Jurisprudence présidentielle et Marbury
Jurisprudence présidentielle et Marbury
suprême
Le Président des États-Unis peut apparaître dans la jurisprudence de la Cour suprême théoriquement à deux titres, en tant qu'institution, chef
du pouvoir exécutif du gouvernement fédéral des États-Unis et en tant que simple citoyen, justiciable des cours ordinaires. En pratique, il
n'apparaît qu'en qualité d'organe du gouvernement fédéral, même lorsqu'il est nommément désigné comme défendeur dans un procès (1) , et
c'est le seul aspect du sujet qui nous retiendra ici. S'agissant des procès qui pourraient lui être faits, qu'il suffise de dire que son immunité de
juridiction le protège contre toute action civile pour les actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions officielles (2) et contre toute poursuite
pénale jusqu'à ce qu'il soit destitué (impeached) pour « hauts crimes et délits » (3) . Mais rien n'empêche qu'il soit partie à un procès de droit
privé, de droit civil par exemple, pour une affaire familiale comme un divorce ou un procès en responsabilité civile. Toutefois, les chances d'aller
jusqu'à la Cour suprême dans de tels cas sont infimes dans la mesure où le droit de la famille et celui de la responsabilité civile relèvent du droit
d'État et ne posent pas en principe d'importantes questions de droit fédéral. Enfin, si son immunité de juridiction le protège contre des
poursuites en justice pour ses actes officiels, elle ne le dispense pas de l'obligation de répondre à la citation en justice qui, dans un procès pénal,
lui enjoint de prêter son concours à l'établissement des preuves par un témoignage ou la livraison de pièces essentielles à la manifestation de la
vérité (4) .
En tant qu'institution, chef du pouvoir exécutif du gouvernement fédéral, le Président est apparu dans la jurisprudence de la Cour dès les
origines puisque l'affaire Marbury v. Madison est née de la décision prise par le Président Jefferson, le jour même de sa prise de fonctions, de ne
pas donner suite aux nominations à des emplois judiciaires fédéraux qui avaient été faites par son prédécesseur, le Président Adams, dans les
derniers jours de son mandat. Le contrôle de la Cour porta alors sur une décision du Président et le contrôle de certaines de ses décisions est
resté l'essentiel de son travail le concernant. Hormis ces hypothèses, la Cour n'est pas appelée à s'occuper de lui. La Constitution ne lui donne
aucune compétence sur son statut. Ni elle n'en fait le juge de son élection, celle-ci étant organisée dans et par les États, et s'il lui est arrivé de
statuer sur des problèmes y afférents comme à l'occasion des décisions prises lors de la première élection de George W. Bush (5) , c'est de
manière ponctuelle à l'occasion de procès initiés pour la défense de droits individuels, en l'espèce, l'égalité du suffrage. Ni elle n'en fait le juge de
sa destitution puisque les chefs d'accusation éventuellement retenus contre lui dans une procédure d'impeachment sont jugés par le Sénat
siégeant en formation de jugement, le seul point de contact entre la Cour et l'impeachment s'effectuant par l'intermédiaire du Président de la
Cour qui préside les débats du Sénat.
L'affaire Marbury v. Madison est le point de départ d'une présentation de la place du Président dans la jurisprudence de la Cour parce qu'elle fut
pour elle l'occasion, pour la première fois, de fixer vis-à-vis de lui l'étendue de sa compétence (I) et la portée de son contrôle (II).
L'affaire Marbury v. Madison fut la première occasion où la Cour se trouva confrontée à une décision du Président et ce qu'elle jugea alors a été
invariablement suivi depuis :
« Par la Constitution des États-Unis, le Président est investi d'un certain nombre d'importants pouvoirs politiques qu'il doit exercer en utilisant
un pouvoir discrétionnaire personnel (in the exercise of which he is to use his own discretion) dont il ne répond que devant son pays en qualité
d'homme politique et devant sa conscience. Pour l'aider dans l'accomplissement de ses fonctions, il est autorisé à nommer des agents qui
agissent en son nom et conformément à ses ordres.
