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Cours Ecotoxtele

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ECOTOXICOLOGIE

I /Origine et nature des polluants

1-1 /Introduction
L’écotoxicologie est la science qui étudie les effets des contaminants sur l’environnement au
niveau des communautés vivantes (animales, végétales). Lorsqu’une espèce disparaît, il faut
chercher la cause, quelle est la molécule responsable de l’action néfaste sur l’organisme aussi
bien physiologique que biochimique. L’écotoxicologie est donc une science pluridisciplinaire
(physique, chimie, biochimie, bactériologie, biologie animale et végétale, physiologie animale
et végétale, écologie, climatologie, radioactivité, etc.). L’écotoxicologie active est de tout
faire pour que les problèmes du passé ne se reproduisent pas (problème des nouveaux produits
synthétisés). Les objectifs de l’écotoxicologie sont :
Comment faire pour que les nouveaux produits n’aient pas les mêmes effets que
certains produits du passé ?
Les effets sont-ils assimilables ou pas par l’environnement et comment prévoir ces
effets ?
Comment obtenir rapidement des effets qui se produisent à long terme ?

1-2 /Définition des polluants


Le terme de polluants est repris dans le domaine scientifique sous une autre appellation « les
xénobiotiques ». Il s’agit de substances naturelles ou de synthèse que l’homme introduit dans
un biotope donné et dont elles étaient absentes ou encore dont il modifie et augmente les
teneurs lorsqu’elles sont spontanément présentes.

1-3 /La nature des xénobiotiques


Les polluants physiques (température, radiations ionisantes, etc.).
Les polluants chimiques (dioxine, pesticides, etc.).
Les polluants biologiques (virus, bactéries, etc.).

1
1-3-1 /Grandes catégories des polluants chimiques

1-3-1-1 /Les métaux


Sont qualifiés de lourds lorsque leur densité est supérieure à 5 (d > 5). Beaucoup de ces
métaux sont présents sous forme de cations dans l’environnement. A l’origine ils sont
présents naturellement dans l’environnement mais extraits par l’homme pour son utilisation
(mercure (Hg), plomb (Pb), cadmium (Cd), zinc (Zn), etc.). Certains métaux lourds ont une
importance biologique comme le zinc qui régule de nombreux processus enzymatiques. Si le
zinc est toxique c’est parce que sa concentration est anormalement élevée. Les métaux lourds
synthétisés n’existent pas. Ils ne sont pas biodégradables mais peuvent se transformer
(exemple CH3Hg, HgO, Hg2+, etc.) ce qui change leurs spéciations.

1-3-2-2 /Les oxydes


Posent problème dans l’environnement sous forme d’oxydes de carbone (CO, CO2), d’oxydes
de souffre (SO2, H2SO4) et d’oxydes d’azote (NOx).

Les oxydes de carbone : il s’agit du monoxyde et du dioxyde de carbone (CO, CO2). Le CO2
est un constituant normal de l’atmosphère (respiration des organismes vivants) mais il a une
origine anthropique en particulier la combustion des fossiles qui en libère une quantité
croissante dans l’atmosphère. Le CO2 est à l’origine de l’effet de serre et l’augmentation
constante du CO2 augmente l’effet de serre. Le CO est toxique car il empêche le transport de
l’oxygène au niveau de l’hémoglobine. Il est souvent produit lors de phénomènes de
combustions incomplètes, certaines fermentations anaérobiques, d’activités volcaniques et
d’incendies.
Les oxydes de soufre : il s’agit du dioxyde de soufre (SO2) et de l’acide sulfurique (H2SO4).
Le SO2 provient de la combustion du charbon et du fioul lourd. Lorsque le pétrole est raffiné
il n’est pas totalement éliminé (désulfuration du pétrole). La toxicité du SO2 est sa
transformation en H2SO4 qui provoque des pluies acides.
Les oxydes d’azote : ils sont regroupés sous l’ensemble des oxydes d’azote (NOx). Il s’agit
du monoxyde et dioxyde d’azote (NO, NO2). Ils proviennent des combustions à moteur à
explosion et de l’activité naturelle de certains organismes. La problématique
environnementale des NOx est qu’ils sont à l’origine de l’acide nitrique (pluies acides) et de
maladies respiratoires chez l’homme.

2
1-3-2-3 / Les nutriments
Il s’agit des nitrates (NO3-) et des phosphates (PO43-). Ils proviennent des engrais et facilitent
la croissance des végétaux. Le lessivage stimule la croissance des algues dans les rivières, les
lacs (dystrophisation) jusqu’à disparition de l’oxygène. Lorsque les végétaux meurent ils se
déposent, sédimentent et consomment beaucoup d’oxygène (anoxie). Certaines algues
produisent des toxines. Les NO3- sont toxiques pour l’homme.

1-3-2-4 /Les hydrocarbures (HC)

Les HC aliphatiques : les alcanes, les alcènes et les alcynes.


Les HC insaturés : sont plus réactifs et dangereux.
Les HC aromatiques : ils présentent un ou plusieurs cycles benzéniques et sont
particulièrement réactifs. Les HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) sont très
dangereux pour l’homme et se forment lors de la combustion incomplète des cigarettes.
Les PCB (polychlorobiphényle) : sont des HC aromatiques avec deux cycles phényles. Ils
comportent de nombreux congénères qui sont des composés stables, peu réactifs, utilisés
comme isolants en particulier dans les transformateurs. Ces composés sont extrêmement
dangereux pour l’environnement en particulier lors d’incendies de transformateurs,
transformation en dioxines, composés très dangereux qui s’accumulent dans les graisses et
provoque des cancers. A l’heure actuelle leur usage est interdit. Les dioxines
(dibenzodioxinepolychloré) comprennent de nombreux composés. Ils sont stables. L’un des
congénères, le 2, 3, 7, 8 tetrachlorodibenzodioxine est particulièrement dangereux pour les
mammifères et l’homme. En 1976 à Seveso (dioxine de Seveso), accident qui provoque le
dégagement de trichlorophénol à partir desquels se sont formés les dioxines. Ils ont causés des
dommages écologiques importants, les sols, les végétaux et les animaux ont été contaminés.
Paradoxalement, l’homme semblait plus résistant et moins touché par la dioxine. C’est la
première fois que ces toxines furent mises en évidence. Les dioxines sont produites lors de la
combustion des déchets urbains (ordures ménagères, etc.) dans les incinérateurs.

1-3-2-5 / Les pesticides


Sont des substances misent dans le marcher pour tuer de façon sélective (biocide) les insectes,
les rongeurs ou bien certaines mauvaises herbes.

3
Les insecticides : la composition a beaucoup changé au cours du temps. Les premiers
insecticides étaient les organochlorés (DDT, etc.). Ils ont été utilisés pour toutes les cultures à
l’échelle planétaire et de façon excessive. Ce sont des poisons du système nerveux et ils sont
relativement peu toxiques pour les mammifères. Ils ont été efficaces et à l’origine un facteur
de progrès mais les DDT sont peu biodégradables et ce sont révélés avoir par la suite des
actions néfastes. Ils agissent sur les animaux à sang froid mais le problème est qu’ils
nettoyaient également les champs, les rivières (poissons, etc.). Les organochlorés ont été
remplacés par les organophosphorés qui agissent en inhibant l’acétylcholinestérase. Ils
touchent les animaux à sang froid et chaud et peuvent causer des problèmes pour les
écosystèmes aquatiques. Ces composés ont également été remplacés par des carbamates
difficilement biodégradables et agissant de la même manière sur l’acétylcholinestérase. Les
pyréthrines sont des composés naturellement retrouvés chez les plantes (Crisanthériones) et
sont utilisés comme insecticide. Mais les produits naturels ont souvent des effets secondaires
et il faut purifier la molécule (principe actif) et la transformer pour pouvoir l’utiliser par la
suite. Le potentiel reproducteur chez l’homme est affecté par les insecticides.
Les herbicides : sont destinés à lutter contre les mauvaises herbes. Ce sont des perturbateurs
de croissance (équivalent des hormones végétales).

1-3-2-6 /Les détergents


Sont utilisés pour les tâches ménagères. Ils sont amphiphiles. L’agrégat de détergent est
soluble dans l’eau. Les graisses sont apolaires et se retrouvent piégées dans la zone apolaire. Il
existe plusieurs types de détergents (anioniques, cationiques ou non ioniques). Les détergents
cationiques sont les plus dangereux pour l’environnement. Ils ont des effets complexes sur la
nature et certaines actions ne sont toujours pas élucidées. En laboratoire ils sont utilisés pour
extraire les protéines des membranes cellulaires. Ils sont mal éliminés par les STEP.

1-3-2-7 / Les organométalliques


Ils résultent de la liaison d’un métal sur un composé organique. Ce sont des composés
toxiques.

Les organomercuriels : dont le méthylmercure (CH3Hg) découvert dans les années 50 au


Japon dans la baie de Minamata. Les pêcheurs ont constatés une augmentation de la mortalité
et le gouvernement Japonais a tout fait pour ignorer le problème (industrie à mercure qui

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empoisonnait des milliers de personnes). Le mercure mélangé dans la nature se transforme en
méthylmercure CH3Hg toxique pour les organismes vivants.
Les organostanniques: sont utilisés sur les coques des bateaux pour empêcher la fixation
des organisme (très toxique et efficace).Le problème est lorsqu’une centaine de bateaux sont
traités, la concentration augmente dans le milieu et cause des préjudices sur l’environnement
(élevage des coquillages, etc.). Ces peintures sont maintenant interdites sauf pour les bateaux
de plus de 25 m. Sur certains gastéropodes ils produisent la formation d’un sexe opposé à
celui de l’individu (imposexe). Cette réaction est sensible et utilisé comme détecteur.

1-3-2-8 /L’ozone
Se trouve dans la stratosphère sous la forme triatomique de l’oxygène (O3) et protège les
organismes vivants des rayons UV. On peut trouver l’ozone dans les basses couches de
l’atmosphère. Cet ozone nocif est produit à partir des gaz d’échappements et des
rayonnements solaires. L’ozone est toxique pour l’homme (appareil respiratoire). L’ozone
tend à disparaître dans la stratosphère.

