MESURES ANGULAIRES
La mesure d’angles est toujours indispensable en topographie. Par rapport aux mesures de
distance au moyen de technologies modernes (IMEL, chap. 4 § 6 ou GPS, chap. 7 § 1), les
mesures angulaires gardent l’avantage d’être d’autant plus précises que les portées de mesures
sont longues.
1. LE THÉODOLITE OPTICO-MÉCANIQUE
Un théodolite est un appareil permettant de mesurer des angles horizontaux (angles projetés
dans un plan horizontal) et des angles verticaux (angles projetés dans un plan vertical).
Le terme théodolite « optico-mécanique » regroupe l’ensemble des appareils à lecture
«mécanique » par vernier gradué en comparaison aux appareils « opticoélectroniques»,
appelés aussi stations, dont la lecture se fait sur un écran à affichage numérique et qui
intègrent souvent un appareil de mesure électronique des distances (IMEL).
La mécanique de base des stations électroniques est souvent la même que celle des théodolites
classiques. Par exemple, le modèle T2000 de Leica est une station électronique de précision
bâtie sur la base du T2 mécanique. Les précisions de lecture angulaire sont donc comparables
: l’écart type (tome 2 chap. 5 § 12) constructeur pour une mesure angulaire sur une direction
est de ± 2,5 dmgon sur un T2 et de ± 1,5 dmgon sur un T2000.
Terminologie
Rappelons quelques définitions.
Un goniomètre permet de mesurer des angles horizontaux (appelés aussi angles azimutaux)
ou verticaux.
Un cercle permet la mesure d’angles horizontaux uniquement.
L’éclimètre mesure des angles verticaux uniquement.
Le clisimètre permet la mesure directe de pentes avec une précision de 0,5 %.
Le tachéomètre est un théodolite couplé à un système de mesure de distances (du grec
tachéo, qui signifie rapide). On distingue :
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Topographie 5
Le tachéomètre à diagramme est un ancien modèle mécanique à utiliser avec des mires
spéciales. La précision espérée sur une mesure de distance est de l’ordre de ± 14 cm pour une
distance de 50 m (chap. 4 § 4. et 5).
Le tachéomètre électronique est un théodolite couplé à un instrument de mesure
électronique des longueurs (IMEL, voir la précision de ce type d’appareil au chapitre 4,
paragraphe 6.3.).
Principe de fonctionnement
La figure 3.1 montre le schéma de principe du fonctionnement d’un théodolite.
Figure 1. Schéma de principe d’un théodolite
(P) : axe principal, il doit être vertical après la mise en station du théodolite et doit
passer par le centre de la graduation horizontale (et le point stationné).
(T) : axe secondaire (ou axe des tourillons), il est perpendiculaire à (P) et doit passer au
centre de la graduation verticale.
(O) : axe optique (ou axe de visée), il doit toujours être perpendiculaire à (T), les trois
axes (P), (T) et (O) devant être concourants.
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Topographie 6
L'alidade : c’est un ensemble mobile autour de l’axe principal (P) comprenant le cercle
vertical, la lunette, la nivelle torique d’alidade et les dispositifs de lecture (symbolisés ici
par des index).
Le cercle vertical (graduation verticale). Il est solidaire de la lunette et pivote autour de
l’axe des tourillons (T).
Le cercle horizontal ou limbe (graduation horizontale). Il est le plus souvent fixe par
rapport à l’embase mais il peut être solidarisé à l’alidade par un système d’embrayage
(T16) : on parle alors de mouvement général de l’alidade et du cercle autour de (P) ;
c’est le mouvement utilisé lors du positionnement du zéro du cercle sur un point donné.
Lorsqu’il est fixe par rapport au socle, on parle de mouvement particulier : c’est le
mouvement utilisé lors des lectures angulaires. Sur le T2, un système de vis sans fin
permet d’entraîner le cercle et de positionner son zéro.
