Cours Ecotoxtele
Cours Ecotoxtele
1-1 /Introduction
L’écotoxicologie est la science qui étudie les effets des contaminants sur l’environnement au
niveau des communautés vivantes (animales, végétales). Lorsqu’une espèce disparaît, il faut
chercher la cause, quelle est la molécule responsable de l’action néfaste sur l’organisme aussi
bien physiologique que biochimique. L’écotoxicologie est donc une science pluridisciplinaire
(physique, chimie, biochimie, bactériologie, biologie animale et végétale, physiologie animale
et végétale, écologie, climatologie, radioactivité, etc.). L’écotoxicologie active est de tout
faire pour que les problèmes du passé ne se reproduisent pas (problème des nouveaux produits
synthétisés). Les objectifs de l’écotoxicologie sont :
Comment faire pour que les nouveaux produits n’aient pas les mêmes effets que
certains produits du passé ?
Les effets sont-ils assimilables ou pas par l’environnement et comment prévoir ces
effets ?
Comment obtenir rapidement des effets qui se produisent à long terme ?
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1-3-1 /Grandes catégories des polluants chimiques
Les oxydes de carbone : il s’agit du monoxyde et du dioxyde de carbone (CO, CO2). Le CO2
est un constituant normal de l’atmosphère (respiration des organismes vivants) mais il a une
origine anthropique en particulier la combustion des fossiles qui en libère une quantité
croissante dans l’atmosphère. Le CO2 est à l’origine de l’effet de serre et l’augmentation
constante du CO2 augmente l’effet de serre. Le CO est toxique car il empêche le transport de
l’oxygène au niveau de l’hémoglobine. Il est souvent produit lors de phénomènes de
combustions incomplètes, certaines fermentations anaérobiques, d’activités volcaniques et
d’incendies.
Les oxydes de soufre : il s’agit du dioxyde de soufre (SO2) et de l’acide sulfurique (H2SO4).
Le SO2 provient de la combustion du charbon et du fioul lourd. Lorsque le pétrole est raffiné
il n’est pas totalement éliminé (désulfuration du pétrole). La toxicité du SO2 est sa
transformation en H2SO4 qui provoque des pluies acides.
Les oxydes d’azote : ils sont regroupés sous l’ensemble des oxydes d’azote (NOx). Il s’agit
du monoxyde et dioxyde d’azote (NO, NO2). Ils proviennent des combustions à moteur à
explosion et de l’activité naturelle de certains organismes. La problématique
environnementale des NOx est qu’ils sont à l’origine de l’acide nitrique (pluies acides) et de
maladies respiratoires chez l’homme.
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1-3-2-3 / Les nutriments
Il s’agit des nitrates (NO3-) et des phosphates (PO43-). Ils proviennent des engrais et facilitent
la croissance des végétaux. Le lessivage stimule la croissance des algues dans les rivières, les
lacs (dystrophisation) jusqu’à disparition de l’oxygène. Lorsque les végétaux meurent ils se
déposent, sédimentent et consomment beaucoup d’oxygène (anoxie). Certaines algues
produisent des toxines. Les NO3- sont toxiques pour l’homme.
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Les insecticides : la composition a beaucoup changé au cours du temps. Les premiers
insecticides étaient les organochlorés (DDT, etc.). Ils ont été utilisés pour toutes les cultures à
l’échelle planétaire et de façon excessive. Ce sont des poisons du système nerveux et ils sont
relativement peu toxiques pour les mammifères. Ils ont été efficaces et à l’origine un facteur
de progrès mais les DDT sont peu biodégradables et ce sont révélés avoir par la suite des
actions néfastes. Ils agissent sur les animaux à sang froid mais le problème est qu’ils
nettoyaient également les champs, les rivières (poissons, etc.). Les organochlorés ont été
remplacés par les organophosphorés qui agissent en inhibant l’acétylcholinestérase. Ils
touchent les animaux à sang froid et chaud et peuvent causer des problèmes pour les
écosystèmes aquatiques. Ces composés ont également été remplacés par des carbamates
difficilement biodégradables et agissant de la même manière sur l’acétylcholinestérase. Les
pyréthrines sont des composés naturellement retrouvés chez les plantes (Crisanthériones) et
sont utilisés comme insecticide. Mais les produits naturels ont souvent des effets secondaires
et il faut purifier la molécule (principe actif) et la transformer pour pouvoir l’utiliser par la
suite. Le potentiel reproducteur chez l’homme est affecté par les insecticides.
Les herbicides : sont destinés à lutter contre les mauvaises herbes. Ce sont des perturbateurs
de croissance (équivalent des hormones végétales).
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empoisonnait des milliers de personnes). Le mercure mélangé dans la nature se transforme en
méthylmercure CH3Hg toxique pour les organismes vivants.
Les organostanniques: sont utilisés sur les coques des bateaux pour empêcher la fixation
des organisme (très toxique et efficace).Le problème est lorsqu’une centaine de bateaux sont
traités, la concentration augmente dans le milieu et cause des préjudices sur l’environnement
(élevage des coquillages, etc.). Ces peintures sont maintenant interdites sauf pour les bateaux
de plus de 25 m. Sur certains gastéropodes ils produisent la formation d’un sexe opposé à
celui de l’individu (imposexe). Cette réaction est sensible et utilisé comme détecteur.
1-3-2-8 /L’ozone
Se trouve dans la stratosphère sous la forme triatomique de l’oxygène (O3) et protège les
organismes vivants des rayons UV. On peut trouver l’ozone dans les basses couches de
l’atmosphère. Cet ozone nocif est produit à partir des gaz d’échappements et des
rayonnements solaires. L’ozone est toxique pour l’homme (appareil respiratoire). L’ozone
tend à disparaître dans la stratosphère.
2-1 /L’atmosphère
La diffusion : obéit aux lois classiques des gradients de concentrations des gaz. Ils se
déplacent du milieu le plus concentré vers le moins concentré. Il y a également intervention
du gradient thermique où les molécules les plus chaudes se déplacent plus vites que les
molécules les plus froides. Le gradient thermique a un effet particulier lors de l’inversion des
températures. Le brouillard formé au niveau d’une vallée empêche la diffusion des rayons
lumineux. La température au dessus du brouillard est supérieure à la température au dessous.
