Contentieux Douanier en Tunisie
Contentieux Douanier en Tunisie
TITRE XV
CONTENTIEUX
Sous-section 1
Personnes habilitées
Article 301
1- Le droit douanier, en tant que discipline, englobe l'ensemble
des règles régissant les imports et exports de marchandises, les droits
de douane et les procédures douanières, et il est souvent perçu comme
un instrument clé pour la souveraineté économique d'un État.
Article 302
1- Les Délits Douaniers:
Définition et Types de Délits :
Les délits douaniers en Tunisie sont clairement définis dans le
Code des Douanes, notamment dans les articles 386 à 399, qui
identifient diverses infractions. Parmi ces infractions, la fraude
douanière se manifeste par l'importation ou l'exportation de
marchandises sans déclaration adéquate, comme indiqué à l'article 394.
La contrebande, régie par l'article 390, concerne l'introduction sur le
territoire de marchandises prohibées ou non déclarées, jouant un rôle
majeur dans la lutte contre les activités illégales. De plus, les délits liés
à la valeur en douane, qui impliquent des déclarations inexactes sur la
valeur des marchandises, sont également sanctionnés (Article 392). Ces
infractions sont essentielles pour préserver l'intégrité du système
douanier et garantir une concurrence loyale sur le marché.
Les délits douaniers peuvent également inclure des infractions
relatives à la documentation, telles que la falsification de documents
douaniers ou l'utilisation de documents non conformes pour obtenir des
avantages fiscaux. Ces actes sont considérés comme des violations
graves, car ils compromettent non seulement les recettes fiscales de
l'État, mais aussi la sécurité économique du pays. Par ailleurs, les
infractions peuvent être classées en différentes catégories, allant des
contraventions mineures, qui entraînent des amendes légères, aux délits
plus graves, pouvant mener à des peines d'emprisonnement.
Article 303
1- Les procès-verbaux de saisie doivent énoncer :
- la cause, la date et le lieu de la saisie et la
déclaration qui a été faite au suspect ;
- L’identité du suspect s’il est connu ;
- Les noms, qualités et demeures des saisissants ;
- La qualité et la demeure de la personne chargée
des poursuites ;
- La nature des objets saisis, leur nombre ou leur
poids ;
- La présence du suspect à la description des objets
saisis ou la sommation qui lui a été faite d'y assister ;
- Le nom et la qualité du gardien des marchandises
saisies ;
- Le lieu de la rédaction du procès-verbal et l'heure
de sa
clôture ;
- Le nom, la qualité et le domicile de l'agent qui a
rédigé le procès-verbal à défaut par le saisissant de pouvoir le
faire.
2- Le procès-verbal est signé tant par les saisissants que par
l'agent rédacteur.
Article 304
1- Lorsque les marchandises saisies ne sont pas
prohibées, il est offert mainlevée du moyen de transport sous caution
solvable ou sous consignation de sa valeur.
1- B. Sanctions et Pénalités
2- Les sanctions pour les délits douaniers varient en fonction
de la gravité de l'infraction, comme stipulé dans les articles 381 à 384
du Code des Douanes. Les amendes peuvent aller de cent dinars à
plusieurs fois la valeur des marchandises, reflétant ainsi l'importance de
dissuader les comportements frauduleux. En outre, l'article 380 prévoit
des peines d'emprisonnement pour les infractions graves, notamment
en cas de récidive ou de faute personnelle, soulignant la rigueur du
dispositif juridique tunisien en matière de douanes. Ce système de
sanctions vise à protéger les revenus de l'État et à maintenir l'ordre dans
le commerce international en empêchant les pratiques déloyales.