2. MISE EN STATION [Link] THÉODOLITE :
RÉGLAGES, LECTURES
La mise en station d’un théodolite consiste à caler l’axe principal à la verticale d’un point de
station donné. La méthode de mise en station détaillée dans ce paragraphe suppose
l’utilisation d’un trépied classique (par comparaison au trépied centrant Kern). Elle donne
toutefois le principe de base commun à tous les types de trépieds. Cette méthode évite
l’emploi du fil à plomb qui, dans la pratique, est peu commode : trop sensible, inutilisable
dans un vent même faible et le plus souvent introuvable...
2.1 Mise à hauteur du trépied
La mise à hauteur du trépied s’effectue comme suit :
Fixez l'appareil sur le trépied en prenant soin de vérifier que les trois vis calantes sont
à peu près à mi-course.
Réglez l'oculaire à la hauteur des yeux de l'opérateur (ou mieux, légèrement en
dessous de cette hauteur : il est plus facile de se baisser que de se hausser). Profitez en
pour régler la netteté du réticule de visée. Pour cela, utilisez les graduations en dioptries
de l’oculaire.
Si vous devez mettre en station sur un point donné : soulevez deux pieds du trépied
tout en regardant dans le plomb optique et déplacez l'ensemble afin de positionner le
plomb optique près du point de mise en station (inutile à ce stade de le positionner
exactement sur le point). Enfoncez ensuite les pieds dans le sol puis positionnez le
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Topographie 7
plomb optique exactement sur le point au moyen des trois vis calantes. À cet instant,
l’axe principal passe par le point de station mais n’est pas vertical.
Si vous ne devez pas mettre en station sur un point donné (station libre) : reculez
vous pour vérifier que l'appareil est à peu près vertical, puis enfoncez les pieds du trépied
dans le sol.
Si vous devez mettre en station sous un point donné, utilisez soit un fil à plomb
pendant depuis le point « au plafond » jusqu’au repère situé sur le dessus de la lunette du
théodolite (en position de référence), soit un viseur zénithal.
2.2 Calage dans une direction au moyen de la nivelle torique
Amenez la nivelle torique (t) parallèle à deux vis calantes V1 et V2 (Figure 2.). Centrez la
bulle au moyen des deux vis V1 et V2 en agissant simultanément sur les deux vis en sens
inverse l'une de l'autre, puis faites tourner l'appareil de 200 gon (repérez-vous sur la
graduation horizontale du socle ou sur les lectures angulaires horizontales Hz).
Trois cas de figure peuvent se présenter :
Si la nivelle torique est bien réglée, la bulle revient exactement dans la même position après
un demi-tour de l’alidade (ou dans une position voisine à une ou deux graduations près : la
bulle doit rester entre les deux repères principaux). C'est le cas le plus courant.
Figure 2. Calage de la nivelle torique
La nivelle étant centrée en position 1, après un demi-tour elle passe en position 2 avec un
décalage de la bulle de n graduations correspondant à deux fois l'angle e (Figure 3). En
recentrant la bulle de la moitié de l'erreur (n/2 graduations), l'axe de l'appareil est remis
parfaitement vertical, l'axe de la nivelle torique restant décalé du même angle e par rapport à
l'horizontale. La bulle de la nivelle n'est pas centrée (décalée de n/2 graduations) mais l'axe de
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Topographie 8
l'appareil est vertical : c’est la position de calage. Il reste à caler la bulle dans la même
position dans toutes les directions.
Figure 3. Contrôle de la nivelle torique
Pour effectuer un calage fin au moyen de la nivelle torique, procédez comme suit :
Amenez l'axe de la nivelle torique sur la troisième vis calante V3 et, en agissant sur la
seule vis V3, amenez la bulle dans la position de calage. Sur la figure 4, la nivelle est
dans la position de calage de l’exemple précédent (décalage de deux graduations vers la
droite repérée sur les schémas par la lettre t).
Figure 4. Calage final sur la 3eme vis
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Topographie 9
Vérifiez enfin qu'en tournant l'appareil dans une direction intermédiaire la bulle reste
dans sa position de calage. Si le calage n'est pas parfait, il faut reprendre les mêmes
opérations pour affiner le calage.
