Module 1 : Fondamentaux des changements
climatiques
Système climatique simplifié - Tendances et
risques climatiques - Gouvernance
Conception :
Henri Mathieu LO - UCAD Formation :
Mamadou Adama SARR - UGB Mamadou Adama SARR - UGB
Objectifs du Module
Comprendre
les principes
Comprendre la
Comprendre et les
gouvernance du
le système concepts de
changement
climatique base du
climatique
changement
climatique
Introduction
1. Composantes du temps et du climat
2. Effet de serre (naturel et amplifié)
Sommaire
Conclusion
1. Composantes du
temps et du climat
Le système climatique : composantes
Courtesy: M. A. Sarr
Le système climatique : composantes
Bilan énergétique de la Terre
Courtesy: M. A. Sarr
Le système climatique : composantes
Répartition latitudinale de
l’énergie sur la Terre
Courtesy: M. A. Sarr
Le système climatique : composantes
Atmosphère: les principaux gaz
Courtesy: M. A. Sarr
Le système climatique : composantes
Importance de certains gaz rares
• Du point de vue météorologique, le gaz carbonique, le méthane, l’oxyde nitreux
représentent des constituants importants de l’air.
• Ils ont une grande capacité d’absorption de l’énergie réfléchie par la Terre.
• Ils influencent le flux d’énergie vers l’atmosphère.
• C’est également le cas pour la vapeur d’eau, le gaz le plus variable au niveau de
l’atmosphère.
2. Effet de serre
naturel et amplifié
Effet de Serre (naturel et amplifié)
Phénomène thermique qui réémet le rayonnement par
infrarouge vers l’atmosphère et qui est en partie ou
totalement piégé par la présence de gaz à effet de serre
• Fourier (1824) (vapeur d’eau, CO2, etc…)
MARS TERRE VÉNUS
≈ ‐57°C ‐18°C ≈ ‐40°C
‐55°C 15°C 465°C
Module 1 : Fondamentaux des changements
climatiques
Tendances et risques climatiques aux échelles
globale, régionale et local
Conception :
Henri Mathieu LO - UCAD Formation :
Mamadou Adama SARR - UGB Mamadou Adama SARR - UGB
Sommaire
1. Définitions de base de la variabilité
climatique, du changement climatique
2. Tendances et projections du climat
3. Observations, manifestations, impacts
du changement climatique
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1. Définitions de base de
la variabilité climatique,
du changement
climatique
14
Principes et concepts des CC
Définition du changement climatique (CC)
➢ Selon la Convention Cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques (CCNUCC) les CC sont tous
changements attribuables directement ou indirectement aux
activités humaines qui affectent la composition de l’air
atmosphérique et qui s’ajoutent à la variabilité naturelle du
climat
➢ Selon le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur
l’Evolution du Climat ) : le CC se réfère à une variation
statistiquement significative dans l’état moyen du climat qui
peut être due à la variabilité naturelle ou aux activités
humaines
➢ La variabilité naturelle du climat exprime les variations de
l’état moyen des variables climatiques: ex. une année il pleut
beaucoup, l’année suivante est sèche ; une année, le
démarrage de la saison des pluies est précoce puis tardive
une autre IPCC (2001)
15
Principes et concepts des CC
➔ Les changements climatiques représentent une menace pour
le développement durable et risquent de compromettre les
efforts déployés par les pays les plus vulnérables face au
climat, pour la lutte contre la pauvreté et l’atteinte des
objectifs du développement durable (ODD)
➔ Par conséquent, les CC doivent être intégrés
systématiquement dans les politiques nationales,
sectorielles et locales de développement
➔ Des efforts importants on été entrepris par la communauté
internationale et les pays dans ce domaine y compris en
matière de gouvernance climatique et de mise en place de
programmes et projets d’adaptation et d’atténuation
IPCC (2001)
16
Principes et concepts des CC
Le climat est-il vraiment en train de changer ?
▪ 4ème , 5ème et 6ème rapport d’évaluation du GIEC et
rapport spécial du GIEC de 2018
o “Le réchauffement du système climatique est sans
équivoque. On note déjà, à l’échelle du globe, une
hausse des températures moyennes de
l’atmosphère et de l’océan, une fonte massive de
la neige et de la glace et une élévation du niveau
moyen de la mer”.