II /Transport et transformation des polluants

2-1 /L’atmosphère

2-1-1 /Transport des xénobiotiques dans l’atmosphère

2-1-1-1/ Sous forme gazeuse

La diffusion : obéit aux lois classiques des gradients de concentrations des gaz. Ils se
déplacent du milieu le plus concentré vers le moins concentré. Il y a également intervention
du gradient thermique où les molécules les plus chaudes se déplacent plus vites que les
molécules les plus froides. Le gradient thermique a un effet particulier lors de l’inversion des
températures. Le brouillard formé au niveau d’une vallée empêche la diffusion des rayons
lumineux. La température au dessus du brouillard est supérieure à la température au dessous.
Dans les conditions normales la température baisse avec l’altitude. L’inversion thermique a un
rôle important dans le freinage de la diffusion des gaz alors que le gradient thermique produit
l’inverse. Une usine située dans la vallée dégage des gaz qui vont se concentrer et ne pas
diffuser à cause de l’inversion de température. Entre la troposphère et la stratosphère se trouve

5
la tropopause. C’est à son niveau que se produit l’inversion de température qui permet de
garder l’oxygène et freine sa diffusion dans l’espace.
Le transport en masse : des polluants atmosphériques est lié aux grands mouvements de la
circulation atmosphérique. Ils sont importants dans la troposphère. Les masses d’air subissent
des mouvements perpétuels. Les masses d’air chaudes ascendantes se refroidissent avec
l’altitude et retombent pour générer des cellules. Sur le globe terrestre il y a formation de trois
cellules de part et d’autre de l’équateur (cellule Hadley, cellule Ferrel, cellule polaire). Ces
déplacements des masses d’air entraînent les polluants. La rotation de la terre entraîne une
force (force de Coriolis). Les masses d’air en mouvement du pôle vers l’équateur vont être
animées d’une déviation. La force de Coriolis dévie les masses d’air vers la droite dans
l’hémisphère nord et vers la gauche dans l’hémisphère sud. Normalement les polluants
devraient s’accumuler dans la troposphère mais malgré tout il diffuse une petite quantité.
Dans la stratosphère existe également des mouvements de masses d’air d’une grande
efficacité et les polluants vont pouvoir circuler dans la stratosphère.

2-1-1-2/ Sous forme d’aérosols


Les aérosols peuvent être considérés comme des particules. Le vecteur de dispersion des
aérosols est le vent. Selon la granulométrie des aérosols ils vont être entraînés par les eaux de
pluies ou sédimenter plus ou moins prés de leur point d’émission.

2-1-2 /Transformation des xénobiotiques dans l’atmosphère

2-1-2-1 / La photolyse
L’absorption d’un photon peut faire passer un électron à un niveau d’énergie supérieur
donnant ainsi à la molécule une grande réactivité. Si aucune réaction se produit l’électron peut
retrouver son état initial, mais il peut y avoir réaction et la molécule se transforme. Cette
transformation est totale ou partielle. Il ne faut jamais croire que la transformation d’un
polluant baisse sa toxicité car tous les cas sont possibles et il arrive que la molécule
transformée soit plus toxique qu’au départ.

2-1-2-2 /Réaction avec les radicaux hydroxyles (-OH∙)


Ils ont une durée de vie très courte. Ils sont produits spontanément dans l’atmosphère et
possèdent un électron supplémentaire non apparié (réactif). Les radicaux hydroxyles sont des
oxydants très puissants. Ils réagissent avec les toxiques trouvés dans l’atmosphère. Ces

6
réactions de transformation seront totales avec production de dioxyde de carbone (CO2) et
d’eau (H2O) (épuration de l’atmosphère).

2-1-2-3 /Réaction avec l’ozone (O3)

Dans la stratosphère : l’ozone filtre les UV. La couche d’ozone est attaquée par un certain
nombre de produits chimiques (ChloroFluoroCarbone (CFC) retrouvés dans les gaz
propulseurs et les bombes aérosols). Les CFC se dégradent lentement et les atomes de chlores
réagissent avec l’ozone :

O3 + Cl → ClO + O2 et ClO + O → Cl + O2

Il y a une réaction en chaîne qui régénère le chlore, ce dernier va de nouveau réagir avec
l’ozone. Même si on supprime les CFC, les atomes de chlore régénérés réagissent toujours
avec l’ozone. La suppression des CFC n’entraîne qu’une amélioration au bout d’une dizaine
d’année. A l’heure actuelle les CFC sont interdits. Dans le temps la présence de chlore et la
réaction en chaîne s’arrêtent.
Dans la troposphère : l’ozone provient des réactions entre les produits d’échappements des
voitures et des UV. L’ozone est dangereux pour les poumons mais le produit des réactions
(nit !%%rate de péracyle) est beaucoup plus dangereux. Ils sont à l’origine des smogs.

2-2 /L’hydrosphère

2-2-1 /Transport des xénobiotiques dans l’hydrosphère

2-2-1-1 /Sous forme gazeuse


Les réactions dans l’hydrosphère se font avec le dioxyde d’azote (NO2) et le dioxyde de
souffre (SO2). Ils réagissent avec l’eau pour produire de l’acide sulfurique et nitrique. Leurs
productions sont à l’origine des pluies acides. Sur l’environnement, elles ont des
conséquences catastrophiques : destruction des forêts, baisse du pH des lacs, acidification des
sols et destruction des bâtiments publics. Les réactions sont beaucoup plus complexes qu’elles
ne le paraissent, malgré tout c’est toujours en relation avec la pollution. Ces réactions sont
également à l’origine de smogs acides. Ce sont des smogs hivernaux où les conditions
d’humidité, la teneur en particules, l’activité industrielle et automobile sont les éléments qui

7
réunis favorisent ce phénomène. Les poussières réagissent avec les acides et la respiration de
ces produits dégrade les poumons. Il existe deux types de smogs : le smog d’été et le smog
d’hiver.

2-2-1-2 /Sous forme liquide

La diffusion : elle se fait en fonction du gradient de concentration et comme dans l’air cette
diffusion est freinée au niveau de zone de discontinuité thermique (thermocline). Dans la
couche de surface des lacs, des mers et des océans la température baisse lentement en fonction
de la profondeur jusqu’à une zone caractéristique où elle chute, c’est la thermocline. Il y a
deux couches d’eau selon la période de l’année (été et hiver pour les lacs et uniquement été
pour les mers et les océans). La thermocline a une grande influence sur la diffusion des
molécules car elle freine les échanges entre les deux couches d’eau (exemple des effluents
d’égouts qui s’accumulent que dans la couche en profondeur). La thermocline n’est pas un
phénomène permanent. Il ne faut pas oublier que les toxiques vont s’accumuler dans les
organismes (poissons) et donc avoir un impact sur l’ensemble des écosystèmes.
Le transport en masse : le gulf stream dans l’océan Atlantique, courant tournant dans le sens
des aiguilles d’une montre par rapport à l’hémisphère nord et inverse par rapport à
l’hémisphère sud. Les courants sont liés à la rotation de la terre et aux vents. Le courant
Ligure en méditerranée provenant de l’Italie transporte les polluants et les ramène sur les
côtes Françaises. Dans l’eau les contaminants se trouvent sous plusieurs formes : forme
dissoute ou insoluble en suspension. Ces suspensions seront formées de gouttelettes ou
particules qui pourront sédimenter. Cette sédimentation dans les océans et les mers est impor
-tante et le fond des mers et des océans sont enrichit en contaminants. Les sédiments sont
donc très pollués. La solubilité des polluants dépend de leurs compositions en oxygène, azote,
et de la taille de leurs chaînes carbonées (plus la chaîne carbonée est grande et plus le
caractère apolaire augmente). Mais aussi les caractéristiques du milieu : le pH, la salinité ont
une importance pour la solubilité des métaux car si le pH et la salinité augmentent alors la
solubilité des métaux augmente. Dans les estuaires le pH des rivières ≈ 7 et le pH de l’eau de
mer ≈ 8.3. Les métaux lourds issus des rivières sédimentent dans l’eau de mer en grande
quantité et les estuaires sont donc particulièrement pollués par ces composés.

8
2-2-2 /Transformation des xénobiotiques dans l’hydrosphère

2-2-2-1 /Transformation physico-chimique (abiotique)


La transformation porte sur des produits organiques sous l’influence des UV (photolyse)
comme pour l’atmosphère. Ces transformations s’accompagnent par l’utilisation d’oxygène et
d’eau car il s’agit d’oxydation (photo-oxydation). La conséquence est la baisse de la teneur en
oxygène dans le milieu et cela se mesure en faisant la DCO (Demande Chimique en
Oxygène). La photo-oxydation est particulièrement importante en Méditerranée car son eau
comporte beaucoup moins de plancton que les océans et par conséquent elle est plus claire
(les rayons lumineux traversent plus profondément la colonne d’eau). Le pouvoir
autoépurateur est la capacité des polluants à se dégrader tout seul dans le milieu mais ce
pouvoir n’est pas suffisant par rapport à la quantité de polluants rejetés. Pour les métaux il
existe des réactions physico-chimiques où la spéciation chimique sera changée.

2-2-2-2 /Transformation biologique (biotique)


Les bactéries dans l’eau auront une action d’autant plus importante que la quantité en sels
nutritifs est importante. Les marées noires peuvent être dégradées par des bactéries. Le
procédé est bon mais cet apport exogène de bactéries risque de déséquilibrer le milieu.
Apporter des sels nutritifs dans une nappe phréatique augmente la croissance des bactéries et
la dégradation de la nappe. Les transformations biotiques sous l’influence des bactéries et des
champignons peuvent être aérobiques avec consommation d’oxygène. La consommation en
oxygène par les organismes se mesure en faisant la DBO (Demande Biologique en Oxygène).
Les transformations biotiques peuvent également être anaérobiques et sont fréquentes au fond
des mers et des lacs. Lorsque les réactions sont complètes il y a production de méthane (CH 4)
et d’hydrogène sulfuré (H2S). Dans le cas des métaux les réactions de biotransformations
peuvent se produire. La toxicité du mercure (Hg) est due au méthylmercure (CH3Hg) qui se
forme dans l’eau lors de réactions impliquant la matière organique (transformation biologique
sous l’influence des bactéries). Elles se produisent surtout dans les sédiments car les teneurs
en bactéries sont importantes (biotransformation importante). Les réactions aérobiques et
anaérobiques sont importantes et les produits formés peuvent repasser dans la colonne d’eau.
C’est ce qu’il se passe lors de la minéralisation de la matière organique, les produits (sels
nutritifs) repassent dans la colonne d’eau. C’est ce qu’on appelle le phénomène
d’ « Upwelling » (cycle de l’azote et du phosphore).

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2-3 /La pédosphère
Un sol est l’association de particules minérales, de matières organiques, de matières vivantes,
d’eau et d’air. Les particules minérales proviennent de la décomposition des roches (l’élément
le plus important est la silice (SiO2)). La texture d’un sol dépend de la taille et de
l’arrangement de ses particules : gravier > sable > vase > argile. Ces particules sont chargées
négativement et elles peuvent retenir les cations comme les ions sodiums (Na+), potassiums
(K+) et magnésiums (Mg2+). Plus les cations sont nombreux et plus le sol est riche (utilisation
par les plantes). La matière organique provient de la décomposition des plantes et des
animaux morts (humus). Cette matière organique a tendance à entourer les particules
minérales pour former des particules argilo-humiques. Entre ces particules argilo-humiques se
trouvent de l’eau et de l’air.

3-3-1 /Transport des xénobiotiques dans le sol

3-3-1-1 /Les composés organiques polaires


Ils sont hydrophiles, se dissolvent dans l’eau interstitielle et si ils sont chargés positivement
ils sont retenus par les particules argilo-humiques. Au final ils sont fixés au sol et non
entraînés par les eaux d’infiltrations et de ruissellements.

3-3-1-2 /Les composés organiques apolaires


Ils sont hydrophobes et absorbés au niveau des particules argilo-humiques. Ils sont retenus
dans le sol. Un bon herbicide doit être chargé positivement pour être retenu par les particules
argilo-humiques.

3-3-1-3 /Les métaux


Plus le pH du sol est élevé et mieux les métaux sont retenus. En pH acide les métaux se
solubilisent et sont entraînés plus facilement par les eaux d’infiltrations et de ruissellements.
Lors des pluies acides les cations présents dans le sol (K+, Na+, Mg2+) sont remplacés par les
ions H+ et le sol s’appauvrit.

