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Contentieux Douanier en Tunisie

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CODE DES DOUANES

TITRE XV
CONTENTIEUX

Chapitre premier Constatation des contraventions et délits


douaniers Section 1 Procès-verbal de saisie

Sous-section 1
Personnes habilitées

Article 301
1- Le droit douanier, en tant que discipline, englobe l'ensemble
des règles régissant les imports et exports de marchandises, les droits
de douane et les procédures douanières, et il est souvent perçu comme
un instrument clé pour la souveraineté économique d'un État.

2- Historiquement, la douane a des racines profondes dans


l'Antiquité. Les civilisations grecque et romaine ont établi des systèmes
complexes de taxation et de contrôle des biens échangés, servant à
financer leurs conquêtes et à sécuriser leurs frontières. En particulier,
les Romains avaient mis en place un réseau de postes douaniers qui
permettaient de collecter des taxes sur les marchandises transitant dans
l'Empire, tout en régulant le commerce et en empêchant les fraudes.

3- En Tunisie, la douane a également une histoire riche,


influencée par les différentes civilisations qui y ont régné. Elle a évolué
au fil des siècles, intégrant des pratiques héritées des périodes puniques,
romaines, arabes et françaises. Actuellement, le droit douanier tunisien
reflète un mélange d’héritages et est structuré pour favoriser les
échanges tout en respectant les exigences de la sécurité et du
développement économique.

4- Sur le plan théorique, le droit douanier est soutenu par des


normes légales nationales et internationales, comme le Code des
douanes, et explore divers concepts tels que la valeur en douane, les
régimes de douane, et les infractions douanières. En pratique, la mise
en œuvre de ces lois se traduit par des processus administratifs
rigoureux, des procédures de vérification et de contrôle, ainsi que des
interactions constantes entre les importateurs, les exportateurs et les
administrations douanières.

5- Comment le cadre juridique tunisien encadre-t-il les délits


douaniers et ses sanctions, tout en assurant une résolution efficace des
contentieux douaniers à travers des mécanismes de conciliation et de
jugement appropriés .

6- Les agents ne peuvent procéder à l’arrestation du suspect


qu'en cas de flagrant délit.

Sous-section 2 Formalités générales du procès-verbal de saisie

Article 302
1- Les Délits Douaniers:
Définition et Types de Délits :
Les délits douaniers en Tunisie sont clairement définis dans le
Code des Douanes, notamment dans les articles 386 à 399, qui
identifient diverses infractions. Parmi ces infractions, la fraude
douanière se manifeste par l'importation ou l'exportation de
marchandises sans déclaration adéquate, comme indiqué à l'article 394.
La contrebande, régie par l'article 390, concerne l'introduction sur le
territoire de marchandises prohibées ou non déclarées, jouant un rôle
majeur dans la lutte contre les activités illégales. De plus, les délits liés
à la valeur en douane, qui impliquent des déclarations inexactes sur la
valeur des marchandises, sont également sanctionnés (Article 392). Ces
infractions sont essentielles pour préserver l'intégrité du système
douanier et garantir une concurrence loyale sur le marché.
Les délits douaniers peuvent également inclure des infractions
relatives à la documentation, telles que la falsification de documents
douaniers ou l'utilisation de documents non conformes pour obtenir des
avantages fiscaux. Ces actes sont considérés comme des violations
graves, car ils compromettent non seulement les recettes fiscales de
l'État, mais aussi la sécurité économique du pays. Par ailleurs, les
infractions peuvent être classées en différentes catégories, allant des
contraventions mineures, qui entraînent des amendes légères, aux délits
plus graves, pouvant mener à des peines d'emprisonnement.

Autant que les circonstances le permettent, les marchandises et


les moyens de transport saisis sont conduits au bureau ou poste de
douane ou à la recette des finances le plus proche du lieu de la saisie.
Ceux qui ont effectué la saisie y rédigent de suite leur procès-verbal.

2- Lorsqu'il existe dans une même localité plusieurs bureaux


ou postes de douane, ou recettes des finances, le procèsverbal peut être
rédigé indifféremment dans l'un quelconque d’entre eux.
3- En cas de saisie dans un domicile, le procès-verbal peut y
être rédigé.

4- Les objets saisis qu'on ne peut déplacer immédiatement


peuvent être confiés à la garde du suspect ou d'un tiers sur les lieux de
la saisie ou dans un lieu proche.

Article 303
1- Les procès-verbaux de saisie doivent énoncer :
- la cause, la date et le lieu de la saisie et la
déclaration qui a été faite au suspect ;
- L’identité du suspect s’il est connu ;
- Les noms, qualités et demeures des saisissants ;
- La qualité et la demeure de la personne chargée
des poursuites ;
- La nature des objets saisis, leur nombre ou leur
poids ;
- La présence du suspect à la description des objets
saisis ou la sommation qui lui a été faite d'y assister ;
- Le nom et la qualité du gardien des marchandises
saisies ;
- Le lieu de la rédaction du procès-verbal et l'heure
de sa
clôture ;
- Le nom, la qualité et le domicile de l'agent qui a
rédigé le procès-verbal à défaut par le saisissant de pouvoir le
faire.
2- Le procès-verbal est signé tant par les saisissants que par
l'agent rédacteur.

Article 304
1- Lorsque les marchandises saisies ne sont pas
prohibées, il est offert mainlevée du moyen de transport sous caution
solvable ou sous consignation de sa valeur.

2- L'offre de la mainlevée ainsi que la réponse de la personne


concernée sont mentionnées au procès-verbal.

1- B. Sanctions et Pénalités
2- Les sanctions pour les délits douaniers varient en fonction
de la gravité de l'infraction, comme stipulé dans les articles 381 à 384
du Code des Douanes. Les amendes peuvent aller de cent dinars à
plusieurs fois la valeur des marchandises, reflétant ainsi l'importance de
dissuader les comportements frauduleux. En outre, l'article 380 prévoit
des peines d'emprisonnement pour les infractions graves, notamment
en cas de récidive ou de faute personnelle, soulignant la rigueur du
dispositif juridique tunisien en matière de douanes. Ce système de
sanctions vise à protéger les revenus de l'État et à maintenir l'ordre dans
le commerce international en empêchant les pratiques déloyales.

3- Les peines peuvent également inclure la confiscation des


marchandises impliquées dans les infractions, ce qui représente une
mesure dissuasive supplémentaire. En cas de contraventions de
première classe, par exemple, les amendes sont généralement moins
sévères, tandis que les délits de deuxième ou troisième classe peuvent
entraîner des amendes significatives et des peines d'emprisonnement.
Cette hiérarchisation des sanctions permet aux autorités douanières de
s'adapter à la gravité des infractions et de garantir une réponse
proportionnée aux violations des lois douanières. De plus, le Code des
Douanes prévoit des procédures spécifiques pour le recouvrement des
droits et taxes dus, renforçant ainsi l'efficacité du système douanier.

Article 305
1- Contentieux Douanier en Tunisie
A. La Juridiction
1- . Le contentieux douanier en Tunisie est régi par des règles
spécifiques qui déterminent la compétence des tribunaux en matière de
litiges douaniers. Selon l'article 329 du Code des Douanes, les
tribunaux de première instance sont compétents pour juger les
contestations liées au refus de paiement des droits et à la non décharge
des acquits-à-caution, ainsi que toutes les affaires de douane à caractère
civil. En matière pénale, ces tribunaux connaissent des délits et
contraventions douaniers (Article 331). La compétence territoriale est
également précisée, stipulant que les instances résultant des
contraventions et des délits constatés par procès-verbaux de saisie
doivent être portées devant le tribunal de la circonscription où le procès-
verbal a été rédigé (Article 332). Ces dispositions visent à assurer une
application efficace et équitable des lois douanières.

2- En outre, le Code des Douanes prévoit que les décisions


rendues par les tribunaux peuvent faire l'objet d'un appel ou d'un
pourvoi en cassation, permettant ainsi aux parties de contester les
jugements qui leur sont défavorables. Les délais de prescription pour
l'action publique en matière de contraventions et de délits douaniers
sont fixés à trois ans, ce qui garantit que les litiges soient traités dans
un délai raisonnable (Article 323). Cette structure juridique vise à
protéger les droits des parties tout en maintenant l'ordre public et la
sécurité économique.

3- .Si le suspect est présent, les agents qui ont rédigé le procès-
verbal de saisie doivent lui en faire lecture, et s’il y a lieu, traduction
sur le champ et il est sommé de le signer ;
En cas de refus de sa part ou de déclaration qu'il ne sait pas
écrire et au cas où le recours à la traduction a été jugé nécessaire, il en
est fait mention dans le procès-verbal de saisie et une copie lui en est
remise s'il le demande.

