Gicquel 2021
Gicquel 2021
Ce chapitre est extrait des Conférences d'enseignement 2007 et est complété par des Notes de la rédaction.
Orthopédie et traumatologie de l'enfant. À l'usage de tous les orthopédistes
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membre inférieur est alors conservé, par rapport aux réserve est intacte et seules sont touchées les zones
formes instables où l'appui est impossible [43]. prolifératives et hypertrophiques avec des irrégularités
Cette distinction entre formes stables et instables a dans l'agencement des colonnes, une perte progressive
par ailleurs un intérêt pronostique majeur, le risque de de cet agencement et une diminution du nombre de
nécrose céphalique étant comme nous le verrons inti- cellules par colonne. De plus, en cas de forme instable,
mement lié à l'instabilité. C'est cette classification que des fragments de cartilage sont libérés et la matrice
nous adopterons. extracellulaire est envahie par des éléments sanguins
Il s'agit d'une pathologie peu fréquente, dont l'inci- et un tissu inflammatoire.
dence annuelle est de l'ordre d'1 cas pour 10 000 enfants En cas de forme stable plus importante (modérée
[31]. L'âge moyen de survenue est d'un peu plus de ou sévère), la zone de réserve reste également préser-
12 ans chez le garçon et 11 ans chez la fille, l'incidence pour vée mais les zones prolifératives et hypertrophiques
cette tranche d'âge pouvant être estimée à 1 cas pour sont complètement désorganisées avec la disparition
1 000. Cette pathologie prédomine chez le garçon, avec de l'arrangement en colonnes et la présence de foyers
un sex-ratio de l'ordre de 1,65 [31]. Elle prédomine éga- d'ossification ectopiques. Une activité ostéoclastique
lement dans certaines races ou ethnies avec une fréquence et ostéoblastique intense est notée, mais non organisée,
par rapport à la race blanche, presque double en Asie, en conduisant à une ossification lamellaire irrégulière.
Polynésie ou dans les Îles du Pacifique, et quasiment Des plages de cellules cartilagineuses hyperplasiques
4 fois plus importante dans la race noire [31, 36]. ou dégénératives sont par ailleurs notées.
Une influence environnementale a été suspectée Il est important de préciser que pour Guzzanti [21],
devant une variation saisonnière et géographique de même en cas de lésions évoluées, une certaine réversi-
l'incidence de la maladie mais il est probable qu'il bilité après stabilisation du glissement existe.
s'agit simplement de biais d'analyse [31]. Il découle de ces constatations histologiques, qu'un
L'obésité est un facteur de risque important [6, 41] diagnostic précoce correspond à une atteinte moins
et d'autres facteurs hormonaux [44, 49] ou méca- sévère de la physe et probablement à une meilleure
niques [17, 28] favorisent également la survenue d'une capacité de remodelage.
épiphysiolyse.
Augmentation des contraintes
Étiopathogénie en cisaillement au niveau
Un déséquilibre entre les contraintes subies par la tête cervico-céphalique
fémorale et la résistance des moyens d'union cervico-
La principale cause est probablement le poids appli-
céphalique et de la plaque de croissance elle-même,
qué sur la tête fémorale et il a été clairement mon-
favoriserait le glissement, celui-ci se faisant à travers
tré que le risque d'épiphysiolyse augmentait avec le
la couche hypertrophique du cartilage de croissance.
poids [17] et l'indice de masse corporelle (IMC en
Les causes de ce déséquilibre ne sont pas complète-
kg/m2 = poids en kg/la taille au carré en mètre), que
ment élucidées mais on peut retenir plusieurs facteurs
ce soit en cas d'obésité vraie (IMC > 95e percentile),
favorisants agissant soit en augmentant les contraintes,
mais également en cas de surpoids avec un IMC
notamment en cisaillement, soit en diminuant la résis-
supérieur au 85e percentile [6, 40]. De plus, le risque
tance des moyens d'union.