10
3-3-2 /Transformation des xénobiotiques dans le sol

3-3-2-1 /Transformation physico-chimique (abiotique)


Elles sont très nombreuses (réactions acido-basiques, réactions d’oxydo-réductions,…). La
transformation des xénobiotiques peut conduire à la production de produits plus dangereux
que les initiaux.

3-3-2-2 /Transformation biologique (biotique)


Elles sont dues aux microorganismes du sol. Les réactions de transformations biologiques
sont d’autant plus efficaces que les molécules sont solubles dans l’eau.

Les composés organiques polaires : montrent une première phase de latence suivie d’une
deuxième phase d’utilisation de la matière organique par les bactéries.

Les composés organiques apolaires : montrent une première phase de non rétention dans le
sol suivie d’une deuxième phase d’absorption par les particules du sol où ils ne sont pas
transformés par l’eau. Le meilleur pesticide est peu soluble et il est retenu par les particules du
sol.

[Xéno] [Xéno]
Composé organique polaire Composé organique apolaire

Temps Temps

11
2-4 /La biosphère

2-4-1 /Transport des xénobiotiques dans les organismes vivants

2-4-1-1 / La diffusion
Pour les substances polluantes il y a la plupart du temps diffusion libre dans la membrane
biologique. Il s’agit d’un transport passif qui se fait à travers les pores membranaires. La
diffusion facilitée se fait au moyen d’un transporteur protéique. La vitesse de diffusion
dépend des propriétés de la molécule. Pour diffuser rapidement une molécule doit être
lipophile. Cette diffusion est plus rapide lorsque la molécule possède une certaine affinité
pour l’eau ce qui permet son passage dans le cytoplasme. La diffusion se fait rapidement
quand la molécule est peu ou pas ionisée (cage de solvatation). L’ionisation d’une molécule

dépend du pH : AH ⇆ A- + H+.En pH acide la réaction va dans le sens de la formation d’AH


qui diffuse. La taille de la molécule joue également un rôle dans sa diffusion dans les
membranes biologiques.

La diffusion chez les invertébrés et vertébrés terrestres : les invertébrés terrestres


possèdent une cuticule qui laisse passer les toxiques lipophiles (insectes).Pour les vertébrés
terrestres les poumons sont les organes majeurs de l’absorption des polluants gazeux ou
particulaires. La plupart sont retenus et peuvent être éliminés grâce aux ciles présent dans la
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trachée ou dans les poumons ou englobés dans le mucus. Le tube digestif est une voie
importante de transport des toxiques (eau de boisson, nourriture). La peau est en général une
barrière et protège l’organisme mais les toxiques les plus lipophiles traversent la peau plus
facilement.
La diffusion chez les invertébrés et vertébrés aquatiques : les organismes aquatiques
s’intoxiquent par l’eau de boisson ou la nourriture. Les organes les plus touchés sont les
branchies et le tube digestif. Les xénobiotiques sont moins facilement absorbés par les
poissons d’eau douce que par les poissons d’eau de mer. Les poissons d’eau douce ne
subissent pas de pertes d’eau et de sels car le milieu d’eau douce reste hypotonique par
rapport à leur corps. Ils n’ont donc pas besoin de boire de l’eau. Mais tous les organismes
aquatiques se contaminent au niveau des proies. On parle de bioamplification de la
contamination à travers le réseau trophique.

Producteurs (autotrophes) → Consommateurs (hétérotrophes)


↑ ↓
Décomposeurs et Détritivores

2-4-1-2 /La bioamplification ou bioaccumulation


La bioaccumulation est l’accumulation de substances toxiques dans les tissus des organismes
vivants. C’est le cas par exemple des toxiques cumulatifs qui vont s’accumuler dans les tissus
des organismes et dont les effets toxiques ne se produisent que lorsque leur dose d’effets sera
atteinte. Tous les organismes vivants sont ainsi capables, à divers degrés, d’accumuler des
substances toxiques, ce qui peut, dans un certain cas, entraîner des phénomènes de transfert et
d’amplification dans la chaîne alimentaire, avec des teneurs observées d’autant plus fortes que
l’organisme est élevé dans la chaîne alimentaire. Ainsi dans un réseau trophique la
concentration en polluants augmente en remontant la chaîne alimentaire. C’est dans
l’organisme humain que s’accumule le plus de toxiques et cela est directement lié à la
prédation. Les producteurs se contaminent à travers l’eau polluée et concentrent les polluants.
Les consommateurs se contaminent par consommation des producteurs pollués. Il y a un
rapport de 1 / 100 000 entre les producteurs et les consommateurs. Il existe de très
nombreuses exceptions et parfois la pyramide de concentration est inversée car les organismes

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se situant au sommet de la chaîne alimentaire sont de plus en plus évolués et sont capables de
cataboliser et d’éliminer les xénobiotiques. Le paramètre utilisé est le facteur de
bioconcentration (BCF) qui mesure la concentration du polluant dans l’organisme. Cependant,
on s’appuie sur le coefficient de partage n-octanol/eau (Kow) pour prédire la capacité d’un
polluant à se bioaccumuler. Cette valeur est une estimation du partage de la substance entre
l’eau et les graisses des tissus. Elle est donc utilisée pour prédire l’accumulation de la
substance dans les tissus graisseux. Le Kow est souvent exprimé par son logarithme : Log
Kow = Log P. Il est généralement considéré qu’une substance est bioaccumulable si Kow ≥
1 000 ou Log P ≥ 3. Par ailleurs :

BCF = [polluant dans l’organisme] / [polluant dans le milieu]


ou
BCF = Kow / [polluant dans les lipides]

2-4-1-3 /La distribution des xénobiotiques

Chez les animaux les molécules sont absorbées par le tube digestif et les contaminants passent
dans le sang pour les vertébrés et dans l’hémolymphe pour les invertébrés. Ils passent dans les
cellules sanguines et les globules rouges, le caractère lipophile amplifie le passage. Les
xénobiotiques peuvent être fixés sur les lipoprotéines puis dans les tissus et dans les organes.
Le foie chez les vertébrés ou l’hépatho-pancréas chez les invertébrés sont les organes de
concentration des xénobiotiques. Le cerveau peut concentrer des xénobiotiques plutôt
lipophiles car ils réussissent à traverser les barrières hémato-céphaliques. Les os peuvent
également concentrer des xénobiotiques en particulier le plomb, le strontium. Chez les
organismes aquatiques les glandes génitales sont souvent développées (Truite, Oursin) et ce
développement est souvent saisonnier (les glandes génitales sont plus volumineuses en hiver
qu’en été). Les xénobiotiques et leurs concentrations augmentent plus en hiver qu’en été dans
les gonades des organismes aquatiques. Les invertébrés aquatiques sont des animaux à sang
froid et ont une physiologie qui varie en fonction des saisons. Si il faut étudier la
concentration en xénobiotiques chez les invertébrés, il faut mener les analyses sur une année
car les concentrations varient fortement. Dans les muscles la concentration est plus faible
mais pourtant :

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La [xénobiotique] dans le foie = 10 U de [ ] x masse,
La [xénobiotique] dans le muscle = 1 U de [ ] x masse.
En terme de quantité c’est souvent dans le muscle qu’on trouve une grande quantité de
polluants. Dans ces organes qui accumulent les xénobiotiques, ils sont stockés à différents
niveaux. Ils se déposent dans les dépôts graisseux et dans les membranes cellulaires.
Certaines protéines captent certains xénobiotiques. Dans le foie il existe des protéines
capables de stocker des métaux lourds. Il s’agit des métallothionéines qui sont riches en
cystéines (-SH), les atomes de soufre ayant la capacité de se lier aux métaux lourds.
Physiologiquement les métallothionéines servent à réguler la concentration plasmatique en
métaux essentiels (exemple du Fe, Zn, etc.). Lorsque la concentration plasmatique en métaux
essentiels augmente dans les organismes il y a induction des métallothionéines (x 1 000) qui
vont capter et réguler les métaux en excès concentrés dans le foie. Or il se trouve que les
métallothionéines sont également induites par les métaux lourds. La surveillance des métaux
lourds dans les milieux aquatiques se fait par prélèvement de foie des animaux et analyse de
la quantité en méthallothionéine. Si celle-ci est forte il y a donc pollution aux métaux dans le
milieu.

2-4-2 /Transformation des xénobiotique dans les organismes


De très nombreux toxiques sont transformés après leur absorption. Ces réactions se déroulent
dans le cytoplasme des cellules et en particulier les hépatocytes. Les réactions de
biotransformation sont nombreuses et complexes, les plus connues font appelle à des activités
enzymatiques (les MFO : Multi Fonction Oxygénase) qui sont des enzymes membranaires.
On les trouve chez les vertébrés, les invertébrés et les plantes. Ces MFO agissent sur les
substrats lipophiles (au départ des substances lipidiques naturelles comme les stéroïdes, les
hormones sexuelles et surrénales) naturels mais aussi des xénobiotiques comme certains
hydrocarbures. Les MFO servent à transformer les lipides en les rendant hydrophiles. Ainsi ils
pourront être éliminés dans l’urine. Ces réactions se déroulent également avec des substrats
contaminants et elles se produisent en deux étapes :
Phase 1 : modification de la structure initiale
Cette réaction nécessite en plus des MFO une protéine qui appartient au groupe des
cytochromes P450 (absorption à 450 nm). Il s’agit d’hémoprotéines comme l’EROD
(EthoxyResorufine-o-Dééthylase) ou l’ECOD (EthoxyCoumarine-o-Dééthylase).
MFO
RH + NADPH + H+ + O2 → R-OH + NADP + H2O

15
Phase 2 : élimination des produits
Le substrat transformé (R-OH) n’est pas assez soluble et va être encore transformé. Il va se
former une liaison avec certaines molécules endogènes (Glutathion, Glycine, acide
glucuroïque). Cette réaction nécessite une enzyme (Glutathion-S-transférase). Les produits
formés sont solubles dans l’eau et pourront être éliminés.
R-OH + G-SH → R-SG + H2O

L’exposition à certains hydrocarbures induit la synthèse de MFO, des cytochromes P450 et


des transférases. Ces mécanismes physiologiques fonctionnent pour transformer les stéroïdes
(normal) et les hydrocarbures (anormal). Il s’agit d’un mécanisme d’induction. Les MFO sont
inefficaces lorsque les molécules comportent des hydrocarbures aromatiques chlorés (PCB,
dioxine, etc.). Ce système a donc une efficacité limitée. Au cours des réactions de
biotransformations des métabolites extrèmements réactifs peuvent être produits et ils
deviendront beaucoup plus dangereux. Par exemple le benzo[a]pyrène est transformé dans
l’organisme et se lie à l’ADN (adduits). Par la suite il risque de déclencher un cancer. Le
cytochrome P450 transfère les électrons sur l’oxygène et ce transfère génère des radicaux
libres (O∙) très réactifs. Ces derniers cassent les membranes, oxydent les protéines, s’attaquent
à l’ADN. Ces réactions peuvent être à l’origine de graves troubles biochimiques au niveau des
cellules. Les xénobiotiques s’accumulent dans les graisses (triglycérides). Les activités de
biotransformations sont moins importantes chez les jeunes.