4- Le suspect doit, au moment de la rédaction du procèsverbal


de saisie élire domicile dans un lieu connu.

5- Lorsque le suspect est absent, mention doit en être faite dans


le procès-verbal de saisie. Une copie du procès-verbal est affichée,
dans les vingt-quatre heures qui suivent sa rédaction au local du bureau
ou du poste des douanes ou à la recette des finances où il a été rédigé.

Sous-section 3

Formalités relatives à quelques saisies particulières

A- Saisie portant sur le faux et sur l'altération des


documents.

Article 306
1- Si le motif de la saisie porte sur le faux ou l'altération
des documents, le procès-verbal les énonce et les explique.

2- Les agents saisissants ont la charge :


- de signer et parapher ne varietur lesdits documents ;
- d'annexer ces documents au procès-verbal de saisie qui
contient la sommation faite au suspect de les signer et d’y consigner sa
réponse .

Article 307
La commission de conciliation et d'expertise douanière, prévue
par les articles 411 à 420 du Code des Douanes, joue un rôle crucial
dans la résolution des litiges douaniers. Elle est saisie lorsque le service
des douanes conteste les énonciations de la déclaration relatives à
l'espèce, à l'origine ou à la valeur des marchandises (Article 122). La
commission est composée d'un magistrat, d'un conseiller du tribunal
administratif et de deux assesseurs techniques. Elle a le pouvoir de
procéder à des expertises et de rendre des conclusions sur les litiges
soumis. Les décisions de la commission sont notifiées aux parties, et en
cas de désaccord, celles-ci peuvent saisir le tribunal compétent dans un
délai d'un mois (Article 417). Ce mécanisme de conciliation permet de
résoudre les différends de manière amiable et rapide, tout en
garantissant la conformité aux réglementations douanières.

La commission a également la capacité d'auditionner des


témoins et d'exiger des documents pour éclairer les litiges. Les
conclusions de la commission sont considérées comme des éléments de
preuve devant le tribunal, ce qui renforce leur poids dans le cadre des
procédures judiciaires. De plus, la commission contribue à alléger la
charge des tribunaux en permettant une résolution des conflits sans
recourir systématiquement à des procédures judiciaires formelles,
favorisant ainsi une approche plus collaborative et moins conflictuelle
des litiges douaniers.

En cas de saisie à domicile, les marchandises non prohibées ne


sont pas déplacées, sous réserve que le suspect donne caution solvable
de leur valeur. Si le prévenu ne fournit pas caution ou s'il s'agit d'objets
prohibés, les marchandises sont transportées au plus proche bureau ou
poste des douanes ou confiées à un tiers gardien constitué soit sur les
lieux de la saisie, soit dans une autre localité.
C- Saisies sur les navires et bateaux pontés Articles 308
A l'égard des saisies faites sur les navires et bateaux pontés,
lorsque le déchargement ne peut avoir lieu tout de suite, les saisissants
apposent les scellés sur les panneaux et écoutilles des bâtiments. Le
procès-verbal, qui est dressé au fur et à mesure du déchargement, fait
mention du nombre, des marques et des numéros des ballots, caisses et
tonneaux et autres emballages. La description en détail n'est faite qu'au
bureau, en présence du suspect ou après sommation d'y assister, il lui
est donné à sa demande, copie de chaque procès verbal.

D- Saisies en dehors du rayon des douanes

Article 309
1- En dehors du rayon des douanes, les dispositions régissant
la saisie sont applicables aux contraventions et délits relevés dans les
bureaux, entrepôts et autres lieux soumis à la surveillance des services
des douanes.

2- Des saisies peuvent également être pratiquées en tous lieux


dans le cas de poursuite à vue des marchandises, d'infraction à l'article
290 du présent code ou de découverte inopinée de marchandises, dont
l'origine frauduleuse ressort manifestement des déclarations de leur
détenteur ou des documents probants trouvés en sa possession.

3- En cas de saisie après poursuite à vue, le procès-verbal doit


constater :
a) s'il s'agit de marchandises assujetties à la formalité
du passavant, que lesdites marchandises ont été suivies sans
interruption depuis leur franchissement de la limite intérieure du rayon
jusqu'au moment de leur saisie et qu'elles n’étaient pas accompagnés de
documents dépourvues nécessaires à leur transport dans le rayon des
douanes ;

b) s'il s'agit d'autres marchandises, que lesdites marchandises


ont été suivies sans interruption depuis leur franchissement de la
frontière jusqu'au moment de leur saisie.
Sous-section 4 Garde à vue du suspect

Article 310
1- Le suspect mis en garde à vue est conduit directement,
accompagné du procès-verbal de saisie, devant le procureur de la
république territorialement compétent.

2- A cet effet, les autorités civiles et militaires sont tenues de


prêter main-forte aux agents des douanes à la première réquisition.

Section 2

Procès-verbal de constat

Article 311
1- Les résultats des contrôles opérés dans les conditions
prévues à l'article 62 du présent code et d'une manière générale,
ceux des enquêtes et interrogatoires effectuées par les agents des
douanes sont consignés dans des procès-verbaux de constat.
2- Ces procès-verbaux doivent énoncer :
- la date et le lieu du contrôle et des enquêtes effectuées ;
- la nature des constatations faites et des renseignements
recueillis ;
- la saisie des documents, s'il y a lieu ;
- les nom, qualité et résidence administrative des agents
verbalisateurs.
- Ils indiquent en outre, que ceux chez qui l'enquête ou le
contrôle a été effectué ont été informés de la date et du lieu de la
rédaction de ce procès-verbal et que sommation leur a été faite d'assister
à cette rédaction.
- Si ces personnes sont présentes à la rédaction, mention est
faite dans le procès-verbal que lecture leur a été faite et qu'elles ont été
interpellées de le signer.
En cas de refus de signer de leur part, mention doit en être faite
dans le procès-verbal de constat.
Section 3
Dispositions communes Sous-section 1 Force probante des
procès-verbaux de douane Article 312

1- Les procès-verbaux de douane rédigés par deux agents des


douanes ou par deux agents parmi ceux visés à l'article 301 paragraphe
premier du présent code, font foi jusqu'à inscription de faux des
constatations matérielles qu'ils relatent.

2- Ils ne font foi que jusqu'à preuve contraire de l'exactitude


et de la sincérité des aveux et déclarations qu'ils rapportent.

Article 313
1- Les procès-verbaux de douane rédigés par un seul agent font
foi jusqu'à preuve du contraire.
2- En matière de contraventions et de délits douaniers
constatées par procès-verbal de constat à la suite d'un contrôle
d'écritures, la preuve contraire ne peut être rapportée qu'au moyen de
documents de date certaine antérieure à celle de l'enquête effectuée par
les agents verbalisateurs.

Article 314
1- Les procès-verbaux de saisie sont nuls en cas de non respect
de l'une des conditions de forme suivantes:
- le motif, la date et le lieu de la saisie ainsi que
la description des marchandises saisies ;
- l’identité du suspect s’il est connu ; - l’identité
des agents saisissants.
2- Les procès-verbaux de constat sont nuls en cas de non
respect de l'une des conditions de forme édictées par le paragraphe 2 de
l'article 311 du présent code.

Sous-section 2
Procédure de récusation des procès-verbaux de douane
Article 315
L'inscription de faux contre les procès-verbaux de douane se fait
conformément à la procédure, en vigueur, en droit commun.
Cependant, si le tribunal saisi décide de surseoir à l'examen de
l'action, il peut provisoirement ordonner la vente des marchandises
périssables et des animaux utilisés pour le transport.

Sous-section 3
Procédures conservatoires

Article 316
1- Les procès-verbaux de douane, lorsqu'ils font foi jusqu'à
inscription de faux, valent titre pour obtenir, conformément au droit
commun, l'autorisation judiciaire de prendre toutes mesures conservatoires
utiles à l'encontre des personnes pénalement ou civilement
responsables, à l'effet de garantir les créances douanières de toute
nature résultant desdits procès-verbaux.

2- Le tribunal compétent pour connaître des procédures


conservatoires, y compris la demande de la mainlevée totale ou partielle
de la saisie conservatoire, est celui de la circonscription où a été rédigé
le procès-verbal.

