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Cours My Co Logie

Prises de note de parasitologie

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UNIVERSITE DE OUAHIGOUYA

L3 Médecine

2018-2019

COURS DE PARASITOLOGIE-MYCOLOGIE
MYCOLOGIE

Dr. Kady L. TRAORE

Dr. Adama ZIDA

Dr P. Marcel SAWADOGO

Dr Thiery GUIGUEMDE

1. GENERALITES

1
La mycologie médicale est l’étude des mycoses, affections dues aux champignons
microscopiques appelés micromycètes.

Les mycètes sont des eucaryotes (pourvus de noyaux avec membrane nucléaire, chromosomes
et nucléoles). Ils se différencient ainsi des bactéries et des actinomycètes qui sont des
procaryotes. Contrairement aux autres végétaux, ils n’ont ni racine, ni tige, ni pigment
assimilateur (chlorophylle). Ce sont des hétérotrophes qui dépendent pour leur nutrition
carbonée de la présence de matières organiques. Ils ont besoin pour se développer d’une
source de carbone qui provient de matières organiques en décomposition (cas des
champignons parasites). Ils se propagent par spores asexuées.

2. STRUCTURE FONDAMENTALE DES CHAMPIGNONS

L’organisation cellulaire de base des champignons est le thalle ou mycélium qui constitue
l’appareil végétatif. Les champignons sont donc des thallophytes.

Le thalle est un réseau dense de filaments mycéliens ou hyphes plus ou moins ramifiés et
souvent cloisonnés. Un thalle provient habituellement d’une spore ou conidie produite par un
thalle adulte de même espèce.

Les spores sont des cellules microscopiques produites par un millier, voire par millions.

Le thalle peut présenter une morphologie filamenteuse ou levuriforme. Pour certaines espèces
de champignons, les deux aspects de thalle peuvent se voir en fonction des conditions de
culture ou selon qu’elles se retrouvent en situation parasitaire ou saprophyte.

3 . DIFFERENTS TYPE DE MYCETES


En fonction de la structure du thalle, on distingue trois types de champignons :

3.1. Mycètes filamenteux

Le thalle filamenteux est retrouvé chez la majorité des champignons. Il est constitué de
tubes de 2 à 15 µm de diamètre. Leur ensemble constitue le mycélium ramifié de manière
dichotomique et de longueur variable.

Il existe deux types de thalle filamenteux (mycélium, avec croissance aux apex) :

2
 Le thalle (ou mycélium) coenocytique : mycélium non cloisonné ou siphonné, chez
les champignons inferieurs (plusieurs noyaux dans un cytoplasme commun) ;
 Le thalle (ou mycélium) cloisonné chez les champignons supérieurs (mais les articles
peuvent être uni-ou plurinucléés).
Les champignons filamenteux se développent sur leur substrat nutritif par un système de
filaments plus ou moins ramifiés appelé mycélium, constitué de filaments (ou hyphes)
cloisonnés ou non. Parmi ces mycètes filamenteux, on distingue :

- Les dermatophytes, champignons kératinophiles, adaptés à la peau et aux phanères de


l’Homme ou de l’animal et provoquant des lésions quel que soit l’état immunitaire du
patient ;
- Les moisissures issues du sol (telluriques) (par exemple Aspergillus), au
comportement opportuniste dont le développement chez l’Homme est permis par
l’affaiblissement des défenses immunitaires.

3 .2. Mycètes levuriformes

Dans ce cas, le thalle se réduit à un seul état unicellulaire. L’aspect classique est celui
d’une levure de forme ronde ou ovalaire, de petite taille (généralement <10 µm), qui se
reproduit par bourgeonnement. Certaines levures comme celles appartenant au genre
candida peuvent donner naissance à des filaments mycéliens.

3 .3. Mycètes dimorphiques

Ils se présentent dans l’environnement (sol, etc.).

Les figures dans les pages qui suivent illustrent les types de thalle.

4. REPRODUCTION DES CHAMPIGNONS

3
Elle fait appel au mode sexué et asexué.

4.1. La reproduction est qualifiée d’asexuée, de somatique ou végétative quand elle


n’implique pas de fusion de cellules, de noyaux ou de gamètes compatibles et de sexes
opposés. Les spores ainsi produites sont dites asexuées ou imparfaites.