Dans les conditions normales la température baisse avec l’altitude. L’inversion thermique a un
rôle important dans le freinage de la diffusion des gaz alors que le gradient thermique produit
l’inverse. Une usine située dans la vallée dégage des gaz qui vont se concentrer et ne pas
diffuser à cause de l’inversion de température. Entre la troposphère et la stratosphère se trouve
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la tropopause. C’est à son niveau que se produit l’inversion de température qui permet de
garder l’oxygène et freine sa diffusion dans l’espace.
Le transport en masse : des polluants atmosphériques est lié aux grands mouvements de la
circulation atmosphérique. Ils sont importants dans la troposphère. Les masses d’air subissent
des mouvements perpétuels. Les masses d’air chaudes ascendantes se refroidissent avec
l’altitude et retombent pour générer des cellules. Sur le globe terrestre il y a formation de trois
cellules de part et d’autre de l’équateur (cellule Hadley, cellule Ferrel, cellule polaire). Ces
déplacements des masses d’air entraînent les polluants. La rotation de la terre entraîne une
force (force de Coriolis). Les masses d’air en mouvement du pôle vers l’équateur vont être
animées d’une déviation. La force de Coriolis dévie les masses d’air vers la droite dans
l’hémisphère nord et vers la gauche dans l’hémisphère sud. Normalement les polluants
devraient s’accumuler dans la troposphère mais malgré tout il diffuse une petite quantité.
Dans la stratosphère existe également des mouvements de masses d’air d’une grande
efficacité et les polluants vont pouvoir circuler dans la stratosphère.
2-1-2-1 / La photolyse
L’absorption d’un photon peut faire passer un électron à un niveau d’énergie supérieur
donnant ainsi à la molécule une grande réactivité. Si aucune réaction se produit l’électron peut
retrouver son état initial, mais il peut y avoir réaction et la molécule se transforme. Cette
transformation est totale ou partielle. Il ne faut jamais croire que la transformation d’un
polluant baisse sa toxicité car tous les cas sont possibles et il arrive que la molécule
transformée soit plus toxique qu’au départ.
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réactions de transformation seront totales avec production de dioxyde de carbone (CO2) et
d’eau (H2O) (épuration de l’atmosphère).
Dans la stratosphère : l’ozone filtre les UV. La couche d’ozone est attaquée par un certain
nombre de produits chimiques (ChloroFluoroCarbone (CFC) retrouvés dans les gaz
propulseurs et les bombes aérosols). Les CFC se dégradent lentement et les atomes de chlores
réagissent avec l’ozone :
O3 + Cl → ClO + O2 et ClO + O → Cl + O2
Il y a une réaction en chaîne qui régénère le chlore, ce dernier va de nouveau réagir avec
l’ozone. Même si on supprime les CFC, les atomes de chlore régénérés réagissent toujours
avec l’ozone. La suppression des CFC n’entraîne qu’une amélioration au bout d’une dizaine
d’année. A l’heure actuelle les CFC sont interdits. Dans le temps la présence de chlore et la
réaction en chaîne s’arrêtent.
Dans la troposphère : l’ozone provient des réactions entre les produits d’échappements des
voitures et des UV. L’ozone est dangereux pour les poumons mais le produit des réactions
(nit !%%rate de péracyle) est beaucoup plus dangereux. Ils sont à l’origine des smogs.
2-2 /L’hydrosphère
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réunis favorisent ce phénomène. Les poussières réagissent avec les acides et la respiration de
ces produits dégrade les poumons. Il existe deux types de smogs : le smog d’été et le smog
d’hiver.
La diffusion : elle se fait en fonction du gradient de concentration et comme dans l’air cette
diffusion est freinée au niveau de zone de discontinuité thermique (thermocline). Dans la
couche de surface des lacs, des mers et des océans la température baisse lentement en fonction
de la profondeur jusqu’à une zone caractéristique où elle chute, c’est la thermocline. Il y a
deux couches d’eau selon la période de l’année (été et hiver pour les lacs et uniquement été
pour les mers et les océans). La thermocline a une grande influence sur la diffusion des
molécules car elle freine les échanges entre les deux couches d’eau (exemple des effluents
d’égouts qui s’accumulent que dans la couche en profondeur). La thermocline n’est pas un
phénomène permanent. Il ne faut pas oublier que les toxiques vont s’accumuler dans les
organismes (poissons) et donc avoir un impact sur l’ensemble des écosystèmes.
Le transport en masse : le gulf stream dans l’océan Atlantique, courant tournant dans le sens
des aiguilles d’une montre par rapport à l’hémisphère nord et inverse par rapport à
l’hémisphère sud. Les courants sont liés à la rotation de la terre et aux vents. Le courant
Ligure en méditerranée provenant de l’Italie transporte les polluants et les ramène sur les
côtes Françaises. Dans l’eau les contaminants se trouvent sous plusieurs formes : forme
dissoute ou insoluble en suspension. Ces suspensions seront formées de gouttelettes ou
particules qui pourront sédimenter. Cette sédimentation dans les océans et les mers est impor
-tante et le fond des mers et des océans sont enrichit en contaminants. Les sédiments sont
donc très pollués. La solubilité des polluants dépend de leurs compositions en oxygène, azote,
et de la taille de leurs chaînes carbonées (plus la chaîne carbonée est grande et plus le
caractère apolaire augmente). Mais aussi les caractéristiques du milieu : le pH, la salinité ont
une importance pour la solubilité des métaux car si le pH et la salinité augmentent alors la
solubilité des métaux augmente. Dans les estuaires le pH des rivières ≈ 7 et le pH de l’eau de
mer ≈ 8.3. Les métaux lourds issus des rivières sédimentent dans l’eau de mer en grande
quantité et les estuaires sont donc particulièrement pollués par ces composés.
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2-2-2 /Transformation des xénobiotiques dans l’hydrosphère
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2-3 /La pédosphère
Un sol est l’association de particules minérales, de matières organiques, de matières vivantes,
d’eau et d’air. Les particules minérales proviennent de la décomposition des roches (l’élément
le plus important est la silice (SiO2)). La texture d’un sol dépend de la taille et de
l’arrangement de ses particules : gravier > sable > vase > argile. Ces particules sont chargées
négativement et elles peuvent retenir les cations comme les ions sodiums (Na+), potassiums
(K+) et magnésiums (Mg2+). Plus les cations sont nombreux et plus le sol est riche (utilisation
par les plantes). La matière organique provient de la décomposition des plantes et des
animaux morts (humus). Cette matière organique a tendance à entourer les particules
minérales pour former des particules argilo-humiques. Entre ces particules argilo-humiques se
trouvent de l’eau et de l’air.