2-5 /Importance des propriétés physico-chimiques des xénobiotiques

2-5-1 /Répartition dans l’environnement

AIR/EAU l’équilibre et la répartition d’une substance dans l’air et dans l’eau sont donnés
par la loi de Henry (constante).

[polluantair] = [polluanteau] x H ⇨ H = [polluantair] / [polluanteau]


SOL/EAU il existe une constante de dissociation (Kd).

Kd = [polluant absorbée dans le sol (µg/g)] / [polluant dans l’eau (µg/ml)]

16
BIOACCUMULATION ou BIOCONCENTRATION la bioaccumulation est la capacité
d’une substance à se concentrer dans un organisme. On mesure un facteur de
bioconcentration.

BCF = [polluant dans l’organisme] / [polluant dans le milieu]


ou
BCF = Kow / [polluant dans les lipides]

COEFFICIENT DE PARTAGE le coefficient de partage (n-octanol/eau) utilise le n-octanol


comme modèle de composé hydrophobe. Une substance qui a un coefficient de partage élevé
(Kow ≥ 1 000) traverse facilement les organismes.

Kow = [polluant dans le n-octanol] / [polluant dans l’eau]

III /Les effets des xénobiotiques

3-1 /Introduction
L’écotoxicologie se préoccupe des effets des xénobiotiques sur les écosystèmes à la
différence de la toxicologie qui s’occupe des effets des xénobiotiques chez l’homme. Les
effets sur les écosystèmes sont la conséquence à plus ou moins long terme d’effets sur les
individus puis d’effets sur les populations sans oublier les effets sur le biotope. Les effets des
polluants résultent d’une succession d’action à des niveaux d’intégrations de plus en plus
élevés.
Le premier niveau c’est la cellule et les effets sont biochimiques.
Le deuxième niveau c’est l’organisme et les effets sont physiologiques.
Le troisième niveau c’est l’écosystème et les effets sont sur les populations et les
communautés.
Ces trois niveaux se distinguent par l’échelle des temps c'est-à-dire la durée nécessaire pour
que les xénobiotiques agissent (cellule = minute/heure ; organisme = 1 journée ; écosystème =
1 année). Etudier les effets des xénobiotiques sur les écosystèmes est beaucoup plus difficile
qu’au niveau cellulaire. L’échelle de temps sur une année tient compte des cycles biologiques
(4 saisons). Les études sur les écosystèmes sont peu nombreuses.
17
3-2 /Notion d’exposition et de biodisponibilité
L’exposition est le couple [polluants] / durée auquel les organismes sont exposés. Plusieurs
paramètres interviennent dans la notion d’exposition :
Le mode d’exposition (continu, occasionnel), la voie d’exposition.
Les facteurs qui vont influer sur le devenir et sur la persistance du polluant dans le
milieu naturel et qui dépendent en grande partie des propriétés physico-chimiques du
polluant.
La biodisponibilité se définit comme la propriété d’un élément ou d’une substance d’atteindre
les membranes cellulaires des organismes vivants. Il s’agit d’un des paramètres essentiels de
la toxicité car un changement de la biodisponibilité d’un polluant équivaut à un changement
de toxicité. C’est le statut physique (absorbé, solubilisé) ou chimique (complexé, ionisé) dans
lequel se trouve un polluant et qui conditionne son écotoxicité. Un polluant biodisponible est
un polluant auquel les organismes sont exposés. Au contraire, un polluant non biodisponible
est un polluant auquel les individus ne sont pas exposés. C’est le cas par exemple des
polluants stockés dans les sédiments. Lorsqu’ils sont stockés, ils ne présentent un risque que
pour les organismes fouisseurs (vers, larves), les organismes vivant uniquement dans l’eau
ayant peu de chances d’y être exposés (poissons). Cependant, même si la probabilité
d’exposition ne concerne, dans un premier temps, que certains organismes de la chaîne
trophique, les substances toxiques des sédiments sont à surveiller, d’une part en raison de leur
risque de remise en solution suite à un changement d’équilibre entre leur forme libre dans
l’eau et leur forme stockée dans les sédiments, d’autre part en raison du risque de
transmission par la chaîne alimentaire. Un xénobiotique se trouve toujours sous deux états :
l’état lié ou complexé potentiellement dangereux (la charge toxique) et l’état libre ou
biodisponible.
Les xénobiotiques dans l’air la biodisponibilité est forte (+++) mais le danger ou le risque
est à court terme.
Les xénobiotiques dans l’eau la biodisponibilité est moins forte (++) mais la toxicité est plus
élevée.
Les xénobiotiques dans le sol la biodisponibilité est plus faible (+) mais la charge toxique est
très forte et pourra être libérée à court et à long terme.
Les xénobiotiques dans l’organisme la biodisponibilité dépend de son transport, de sa
concentration, de sa complexation, de son métabolisme, de son excrétion.

18
3-3 /Les effets biochimiques des polluants
Au niveau des cellules on distingue deux grands types d’effets : toxiques et
protecteurs/réparateurs.

3-3-1 /Les effets toxiques


Ils se manifestent lorsque les systèmes de protections et de réparations sont excités ou inhibés.

3-3-1-1 /Les effets sur les membranes biologiques


Ils se produisent sur les lipides et les protéines membranaires. Plus la membrane biologique
est composée d’acides gras et plus la membrane est fluide (flexibilité et déplacement des
protéines). Or les doubles liaisons des acides gras sont très fragiles.

La péroxydation : aboutit à la rupture d’une double liaison et à la formation d’un pont


péroxyde entre deux acides gras (A1 – o–o - A2).De nombreux agents sont capables de
péroxyder les lipides membranaires. Ils perdent leur propriété de fluidité rendant la membrane
plus rigide et cassante avec altération des protéines. La photooxydation est la transformation
de substances en présence d’UV et d’oxygène. Les radicaux libres formés sont capables de
péroxyder les acides gras. C’est le cas des anions superoxydes (O2∙) et des radicaux
hydroxyles (OH∙). Tous ces radicaux sont produits spontanément au cours du métabolisme de
l’oxygène ou de la dégradation des substances toxiques. Les cellules possèdent des moyens de
protections que les toxiques sont capables d’inhiber.
Le blocage des canaux : typique de certains insecticides (pyréthrines, organochlorés) qui
agissent au niveau des canaux ioniques et perturbent l’activité neuromusculaire (mort).
L’inhibition enzymatique : certains enzymes sont sensibles aux produits chimiques.
L’acétylcholinestérase dégrade l’acétylcholine en excès au niveau de la synapse
neuromusculaire. Certains insecticides (organophosphorés, carbamates) inhibent
l’acétylcholinestérase. Ainsi l’acétylcholine se retrouve en excès car non dégradée et
provoque des contractions anormales (tétanos) jusqu’à la mort de l’invertébré. Au cours de la
métabolisation des pesticides il y a production d’oxons très actifs mais l’organisme dispose
d’antioxons. Les pesticides sont moins dangereux pour les hommes mais certaines personnes
peuvent être plus sensibles.

19
3-3-1-2 /Les effets sur le noyau cellulaire
La toxicité vis-à-vis du génome se manifeste sous trois formes :
Effet tératogène qui se traduit par des mals formations embryonnaires,
Effet cancérigène qui se traduit par le développement d’une tumeur,
Effet mutagène qui se traduit par la liaison irréversible de l’ADN.

Les mécanismes de la cancérogenèse vis-à-vis de polluants


Depuis l’aire industrielle, la plupart des cancers sont induits par la pollution, l’alimentation.
Le cancer est une maladie de civilisation. A l’origine le processus de cancérogenèse débute
par une cellule anormale déréglée dont les capacités de proliférations vont être déviées
(cellule mère). La première division est marquée par une perte de spécialisation par les
cellules filles suivit de leurs multiplications anarchiques (métastase).

La première étape (initiation) : se traduit par l’altération du génome via l’apparition d’une
liaison de l’ADN. La cancérogenèse est directe lorsque l’agent initiateur agit directement sur
le patrimoine génétique et indirecte lorsque l’agent initiateur doit être au préalable métabolisé
pour devenir actif. Ces agents peuvent être physiques (radiations), chimiques (polluants) et
biologiques (virus). Il existe des zones privilégiées de transformations des gènes
(protooncogènes) par les agents cancérigènes (oncogènes).
La deuxième étape (promotion tumorale) : les cellules qui ont subi le processus d’initiation
peuvent rester au repos très longtemps. L’étape suivante de prolifération est due à des agents
promoteurs qui sont des substances chimiques variées (xénobiotiques). Les promoteurs
agissent sur les mécanismes de transduction des signaux cellulaires (phénomènes électriques
membranaires) et non au niveau de l’ADN. Ces effets membranaires produisent la
prolifération des cellules. Cette étape de promotion tumorale est réversible et peut être
bloquée (alors que la première étape ne peut être bloquée).
La troisième étape (progression) : nécessite un évènement génétique qui entraîne la
formation de métastases et la généralisation du cancer.

3-3-2 /Les effets réparateurs

3-3-2-1 /Les MFO


Transformation des xénobiotiques lipophiles en xénobiotiques hydrophiles qui sont par la
suite éliminés dans l’urine.

20
3-3-2-2 /Les gènes suppresseurs d’oncogènes
Ce sont des systèmes de réparation de l’ADN et de destruction des xénobiotiques.

3-3-2-3 /Les protéines de stress


Les Protéines de Stress Thermique (HSP) et les protéines de stress chimique contribuent à
réparer les dommages occasionnés par le stress.

3-3-2-4 /Les antioxydants


La Super Oxyde Dismutase (SOP), la catalase, la peroxydase, les vitamines C et E protègent
spontanément les cellules des radicaux libres.

3-4 /Les effets physiologiques des polluants


Ils apparaissent avec l’accumulation des polluants dans les organes. Les effets sur la
reproduction sont les plus préoccupants car ils peuvent conduire à la disparition d’espèces.

3-4-1 /Les effets sur les fonctions

3-4-1-1 /Les effets somatiques

Le système nerveux: Ils peuvent entraîner la mort des individus. Ils se manifestent à court
terme et les fonctions du SN sont sensibles à de faibles concentrations (nanomole,
picomole,…).
L’appareil respiratoire: En milieu aquatique ils se produisent au niveau des branchies par
colmatage lorsque les Matières En Suspension (MES) sont très importantes avec destruction
des cellules. En milieu terrestre certains toxiques altèrent la respiration cellulaire comme le
monoxyde de carbone (CO) qui bloque les échanges gazeux entre le sang et les poumons. Les
troubles respiratoires peuvent entraîner la mort, en général les concentrations sont plus
élevées.
L’appareil digestif: un organisme intoxiqué s’arrête de manger d’autant plus longtemps que
la concentration en toxique est élevée. Les toxiques peuvent agir sur les enzymes et les
transporteurs impliqués dans l’absorption ainsi que sur la structure du tube digestif par
destruction des cellules. Tous ces effets ont pour aboutissement final de perturber la

21
croissance des organismes exception faite des nitrates et phosphates qui favorisent la
prolifération des algues microscopiques en milieu aquatique (phytoplancton).
Les lésions tissulaires : De nombreux toxiques détruisent les tissus au niveau branchial,
pulmonaire, rénal, digestif, etc. Généralement les destructions se produisent au niveau des
interphases.