Chapitre II Poursuites
Section 1 Dispositions générales

Article 317
Tous délits et contraventions prévus par les lois en matière de
douane peuvent être poursuivis et prouvés par toutes les voies de droit
alors même qu'aucune saisie n'aurait pu être effectuée dans le rayon des
douanes ou hors de ce rayon ou que les marchandises ayant fait l'objet
d'une déclaration n'auraient donné lieu à aucune observation.

Article 318
1- Le ministre des finances ou la personne déléguée par le
ministre des finances à cet effet, parmi les personnes ayant la qualité de
directeur d'administration centrale ou régionale des douanes, met en
mouvement l'action publique et transmet les procès-verbaux dûment
établis ainsi que les conclusions de l'administration des douanes au
procureur de la république auprès du tribunal compétent.

2- Le ministre des finances ou la personne déléguée par le


ministre des finances à cet effet, parmi les personnes ayant la qualité de
directeur d'administration centrale ou régionale des douanes, attaque
par voie d'appel les jugements rendus en la matière à l'encontre de
l'administration des douanes.

3- Le ministre des finances ou le directeur général des douanes


par délégation du ministre des finances, est chargé du pourvoi en
cassation contre les jugements rendus en la matière à l'encontre de
l'administration des douanes.

Article 319
Qu'il s'agisse d'une instance civile ou commerciale ou d'une
information, même terminée par un non-lieu, le ministère public doit
donner connaissance au service des douanes de toutes indications qu'il
peut recueillir de nature à faire présumer une infraction commise en
matière douanière ou une manœuvre quelconque ayant eu pour objet ou
ayant eu pour résultat d'enfreindre les dispositions soit législatives, soit
réglementaires se rattachant à l'application du code des douanes.

Article 320
Lorsque l'auteur d'une contravention ou d’un délit douanier
vient à décéder avant intervention d'un jugement définitif ou d'une
transaction, l'administration est fondée à exercer contre la succession
une action tendant à faire prononcer par le tribunal compétent en ce qui
concerne l'infraction relevée, la confiscation des objets passibles de
cette sanction ou, si ceux-ci n'ont pu être saisis, la condamnation au
paiement d'une somme égale à la valeur desdits objets calculée d'après
le cours du marché intérieur à l'époque où la fraude a été commise.

Section 2 Exécution par voie d’états de liquidation

Article 321
1- Les états de liquidation décernés par les receveurs des
douanes et signés par le ministre des finances ou par la personne
déléguée par le ministre des finances, conformément à la législation en
vigueur, constituent titres de perception :

a) pour le recouvrement des droits et


taxes que
l'administration des douanes est chargée de percevoir, ainsi que des
amendes et toutes sommes dues en cas d'inexécution des engagements
souscrits dans les acquits-à-caution et dans les obligations ;
b) d'une manière générale, dans tous les cas où des
sommes sont dues à l'administration des douanes.

2- L'avis ou la mise en demeure est signifié par les agents des


douanes, les huissiers notaires ou les officiers des services financiers
conformément aux dispositions du code de la comptabilité publique.

Section 3 Extinction de l’action publique


Sous-section 1 Transaction

Article 322
1- L'administration des douanes est autorisée à transiger avec
les personnes poursuivies pour des contraventions ou des délits
douaniers.
2- La transaction peut intervenir avant jugement définitif et
l’action publique s’éteint avec l’exécution de la transaction.

3- Toutefois, la transaction intervenue après jugement définitif


ne fait pas obstacle à l’exécution des peines corporelles.

4- Les demandes de transaction sont soumises à l'avis d'une


commission centrale ou des commissions régionales et ce, selon la
nature de la contravention ou du délit et du montant des droits et taxes
exigibles.

5- La composition de ces commissions et les modalités


de leur fonctionnement sont fixées par décret.

Sous-section 2 Prescription de l’action Article 323


L'action publique en matière de contravention et de délits
douaniers se prescrit par trois ans dans les mêmes conditions prévues
par le code de procédure pénale.

Sous-section 3 Prescription des droits A- Délai de formulation de


la demande en restitution
Article 324
Il peut être demandé à l’administration des douanes :
- de restituer les droits et taxes avant l’écoulement de trois ans
à compter de la date à la quelle ces droits et taxes sont devenus
restituables conformément à la législation en vigueur et au plus tard
dans un délai de cinq ans de la date de leur recouvrement. Toutefois en
ce qui concerne les droits et taxes devenus restituables en vertu, d’un
jugement ou d’un arrêt de justice, ce délai est de trois ans à compter de
la date du jugement ou de l’arrêt de justice et ce indépendamment de la
date du recouvrement ;
- de restituer les marchandises, avant l’écoulement de deux
ans avant la date de leur mise en dépôt;
- de restituer les frais engendrés par la saisie ou la mise en
dépôt des marchandises, deux ans après leur exigibilité.

Article 325
L'administration des douanes est déchargée envers les
redevables, de la garde des registres des recettes et autres trois ans à
compter de l’année civile suivant celle au cours de laquelle les recettes
et autres ont été enregistrées.
B- Prescription du droit de l'administration Article 326
Le droit de l'administration des douanes en paiement des droits
et taxes se prescrit après cinq ans à compter du premier janvier de
l'année qui suit celle au cours de laquelle lesdits droits et taxes auraient
dû être payés.

Article 327
Le délai de la prescription de recouvrement des droits et taxes
de douane prévu par l'article 326 du présent code est interrompu par :

- les actes de poursuite émanant des services de


recouvrement à partir de la signification du titre exécutoire ;
- tous les actes émanant du débiteur ou de son
représentant relatifs à la créance et notamment son paiement
partiel, sa reconnaissance, la présentation de garanties y afférentes
ou la signature d'un échéancier de paiement.
Dans ce cas une nouvelle période de cinq ans commence à
courir à partir du premier janvier de l'année suivant celle au cours de
laquelle l'acte interruptif a eu lieu.

C- Cas où les prescriptions de courte durée ne s'appliquent


pas Article 328
Les prescriptions visées à l'article 326 du présent code ne
s'appliquent pas et il est fait application de la prescription de quinze
ans lorsque c'est par un acte frauduleux du redevable que
l'administration n'a pu invoquer son droit pour le recouvrement des
droits et taxes.

Chapitre III Procédures devant les tribunaux Section 1


Tribunaux compétents en matière de contentieux douanier

Sous-section 1
Dispositions générales

Article 329
II est statué en matière de contentieux douanier suivant les
règles de compétence fixées par les dispositions du code de procédure
civile et commerciale et du code de procédure pénale quand elles ne
sont pas en contradiction avec les dispositions du présent code.

Sous-section 2 Compétence "RATIONE MATERIAE "


Article 330
Les tribunaux de première instance, statuant en matière civile,
sont seuls compétents pour juger les contestations concernant le refus
de paiement des droits et la non décharge des acquits-àcaution et, d’une
façon générale, toutes les autres affaires de douane à caractère civil
dont la compétence n'a pas été attribué à d'autres tribunaux en vertu d'un
texte spécial.

Article 331
Les tribunaux de première instance, statuant en matière pénale,
connaissent de tous les délits et les contraventions douaniers.

Sous-section 3
Compétence territoriale

Article 332
1- Les instances résultant des contraventions et des délits
douaniers constatés par procès-verbaux de saisie sont portées devant le
tribunal de première instance de la circonscription où est situé le bureau
ou poste des douanes ou la recette des finances, où le procèsverbal a été
rédigé, soit devant le tribunal de finance instance ou est situé le
domicile du suspect.

2- Les règles de compétence territoriale définies par la


législation en vigueur sont applicables aux autres cas.

Section 2 Procédures devant les juridictions civiles Sous-section 1


Citation à comparaître
Article 333
Dans les instances devant les juridictions civiles, la citation à
comparaître est donnée conformément aux règles édictées par le code
de procédure civile et commerciale.

Sous-section 2 Jugement

Article 334
En matière de jugement, les dispositions du code de procédure
civile et commerciale non contraires à celles du présent code sont
applicables aux affaires douanières dont les juridictions civiles ont à
connaître.
Sous-section 3 Signification des jugements et autres actes de
procédure

Article 335
1- Les significations à l'administration des douanes sont
faites au service des douanes concerné relevant de l'administration
chargée du dossier ou à l'agent qui la représente.

2- Les significations à l'autre partie sont faites conformément


aux règles du présent code ou à celles du code de procédure civile et
commerciale.

Section 3 Procédures devant les juridictions pénales

Article 336
La citation à comparaître devant les juridictions pénales est
faite conformément aux dispositions du code de procédure pénale.
Article 337
Les dispositions du code de procédure pénale sur l'instruction
des flagrants délits sont applicables dans le cas prévu par l'article 310
du présent code.