Évitez ensuite tout mouvement brusque de l’alidade et, lors du pivotement de celui-ci,
pensez à utiliser les deux mains, une sur chaque montant de l’alidade pour répartir le
moment du couple appliqué à l’appareil.
3. LES ANGLES HORIZONTAUX
Le cercle horizontal
Le cercle horizontal (ou limbe) est la graduation du théodolite sur laquelle l'opérateur lit les
angles horizontaux. Il est lié au socle de l'appareil mais peut aussi pivoter sur lui même de
manière à régler le zéro des graduations sur une direction donnée. Il existe plusieurs
technologies possibles pour cette mise à zéro : le débrayage de l’entraînement du cercle (T16)
ou bien le mouvement par vis-écrou (T2).
Figure 5. Mesure d’angles horizontaux
Les graduations sont croissantes de 0 à 400 gon dans le sens horaire (en regardant le cercle du dessus,
figure 5).
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Topographie 10
Après la mise en station du théodolite, ce cercle est horizontal, ce qui explique que les angles
lus soient des angles projetés sur le plan horizontal et appelés angle horizontaux (ou
azimutaux), notés Hz.
Sur la figure 5, l'appareil est en station sur le point S. L'opérateur vise le point A (sommet du
bâtiment) et règle le zéro des graduations sur ce point. En visant le point B, il lit dans le
théodolite l'angle horizontal A’ – S’ – B’ (A’, B’, S’ sont les projections de A, B et S sur le
plan horizontal passant par l’axe des tourillons de l’appareil).
3.1 Le double retournement
C’est une manipulation consistant en un demi-tour simultané de la lunette et de l’alidade
(figure 6). Cette technique de mesure permet d'éliminer certaines erreurs systématiques et de
limiter les fautes de lecture. Lors d’une mesure d’angle horizontal, cela permet :
de doubler les lectures et donc de diminuer le risque de faute de lecture ;
de ne pas toujours lire sur la même zone du limbe, donc de limiter l’erreur due aux
défauts de graduation du limbe ;
d’éliminer les défauts de collimation horizontale et de tourillonnement.
L’erreur de centrage sur le point de station et l’erreur de calage de l’axe vertical ne sont pas
éliminées par cette manipulation. Il convient donc de soigner ces opérations.
Figure 6 : Double retournement
Pratiquement, on effectue :
une lecture en cercle gauche (cercle vertical de l'appareil à gauche de l'opérateur, plus
généralement en position de référence) ;
l un double retournement ;
l une nouvelle lecture du même angle en cercle droite (cercle vertical à droite).
Si l’on appelle HzCG la valeur lue en cercle gauche, et HzCD celle lue en cercle droit, on doit
observer :
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Topographie 11
En effet, le double retournement décale le zéro de la graduation de 200 gon (figure 6) ; ceci
permet un contrôle simple et immédiat des lectures sur le terrain.
La différence entre les valeurs HzCG et (HzCD – 200) représente la combinaison des erreurs de
collimation, de mise en station, de lecture, etc.
L'angle horizontal Hz mesuré vaut alors :
Remarque
Si l’on n'effectue qu'une seule lecture, elle doit être faite en position de référence (CG sur les
théodolites classiques et CD sur la plupart des stations électroniques).
4. Terminologie des mesures d’angles horizontaux
4.1. Lecture simple
L'appareil étant dans sa position de référence (par exemple CG sur la figure 7), et le zéro de la
graduation horizontale n'étant pas modifié après mise en station, l'opérateur effectue une
lecture azimutale LA sur le point A puis une lecture LB sur B et en déduit l'angle ASB :
HzAB= LB-LA
Figure7. : Lecture d’un angle horizontal
4.2. Séquence
On appelle séquence un ensemble de (n + 1) lectures effectuées à partir d'une même station
sur n directions différentes avec la même position des cercles horizontaux et verticaux, le
contrôle de fermeture sur la référence et la répercussion sur les n lectures de l'écart de
fermeture sur la référence (sur laquelle on réduira les angles à zéro).
