci n'ont pas de valeur
sentimentale
(6) réticence à déléguer des tâches ou à travailler avec autrui à moins que les autres se
soumettent exactement à sa manière de faire les choses
(7) se montre avare avec l'argent pour soi-même et les autres ; l'argent est perçu comme
quelque chose qui doit être thésaurisé en vue de catastrophes futures
(8) se montre rigide et têtu

CONCLUSION
Le diagnostic de trouble de la personnalité nécessite une évaluation des modalités
durables de fonctionnement de la personne. Les traits de la personnalité qui définissent ces
troubles doivent être distingués des éléments qui apparaissent en réponse à des situations de
stress spécifiques et des états mentaux transitoires. Le clinicien doit évaluer la stabilité des
traits de personnalité dans le temps et dans différentes situations. L'évaluation peut être
compliquée par le fait que les éléments qui définissent un trouble de la personnalité ne sont
pas forcément considérés comme des problèmes par le sujet. Des informations
supplémentaires de la part de tierces personnes peuvent être utiles pour résoudre ces
difficultés.

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