Figure 20.1. Influence de la couverture acétabulaire et de l'orientation de la physe sur les contraintes.
en valgus chez des patients présentant à l'opposé une exposés aux dysplasies qu'à l'épiphysiolyse et ce malgré
coxa valga avec antéversion élevée [60]. un surpoids indiscutable [59]. Ce facteur couverture
L'architecture acétabulaire et notamment une cou- externe, s'il entre en jeu, est cependant probable-
verture céphalique élevée par angle de couverture ment un facteur mineur, les variations de couvertures
externe augmenté, déplacerait les contraintes en aug- n'étant pas complètement corrélées au risque sur des
mentant les efforts de cisaillement (figure 20.1). Ceci populations à risque élevé d'épiphysiolyse [36].
exposerait à un risque supérieur d'épiphysiolyse,
ce qui a été vérifié par Kitadai [28]. À l'inverse, un Faiblesse des moyens d'union
défaut de couverture exposerait peu au risque d'épi-
physiolyse et ceci semble se confirmer dans certaines Toute situation affaiblissant les moyens d'union cap-
populations comme chez les patients porteurs du sulo-périostés cervico-céphalique ou la plaque de
syndrome de Prader-Willy qui sont finalement plus croissance elle-même augmente le risque.
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Il peut s'agir d'atteintes exogènes comme une infec- d'une forme aiguë pure ou d'une forme chronique acu-
tion ou un traitement par chimiothérapie ou radiothéra- tisée. L'interrogatoire de l'enfant et de la famille sur
pie [33, 49], agissant alors par destructions des attaches la présence de douleurs de hanche dans les semaines
ou de la plaque de croissance. Ces circonstances doivent précédentes, l'analyse soigneuse des clichés radiogra-
donc rendre extrêmement attentif et faire rechercher phiques ou, comme nous le verrons, l'échographie per-
une épiphysiolyse en cas de douleur de hanche. mettront de trancher.
Il peut également s'agir d'une cause endogène liée • un tableau « typique » : il est rencontré habituelle-
généralement à un déséquilibre hormonal. Ainsi, un ment dans les formes stables chroniques. Il s'agit d'un
excès d'hormone de croissance [49, 52], un déficit en adolescent présentant une surcharge pondérale, une
hormones thyroïdiennes, un excès de parathormone boiterie et des douleurs de hanche depuis plusieurs
primitive ou secondaire par ostéodystrophie rénale semaines, le délai d'évolution moyen habituel étant
ont été incriminés [44]. Ces cas sont cependant rela- de 8 semaines [30]. Les douleurs sont inguinales ou
tivement rares et n'imposent pas un bilan hormonal inguino-crurales. La marche se fait, le membre infé-
complet devant toute épiphysiolyse [40]. rieur en rotation externe, en raison du sens du glis-
La résistance de la virole périchondrale diminue sement céphalique. L'examen retrouve une rotation
naturellement avec l'âge et surtout lors de la poussée externe de hanche automatique à la mise en flexion de
pubertaire. Cette diminution est généralement conco- la hanche. La rotation interne de hanche est nettement
mitante de la fermeture du cartilage de croissance et diminuée ou absente. Le diagnostic doit être posé ou
ne pose alors pas de problème. Un retard de matura- en tous cas fortement suspecté devant la présentation
tion osseuse en fin de croissance pubertaire, situation clinique et la radiographie comprenant une incidence
retrouvée en cas d'épiphysiolyse, est en revanche un de face et de profil des hanches le confirmera ;
facteur de risque [37]. • un tableau « piège » : la douleur est projetée au
Par ailleurs, il existe une prédisposition génétique genou. Cette gonalgie accompagne souvent la douleur
comme le prouve la prévalence chez certaines races ou de hanche mais il faut avoir à l'esprit que dans 15 %
ethnies et l'incidence plus élevée chez certains groupes des cas elle est isolée et est le premier symptôme de
tissulaires HLA, notamment HLA DR4 ou B12 [56], l'épiphysiolyse [42]. L'examen clinique du genou est
mais bien entendu d'autres groupes tissulaires peuvent normal, sans douleur déclanchée. Dans ce cas, même
être retrouvés. Une fragilité ou des anomalies de la si l'examen de hanche est normal, dans un contexte
plaque de croissance seraient ici en cause, mais il est évocateur (surcharge pondérale par exemple), il faut
difficile de savoir si les anomalies observées sur les demander une radiographie des hanches de face et de
prélèvements faits sur les plaques de croissance lors profil.