Article 305
1- Contentieux Douanier en Tunisie
A. La Juridiction
1- . Le contentieux douanier en Tunisie est régi par des règles
spécifiques qui déterminent la compétence des tribunaux en matière de
litiges douaniers. Selon l'article 329 du Code des Douanes, les
tribunaux de première instance sont compétents pour juger les
contestations liées au refus de paiement des droits et à la non décharge
des acquits-à-caution, ainsi que toutes les affaires de douane à caractère
civil. En matière pénale, ces tribunaux connaissent des délits et
contraventions douaniers (Article 331). La compétence territoriale est
également précisée, stipulant que les instances résultant des
contraventions et des délits constatés par procès-verbaux de saisie
doivent être portées devant le tribunal de la circonscription où le procès-
verbal a été rédigé (Article 332). Ces dispositions visent à assurer une
application efficace et équitable des lois douanières.
3- .Si le suspect est présent, les agents qui ont rédigé le procès-
verbal de saisie doivent lui en faire lecture, et s’il y a lieu, traduction
sur le champ et il est sommé de le signer ;
En cas de refus de sa part ou de déclaration qu'il ne sait pas
écrire et au cas où le recours à la traduction a été jugé nécessaire, il en
est fait mention dans le procès-verbal de saisie et une copie lui en est
remise s'il le demande.
Sous-section 3
Article 306
1- Si le motif de la saisie porte sur le faux ou l'altération
des documents, le procès-verbal les énonce et les explique.
Article 307
La commission de conciliation et d'expertise douanière, prévue
par les articles 411 à 420 du Code des Douanes, joue un rôle crucial
dans la résolution des litiges douaniers. Elle est saisie lorsque le service
des douanes conteste les énonciations de la déclaration relatives à
l'espèce, à l'origine ou à la valeur des marchandises (Article 122). La
commission est composée d'un magistrat, d'un conseiller du tribunal
administratif et de deux assesseurs techniques. Elle a le pouvoir de
procéder à des expertises et de rendre des conclusions sur les litiges
soumis. Les décisions de la commission sont notifiées aux parties, et en
cas de désaccord, celles-ci peuvent saisir le tribunal compétent dans un
délai d'un mois (Article 417). Ce mécanisme de conciliation permet de
résoudre les différends de manière amiable et rapide, tout en
garantissant la conformité aux réglementations douanières.
Article 309
1- En dehors du rayon des douanes, les dispositions régissant
la saisie sont applicables aux contraventions et délits relevés dans les
bureaux, entrepôts et autres lieux soumis à la surveillance des services
des douanes.
Article 310
1- Le suspect mis en garde à vue est conduit directement,
accompagné du procès-verbal de saisie, devant le procureur de la
république territorialement compétent.
Section 2
Procès-verbal de constat
Article 311
1- Les résultats des contrôles opérés dans les conditions
prévues à l'article 62 du présent code et d'une manière générale,
ceux des enquêtes et interrogatoires effectuées par les agents des
douanes sont consignés dans des procès-verbaux de constat.
2- Ces procès-verbaux doivent énoncer :
- la date et le lieu du contrôle et des enquêtes effectuées ;
- la nature des constatations faites et des renseignements
recueillis ;
- la saisie des documents, s'il y a lieu ;
- les nom, qualité et résidence administrative des agents
verbalisateurs.
- Ils indiquent en outre, que ceux chez qui l'enquête ou le
contrôle a été effectué ont été informés de la date et du lieu de la
rédaction de ce procès-verbal et que sommation leur a été faite d'assister
à cette rédaction.
- Si ces personnes sont présentes à la rédaction, mention est
faite dans le procès-verbal que lecture leur a été faite et qu'elles ont été
interpellées de le signer.
En cas de refus de signer de leur part, mention doit en être faite
dans le procès-verbal de constat.
Section 3
Dispositions communes Sous-section 1 Force probante des
procès-verbaux de douane Article 312
Article 313
1- Les procès-verbaux de douane rédigés par un seul agent font
foi jusqu'à preuve du contraire.
2- En matière de contraventions et de délits douaniers
constatées par procès-verbal de constat à la suite d'un contrôle
d'écritures, la preuve contraire ne peut être rapportée qu'au moyen de
documents de date certaine antérieure à celle de l'enquête effectuée par
les agents verbalisateurs.