Dans de telles hypothèses, leurs actes sont ses actes ; et quelle que soit l'opinion qu'on a sur la manière dont l'Exécutif peut utiliser le pouvoir
discrétionnaire qui est le sien, il demeure qu'il n'y a pas et qu'il ne saurait y avoir de pouvoir pour le contrôler. Les sujets qu'ils traitent sont de
nature politique. Ils concernent la Nation, non les droits individuels, et, dès lors qu'ils sont confiés à l'exécutif, la décision de l'exécutif est
finale » (6) .
A contrario, la décision politique est celle qui n'est déterminée par aucune règle de droit, celle qui relève du « pouvoir discrétionnaire personnel »
du Président. De telles décisions existent, mais elles sont rares. En 1962, le juge Brennan, tenant la plume dans une affaire relative à un
découpage électoral qui, aux États-Unis, relève du droit d'État, a donné six éléments qui peuvent « servir à caractériser une question politique »
qui ne sont nullement incompatibles avec le critère unique retenu par Marbury v. Madison, mais qui sont énoncés en des termes moins simples
et par voie d'obiter dictum (10) . Pour ne citer que quelques exemples, la Cour a considéré que relevaient de questions politiques les décisions
touchant à la conduite de la diplomatie et de la guerre. De même sont des actes non justiciables les actes que le Président prend au titre de seul
représentant des États-Unis en matière internationale (Art. II, Sec. 3, cl. 4) (11) , ainsi de la décision de savoir qui exerce la souveraineté sur un
territoire (12) , ou de celle portant reconnaissance d'État ou de gouvernement (13) . Si la décision de ne pas prendre position sur le statut
de Jérusalem est un acte politique, les décisions connexes à elle dans le cadre de la délivrance des passeports ne le sont pas (14) .
La Cour suprême n'étant que juge de la légalité et non de l'opportunité, l'objet de son contrôle est limité. Sa seule et unique fonction vis-à-vis du
Président (comme du Congrès, d'ailleurs) est de faire respecter le droit, autrement dit, comme elle l'a dit dans l'affaire Marbury, de faire en sorte
que le pays reste un gouvernement de lois et ne devienne pas un gouvernement d'hommes, bref, de faire respecter les lois. Or, la première « loi »
qui gouverne les États-Unis est celle de la souveraineté du peuple qui signifie que le gouvernement des États-Unis, comme tout gouvernement
républicain, est un gouvernement de pouvoirs délégués et non de pouvoirs inhérents :
« Pour quiconque est familier avec notre système de gouvernement dans lequel tout le pouvoir est délégué et limité par le droit, constitutionnel
ou législatif, il n'y a pas d'affaire dans laquelle nous ne devions regarder l'une ou l'autre [de ces sources], ou les deux. Nous n'avons aucun officier
dans ce gouvernement depuis le Président jusqu'au plus modeste agent qui ne tienne ses fonctions d'une loi qui lui prescrit ses devoirs et lui
assigne ses fonctions » (15) .
De ce principe découlent deux conséquences. La première est que le Président n'exerce en aucune manière la « Prérogative » du monarque
britannique qui était le pouvoir inhérent par excellence et qui lui permettait de faire face à l'urgence. Aux États-Unis, « l'urgence ne crée pas le
pouvoir. Elle peut seulement fournir l'occasion à un pouvoir existant de s'exercer » (16) . La seconde est que tout acte du Président doit pouvoir se
rattacher à un texte. Ces deux points sont indissociables. Le second, en particulier, fut mis en lumière par le juge Black dans l'affaire de la saisie
des aciéries ( Steel Seizure Case) avec une clarté exemplaire à propos d'un décret de réquisition pris par le Président pour faire obstacle à une
grève qui allait paralyser tout le secteur de la métallurgie en pleine guerre de Corée :
« S'il existe, le pouvoir du Président de prendre le décret doit résulter soit d'une loi du Congrès, soit de la Constitution elle-même. Il n'y a aucune
loi qui autorise expressément le Président à réquisitionner la propriété privée comme il l'a fait ici. Pas plus qu'il n'existe de loi sur laquelle on
aurait attiré notre attention qui pourrait impliquer raisonnablement pareil pouvoir. [...] Pas davantage le décret de réquisition peut-il être justifié
par les nombreuses dispositions constitutionnelles qui attribuent le pouvoir exécutif au Président. Dans le cadre de notre Constitution, le
pouvoir du Président de veiller à ce que les lois soient fidèlement exécutées réfute l'idée qu'il puisse être législateur. S'agissant de l'élaboration de
la loi, son rôle est limité par la Constitution à recommander les lois qu'il estime bonnes et à opposer son veto à celles qu'il juge mauvaises » (17) .