Article 338
Sans préjudice des délais édictées par le code de procédure
pénale, la mise en liberté provisoire du suspect résidant à l'étranger et
gardé à vue pour délit de contrebande est subordonnée à l'obligation de
fournir un cautionnement garantissant le paiement des condamnations
pécuniaires encourues pour ledit délit.

Article 339
Les dispositions du code de procédure pénale sont applicables
au jugement, à l'opposition et à l'appel.

Section 4 Pourvoi en cassation

Article 340
Les règles en vigueur concernant le pourvoi en cassation en
matière civile ou en matière pénale sont applicables aux affaires
douanières.

Section 5
Dispositions diverses

Sous-section 1
Procédures communes

A- Déroulement de l’audience.
Article 341
1- En première instance et en appel, l'interrogatoire de l'accusé
est fait au vu du rapport de l'administration des douanes.
2- L'administration des douanes est représentée lors de
l'instruction, par des agents désignés par le directeur général des
douanes sans délégation spéciale.

B- Conclusions de l'administration

Article 342
A l'audience, le représentant de l'administration conclut
verbalement à l'application des peines prévues par le présent code.

C- Actes de justice
Article 343
Les agents des douanes qualifiés suivant l'organisation
administrative peuvent faire, en matière de douane, tous actes de justice
relatifs à l'exécution des jugements en ce qui concerne la vente des
objets saisis, confisqués ou abandonnés.

Sous-section 2 Circonstances atténuantes

Article 344
1- S'il retient les circonstances atténuantes, le tribunal peut :

a) libérer les contrevenants de la confiscation des moyens de


transport ; ces dispositions ne sont toutefois pas applicables dans les cas
où les actes de contrebande ou assimilés ont été commis par
dissimulation dans des cachettes spécialement aménagées ou dans des
cavités ou espaces vides qui ne sont pas normalement destinés au
logement des marchandises ;
b) libérer les contrevenants de la confiscation des autres objets
contenus dans le moyen de transport et ayant servi à masquer la fraude
;

c) réduire le montant des sommes tenant lieu de confiscation


des marchandises de fraude jusqu'au tiers de la valeur de ces
marchandises sans préjudice des dispositions de l'article 407 du présent
code ;

d) réduire le montant des amendes pécuniaires jusqu'au tiers de


leur montant minimal, sans préjudice des dispositions de l'article 407
du présent code;

e) en ce qui concerne les sanctions pécuniaires visées


aux paragraphes c) et d) ci-dessus, limiter ou supprimer la solidarité à
l'égard de certains condamnés.
Si les circonstances atténuantes ne sont retenues qu'à l'égard de
certains co-suspects pour un même fait de fraude, le tribunal prononce
d'abord les sanctions pécuniaires auxquelles les condamnés, ne
bénéficiant pas des circonstances atténuantes, seront solidairement
tenus ; il peut ensuite, en ce qui concerne les sommes tenant lieu de
confiscation et les amendes pécuniaires, limiter l'étendue de la
solidarité à l'égard des personnes bénéficiant des circonstances
atténuantes.

S'il retient les circonstances atténuantes à l'égard du suspect,


le tribunal peut le dispenser des sanctions pénales prévues par le
présent code ou ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de cellesci.

2- Lorsque les marchandises saisies ne sont pas


explicitement prohibées au titre de la réglementation douanière, le
tribunal peut en donner mainlevée avant de se prononcer
définitivement sur toute l'affaire, moyennant caution solvable ou
consignation d'un montant égal à la valeur desdites marchandises.
3- Le tribunal ne peut dispenser le redevable du paiement des
sommes fraudées ou indûment obtenues ni de la confiscation des
marchandises dangereuses pour la santé ou la moralité et la sécurité
publique ou des marchandises contrefaites ou de celles qui sont
soumises à des restrictions quantitatives.

Sous-section 3 Dispositions spéciales à certaines instances


résultant de contraventions et délits douaniers

A- Charge de la preuve.

Article 345
Dans toute action sur une saisie, les preuves de non
contravention ou de non délit sont à la charge du saisi.

B- Garantie du droit de poursuite de l’administration

Article 346
La confiscation des marchandises saisies peut être poursuivie
contre les conducteurs ou déclarants sans que l'administration des
douanes soit tenue de mettre en cause les propriétaires même si leurs
identités lui ont été révélées. Toutefois, si les propriétaires intervenaient
ou étaient appelés en garantie par ceux sur lesquels les saisies ont été
faites, les tribunaux chargés de l'affaire statueront, conformément à la
loi, sur les interventions ou sur les appels en garantie.

C- Confiscation des objets saisis sur inconnus et des


minuties Article 347
1- L'administration des douanes peut demander au président du
tribunal de première instance, sur simple requête, la confiscation en
nature des objets saisis sur des inconnus ou sur des individus qui n'ont
pas fait l'objet de poursuites en raison du peu d'importance des objets
de la fraude.
2- II est statué sur ladite demande par une seule ordonnance,
même si la requête se rapporte à plusieurs saisies faites séparément.

D- Revendication des objets saisis Article 348


Sans préjudice des dispositions de l'article 304 du présent code,
les objets saisis ou confisqués ne peuvent être revendiqués par les
propriétaires, ni le prix, qu'il soit consigné ou non, réclamé par les
créanciers même privilégiés, sauf recours contre les auteurs des
contraventions et délits douaniers s’il y’a lieu.
E- Fausses déclarations

Article 349
Sans préjudice des dispositions de l'article 117 paragraphe 2 et
118 paragraphe 5 du présent code, la vérité ou la fausseté des
déclarations doit être jugée sur ce qui a été premièrement déclaré.
Chapitre IV Exécution des jugements et des obligations en
matière douanière

Section 1 Sûretés d'exécution

Sous-section 1 Droit de rétention des marchandises et des


moyens de transport

Article 350
Dans tous les cas de constatation contraventions et de délits
douaniers flagrants, les moyens de transport et les marchandises
litigieuses non passibles de confiscation peuvent, pour sûreté des
pénalités encourues, être retenus jusqu'à ce qu'il soit fourni caution ou
versé consignation du montant desdites pénalités.

Sous-section 2
Privilèges, hypothèques et subrogations
Article 351
L'administration des douanes a, pour les droits, taxes, amendes
et confiscations prévus au présent code ainsi que pour les sommes dont
elle a droit à restitution, privilège spécial du trésor prévu à l'article 34
du code de la comptabilité publique sur les biens meubles, y compris
leurs fruits et revenus, appartenant aux redevables et au titre desquels
ont été appliqués les droits, taxes et créances susvisés.

A défaut de l'exercice du droit de privilège spécial cité au


paragraphe premier ci-dessus, les créances bénéficient du privilège
général de trésor prévu à l'article 33 du code de la comptabilité publique
sur l'ensemble des biens meubles et immeubles appartenant au
redevable.

L'exercice de ce privilège ne n’empêche fait pas obstacle la


restitution des marchandises, encore emballées et dûment
revendiquées par leurs propriétaires.

Article 352
1- Les commissionnaires en douane agréés qui ont acquitté,
pour un tiers, des droits, taxes ou amendes de douane sont subrogés au
privilège de la douane prévu par l'article 351 du présent code quelles
que soient les modalités de recouvrement observées par eux à l'égard
de ce tiers.

2- Toutefois, cette subrogation ne peut, en aucun cas, être


opposée aux administrations de l'Etat.

Section 2 Voies d'exécution

Sous-section 1 Règles générales


Article 353
1- L'exécution des jugements et arrêts rendus par les
tribunaux dans les affaires douanières peut avoir lieu par toutes voies
de droit.

2- Les jugements et arrêts portant condamnation à des


pénalités pécuniaires pour infraction aux lois de douane, sont,
exécutés par voie de contrainte par corps le cas échéant.

3- Les états de liquidation sont exécutoires nonobstant


opposition devant les juridictions compétentes.
Il ne peut être sursis à l'exécution de l'état de liquidation s'il est
émis en application de l'article 321 paragraphe premier alinéa a) du
présent code.
4- Lorsqu'un contrevenant décède avant d'avoir effectué le
règlement des amendes, confiscations et autres condamnations
pécuniaires prononcées contre lui par jugement définitif, ou stipulées
dans les transactions ou soumissions contentieuses acceptées par
lui, le recouvrement peut en être poursuivi contre la succession par
toutes voies de droit, sauf par contrainte par corps.

5- Les pénalités prononcées se prescrivent dans les mêmes


conditions et délais prévus par le code de procédure pénale.