d'épiphysiolyse [2] sont la cause ou la conséquence • un tableau « fruste » : c'est la situation finalement
du glissement, et ce d'autant plus que la stabilisation la plus difficile. L'adolescent présente des douleurs
chirurgicale permet souvent d'observer un remodelage de hanche de rythme plutôt mécanique. L'examen
de la région cervicocéphalique même en cas de forme clinique peut être normal ou déclancher des douleurs
sévère, qui semble démontrer une reprise d'activité de à la mobilisation. La radiographie du bassin de face
la physe [21]. et des hanches de profil doit être demandée mais elle
ne montre pas d'anomalie. Il ne faut pas en rester au
Diagnostic diagnostic de tendinite et penser à une épiphysiolyse
diaphyse proximale, l'axe du col devant être dans le chez les patients présentant une épiphysiolyse par rap-
prolongement de l'axe diaphysaire. Il faut s'intéresser port à la population générale. Pour Barrios, un angle
à la hanche symptomatique mais également à l'autre moyen de 12° est retrouvé côté sain chez les patients
hanche de manière à ne pas négliger une épiphysiolyse présentant une épiphysiolyse unilatérale contre 5°
controlatérale asymptomatique. dans son groupe témoin [4]. Par ailleurs, la valeur
L'atteinte bilatérale est diversement appréciée et le moyenne passe à 18°, chez les patients qui feront une
taux dépend probablement de la technique de mesure épiphysiolyse bilatérale. Cette pente postérieure est un
[34]. Ainsi, ce taux dépasse 60 % par la méthode géo- facteur de risque important.
métrique décrite par Billing [7] sur une série de 95 cas. Il faut également rechercher des signes de chroni-
Si cette méthode géométrique paraît plus précise, elle cité de l'évolution que constituent des appositions
est cependant moins facile à réaliser que la méthode périostées à la face postérieure et inférieure du col et
comprenant une incidence de face et une incidence de une érosion à la face antérieure et supérieure du col.
Lauenstein. Le taux moyen d'atteinte bilatérale à rete-
nir est d'environ 25 %, Loder sur une série multicen- Bilan diagnostique complémentaire
trique de 1 630 cas l'estimant à 22 % [35] et Castro
sur 3 672 cas d'une analyse de la littérature à 26 % Lorsque la radiographie est évidente – c'est la majorité
[13]. des cas – il n'est pas nécessaire de recourir à d'autres
Pour Castro elle survient cependant, dans 2 cas sur techniques d'imagerie.
3, de façon retardée avec un pic de fréquence un an Le bilan complémentaire peut cependant être
après le premier côté [13]. Ce caractère synchrone ou demandé dans un but pronostique notamment à la
retardé de l'éventuelle atteinte de la hanche controlaté- recherche d'une nécrose ou pour mieux préciser le
rale est important à considérer dans la prise en charge caractère stable ou non.
comme nous le reverrons au paragraphe consacré à la
prévention de l'épiphysiolyse controlatérale.