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Topographie 12
Par exemple, sur la figure 8, la référence est le point R sur lequel l’opérateur effectue la
première lecture LR1 , on fait une lecture sur chaque point en tournant en sens horaire et une
dernière lecture de fermeture sur le point R LR2 .
Par calcul, les lectures sont ensuite réduites1 à la référence R en soustrayant aux autres
lectures la moyenne des deux lectures sur la référence. Pour cela, on calcule :
la fermeture de la séquence : Fs = | LR1 – LR2 |
la moyenne sur la référence : L R = (L R1 + L R2)/2
la lecture sur chaque point : L’j = Lj – L R
Figure 8. : Séquence
La lecture sur la référence devient donc LR = 0.
La fermeture angulaire de chaque séquence est soumise à des tolérances réglementaires dont
les valeurs fixées par l’arrêté de janvier 1980 correspondent à : 1,5 mgon en canevas de
précision et 2,8 mgon en canevas ordinaire.
4.3. Paire de séquences
Une paire de séquence est l'association de deux séquences successives avec un décalage de
l'origine du limbe, le retournement de la lunette et l’inversion du sens d'observation.
Cette méthode permet de minimiser certaines erreurs systématiques.
Généralement, l’opérateur effectue une séquence en CG dans le sens horaire de rotation de
l'appareil puis effectue un double retournement et enfin effectue la séquence en CD dans le
sens trigonométrique (sens inverse horaire).
Pour une seule paire de séquences on décale l'origine du limbe de 100 gon ; le double
retournement décale déjà l'origine du limbe de 200 gon (figure 9).
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Topographie 13
Figure 9. : Paire de séquences
Paire Position du cercle
Origine Sens de rotation
vertical
0 sens horaire CGauche
n°1
100 sens trigo CDroite
50 sens horaire CGauche
n°2
150 sens trigo CDroite
Remarque
Si l’opérateur effectue deux paires de séquences les décalages d'origine sont
généralement effectués comme indiqué ci-dessus.
les lectures en canevas ordinaire nécessitent au moins deux paires de
séquences, en canevas de précision au moins quatre paires de séquences (décalages
usuels d’origine pour quatre paires : 0, 100 ; 50,150 ; 25,125 ; 75,175.
le procédé consistant à décaler l’origine du limbe entre deux séquences est
appelé réitération (nous ne détaillons pas le procédé de répétition qui n’est plus
employé : il consistait à lire plusieurs fois l’angle cherché et à l’ajouter sur le cercle
horizontal).
l’écart des lectures (écart entre la moyenne de toutes les paires et la moyenne
d’une paire) est soumis à des tolérances réglementaires :
1,2 mgon en canevas de précision pour quatre paires de séquences (1,3 mgon pour huit
paires) ;
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Topographie 14
1,3 mgon en canevas ordinaire pour deux paires de séquences (1,6 mgon pour quatre
paires).
4.4. Tour d'horizon
Le tour d’horizon est le résultat final de la combinaison des observations angulaires
(séquences) en une même station et rapportées à une même référence (dans nos exemples le
point R).
Lors du calcul, on détermine la valeur moyenne de l’écart sur la référence : c’est la somme
algébrique de tous les écarts de lecture d’une même paire divisée par (n + 1), n étant le
nombre de directions visées y compris la référence.
Cet écart est soumis à des tolérances réglementaires :
0,7 mgon en canevas de précision pour quatre paires (0,8 mgon pour huit paires) ;
0,8 mgon en canevas ordinaire pour deux paires (0,9 mgon pour quatre paires).
5. Le cercle vertical : Lecture d’angles verticaux
La lecture d’un angle vertical z, noté aussi V, est réalisée de la manière suivante.