Article 314
1- Les procès-verbaux de saisie sont nuls en cas de non respect
de l'une des conditions de forme suivantes:
- le motif, la date et le lieu de la saisie ainsi que
la description des marchandises saisies ;
- l’identité du suspect s’il est connu ; - l’identité
des agents saisissants.
2- Les procès-verbaux de constat sont nuls en cas de non
respect de l'une des conditions de forme édictées par le paragraphe 2 de
l'article 311 du présent code.
Sous-section 2
Procédure de récusation des procès-verbaux de douane
Article 315
L'inscription de faux contre les procès-verbaux de douane se fait
conformément à la procédure, en vigueur, en droit commun.
Cependant, si le tribunal saisi décide de surseoir à l'examen de
l'action, il peut provisoirement ordonner la vente des marchandises
périssables et des animaux utilisés pour le transport.
Sous-section 3
Procédures conservatoires
Article 316
1- Les procès-verbaux de douane, lorsqu'ils font foi jusqu'à
inscription de faux, valent titre pour obtenir, conformément au droit
commun, l'autorisation judiciaire de prendre toutes mesures conservatoires
utiles à l'encontre des personnes pénalement ou civilement
responsables, à l'effet de garantir les créances douanières de toute
nature résultant desdits procès-verbaux.
Chapitre II Poursuites
Section 1 Dispositions générales
Article 317
Tous délits et contraventions prévus par les lois en matière de
douane peuvent être poursuivis et prouvés par toutes les voies de droit
alors même qu'aucune saisie n'aurait pu être effectuée dans le rayon des
douanes ou hors de ce rayon ou que les marchandises ayant fait l'objet
d'une déclaration n'auraient donné lieu à aucune observation.
Article 318
1- Le ministre des finances ou la personne déléguée par le
ministre des finances à cet effet, parmi les personnes ayant la qualité de
directeur d'administration centrale ou régionale des douanes, met en
mouvement l'action publique et transmet les procès-verbaux dûment
établis ainsi que les conclusions de l'administration des douanes au
procureur de la république auprès du tribunal compétent.
Article 319
Qu'il s'agisse d'une instance civile ou commerciale ou d'une
information, même terminée par un non-lieu, le ministère public doit
donner connaissance au service des douanes de toutes indications qu'il
peut recueillir de nature à faire présumer une infraction commise en
matière douanière ou une manœuvre quelconque ayant eu pour objet ou
ayant eu pour résultat d'enfreindre les dispositions soit législatives, soit
réglementaires se rattachant à l'application du code des douanes.
Article 320
Lorsque l'auteur d'une contravention ou d’un délit douanier
vient à décéder avant intervention d'un jugement définitif ou d'une
transaction, l'administration est fondée à exercer contre la succession
une action tendant à faire prononcer par le tribunal compétent en ce qui
concerne l'infraction relevée, la confiscation des objets passibles de
cette sanction ou, si ceux-ci n'ont pu être saisis, la condamnation au
paiement d'une somme égale à la valeur desdits objets calculée d'après
le cours du marché intérieur à l'époque où la fraude a été commise.
Article 321
1- Les états de liquidation décernés par les receveurs des
douanes et signés par le ministre des finances ou par la personne
déléguée par le ministre des finances, conformément à la législation en
vigueur, constituent titres de perception :
Article 322
1- L'administration des douanes est autorisée à transiger avec
les personnes poursuivies pour des contraventions ou des délits
douaniers.
2- La transaction peut intervenir avant jugement définitif et
l’action publique s’éteint avec l’exécution de la transaction.
Article 325
L'administration des douanes est déchargée envers les
redevables, de la garde des registres des recettes et autres trois ans à
compter de l’année civile suivant celle au cours de laquelle les recettes
et autres ont été enregistrées.
B- Prescription du droit de l'administration Article 326
Le droit de l'administration des douanes en paiement des droits
et taxes se prescrit après cinq ans à compter du premier janvier de
l'année qui suit celle au cours de laquelle lesdits droits et taxes auraient
dû être payés.