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3-3-2 /Transformation des xénobiotiques dans le sol
Les composés organiques polaires : montrent une première phase de latence suivie d’une
deuxième phase d’utilisation de la matière organique par les bactéries.
Les composés organiques apolaires : montrent une première phase de non rétention dans le
sol suivie d’une deuxième phase d’absorption par les particules du sol où ils ne sont pas
transformés par l’eau. Le meilleur pesticide est peu soluble et il est retenu par les particules du
sol.
[Xéno] [Xéno]
Composé organique polaire Composé organique apolaire
Temps Temps
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2-4 /La biosphère
2-4-1-1 / La diffusion
Pour les substances polluantes il y a la plupart du temps diffusion libre dans la membrane
biologique. Il s’agit d’un transport passif qui se fait à travers les pores membranaires. La
diffusion facilitée se fait au moyen d’un transporteur protéique. La vitesse de diffusion
dépend des propriétés de la molécule. Pour diffuser rapidement une molécule doit être
lipophile. Cette diffusion est plus rapide lorsque la molécule possède une certaine affinité
pour l’eau ce qui permet son passage dans le cytoplasme. La diffusion se fait rapidement
quand la molécule est peu ou pas ionisée (cage de solvatation). L’ionisation d’une molécule
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se situant au sommet de la chaîne alimentaire sont de plus en plus évolués et sont capables de
cataboliser et d’éliminer les xénobiotiques. Le paramètre utilisé est le facteur de
bioconcentration (BCF) qui mesure la concentration du polluant dans l’organisme. Cependant,
on s’appuie sur le coefficient de partage n-octanol/eau (Kow) pour prédire la capacité d’un
polluant à se bioaccumuler. Cette valeur est une estimation du partage de la substance entre
l’eau et les graisses des tissus. Elle est donc utilisée pour prédire l’accumulation de la
substance dans les tissus graisseux. Le Kow est souvent exprimé par son logarithme : Log
Kow = Log P. Il est généralement considéré qu’une substance est bioaccumulable si Kow ≥
1 000 ou Log P ≥ 3. Par ailleurs :
Chez les animaux les molécules sont absorbées par le tube digestif et les contaminants passent
dans le sang pour les vertébrés et dans l’hémolymphe pour les invertébrés. Ils passent dans les
cellules sanguines et les globules rouges, le caractère lipophile amplifie le passage. Les
xénobiotiques peuvent être fixés sur les lipoprotéines puis dans les tissus et dans les organes.
Le foie chez les vertébrés ou l’hépatho-pancréas chez les invertébrés sont les organes de
concentration des xénobiotiques. Le cerveau peut concentrer des xénobiotiques plutôt
lipophiles car ils réussissent à traverser les barrières hémato-céphaliques. Les os peuvent
également concentrer des xénobiotiques en particulier le plomb, le strontium. Chez les
organismes aquatiques les glandes génitales sont souvent développées (Truite, Oursin) et ce
développement est souvent saisonnier (les glandes génitales sont plus volumineuses en hiver
qu’en été). Les xénobiotiques et leurs concentrations augmentent plus en hiver qu’en été dans
les gonades des organismes aquatiques. Les invertébrés aquatiques sont des animaux à sang
froid et ont une physiologie qui varie en fonction des saisons. Si il faut étudier la
concentration en xénobiotiques chez les invertébrés, il faut mener les analyses sur une année
car les concentrations varient fortement. Dans les muscles la concentration est plus faible
mais pourtant :
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La [xénobiotique] dans le foie = 10 U de [ ] x masse,
La [xénobiotique] dans le muscle = 1 U de [ ] x masse.
En terme de quantité c’est souvent dans le muscle qu’on trouve une grande quantité de
polluants. Dans ces organes qui accumulent les xénobiotiques, ils sont stockés à différents
niveaux. Ils se déposent dans les dépôts graisseux et dans les membranes cellulaires.
Certaines protéines captent certains xénobiotiques. Dans le foie il existe des protéines
capables de stocker des métaux lourds. Il s’agit des métallothionéines qui sont riches en
cystéines (-SH), les atomes de soufre ayant la capacité de se lier aux métaux lourds.
Physiologiquement les métallothionéines servent à réguler la concentration plasmatique en
métaux essentiels (exemple du Fe, Zn, etc.). Lorsque la concentration plasmatique en métaux
essentiels augmente dans les organismes il y a induction des métallothionéines (x 1 000) qui
vont capter et réguler les métaux en excès concentrés dans le foie. Or il se trouve que les
métallothionéines sont également induites par les métaux lourds. La surveillance des métaux
lourds dans les milieux aquatiques se fait par prélèvement de foie des animaux et analyse de
la quantité en méthallothionéine. Si celle-ci est forte il y a donc pollution aux métaux dans le
milieu.
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Phase 2 : élimination des produits
Le substrat transformé (R-OH) n’est pas assez soluble et va être encore transformé. Il va se
former une liaison avec certaines molécules endogènes (Glutathion, Glycine, acide
glucuroïque). Cette réaction nécessite une enzyme (Glutathion-S-transférase). Les produits
formés sont solubles dans l’eau et pourront être éliminés.
R-OH + G-SH → R-SG + H2O
AIR/EAU l’équilibre et la répartition d’une substance dans l’air et dans l’eau sont donnés
par la loi de Henry (constante).
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BIOACCUMULATION ou BIOCONCENTRATION la bioaccumulation est la capacité
d’une substance à se concentrer dans un organisme. On mesure un facteur de
bioconcentration.
3-1 /Introduction
L’écotoxicologie se préoccupe des effets des xénobiotiques sur les écosystèmes à la
différence de la toxicologie qui s’occupe des effets des xénobiotiques chez l’homme. Les
effets sur les écosystèmes sont la conséquence à plus ou moins long terme d’effets sur les
individus puis d’effets sur les populations sans oublier les effets sur le biotope. Les effets des
polluants résultent d’une succession d’action à des niveaux d’intégrations de plus en plus
élevés.
Le premier niveau c’est la cellule et les effets sont biochimiques.
Le deuxième niveau c’est l’organisme et les effets sont physiologiques.