3-4-1-2 /Les effets germinales


Les atteintes sont graves car elles induisent des pertes de biodiversité. Des perturbations
amenées sur le milieu (zone de reproduction) peuvent engendrer des problèmes de
reproduction (chalutage, travaux dans les rivières,…).

La fécondité : la fécondation peut être affectée par altération des structures de l’ovule ou des
spermatozoïdes. L’oursin est l’animal modèle permettant de mettre en évidence l’effet des
xénobiotiques sur la fécondation (le test oursin). La reproduction chez l’oursin est saisonnière
(hiver). Dans l’eau de mer on traite les ovules et les spermatozoïdes par polluant et on fait un
témoin. Pour le témoin il y a 100% de fécondation alors que pour l’eau traitée avec des
polluants (gamme étalon) il y a baisse du pourcentage de fécondation (inhibition).La réaction
est extrêmement sensible car les effets se produisent à très faible concentration et le
développement embryonnaire est très sensible aux toxiques (mal formation au bout de 48
heures).
Les gonades : certains toxiques peuvent avoir des effets sur la maturation des gonades.

3-4-1-3 /Les effets endocriniens


De très nombreux exemples montrent que de nombreux toxiques produisent des troubles
hormonaux. Les antagonistes thyroïdiens sont compétiteurs des hormones thyroïdiennes au
niveau de leurs transports (baisse du taux en hormones thyroïdiennes). Ces molécules sont
souvent issues de réactions de biotransformations. Les TBT (tributyléthane) sont des
organostanniques utilisés pour traiter les coques des bateaux et agissent comme des analogues
des hormones males en particulier pour les gastéropodes femelles (Nucella lapillus) qui
développent un imposexe. Dans les milieux aquatiques il y a présence de produits
féminisants (oestrogen-like). Ces pesticides entraînent une modification du sex-ratio (rapport
♂ / ♀ = 50%) de 30% pour les ♂ et de 70% pour les ♀. Les MFO ont une synthèse induite
en présence de toxiques :

22
[Xénobiotique] ↗ ⇨ [MFO] ↗ ⇨ [hormone stéroïdienne] ↘ ⇨ reproduction ↘

3-4-1-4 /Les effets comportementaux


Les réactions comportementales sont les premières manifestations à l’effet des xénobiotiques.

La reproduction : le comportement sexuel est propre à chaque espèce (parade amoureuse,


coloration, etc.) et face à une exposition le comportement sexuel est altéré.
L’alimentation : les animaux s’arrêtent de manger.
La réaction de fuite : elle est sensible aux polluants. Le réflexe de fuite est altéré, la proie se
déplace moins vite et le prédateur la rattrape plus facilement. La baisse de la réaction de fuite
contribue au transfert des contaminants de la proie vers le prédateur.
Les phéromones : elles sont fabriquées par un organisme dans le but de produire un
comportement chez les autres. Il existe des phéromones de reproduction, d’alerte, de
migration, etc. Or certains xénobiotiques peuvent s’apparenter à des phéromones et
provoquent une modification du comportement reproducteur, du comportement de fuite, du
comportement migrateur etc. Le test poisson effectué dans un aquarium permet de connaître
une contamination à très faible concentration par modification du mode natatoire des truites
(réaction très sensible).

3-5 /Les effets écologiques des polluants


Un écosystème est complexe et étudier les effets des xénobiotiques sur ce dernier reste
difficile. A cela s’ajoute la durée expérimentale qui doit être au minimum d’une année (4
saisons). Il faut tenir compte des espèces végétales, animales et des conditions du milieu pour
pouvoir conclure sur l’effet des polluants dans un écosystème.

3-5-1 /Généralités
Un écosystème est l’association de la biocénose avec le biotope. La communauté représente
l’ensemble des populations de la même espèce.
La richesse spécifique nombre d’espèces que comporte la communauté.
L’abondance (densité) nombre d’individus de chaque espèce.
L’abondance relative proportion de chaque espèce.
La diversité spécifique se mesure par un indice qui tient compte de la richesse et de
l’abondance. Il existe de nombreux indices comme l’indice de Shannon. Cet indice doit

23
refléter l’évolution de l’écosystème car un écosystème atteint son optimum quand le nombre
d’espèce est maximum (le climax = indice maximal).

3-5-2 /Les effets sur l’abondance


L’introduction de polluants dans un écosystème se traduit par une diminution de l’espèce la
plus sensible. Très souvent cette espèce est la plus caractéristique du milieu (elle ne s’est
développée que dans cet endroit). C’est souvent l’espèce dominante mais elle est très fragile.
Le fait d’introduire un polluant va provoquer la disparition de l’espèce. Dans la chaîne
alimentaire classique les consommateurs carnivores sont en général plus spécialisés que les
consommateurs herbivores qui sont également plus spécialisés que les producteurs. Très
souvent les consommateurs carnivores sont les plus sensibles aux perturbations de
l’environnement.

3-5-2-1 /La richesse spécifique


Se manifeste dans un deuxième temps. La disparition de l’espèce la plus sensible provoque
une baisse de la richesse spécifique. La pollution et les activités anthropiques sont les causes
de la disparition de certaines espèces. La surpêche et la déforestation ont contribué à diminuer
la richesse spécifique. Souvent il arrive que la disparition d’une espèce provoque son
remplacement par une autre dans une même niche écologique et on parle de substitution
d’espèces. Mais celle-ci est souvent moins noble et l’écosystème perd sa richesse. Au final les
écosystèmes pollués ont tendance à se ressembler.

3-5-2-2 /La diversité


La diversité est fonction de l’abondance (a) et de la richesse spécifique (r) et
f (a,r) = indice de Shannon. Dans les milieux naturels qui sont à leur optimum de
développement (climax) cet indice est élevé et change en fonction de la pollution.

3-5-2-3 /Les successions écologiques :

Les successions chronologiques : après un feu de forêt ou une inondation l’écosystème est
dans un premier temps recolonisé par des espèces pionnières. Ces espèces sont de petites
tailles et très prolifiques. Elles ont une croissance rapide mais une faible longévité, se
renouvellent rapidement et consacre leur budget énergétique à la reproduction (stratège r).
Dans un deuxième temps ces espèces pionnières sont remplacées par des espèces de plus

24
grande taille dont la croissance est lente. Elles ont une plus longue longévité, se renouvellent
plus lentement et consacrent leur budget énergétique à la croissance (stratège k). Ces espèces
éliminent progressivement les précédentes grâce à leur forte compétitivité. Au cours de ces
successions on note toujours une tendance à l’accroissement de la richesse spécifique et de
l’abondance L’introduction de polluants dans un écosystème tend à maintenir les
communautés dans le stade pionnier car les espèces à stratège r qui la compose sont plus
tolérantes à la pollution.
Les successions topographiques : un rejet industriel dans un cours d’eau est marqué par
quatre zones de l’amont à l’aval.

Cours d’eau

1 2 3 4

Zone 1 : zone de dégradation avec disparition totale de la biocénose.


Zone 2 : zone de décomposition active avec utilisation de la MO produit par l’effluent par les
bactéries et les champignons pour leur croissance. Certaines espèces résistantes à la pollution
prolifèrent en l’absence de compétiteur.
Zone 3 : les polluants sont de plus en plus dilués et dégradés en amont. Il y a restauration et
apparition d’espèces d’eau propre.
Zone 4 : zone d’eau propre.

3-5-3 /Les effets sur la pression de prédation


C’est le degré d’influence d’un prédateur sur sa proie. Le système est simple, dans un premier
cas la disparition du prédateur entraîne la prolifération des proies ou dans un deuxième cas la
disparition des proies entraîne la disparition des prédateurs.

3-5-4 /La résistance aux polluants


L’intoxication prolongée d’un organisme à une source de pollution l’amène à développer un
système de résistance. Lorsque un insecte devient résistant à un pesticide alors l’homme

25
change de pesticide ou il augmente sa concentration en aggravant les problèmes de pollution.
A l’heure actuelle on essaye de remplacer les pesticides par des animaux (lutte biologique).

3-5-5 /Les effets biomasse/production

3-5-5-1 /La production primaire


C’est la quantité de MO produite par les organismes autotrophes (64% dans le milieu terrestre
et 36% dans le milieu marin).

3-5-5-2 /La production secondaire


C’est la quantité de MO accumulée par les organismes hétérotrophes à partir de la quantité de
MO produite par les organismes autotrophes. Si la production primaire est affectée par la
pollution alors la production secondaire l’est aussi (exception faite dans le cas du phénomène
de dystrophisation)

IV /Les menaces globales sur l’environnement


Dans les années 80 commence une prise de conscience sur la pollution qui auparavant n’était
que locale. C’est à partir de cette décennie que les problèmes de la couche d’ozone et de
dystrophisation planétaire commencent. Il s’agit des menaces globales sur l’environnement
qui perturbent les grands cycles biogéochimiques du carbone, de l’azote, du phosphore et du
soufre.

26
4-1 /Perturbation du cycle du carbone

4-1-1 /En milieu terrestre


U est exprimé en milliard de tonnes de dioxyde de carbone (CO2).Il reste 2 milliards de tonnes
de CO2 qui ne sont pas recyclés (déboisement).

photosynthèse respiration décomposition


102 U 50 U 50 U

4-1-2 /En milieu marin


Dans les océans 92 U sont produits et 90 U sont recyclés. Les 2 U restant correspondent au
carbone sédimentaire. Mais la combustion des fossiles perturbe le cycle (5 U non recyclés).

Terre Océan Homme


Carbone organique 102 U 92 U
Carbone minéral 100 U 92 U 2U+5U

4-1-3 /L’effet de serre


C’est un phénomène naturel. Il permet d’obtenir une température viable pour l’ensemble des
organismes vivant sur la planète (température moyenne d’environ 12°C). Cependant le CO2
non recyclé et accumulé dans l’atmosphère augmente l’effet de serre planétaire. Si [CO2]
atmosphérique augmente alors l’effet de serre augmente et si [CO2] atmosphérique baisse
alors l’effet de serre diminue.

I = R + D et A = R / I

27
(avec I = énergie incidente, R = radiation IR, D = diffusion, A = albédo). L’albédo est
l’énergie lumineuse réverbérée vers l’espace. Une augmentation de l’albédo entraîne un
refroidissement de la terre alors qu’une diminution de l’albédo provoque un réchauffement de
la terre.