Exemple de spores asexuées :

1. Thallospores :
-Arthrospores (chez le genre Geotrichium) : spores formées par désarticulation de l’hyphe
segmenté en ses constituants de base ;

-Blastospores (chez le genre candida) : spores formées par bourgeonnement d’un élément
préexistant ;

-Dyctyospores (chez le genre Alternaria) : spores pluricellulaire comportant parfois plusieurs


centaines d’éléments ;

-Chlamydospores (chez le genre histoplasma, candida etc.) : ce sont des spores


volumineuses à parois dense, contenant des substances lipidiques, réfringentes au microscope.
Les Chlamydospores sont les plus répandues. Elles existent chez presque tous les
champignons microscopiques ;

-Aleuriospores : ce sont des spores formées par condensation du cytoplasme .Elles sont
toujours isolées et très nombreuses. Elles ne sont rencontrées que dans les cultures des
dermatophytes ;

2. Condiospores (chez les genres penicellium, phialophora etc.) : ce sont des spores qui
naissent des thalles .Ce sont des éléments néoformés. Elles se séparent aussitôt du thalle dès
qu’elles sont bien développées Elles sont de structures variables (ovoïdes, sphériques
elliptiques, etc.) et de tailles variables. Elles peuvent être unicellulaires, bicellulaires ou
pluricellulaires.

3. Sporangiospores (chez le genre Rhizopus) : ce sont des spores produites dans une
structure appelée sporange (un sac).

Reproduction asexuée (voir schéma)

4
4.2. La reproduction est dite sexuée quand elle fait appel à la fusion des caractères sexuels
opposés. Ces caractères sont portés par des noyaux ou par des gamètes mâles et femelles qui
se réunissent par fécondation pour donner un œuf ou zygote. Les spores ainsi produites sont
dites sexuées ou parfaites

Exemple de spores sexuées :

-Ascospores (chez les Ascomycètes) : ce sont des conidies endogènes (au nombre de huit)
contenues dans un sac appelé asque ;

-Zygospores (chez les Zygomycètes) : Ce sont des conidies volumineuses à paroi épaisse et
brune ou noie ;

-Basidiospores (chez les Basidiomycètes) : ce sont des conidies exogènes qui arrivent à
maturité par groupe de quatre. Ces spores sont formées dans une structure dite baside.

Les figures dans les pages qui suivent illustrent les types de reproduction des champignons.

Types de thalle des champignons et type de reproduction (voir schéma)

5. HABITAT DES CHAMPIGNONS ET SOURCE DE CONTAMINATION

La plus part des champignons vivent en saprophytes dans la nature (champignons


exogènes) : on les trouve sur les plantes, ou dans le sol enrichi en fientes de pigeon
(cryptocoque), en excrément de chauves-souris (histoplasme), ou dans le sol des piscines
(dermatophytes des pieds) (T. mentagrophytes, T. rubrum, Epidermophyton floccosum).

Ils peuvent pénétrer dans l’organisme par voie digestive, respiratoire ou cutanée et s’y
développer en provoquant des lésions locales ou générales. Ces mycoses sont le plus souvent
sporadiques.

Certain champignons, plus rares, vivent de façon permanente en parasite sur l’homme ou
l’animal.

5
D’autres champignons vivent dans l’organisme en saprophytes de la peau et des muqueuses.
Ce sont des champignons endogènes. C’est le cas de Candia albicans, levures vivant en
petite quantité dans le tube digestif.

Enfin, d’autres champignons cosmopolites, très rependue dans la nature, saprophytes,


inoffensifs habituellement, ne deviennent qu’occasionnellement pathogènes, lorsque les
conditions favorables se présentes dans l’organisme hôte. Ce sont des champignons
opportunistes (Candia, Cryptococcus, Aspergillus).

Réservoir de virus

- Sol : (espèces telluriques : Microsporum gypseum)

- Homme : (espèces anthropophiles : Trichophyton violaceum, T. rubrum, T.


schoenleini, Epidermophyton floccosum ;

- Animal : (espèces zoophiles : Microsporum canis, Trichophyton verrucosum, T.


mentagrophytes.

6. REPARTITION GEOGARPHIQUE

Certaines mycoses sont cosmopolites : candidoses, teignes, aspergilloses.

D’autres sont localisées : histoplasmose à H duboisii (Afrique), coccidioïdomycose


(Amérique centrale et du Sud), mycétomes et chromomycoses (zones tropicales).