Le troisième niveau c’est l’écosystème et les effets sont sur les populations et les
communautés.
Ces trois niveaux se distinguent par l’échelle des temps c'est-à-dire la durée nécessaire pour
que les xénobiotiques agissent (cellule = minute/heure ; organisme = 1 journée ; écosystème =
1 année). Etudier les effets des xénobiotiques sur les écosystèmes est beaucoup plus difficile
qu’au niveau cellulaire. L’échelle de temps sur une année tient compte des cycles biologiques
(4 saisons). Les études sur les écosystèmes sont peu nombreuses.
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3-2 /Notion d’exposition et de biodisponibilité
L’exposition est le couple [polluants] / durée auquel les organismes sont exposés. Plusieurs
paramètres interviennent dans la notion d’exposition :
Le mode d’exposition (continu, occasionnel), la voie d’exposition.
Les facteurs qui vont influer sur le devenir et sur la persistance du polluant dans le
milieu naturel et qui dépendent en grande partie des propriétés physico-chimiques du
polluant.
La biodisponibilité se définit comme la propriété d’un élément ou d’une substance d’atteindre
les membranes cellulaires des organismes vivants. Il s’agit d’un des paramètres essentiels de
la toxicité car un changement de la biodisponibilité d’un polluant équivaut à un changement
de toxicité. C’est le statut physique (absorbé, solubilisé) ou chimique (complexé, ionisé) dans
lequel se trouve un polluant et qui conditionne son écotoxicité. Un polluant biodisponible est
un polluant auquel les organismes sont exposés. Au contraire, un polluant non biodisponible
est un polluant auquel les individus ne sont pas exposés. C’est le cas par exemple des
polluants stockés dans les sédiments. Lorsqu’ils sont stockés, ils ne présentent un risque que
pour les organismes fouisseurs (vers, larves), les organismes vivant uniquement dans l’eau
ayant peu de chances d’y être exposés (poissons). Cependant, même si la probabilité
d’exposition ne concerne, dans un premier temps, que certains organismes de la chaîne
trophique, les substances toxiques des sédiments sont à surveiller, d’une part en raison de leur
risque de remise en solution suite à un changement d’équilibre entre leur forme libre dans
l’eau et leur forme stockée dans les sédiments, d’autre part en raison du risque de
transmission par la chaîne alimentaire. Un xénobiotique se trouve toujours sous deux états :
l’état lié ou complexé potentiellement dangereux (la charge toxique) et l’état libre ou
biodisponible.
Les xénobiotiques dans l’air la biodisponibilité est forte (+++) mais le danger ou le risque
est à court terme.
Les xénobiotiques dans l’eau la biodisponibilité est moins forte (++) mais la toxicité est plus
élevée.
Les xénobiotiques dans le sol la biodisponibilité est plus faible (+) mais la charge toxique est
très forte et pourra être libérée à court et à long terme.
Les xénobiotiques dans l’organisme la biodisponibilité dépend de son transport, de sa
concentration, de sa complexation, de son métabolisme, de son excrétion.
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3-3 /Les effets biochimiques des polluants
Au niveau des cellules on distingue deux grands types d’effets : toxiques et
protecteurs/réparateurs.
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3-3-1-2 /Les effets sur le noyau cellulaire
La toxicité vis-à-vis du génome se manifeste sous trois formes :
Effet tératogène qui se traduit par des mals formations embryonnaires,
Effet cancérigène qui se traduit par le développement d’une tumeur,
Effet mutagène qui se traduit par la liaison irréversible de l’ADN.
La première étape (initiation) : se traduit par l’altération du génome via l’apparition d’une
liaison de l’ADN. La cancérogenèse est directe lorsque l’agent initiateur agit directement sur
le patrimoine génétique et indirecte lorsque l’agent initiateur doit être au préalable métabolisé
pour devenir actif. Ces agents peuvent être physiques (radiations), chimiques (polluants) et
biologiques (virus). Il existe des zones privilégiées de transformations des gènes
(protooncogènes) par les agents cancérigènes (oncogènes).
La deuxième étape (promotion tumorale) : les cellules qui ont subi le processus d’initiation
peuvent rester au repos très longtemps. L’étape suivante de prolifération est due à des agents
promoteurs qui sont des substances chimiques variées (xénobiotiques). Les promoteurs
agissent sur les mécanismes de transduction des signaux cellulaires (phénomènes électriques
membranaires) et non au niveau de l’ADN. Ces effets membranaires produisent la
prolifération des cellules. Cette étape de promotion tumorale est réversible et peut être
bloquée (alors que la première étape ne peut être bloquée).
La troisième étape (progression) : nécessite un évènement génétique qui entraîne la
formation de métastases et la généralisation du cancer.
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3-3-2-2 /Les gènes suppresseurs d’oncogènes
Ce sont des systèmes de réparation de l’ADN et de destruction des xénobiotiques.
Le système nerveux: Ils peuvent entraîner la mort des individus. Ils se manifestent à court
terme et les fonctions du SN sont sensibles à de faibles concentrations (nanomole,
picomole,…).
L’appareil respiratoire: En milieu aquatique ils se produisent au niveau des branchies par
colmatage lorsque les Matières En Suspension (MES) sont très importantes avec destruction
des cellules. En milieu terrestre certains toxiques altèrent la respiration cellulaire comme le
monoxyde de carbone (CO) qui bloque les échanges gazeux entre le sang et les poumons. Les
troubles respiratoires peuvent entraîner la mort, en général les concentrations sont plus
élevées.
L’appareil digestif: un organisme intoxiqué s’arrête de manger d’autant plus longtemps que
la concentration en toxique est élevée. Les toxiques peuvent agir sur les enzymes et les
transporteurs impliqués dans l’absorption ainsi que sur la structure du tube digestif par
destruction des cellules. Tous ces effets ont pour aboutissement final de perturber la
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croissance des organismes exception faite des nitrates et phosphates qui favorisent la
prolifération des algues microscopiques en milieu aquatique (phytoplancton).
Les lésions tissulaires : De nombreux toxiques détruisent les tissus au niveau branchial,
pulmonaire, rénal, digestif, etc. Généralement les destructions se produisent au niveau des
interphases.
