516 Approche Marketing 2020
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APPROCHE MARKETING
ET CIRCUITS DE COMMERCIALISATION
I – APPROCHE MARKETING
B. Etude documentaire
Cette étape consiste à récolter et à analyser des informations déjà disponibles, obtenues en
consultant l’ensemble des sources de référence que sont :
L’objectif de cette phase d’étude est de compléter l’approche quantitative faite par le calcul de
zone de chalandise, ou bien pour des marchés très diffus (faible taux de consommateurs locaux
exigeant une étude extra-régionale ou nationale), ou extrêmement saturés localement, d’estimer
le marché potentiel. En outre cette phase d’étude permet pour les deux situations d’établir un
premier fichier de clients. Elle comporte elle-même plusieurs volets :
- conception et test d’un questionnaire,
- définition de l’échantillon de la population à enquêter, composé de consommateurs. Les
consommateurs peuvent être issus de fichiers ciblés ou choisis sur la zone de chalandise.
- choix du mode d’administration des questionnaires et entretiens (entretien individuel ou
collectifs, en face à face ou par internet) puis administration. L’administration via internet
avec des systèmes type google form (ou bien des logiciels d’enquête plus sécurisés type
sphinxonline) facilite une diffusion large. Mais attention à ne pas prendre en compte les
réponses en dehors de la zone réelle de chalandise, et d’oublier de prendre en compte les
consommateurs qui n’utilisent pas internet.
- analyse et synthèse des données permettant d’élaborer un plan d’actions.
Ce volet d’étude vise à rencontrer les clients intermédiaires potentiels (distributeurs, utilisateurs ou
prescripteurs) pour connaitre leurs besoins et attentes, appréhender l’offre en produits locaux déjà
présente sur ces circuits de vente, et évaluer les marchés potentiels possibles tant sur le plan
quantitatif que qualitatif. Avant de rencontrer ces intermédiaires, clients potentiels, il est primordial
de lister les thèmes à aborder, les questions à poser et de préparer un guide d’entretien.
L’existence d’un marché potentiel n’est pas suffisante pour préjuger de la réussite commerciale
d’un projet. La seconde composante importante en terme de réussite est l’adéquation avec la
demande en termes de :
- produits (qualités intrinsèques, gamme de produits, grammage, conditionnement,
utilisations, durée de conservation, signes de qualité, services,…),
- prix,
- circuits de distribution et logistique (fréquence, livraison, horaires et jours de
livraison,…),
- communication et accueil (capacité du porteur de projet à créer une relation de
confiance avec les consommateurs),
- et organisation de la vente (qui s’occupe de la vente et comment sont assurées les
différentes fonctions liées à la vente).
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Les produits et prix ont vocation à répondre aux besoins ou à la demande des clients. Alors que
les circuits, la communication et l’organisation de la vente ont pour objectifs d’accroitre les ventes
et de faire connaitre ses produits.
La démarche d’étude de marché doit permettre de définir ces différentes composantes et de les
articuler de façon cohérente. Un positionnement qualitatif en termes de produit doit ainsi se
traduire en termes de prix, de circuits de vente, de logistique et de communication. Soulignons
que le consommateur se fie notamment au prix du produit pour apprécier sa qualité.
La qualité gustative des produits et la relation de confiance entre le producteur et les
consommateurs constituent les facteurs de réussite principaux des projets fermiers.
Tout au long de son existence, chaque entreprise doit, pour fidéliser sa clientèle et s’adapter aux
évolutions du marché, suivre régulièrement ses besoins et chercher à cerner ses attentes en
termes de produits, prix, circuits de distribution et communication.
En Bourgogne-Franche Comté, tout producteur peut bénéficier de services d’encadrement et
d’appui commercial proposé par le CERD, notamment pour la réalisation d’une étude de marché.
II – CIRCUITS DE COMMERCIALISATION
Différents circuits de commercialisation, présentant chacun des avantages et des inconvénients,
s’offrent aux candidats à la diversification.
Les circuits d’achat des produits fermiers restent traditionnels. Marchés, fermes et grandes
surfaces sont les circuits d’achat les plus fréquentés. Mais l’éventail des circuits de distribution
utilisés pour acheter des produits fermiers est large.
Quels que soient les circuits de vente choisis, il est important de créer et entretenir une relation de
confiance avec les consommateurs. Les études conduites par le CERD montrent que la garantie
de la qualité des produits fermiers locaux est souvent fondée pour les consommateurs, sur la
relation de confiance avec les producteurs.