D’autres enfin étaient cosmopolites et sont devenues localisées : sporotrichose actuellement


au Brésil et en Afrique de Sud.

6
7. CLASSIFICATION DES CHAMPIGNONS SELON LA STRUCTURE

Cf. schéma suivant :

CHAMPIGNONS

FILAMENTEUX LEVURES DIMORPHIQUES INCLASSE

Dermatophytes -Candida -Sporothrix schenckii Pneumocystis


-Trichophyton -Cryptococcus -Agents de Mycétomes jiroveci
-Microsporum -Malassezia -Agents de chromomycoses
-Epidermophyton -Trichosporon -Penicillium marneffei
-Rhodotorula -Histoplasma (capsulatum, et
-Saccharomyces duboisii)
-Geotrichum -Blastomyces dermatitidis,
-Coccidioides immitis
-Paracocciodioides brasiliensis

Moisissures
-Hyalohyphomycètes ou champignons
filamenteux clairs : Aspergillus, Paecilomyces,
Fusarium etc.
-Hyphomycètes ou champignons filamenteux
foncés ou noirs, appelés Dématiés
-Mucorales.

7
7.1. LES CHAMPIGNONS FILAMENTEUX

7.1.1. LES DERMATOPHYTES

1°-Définition

Ce sont des champignons filamenteux, de la famille des Gymnoascacées, et appartenant à 3


genres : Epidermophyton, Microsporum et Trichophyton.

Il s’agit de micromycètes filamenteux qui présentent une forte affinité pour la kératine. Ils
déterminent chez l’Homme et l’animal, diverses lésions superficielles ou dermatophyties de la
peau (épidermophytie), des ongles (onyxis), des cheveux ou poils (teignes).

2°-Epidémiologie

2°.1- Habitat

Les dermatophytes sont des champignons kératinophiles, qui vivent dans la couche cornée de
la peau et dans les phanères (cheveux, poils, ongles). Ils peuvent aussi vivre dans le milieu
extérieur (sol).

2°.2- Réserve de virus

Il peut s’agir de :

-l’Homme : espèces anthropophiles (E. floccosum)

-l’Animal : espèces zoophiles (M. canis, chien, chat)

-Mais le réservoir naturel des dermatophytes est le sol (réservoir tellurique) :


espèces géophiles (M. gypseum)

2º.3-Mode de contamination

La contamination peut être :

- directe : au contact d’un homme ou d’un animal parasité. On observe souvent des
épidémies familiales et scolaires dues aux espèces anthropophiles.

8
- indirect par les objets souillés : les rasoirs, les vêtements, les chapeaux, les chaussures, le
sol ; le plancher des piscines, les plages, les salles de sport (judo).

2º.4-Répartition géographique

Les dermatophytes se rencontrent sous tous les climats.

Certaines espèces sont cosmopolites : E.floccosum, T .rubrum.

D’autres ont une répartition géographique plus limitée : T .soudanense (Afrique noire),
T .schoenleini (Afrique du Nord), M .ferrugineum (Extrême orient), M .canis (Europe).

7 .1.2. LES MOISISSURES

Généralités- historique

Le nom des moisissures est dû à leur ressemblance avec la tête du goupillon qui sert à
asperger l’eau bénite (aspergus) .L’association entre les moisissures et l’objet sacerdotal a été
faite par un botaniste florentin du nom de Micheli en 1729.Depuis, toutes les moisissures
septées qui ressemblent à un aspergus appartient au genre Aspergillus.

Les moisissures sont des champignons filamenteux cosmopolites, ubiquitaires saprophytes au


comportement opportuniste variable selon l’espèce. A l’inverse des dermatophytes qui ne
parasitent que la peau et les phanères en raison de leur affinité pour la kératine, les
moisissures peuvent se retrouver à l’état pathologique dans n’importe qu’elle site de
prélèvement. Il conviendra à chaque fois de préciser si la moisissure est ou non en situation
pathogène .On peut distinguer :

-Les hyalohyphomycètes ou champignon filamenteux clairs : Aspergillus, Paecilomyces,


Fusarium etc.

-Les hyphomycètes foncés ou noirs, appelés Dématiés ou champignons filamenteux noirs.

-Les Mucorales.