La fécondité : la fécondation peut être affectée par altération des structures de l’ovule ou des
spermatozoïdes. L’oursin est l’animal modèle permettant de mettre en évidence l’effet des
xénobiotiques sur la fécondation (le test oursin). La reproduction chez l’oursin est saisonnière
(hiver). Dans l’eau de mer on traite les ovules et les spermatozoïdes par polluant et on fait un
témoin. Pour le témoin il y a 100% de fécondation alors que pour l’eau traitée avec des
polluants (gamme étalon) il y a baisse du pourcentage de fécondation (inhibition).La réaction
est extrêmement sensible car les effets se produisent à très faible concentration et le
développement embryonnaire est très sensible aux toxiques (mal formation au bout de 48
heures).
Les gonades : certains toxiques peuvent avoir des effets sur la maturation des gonades.
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[Xénobiotique] ↗ ⇨ [MFO] ↗ ⇨ [hormone stéroïdienne] ↘ ⇨ reproduction ↘
3-5-1 /Généralités
Un écosystème est l’association de la biocénose avec le biotope. La communauté représente
l’ensemble des populations de la même espèce.
La richesse spécifique nombre d’espèces que comporte la communauté.
L’abondance (densité) nombre d’individus de chaque espèce.
L’abondance relative proportion de chaque espèce.
La diversité spécifique se mesure par un indice qui tient compte de la richesse et de
l’abondance. Il existe de nombreux indices comme l’indice de Shannon. Cet indice doit
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refléter l’évolution de l’écosystème car un écosystème atteint son optimum quand le nombre
d’espèce est maximum (le climax = indice maximal).
Les successions chronologiques : après un feu de forêt ou une inondation l’écosystème est
dans un premier temps recolonisé par des espèces pionnières. Ces espèces sont de petites
tailles et très prolifiques. Elles ont une croissance rapide mais une faible longévité, se
renouvellent rapidement et consacre leur budget énergétique à la reproduction (stratège r).
Dans un deuxième temps ces espèces pionnières sont remplacées par des espèces de plus
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grande taille dont la croissance est lente. Elles ont une plus longue longévité, se renouvellent
plus lentement et consacrent leur budget énergétique à la croissance (stratège k). Ces espèces
éliminent progressivement les précédentes grâce à leur forte compétitivité. Au cours de ces
successions on note toujours une tendance à l’accroissement de la richesse spécifique et de
l’abondance L’introduction de polluants dans un écosystème tend à maintenir les
communautés dans le stade pionnier car les espèces à stratège r qui la compose sont plus
tolérantes à la pollution.
Les successions topographiques : un rejet industriel dans un cours d’eau est marqué par
quatre zones de l’amont à l’aval.
Cours d’eau
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change de pesticide ou il augmente sa concentration en aggravant les problèmes de pollution.
A l’heure actuelle on essaye de remplacer les pesticides par des animaux (lutte biologique).
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4-1 /Perturbation du cycle du carbone
I = R + D et A = R / I
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(avec I = énergie incidente, R = radiation IR, D = diffusion, A = albédo). L’albédo est
l’énergie lumineuse réverbérée vers l’espace. Une augmentation de l’albédo entraîne un
refroidissement de la terre alors qu’une diminution de l’albédo provoque un réchauffement de
la terre.
Les UV C (190-280 nm) sont absorbés par l’oxygène atmosphérique qui se transforme en
ozone,
Les UV B (280-320 nm) sont absorbés par l’ozone. Ils sont responsables de cataractes, de
perturbations du système immunitaire et du cancer de la peau,
Les UV A (320-400 nm) sont atténués par l’atmosphère,
Les UV visibles (> 400 nm)
CYCLE DU CARBONE
CO2 Activité
humaine
AIR/TERRE
Carbone minéral
Physiologie Fermentation
Respiration
Carbone organique
Biomasse
Physiologie
Fermentation
Carbone organique
Respiration
Biomasse
Volcanisme
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Carbone
dissout
Pétrole
4-2 Perturbation du cycle du soufre
Les aérosols sulfatés (induits par H2S et DMS) sont régulateurs du climat (effet de serre) et
peuvent augmenter l’albédo (R/I) provoquant une diminution de l’énergie diffusée qui arrive
sur terre. Si la température augmente, la biomasse phytoplanctonique augmente, la
concentration en Sulfure De Méthyle (DMS) augmente, l’albédo augmente et la température
finit par diminuer. La planète réagit comme un vaste réseau autorégulateur (Hypothèse de
Gaïa de LOVE LOCK). Deux tiers des gaz soufrés (SO2) sont émis dans l’hémisphère nord.
Lorsque SO2 est présent dans la couverture nuageuse, il réagit avec les radicaux hydroxyles
(OH●) pour former de l’acide sulfurique (H2SO4). L’acide sulfurique retombe sous forme de
pluies acides à la surface terrestre. Lorsque SO2 n’est pas présent dans la couverture nuageuse
il réagit avec les DMS pour former des aérosols sulfatés. Ces derniers pourraient contribuer à
baisser l’effet de serre mais ils peuvent atteindre la haute atmosphère et réagir avec l’ozone
stratosphérique. L’hypothèse de Gaïa est juste mais si il y a trop de perturbations alors il y a
des problèmes d’autorégulation. Depuis les années 90 les pluies acides ne sont pas les seules
causes du dépérissement des forêts mais aussi l’ozone, les NOx et les UV y contribuent.
Atmosphère SO42-
OH●
Roche
DMS
(SO42-)
Sol
SO2
Activité 29
Sédiment humaine
4-3 /Perturbation du cycle de l’azote et du phosphore
Les oxydes d’azote (NOx) produits par les activités anthropiques sont responsables d’une
partie de la pollution atmosphérique. D’autre part les nitrates (NO3-) et les phosphates (PO43-)
utilisés comme engrais par l’agriculture sont responsables après lessivage des sols de la
pollution aquatique (nappe phréatique, rivière, lac, etc.). Ces xénobiotiques dans
l’environnement perturbent les grands cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore. Le
problème majeur en milieu aquatique est la dystrophisation qui est marquée par une anomalie
du rapport entre la concentration en azote et la concentration en phosphore (rapport N/P). La
dystrophisation est caractérisée par une augmentation de la biomasse végétale entraînant une
baisse de la concentration en oxygène du milieu et la disparition d’espèces oxyphiles. A ce
problème s’ajoute la possibilité de production de toxine par certaines algues comme
Dinophysis qui produit la DSP (Diarrhéique Shellfish Poison) ou Alexandrium qui produit la
PSP (Paralitic Shellfish Poison). Les nitrites en excès dans l’eau peuvent causer des
problèmes de toxicité chez les nouveaux nés (méthémoglobines).