6- En cas de condamnation à des pénalités pécuniaires


prévues au présent code et lorsque l'administration des douanes
dispose de présomption indiquant que le contrevenant à sciemment
cédé ses biens à autrui en vu d’échapper à l’exécution des jugements
prononcés son égard elle peut demander au juge de condamner à la
solidarité de paiement des sommes dues les personnes qui auront
participé sciemment à l'organisation de cette insolvabilité.

Sous-section 2 Procédures particulières réservées à


l'administration des douanes
Article 354
Le pourvoi en cassation suspend l’exécution des jugements
rendus contre l’administration des douanes, à moins que ceux au profit
desquels lesdits jugements ont été rendus n'aient donné bonne et
suffisante caution pour sûreté des sommes à eux adjugées.

Article 355
Lorsque la mainlevée des marchandises saisis pour infraction
aux lois dont l'exécution est confiée à l'administration des douanes est
accordée par jugement contre lequel une voie de recours en cassation
est introduite, la remise n'en est faite à ceux au profit duquel ledit
jugement à été rendu que sous bonne et suffisante caution de leur valeur
; la mainlevée ne peut jamais être accordée par jugement pour les
marchandises dont l'entrée est prohibée.

Article 356
Toutes saisies du produit des droits et taxes, faites entre les
mains des receveurs ou en celles des redevables
envers l'administration, sont nulles et de nul effet ; nonobstant
les saisies, les redevables sont contraints au paiement des sommes par
eux dues.

Article 357
Dans le cas d'apposition de scellés sur les effets et papiers des
comptables, les registres et livres compatibles de l'année courante
seront exceptés. Lesdits registres sont seulement arrêtés et paraphés par
le juge, qui les remet à l'agent chargé de la recette par intérim, lequel en
demeure garant comme dépositaire de justice, et il en est fait mention
dans le procès-verbal d'apposition des scellés.

Article 358
1- Dans les cas urgents, l'administration des douanes peut
demander au président du tribunal de première instance l'autorisation
de saisir à titre conservatoire, les biens mobiliers et immobiliers des
suspects avant jugement et au vu du procès-verbal de saisie.
2- Les ordonnances prononcés par le juge sont exécutoires
nonobstant tout recours. La saisie pourra être levée si le saisi fournit
une caution jugée suffisante.
Toute demande de mainlevée d'une saisie relève du tribunal
chargé de l'affaire.

3- La saisie conservatoire est automatiquement levée en cas de


jugement d'acquittement ou en cas d'extinction de l'action publique.

Sous-section 3 Exécution immédiate

Article 359
Les sanctions pécuniaires prononcées pour un délit de
contrebande sont appliquées avec exécution immédiate contre les
personnes détenues et ce nonobstant appel.

Sous-section 4 Aliénation des marchandises saisies pour


infraction aux lois douanières

A- Vente avant jugement des marchandises périssables et


des moyens de transport

Article 360
1- Le juge cantonal peut ordonner immédiatement et à la
demande de l'administration des douanes et sans procédure spéciale,
la vente aux enchères publiques :
- des moyens de transport saisis dont la remise sous caution
aura été offerte et n'aura pas été acceptée par l'autre partie ;
- des animaux ou des marchandises qui ne pourraient être
conservés sans courir de risque de détérioration ou de dépérissement.

2- La vente pourra également être ordonnée par le juge


d'instruction chargé de l’affaire. Son ordonnance sera exécutée
nonobstant opposition ou appel.

3- La vente est faite par l'administration des douanes et le


produit de la vente est déposé à la caisse des dépôts et consignations
en attente du jugement définitif qui sera prononcé par le tribunal
chargé de l'affaire.

B- Aliénation des marchandises confisquées ou


abandonnées par transaction

Article 361
1- Les objets confisqués en vertu d’un jugement définitif ou
abandonnés suite à une transaction approuvée, sont aliénés par les
services des douanes selon les modalités fixées par décret.

2- Les jugements et ordonnances portant confiscation des


marchandises saisies sur des particuliers inconnus, et par eux,
abandonnés et non réclamés, ne sont exécutés qu'un mois après leur
affichage, conformément aux dispositions du paragraphe 3 de l'article
305 du présent code. Passé ce délai, aucune demande en restitution n'est
recevable.

C- Vente des marchandises confisquées à la suite d'un


jugement par défaut :

Article 362
1- Le président du tribunal de première instance peut ordonner
immédiatement et sur la demande de l'administration des douanes la
vente aux enchères publiques des marchandises et des moyens de
transport confisqués à la suite d'un jugement par défaut et ce, après un
délai de six mois à partir de la date de ce jugement.
2- Après déduction des frais prévus par l'article 271 paragraphe
premier alinéas a) et c) du présent code, le produit de la vente est versé
à la caisse des dépôts et consignations.

Section 3 Répartition du produit des amendes et des


confiscations

Article 363
La part attribuée au trésor, dans les produits d'amendes et
confiscations résultant d'affaires suivies à la requête
de l'administration des douanes et les modalités de répartition du
surplus sont déterminées par arrêté du ministre des finances.
Chapitre V Responsabilité et solidarité

Section 1 Responsabilité pénale

Sous-section 1
Détenteurs

Article 364
1- Le détenteur de marchandises de fraude est réputé
responsable de la fraude.

2- Les transporteurs publics et leurs préposés ou agents ne sont


pas considérés responsables lorsque, par une désignation exacte et
régulière de leurs commettants, ils mettent l'administration en mesure
d'exercer des poursuites contre les véritables auteurs de la fraude.

Sous-section 2 Capitaines de navires et commandants d'aéronefs


Article 365
1- Les capitaines de navires et d'embarcations et les
commandants d'aéronefs sont réputés responsables de toutes omissions
et inexactitudes relevées dans les manifestes et, d'une manière
générale, des contraventions et des délits commis à bord de leurs
bâtiments.

2- Toutefois, les peines d'emprisonnement édictées par le


présent code ne sont applicables aux commandants des navires de
commerce ou de guerre ou des aéronefs militaires ou de commerce
qu'en cas de faute personnelle.

Article 366
Le capitaine du navire est déchargé de toute responsabilité:

a) dans le cas d'infraction visée à l'article 395


paragraphe 2 du présent code s'il prouve qu'il a rempli tous ses devoirs
de surveillance ou si le délinquant est découvert ;
b) dans le cas d'infraction visée à l'article 395
paragraphe 3 du présent code s'il prouve qu’une avarie sérieuse a
nécessité le déroutement du navire et à condition que ces événements
aient été consignés au journal de bord avant la visite des services des
douanes.

Sous-section 3 Déclarants Article 367


1- Les signataires de déclarations sont responsables des
omissions, inexactitudes et autres irrégularités relevées dans les
déclarations, ils ont le droit de recours contre leurs commettants le cas
échéant.

2- Lorsque la déclaration a été rédigée en conformité avec les


instructions données par les commettants, ces derniers sont passibles
des mêmes peines que le signataire de la déclaration.
Sous-section 4 Commissionnaires en douane agréés

Article 368
1- Les commissionnaires en douane agréés sont responsables des
opérations en douane effectuées par leurs soins.

2- Les peines d'emprisonnement édictées par le présent code ne


leur sont applicables qu'en cas de faute personnelle.

Sous-section 5 Soumissionnaires

Article 369
1- Les soumissionnaires sont responsables de l'inexécution des
engagements souscrits, sauf leurs recours contre les transporteurs et
autres mandataires.

2- A cet effet, le service auquel les marchandises sont


représentées ne donne décharge que pour les quantités à l'égard
desquelles les engagements ont été remplis dans le délai, et les pénalités
réprimant l'infraction sont poursuivies au bureau d'émission contre les
soumissionnaires et leurs cautions.

Sous-section 6 Complices

Article 370
Les dispositions de l'article 32 du code pénal sont applicables
aux complices de délits douaniers.

Sous-section 7 Intéressés à la fraude


Article 371
1- Ceux qui ont participé comme intéressés d'une
manière quelconque à un délit de contrebande ou à un délit
d'importation ou d'exportation sans déclaration sont passibles des
mêmes peines que les auteurs de l'infraction et en outre, des peines
privatives de droits édictées par l'article 402 du présent code.

2- Sont réputés intéressés :


a) les entrepreneurs et membres d'entreprises de
fraude,
assureurs et assurés, bailleurs de fonds, propriétaires de marchandises
et, en général, ceux qui ont un intérêt direct à la fraude ;

b) ceux qui ont coopéré d'une manière quelconque


à un ensemble d'actes accomplis par un certain nombre
d'individus agissant de concert, d'après un plan de fraude
arrêté pour assurer le résultat poursuivi en commun ;
c) ceux qui ont, sciemment, soit couvert
les
agissements des fraudeurs ou tenté de leur procurer l'impunité, soit
acheté ou détenu, même en dehors du rayon, des marchandises
provenant d'un délit de contrebande ou d'importation sans déclaration.

