Lieux géométriques et coniques en 6ème
Lieux géométriques et coniques en 6ème
Lieux géométriques
Objectifs : Lieux géométriques 6ème 6h
Les origines de la géométrie remontent aux Babyloniens et aux Egyptiens (2000 ans avant
notre ère). Le théorème dit «de Pythagore» est déjà connu dans des cas particuliers. Sur des
tablettes babyloniennes, on a retrouvé des problèmes à caractère géométrique (calculs d’aires)
dont la résolution passe par l’algèbre (équations du second degré).
Pour l’historien grec Hérodote (-484 ; -425), la géométrie est un don du Nil. Il faut dire
également qu'à cette époque et durant tout le Ier millénaire de notre ère, la géométrie se
confond avec les mathématiques puisque tout problème mathématique passe, pour sa
résolution, par des concepts et des représentations géométriques.
Définition : Un lieu géométrique est un ensemble de points qui satisfont tous une même
propriété commune appelée propriété caractéristique.
Ce qui signifie que tous les points du lieu vérifient cette propriété et qu’ils sont les seuls.
Par exemples, le cercle est le lieu des points situés à une distance donnée r d’un point C. La
médiatrice d’un segment est le lieu des points situés à égale distance des extrémités du
segment.
2. Méthode de traduction
Dans la méthode des génératrices, aussi appelée "méthode des deux lieux", on traduit le fait
que tout point de la courbe appartient à deux "génératrices", droites ou courbes qui
s’expriment en fonction d’un paramètre que l’on choisit : l’abscisse ou l’ordonnée d’un point
variable, la pente d’une droite variable...
L’élimination du paramètre entre les deux équations conduit à une équation cartésienne qu’il
faut analyser pour déterminer le lieu proprement dit.
Exemple : On donne deux points fixes A et B. Déterminons le lieu des points qui sont 2 fois
plus éloignés de B que de A.
1. Détermine le lieu des points du plan dont la somme des carrés de leurs distances à
deux droites perpendiculaires est constante ( k > 0 ) .
2. Détermine le lieu des points du plan dont la somme des carrés des distances aux côtés
d’un carré PQRS est 6 (le carré est de côté 2).
3. Soit A ( −1; −2 ) et B ( 3; 2 ) . Représente et détermine le lieu des points P tels que les
4. Détermine une équation du lieu des points dont le carré de la distance au point
A ( −2; −5 ) est égale à 3 fois la distance à la droite d ≡ 8 x + 15 y − 34 = 0 .
5. Représente et détermine le lieu des points du plan situés à une distance 1 de la droite
d ≡ 3x − 4 y + 1 = 0 .
6. On donne deux points fixes A ( −1; 0 ) et B (1; 0 ) . Détermine le lieu des projections
8. Soit ABC un triangle équilatéral. Détermine l’ensemble des points M tels que
la droite d.
Pour chercher :
Suivant l’angle au sommet du cône, il obtint trois sortes de sections coniques : la parabole, la
(demi-)hyperbole et l’ellipse. On leur donna le nom générique de coniques.
Pour construire un cube de côté x et de volume égal au double de celui d’un cube de côté k
k2
connu, il chercha l’intersection d’une hyperbole d’équation y = et de la parabole
x
1
d’équation y 2 = kx . En résolvant le système, il trouva x3 = 2k 3 ; ce qui lui permit
2
d’effectuer la construction demandée sans pour autant connaître les nombres irrationnels tels
3
que 2 ... ni, d’ailleurs, les équations de ces coniques.
Pour générer toutes les coniques, il eut l’idée de ne considérer qu’un seul cône circulaire droit
ou un cône à double nappe. La nature de la section conique obtenue dépend alors de la
direction du plan de section.
C’est lui aussi qui fut probablement le premier à baptiser les trois sortes de coniques : la
parabole, l’hyperbole, l’ellipse (et le cercle).
1. Trace
en couleur l’ensemble des points dont la distance à d est
noire 1
bleue 2
verte 3
orange 4
rouge 5
2. Trace
en couleur l’ensemble des points dont la distance à F est
noire 1
bleue 2
verte 3
orange 4
rouge 5
3. Repère les points d’intersection des lignes de même couleur déterminées ci-dessus. Ils
appartiennent à P.
Définition : Une parabole est le lieu des points du plan situés à égale distance d’une droite,
appelée la directrice, et d’un point n’appartenant pas à cette droite, appelé le foyer.
Dans ce repère, les coordonnées du foyer sont F (......;......) et l’équation de la directrice est
d ≡ .........
p p
La parabole P de foyer F ;0 et de directrice d ≡ x = − a pour équation .........................
2 2
abscisses.
Le point d’intersection entre la parabole et son axe de symétrie est le sommet de la parabole.
Il s’agit du point le plus proche du foyer et de la directrice.
Si la directrice de la parabole est une droite horizontale (parallèle à l’axe des abscisses),
l’équation de la parabole change.
En effet,
En 2012 avant J.-C., la colonie grecque de Syracuse est attaquée par la flotte
romaine.
