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Document généré le 28 mars 2017 23:09

Cahiers de géographie du Québec Cahiers de géographie du Québec

Lizet, B. Wolf, A.-É. et Celecia, J., dir. (1999) Sauvages


dans la Ville. De l’inventaire naturaliste à l’écologie
urbaine. Paris, Publications Scientifiques du Muséum,
607 p. (ISBN 2-85653-525-9)
Saint-Laurent, Diane

Volume 44, numéro 122, 2000

21
92 Aller au sommaire du numéro

Éditeur(s)

Département de géographie de l’Université Laval

ISSN 0007-9766 (imprimé)


1708-8968 (numérique)

21
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Citer cet article

Saint-Laurent, Diane. "Lizet, B. Wolf, A.-É. et Celecia, J., dir.


(1999) Sauvages dans la Ville. De l’inventaire naturaliste à
l’écologie urbaine. Paris, Publications Scientifiques du Muséum,
607 p. (ISBN 2-85653-525-9)." Cahiers de géographie du Québec
44122 (2000): 250–252.

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promotion et la valorisation de la recherche. [Link]
Si cet ouvrage ne répond qu'aux préoccupations des techniciens de l'eau, du
moins embrasse-t-il des milieux très divers, la plupart des auteurs faisant état d'une
pratique étendue aux régions et aux milieux qui s'échelonnent depuis la zone
tempérée jusqu'aux régions tropicales en passant par les milieux méditerranéens.
Ajoutons que l'esprit général de l'ouvrage est conforme à l'éthique contemporaine :
une fois les techniques de l'irrigation ou du drainage exposées, les auteurs insistent
sur leurs limites et sur les impacts inhérents à telle ou telle pratique. De façon
caractéristique et logique, les pages consacrées à l'irrigation se terminent sur un
appel à une recherche portant sur l'adaptation des plantes cultivées à la sécheresse.
En dépit de ces limites thématiques, la portée de cet ouvrage est donc
indiscutable, d'autant que les thèmes abordés le sont dans des termes rigoureux,
mais accessibles grâce à un grand nombre de schémas et à quelques statistiques
bien choisies. De plus, l'ouvrage est complété par divers lexiques et inclut une
bibliographie internationale intéressant chacun des vingt thèmes abordés. Sachant
que vingt-cinq auteurs ont été mis à contribution, on appréciera également la quasi
absence de redondances. Mais alors, pourquoi le coordinateur a-t-il jugé nécessaire
de joindre la même préface et le même lexique aux deux volumes? Sans doute
pour que l'ouvrage puisse prêter le flanc à la critique, puisque la perfection n'est
pas de ce monde.

Jacques Bethemont
Université de Saint-Étienne

LIZET, B., WOLF, A.-É. et CELECIA, J., dir. (1999) Sauvages


dans la Ville. De l'inventaire naturaliste à l'écologie urbaine.
Paris, P u b l i c a t i o n s Scientifiques d u M u s é u m , 607 p .
(ISBN 2-85653-525-9)

À première vue, le titre du livre peut surprendre


« Sauvages dans la ville ». En effet, où est donc cette
nature sauvage dans la ville? Pourtant, elle est bien
là... le plus souvent cachée ou oubliée, colonisant des
lieux insolites ou marginaux, des terrains vagues
ou des c h a m p s a b a n d o n n é s , des e m p r i s e s
ferroviaires ou routières. Bref, tous ces lieux laissés
libres et vacants et qui offrent à la végétation urbaine
de nouveaux espaces à reconquérir. C'est cette
végétation spontanée, qualifiée trop souvent de
« mauvaises herbes », qui est portée à l'honneur dans
ce livre et, surtout, l'un de ses plus ardents défenseurs, Paul Jovet, grand botaniste
et naturaliste français, né à Paris en 1896, qui l'a fait si bien connaître.

250 Cahiers de Géographie du Québec • Volume 44, n° 122, septembre 2000


Ce livre a été publié à la suite d'un colloque international organisé au Muséum
national d'histoire naturelle de Paris, les 21 et 22 octobre 1996. Ce colloque, intitulé
« Inventaires naturalistes dans la ville », rendait hommage à Paul Jovet pour le
centenaire de sa naissance (1886-1996). Connu sans doute par de nombreux
botanistes et biologistes d'Europe, mais probablement méconnu au Québec, Paul
Jovet s'inscrit dans la lignée des grands naturalistes du Muséum qui, par son
inlassable travail d'herborisation et sa grande passion des plantes et de la nature,
arpentant sans cesse les rues, jardins, friches et canaux de la cité de Paris et de ses
alentours, aura fait connaître la flore urbaine et rudérale de ces petits espaces bien
souvent dénigrés. Les premières parties du livre sont consacrées à ce naturaliste et
à son œuvre phénoménale (plus de 400 titres bibliographiques cités en référence).
Quelques pages de l'ouvrage sont aimablement réservées à sa fille Cécile qui trace
un tendre portrait de son père et qui nous apprend que, dès ses premières années
de jeunesse, il s'intéressait déjà à la vie des plantes et des insectes, parcourant les
champs et les bois de la campagne D'Ivry ou de Brie, lors des vacances scolaires.
Elle rappelle les témoignages touchants adressés à son père, notamment pour sa
rigueur au travail et son esprit pédagogique, tant pour elle-même que pour ses
écoliers d'Aubervilliers et de Paris, ou lors des sorties de terrain avec ses élèves et
confrères, pour qui il initiait ses camarades d'armes à la nature même durant son
séjour dans l'armée, lorsqu'il fut mobilisé en juillet 1916 : « Presque tous les jours
nous enrichissions nos connaissances botaniques de quelques noms de fleurs
communes » (Biaise, Haute-Marne, 13 juin 1917; voir p. 62).