Le diagnostic radiographique est difficile au début et Imagerie par résonance magnétique
il faudra rechercher sur le cliché de face un élargisse- L'examen de choix est l'IRM, qui peut faire le dia-
ment de la plaque de croissance [51] ou une hétérogé- gnostic même au stade de préglissement. La morpho-
néité au niveau métaphysaire. logie du cartilage de croissance peut être appréciée, de
Le diagnostic est simple si le glissement est plus même que son orientation.
important. Sur le cliché radiographique, de face, du Ainsi, au stade de préglissement, l'IRM mon-
coté atteint, la ligne de Klein (tangente passant par le trera un œdème médullaire au niveau du col, un
bord supérieur du col fémoral) ne coupe plus la tête élargissement avec un hyposignal en séquences
fémorale en raison du glissement inférieur de la tête. pondérées T1 avec un aspect flou sur la plaque de
L'épaisseur céphalique paraît diminuée en raison du croissance, notamment dans la zone centrale ou
glissement postérieur. Il est également possible de tra- postéro-médiale.
cer l'angle épiphyso-diaphysaire de Southwick sur le Le signal en T2 est ici normal, contrairement aux
cliché de face (figure 20.2) et en cas d'épiphysiolyse, cas de glissement avéré où un hypersignal est retrouvé
cet angle diminue [51]. au sein du cartilage de croissance et des structures
Sur le cliché de profil on retrouve une désaxation osseuses voisines, c'est-à-dire le col fémoral et l'épi-
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Figure 20.2. Épiphysiolyse de la hanche gauche. A. Radiographie de face. B. Radiographie de profil. C. Tracé de la ligne de Klein (K)
et des angles de Southwick de face (asf) et de profil (asp) ainsi que de l'angle de rétroversion céphalique (arc) avec asp = arc. D. Vis-
sage in situ par une vis canulée.
La pertinence de l'échographie est meilleure lorsque Pour Harland [23], l'angle de bascule céphalique est
le glissement est plus important ou en cas de glissement intimement corrélé à l'importance de la marche d'es-
récent mais dans ce cas le diagnostic radiographique calier avec une bascule correspondant à 5° par milli-
est déjà souvent évident [23]. Les difficultés dans mètre de hauteur de cette marche, ce qui par ailleurs
ces formes anciennes tiennent au fait que la marche est compatible avec les données de la littérature.
d'escalier s'efface par remodelage cervical rendant son L'échographie est surtout un examen pronostique
appréciation plus délicate. majeur. L'association d'une marche d'escalier dépas-
Épiphysiolyse fémorale supérieure 319
sant 2 mm et d'un épanchement est très en faveur d'un obtenue lors du positionnement du membre sur la
déplacement récent, la présence de l'épanchement étant table d'opération.
un signe d'instabilité. Cet épanchement est aisément Le risque de nécrose dans les formes instables est
rendu visible par une augmentation de la distance col- initial, lié au déplacement aigu. L'artère circonflexe
capsule de plus de 2 mm par rapport à l'autre hanche médiale, par sa branche ascendante postérieure don-
ou une distance supérieure ou égale à 6 mm [23]. nant l'artère rétinaculaire supérieure, vascularise
l'essentiel de la tête fémorale avant fusion du cartilage
de croissance. Lors du déplacement postéro-inférieur
Autres techniques céphalique, cette branche rétinaculaire supérieure se
La tomodensitométrie permet une mesure plus fine de plicature aboutissant, en cas de déplacement brutal, à
l'axe cervico-céphalique mais ne permet pas un dia- une interruption du flux sanguin, réversible en cas de
gnostic plus précoce au stade de préglissement [23]. réduction douce [39].
La scintigraphie, quant à elle, peut montrer une En cas de déplacement chronique, le risque de
augmentation de la fixation du cartilage de crois- nécrose est relativement faible, en revanche, une
sance, mais celle-ci est souvent normale. Elle est plus réduction aurait pour conséquence un étirement de
utile à visée pronostique, réalisée alors dans un délai cette branche terminale et donc une ischémie1.