NOx Nitrate
Fixation (NO3-)
bactérienne
Activité
humaine Assimilation
Nitrification Ammonisation
Pétrole
Plantes et animaux Minéralisation
Charbon
Sédiment Putréfaction
30
CYCLE DU PHOSPHORE
Plantes Plantes
Sol
Ecosystème Ecosystème
Animaux Animaux
terrestre aquatique
Minéralisation
Décomposeurs Décomposeurs
Sédimentation
31
V /Protection contre les pollutions
La protection s’organise à trois niveaux : la prévention, le traitement et la surveillance.
32
5-1-1-1 /Caractéristiques écotoxicologiques
La biodégradation primaire : est une attaque partielle de la molécule. Dans certains cas elle
peut aboutir à l’apparition de métabolites persistants plus biodisponibles ou plus toxiques que
la molécule initiale. La concentration en molécules dégradées permet de voir la vitesse à
laquelle se fait la transformation. L’analyse en milieu liquide permet de simuler le
comportement en milieu aquatique (rivière, lac, mer) et l’analyse en milieu solide permet de
connaître l’efficacité d’épuration des bactéries contenues dans les boues activées des STEP.
La biodégradation ultime : est une dégradation complète conduisant à la formation
d’éléments simples (CO2, H2O, sels minéraux). Cette biodégradation, si elle se fait
rapidement, conduit à l’élimination du polluant dans le milieu. Une substance qui subit une
biodégradation ultime est une substance qui présente moins de risque pour l’environnement
qu’une substance qui subit une biodégradation primaire. L’analyse s’applique également en
milieu liquide et solide mais seul les produits ultimes de dégradation sont dosés. Pour évaluer
la biodégradabilité d’une substance, il existe des méthodes normalisées basées sur des suivis
de cinétique de dégradation bactérienne en condition standard de laboratoire. Cependant, à
défaut, deux paramètres facilement mesurables peuvent être utilisés pour avoir une
appréciation de l’aptitude à la biodégradation des molécules :
33
La Demande Biologique en Oxygène (DBO) est la quantité d’oxygène nécessaire aux
micro-organismes pour dégrader toutes les matières organiques fermentescibles ou substances
biodégradables,
La Demande Chimique en Oxygène (DCO) est la quantité d’oxygène nécessaire pour
oxyder par voie chimique tous les éléments oxydables.
On utilise en général la DBO5 qui est la demande en oxygène des micro-organismes sur 5
jours de tests. Une substance est facilement biodégradable si :
Notions de danger : le danger d’une substance est sa toxicité intrinsèque. Deux types de
toxicité sont distingués :
La toxicité aiguë : les effets sont rapides et généralement mortels. La toxicité aiguë se
manifeste après une exposition très courte à une concentration élevée de substance toxique (la
notion de concentration élevée est à relativiser car les polluants sont toxiques à des doses de
l’ordre du microgramme par litre). De ce fait cette exposition entraîne généralement la mort
de l’organisme exposé,
La toxicité chronique : les effets apparaissent après une exposition prolongée à la substance
mais sont imperceptibles sur une courte échelle de temps. La toxicité chronique se manifeste
après une exposition longue à une concentration faible de la substance toxique. La substance
peut exprimer sa toxicité de différentes façons. Elle peut se bioaccumuler dans les tissus de
l’organisme. Après un temps de latence suffisamment long, la concentration accumulée
34
dépasse le seuil de toxicité chronique et les effets toxiques s’expriment. La substance peut
également provoquer à de faibles concentrations de légers symptômes. Lorsque ces
symptômes se prolongent dans le temps ils entraînent un dysfonctionnement de l’organisme
plus important. Mais les effets à long terme sont complexes. Exemple d’une expérience
réalisée sur des souris avec injection tous les deux jours d’une quantité donnée de substance
toxique sur plusieurs mois :
Premier cas : les effets cumulés sont les mêmes que les effets d’une seule injection de la
quantité totale de toxique.
Deuxième cas : les effets des doses cumulées sont plus importants que les effets d’une seule
injection.
Troisième cas : les effets des doses cumulées sont moins importantes.
Quatrième cas : certains produits peuvent avoir des effets stimulants à faible concentration et
des effets toxiques à forte concentration. C’est souvent le cas pour les produits biologiques
(exemple de métaux comme le fer, le zinc, etc.).
Concentration
Seuil de
toxicité
aiguë
(CE 50)
Seuil de
toxicité
chronique
(NOEC)
Temps
35
Le seuil de toxicité aiguë est toujours plus élevé que le seuil de toxicité chronique.
36
toxique (augmentation de la diffusion et des mouvements browniens) mais parfois une
température élevée peut baisser la solubilité d’un produit (évaporation) en le rendant volatile.
Le pH : en milieu acide les ions ammoniums peu toxiques sont transformés en ammoniac
très toxique qui traverse facilement la membrane biologique.
L’oxygène : la concentration en oxygène dissous dans l’eau dépend de la température. Si la
température augmente alors l’oxygène s’évapore et les organismes aquatiques hyperventilent
pour compenser le déficit. Dans ces conditions si le milieu est pollué alors les organismes
s’intoxiquent d’avantage.
Les facteurs anormaux
Il s’agit de l’interaction entre les toxiques. Dans la nature il y a coexistence de milliers de
substances potentiellement toxiques. Exemple de l’étude de deux substances A (30% de
mortalité) et B (50% de mortalité) qui mélangées donne quatre possibilités :
Effets additifs : 80% de mortalité.
Effets synergiques : 90% de mortalité.
Effets antagonistes : 70% de mortalité.
Effets inhibiteurs : 10% de mortalité.
Avec n produits l’étude est extrêmement complexe et les effets d’un mélange sont rarement la
somme des produits.
Comment une molécule peut renforcer les effets d’une autre ?
Il peut y avoir potentialisation de la toxicité d’un composé par un autre. A peut inhiber le
système de détoxication de B en agissant sur un système protéique enzymatique. A peut
induire un système enzymatique qui active B. Si A renforce les systèmes de détoxication alors
ces systèmes en diminuant les effets de A diminuent également les effets de B.