Selon la légende romaine, Archimède aurait utilisé des miroirs paraboliques pour enflammer
les bateaux ennemis avant qu’ils n’accostent.
Définition : Une ellipse est le lieu des points du plan situés à des distances de deux points fixes
F et F ′ , appelés les foyers, dont la somme est constante.
Les points A et B de l’ellipse se trouvent à la fois sur le cercle de centre F et de rayon r et sur
le cercle de centre F ′ et de rayon 2a − r .
dont la somme vaut 2a avec a > c a pour équation ............................... avec ..........................
Le point d’intersection des axes de symétrie est le centre de l’ellipse : c’est son centre de
symétrie.
Les points d’intersection entre l’ellipse et ses axes de symétrie sont les sommets de l’ellipse.
L’ellipse possède ainsi quatre sommets.
x2 y2
Les coordonnées des sommets de l’ellipse 2 + 2 = 1 sont ( a;0 ) , ( −a; 0 ) , ( 0; b ) et
a b
( 0; −b ) .
a2 a2
Les équations des directrices sont x = et x = − .
c c
Les nombres strictement positifs 2a, 2b et 2c sont appelés respectivement grand axe, petit
axe et distance focale de l’ellipse.
g ( x ) = a2 − x2 .
x2 y2
2
+ 2 = 1 devient x 2 + y 2 = a 2 qui est l’équation
a b
du cercle de centre C ( 0;0 ) et de rayon a.
( 0; −a ) , ( b;0 ) et ( −b;0 ) .
y 2 x2
L’équation de l’ellipse est + =1 avec
a 2 b2
b2 = a2 − c2 .
a2
Les équations des directrices sont y = et
c
a2
y=− .
c
Définition : Une hyperbole est le lieu des points du plan situés à des distances de deux points
fixes F et F ′ , appelés les foyers, dont la valeur absolue de la différence est constante.
Le point d’intersection des axes de symétrie est le centre de l’hyperbole : c’est son centre de
symétrie.
Les points d’intersection entre l’hyperbole et ses axes de symétrie sont les sommets de
l’hyperbole. L’hyperbole possède ainsi deux sommets.
x2 y2
Les coordonnées des sommets de l’hyperbole − = 1 sont ( a;0 ) et ( − a; 0 ) .
a2 b2
a2 a2
Les équations des directrices sont x = et x = − .
c c
De plus, l’hyperbole possède deux asymptotes passant par son centre dont les équations sont
b b
y = x et y = − x .
a a
Si les foyers de l’hyperbole se situent sur l’axe des ordonnées, son équation change. En effet,
b b
pour équation x = y et x = − y .
a a
L’équation de l’hyperbole est
y 2 x2
− = 1 avec b 2 = c 2 − a 2 .
a 2 b2
a2 a2
Les équations des directrices sont y = et y = − .
c c
Toutes les coniques, sauf le cercle, peuvent être définies de manière unique. On parle alors de
la définition focale :
On donne un nombre réel ε strictement positif
et une droite d et un point F n’appartenant pas à d.
Une conique est le lieu géométrique des points M du plan tels que le rapport de la
distance du point F à la droite d égale ε .
c
Ce nombre ε est l’excentricité de la conique, elle se calcule par le rapport . On reconnaît
a
a2
en F le foyer et en la droite d la directrice, son équation est x = .
c
L’expression conique centrée désigne une ellipse ou une hyperbole car elles ont un centre de
symétrie ; les paraboles sont des coniques non centrées.
Si, dans un repère orthonormé, on fournit le foyer d’une conique, sa directrice et son
excentricté, on peut en déterminer une équation cartésienne. Cette équation peut alors s’écrire
sous la forme générale
mx 2 + ny 2 + q xy + r x + s y + t = 0 où m, n, q, r , s, t ∈ ℝ et ( m; n; q ) ≠ ( 0;0; 0 ) .
Dans les pages précédentes, nous avions choisi un repère adapté aux caractéristiques des
coniques : les axes de coordoonnées coïncidaient avec les axes de symétrie.
Nous nous limiterons aux cas où le changement de repère peut être réalisé par une
translation : les axes du nouveau repère sont parallèles à ceux du repère initial et orientés de la
même façon. En pratique, on reconnaît cette situation lorsque l’équation générale de la
conique ne contient pas de terme en xy.
Exemple :
5 7
O′ − ; par translation de vecteur OO ' .
2 2
′ 5
x = x + 2
( x′; y′ ) avec .
y′ = y − 7
2
● .......................................................... ● ....................................................
.......................................................... .....................................................
(2) 9 x 2 + 16 y 2 − 144 = 0
(3) x2 − 2 y = 0
(4) x2 + 2 x = 0
(5) x2 + y2 − 6 x − 8 y = 0
(6) x 2 − y 2 − 6 x − 8 y − 32 = 0
(7) 9 x 2 − 16 y 2 − 18 x − 32 y + 164 = 0
(8) x2 + 6 x − 6 y + 3 = 0
(9) y 2 − 6 x − 6 y + 15 = 0
2
(10) y = −3 ± 6 − x − x2
7
2. Détermine une équation cartésienne des coniques suivantes, précise la nature des
coniques centrées (ellipse, hyperbole) et les caractéristiques manquantes (foyer(s),
directrice(s), excentricité, sommet(s), asymptotes éventuelles).