Section 2 Responsabilité civile

Sous-section 1 Responsabilité de l'administration

Article 372
L'administration des douanes est responsable des faits de ses
employés, dans l'exercice et pour raison de leurs fonctions sauf son
recours contre eux.
Article 373
Lorsqu'une saisie ou une rétention opérée en vertu de l'article
301 paragraphe 2 du présent code n'est pas fondée, le propriétaire des
marchandises a droit à dommages-intérêts à raison de un pour cent
par mois de la valeur des objets saisis, depuis la date de la saisie jusqu'à
celle de la remise ou de l'offre qui lui en a été faite.

Article 374
S'il n'est point constaté qu'il y ait motif de saisie, il doit être
payé la somme de cinquante dinars à celui au domicile duquel les
recherches ont été faites, en vertu de l'article 61 du présent code, sauf
plus grands dommages et intérêts auxquels les circonstances de la
visite peuvent, éventuellement, donner lieu.

Sous-section 2 Responsabilité des propriétaires


de marchandises et des patrons et commettants

Article 375
Les propriétaires des marchandises, les patrons
et commettants sont responsables civilement du fait de leurs
employés en ce qui concerne les droits et taxes, confiscations,
amendes et dépens.

Sous-section 3 Responsabilité solidaire des cautions

Article 376
Les cautions sont tenues, au même titre que les principaux
obligés, de payer les droits et taxes, pénalités pécuniaires et autres
sommes dues par les redevables qu'elles ont cautionnés.
Section 3

Solidarité

Article 377
1- Les condamnations prononcées contre plusieurs personnes
pour la même contravention ou le même délit sont solidaires tant pour
les pénalités pécuniaires tenant lieu de confiscation que pour l'amende
et les dépens.
2-Ces dispositions ne sont pas applicables aux deux
contraventions stipulées aux articles 51 paragraphe premier et 57
paragraphe premier du présent code qui sont sanctionnées par des
amendes individuelles.

Article 378
Les propriétaires des marchandises de fraude, ceux qui se sont
chargés de les importer ou de les exporter, les intéressés à la fraude, les
complices et adhérents sont tous solidaires et contraignables par corps
pour le paiement de l'amende, des sommes tenant lieu de confiscation
et des dépens.
Chapitre VI Contraventions, délits et peines

Section 1 Classification des contraventions et délits douaniers et


déterminations des peines principales

Sous-section 1
Dispositions générales

Article 379
Il existe cinq classes de contraventions douanières et trois
classes de délits douaniers.

Article 380
La tentative de délit douanier est réprimée comme le délit
luimême.

Sous-section 2 Contraventions douanières

A- Contraventions de première classe


Article 381
1- Est passible d'une amende de cent dinars toute infraction
aux dispositions des lois et règlements que l'administration des douanes
est chargée d'appliquer lorsque cette irrégularité n'est pas plus
sévèrement réprimée par le présent code. 2- Sont passibles de la même
amende.
a) toute omission ou inexactitude portant sur l'une des
indications que les déclarations doivent contenir lorsque l'irrégularité
n'a aucune influence sur l'application des droits ou des prohibitions ;
b) toute omission d'inscription aux répertoires ;
c) toute infraction aux dispositions des articles 69 et 74
paragraphe premier et 293 de ce code ou aux dispositions des arrêtés
pris pour l'application de l'article 11 paragraphe 2 du présent code ;
d) toute infraction aux règles de qualité ou de
conditionnement imposées à l'importation ou à l'exportation lorsque
celle-ci n'a pas pour but ou pour effet d'obtenir un remboursement de
droits ou taxes, une exonération, une réduction fiscale ou un avantage
financier.

B- Contraventions de deuxième classe Article 382


1- Est passible d'une amende comprise entre deux et trois fois
le montant des droits et taxes éludés ou compromis, sans préjudice du
payement des droits et taxes exigibles, toute infraction aux dispositions
des lois et règlements que l'administration des douanes est chargée
d'appliquer lorsque cette irrégularité a pour but ou pour résultat d'éluder
ou de compromettre le recouvrement d'un droit ou d'une taxe
quelconque et qu'elle n'est pas spécialement réprimée par le présent
code.

2- Sont passibles de la même amende les infractions ci- après


quand elles se rapportent à des marchandises de la catégorie de celles
qui sont passibles de droits ou taxes :

a) les déficits dans le nombre de colis déclarés, manifestés ou


transportés sous passavant ou sous acquit-à-caution ;
b) les déficits sur la quantité des marchandises placées sous un
régime suspensif de droits et taxes ;
c) la non-représentation aux services des douanes de
marchandises placées en entrepôt privé, entrepôt public spécial ou
admises sous l'un des régimes de transformation sous douane ;
d) l'inexécution totale ou partielle des engagements souscrits dans
les acquits-à-caution et soumissions prévus à l'article 148 du présent
code ;
e) les excédents sur le poids, le nombre ou la mesure déclarés.
C- Contraventions de troisième classe

Article 383
Sont passibles de la confiscation des marchandises litigieuses
et d'une amende fixée de deux cents à trois milles dinars :

1- tout fait de contrebande ainsi que tout fait d'importation ou


d'exportation sans déclaration lorsque l'infraction porte sur des
marchandises de la catégorie de celles qui ne sont ni prohibées ou
fortement taxées à l'entrée, ni soumises à des taxes intérieures, ni
prohibées ou taxées à la sortie ;

2- toute fausse déclaration dans l'espèce, la valeur ou l'origine


des marchandises importées, exportées ou placées sous un régime
suspensif de droits et taxes lorsque les droits de douane, totalement ou
partiellement, ou autre taxes exigibles se trouvent éludés par cette
fausse déclaration ;

3- toute fausse déclaration dans la désignation du destinataire


réel ou de l'expéditeur réel ;

4- toute fausse déclaration tendant à obtenir, indûment, le


bénéfice de la franchise prévue au paragraphe premier de l'article 272
du présent code ainsi que toute infraction aux dispositions des textes
réglementaires pris pour son application ;

5- tout détournement de marchandises non prohibées de leur


destination privilégiée ;

6- la présentation comme unité dans les manifestes ou


déclarations de plusieurs balles ou autres colis fermés, réunis de
quelque manière que ce soit ;

7- l'absence de manifeste ou la non représentation de l'original


du manifeste ; toute omission de marchandise dans les manifestes ou
dans les déclarations sommaires, ainsi que toute différence dans la
nature des marchandises manifestées ou déclarées sommairement.
D- Contraventions de quatrième classe

Article 384
1 - Est passible d'une amende comprise entre une et trois fois
la valeur des marchandises litigieuses toute infraction aux dispositions
des lois et règlements que l'administration des douanes est chargée
d'appliquer lorsque cette irrégularité se rapporte à des marchandises de
la catégorie de celles qui sont prohibées à l'entrée ou à la sortie et
qu'elle n'est pas spécialement réprimée par le présent code.

2- Sont passibles de la même amende les contraventions


visées à l'article 382 paragraphe 2 de ce code lorsqu'elles se rapportent
à des marchandises de la catégorie de celles qui sont prohibées à
l'entrée ou à la sortie.

3- Sont passibles de la même amende tout achat on détention,


même en dehors du rayon, de marchandises importées en contrebande
ou sans déclaration, en quantité supérieure à celle des besoins de la
consommation familiale.

E- Contraventions de cinquième classe

Article 385
1-Est passible d'un emprisonnement d'un jour à quinze jours et
d'une amende de cinq cents à trois milles dinars :
- toute infraction aux dispositions des articles 51 paragraphe
premier, 57 paragraphe premier, 66 paragraphe b), 68, 135 paragraphe
2 du présent code ;
- tout refus de communication de documents, toute
dissimulation de documents ou d'opérations dans les cas prévus aux
articles 62 et 107 du présent code ;
- la représentation à destination sous scellé rompu ou altéré de
marchandises expédiées sous plombs.