17
Principes et concepts des CC
Causes humaines
- Le rejet massif de GES dans l’atmosphère du aux
activités humaines, approvisionnement énergétique,
industrie, transports, déforestation, agriculture)
18
Principes et concepts des CC
Le climat est-il vraiment en train de changer ?
▪ Tendances observées
o Les années récentes sont les plus chaudes depuis
que l’on dispose d’observations météorologiques
o L’augmentation des températures à la surface de la
terre et des océans va en s’accélérant
o L’élévation du niveau de la mer va aussi en
s’accélérant
19
2. Etat actuel du climat
20
Etat actuel du Climat
L’influence des êtres humains
sur le réchauffement de
l’atmosphère, des océans et
des continents est sans
équivoque :
▪ Le réchauffement de la
température de surface
mondiale directement
imputable aux humains est
estimé à 1.07°C.
▪ Le réchauffement s’est
également accéléré, avec
+0.19°C entre la période
2003-2012 et la période
GIEC, 2021 2011-2020.
21
Etat actuel du Climat
❑ En émettant des gaz à effet de serre
(GES), l’humanité a provoqué des
changements rapides et étendus au
niveau de l’atmosphère, de la
cryosphère (glaces terrestres et
marines), de la biosphère (les êtres
vivants) et des océans.
❑ Le rythme du réchauffement sur les
50 dernières années est sans
précédent depuis au moins 2000 ans.
GIEC, 2021
22
Etat actuel du Climat
❑ Les principaux GES émis
par les êtres humains
sont le dioxyde de
carbone (CO2), le méthane
(CH4), et le protoxyde
d’azote (N2O).
❑ Une partie des émissions
humaines sont captées
par l’océan et à la surface
des continents (56% pour
le CO2). Le reste est
stocké dans l'atmosphère,
augmentant leur
concentration.
GIEC, 2021
23
Etat actuel du Climat
❑ Bien que la concentration
atmosphérique en CH4 soit
environ 220 fois plus faible
que celle du CO2, le CH4
est responsable de plus d’un
quart du réchauffement en
raison de son pouvoir
réchauffant plus fort.
❑ L’amplitude de ces
variations pour le CO2 et le
CH4 dépasse de loin celle
des variations naturelles
entre périodes glaciaires et
périodes interglaciaires au
cours des 800 000 dernières
années. La concentration
actuelle en CO2 est la plus
GIEC, 2021 haute depuis au moins 2
millions d’années.
24
Etat actuel du Climat
❑ Cette augmentation de la concentration en GES est
à l’origine d’une accumulation importante
d’énergie sous forme de chaleur à la surface du
globe.
❑ Cette énergie se retrouve à 91% dans les océans,
5% sur les surfaces continentales, 3% dans les
glaces (causant leur fonte), et 1% seulement
dans l’atmosphère.
❑ Pourtant, cette infime proportion (1%) de
chaleur piégée dans l’atmosphère est la principale GIEC, 2021
cause du réchauffement observé depuis 1850 : la
température mondiale de surface sur la période
2011-2020 était 1.09°C plus chaude que celle sur
la période 1850-1900, avec un réchauffement plus
important sur les continents (+1.59°C) qu’au-
dessus des océans (+0.88°C).
25
Etat actuel du Climat
Le niveau de la mer s'est enlevé de 20
cm entre 1901 et 2018. D'un rythme de
1.3 mm/an entre 1901 et 1971,
l'augmentation s'est accélérée pour
atteindre +3.7 mm/an sur la période
2006- 2018. Par conséquent, ce niveau a
augmenté plus rapidement depuis 1900
que pendant n’importe quel siècle depuis
3000 ans. Sur la même période, l’océan
s’est également réchauffé plus
rapidement que depuis la fin de la
dernière déglaciation, il y a environ 11
000 ans.
26
Etat actuel du Climat
En plus d’avoir un effet sur la température et le
niveau des océans, la dissolution dans les eaux
de surface d’une partie du CO2 d’origine
humaine augmente l’acidité des océans. Celle-
ci a atteint, ces dernières décennies, un niveau
inhabituel sur les 2 derniers millions d’années,
ce qui représente un risque majeur pour la
biodiversité marine en entraînant le déclin de
nombreux écosystèmes.