Sur la figure 10-a, est représentée une vue en élévation du cercle vertical d’un théodolite en
position de référence (cercle gauche). Nous avons vu que ce cercle est solidaire de la lunette.
Son zéro est placé sur l’axe de la lunette (visée). L’index de lecture est fixe et positionné à la
verticale (zénith) du centre optique (t) de l’appareil, lui-même stationné à la verticale du point
S. Lorsque la ligne de visée passe par un point M, l’index donne alors la lecture de l’angle z
(ou V) intercepté sur le cercle vertical :
z = angle ( tM , t I ) ; z est appelé « angle zénithal » : c’est un angle projeté dans le plan
vertical du point de station.
Figure 10-a. : Lecture de l’angle zénithal z
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Topographie 15
Pour simplifier le schéma de lecture d’un angle zénithal, on considère que le zéro de la
graduation est au zénith lorsque l’appareil est en station.
On considère alors que tout se passe comme si le cercle vertical était fixe et que l’index de
lecture se déplaçait avec la visée (figure 10-b).
Ceci permet de faire apparaître plus clairement :
l’angle de Site i entre l’horizon et la visée ;
l’angle Nadiral n entre le nadir et la visée.
Les configurations des figures 10-a et 10-b correspondent à la position de référence de
l’appareil utilisé : dans cette position (cercle à gauche ou bien à droite), l’angle z vaut 100 gon
sur l’horizontale.
Figure 10-b. : Angles verticaux z, i et n
En position de référence, une rotation de la lunette de haut en bas donne une augmentation de
l’angle z de 0 à 200 gon.
Après un double retournement, la même rotation donne une évolution inversée : les angles
diminuent de 399 gon à 200 gon.
Le cercle à gauche de l’opérateur (CG) est la position de référence de la plupart des appareils
optico-mécaniques classiques. Soit un point M visé au théodolite, on note généralement :
V tout angle mesuré dans un plan vertical ;
z angle zénithal ;
i angle de site (par rapport à l’horizon) ;
n angle nadiral (par rapport au nadir).
Pour la suite, nous avons préféré la notation V pour les angles zénithaux car l’angle V
mesuré par les appareils modernes est toujours l’angle zénithal z. De plus, cela permet
d’éviter la confusion avec les coordonnées notées Z.
Les relations entre ces angles sont : n = 200 – V i = 100 – V
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Topographie 16
5.1 Valeur moyenne d’un angle vertical par double retournement
Pour la suite, nous admettrons que la position de référence de notre appareil mécanique est le
cercle à gauche (CG).
Figure 11. : Effet du double retournement sur la mesure de l’angle vertical
Sur les schémas de la figure 11, on constate qu’après un double retournement le sens
d’évolution de la graduation du cercle vertical est inversé. L’angle lu en cercle droit VCD n’est
donc pas « directement comparable » avec l’angle lu en cercle gauche VCG, comme c’était le
cas avec les angles horizontaux.
La relation entre les deux lectures est : VCG = 400 – VCD
L’angle final moyen déduit des deux lectures est :
5.2. Erreur d’index vertical
L’intérêt du double retournement est, comme pour les angles horizontaux, de limiter les
fautes de lecture et d’éliminer certaines erreurs systématiques ou accidentelles.
Dans le cas de mesure d’angles verticaux, le double retournement permet d’éliminer :
l’erreur d’excentricité de l’axe optique par rapport à l’axe secondaire ;
l’erreur d’index de cercle vertical : en effet, qu’il soit manuel (nivelle d’index) ou
automatique (compensateur), le dispositif des appareils modernes ne cale pas
exactement le zéro (index de lecture) à la verticale du centre du cercle mais dans deux
positions voisines symétriques par rapport à cette verticale ;
le défaut de tourillonnement (non-perpendicularité de l’axe secondaire et de l’axe
principal).
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Topographie 17
Sur les schémas de la figure 12 on suppose la présence d’une erreur angulaire Vo de position
de l’index du cercle vertical par rapport à la verticale du centre du cercle.