2- Sont passibles de la même amende :


a) toute personne, ayant fait l'objet d'un retrait de l'agrément de
commissionnaire en douane ou de l'autorisation provisoire de
dédouaner prévus aux articles 102 paragraphe 3 et 103 du présent code,
continue à accomplir pour autrui, directement ou indirectement, les
formalités douanières concernant la déclaration en détail des
marchandises ainsi que tout commissionnaire en douane ou toute
personne ayant une autorisation provisoire pour accomplir les formalités
de dédouanement énoncées aux articles 102 paragraphe 3 et 103 du
présent code permet à autrui de se servir de l'agrément ou de
l'autorisation pour accomplir lesdites formalités ;
b) toute personne qui prête sciemment son concours aux
personnes citées au paragraphe 2 a) de cet article, en vue de les
soustraire aux effets du retrait de l'agrément ou de l'autorisation
provisoire pour accomplir les formalités de dédouanement pour autrui.

Sous-section 3 Délits douaniers

A- Délits de première classe

Article 386
Sont passibles d'un emprisonnement de seize jours à un mois,
de la confiscation des marchandises de fraude, de la confiscation des
moyens de transport, de la confiscation des objets ayant servi à masquer
la fraude et d'une amende comprise entre une et deux fois la valeur des
marchandises de fraude tout fait de contrebande ainsi que tout fait
d'importation ou d'exportation sans déclaration lorsque ces infractions
se rapportent à des marchandises de la catégorie de celles qui sont
prohibées, fortement taxées à l'entrée, soumises à des taxes intérieures
ou prohibées ou taxées à la sortie.

B- Délits de deuxième classe Article 387


Sont passibles d'un emprisonnement de trois mois à un an et
d'une amende comprise entre deux et trois fois la valeur des
marchandises de fraude, de la confiscation des marchandises de fraude,
des moyens de transport et des objets ayant servi à masquer la fraude,
les auteurs de délits de contrebande par une réunion de trois individus
et plus jusqu'à six inclusivement, que tous portent ou non des
marchandises de fraude.

C- Délits de troisième classe

Article 388
Sont passibles d'un emprisonnement de six mois à trois ans, de
la confiscation des objets de fraude, des moyens de transport et des
objets ayant servi masquer la fraude et d'une amende comprise entre
trois et quatre fois la valeur des marchandises de fraude :

1- Les auteurs de délits de contrebande par la réunion de plus


de six individus, que tous portent ou non les marchandises de fraude ;

2- Les auteurs de délits de contrebande par aéronef, par


véhicule automobile, par navire ou embarcation de moins de 100
tonneaux de jauge nette ou par tout autre moyen de transport de
marchandises ou personnes.

Article 389
L'amende est portée à cinq fois la valeur de la marchandise de
fraude en cas de délits commis par l'utilisation ou la menace d'armes ou
par l’utilisation directement ou indirectement de fonds provenant de la
commercialisation de produits prohibés à titre absolu. Il en est de même
en cas de récidive.
Sous-section 4 Contrebande Article 390
1- La contrebande s'entend des importations
ou exportations en dehors des bureaux ainsi que de toute
violation des dispositions légales ou réglementaires relatives au
transport et à la détention des marchandises à l'intérieur du
territoire douanier.
2- Constituent, en particulier, des faits de contrebande :
a) la violation des dispositions des articles 72, 73 paragraphe
2, 75 paragraphe premier, 78 paragraphe premier, 81, 285, 286 et
287 du présent code ;
b) les versements ou embarquements frauduleux effectués
soit dans l'enceinte des ports ou sur les côtes, à l'exception des
débarquements frauduleux visés à l'article 398 paragraphe premier du
présent code.
c)les soustractions ou substitutions en cours de transport de
marchandises expédiées sous un régime suspensif, l'inobservation
sans motif légitime des itinéraires et horaires fixés, et toutes
manœuvres ayant pour but ou pour résultat d'altérer ou de rendre
inefficaces les moyens de scellement, de sûreté ou d'identification et,
d'une manière générale, toute fraude douanière relative au transport de
marchandises expédiées sous un régime suspensif ;
d) la violation des dispositions législatives ou
réglementaires, portant prohibition d'exportation ou de
réexportation ou subordonnant l'exportation ou la réexportation
au paiement des droits et taxes ou à l'accomplissement de formalités
particulières lorsque la fraude a été faite ou tentée en dehors des
bureaux des douanes et qu'elle n'est pas spécialement réprimée par une
autre disposition du présent code.

3- Sont assimilées à des actes de contrebande les importations


ou exportations sans déclaration lorsque les marchandises passant par
un bureau de douane sont soustraites à la visite des services des douanes
par dissimulation dans des cachettes spécialement aménagées ou dans
des cavités ou espaces vides qui ne sont pas normalement destinés au
logement des marchandises.
Article 391
Les marchandises de la catégorie de celles qui sont prohibées à
l'entrée ou fortement taxées ou soumises à des taxes intérieures sont
réputées avoir été introduites en contrebande et les marchandises de la
catégorie de celles dont la sortie est prohibée ou assujettie à des droits
à l’exportation, sont réputées faire l'objet d'une tentative d'exportation
en contrebande dans tous les cas d'infraction indiqués aux paragraphes
1, 2, 3 et 4 du présent article :
1- lorsqu'elles sont trouvées dans la zone terrestre du rayon des
douanes sans être munies d'un acquit de payement, passavant ou autre
expédition valable pour la route qu'elles suivent et pour la période dans
laquelle se fait le transport à moins qu'elles ne viennent de l'intérieur du
territoire douanier par la route qui conduit directement au bureau des
douanes le plus proche et soient accompagnées des documents prévus
par l'article 285 du présent code ;

2- lorsque, étant accompagnées d'une expédition portant


l'obligation expresse de la faire viser à un bureau de passage, elles ont
dépassé ce bureau sans que ladite obligation ait été remplie ;

3- lorsque ayant été amenées au bureau, dans le cas prévu à


l'article 285 du présent code, elles se trouvent dépourvues des
documents indiqués à ce même article.

4-lorsqu'elles sont trouvées dans la zone terrestre du rayon


en infraction aux articles 288 et 289 de ce code.

Article 392
1- Les marchandises visées à l'article 290 du présent code
sont réputées avoir été importées en contrebande à défaut de
justification d'origine ou si les documents présentés sont faux, inexacts,
incomplets ou non applicables aux marchandises concernées.

2- Ces marchandises sont saisies en quelque lieu qu'elles se


trouvent et les personnes visés aux paragraphes 1 et 2 de l'article 290
sont poursuivies et punies conformément aux dispositions des articles
386 à 388 du présent code.
3- Lorsqu'ils auront eu connaissance que celui qui leur a délivré
les justifications d'origine ne pouvait le faire valablement ou que celui
qui leur a vendu, cédé, échangé ou confié les marchandises n'était pas
en mesure de justifier de leur détention régulière, les détenteurs et
transporteurs seront condamnés aux mêmes peines et les marchandises
seront saisies et confisquées dans les mêmes conditions citées au
paragraphe 2 du présent article quelles que soient les justifications qui
auront pu être produites.

Article 393
Est réputée importée en contrebande toute quantité en
excédent au compte d’entrepôt prévu par l'article 289 du présent code
ou toute marchandise non inscrite à ce compte.

Sous-section 5 Importation et exportation sans déclaration

Article 394
Constitue une importation ou une exportation sans déclaration
:

1- l’importation ou l’exportation par les bureaux des douanes,


sans déclaration en détail ou sous le couvert d'une déclaration en détail
non applicable aux marchandises présentées ;

2- la soustraction ou la substitution de marchandises sous


douane ;

3- le défaut de dépôt, dans le délai imparti, des déclarations


complémentaires prévues à l'article 118 du présent code.

Article 395
Sont réputés faire l'objet d'une importation sans déclaration:
1- les marchandises déclarées pour l'exportation temporaire ou
pour l'obtention d'un passavant de circulation dans le rayon, en cas
de non représentation aux services des douanes ou de différence dans
la nature ou l'espèce entre lesdits marchandises et celles présentées
précédemment au départ ;

2- les objets prohibés ou fortement taxés à l'entrée ou passibles


de taxes intérieures découverts à bord des navires se trouvant dans les
limites des ports de commerce indépendamment des objets
régulièrement manifestés ou composant la cargaison et les provisions
de bord représentées selon les procédures en vigueur, avant visite ;

3- les marchandises spécialement désignées par décret


découvertes à bord des navires de moins de cent tonneaux de jauge
nette naviguant ou se trouvant à l'ancre dans la zone maritime du rayon
des douanes.

Article 396
Sont réputés importés ou exportés sans déclaration les colis
excédant le nombre déclaré.