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1º Les Hyalohyphomycètes

Genre Aspergillus

Aspergillus est un genre de champignons filamenteux, de type moisissure, appartenant à la


classe des Ascomycètes, dont la colonie se présente sous forme duveteuse. Le thalle, hyalin,
présente un mycélium cloisonné portant de nombreux conidiophores dressés, terminés en
vésicule. Ce sont des moisissures saprophytes de l’environnement. Ce sont aussi des
pathogènes opportunistes responsables dans certaines circonstances d’atteintes de la sphère
ORL, de mycoses pulmonaires ou d’infections disséminées.

On reconnait aujourd’hui 900 espèces du genre, dont 19 seraient pathogènes pour l’homme.
Huit d’entre elles se rencontrent régulièrement, et une prédomine nettement : A. fumigatus. En
effet, cette espèce est la plus rencontrée en pathologie humaine dans les pays tempérés. Elle
est responsable de 80 à 90 % des infections humaines. Les sept autres espèces les plus
fréquemment rencontrées sont : A. clavatus, A. deflectus, A. flavus, A. nidulans, A. niger, A.
versicolor et A. terreus.

Les moisissures sont omniprésentes (répartition mondiale). La plupart sont phytopathogènes


et se développent en saprophytes sur la matière organique en décomposition, dans le sol, le

10
compost etc. Elles sont retrouvées dans les denrées alimentaires et les céréales. Elles sont
présentes dans l’environnement humain, notamment dans les plantes, les fruits, la poussière,
l’air. L’humidité favorise leur survie et leur développement.

La contamination se fait essentiellement par inhalation de spores, d’où l’atteinte préférentielle


des voies aériennes supérieures (bronches, sinus) et les poumons.

Utilités des Aspergillus

Les aspergillus sont très utilisés dans l’industrie agro-alimentaire et dans l’industrie des
biotechnologies, notamment pour la fermentation, la production d’enzymes, la production
d’acides organiques, et la production d’antimicrobiens.

Les moisissures sont des organismes peu virulents mais très opportunistes.

Certaines espèces d’Aspergillus peuvent être pathogènes pour l’Homme (Aspergillus


fumigatus), les animaux et les plantes. Les mycoses povoquées par les Aspergillus sont
appelées aspergilloses .Certaines espèces peuvent aussi produire des mycotoxines comme les
aflatoxines (par Aspergillus flavus) ou l’ochratoxine (Aspergillus ochracus)

2º Les Dématiés

Les dématiés appelés hyphomycètes foncés ou noirs, ou phaeohyphomycètes, ont pour


caractéristique commune de produire un pigment, la mélanine, qui imprègne la paroi des
filaments mycéliens. Ils sont responsables des mycoses appelées phaeohyphomycoses
(superficielles ou profondes chez des sujets fragilisés) qui sont des atteintes cutanées et sous
cutanées, des sinusites, kératites et des lésions viscérales en cas d’immunodépression sévère.
(exemples d’espéces : Exophiala sp Alternaria sp, Arthrobotrys Oviformis, Arthrobotrys
Conoides)

3º Les mucorales

Les Mucorales sont des champignons filamenteux qui font partie des zygomycètes. Ils se
reproduisent de façon sexuée en produisant des zygospores et de façon asexuée en formant
des sporangiospores.

11
Les filaments ne sont pas cloisonnées (thalle siphonné ou coenocytique).

Les Mucorales sont des contaminants fréquents de laboratoire, mais, ils sont également
l’origine d’infections appelées mucormycoses. Ces mycoses sont parfois très graves et dont le
pronostic dépend du terrain et de la rapidité du traitement.

Les principales espèces responsables de mucormycoses humaines sont des Mucoraceae,


notamment le Rhizopus oryzae, Rhizopus rhizopodiformis, Absidia corymbifera et
Rhizomucor pusillus.

9. LES CHAMPIGNONS LEVURIFORMES

9.1. LES CANDIDA

Les Candida anciennement appelés Monilia, sont des levures qui n’ont pas de reproduction
sexuée (levures anascosporées) et qui produisent un pseudomycélium portant des verticilles
réguliers de blastospores.Le genre Candida renferme plusieurs espèces telles que C.albicans,
C. tropicalis, C.parapsilosis, C .krusei, C .kefyr, C. guilliemondii etc. Sur 81 espèces
reconnues de Candida, une dizaine seulement sont des saprophytes habituels de la peau et des
muqueuses de l’Homme et des animaux. Candida albicans est de loin l’espèce la plus
pathogène pour l’Homme.