La contribution particulière de Paul Jovet à la connaissance de la végétation


urbaine repose indéniablement sur ses efforts de conceptualisation des notions
écologiques sur cette flore introduite qualifiée « d'adventice » et de ces efforts
d'herborisation et de systématisation (plus de 60 000 planches d'herbier). L'idée
d'appliquer à « la végétation des milieux urbains, les concepts de l'écologie végétale
pourrait sembler insolite à première vue », disait-t-il. Pourtant, Paul Jovet y voyait
là un grand intérêt scientifique : « nous espérons montrer que la présence, la
persistance, la disparition, le rassemblement des plantes et l'évolution de leur
groupement posent, dans Paris même, de multiples problèmes au phytosociologue
et à l'écologiste » (p. 76). Il développa une terminologie toute particulière associée
à cette flore rudérale : climax anthropique, ormaie subrudérale, végétation inféodée,
etc. Cette préoccupation de mieux définir la flore urbaine nous ramène au thème
majeur du livre qui porte essentiellement sur la nature en ville. Il y a bien entendu
cette nature maîtrisée et qu'on cherche à confiner dans les parcs et les jardins
d'ornement, mais il y a surtout l'autre, celle des espaces libres et qui se reproduit
spontanément. L'une et l'autre constituent à leur manière des îlots de verdure,
parsemés ici et là dans la trame urbaine, et toutes deux participent à la diversité
floristique de la ville.

Comptes rendus bibliographiques


Bien que l'ouvrage consacre de nombreuses pages à la vie et à l'œuvre de Paul
Jovet, le reste nous convie à divers thèmes étroitement liés à cette nature en ville,
notamment la flore rudérale ou synantrophique d'autres lieux - Londres, Berlin,
Madagascar, Konista (Grèce) - , la conservation et l'écologie urbaine, le maintien et
la préservation de la biodiversité, les nouveaux concepts d'aménagement des
espaces verts, qui prennent davantage en compte l'évolution de la végétation dans
un état le plus naturel possible, comme le « Jardin en mouvement » du parc André-
Citroën de Gilles Clément. En fait, le livre nous fait cheminer à travers trois grands
chapitres intitulés : « Histoires naturelles », « Jardins au naturel » et « Politique, gestion
pratiques sociales de la nature ». Il faut mentionner aussi les contributions de divers
auteurs portant sur différentes collections d'herbiers historiques du Muséum
d'histoire naturelle de Paris. On nous rappelle, entre autres, que le premier herbier
recueilli au Muséum provient des plantes collectionnées par Tournefort (1656-1708)
et que le plus imposant herbier (244 paquets et 24 095 numérotations) est celui de
la collection de Michel Adanson (1727-1806). En fait, les collections historiques et
modernes s'étendent sur trois siècles d'histoire, ce qui constitue, comme le souligne
J.-C. Jolinan, une banque de données exceptionnelles et irremplaçables. Une des
dernières parties de ce volumineux ouvrage fait part des collections d'anciens
herbiers conservés au Laboratoire de Phanérogamie du Muséum de Paris et qui
remontent au XVIe siècle. Ces collections d'herbier ont été constituées soit à des
fins académiques ou scientifiques, soit pour des usages thérapeutiques et
médicinaux. Ces nombreux spécimens ont été ramenés de voyages lointains ou
simplement cueillis dans les bois et campagnes des environs, ou même récoltés
dans les parcs et jardins des châteaux de la noblesse de l'époque.

Enfin, beaucoup de lecteurs et de spécialistes trouveront dans ce magnifique


ouvrage un grand intérêt, autant par sa qualité d'impression (nombreuses
photographies d'époque, photos de planches historiques d'herbier ou de dessins
ou croquis de plantes), que par les renseignements qu'il contient sur cette époque
des naturalistes qui a marqué l'histoire jusqu'au début du siècle dernier. Ainsi,
P. Daszkiewicz retrace l'histoire de la Maison Verreaux, fondée en 1803, Place des
Vosges, qui fut l'un des plus anciens magasins connus d'objets d'histoire naturelle
d'Europe. Enfin, le contenu de l'ouvrage est largement orienté vers des
préoccupations contemporaines qui touchent autant la biodiversité, la nature en
ville, la protection des espèces rares ou menacées, l'écologie urbaine que les
nouvelles conceptions aménagistes des parcs et espaces verts des villes. Tous des
thèmes qui intéressent, de près ou de loin, les géographes, biologistes ou autres
spécialistes. Dans la perspective où l'on cherche à favoriser de nouvelles approches
de développement durable des villes, ce livre nous apporte des éléments justificatifs
à la conservation du patrimoine végétal des milieux urbains.

Diane Saint-Laurent
Département de géographie
Université du Québec à Montréal

252 Cahiers de Géographie du Québec • Volume 44, nc 122, septembre 2000

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