4-1-4 /La couche d’ozone


La masse d’ozone qui disparaît par an équivaut à la masse de la population mondiale actuelle.
La couche d’ozone est un filtre naturel qui protège les organismes vivants de certains
rayonnements :

Les UV C (190-280 nm) sont absorbés par l’oxygène atmosphérique qui se transforme en
ozone,
Les UV B (280-320 nm) sont absorbés par l’ozone. Ils sont responsables de cataractes, de
perturbations du système immunitaire et du cancer de la peau,
Les UV A (320-400 nm) sont atténués par l’atmosphère,
Les UV visibles (> 400 nm)

CYCLE DU CARBONE
CO2 Activité
humaine
AIR/TERRE
Carbone minéral
Physiologie Fermentation
Respiration
Carbone organique

Biomasse

EAU Carbone minéral CO32-

Physiologie
Fermentation
Carbone organique
Respiration

Biomasse
Volcanisme
28
Carbone
dissout

Pétrole
4-2 Perturbation du cycle du soufre
Les aérosols sulfatés (induits par H2S et DMS) sont régulateurs du climat (effet de serre) et
peuvent augmenter l’albédo (R/I) provoquant une diminution de l’énergie diffusée qui arrive
sur terre. Si la température augmente, la biomasse phytoplanctonique augmente, la
concentration en Sulfure De Méthyle (DMS) augmente, l’albédo augmente et la température
finit par diminuer. La planète réagit comme un vaste réseau autorégulateur (Hypothèse de
Gaïa de LOVE LOCK). Deux tiers des gaz soufrés (SO2) sont émis dans l’hémisphère nord.
Lorsque SO2 est présent dans la couverture nuageuse, il réagit avec les radicaux hydroxyles
(OH●) pour former de l’acide sulfurique (H2SO4). L’acide sulfurique retombe sous forme de
pluies acides à la surface terrestre. Lorsque SO2 n’est pas présent dans la couverture nuageuse
il réagit avec les DMS pour former des aérosols sulfatés. Ces derniers pourraient contribuer à
baisser l’effet de serre mais ils peuvent atteindre la haute atmosphère et réagir avec l’ozone
stratosphérique. L’hypothèse de Gaïa est juste mais si il y a trop de perturbations alors il y a
des problèmes d’autorégulation. Depuis les années 90 les pluies acides ne sont pas les seules
causes du dépérissement des forêts mais aussi l’ozone, les NOx et les UV y contribuent.

CYCLE DU SOUFRE H2SO4

Atmosphère SO42-

OH●
Roche
DMS
(SO42-)

Sol
SO2

Phytoplancton Eau Plantes et animaux


(souffre organique)

Activité 29
Sédiment humaine
4-3 /Perturbation du cycle de l’azote et du phosphore
Les oxydes d’azote (NOx) produits par les activités anthropiques sont responsables d’une
partie de la pollution atmosphérique. D’autre part les nitrates (NO3-) et les phosphates (PO43-)
utilisés comme engrais par l’agriculture sont responsables après lessivage des sols de la
pollution aquatique (nappe phréatique, rivière, lac, etc.). Ces xénobiotiques dans
l’environnement perturbent les grands cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore. Le
problème majeur en milieu aquatique est la dystrophisation qui est marquée par une anomalie
du rapport entre la concentration en azote et la concentration en phosphore (rapport N/P). La
dystrophisation est caractérisée par une augmentation de la biomasse végétale entraînant une
baisse de la concentration en oxygène du milieu et la disparition d’espèces oxyphiles. A ce
problème s’ajoute la possibilité de production de toxine par certaines algues comme
Dinophysis qui produit la DSP (Diarrhéique Shellfish Poison) ou Alexandrium qui produit la
PSP (Paralitic Shellfish Poison). Les nitrites en excès dans l’eau peuvent causer des
problèmes de toxicité chez les nouveaux nés (méthémoglobines).

CYCLE DE L’AZOTE N2 Dénitrification

NOx Nitrate
Fixation (NO3-)
bactérienne

Activité
humaine Assimilation
Nitrification Ammonisation

Pétrole
Plantes et animaux Minéralisation
Charbon

Sédiment Putréfaction

30
CYCLE DU PHOSPHORE

Plantes Plantes
Sol

Ecosystème Ecosystème
Animaux Animaux
terrestre aquatique
Minéralisation

Décomposeurs Décomposeurs

Sédimentation

31
V /Protection contre les pollutions
La protection s’organise à trois niveaux : la prévention, le traitement et la surveillance.

5-1 /La prévention


L’objectif est de réduire les rejets. Les aspects techniques sont de mieux maîtriser les
procédés de fabrication, de mieux utiliser les matières premières et de réduire les quantités
d’effluents (la qualité des combustibles, le transport des substances dangereuses, la sécurité
des installations et des produits). Les aspects législatifs sont d’édicter les mesures
antipollution afin de réduire les émissions en fixant des valeurs limites d’émission pour un
certain nombre de matières dangereuses (interdire les rejets de certains composés,
réglementer tous les rejets, fixer des objectifs de qualité pour les milieux, réglementer la
gestion environnementale au niveau des entreprises par application de la norme ISO 14 001).

5-1-1 /Sécurité des produits chimiques


Elle vise à apprécier les risques écotoxicologiques des produits chimiques. Ces risques
dépendent de la durée d’exposition et de l’importance des effets biologiques. Il existe depuis
les années 80 une directive Européenne et une loi Française qui obligent les producteurs ou
les importateurs des produits chimiques à étudier les effets de ces produits avant leur mise sur
le marché (effets sur l’homme, l’environnement, les propriétés physico-chimiques, les
quantités mises sur le marché). Ce dossier de notification est indispensable pour que les
produits chimiques puissent être commercialisés. En raison de l’inefficacité, une nouvelle
stratégie s’élabore. Le livre blanc sur la chimie (2001) précise les nouvelles orientations de
sécurité des produits chimiques. Il propose la mise en place d’une procédure REACH
(Registration Evaluation Autorisation of CHemicals enregistrement).Cette fois la sécurité des
produits chimiques est plus sévère et très coûteuse pour les industriels qui mettent des
substances sur le marché. En matière d’environnement, comment connaître l’effet
écotoxicologique d’un produit ?

32
5-1-1-1 /Caractéristiques écotoxicologiques

Les propriétés physico-chimiques: le comportement d’une substance dans l’organisme ou


l’environnement est caractéristique de ses propriétés physico-chimiques : la solubilité du
produit, la vitesse d’hydrolyse, la volatilité, la constante de Henry, la constante de dissociation
et le coefficient de partage.

La dégradation et la biodégradation: ce sont les principaux facteurs qui régissent le devenir


des substances chimiques dans l’environnement. La dégradation désigne toute action physico-
chimique aboutissant à la minéralisation plus ou moins complète d’une molécule. La
biodégradation est une dégradation biologique effectuée par les êtres vivants (bactéries,
champignons, etc.). Elle est due à l’abondance et à la variété des micro-organismes dans le
milieu considéré. L’attaque d’une molécule chimique par des micro-organismes a pour
aboutissement sa minéralisation et l’obtention de métabolites de faibles poids moléculaires.
La biodégradation est un phénomène progressif qui se déroule en deux stades :

La biodégradation primaire : est une attaque partielle de la molécule. Dans certains cas elle
peut aboutir à l’apparition de métabolites persistants plus biodisponibles ou plus toxiques que
la molécule initiale. La concentration en molécules dégradées permet de voir la vitesse à
laquelle se fait la transformation. L’analyse en milieu liquide permet de simuler le
comportement en milieu aquatique (rivière, lac, mer) et l’analyse en milieu solide permet de
connaître l’efficacité d’épuration des bactéries contenues dans les boues activées des STEP.
La biodégradation ultime : est une dégradation complète conduisant à la formation
d’éléments simples (CO2, H2O, sels minéraux). Cette biodégradation, si elle se fait
rapidement, conduit à l’élimination du polluant dans le milieu. Une substance qui subit une
biodégradation ultime est une substance qui présente moins de risque pour l’environnement
qu’une substance qui subit une biodégradation primaire. L’analyse s’applique également en
milieu liquide et solide mais seul les produits ultimes de dégradation sont dosés. Pour évaluer
la biodégradabilité d’une substance, il existe des méthodes normalisées basées sur des suivis
de cinétique de dégradation bactérienne en condition standard de laboratoire. Cependant, à
défaut, deux paramètres facilement mesurables peuvent être utilisés pour avoir une
appréciation de l’aptitude à la biodégradation des molécules :

33
La Demande Biologique en Oxygène (DBO) est la quantité d’oxygène nécessaire aux
micro-organismes pour dégrader toutes les matières organiques fermentescibles ou substances
biodégradables,
La Demande Chimique en Oxygène (DCO) est la quantité d’oxygène nécessaire pour
oxyder par voie chimique tous les éléments oxydables.
On utilise en général la DBO5 qui est la demande en oxygène des micro-organismes sur 5
jours de tests. Une substance est facilement biodégradable si :

DBO5 / DCO ≥ 0.5

Ecotoxicité : l’objectif de l’écotoxicologie est avant tout la prévention. Pour cela


l’écotoxicologie caractérise le risque d’une substance qui est fonction du danger de la
substance et de la probabilité d’exposition à cette substance. Le danger est fonction de la
toxicité intrinsèque de la substance. Cette toxicité est évaluée en laboratoire à l’aide de tests
sur différents organismes de la chaîne trophique et permet de déterminer une concentration en
dessous de laquelle la substance n’a pas d’effets nocifs sur l’organisme testé. La probabilité
d’exposition à une substance est relative à tout ce qui peut déterminer le devenir de la
substance dans l’environnement et ainsi dépend essentiellement de ses propriétés physico-
chimiques mais également des caractéristiques du milieu récepteur. La probabilité
d’exposition prend également en compte la durée d’exposition (continu, occasionnel), la voie
d’exposition (percutanée, ingestion, inhalation, etc.) et l’individu exposé (sexe, âge, etc.).

Notions de danger : le danger d’une substance est sa toxicité intrinsèque. Deux types de
toxicité sont distingués :
La toxicité aiguë : les effets sont rapides et généralement mortels. La toxicité aiguë se
manifeste après une exposition très courte à une concentration élevée de substance toxique (la
notion de concentration élevée est à relativiser car les polluants sont toxiques à des doses de
l’ordre du microgramme par litre). De ce fait cette exposition entraîne généralement la mort
de l’organisme exposé,
La toxicité chronique : les effets apparaissent après une exposition prolongée à la substance
mais sont imperceptibles sur une courte échelle de temps. La toxicité chronique se manifeste
après une exposition longue à une concentration faible de la substance toxique. La substance
peut exprimer sa toxicité de différentes façons. Elle peut se bioaccumuler dans les tissus de
l’organisme. Après un temps de latence suffisamment long, la concentration accumulée

34
dépasse le seuil de toxicité chronique et les effets toxiques s’expriment. La substance peut
également provoquer à de faibles concentrations de légers symptômes. Lorsque ces
symptômes se prolongent dans le temps ils entraînent un dysfonctionnement de l’organisme
plus important. Mais les effets à long terme sont complexes. Exemple d’une expérience
réalisée sur des souris avec injection tous les deux jours d’une quantité donnée de substance
toxique sur plusieurs mois :
Premier cas : les effets cumulés sont les mêmes que les effets d’une seule injection de la
quantité totale de toxique.
Deuxième cas : les effets des doses cumulées sont plus importants que les effets d’une seule
injection.
Troisième cas : les effets des doses cumulées sont moins importantes.
Quatrième cas : certains produits peuvent avoir des effets stimulants à faible concentration et
des effets toxiques à forte concentration. C’est souvent le cas pour les produits biologiques
(exemple de métaux comme le fer, le zinc, etc.).