27
Etat actuel du Climat
Fréquence, intensité,
étendue et durée des
extrêmes
météorologiques (ex.
feux de forêt) et
climatiques provoquant
sécheresses prononcées,
inondations, stress
thermiques et cyclones
tropicaux avec des
risques de favoriser la
propagation de
maladies infectieuses.
28
3. Modifications à
l’échelle globale
29
Modifications globales
Pour étudier les impacts futurs possibles, le GIEC s’est donc appuyé sur
cinq scénarios appelés SSP (Shared Socio-economic Pathways, ou «
Trajectoires socio-économiques partagées »).
▪ L’évolution de la population
▪ Le type de développement
▪ Le type d’interactions entre pays
GIEC, 2021 30
Modifications globales
Ces scénarios reflètent
diverses possibilités
d’évolutions futures
en termes de
population, de
développement
économique et
technologique et de
politiques
environnementales.
GIEC, 2021
31
Modifications globales
GIEC, 2021
32
Modifications globales
❑ Le réchauffement de 1oC
affecte tous le Globe
terrestre et est
généralement plus
important sur les
contenants que sur les
océans, tant dans les
observations que dans
les modèles.
❑ À tous les niveaux de
réchauffement, les terres
émergées se réchauffent
plus que les océans, et
l'Arctique et l'Antarctique
GIEC, 2021 se réchauffent plus que
les tropiques.
Sous l’effet des émissions de GES passées et futures, les changements du
système climatique observés au cours des récentes décennies se
poursuivront durant tout le XXIème siècle et au- delà. Cela augmentera la
probabilité d’impacts sévères, généralisés et irréversibles sur les
écosystèmes et les êtres humains. 33
Modifications globales
❑ Les températures continueront d’augmenter sur l’ensemble
de la planète – en moyenne 1,4 à 1,7 fois plus sur terre
que sur mer, et au moins deux fois plus au Pôle Nord
qu’ailleurs ;
❑ Les glaces terrestres et le permafrost continueront de fondre
et la banquise arctique reculera, particulièrement en été. Un
été presque sans banquise dans l’Arctique est probable avant
2050, quoi que nous fassions.
❑ La hausse du niveau de la mer et l’acidification des océans se
poursuivront.
❑ Les vagues de chaleur, les pluies extrêmes et les ouragans
violents seront encore plus fréquents et plus intenses, tandis
que les vagues de froid se raréfieront. Des évènements
extrêmes d’amplitude inédite se produiront à coup sûr.
34
Modifications globales
❑ Les précipitations seront
globalement plus
abondantes, surtout
dans les hautes
latitudes, les
tropiques et la
plupart des régions
de mousson, mais plus
variables, au cours
d’une saison et d’une
année à l’autre.
❑ Le changement
climatique conduira à
une intensification du
cycle hydrologique
GIEC, 2021 35
4. Modifications à
l’échelle régionale
36
La plateforme interactive du GIEC : https://interactive-atlas.ipcc.ch/
37
38
39
40
41
42
43
44
45
Une variabilité accrue des précipitations
Persistance
Indice de pluie
d’années sèches
10°N
Persistance d’années Alternance
humides brusque entre
année humide et
année sèche
Equateur
Années
Evolution de l’indice pluviométrique au Sahel de 1950 à 2005, Source, Agrhymet
➔ Pluies très variables, taux de déclin 20 à 40 % au Sahel au cours des
années sèches 70 et 80
➔ Depuis les années 90 et 2000, on assiste à un retour à des meilleures
conditions pluviométriques au Sahel, il s’accompagne d’une plus forte
variabilité interannuelle des précipitations : on parle de nouveau mode
variabilité des pluies qui rend difficile la planification agricole
46
4. Changements à
l’échelle locale
47
Modifications locales
Evolution temporelle de la température au Sénégal
Pluie : -11 à -16%
Temperature : +1 à +1.2°C
Pluie : -17 à -20%
Temperature : +1.5 à +1.2°C
Pluie : -2 à -3%
Temperature : +1.5 à +1.8°
Pluie : -2 à -3%
Temperature : +1.4 à 1.6°C
48
Modifications locales
Evolution temporelle de la température au Sénégal
❑ Une Tendance régulière qui se Variabilité spatiale de
reflète dans l'augmentation des la température au
températures depuis le début de Sénégal avec des
la période de projection (2015). données historiques
(1950-2014), et des
❑ Meme tendance à la hausse des projections (2015-
températures depuis la période 2080) pour les
historique, qui s'aggrave dans les scénarios ssp12.6,
projections. ssp24.5, ssp58.5 de
la moyenne
d'ensemble des
modèles CMIP6.