Figure. 12. : Erreur d’index du cercle vertical
Ce défaut est une constante de l’appareil qui peut varier. Il peut brusquement augmenter si
la nivelle d’index vertical est déréglée ou si le compensateur est défaillant. Il convient donc de
l’évaluer régulièrement et de vérifier qu’il est à peu près constant (aux erreurs de lecture
près). Si l’on constate qu’il varie beaucoup d’une station à l’autre, c’est que le système de
calage de l’index vertical est déréglé.
En cercle gauche, l’opérateur lit VCG, l’angle V cherché vaut V = VCG – Vo.
En cercle droit, l’opérateur lit VCD, l’angle V cherché vaut V = 400 – VCD + Vo.
Si on fait la moyenne des deux valeurs, on retrouve V = (VCG + (400 – VCD))/2.
Si on soustrait les deux équations, on isole Vo et on obtient
La valeur de Vo trouvée est aussi entachée des erreurs de lecture, de pointé, etc., si bien qu’il
est impossible de dire si c’est bien la valeur de Vo seul que l’on mesure ainsi (sauf dans le cas
d’une faute grossière de calage ou dans le cas d’un dérèglement du système de calage manuel
ou automatique de l’index vertical).
Grâce au double retournement, on arrive donc à éliminer certaines erreurs et en particulier
l’erreur d’index vertical. Sur les appareils de bas de gamme qui ne disposent pas d’un
dispositif de calage précis de l’index vertical (manuel ou automatique), cette moyenne des
lectures CG et CD permet d’améliorer la précision de mesure de V.
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Topographie 18
6. Gisement :
6.1. Définition :
Le gisement d'une direction AB est l'angle horizontal mesuré positivement dans le sens horaire
entre l’axe des ordonnées du système de projection utilisé et cette direction AB. On le note
GAB.
Fig.8. : Gisement de la direction AB Fig. 9. : Différents quadrants
GAB est l’angle entre le Nord (ordonnées) et la direction AB.
GBA est l’angle entre le Nord (ordonnées) et la direction BA.
La relation qui lie GAB et GBA est : GBA = GAB + 200
6.2. Calcul d'un Gisement à partir des coordonnées cartésiennes :
Considérons les coordonnées de deux points A (EA, NA) et B (EB, NB) représentés dans la figure 8
La relation suivante permet de calculer le gisement GAB :
EB E A E EA
tgGAB G AB tg 1 B
NB NA NB N A
Rq : la calculatrice donne la valeur de l'angle auxiliaire g. Pour obtenir GAB, il faut donc tenir
compte de la position du point B par rapport au point A ; on parle de quadrants :
Quadrant 1 : B est à l'est et au nord de A (ΔE > 0 et ΔN > 0) : GAB = g
Quadrant 2 : B est à l'est et au sud de A (ΔE > 0 et ΔN < 0) : GAB = 200 + g (avec g < 0)
Quadrant 3 : B est à l'ouest et au sud de A (ΔE < 0 et ΔN < 0) : GAB = 200 + g (avec g > 0)
Quadrant 4 : B à l'ouest et au nord de A (ΔE < 0 et ΔN > 0) : GAB = 400 + g (avec g < 0)
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Topographie 19
Exemple : Soit les points A, B, C, D et E représentés sur la figure. Calculez les Gisements des
droits AB, BA, AC, CA, AD, DA, AE, et EA.
A (4,5) B (8,7) C (7,2) D (2,3) E (3,8)
6.3. Calcul des coordonnées à partir d'un Gisement :
Si on connaît les coordonnées du point A on peut calculer les coordonnés du point B à partir de la
distance horizontale DAB et le Gisement GAB par les formules suivantes :
E B E A DAB sin G AB N B N A DAB cosG AB
Exemple : Soit le point A de coordonnés (680,379 ; 210,257). Sachant que la distance qui sépare
le point A par rapport le point B est : DAB = 45,53 m et le Gisement de la droite AB est : GAB
= 172,622 grade, calculez les coordonnées du point B.
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Topographie 20