Article 327
Le délai de la prescription de recouvrement des droits et taxes
de douane prévu par l'article 326 du présent code est interrompu par :
Sous-section 1
Dispositions générales
Article 329
II est statué en matière de contentieux douanier suivant les
règles de compétence fixées par les dispositions du code de procédure
civile et commerciale et du code de procédure pénale quand elles ne
sont pas en contradiction avec les dispositions du présent code.
Article 331
Les tribunaux de première instance, statuant en matière pénale,
connaissent de tous les délits et les contraventions douaniers.
Sous-section 3
Compétence territoriale
Article 332
1- Les instances résultant des contraventions et des délits
douaniers constatés par procès-verbaux de saisie sont portées devant le
tribunal de première instance de la circonscription où est situé le bureau
ou poste des douanes ou la recette des finances, où le procèsverbal a été
rédigé, soit devant le tribunal de finance instance ou est situé le
domicile du suspect.
Sous-section 2 Jugement
Article 334
En matière de jugement, les dispositions du code de procédure
civile et commerciale non contraires à celles du présent code sont
applicables aux affaires douanières dont les juridictions civiles ont à
connaître.
Sous-section 3 Signification des jugements et autres actes de
procédure
Article 335
1- Les significations à l'administration des douanes sont
faites au service des douanes concerné relevant de l'administration
chargée du dossier ou à l'agent qui la représente.
Article 336
La citation à comparaître devant les juridictions pénales est
faite conformément aux dispositions du code de procédure pénale.
Article 337
Les dispositions du code de procédure pénale sur l'instruction
des flagrants délits sont applicables dans le cas prévu par l'article 310
du présent code.
Article 338
Sans préjudice des délais édictées par le code de procédure
pénale, la mise en liberté provisoire du suspect résidant à l'étranger et
gardé à vue pour délit de contrebande est subordonnée à l'obligation de
fournir un cautionnement garantissant le paiement des condamnations
pécuniaires encourues pour ledit délit.
Article 339
Les dispositions du code de procédure pénale sont applicables
au jugement, à l'opposition et à l'appel.
Article 340
Les règles en vigueur concernant le pourvoi en cassation en
matière civile ou en matière pénale sont applicables aux affaires
douanières.
Section 5
Dispositions diverses
Sous-section 1
Procédures communes
A- Déroulement de l’audience.
Article 341
1- En première instance et en appel, l'interrogatoire de l'accusé
est fait au vu du rapport de l'administration des douanes.
2- L'administration des douanes est représentée lors de
l'instruction, par des agents désignés par le directeur général des
douanes sans délégation spéciale.
B- Conclusions de l'administration
Article 342
A l'audience, le représentant de l'administration conclut
verbalement à l'application des peines prévues par le présent code.
C- Actes de justice
Article 343
Les agents des douanes qualifiés suivant l'organisation
administrative peuvent faire, en matière de douane, tous actes de justice
relatifs à l'exécution des jugements en ce qui concerne la vente des
objets saisis, confisqués ou abandonnés.
Article 344
1- S'il retient les circonstances atténuantes, le tribunal peut :
A- Charge de la preuve.
Article 345
Dans toute action sur une saisie, les preuves de non
contravention ou de non délit sont à la charge du saisi.
Article 346
La confiscation des marchandises saisies peut être poursuivie
contre les conducteurs ou déclarants sans que l'administration des
douanes soit tenue de mettre en cause les propriétaires même si leurs
identités lui ont été révélées. Toutefois, si les propriétaires intervenaient
ou étaient appelés en garantie par ceux sur lesquels les saisies ont été
faites, les tribunaux chargés de l'affaire statueront, conformément à la
loi, sur les interventions ou sur les appels en garantie.
Article 349
Sans préjudice des dispositions de l'article 117 paragraphe 2 et
118 paragraphe 5 du présent code, la vérité ou la fausseté des
déclarations doit être jugée sur ce qui a été premièrement déclaré.