Comment expliquer que des injections répétées peuvent avoir des effets moins importants que
ceux d’une seule injection ?
Car la concentration est moins forte et le système de détoxication a le temps de fonctionner
mais certaine fois le système de détoxication renforce la toxicité.
37
permet pas une extrapolation directe à l’échelle de l’écosystème. Les tests écotoxicologiques
permettent d’évaluer le danger lié à une substance toxique et en ce sens ils ont un rôle
préventif dans la gestion des risques. Le principe est de déterminer à quelle concentration une
substance est toxique sur un organisme afin d’appréhender les effets de cette substance sur les
populations du milieu. Des organismes vivants sont mis en contact avec les substances à tester
et les effets de cette exposition sont observés. Pour une évaluation correcte de la toxicité il est
nécessaire d’effectuer ces tests sur plusieurs organismes de la chaîne trophique (bactéries,
algues, daphnies, poissons).
Les essais à court terme : doivent révéler les effets dans un court laps de temps (de quelques
heures à quelques jours en fonction du cycle de vie de l’individu) après administration d’une
dose unique de substance. Si aucun effet n’est observé, la substance n’a pas de toxicité aiguë
(ce qui ne veut pas dire que cette substance ne présente pas de toxicité chronique). Ces essais
permettent d’établir une relation entre la concentration d’exposition et l’intensité de l’effet.
Les résultats sont généralement exprimés par une CE 50 (Concentration Efficace). La CE 50
est la concentration pour laquelle les effets sont observés pour 50% des individus testés. Les
effets observés sont par exemple la létalité (le « E » est alors remplacé par le « L » CL 50) ou
l’inhibition de la mobilité (le « E » est alors remplacé par le « I » CI 50). Des CE 10, des CE
20 pour lesquelles les effets sont observés respectivement pour 10% et 20% des organismes
testés sont plus rarement utilisés.
Le test microtox®: Vibrio fisheri est une bactérie qui produit de la lumière
(bioluminescence). La transformation de la luciférine sous l’action de luciférase et d’ATP
libère de la lumière. Il se trouve que ce mécanisme de production de la lumière est très
sensible aux toxiques. Le test sur bactéries luminescentes est applicable pour déterminer
l’inhibition de luminescence en présence d’eaux usées, d’extraits et lixiviats aqueux, d’eaux
douces, salées ou saumâtres et d’eaux interstitielles. Le principe est la détermination d’un
effet inhibiteur de l’échantillon d’eau sur des lots de cultures de bactéries luminescentes. Cet
effet inhibiteur peut être déterminé sous forme des valeurs de DMSE (Dilution Minimale Sans
Effet) ou des valeurs de CE 20 et CE 50 (valeur de dilution provoquant une diminution de
luminescence de 20% et 50% par rapport au témoin). Les souches de bactéries utilisées
appartiennent à l’espèce Vibrio fischeri et peuvent être utilisées fraîches, déshydratées ou
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lyophilisées. Des séries de dilutions sont préparées mélangeant l’eau testée, l’eau de dilution
et la suspension de bactéries. La mise en contact est de 15 minutes à la suite de quoi la
luminescence est mesurée par un luminomètre. Après application d’un facteur de correction
calé sur les témoins, les valeurs de CE sont déterminées.
Le test Daphnies : est applicable pour déterminer la toxicité aigue vis-à-vis de Daphnia
magma des substances chimiques solubles ou pouvant être maintenues en suspension ou en
dispersion stable dans les conditions d’essai, des effluents industriels et urbains épurés ou non
et des eaux de surface ou souterraines naturelles. Le principe est la détermination de la
concentration qui en 24h ou 48h immobilise 50% de Daphnia magma mises en
expérimentation. Cette concentration est désignée par la CE 50i-24h (ou CE 50i-48h). Les
tests doivent être réalisés en condition de lumière maîtrisée soit en obscurité soit sur un cycle
jour/nuit de 16h/8h et à une température maintenue à 20°C +/- 2°C. Les daphnies utilisées
pour l’essai doivent être âgées de moins de 24h et provenir d’un élevage aux conditions bien
définies. Placées dans un échantillon d’eau à analyser les résultats sont par la suite comparés à
des échantillons contrôle (gamme étalon de bichromate de potassium). Chaque échantillon ne
doit pas contenir plus de 20 individus (1 daphnie pour 2 ml d’échantillon). Les animaux ne
sont pas nourris durant l’essai. Après 24h ou 48h les daphnies encore mobiles sont
dénombrées. Pour chaque concentration un pourcentage d’immobilité est calculé. La CE 50i-
24h (ou CE 50i-48h) est ensuite calculée par une méthode statistique appropriée (Cf. principe
des calculs pour les tests écotoxicologiques).
CL 50
Seuil
Temps
39
Le test poisson: permet de détecter une pollution de l’eau jusqu’à 10-9M par la truite arc en
ciel (TAC). Les poissons sont placés dans un aquarium continuellement alimenté en eau
potentiellement polluée. Tout changement du mode natatoire des poissons est traduit par une
contamination de l’eau (nager à la surface est considéré comme un critère de pollution).
Les essais à moyen terme : mesurent les effets résultant de l’administration répétée d’une
substance pendant 1/10ème de la vie de l’individu.
Les essais à long terme : déterminent la toxicité à la suite d’une exposition répétée et
prolongée à une substance au-delà de 8/10ème de la vie de l’individu. Ils peuvent permettre
d’évaluer la latence d’apparition des effets et leur réversibilité. Les essais à moyen et long
terme permettent de déterminer une concentration expérimentale en dessous de laquelle aucun
effet toxique n’est observé sur l’espèce étudiée dans les conditions de l’essai : NOEC (No
Observed Effect Concentration).
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Le test algue: le test algue est une méthode de détermination de la toxicité chronique
applicable aux effluents aqueux industriels et urbains, aux lixiviats ou extraits aqueux ainsi
qu’aux eaux douces de surface ou souterraines. Des algues de l’espèce Pseudokirchneriella
subcapitata (Selenastrum capricornutum) issues d’une culture en phase exponentielle de
croissance sont placées dans chacune des concentrations de l’échantillon à examiner en
présence de milieu nutritif. Les solutions d’essai ainsi constituées et les solutions témoins
maintenues en agitation sont placées à température et sous illumination constante pendant 72h.
