Université Claude Bernard - Lyon 1 Semestre d’automne 2024-2025
L3 Mathématiques UE : Équations différentielles
Feuille d’exercices no 3
Exercice 1. Dans les trois cas suivants, déterminer l’ensemble des solutions maximales de l’équation
différentielle y ′ (t) = Ay(t), t ∈ R :
1 1 1 1 1 −1
(i) A = , (ii) A = , (iii) A = .
−2 4 −1 3 1 1
1
Dans le cas (i), déterminer la solution vérifiant y(1) = .
0
Exercice 2. Soit ω0 > 0, c ∈ R∗ . Soit ω > 0 tel que ω ̸= ω0 . On considère l’équation différentielle du
second ordre :
y ′′ (t) + ω02 y(t) = c sin (ωt), t ∈ R. (Eω )
Cette équation modélise le mouvement d’un corps attaché à un ressort élastique sous l’action d’une force
périodique de pulsation ω, en l’absence de frottement ; y(t) représente la position du corps à l’instant t.
1. Déterminer une solution particulière zω de (Eω ).
2. Donner toutes les solutions de (Eω ).
cω
3. Déterminer la solution yω de (Eω ) vérifiant yω (0) = 1 et yω′ (0) = 2 .
ω0 − ω 2
4. Montrer que lim sup |yω (t)| = +∞. Ce phénomène est appelé résonance.
ω→ω0 t∈R
Z +∞
Exercice 3. Soit q : R → R une fonction continue et intégrable, i.e. |q(t)|dt < ∞ .
−∞
On considère l’équation différentielle linéaire :
x′′ (t) + q(t)x(t) = 0, t ∈ R. (1)
1. Réécrire l’équation (1) sous la forme d’un système différentiel linéaire d’ordre 1 en dimension 2 :
X ′ (t) = A(t)X(t), t ∈ R, où A : R → M2 (R).
2. Justifier que toute solution maximale de (1) est définie sur R tout entier, puis donner la structure
de l’ensemble des solutions maximales de (1).
3. Soit (x1 , x2 ) un système fondamental de solutions de (1). On définit leur wronskien w par : pour
tout t ∈ R, w(t) = x1 (t)x′2 (t) − x′1 (t)x2 (t).
Faire le lien avec la notion de wronskien pour le système différentiel de la question 1. Écrire
l’équation différentielle satisfaite par w.
4. Soit x : R → R une solution bornée de (1). Montrer que lim x′ (t) = 0.
t→+∞
5. Montrer que l’équation (1) admet des solutions non bornées. Indication : on pourra considérer un
système fondamental de solutions et leur wronskien.
1
Z +∞
Exercice 4. Soit θ : R → R une fonction continue telle que |θ(t)|dt < ∞.
0
On considère l’équation différentielle linéaire :
x′′ (t) + (1 + θ(t))x(t) = 0, t ∈ R. (2)
On suppose que f : R → R est une solution de (2). On pose pour tout t ∈ R,
Z t
g(t) = f (t) + θ(s)f (s) sin(t − s)ds.
0
1. Vérifier que pour tout t ∈ R, g ′′ (t) + g(t) = 0.
Z t
2. En déduire qu’il existe A ≥ 0 tel que pour tout t ≥ 0, |f (t)| ≤ A + |θ(s)| · |f (s)|ds.
0
3. Montrer que f est bornée sur R+ .
Exercice 5. Soit u ∈ R3 tel que ∥u∥2 = 1. Pour deux vecteurs x et y dans R3 , on note x · y leur
produit scalaire (canonique). On rappelle la définition du produit vectoriel de deux vecteurs x et y dans
R3 : x ∧ y est le vecteur de R3 tel quepour
tout z ∈
R
3
, det(x, y, z) = (x ∧ y) · z ; le
vecteur x ∧ y est
x1 y1 x2 y3 − x3 y2
orthogonal à x et à y. De plus, si x = x2 et y = y2 , alors on a aussi x ∧ y = x3 y1 − x1 y3 .
x3 y3 x1 y2 − x2 y1
On considère l’équation différentielle
x′ (t) + u ∧ x(t) = 0, t ∈ R (3)
où x : R → R3 .
1. Soit x0 ∈ R3 . Justifier que l’équation (3) admet une unique solution maximale vérifiant x(0) = x0
et que cette solution est définie sur R. On note x cette solution.
2. Montrer que pour tout t ∈ R, ∥x(t)∥2 = ∥x0 ∥2 .
3. Montrer que l’application t 7→ x(t) · u est constante sur R.
4. Réécrire (3) sous la forme x′ (t) = Ax(t).
1
5. Calculer explicitement la solution dans le cas u = e1 = 0. Dessiner la trajectoire dans un repère
0
3
de R .
6. Donner l’expression de x dans le cas général.
Exercice 6. Deux équations différentielles linéaires à coefficients périodiques
1. En dimension 1. Soit f : R → R une fonction continue et T -périodique (avec T > 0). On
s’intéresse à l’équation différentielle linéaire suivante
u′ (t) = f (t)u(t), t ∈ R. (4)
(a) Préliminaire. On note F une primitive de f sur R. Donner une condition nécessaire et suffi-
sante sur f pour que F soit T -périodique.
(b) Donner la forme des solutions de (4). En déduire une condition nécessaire et suffisante sur la
fonction f pour que les solutions de (4) soient toutes bornées.
2
(c) Dans cette question, on cherche à retrouver ce résultat par une autre méthode.
i. Trouver b ∈ R et q : R → R+∗ une application continue et T -périodique telle que
u est solution de (4) si et seulement si v : t 7→ q(t)u(t) est solution de v ′ = bv.
ii. En déduire une condition nécessaire et suffisante sur la fonction f pour que les solutions
de (4) soient toutes bornées.
2. En dimension 2. On considère le système différentiel u′ (t) = A(t)u(t) où pour tout t ∈ R,
cos t sin t
A(t) = .
− sin t cos t
(a) Soit u : R → R2 une solution de u′ (t) = A(t)u(t). Trouver une équation différentielle satisfaite
p
par r : t 7→ r(t) = u1 (t)2 + u2 (t)2 où (u1 (t), u2 (t)) sont les composantes de u(t).
(b) En déduire que les solutions de u′ (t) = A(t)u(t) sont toutes bornées sur R.
Exercice 7. (⋆) Une autre équation différentielle linéaire à coefficients périodiques en dimension 2
On considère le système différentiel u′ (t) = A(t)u(t) où pour tout t ∈ R
cos t sin t
A(t) = .
sin t − cos t
1. Trouver une matrice M ∈ M2 (R) et une application Q : R → O2 (R) 4π-périodique (où O2 (R)
est le groupe des matrices orthogonales réelles de dimension 2) telles que pour tout t ∈ R,
A(t) = Q(t)M Q(t)T .
2. Soit u une solution de u′ (t) = A(t)u(t) et soit v : R → R2 , t 7→ v(t) = Q(t)T u(t). Montrer que v
est solution d’un système linéaire à coefficients constants v ′ = Bv, où B ∈ M2 (R) est une matrice
que l’on déterminera.
3. Réciproquement, soit v une solution de v ′ = Bv. Montrer que u : t 7→ Q(t)v(t) est solution de
u′ (t) = A(t)u(t).
4. Les solutions de u′ (t) = A(t)u(t) sont-elles bornées sur R+ ? sur R− ? sur R ?
Indication : on pourra étudier le spectre de B.
L’étude menée dans les exercices 8 et 9 sur des cas particuliers en dimension d ≤ 2 peut être généralisée
à une dimension d quelconque.