La détermination des pouvoirs du Président commence donc par la lecture des textes. Bien sûr, il est des cas, comme disait le juge Jackson, dans
lesquels « un Président peut douter » (18) . Souvent les textes ne fournissent que « des éléments presque aussi énigmatiques que les rêves de
Pharaon que Joseph devait interpréter » (19) . Comment peut-il s'y retrouver ? Le juge Jackson a donné une réponse qui fait toujours autorité et
« S'il est vrai que la Constitution distribue le pouvoir pour mieux protéger la liberté, elle laisse aussi à la pratique le soin de coordonner les
pouvoirs distribués en un gouvernement capable de fonctionner (workable government). Elle enjoint à ses branches la séparation, mais aussi la
collaboration (interdependence) ; l'autonomie, mais aussi la réciprocité. Les pouvoirs présidentiels ne sont pas immuables ; ils varient en
fonction de leur disjonction ou de leur conjonction avec ceux du Congrès » (20) .
Ces réalités pratiques ont pris une grande importance au XX e siècle avec les multiples lois adoptées par le Congrès en matière d'affaires
extérieures et intérieures. Les vastes délégations de pouvoirs consentis au Président sont, plus encore que l'interprétation des textes
constitutionnels, les vraies causes de l'accroissement des pouvoirs du Président. Et la Cour suprême n'y a pas fait obstacle. À l'exception de
l'habeas corpus qui, parce qu'il touche au cœur de la fonction judiciaire est organisé par la Constitution elle-même, et dont la Cour a jugé que le
Président ne pouvait pas le suspendre unilatéralement (21) , son contrôle s'est limité au stade des apparences.
L'évolution a commencé pendant la Première Guerre mondiale. Elle s'est poursuivie en matière internationale quand, saisie des délégations de
pouvoirs accordés en matière de commerce des armes, elle a estimé qu'eu égard à « la nature des informations confidentielles dont le Président
peut disposer » et compte tenu des « répercussions que ses décisions peuvent avoir sur nos relations extérieures, il serait déraisonnable d'exiger
du Congrès qu'il fixe des standards étroitement définis qui devraient gouverner la politique présidentielle » (22) . En matière d'affaires
intérieures, elle est parvenue au même résultat, quoique par un raisonnement plus formaliste (23) , mais qui témoigne de son souci manifeste de
ne pas gêner le Congrès et le Président, surtout quand ils sont d'accord (24) .
Réserve faite du droit de veto qui ressort de la fonction législative (25) et de quelques pouvoirs mineurs auxquels la pratique n'a pas donné de
consistance substantielle (26) , les principaux pouvoirs exécutifs du Président se répartissent en deux grandes catégories. Il y a ceux que le
Président exerce seul, en utilisant le « pouvoir discrétionnaire personnel » auquel l'arrêt Marbury fait référence et dont il ne répond que « devant
son pays en qualité d'homme politique » et « devant sa conscience ». Ce sont ceux qui touchent à des questions politiques. Ils comprennent les
pouvoirs de « commandant-en-chef » (Art. II, Sec. 1, cl. 1) titre qui donne au Président la haute-main sur la conduite des hostilités, et le droit de
grâce (cl. 3) dont la Cour se refuse à contrôler l'exercice au motif que le droit de grâce n'est pas un sujet propre à un contrôle judiciaire (27) . Le
juge (puis Président de la Cour) Harlan Fiske Stone faisait observer que le droit de grâce avait été confié au Président, non aux cours de justice, et
que dans l'hypothèse où un Président pardonnerait en masse les condamnés pour « outrage à la Cour » ( contempt of court) portant ainsi
gravement atteinte à l'autorité du pouvoir judiciaire, l'impeachment était le remède adapté (28) . La même sanction est celle qui, dans le cadre
d'un conflit, sanctionnerait une conduite grossièrement contraire au droit international (29) .