Les concentrations cellulaires de chaque récipient sont déterminés toutes les 24h ou seulement
à la fin de la période d’essai. Les pourcentages d’inhibition de la croissance sont calculés par
rapport aux solutions témoins réalisées dans les mêmes conditions. Un tableau présentant ces
pourcentages est établi et permet de tracer une droite correspondante : la courbe d’inhibition.
La CE 50 est déterminée graphiquement. Il s’agit de la concentration de la solution d’essai
correspondant à un pourcentage d’inhibition de 50%.
5-1-1-3 /Tests de cytotoxicité
Tests IN VITRO
Etude de variabilité cellulaire : les cellules sont cultivées dans un milieu contenant les
toxiques. On ajoute un colorant (bleu de trypan) et les cellules qui sont vivantes n’absorbent
pas alors que les cellules mortes absorbent le colorant. Les cellules colorées sont par la suite
dénombrées.
Synthèse d’ARN : on incorpore dans une culture cellulaire de l’uridine radioactive (uridine
marquée par du tritium 3
H) qui permet de suivre la synthèse de l’ARN. En présence de
toxiques on observe que la radioactivité diminue.
Tests IN VITRO
Le test AMES: réalisé sur Salmonella typhimurium. Cette bactérie ne peut se développer
sans histidine car elle ne sait pas la synthétiser (His -) mais en présence d’une atteinte de
l’ADN (rayonnement, xénobiotique, etc.) elle devient capable de synthétiser l’histidine (His
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+). Pour le test ces bactéries sont cultivées dans un milieu ne contenant pas d’histidine. Si
elles se développent c’est qu’un agent génotoxique est présent dans l’échantillon.
Le test SOS chromotest : réalisé sur E. coli. Cette bactérie possède un groupe de gènes SOS
qui réparent l’ADN. Dans ce groupe de gènes est greffé un gène qui code pour l’enzyme ß
galactosidase. Si l’ADN est endommagé alors le système génétique de réparation est activé
avec synthèse de ß galactosidase. Ainsi pour savoir si il y a atteinte génotoxique par
l’échantillon à analyser il suffit de doser la ß galactosidase.
Le test MUTATOX : réalisé sur Vibrio fisheri. La bactérie modifiée est devenue sombre et
autoinhibe l’expression des gènes responsables de la production de lumière. En présence d’un
produit génotoxique, ces gènes deviennent actifs et la bactérie retrouve sa luminescence.
Test IN VITRO
Le test des comètes : réalisé sur des cellules humaines. L’ADN rendu fluorescent est
fragmenté puis analysé par électrophorèse. Les brins d'ADN migrent dans un champ
électrique pour au final se regrouper en tas. Lors d’une atteinte génotoxique les brins ne se
rassemblent pas en un gros tas mais forment de nombreux petits brins dits en comète.
Test IN VIVO
Le test des micronyx: réalisé sur des rongeurs ou des tritons. Les toxiques sont mis dans
l’eau et consommés par les rongeurs ou les tritons. Par la suite leurs cellules sanguines sont
récupérées et on recherche les micronyx qui résultent d’une cassure de l’ADN (petits
fragments qui donnent naissance à des nyx).
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Les tests IN VIVO servent à confirmer les tests réalisés IN VITRO. Il y a recherche de
symptômes précis sur l’organisme entier pour affirmer les atteintes génétiques. Mais les
organismes vivants possèdent des mécanismes de réparation qui peuvent modifier la réponse
aux polluants (réactions de biotransformations). Les produits toxiques IN VITRO peuvent
devenir non toxiques IN VIVO et réciproquement. C’est pour cette raison que certains tests
sont complétés comme le test AMES réalisé en deux temps (sans biotransformation et avec
biotransformation).
43
- La chimie ne permet pas de savoir la biodisponibilité des polluants.
C’est pour ces raisons que la surveillance chimique doit être complétée par la surveillance
biologique.
En milieu terrestre
Les végétaux : les lichens car ils accumulent le dioxyde de souffre (SO2) et le Césium
radioactif (137Cs), les mousses car elles accumulent le plomb (Pb) et la radioactivité et les
carottes qui accumulent les organochlorés.
Les invertébrés : les oligochètes accumulent de grandes quantités de pesticides.
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Les oiseaux : les plumes concentrent les toxiques.
Toutes ces espèces accumulent les toxiques et sont de bonnes espèces sentinelles. Mais les
teneurs tissulaires des contaminants varient en particulier en fonction de l’état physiologique.
Les teneurs en lipides peuvent changer et la concentration en toxique change aussi. C’est la
raison pour laquelle les analyses chimiques doivent couplées aux analyses biologiques. Par
ailleurs l’état de maturité sexuelle et le sexe de l’animal peuvent faire varier la concentration
en polluants (les femelles ont plus de graisse que les mâles). L’état nutritionnel intervient
également. Les espèces sensibles donnent un niveau de toxicité. Elles sont sensibles aux
pollutions et peuvent disparaître ou proliférer dans les milieux pollués. Il existe de
nombreuses espèces comme le plantin, le mouron qui prolifèrent quand la teneur en dioxyde
de souffre augmente et inverse pour les lichens. Les macroinvertébrés aquatiques et
benthiques sont utilisés pour calculer les IBGN (7 groupes principaux caractérisant les
espèces d’eau propre et d’eau sale).
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Les réactions comportementales : perturbation du mouvement natatoire des poissons.
L’imposexe : présence d’organe mâle chez une femelle (caractéristique de TBT).
La croissance : perturbation du développement des organismes. Cependant certains endroits
pollués ne perturbent pas la croissance des animaux.
5-3-3-1 /L’atmosphère
Elle est confiée à des réseaux de surveillance qui sont regroupés au sein du réseau ATMO. Le
dosage de certains polluants est suivi plusieurs fois par jour (dioxyde de soufre (SO2), dioxyde
d’azote (NOx), Composés Organiques Volatiles (COV), ozone (O3)). Ces mesures servent à
élaborer l’indice ATMO. Il est basé sur une échelle de 1 à 10 (1 = bon et 10 = forte pollution).
La BDQA (Base de Données sur la Qualité de l’Air) et l’ADEME (Agence de
l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie) ont un rôle coordinateur des activités du réseau
ATMO.
5-3-3-2 /L’hydrosphère
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d’Observation de la qualité du milieu marin). Les résultats sont diffusés dans des bulletins
accessibles au public.
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