de 3 à 4 semaines après l'intervention pour éliminer
les artéfacts immédiats. Une hypofixation céphalique
témoignant d'une nécrose de la tête fémorale est alors Fixation in situ
recherchée, celle-ci concernant plus les formes à grand En cas de fixation in situ (figure 20.2), celle-ci se fait
déplacement. le plus souvent par vis à l'aide d'une seule vis canu-
lée cervico-céphalique à filetage distal de diamètre
Traitement supérieur ou égal à 6,5 mm, mise par voie percutanée
sous contrôle radioscopique [9, 43]. Certes deux vis
La prise en charge de l'épiphysiolyse est chirurgicale et augmentent la stabilité mais il ne semble pas que ce
ce, dès le diagnostic. soit nécessaire même en cas de forme instable [53]. Il
Tout délai dans la prise en charge d'une forme même faut par ailleurs avoir à l'esprit que l'augmentation
stable, fait en effet courir le risque d'un déplacement du nombre de vis augmente aussi le risque de nécrose
plus important et donc majore le risque de com- et d'effraction intra-articulaire et donc, comme nous
plications [30, 47]. En attendant l'enfant est mis en le verrons, de complications liées à cette effraction.
décharge ou mieux hospitalisé. La mise en traction L'installation peut se faire indifféremment sur table
préopératoire, si elle n'a quant à elle pas d'effet prouvé normale ou orthopédique, sans traction, selon les
sur la prévention d'une ostéonécrose ou d'une chon- habitudes de chacun [8].
drolyse [25, 27], peut peut-être limiter l'aggravation La technique chirurgicale doit être précise, de
du déplacement en attendant la chirurgie, voire réduire manière à ne pas risquer d'effraction intra-arti-
une composante aiguë du déplacement. culaire qui augmente le risque de chondrolyse. Il
Concernant les formes instables, un délai thérapeu- est possible de s'aider d'une arthrographie pero-
tique inférieur à 8 heures est admis même si un risque pératoire afin de visualiser au mieux les contours
plus élevé de nécrose, passé ce délai, est discuté [43]. céphaliques. La visualisation d'une éventuelle
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cervico-diaphysaire. La vis est ensuite glissée sur Le col fémoral est alors régularisé et raccourci de
la broche après mesure et forage de la corticale manière à ôter le bec postérieur cervical et à restaurer
proximale. Un taraudage est possible mais souvent une surface cervicale orthogonale au col fémoral sur
non nécessaire. Il faut prendre la tête par au moins laquelle viendra se positionner la calotte, sans aucune
5 filets pour Carney de manière à limiter le risque tension.
de progression du glissement [11]. Pour Upasani, le La réduction est stabilisée par des broches ou par
filetage ne doit cependant pas prendre uniquement une vis canulée et une broche ou encore 2 vis canulées.
l'épiphyse mais doit ponter la physe, ce qui augmente Le grand trochanter est ensuite ostéosynthésé par vis
la stabilité [57]. Ainsi, une pénétration de 60 % de ou brochage-haubanage.
la longueur du filetage dans l'épiphyse est pour lui la Une traction postopératoire et maintenue 3 semaines
meilleure situation. et l'appui est autorisé quand la fusion cervico-cépha-
L'appui est habituellement laissé libre après l'opé- lique est acquise après 2 ou 3 mois, après contrôle
ration. En cas de composante aiguë, une mise en scintigraphique de la vitalité de l'épiphyse.
décharge de 2 à 3 semaines est habituelle.
Outre les vis canulées, il faut citer la stabilisation par
broches, qui limite le risque d'épiphysiodèse prématu- Ostéotomies de réorientation
rée et peut être proposée chez le plus jeune. Cependant trochantériennes
le risque d'effraction intra-articulaire et donc de chon- Elles limitent davantage le risque vasculaire cépha-
drolyse augmente. lique sans cependant le supprimer. Le trait d'os-
Les techniques de fixation par greffe semblent don- téotomie peut être intertrochantérien mais sera
ner de bons résultats dans les mains de leurs promo- plus souvent sous-trochantérien (ostéotomie de
teurs [1] mais sont cependant peu répandues. Elles Southwick ou d'Imhauser) [15, 26]. L'ostéotomie
peuvent peut-être trouver une place dans les formes est réalisée en parallèle avec la fixation céphalique
à déplacement important ou un vissage in situ serait mais peut aussi être réalisée à distance d'une fixa-
difficile à réaliser [40]. tion in situ.