Les levures du genre Candida viennent au 4ème rang des genres impliqués dans les septicémies
et les candidoses représentent à elles seules environ 7 % des infections nosocomiales.

9.1.1. Habitat des Candida

a) Dans la nature

Plusieurs espèces de Candida ont été retrouvées sur les fruits, les légumes, les céréales, le lait,
les fromages .Les Candida existent aussi dans l’air.

C. albicans n’a été isolé que rarement en dehors de l’homme.

b) Chez l’Homme

C. albicans vit exclusivement chez l’homme qui constitue le principal réservoir de virus .

12
A signaler que les Candida que l’on trouve dans divers prélèvements chez les sujets sains,
sont en nombre réduit et décelables que par culture.

9.1.2. Modes de contamination

Les Candida peuvent être transmis directement d’Homme à Homme, ou indirectement par
l’air ou le matériel contaminé, tel que les cathéters.

La candidose génitale peut être transmise au partenaire sexuel.

Mais dans la plupart des cas, les Candida sont d’origine endogène, la contamination se faisant
à partir des flores saprophytes, dont le pouvoir pathogène est exacerbé par divers facteurs.

9.1.3. Facteurs favorisant le développement des Candida

a) Facteurs locaux

L’humidité, la macération et l’irritation par contact physique (frottement) ou chimique


(produits caustiques, détergents) favorisent le développement des Candida.

b) Facteurs généraux

Ce sont surtout les facteurs diminuant la résistance de l’organisme qui sont les plus
importants : prématurité, maladies graves (cancer, hémopathies maligne, diabète, SIDA),
médicaments (antibiotiques qui détruisent la flore bactérienne en équilibre avec les levures,
corticoïdes, immunosuppresseurs)

9.1.4. Identification des Candida

Sur le milieu de Sabouraud, en 24 heures, le genre Candida ne donne que des formes levures.
Sur milieu PCB (Pomme de terre-carotte-bile) on obtient des blastopores .L’identification de
C. albicans est basée sur la production du Chlamydospores sur milieu PCB, et la
filamentation dans le sérum humain ou animal à 37ºC.

9.2. LE CRYPTOCOCCUS

C. neoformans est une levure anascosporée, appartenant à la classe des Basidiomycètes, à la


famille des Cryptococoïdeae, et au genre Cryptococcus. C’est une levure capsulée
responsable de la cryptococcose qui est une mycose viscérale. Elle constitue actuellement une

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des infections opportunistes les plus fréquentes au cours du SIDA, chez les patients soumis à
une corticothérapie intensive, chez les sujets atteints de certaines hémopathies malignes
lymphoïdes (Maladie de Hodgkin) .Elle est aussi consécutive à une transplantation d’organes.

On distingue 4 sérotypes et deux variétés : Cryptococcus neofomans var. neoformans qui


correspond aux sérotypes A et D, et Cryptococcus néoformans, var. gattii qui correspond aux
sérotypes B et C.

C. neoformans est un champignon monomorphe , c’est-à-dire qu’il a le même aspect dans les
lésions que dans les cultures .Il se présente sous la forme d’une levure non filamenteuse ,de
forme globuleuse ou ovoïde ,mesurant de 2 à 6 microns de diamètre présentant souvent un
bourgeon unique et à base de bourgeonnement étroit et enveloppé d’une capsule gélatineuse ,
non colorable au Giemsa, plus facile à voir dans une goutte d’encre de Chine.

C. neoformans est très répandu dans la nature : la variété neoformans est cosmopolite et a été
retrouvée dans le sol, les fruits, le lait, les fientes d’oiseaux, en particulier de pigeons. La
variété gattii plus rare, est confinée aux régions tropicales d’Afrique et d’Asie (mais aussi au
sud des USA et l’Australie).

Mode de contamination : Le champignon est véhiculé par les courants d’air; il contamine
l’Homme par voie respiratoire.

Facteurs favorisants : cancers (leucémie, maladie de Hodgkin), diabète, corticothérapie


abusive, immunodépression(SIDA), professions (éleveurs de pigeons).