Chapitre IV Exécution des jugements et des obligations en
matière douanière
Article 350
Dans tous les cas de constatation contraventions et de délits
douaniers flagrants, les moyens de transport et les marchandises
litigieuses non passibles de confiscation peuvent, pour sûreté des
pénalités encourues, être retenus jusqu'à ce qu'il soit fourni caution ou
versé consignation du montant desdites pénalités.
Sous-section 2
Privilèges, hypothèques et subrogations
Article 351
L'administration des douanes a, pour les droits, taxes, amendes
et confiscations prévus au présent code ainsi que pour les sommes dont
elle a droit à restitution, privilège spécial du trésor prévu à l'article 34
du code de la comptabilité publique sur les biens meubles, y compris
leurs fruits et revenus, appartenant aux redevables et au titre desquels
ont été appliqués les droits, taxes et créances susvisés.
Article 352
1- Les commissionnaires en douane agréés qui ont acquitté,
pour un tiers, des droits, taxes ou amendes de douane sont subrogés au
privilège de la douane prévu par l'article 351 du présent code quelles
que soient les modalités de recouvrement observées par eux à l'égard
de ce tiers.
Article 355
Lorsque la mainlevée des marchandises saisis pour infraction
aux lois dont l'exécution est confiée à l'administration des douanes est
accordée par jugement contre lequel une voie de recours en cassation
est introduite, la remise n'en est faite à ceux au profit duquel ledit
jugement à été rendu que sous bonne et suffisante caution de leur valeur
; la mainlevée ne peut jamais être accordée par jugement pour les
marchandises dont l'entrée est prohibée.
Article 356
Toutes saisies du produit des droits et taxes, faites entre les
mains des receveurs ou en celles des redevables
envers l'administration, sont nulles et de nul effet ; nonobstant
les saisies, les redevables sont contraints au paiement des sommes par
eux dues.
Article 357
Dans le cas d'apposition de scellés sur les effets et papiers des
comptables, les registres et livres compatibles de l'année courante
seront exceptés. Lesdits registres sont seulement arrêtés et paraphés par
le juge, qui les remet à l'agent chargé de la recette par intérim, lequel en
demeure garant comme dépositaire de justice, et il en est fait mention
dans le procès-verbal d'apposition des scellés.
Article 358
1- Dans les cas urgents, l'administration des douanes peut
demander au président du tribunal de première instance l'autorisation
de saisir à titre conservatoire, les biens mobiliers et immobiliers des
suspects avant jugement et au vu du procès-verbal de saisie.
2- Les ordonnances prononcés par le juge sont exécutoires
nonobstant tout recours. La saisie pourra être levée si le saisi fournit
une caution jugée suffisante.
Toute demande de mainlevée d'une saisie relève du tribunal
chargé de l'affaire.
Article 359
Les sanctions pécuniaires prononcées pour un délit de
contrebande sont appliquées avec exécution immédiate contre les
personnes détenues et ce nonobstant appel.
Article 360
1- Le juge cantonal peut ordonner immédiatement et à la
demande de l'administration des douanes et sans procédure spéciale,
la vente aux enchères publiques :
- des moyens de transport saisis dont la remise sous caution
aura été offerte et n'aura pas été acceptée par l'autre partie ;
- des animaux ou des marchandises qui ne pourraient être
conservés sans courir de risque de détérioration ou de dépérissement.
Article 361
1- Les objets confisqués en vertu d’un jugement définitif ou
abandonnés suite à une transaction approuvée, sont aliénés par les
services des douanes selon les modalités fixées par décret.
Article 362
1- Le président du tribunal de première instance peut ordonner
immédiatement et sur la demande de l'administration des douanes la
vente aux enchères publiques des marchandises et des moyens de
transport confisqués à la suite d'un jugement par défaut et ce, après un
délai de six mois à partir de la date de ce jugement.
2- Après déduction des frais prévus par l'article 271 paragraphe
premier alinéas a) et c) du présent code, le produit de la vente est versé
à la caisse des dépôts et consignations.
Article 363
La part attribuée au trésor, dans les produits d'amendes et
confiscations résultant d'affaires suivies à la requête
de l'administration des douanes et les modalités de répartition du
surplus sont déterminées par arrêté du ministre des finances.