Article 397
Sont réputées importation ou exportation sans déclaration de
marchandises prohibées :

1- toute infraction aux dispositions de l'article 39 du présent


code ainsi que le fait d'avoir obtenu ou tenté d'obtenir la délivrance de
l'un des titres visés au même article ou le remboursement à
l'exportation du droit de douane perçu à l'importation conformément
aux dispositions de l'article 298 du présent code, soit par contrefaçon
de sceaux publics, soit par fausses déclarations ou par tous autres
moyens frauduleux ;

2- toute fausse déclaration ayant pour but ou pour effet


d'éluder l'application des mesures de prohibition ;

3 - toute fausse déclaration ayant pour but de bénéficier


d'un privilège fiscal ;

4- les fausses déclarations dans l'espèce, la valeur ou l'origine


des marchandises ou dans la désignation de l'expéditeur réel ou du
destinataire réel lorsque ces infractions ont été commises à l'aide de
factures, certificats ou tous autres documents faux, inexacts,
incomplets ou non applicables.

Article 398
Sont réputés opérations d’importation sans déclaration de
marchandises prohibées :

1- le débarquement en fraude des objets visés à l'article 395


paragraphe 2 du présent code ;

2- l'immatriculation dans les séries normales d'automobiles,


de motocyclettes ou d'aéronefs sans accomplissement préalable des
formalités douanières ;

3- l'immatriculation dans la série tunisienne d'une manière


frauduleuse des embarcations de mer ainsi que le fait pour les navires
de tout tonnage de se trouver dans les eaux territoriales ou ports sous
couvert de documents de bord ou de titre de nationalité faux,
falsifiés et inapplicables ;

4- le détournement de marchandises prohibées de leur


destination privilégiée.

Article 399
1- Est réputée importation ou exportation sans déclaration de
marchandises prohibées toute infraction aux dispositions législatives ou
réglementaires portant prohibition d'importation sous tout régime
douanier, d'exportation ou de réexportation ou subordonnant
l'exportation ou la réexportation au paiement de droits ou taxes ou à
l'accomplissement de formalités particulières, lorsque la fraude a été
faite ou tentée par les bureaux et qu'elle n'est pas spécialement réprimée
par le présent code.

2- Dans le cas où les marchandises ayant été exportées, par


dérogation à une prohibition de sortie, à destination d'un pays
déterminé, sont, après arrivée dans ce pays, réexpédiées sur un pays
tiers, l'exportateur est passible des peines de l'exportation sans
déclaration s'il est établi que cette réexpédition a été effectuée sur ses
instructions, à son instigation ou avec sa complicité, ou encore s'il est
démontré qu'il en a tiré profit ou qu'il avait connaissance de la
réexpédition projetée au moment de l'exportation.
Section 2 Peines complémentaires et administratives

Sous-section 1 Confiscation Article 400


Indépendamment des autres sanctions principales prévues par
le présent code, sont confisqués :

1- les marchandises qui ont été ou devaient être substituées


dans les cas prévus aux articles 382 paragraphe 2 alinéa a), 390
paragraphe 2 alinéa c) et 394 paragraphe 2 du présent code ;

2- les marchandises précédemment présentées au départ dans


le cas prévu par l'article 395 paragraphe premier du présent code;

3- les moyens de transport lorsque le conducteur refuse d'obéir


aux injonctions des agents des douanes dans le cas visé à l'article 57 du
présent code.

Sous-section 2 Astreinte

Article 401
1- Indépendamment de l'amende encourue pour refus de
communication de documents dans les conditions prévues aux articles
62 et 107 du présent code, le tribunal condamne le contrevenant à
représenter les documents demandées, sous une astreinte de cinquante
dinars au minimum et de cent dinars au maximum pour chaque jour de
retard.

2- Cette astreinte commence à courir du jour même de la


signature par les parties ou de la notification du procès-verbal dressé
pour constater le refus d'exécuter le jugement régulièrement signifié.
3- Elle ne cesse qu'à la date de signature du procès-verbal où il
est constaté la réception des pièces ou documents requis.

Sous-section 3 Peines privatives de certains droits

Article 402
1-En sus des sanctions prévues par le présent code, ceux qui
sont jugés coupables d'avoir participé comme intéressés d'une manière
quelconque à un délit de contrebande ou à un délit d'importation ou
d'exportation sans déclaration peuvent être déclarés par le tribunal
incapables de se présenter à la bourse, d'exercer les fonctions d'agent
de change ou de courtier, d'être électeurs ou élus aux chambres de
commerce et conseils de prud'hommes pour une durée ne dépassant pas
cinq ans.

2-Ces jugement ou extraits de ces jugement sont publiés au


journal officiel de la république tunisienne et dans un quotidien désigné
par le président du tribunal, ils sont en outre affichés durant trente jours
sur les portes d’entrée extérieures du siège professionnel principal du
contrevenant ainsi que de ses annexes

La publication est faite aux frais du contrevenant en


vertu d’un jugement ayant la force de chose jugée.

Sous-section 4 Sanctions administratives


Article 403
1- Quiconque dont l’inculpation a été prouvé pour avoir abusé
d'un régime suspensif pourra, par arrêté du ministre des finances, être
exclu du bénéfice du régime de l'admission temporaire, du transit et de
l'entrepôt ainsi que de tout crédit de droits.

2- Celui qui prêterait son nom pour soustraire aux effets des
dispositions prévues au paragraphe premier du présent article ceux qui
en auraient été atteints encourra les mêmes peines.

Section 3 Cas particuliers d'application des peines Sous-section 1


Confiscation

Article 404
Dans les cas d'infractions visées aux articles 395 paragraphe 2
et 398 paragraphe premier du présent code, la confiscation ne peut être
prononcée qu'à l'égard des objets de fraude. Toutefois, les marchandises
masquant la fraude et les moyens de transport ayant servi au
débarquement et à l'enlèvement des objets frauduleux sont confisqués
lorsqu'il est établi que le propriétaire de ces moyens de transport est
complice des fraudeurs.

Article 405
Sans préjudice des dispositions de l'article 344 paragraphe
premier du présent code, lorsque les objets susceptibles de confiscation
n'ont pu être saisis ou lorsque, ayant été saisis, la douane en fait la
demande, le tribunal prononce, pour tenir lieu de la confiscation, la
condamnation au paiement d'une somme égale à la valeur représentée
par lesdits objets et calculée d'après le cours du marché intérieur à
l'époque où la fraude a été commise.

Sous-section 2 Modalités spéciales de calcul des pénalités


pécuniaires Article 406
Lorsqu'il n'est pas possible de déterminer le montant des droits et taxes
réellement exigibles ou la valeur réelle des marchandises litigieuses, en
particulier dans les cas d'infractions prévues par les articles 382
paragraphe 2 alinéa a), 390 paragraphe 2 alinéa c), 394 paragraphe 2 et
397 paragraphe 1 du présent code, les pénalités sont liquidées sur la
base du tarif le plus élevé applicable à la catégorie des marchandises de
même nature et d'après la valeur moyenne indiquée par la dernière
statistique douanière trimestrielle.

Article 407
1- En application des dispositions du présent code, le montant
des amendes calculé sur la base des droits ou sur la base de la valeur
ne peut être inférieur à cent dinars.
2- Dans les cas visés à l'article 382 paragraphe 2 alinéas a) et
b) du présent code relatifs aux déficits dans le nombre des colis ou sur
les quantités des marchandises et dans les cas visés à l'article 382
paragraphe 2 alinéa c) de ce code relatifs aux soustractions ou
substitutions en cours de transport de marchandises, l'amende
prononcée ne peut être inférieure à cent dinars, par colis, ou, s'il s'agit
de marchandises en vrac, par tonne ou fraction de tonne.

Article 408
Lorsque le tribunal a acquis la conviction que des offres,
propositions d'achat ou de vente, conventions de toute nature, portant
sur les marchandises de fraude ont été faites ou contractées à un prix
supérieur au cours du marché intérieur à l'époque où la fraude a été
commise, il peut se fonder sur ce prix pour le calcul des peines fixées
par le présent code en fonction de la valeur desdits objets.

Sous-section 3 Concours de contraventions ou de délits douaniers

Article 409
1- Tout fait tombant sous le coup de dispositions répressives
distinctes édictées par le présent code, doit être envisagé sous la plus
haute acception dont il est susceptible tant en ce qui concerne la
qualification que la sanction.
2- Il ne peut être prononcé le cumule des peines pécuniaires
pour les contraventions, et délits douaniers.

Article 410
Nonobstant l'application des pénalités édictées par le présent
code, les délits d'injures, voies de faits sur un agent des douanes,
rébellion et ceux de la contrebande avec attroupement et port d'armes
sont punis conformément au droit commun.

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