9 .3. LE MALASSEZIA

Malassezia furfur, M. globosa, M .sympodialis, M. restricta et M. slooffiae sont des levures


lipophiles, kératinophiles et lipodépendantes. Ce sont des levures commensales de la peau
appartenant au genre Malassezia (ancien genre Pityrosporum). Elles sont responsables du
Pityriasis versicolor, de Pityriasis capitis et de dermite séborrhéiques.

Les infections à Malassezia furfur (malassezioses ou pityrosporoses) sont des affections


fréquentes sans caractère de gravité, caractérisées par leurs habituelles récidives. Levures
commensales de la peau, les Malassezia prolifèrent dans l’épiderme en produisant du

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mycélium sous l’influence de différents facteurs propres à l’hôte (peau grasse, grossesse,
chaleur, humidité, sudation, hypercorticisme, immunodépression etc.).

Le Pityriasis versicolor est la manifestation la plus fréquente, réalisant une dyschromie


squameuse. Cette dermatose siège sur le thorax, le cou mais peut s’étendre sur tout le corps.
Le prurit est le plus souvent absent.

9.4. LE TRICHOSPORON

Les levures du genre Trichosporon sont présentes dans l’environnement, mais vivent
également en commensaux sur le revêtement cutané .Le passage au parasitisme est favorisé
par l’humidité et la sudation, mais aussi, par l’immunodépression locale ou générale.

9.5. LES RHODOTORULA

Les levures du genre Rhodotorula sont des levures rouges retrouvées dans le milieu extérieur
(aquatique), mais aussi à l’état commensal sur la peau de l’intestin. Elles sont à l’origine des
rares septicémies (hémocultures positives).

9.6. LES SACCHAROMYCES

Le genre Saccharomyces comprend de nombreuses espèces dont la présence dans les


prélèvements buccaux et les selles n’a rien d’exceptionnel. Elle est souvent d’origine
alimentaire ou médicamenteuse (Ultra levure).Son rôle pathogène reste exceptionnel (terrain
très immunodéprimé, cancer, hémopathies, etc.).

9.7. LES GEOTRICHUM

Les Geotrichum sont des champignons filamenteuses assimilés aux levures et vivent à l’état
de commensaux dans les voies aériennes de l’Homme .Leur implication dans un processus
pathologique est à discuter en fonction du contexte clinique (entéropathies,
bronchopneumopathies).

15
10. LES CHAMPIGNONS DIMORPHIQUES

On appelle champignon dimorphiques, des micromycètes qui produisent des colonies


filamenteuses (avec mycélium et spores ou conidies) dans la nature et en culture à 25-30ºC
sur milieu de Sabouraud, et des éléments d’aspect différents en forme et taille (levures ,
sphérules, cellules fumagoides) dans les tissus parasités.

Ces champignons dimorphiques sont essentiellement retrouvés dans les régions chaudes et
humides (conditions retrouvées dans les régions tropicales). On y range :

10.1. Les agents de mycoses tropicales sous- cutanées dont Sporothrix schenckii
responsable de la sporotichose, une infection cutanée aigue ou chronique caractérisée par des
lésions cutanéo-lymphatiques qui prédominent sur les parties découvertes .C’est un
champignon tellurique cosmopolite que l’on rencontre dans les régions tempérées chaudes et
tropicales.

10.2. Les agents de mycétomes sont des champignons ou des bactéries


(Actinomycètes) à l’origine de lésion sous-cutanées et sous-cutanées fistulisées. Leur
développement dans les tissus parasités forme des grains. Ils sont cosmopolites, mais,
s’observent principalement dans les zones tropicales sèches, comme le sahel en Afrique .Les
mycétomes touchent essentiellement les ruraux, les cultivateurs, les éleveurs de ces régions

10.3. Les agents de la chromomycose : La chromomycose ou chromoblastomycose


espèces de champignons noirs(ou Dématiés) qu’on rencontre principalement dans les régions
humides. La mise en évidence des cellules fumagoides (formes parasitaires du champignon à
l’examen direct et dans les tissus) permet de poser le diagnostic.

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10.4. Les champignons dimorphiques à diffusion profonde ou systémique

Les espèces incriminées sont :Penicillium marneffei, Histoplasma variété capsulatum et


variété duboisii, Blastomyces dermatitidis, Cocciddioides immitis et Paracoccidioides
brasiliensis.