Chapitre V Responsabilité et solidarité
Sous-section 1
Détenteurs
Article 364
1- Le détenteur de marchandises de fraude est réputé
responsable de la fraude.
Article 366
Le capitaine du navire est déchargé de toute responsabilité:
Article 368
1- Les commissionnaires en douane agréés sont responsables des
opérations en douane effectuées par leurs soins.
Sous-section 5 Soumissionnaires
Article 369
1- Les soumissionnaires sont responsables de l'inexécution des
engagements souscrits, sauf leurs recours contre les transporteurs et
autres mandataires.
Sous-section 6 Complices
Article 370
Les dispositions de l'article 32 du code pénal sont applicables
aux complices de délits douaniers.
Article 372
L'administration des douanes est responsable des faits de ses
employés, dans l'exercice et pour raison de leurs fonctions sauf son
recours contre eux.
Article 373
Lorsqu'une saisie ou une rétention opérée en vertu de l'article
301 paragraphe 2 du présent code n'est pas fondée, le propriétaire des
marchandises a droit à dommages-intérêts à raison de un pour cent
par mois de la valeur des objets saisis, depuis la date de la saisie jusqu'à
celle de la remise ou de l'offre qui lui en a été faite.
Article 374
S'il n'est point constaté qu'il y ait motif de saisie, il doit être
payé la somme de cinquante dinars à celui au domicile duquel les
recherches ont été faites, en vertu de l'article 61 du présent code, sauf
plus grands dommages et intérêts auxquels les circonstances de la
visite peuvent, éventuellement, donner lieu.
Article 375
Les propriétaires des marchandises, les patrons
et commettants sont responsables civilement du fait de leurs
employés en ce qui concerne les droits et taxes, confiscations,
amendes et dépens.
Article 376
Les cautions sont tenues, au même titre que les principaux
obligés, de payer les droits et taxes, pénalités pécuniaires et autres
sommes dues par les redevables qu'elles ont cautionnés.
Section 3
Solidarité
Article 377
1- Les condamnations prononcées contre plusieurs personnes
pour la même contravention ou le même délit sont solidaires tant pour
les pénalités pécuniaires tenant lieu de confiscation que pour l'amende
et les dépens.
2-Ces dispositions ne sont pas applicables aux deux
contraventions stipulées aux articles 51 paragraphe premier et 57
paragraphe premier du présent code qui sont sanctionnées par des
amendes individuelles.
Article 378
Les propriétaires des marchandises de fraude, ceux qui se sont
chargés de les importer ou de les exporter, les intéressés à la fraude, les
complices et adhérents sont tous solidaires et contraignables par corps
pour le paiement de l'amende, des sommes tenant lieu de confiscation
et des dépens.
Chapitre VI Contraventions, délits et peines
Sous-section 1
Dispositions générales
Article 379
Il existe cinq classes de contraventions douanières et trois
classes de délits douaniers.
Article 380
La tentative de délit douanier est réprimée comme le délit
luimême.
Article 383
Sont passibles de la confiscation des marchandises litigieuses
et d'une amende fixée de deux cents à trois milles dinars :
Article 384
1 - Est passible d'une amende comprise entre une et trois fois
la valeur des marchandises litigieuses toute infraction aux dispositions
des lois et règlements que l'administration des douanes est chargée
d'appliquer lorsque cette irrégularité se rapporte à des marchandises de
la catégorie de celles qui sont prohibées à l'entrée ou à la sortie et
qu'elle n'est pas spécialement réprimée par le présent code.
Article 385
1-Est passible d'un emprisonnement d'un jour à quinze jours et
d'une amende de cinq cents à trois milles dinars :
- toute infraction aux dispositions des articles 51 paragraphe
premier, 57 paragraphe premier, 66 paragraphe b), 68, 135 paragraphe
2 du présent code ;
- tout refus de communication de documents, toute
dissimulation de documents ou d'opérations dans les cas prévus aux
articles 62 et 107 du présent code ;
- la représentation à destination sous scellé rompu ou altéré de
marchandises expédiées sous plombs.