Régulièrement
Occasionnellement ou
(au moins une fois par Jamais
Où effectuez-vous vos rarement
mois)
achats de produits
Massif Moyenne Massif Moyenne Massif Moyenne
fermiers ?
Central nationale Central nationale Central nationale
2009 2006 2009 2006 2009 2006
MARCHE 45,4 % 32,79 % 23,3 % 19,55 % 20,7 % 35,03 %
FERME 25,5 % 22,42 % 16,7 % 18,21 % 42,6 % 44,92 %
GRANDES SURFACES 21,4 % 19,98 % 13,3 % 11,28 % 55,6 % 62,77 %
Artisanat et épicerie 9,9 % 6,2 % 10,4 % 7,6 % 78,9 % 84,9 %
Magasins de produits
5,3 % 3,1 % 7,8 % 3,9 % 86,2 % 93 %
biologiques
Magasins de producteurs 2,6 % 2,3 % 5,4 % 23,6 % 91,2 % 94 %
Achat par correspondance 1,3 % 0,9 % 3,5 % 2,4 % 94,3 % 96,7 %
Achat via internet 0,6 % 0,08 % 1% 0,22 % 97,2 % 99,7 %
Jardin libre-cueillette 0% 0,5 % 0% 0,7 % 100 % 98,2 %
Paniers commandés à
1,2 % 0,4 % 2,3 % 0,8 % 96,2 % 98,8 %
l’avance
Tournée 0,1 % 0,06 % 0% 0,2 % 99,2 % 99,7 %
Bord de route 0% 0,04 % 0% 0,11 % 100 % 99,6 %
Source : étude de la consommation des produits fermiers sur le Massif Central – juin 2010
Les différentes études conduites en 2014 (Ipsos pour Bienvenue à la Ferme et le Crédit Agricole),
puis celle du projet Codia (2012-2015 : la consommation alimentaire en circuits courts : enquête
nationale premiers résultats) confirment le classement : marché, ferme, suivi par les grandes
surfaces.
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VENTE A LA FERME
TYPE DE VENTE CONDITIONS AVANTAGES INCONVENIENTS
* Proximité d’un transporteur * Vente assurée sous forme de * Prix plus faibles et variables selon la
A DES * Coût de production concurrentiel sur le contrat (régularité de paiement, situation du marché
INDUSTRIELS marché planning préétabli de production) * Engagement sur une période
* Répondre aux exigences de l’industriel * Temps limité consacré à la vente
(volume, qualité, prix, conditionnement)
* Avoir défini une politique de prix * Connaissance à l’avance des * Prendre en compte les rabais, remises,
EN GRANDES * Réaliser des démarches commerciales commandes, pas d’invendu ristournes
SURFACES ET EN pour se faire référencer * Absence d’investissement dans un * Délai de paiement parfois long
MAGASINS * Approvisionner en quantité et qualité point de vente * Mise en valeur du produit dépend du
SPECIALISES régulières * Forte demande de la distribution responsable du magasin
pour les produits locaux ; contexte
favorable
* Passage par des appels d’offre de * Absence d’investissement dans un * Contraintes sanitaires parfois plus
EN RESTAURATION
marchés publics local de vente lourdes (ex : volailles)
COLLECTIVE
* Conditionnement parfois spécifique à * Contraintes administratives
créer
* Penser à l’échantillonnage pour mieux * Absence d’investissement dans un * Prix plus bas qu’en vente au détail
vendre local de vente * Petits volumes et livraisons
* Conditionnement parfois spécifique à hebdomadaires
EN RESTAURATION
créer * Renégociation fréquente des prix,
COMMERCIALE
concurrence avec des produits moins
chers
* Attention aux délais de règlement et
aux impayés
* Chez d’autres agriculteurs, en magasin * Moins de temps à la vente * Rémunération plus faible (vente semi-
d’alimentation, dépositaires, stations proprement dite directe)
EN DEPOT VENTE services voire grandes surfaces * Présence multiple * Délai de paiement parfois élevé
* Suivi nécessaire de l’évolution des * Absence d’investissement * Problème de reprise des invendus,
stocks spécifique dans un point de vente surtout pour les produits frais
extérieur
* Impose un contrat bien défini entre le * Intérêt pour toucher des acheteurs * Marge brute plus faible
vendeur et le représentant éloignés, ciblés : restaurateurs, * Difficultés de bien suivre les
PAR
épiceries fines... revendeurs et l’évolution des ventes
REPRESENTATION
* Délégation commerciale à un
professionnel