(5) Parabole dont l’axe de symétrie est parallèle à l’axe des abscisses, dont le
sommet est le point S ( 2;1) et le foyer F ( 4;1) .
(8) Conique centrée à l’origine, d’axe focal Oy, de foyer F ( 0;5 ) et d’asymptote
d’équation 3 x + 4 y = 0 .
(9) Conique centrée à l’origine, d’axe focal Ox, dont la distance entre les
sommets vaut 8 et d’excentricité ε = 1, 25 .
(2) entre la parabole dont le sommet est l’origine des axes, dont l’axe des abscisses
est l’axe focal et passant par le point P ( −1; 2 ) et la médiatrice du segment
x2 y2
Calculons une équation de la tangente à l’ellipse d’équation 2 + 2 = 1 au point P de
a b
coordonnées ( xP ; yP ) .
x2 y2
La tangente à l’ellipse d’équation 2 + 2 = 1 en un de ses points P ( xP ; yP ) est la droite
a b
xP x y P y
d’équation T ≡ + 2 = 1.
a2 b
x2 y2
La tangente à l’hyperbole d’équation − = 1 en un de ses points P ( xP ; yP ) est la droite
a2 b2
xP x y P y
d’équation T ≡ − 2 = 1.
a2 b
d’équation T ≡ yP y = p ( x + xP ) .
x2 y2
Calculons les éventuelles tangentes à l’hyperbole d’équation − = 1 dont la pente m est
a2 b2
donnée ( m ∈ ¡ ) .
xP x y P y xP 2 y P 2
Parmi les tangentes T ≡ − = 1 , avec − 2 = 1 , il s’agit de déterminer celles pour
a2 b2 a2 b
lesquelles la pente vaut m, c’est-à-dire de déterminer les points P ( xP ; yP ) qui vérifient les
xP 2 y P 2 b 2 xP
conditions − = 1 et =m.
a2 b2 a 2 yP
x2 y2
L’ellipse d’équation + = 1 admet deux tangentes de pente m, d’équations
a2 b2
a2m b2
y = mx m a 2 m 2 + b 2 et de points de tangence P ± ;m .
a 2 m2 + b2 a 2 m2 + b2
p p p
y = mx + et de point de tangence P 2 ; .
2m 2m m
Soit Q ( xQ ; yQ ) un point du plan. Pour déterminer l’équation des éventuelles tangentes à une
1. Dans chacune des situations suivantes, détermine l’équation cartésienne des tangentes
à la conique vérifiant la condition donnée. Détermine également les coordonnées des
points de tangence.
(1) Tangente(s) à la conique C ≡ 16 x 2 + 9 y 2 = 25 au point P (1; −1) .
(2) d ≡ 13 x − 7 ky − 25 = 0 et C ≡ x 2 − ky 2 = 25
(3) d ≡ 2 x − y − 2k − 1 = 0 et C ≡ x 2 − y − 2kx + k 2 = 0
(4) d ≡ x − y − 3 = 0 et C ≡ x 2 − ky 2 = 3k
Propriété préparatoire : L’angle aigu α formé par les droites a et b est donné par la formule
ma − mb
tan α = où ma et mb sont les pentes respectives de a et b.
1 + ma .mb
Démonstration :
La droite joignant un point quelconque d’une parabole à son foyer et la droite passant par ce
point parallèle à l’axe de cette parabole forment des angles aigus de même amplitude avec la
tangente à la parabole en ce point.
Démonstration :
Autrement dit,
Les droites joignant un point quelconque d’une ellipse à ses foyers forment des angles aigus
de même amplitude avec la tangente à l’ellipse en ce point.
Autrement dit,
Les droites joignant un point quelconque d’une hyperbole à ses foyers forment des angles
aigus de même amplitude avec la tangente à l’hyperbole en ce point.
• Loi des orbites : les planètes du système solaire décrivent des trajectoires
elliptiques dont le Soleil occupe l’un des foyers.
• Loi des aires : le rayon Soleil-planète balaie des aires égales pendant des
intervalles de temps égaux.
La plupart des orbites des planètes sont quasiment circulaires : leurs excentricités sont
proches de 0.
De nombreuses comètes ont des orbites elliptiques dont le Soleil occupe un de ses
foyers. Dans ce cas, l’orbite est très aplatie et l’excentricité est proche de 1.
(1) La Terre décrit une trajectoire elliptique autour du Soleil, ce dernier occupant
un des foyers de l’ellipse. Le grand axe de cette orbite mesure 297 600 000 km
et l’excentricité vaut 0,017.
Calcule, à 1000 km près, les distances maximale et minimale entre la Terre et
le Soleil.
(4) Une comète se déplace selon une orbite parabole dont le Soleil est le foyer.
Quand la comète se trouve à 40 millions de kilomètres du Soleil, la droite
passant par le Soleil et la comète fait avec l’axe de la parabole un angle de 60°.
Quelle sera la plus courte distance entre la comète et le Soleil ?