Article 386
Sont passibles d'un emprisonnement de seize jours à un mois,
de la confiscation des marchandises de fraude, de la confiscation des
moyens de transport, de la confiscation des objets ayant servi à masquer
la fraude et d'une amende comprise entre une et deux fois la valeur des
marchandises de fraude tout fait de contrebande ainsi que tout fait
d'importation ou d'exportation sans déclaration lorsque ces infractions
se rapportent à des marchandises de la catégorie de celles qui sont
prohibées, fortement taxées à l'entrée, soumises à des taxes intérieures
ou prohibées ou taxées à la sortie.
Article 388
Sont passibles d'un emprisonnement de six mois à trois ans, de
la confiscation des objets de fraude, des moyens de transport et des
objets ayant servi masquer la fraude et d'une amende comprise entre
trois et quatre fois la valeur des marchandises de fraude :
Article 389
L'amende est portée à cinq fois la valeur de la marchandise de
fraude en cas de délits commis par l'utilisation ou la menace d'armes ou
par l’utilisation directement ou indirectement de fonds provenant de la
commercialisation de produits prohibés à titre absolu. Il en est de même
en cas de récidive.
Sous-section 4 Contrebande Article 390
1- La contrebande s'entend des importations
ou exportations en dehors des bureaux ainsi que de toute
violation des dispositions légales ou réglementaires relatives au
transport et à la détention des marchandises à l'intérieur du
territoire douanier.
2- Constituent, en particulier, des faits de contrebande :
a) la violation des dispositions des articles 72, 73 paragraphe
2, 75 paragraphe premier, 78 paragraphe premier, 81, 285, 286 et
287 du présent code ;
b) les versements ou embarquements frauduleux effectués
soit dans l'enceinte des ports ou sur les côtes, à l'exception des
débarquements frauduleux visés à l'article 398 paragraphe premier du
présent code.
c)les soustractions ou substitutions en cours de transport de
marchandises expédiées sous un régime suspensif, l'inobservation
sans motif légitime des itinéraires et horaires fixés, et toutes
manœuvres ayant pour but ou pour résultat d'altérer ou de rendre
inefficaces les moyens de scellement, de sûreté ou d'identification et,
d'une manière générale, toute fraude douanière relative au transport de
marchandises expédiées sous un régime suspensif ;
d) la violation des dispositions législatives ou
réglementaires, portant prohibition d'exportation ou de
réexportation ou subordonnant l'exportation ou la réexportation
au paiement des droits et taxes ou à l'accomplissement de formalités
particulières lorsque la fraude a été faite ou tentée en dehors des
bureaux des douanes et qu'elle n'est pas spécialement réprimée par une
autre disposition du présent code.
Article 392
1- Les marchandises visées à l'article 290 du présent code
sont réputées avoir été importées en contrebande à défaut de
justification d'origine ou si les documents présentés sont faux, inexacts,
incomplets ou non applicables aux marchandises concernées.
Article 393
Est réputée importée en contrebande toute quantité en
excédent au compte d’entrepôt prévu par l'article 289 du présent code
ou toute marchandise non inscrite à ce compte.
Article 394
Constitue une importation ou une exportation sans déclaration
:
Article 395
Sont réputés faire l'objet d'une importation sans déclaration:
1- les marchandises déclarées pour l'exportation temporaire ou
pour l'obtention d'un passavant de circulation dans le rayon, en cas
de non représentation aux services des douanes ou de différence dans
la nature ou l'espèce entre lesdits marchandises et celles présentées
précédemment au départ ;
Article 396
Sont réputés importés ou exportés sans déclaration les colis
excédant le nombre déclaré.