49
Modifications locales
Evolution future de la pluie au Sénégal selon les CMIP5
Senegal
❑ La plupart des modèles de
% changement sur les pluies saisonnières
climat projettent un
assèchement au Sénégal.
❑ MAIS, il y a beaucoup
d’incertitudes concernant les
variabilités interannuelle et
décennale.
Trois différents scenarii d’emissions de gaz a
effets de serre ont ete utilises:
RCP2.6: Emissions faibles (peu probable)
RCP4.5: Emissions modérées
RCP8.5: Emissions fortes Com. Diakhaté, 2021 50
Modifications locales
La longueur de la saison
Change in wet season length (days) in Senegal
Sous le scénario à
forte émission de gaz
à effet de serre, la
moitié des modèles
climatiques projettent
un raccourcissement
jusqu’à 15 jours.
Com. Diakhaté, 2021 51
Modifications locales
La date de début de la saison
Senegal
Change in start of growing season (days)
Un démarrage tardif des
saisons de pluies est attendu
au Sénégal
Com. Diakhaté, 2021 52
Modifications locales
Evolution actuelle des évènements extrêmes de pluie
season identified from satellite over
Number of intense storms per wet
• La fréquence des orages
intenses traversant le Sahel
a triplé sur les 35 dernières
années.
• Le réchauffement global est
soupçonné comme un
forçage important
Sahel
expliquant cette tendance.
Com. Diakhaté, 2021 53
Modifications locales
100
50
0 Les projections futures
-50
indiquent une intensification
des éléments extrêmes de
-100 pluies, susceptibles de
produire des inondations.
Proportion de pluie saisonnière du au évènements extrêmes
Sylla et al. (2015)
Com. Diakhaté, 2021 54
Synthèse des risques
55
❑ Plus le réchauffement climatique sera important, plus les impacts
régionaux sur les sociétés humaines et les écosystèmes seront
multiples.
❑ Les précipitations extrêmes et les inondations associées seront plus
fréquentes et plus violentes dans de nombreuses régions, dès 1.5°C
de réchauffement. Il en va de même des sècheresses. À +2°C,
l’occurrence des extrêmes de pluies va encore s’accélérer dans
plusieurs régions du monde, notamment dans les régions comme le
Sahel.
❑ L’urbanisation peut augmenter l’impact des précipitations en
exacerbant la pluviométrie et le ruissellement local.
❑ La sévérité des canicules sera également amplifiée dans les villes.
❑ Pour les villes côtières, les inondations seront plus probables à cause
du double phénomène de ruissellement et de submersion marine.
❑ Ce dernier phénomène sera aggravé par la poursuite de l’élévation du
niveau de la mer et l’érosion des côtes.
56
❑ Entre 1850 et 2019, l’humanité a émis environ 2390 Gt de
CO2, dont 64% issus des combustibles fossiles (une
fraction montant à 86% pour ces 10 dernières années).
❑ Par exemple, pour avoir une chance sur deux de limiter le
réchauffement à +1.5°C, il resterait environ 500 Gt de
CO2 à émettre. Au rythme actuel, ce budget serait
dépassé en 2032. Pour rester sous +2°C, le budget serait
de 1350Gt de CO2.
57
Merci
58
Bibliographie
ENDA-UNITAR
IPCC, 1990, 1995, 2001, 2007, 2014. Différents rapports publiés
Courtesy: Cheikh Nd Sylla, 2008
Courtesy: Liane Schalatek, 2011
Courtesy: Amadou Th. Gaye, 2008
Courtesy: Abdoulaye Sarr, 2008
Courtesy: Isabelle Niang, 2008
Courtesy: Anthony Nyong, 2008
Alcamo et al. (2003a)
Gaye et al, 2009
59
Remerciements :
Moussa Diakhaté,
Université Amadou Mahtar MBOW (UAM)
Laboratoire de Physique de l’Atmosphère et de l’Océan - Siméon
Fongang (ESP/UCAD
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