Concentration

Effets toxiques aiguës

Seuil de
toxicité
aiguë
(CE 50)

Effets toxiques chroniques

Seuil de
toxicité
chronique
(NOEC)

Temps

35
Le seuil de toxicité aiguë est toujours plus élevé que le seuil de toxicité chronique.

Notions de risque : la notion de risque est fonction du danger et de la probabilité


d’exposition. Le danger est déterminé par des tests de laboratoire. La probabilité d’exposition
dans l’environnement est évaluée par diverses mesures directes dans le milieu, modèles de
pollution diffuse, modèles d’évolution des pollutions dans les milieux, etc. Le risque d’impact
d’un rejet dans le milieu est évalué par le rapport suivant :

PEC / PNEC > 1 = milieu menacé

La Predictive Environnemental Concentration (PEC) : est la concentration prévisible dans


l’environnement. La PEC est une évaluation de l’exposition. Elle est calculée à partir du flux
de polluant rejeté dans le milieu et du flux naturel existant dans le milieu (exemple pour une
rivière : PEC = flux du polluant rejeté dans le milieu / débit de la rivière).
La Predictive Non Effect Concentration (PNEC) : est la concentration prévisible sans effet
sur l’environnement. Elle est déterminée à partir des deux concentrations mesurées en
laboratoire, la CE 50 (mesure de la toxicité aiguë) et la NOEC (mesure de la toxicité
chronique). La concentration la plus basse d’un composé qui a un effet sur des organismes de
la chaîne trophique est retenue que cela soit une CE 50 pour un organisme ou une NOEC pour
un autre organisme. Elle est divisée par un facteur d’incertitude évalué en fonction de
l’information disponible (le facteur d’incertitude est d’autant plus élevé si l’information
disponible provient de tests de toxicité aiguë). La PNEC représente le danger d’une substance.
Lorsque PEC < PNEC le milieu n’est pas menacé par la pollution mais lorsque PEC > PNEC
alors le milieu est menacé par la pollution.

Influence des facteurs du milieu :


La toxicité du produit est directement influencée par les facteurs environnants.

Les facteurs normaux


La température : la plupart des organismes ne contrôlent pas leur température à une variable
stable. Une température élevée peut stimuler le métabolisme et augmenter la solubilité du

36
toxique (augmentation de la diffusion et des mouvements browniens) mais parfois une
température élevée peut baisser la solubilité d’un produit (évaporation) en le rendant volatile.
Le pH : en milieu acide les ions ammoniums peu toxiques sont transformés en ammoniac
très toxique qui traverse facilement la membrane biologique.
L’oxygène : la concentration en oxygène dissous dans l’eau dépend de la température. Si la
température augmente alors l’oxygène s’évapore et les organismes aquatiques hyperventilent
pour compenser le déficit. Dans ces conditions si le milieu est pollué alors les organismes
s’intoxiquent d’avantage.
Les facteurs anormaux
Il s’agit de l’interaction entre les toxiques. Dans la nature il y a coexistence de milliers de
substances potentiellement toxiques. Exemple de l’étude de deux substances A (30% de
mortalité) et B (50% de mortalité) qui mélangées donne quatre possibilités :
Effets additifs : 80% de mortalité.
Effets synergiques : 90% de mortalité.
Effets antagonistes : 70% de mortalité.
Effets inhibiteurs : 10% de mortalité.
Avec n produits l’étude est extrêmement complexe et les effets d’un mélange sont rarement la
somme des produits.
Comment une molécule peut renforcer les effets d’une autre ?
Il peut y avoir potentialisation de la toxicité d’un composé par un autre. A peut inhiber le
système de détoxication de B en agissant sur un système protéique enzymatique. A peut
induire un système enzymatique qui active B. Si A renforce les systèmes de détoxication alors
ces systèmes en diminuant les effets de A diminuent également les effets de B.
Comment expliquer que des injections répétées peuvent avoir des effets moins importants que
ceux d’une seule injection ?
Car la concentration est moins forte et le système de détoxication a le temps de fonctionner
mais certaine fois le système de détoxication renforce la toxicité.

5-1-1-2 /Les principaux tests écotoxicologiques


Pour évaluer la toxicité d’une substance des tests de laboratoire standardisés sont utilisés. Ces
tests sont menés dans des conditions contrôlées de lumière, température, milieu de culture ou
support d’élevage. L’accent est mis sur la standardisation et la reproductibilité des mesures
réalisées, de manière à obtenir une information fiable sur le phénomène de toxicité. Pour
autant les multiples facteurs influençant en milieu naturel ne sont pas pris en compte ce qui ne

37
permet pas une extrapolation directe à l’échelle de l’écosystème. Les tests écotoxicologiques
permettent d’évaluer le danger lié à une substance toxique et en ce sens ils ont un rôle
préventif dans la gestion des risques. Le principe est de déterminer à quelle concentration une
substance est toxique sur un organisme afin d’appréhender les effets de cette substance sur les
populations du milieu. Des organismes vivants sont mis en contact avec les substances à tester
et les effets de cette exposition sont observés. Pour une évaluation correcte de la toxicité il est
nécessaire d’effectuer ces tests sur plusieurs organismes de la chaîne trophique (bactéries,
algues, daphnies, poissons).

Tests de toxicité aiguë

Les essais à court terme : doivent révéler les effets dans un court laps de temps (de quelques
heures à quelques jours en fonction du cycle de vie de l’individu) après administration d’une
dose unique de substance. Si aucun effet n’est observé, la substance n’a pas de toxicité aiguë
(ce qui ne veut pas dire que cette substance ne présente pas de toxicité chronique). Ces essais
permettent d’établir une relation entre la concentration d’exposition et l’intensité de l’effet.
Les résultats sont généralement exprimés par une CE 50 (Concentration Efficace). La CE 50
est la concentration pour laquelle les effets sont observés pour 50% des individus testés. Les
effets observés sont par exemple la létalité (le « E » est alors remplacé par le « L » CL 50) ou
l’inhibition de la mobilité (le « E » est alors remplacé par le « I » CI 50). Des CE 10, des CE
20 pour lesquelles les effets sont observés respectivement pour 10% et 20% des organismes
testés sont plus rarement utilisés.

Le test microtox®: Vibrio fisheri est une bactérie qui produit de la lumière
(bioluminescence). La transformation de la luciférine sous l’action de luciférase et d’ATP
libère de la lumière. Il se trouve que ce mécanisme de production de la lumière est très
sensible aux toxiques. Le test sur bactéries luminescentes est applicable pour déterminer
l’inhibition de luminescence en présence d’eaux usées, d’extraits et lixiviats aqueux, d’eaux
douces, salées ou saumâtres et d’eaux interstitielles. Le principe est la détermination d’un
effet inhibiteur de l’échantillon d’eau sur des lots de cultures de bactéries luminescentes. Cet
effet inhibiteur peut être déterminé sous forme des valeurs de DMSE (Dilution Minimale Sans
Effet) ou des valeurs de CE 20 et CE 50 (valeur de dilution provoquant une diminution de
luminescence de 20% et 50% par rapport au témoin). Les souches de bactéries utilisées
appartiennent à l’espèce Vibrio fischeri et peuvent être utilisées fraîches, déshydratées ou

38
lyophilisées. Des séries de dilutions sont préparées mélangeant l’eau testée, l’eau de dilution
et la suspension de bactéries. La mise en contact est de 15 minutes à la suite de quoi la
luminescence est mesurée par un luminomètre. Après application d’un facteur de correction
calé sur les témoins, les valeurs de CE sont déterminées.

Le test Daphnies : est applicable pour déterminer la toxicité aigue vis-à-vis de Daphnia
magma des substances chimiques solubles ou pouvant être maintenues en suspension ou en
dispersion stable dans les conditions d’essai, des effluents industriels et urbains épurés ou non
et des eaux de surface ou souterraines naturelles. Le principe est la détermination de la
concentration qui en 24h ou 48h immobilise 50% de Daphnia magma mises en
expérimentation. Cette concentration est désignée par la CE 50i-24h (ou CE 50i-48h). Les
tests doivent être réalisés en condition de lumière maîtrisée soit en obscurité soit sur un cycle
jour/nuit de 16h/8h et à une température maintenue à 20°C +/- 2°C. Les daphnies utilisées
pour l’essai doivent être âgées de moins de 24h et provenir d’un élevage aux conditions bien
définies. Placées dans un échantillon d’eau à analyser les résultats sont par la suite comparés à
des échantillons contrôle (gamme étalon de bichromate de potassium). Chaque échantillon ne
doit pas contenir plus de 20 individus (1 daphnie pour 2 ml d’échantillon). Les animaux ne
sont pas nourris durant l’essai. Après 24h ou 48h les daphnies encore mobiles sont
dénombrées. Pour chaque concentration un pourcentage d’immobilité est calculé. La CE 50i-
24h (ou CE 50i-48h) est ensuite calculée par une méthode statistique appropriée (Cf. principe
des calculs pour les tests écotoxicologiques).

CL 50

Seuil

Temps

39
Le test poisson: permet de détecter une pollution de l’eau jusqu’à 10-9M par la truite arc en
ciel (TAC). Les poissons sont placés dans un aquarium continuellement alimenté en eau
potentiellement polluée. Tout changement du mode natatoire des poissons est traduit par une
contamination de l’eau (nager à la surface est considéré comme un critère de pollution).

Tests de toxicité chronique:


Deux types d’essais permettent de déterminer la toxicité chronique, les essais à moyen terme
et les essais à long terme. L’observation des effets se fait sur un laps de temps beaucoup plus
long que pour les essais aiguës. Si aucun effet n’est observé, la substance ne présente pas de
toxicité chronique.

Les essais à moyen terme : mesurent les effets résultant de l’administration répétée d’une
substance pendant 1/10ème de la vie de l’individu.
Les essais à long terme : déterminent la toxicité à la suite d’une exposition répétée et
prolongée à une substance au-delà de 8/10ème de la vie de l’individu. Ils peuvent permettre
d’évaluer la latence d’apparition des effets et leur réversibilité. Les essais à moyen et long
terme permettent de déterminer une concentration expérimentale en dessous de laquelle aucun
effet toxique n’est observé sur l’espèce étudiée dans les conditions de l’essai : NOEC (No
Observed Effect Concentration).

Le test microtoxchronique: le test est réalisé sur plusieurs générations bactériennes de


Vibrio fischeri. Il permet ainsi d’évaluer l’effet des xénobiotiques sur l’ensemble des
processus de la bactérie et sur les mécanismes biochimiques de production de la lumière.

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Le test algue: le test algue est une méthode de détermination de la toxicité chronique
applicable aux effluents aqueux industriels et urbains, aux lixiviats ou extraits aqueux ainsi
qu’aux eaux douces de surface ou souterraines. Des algues de l’espèce Pseudokirchneriella
subcapitata (Selenastrum capricornutum) issues d’une culture en phase exponentielle de
croissance sont placées dans chacune des concentrations de l’échantillon à examiner en
présence de milieu nutritif. Les solutions d’essai ainsi constituées et les solutions témoins
maintenues en agitation sont placées à température et sous illumination constante pendant 72h.
Les concentrations cellulaires de chaque récipient sont déterminés toutes les 24h ou seulement
à la fin de la période d’essai. Les pourcentages d’inhibition de la croissance sont calculés par
rapport aux solutions témoins réalisées dans les mêmes conditions. Un tableau présentant ces
pourcentages est établi et permet de tracer une droite correspondante : la courbe d’inhibition.
La CE 50 est déterminée graphiquement. Il s’agit de la concentration de la solution d’essai
correspondant à un pourcentage d’inhibition de 50%.
5-1-1-3 /Tests de cytotoxicité

Tests IN VITRO

Etude de variabilité cellulaire : les cellules sont cultivées dans un milieu contenant les
toxiques. On ajoute un colorant (bleu de trypan) et les cellules qui sont vivantes n’absorbent
pas alors que les cellules mortes absorbent le colorant. Les cellules colorées sont par la suite
dénombrées.