Article 397
Sont réputées importation ou exportation sans déclaration de
marchandises prohibées :
Article 398
Sont réputés opérations d’importation sans déclaration de
marchandises prohibées :
Article 399
1- Est réputée importation ou exportation sans déclaration de
marchandises prohibées toute infraction aux dispositions législatives ou
réglementaires portant prohibition d'importation sous tout régime
douanier, d'exportation ou de réexportation ou subordonnant
l'exportation ou la réexportation au paiement de droits ou taxes ou à
l'accomplissement de formalités particulières, lorsque la fraude a été
faite ou tentée par les bureaux et qu'elle n'est pas spécialement réprimée
par le présent code.
Sous-section 2 Astreinte
Article 401
1- Indépendamment de l'amende encourue pour refus de
communication de documents dans les conditions prévues aux articles
62 et 107 du présent code, le tribunal condamne le contrevenant à
représenter les documents demandées, sous une astreinte de cinquante
dinars au minimum et de cent dinars au maximum pour chaque jour de
retard.
Article 402
1-En sus des sanctions prévues par le présent code, ceux qui
sont jugés coupables d'avoir participé comme intéressés d'une manière
quelconque à un délit de contrebande ou à un délit d'importation ou
d'exportation sans déclaration peuvent être déclarés par le tribunal
incapables de se présenter à la bourse, d'exercer les fonctions d'agent
de change ou de courtier, d'être électeurs ou élus aux chambres de
commerce et conseils de prud'hommes pour une durée ne dépassant pas
cinq ans.
2- Celui qui prêterait son nom pour soustraire aux effets des
dispositions prévues au paragraphe premier du présent article ceux qui
en auraient été atteints encourra les mêmes peines.
Article 404
Dans les cas d'infractions visées aux articles 395 paragraphe 2
et 398 paragraphe premier du présent code, la confiscation ne peut être
prononcée qu'à l'égard des objets de fraude. Toutefois, les marchandises
masquant la fraude et les moyens de transport ayant servi au
débarquement et à l'enlèvement des objets frauduleux sont confisqués
lorsqu'il est établi que le propriétaire de ces moyens de transport est
complice des fraudeurs.
Article 405
Sans préjudice des dispositions de l'article 344 paragraphe
premier du présent code, lorsque les objets susceptibles de confiscation
n'ont pu être saisis ou lorsque, ayant été saisis, la douane en fait la
demande, le tribunal prononce, pour tenir lieu de la confiscation, la
condamnation au paiement d'une somme égale à la valeur représentée
par lesdits objets et calculée d'après le cours du marché intérieur à
l'époque où la fraude a été commise.
Article 407
1- En application des dispositions du présent code, le montant
des amendes calculé sur la base des droits ou sur la base de la valeur
ne peut être inférieur à cent dinars.
2- Dans les cas visés à l'article 382 paragraphe 2 alinéas a) et
b) du présent code relatifs aux déficits dans le nombre des colis ou sur
les quantités des marchandises et dans les cas visés à l'article 382
paragraphe 2 alinéa c) de ce code relatifs aux soustractions ou
substitutions en cours de transport de marchandises, l'amende
prononcée ne peut être inférieure à cent dinars, par colis, ou, s'il s'agit
de marchandises en vrac, par tonne ou fraction de tonne.
Article 408
Lorsque le tribunal a acquis la conviction que des offres,
propositions d'achat ou de vente, conventions de toute nature, portant
sur les marchandises de fraude ont été faites ou contractées à un prix
supérieur au cours du marché intérieur à l'époque où la fraude a été
commise, il peut se fonder sur ce prix pour le calcul des peines fixées
par le présent code en fonction de la valeur desdits objets.
Article 409
1- Tout fait tombant sous le coup de dispositions répressives
distinctes édictées par le présent code, doit être envisagé sous la plus
haute acception dont il est susceptible tant en ce qui concerne la
qualification que la sanction.
2- Il ne peut être prononcé le cumule des peines pécuniaires
pour les contraventions, et délits douaniers.
Article 410
Nonobstant l'application des pénalités édictées par le présent
code, les délits d'injures, voies de faits sur un agent des douanes,
rébellion et ceux de la contrebande avec attroupement et port d'armes
sont punis conformément au droit commun.