L'ostéotomie sous-trochantérienne est réalisée par
abord latéral. Un coin à base ventrale ou ventro-laté-
Intervention de Dunn rale selon la correction désirée est retiré de la région
L'intervention de Dunn permet une reposition cépha- intertrochantérienne et la rotation est également cor-
lique par ostéotomie de soustraction cervicale dans la rigée avant fixation. Une valgo-flexion dérotation du
zone de déplacement restaurant l'axe cervico-cépha- fémur proximal est ainsi réalisée, généralement sta-
lique (figure 20.3) [16]. Décrite en 1964, cette inter- bilisée par lame plaque. L'angle de correction est au
vention n'est cependant pas dénuée de risque avec mieux calculé sur un scanner préopératoire.
12 % de nécrose pour Fron [18]. Nous rappellerons les Par ailleurs, cette ostéotomie peut être couplée [32,
grandes lignes de l'intervention [14, 48]. 54, 58] à une ostéoplastie de la proéminence cervicale
L'intervention est réalisée en décubitus dorsal avec un antérieure, visant à supprimer le conflit acétabulaire et
billot sous la fesse homolatérale ou en décubitus latéral. limiter le risque secondaire d'arthrose.
La voie d'abord est latérale ou antéro-latérale, avec ou Lorsque l'intervention est réalisée au diagnostic, la
sans trochantérotomie. Celle-ci passe par le cartilage reprise d'appui complet est ici différée dans des délais
Figure 20.3. Épiphysiolyse bilatérale, à grand déplacement à gauche. A. Clichés préopératoires. B. Intervention de Dunn sur la
hanche gauche et vissage in situ de la hanche droite.
Certains proposent cependant dans ces formes inter- risque de nécrose, sans preuve cependant de son réel
médiaires (entre 30° et 60°) de réaliser d'emblée bénéfice2 [43].
l'ostéotomie sous-trochantérienne et la fixation
céphalique [15, 26]. Prévention de l'épiphysiolyse
Au-delà de 60° de bascule, l'intervention de Dunn
trouve sa place [14, 18, 40] même si certains auteurs controlatérale
restent partisans de l'ostéotomie sous-trochantérienne La stratégie concernant la hanche controlatérale, à
[15, 26]. Cependant, la modification anatomique savoir vissage systématique ou non, est encore souvent
engendrée influe sur la répartition des contraintes débattue. La décision doit être réfléchie et doit prendre
céphaliques et la technique de Dunn est plus favorable en compte plusieurs paramètres :
qu'une ostéotomie sous-trochantérienne [61]. • le risque de bilatéralisation retardée : il peut être
Il faut rappeler qu'une tentative de réduction est ici estimé à moins d'un cas sur 5, le taux étant de 18 %
à proscrire. dans notre expérience personnelle de 100 cas consé-
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l'épiphysiolyse joue un rôle en majorant ce risque de graphie standard du bassin, de face, et des hanches,
récidive. de profil. En cas de normalité à la radiographie et si
le doute persiste, l'examen clé dans le diagnostic des
Conclusion épiphysiolyses en préglissement est l'IRM. Lorsque le
diagnostic est posé, le traitement doit être réalisé rapi-
Une douleur de hanche chez un adolescent, après l'âge dement de manière à éviter une aggravation du glisse-
de 10 ans et surtout en cas de surcharge pondérale, ment. Le traitement est le plus souvent dans les formes
doit faire évoquer une épiphysiolyse de hanche. Le stables, un vissage in situ par une vis canulée. L'inter-
diagnostic repose sur l'analyse attentive de la radio- vention de Dunn est réservée aux formes à déplacement
Épiphysiolyse fémorale supérieure 325
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