Aux pouvoirs que le Président exerce seul s'ajoute celui qui est au cœur du pouvoir exécutif et qui est si important que la Constitution en fait
moins un pouvoir qu'un devoir qu'elle enjoint au Président de remplir, c'est celui d'exécuter fidèlement les lois (Art. II, Sec. 3, cl. 3). S'y ajoutent
deux pouvoirs que le Président exerce « sur l'avis et avec le consentement du Sénat » (Art. II, Sec. 2), celui de conclure les traités (cl. 1) et le
pouvoir de nomination (cl. 2). Ces trois pouvoirs forment l'essentiel du contenu de la jurisprudence de la Cour suprême sur le Président des
États-Unis.
De l'obligation d'exécuter fidèlement les lois, William H. Taft qui fut Président des États-Unis (1909-1913), puis Président de la Cour suprême
(1921-1930), a dit qu'elle était « le plus large pouvoir et le plus grand devoir du Président » (30) . Il remarquait aussi qu'avant d'entrer en fonction,
le Président prêtait serment selon une formule qui renforçait solennellement ce devoir (31) . L'obligation d'exécuter les lois se limite-t-elle à
exécuter uniquement les lois adoptées par le Congrès ? La question se posa dans une affaire Neagle à propos d'un marshal fédéral commis à la
protection d'un juge de la Cour suprême, Stephen J. Field, qui avait reçu des menaces de mort d'une justiciable désappointée par des décisions
que celui-ci avait rendues contre elle alors qu'il était juge en Californie. Au cours d'une rencontre fortuite dans une gare de Californie, le marshall
David Neagle avait tiré sur l'amant de la justiciable en question qui s'apprêtait à abattre le juge Field et il l'avait tué. Emprisonné par l'État, il
demanda à la Cour suprême par voie d'habeas corpus sa remise en liberté au motif qu'il n'avait fait qu'appliquer le droit fédéral. La Californie fit
valoir qu'il n'y avait aucune loi du Congrès en vigueur qui pouvait justifier son geste.
Le résultat est que l'obligation d'exécuter les lois, loin de faire du Président un simple exécutant, a démultiplié ses pouvoirs. Mais le pli avait déjà
été pris par le Président Lincoln qui a mené toute la guerre de Sécession au nom de son devoir de veiller à ce que les lois des États-Unis soient
fidèlement exécutées. Dès son discours inaugural, le ton fut donné. S'adressant à ses compatriotes des États du Sud, il leur dit : « Vous n'avez pas
pris l'engagement vis-à-vis du Ciel de détruire l'État fédéral (government), mais moi j'ai fait devant lui le serment le plus solennel qui soit de le
préserver, de le protéger et de le défendre » (33) .
Le pouvoir de conclure les traités (Art. II, Sec. 2, cl. 2) n'inclut, en principe, que les traités passés en forme solennelle soumis à ratification. Mais la
jurisprudence de la Cour s'est montrée suffisamment souple pour y adjoindre sous le terme de « international compact » les accords en forme
simplifiée. La solution fut acquise avec les accords Litvinov qui emportaient reconnaissance mutuelle entre les États-Unis et l'Union soviétique
et règlement des réclamations et contre-réclamations entre les deux pays au motif qu'« un accord comme celui-ci n'est pas toujours un traité qui
exige la participation du Sénat » (34) et que le règlement obtenu par cet accord « large et inclusif » qui validait le décret russe de nationalisation
de la propriété russe en territoire américain « doit être interprété à la lumière de son but, l'élimination de toutes les sources possibles de friction
entre les deux grandes nations » (35) . La Cour a fait preuve de la même compréhension s'agissant de la terminaison des traités qui n'est pas
prévue dans la Constitution et dont on s'est demandé, à propos de la dénonciation du traité avec Taïwan, si elle exigeait l'avis et le consentement
du Sénat à l'instar de leur conclusion. Saisie de la question par un groupe de sénateurs qui contestaient le pouvoir du Président de changer le
droit en vigueur sans leur accord, elle a estimé que, faute de litige concret, la question n'était pas mûre (not ripe ) pour qu'elle s'en saisisse, mais
elle n'a pas dit que l'affaire soulevait une question politique (36) .