10.4.1. Les histoplasmes

Ce sont des champignons appartenant au genre Histoplasma responsables des mycoses


viscérales et cutanées. Actuellement l’histoplasmose fait partie des mycoses opportunistes
observées au cours du SIDA. On distingue deux espèces d’Histoplasma qui décrivent deux
formes d’histoplasmoses humaines qui diffèrent par leur aire géographique, leur tableau
clinique et la forme levure parasitaire dans l’organisme.

- H. capsulatum var capsulatum : cette variété d’espèce décrit l’histoplasmose classique (ou
histoplasmose à petite forme ou histoplasmose américaine ou maladie de Darling) qui est une
affection du système des phagocytes mononuclées.

- H. capsulatum var duboisii est responsable de l’histoplasmose africaine, (ou histoplasmose à


grande formes), maladie le plus souvent cutanée .Il est localisé dans les cellules géantes de la
peau et du tissu cellulaire sous-cutané.

Répartition géographique

- L’histoplasmose classique : elle se rencontre surtout aux Etats Unis d’Amérique (vallée du
Mississipi), dans certains pays d’Amérique latine en particulier en Argentine au Venezuela, et
en Uruguay. Mais l’histoplasmose américaine est une mauvaise appellation car cette mycose
existe aussi en dehors de l’Amérique, puisque des cas sporadiques ont été signalés en Europe
Afrique et en Asie.

- Par contre l’histoplasmose africaine mérite bien son nom puisqu’elle n’existe qu’en Afrique
noire : Afrique de l’ouest (Sénégal, au Mali Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Nigéria), Afrique
Centrale (Tchad, RDC, Congo).C’est affection assez rare : environ 250 cas ont été décrits
dans le monde(en 1985).

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Habitat des champignons

- Les spores d’H. capsulatum var capsulatum, vivent dans le sol enrichi en matières
organiques provenant des excréments de pigeons (fientes), ou de guanos de chauve-souris,
qu’on trouve surtout dans les grottes des régions endémiques.

- Par contre l’habitat d’H .capsulatum var duboisii est encore mal connu ; le champignon n’a
pas encore été isolé dans la nature.

Modes de contamination

- Pour H. capsulatum var capsulatum, la contamination se fait indiscutablement par voie


aérienne par inhalation des spores du champignon.

- Pour H. capsulatum var duboisii, le mode de contamination reste mal connu; la voie
transcutanée paraît possible à la suite d’un traumatisme
ou d’une piqure d’insecte; la voie digestive a aussi été évoquée; de même que la voie
pulmonaire.

11.CHAMPIGNON INCLASSE :PNEUMOCYSTIS JIROVECII

Pneumocystis jirovecii ancienne appelé pneumocystis carinii est une espèce spécifiquement
humaine, agent de la pneumocystose. Autrefois classé parmi les protozoaires sur des
arguments morphologiques, biologiques et thérapeutiques, les techniques de coloration par
l’imprégnation argentique et l’utilisation récente des sondes génétiques le font rattacher aux
champignons.

Morphologie et cycle évolutif

Le cycle ne pourrait être accompli que chez un patient immunodéprimé, les individus sains
parviennent à éliminer les parasites.

Pneumocystis jirovecii se présente sous trois formes selon le stade de développement :

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- le trophozoite ou forme végétative mesure 1 à 2 µm. Son cytoplasme est bleu et le noyau
violet à la coloration de MGG.

- le prékyste: il a une forme ovoïde et mesure 3 à 8µm .D’abord mononuclée, il devient


multinucléé pour devenir le kyste mature. Sa paroi mince est PAS positive et peut être
imprégné par l’argent.

- le kyste mature : c’est la forme infectante probablement. il mesure 6 à 8µm de diamètre. Il


contient 8 corps intrakystiques qui se transforment en trophozoites.

La contamination est aérienne, les kystes inhalés libèrent les trophozoites qui se multiplient à
la surface des alvéoles. Chez les sujets immunocompétents le parasite est détruit par le
système immunitaire. Chez les immunodéprimés le développement fongique réalise une
pneumopathie interstitielle diffuse avec hypoxie et insuffisance respiratoire.

La pneumocystose, classiquement rencontré chez les prématurés, survient surtout chez les
patients infectés par le VIH (patient nouvellement atteints de SIDA ou échappant aux
antirétroviraux). On l’observe aussi chez le nourrisson immunodéprimé non VIH, chez les
greffés d’organes (traitements immunosuppresseurs); les patients atteints d’hémopathies
malignes (selon l’intensité des chimiothérapies) ou de maladies de système ou sous
corticothérapie prolongée mais aussi chez les individus sans facteur de risques.