Synthèse d’ARN : on incorpore dans une culture cellulaire de l’uridine radioactive (uridine
marquée par du tritium 3
H) qui permet de suivre la synthèse de l’ARN. En présence de
toxiques on observe que la radioactivité diminue.

5-1-1-4 /Tests de génotoxicité sur les bactéries

Tests IN VITRO

Le test AMES: réalisé sur Salmonella typhimurium. Cette bactérie ne peut se développer
sans histidine car elle ne sait pas la synthétiser (His -) mais en présence d’une atteinte de
l’ADN (rayonnement, xénobiotique, etc.) elle devient capable de synthétiser l’histidine (His

41
+). Pour le test ces bactéries sont cultivées dans un milieu ne contenant pas d’histidine. Si
elles se développent c’est qu’un agent génotoxique est présent dans l’échantillon.

Le test SOS chromotest : réalisé sur E. coli. Cette bactérie possède un groupe de gènes SOS
qui réparent l’ADN. Dans ce groupe de gènes est greffé un gène qui code pour l’enzyme ß
galactosidase. Si l’ADN est endommagé alors le système génétique de réparation est activé
avec synthèse de ß galactosidase. Ainsi pour savoir si il y a atteinte génotoxique par
l’échantillon à analyser il suffit de doser la ß galactosidase.

Le test MUTATOX : réalisé sur Vibrio fisheri. La bactérie modifiée est devenue sombre et
autoinhibe l’expression des gènes responsables de la production de lumière. En présence d’un
produit génotoxique, ces gènes deviennent actifs et la bactérie retrouve sa luminescence.

5-1-1-4 /Test de génotoxicité sur les eucaryotes

Test IN VITRO

Le test des comètes : réalisé sur des cellules humaines. L’ADN rendu fluorescent est
fragmenté puis analysé par électrophorèse. Les brins d'ADN migrent dans un champ
électrique pour au final se regrouper en tas. Lors d’une atteinte génotoxique les brins ne se
rassemblent pas en un gros tas mais forment de nombreux petits brins dits en comète.

Test IN VIVO

Le test des micronyx: réalisé sur des rongeurs ou des tritons. Les toxiques sont mis dans
l’eau et consommés par les rongeurs ou les tritons. Par la suite leurs cellules sanguines sont
récupérées et on recherche les micronyx qui résultent d’une cassure de l’ADN (petits
fragments qui donnent naissance à des nyx).

Nécessité des tests IN VITRO et IN VIVO

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Les tests IN VIVO servent à confirmer les tests réalisés IN VITRO. Il y a recherche de
symptômes précis sur l’organisme entier pour affirmer les atteintes génétiques. Mais les
organismes vivants possèdent des mécanismes de réparation qui peuvent modifier la réponse
aux polluants (réactions de biotransformations). Les produits toxiques IN VITRO peuvent
devenir non toxiques IN VIVO et réciproquement. C’est pour cette raison que certains tests
sont complétés comme le test AMES réalisé en deux temps (sans biotransformation et avec
biotransformation).

5-1-1-5 /Les expérimentations IN SITU


On dispose à l’heure actuelle de toute une batterie de tests permettant d’analyser la toxicité
des produits sur les écosystèmes avant qu’ils soient mis sur le marché. Le reproche majeur de
ces tests est qu’ils sont toujours réalisés en laboratoire (ils ne reproduisent pas les conditions
naturelles du milieu). Les mésocosmes reproduisent les écosystèmes aquatiques en aquarium
et les écosystèmes terrestres en enclos. L’avantage est l’analyse des xénobiotiques à une
échelle +/- réelle de l’écotoxicologie mais l’étude est difficile car les interactions sont très
complexes. En effet d’une part les paramètres abiotiques interagissent avec les paramètres
biotiques et d’autre part les écosystèmes ne sont pas isolés les uns des autres mais en relation
continuelle (écocomplexe).

5-2 /Le traitement


(Cf. traitement des eaux, des déchets et technique épuration de l’air)
5-3 /La surveillance
C’est détecter le plus vite possible les changements produits par les contaminants au niveau
des écosystèmes. C’est également contrôler la validité des normes. La surveillance se fait au
niveau chimique et biologique.

5-3-1 /La surveillance chimique (monitoring)


C’est l’analyse des concentrations chimiques en polluants dans différents milieux. Les
concentrations ne sont qu’un paramètre auquel il faut associer les flux entre les différents
compartiments car cela permet d’exprimer la quantité (exemple dans un fleuve : 2 ppm de
polluants à 30 m3 /s). La chimie permet de dresser un bilan concentration, quantité et nature
des polluants retrouvés dans l’écosystème. Les limites de la chimie :
- Les mesures sont ponctuelles et ne permettent pas de retracer la fluctuation des
concentrations en polluants au cours du temps (problème technique).

43
- La chimie ne permet pas de savoir la biodisponibilité des polluants.
C’est pour ces raisons que la surveillance chimique doit être complétée par la surveillance
biologique.

5-3-2 /La surveillance biologique


Elle repose sur un certain nombre d’outils biomarqueurs et bioindicateurs.

5-3-2-1 /Les bioindicateurs


C’est l’utilisation d’une espèce indicatrice de milieu propre ou milieu contaminé. Ces
bioindicateurs sont également appelés espèces sentinelles. Elles permettent d’intégrer les
effets de la pollution au cours du temps (une période relativement longue). Les espèces
sentinelles permettent de voir les évolutions de la concentration des toxiques et les évolutions
de leurs effets. Une espèce sentinelle doit répondre à certains critères :
- La concentration des polluants dans les tissus doit varier comme celle du milieu.
- Elle doit être capable de bioaccumulation et ne présenter aucun système de
biotransformation.
- Elle ne doit pas être trop sensible aux polluants.
- Elle doit être de taille suffisante pour pouvoir l’étudier.
En bref les espèces sentinelles doivent être de éponges du milieu. Il existe de nombreuses
espèces sentinelles mais les espèces indicatrices peuvent également être le reflet de la toxicité
du milieu. Les espèces sentinelles sont utilisées pour la chimie alors que les espèces
indicatrices sont utilisées pour refléter la toxicité des substances sur le milieu. Les moules
sont des espèces sentinelles (indicateur chimique) sur la concentration de polluants à long
terme mais elles ne sont pas des espèces indicatrices de toxicité (elles se développent dans la
pollution).
En milieu aquatique
Les algues, les mousses, les macrophytes, les phanérogames et les moules.

En milieu terrestre

Les végétaux : les lichens car ils accumulent le dioxyde de souffre (SO2) et le Césium
radioactif (137Cs), les mousses car elles accumulent le plomb (Pb) et la radioactivité et les
carottes qui accumulent les organochlorés.
Les invertébrés : les oligochètes accumulent de grandes quantités de pesticides.

44
Les oiseaux : les plumes concentrent les toxiques.

Toutes ces espèces accumulent les toxiques et sont de bonnes espèces sentinelles. Mais les
teneurs tissulaires des contaminants varient en particulier en fonction de l’état physiologique.
Les teneurs en lipides peuvent changer et la concentration en toxique change aussi. C’est la
raison pour laquelle les analyses chimiques doivent couplées aux analyses biologiques. Par
ailleurs l’état de maturité sexuelle et le sexe de l’animal peuvent faire varier la concentration
en polluants (les femelles ont plus de graisse que les mâles). L’état nutritionnel intervient
également. Les espèces sensibles donnent un niveau de toxicité. Elles sont sensibles aux
pollutions et peuvent disparaître ou proliférer dans les milieux pollués. Il existe de
nombreuses espèces comme le plantin, le mouron qui prolifèrent quand la teneur en dioxyde
de souffre augmente et inverse pour les lichens. Les macroinvertébrés aquatiques et
benthiques sont utilisés pour calculer les IBGN (7 groupes principaux caractérisant les
espèces d’eau propre et d’eau sale).

5-3-2-2 /Les biomarqueurs


Ce sont des réponses biochimiques ou physiologiques utilisées pour détecter la présence de
toxiques dans le milieu. Le problème des biomarqueurs est que les réponses ne sont pas
spécifiques d’un polluant donné mais d’un groupe de polluants. Cependant ils permettent
d’orienter les analyses chimiques.

Les réponses biochimiques :

La mesure de l’acétylcholinestérase : son inhibition est révélatrice d’une contamination aux


pesticides.
La mesure des MFO : induites lors d’une exposition aux HC aromatiques.
La mesure des métallothionéines : reflète une pollution aux métaux lourds.
La mesure des adduits d’ADN

Les réponses physiologiques :


Elles sont moins utilisées que les réponses biochimiques.

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Les réactions comportementales : perturbation du mouvement natatoire des poissons.
L’imposexe : présence d’organe mâle chez une femelle (caractéristique de TBT).
La croissance : perturbation du développement des organismes. Cependant certains endroits
pollués ne perturbent pas la croissance des animaux.

5-3-3 /Les réseaux de surveillance

5-3-3-1 /L’atmosphère
Elle est confiée à des réseaux de surveillance qui sont regroupés au sein du réseau ATMO. Le
dosage de certains polluants est suivi plusieurs fois par jour (dioxyde de soufre (SO2), dioxyde
d’azote (NOx), Composés Organiques Volatiles (COV), ozone (O3)). Ces mesures servent à
élaborer l’indice ATMO. Il est basé sur une échelle de 1 à 10 (1 = bon et 10 = forte pollution).
La BDQA (Base de Données sur la Qualité de l’Air) et l’ADEME (Agence de
l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie) ont un rôle coordinateur des activités du réseau
ATMO.

5-3-3-2 /L’hydrosphère

Les eaux continentales :


Le suivi est confié aux Agences de bassin ou aux Agences de l’eau. Ces agences sont situées
dans les six bassins hydrographiques et procèdent à inventorier le degré de pollution des eaux
superficielles (cours d’eaux et lacs). Les critères retenus sont physico-chimiques,
bactériologiques et biologiques. Les résultats sont centralisés au niveau des DIREN (Direction
Régional de l’ENvironnement) et ils sont publiés et diffusés par l’IFEN (Institut Français de
l’ENvironnement).

Les eaux de baignades et les plages :


Sont confiées à la DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales).
Elle est responsable de la surveillance physico-chimique et microbiologique.

Le littoral et le milieu marin :


Sont placés sous la responsabilité de l’IFREMER (Institut Français de Recherche et
d’Exploitation de la Mer). Au sein d’IFREMER il existe plusieurs réseaux : REMI (REseau
MIcrobiologique), REPHY (REseau PHYtoplanctonique), RNO (Réseau National

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d’Observation de la qualité du milieu marin). Les résultats sont diffusés dans des bulletins
accessibles au public.

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