Le pouvoir de nomination a suscité des difficultés du même ordre pour ce qui touche à la révocation des agents. La Constitution dit bien que,
pour les officiers supérieurs, le pouvoir de nomination du Président est subordonné à l'avis et au consentement du Sénat, mais elle est muette
sur le pouvoir de révoquer les agents nommés par lui et confirmés par le Sénat. Le parallélisme des formes doit-il être respecté ? En 1926, le
Président Taft affirma par voie d'obiter dictum que le Président disposait d'un pouvoir de révocation général afin de garantir la discipline dans
l'administration, mais tout en réservant les fonctions de caractère quasi-judiciaire (37) . Dix ans plus tard, la Cour a repris cette analyse et
distingué les agents investis de fonctions quasi judiciaires, qui sont susceptibles de porter atteinte aux droits des particuliers par des sanctions
administratives (retrait de licences, refus d'agrément, amendes) et qui doivent être protégés contre l'arbitraire présidentiel, et les autres qui,
n'ayant pas les mêmes fonctions, n'exigent pas le même degré de protection (38) . Récemment, la Cour a jugé que même les agents supérieurs des
autorités administratives indépendantes ne peuvent pas échapper au pouvoir de révocation du Président pour « faute professionnelle grave »
car pareille solution lui retirerait l'une des plus importantes missions que la Constitution lui assigne, celle de veiller à ce que les lois soient
fidèlement exécutées (39) et ne soient pas inégalement appliquées, suspendues ou, pis, restent purement et simplement inappliquées.
Vis-à-vis du Président, la Cour peut certainement « dire le droit », et le dire contre lui. Mais elle ne peut pas le forcer à exécuter ce qu'elle a dit. La
Cour n'a aucun pouvoir pour obliger le Président à exécuter sa décision (40) . L'arrêt Marbury v. Madison le disait déjà : « Une prétention aussi
absurde et extravagante ne pourrait pas être envisagée un seul instant » (41) . Il a fallu l'affaire du Watergate pour que la Cour en tant
qu'institution accepte d'ordonner au Président d'obéir au droit. Si, dans cette affaire, la Cour a pu enjoindre au chef de l'Exécutif de remettre à la
justice les bandes magnétiques qu'il refusait de livrer (42) , c'est non seulement parce que ces enregistrements étaient essentiels à la
manifestation de la vérité dans une procédure judiciaire en cours, mais encore parce que les crimes et délits qu'avait commis Richard Nixon
étaient tels qu'en réalité, il n'était déjà plus Président aux yeux de l'opinion. Sa fonction l'avait abandonné, parce qu'il n'en était plus jugé digne. Il
n'était plus qu'un homme ordinaire, et sa destitution était certaine. Le roi était nu. En revanche, lorsqu'il ne l'est pas, ou qu'il ne l'est pas encore,
la Cour n'a pas les mêmes audaces.
(1) Ainsi des recours d' habeas corpus engagés par certains détenus de Guantanamo [ Rasul v. Bush , 542 U.S. 466 (2004), Boumediene v. Bush ,
553 U.S. 723 (2008)] où, la matière étant de droit militaire, le Président des États-Unis est réputé être le gardien (custodian) des détenus.
(2) Son immunité en matière civile n'a été formellement reconnue par la Cour suprême que récemment dans les termes suivants : « Le