12.NOMENCLATURE DES MYCOSES ET DES CHAMPIGNONS RESPONSABLES

Cf. tableaux suivants :

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Tableau I : Classification simplifiée des mycoses cutanées et de leurs principaux

Champignons responsables

Mycoses cosmopolites
Dermatophyties (ou dermatophytoses)
Teigne tondante à grandes plaques Microsporum canis, M. audouinii
Teigne tondante à petites plaques Trichophyton soudanense, T. tonsurans,
T. violaceum
Teigne inflammatoire ou suppurée Trichophyton mentagrophytes, T. verrucosum
kérions et sycosis, folliculites
Teigne favique Trichophyton schoenleini
Epidermophyties circinées Trichophyton rubrun, T.mentagrophytes,T.
verrucosum, Microsporum canis
Intertrigo des plis (principalement des pieds) Trichophyton rubrun, T.mentagrophytes var.
interdigitale, Epidermophyton, floccosum
Onyxis des pieds Trichophyton rubrun, T.mentagrophytes var.
interdigitale, Epidermophyton floccosum
Onyxis des mains Trichophyton rubrun, T.soudanense, T.
tonsurans, T. violaceum
Kératodermie palmoplantaire Trichophyton rubrum
Levuroses cutanées
Intertrigo à candida Candida albicans, (++), C.glabrata (+)
C.parapsilosis
Onyxis et périonyxis à Candida Candida albicans, C.glabrata(+),
C.parapsilosis ( +)
Pityriasis versicolor Malassezia (M.furfur,autres Malassezia)
Dermite séborrhéique Malassezia sp.
Pityriasis capitis Malassezia sp.
Piedra blanche*(cheveux, barbes, poils Trichosporon ovoïde*
pubiens)
Autres mycoses cutanées à champignons noirs ou Dématiés

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Kystes phaeohyphomycotiques* Exophiala sp.*
Alternariose cutanée* Alternaria (A.alternata*)
Mycoses exotiques
Chomoblastomycoses Fonsecaea pedrosoi*, Fonsecaea compacta*
Cladophialophora carrionii*, Phialophora
verrucosa*
Mycétomes fongiques* -à grains noirs : Madurella mycetomatis*,
Leptosphaeria senegalensis*
-à grains blancs : Scedosporium
apiospermum*, Fusarium sp.*, Aspergillus
sp.
Sporotrichose* Sporothrix schenkii*
Zygomycoses tropicales* : Basidiobolus ranarum*
Basidiobolomycose* Conidiobolus coronatus*
Conidiobolomycose*
*Champignons rares en pathologie humaine, exceptionnellement opportunistes

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Tableau II : Classification simplifiée des mycoses profonds ou disséminées et de leurs
principaux champignons responsables

Mycoses cosmopolites
Levuroses
Candidoses Candida albicans, autres Candida
Cryptococcoses Cryptococcus neoformans, autres
cryptocoques
Trichosporonoses* Trichosporon spp. *
Autres levuroses* Rhodotorula spp, Saccharomyces spp*
Mycoses à champignons filamenteux
Mucormycoses Rhizopus spp. ; Absidia spp., Rhizomucor
spp.
Aspergilloses Aspergillus fumigatus, Aspergillus spp.
Fusariose Fusarium spp.
Scédosporioses Scedosporium spp.
Autres mycoses à Mucédinés* Acremonium spp.*
Alternarioses et autres phaeohyphomycoses Alternaria spp.*, Exophiala spp.* Bipolaris
profondes spp.*, Aureobasidium spp.*
Mycoses exotiques et /ou à champignons dimorphiques
Histoplasmoses Histoplasma var. capsulatum, Histplasma
var. duboisii
Blastomycose* Blastomyces dermatidis*
Coccidioïdomycose* Coccidioides immnitis*
Paracoccidioïdomycose* Paracoccidioides brasilensis*
Pénicilliose Penicillium marneffei
Mycoses atypiques ou inclassées
Pneumocystose Pneumocystis jiroveci (anciennement
Pneumocystis caninii)
* champignons rares en pathologie humaine, exceptionnellement opportunistes.

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