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Stratégies de Changement de Comportement

Ccc en développement

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Arcadius
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COMMUNICATION POUR LE

CHANGEMENT DE COMPORTEMENT
BTS SANTE 2
M BOUNA DJIOMAGUE Arcadius
Master en santé publique
Tel : 691230931

Généralités :
La majorité des interventions de développement ont une chose en commun : leurs
objectifs peuvent être atteints uniquement si les groupes ciblés commencent à pratiquer de
nouveaux comportements, tels que : se laver les mains avec du savon, appliquer de
nouvelles pratiques agricoles ou envoyer les enfants à l’école.
Beaucoup d’interventions de développement échouent car elles sont basées sur des hypo-
thèses erronées des raisons pour lesquelles les gens n’appliquent pas les comportements sou-
haités. Comprendre exactement quels sont les facteurs qui empêchent les gens d’appliquer
les comporte- ments promus, puis surmonter les barrières identifiées, est la manière la plus
efficace d’atteindre le changement souhaité.
S’occuper des barrières qui sont vraiment les plus importantes nous aide à économiser
beaucoup de temps et d’argent, car nous évitons de gaspiller nos ressources avec des
activités inefficaces.
1. Introduction
L'éducation relative à l’environnement vise le développement d’attitudes
favorables à l’environnement et l’adoption d’un comportement environnemental responsable
chez les individus. Un peu partout à travers le monde, les différentes sociétés ont établi des
systèmes éducationnels ayant pour but de former des citoyens qui se comporteront de
façon saine et responsable (Hungerford et Volk, 1990). Devant la dégradation continuelle
de l'environnement qui menace l'équilibre écologique de la planète, un intérêt grandissant
s'est manifesté envers la normalisation des comportements humains. Au cours des dernières
décennies, plusieurs chercheurs du domaine de la santé se sont donc intéressés à
l'élaboration de programmes visant à changer le comportement individuel quotidien,
alors que les gouvernements ont adopté diverses mesures législatives qui veillent à la
régulation des industries (Monroe, 1993).
Le présent support traitera donc des différents facteurs influençant le changement de
comportement humain, en s'inspirant des principales théories issues de la psychologie
sociale et cognitive et des modèles qui leur sont associés. Dans le but de fournir
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des pistes d'applications et des stratégies d'intervention possibles, quelques propositions
éducatives

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seront présentées dans la dernière partie du texte, en s'inspirant des implications éducatives
ressorties dans le travail précédent.
2. Définitions du changement et du changement de comportement

De façon générale, le changement est défini par le fait de changer ou par le passage
2
d'un état à un autre, et il est synonyme de modification et de transformation.
Le changement de comportement d’un individu est donc caractérisé par la modification
d’une action et d’une façon de se comporter (Ajzen et Fishbein, 1980; cités dans Mc
Cormack
Brown, 1999a). Lorsqu'on s'intéresse au changement de comportement d'un individu, on
observe surtout la démarche avec laquelle celui-ci modifie ses actions, en regardant les
étapes qu'il suit pour arriver à son but: soit de passer du comportement actuel non-désiré au
comportement souhaité. Dépendamment des auteurs, le nombre d’étapes à l’intérieur de la
démarche peut varier, mais les idées fondamentales demeurent les mêmes.
il existe différentes théories qui tentent d’expliquer le processus de changement
de comportement d’une personne. Dans la prochaine section, nous analyserons quelque
unes de théories et les modèles qui sont le plus couramment utilisés dans les domaines de
l’analyse du comportement et de la santé.
COMMUNICATION POUR LA SANTE
Elle peut se définir comme un processus permettant de comprendre et de satisfaire les besoins
d’information et de motivation d’un public donné. Elle implique :
 Les recherches comportementales afin de segmenter la population en divers groupes
cibles ;
 la mise en œuvre des stratégies spécifiques à chaque segment ou groupe cible ;
 L’utilisation des médias ou la combinaison de différents canaux en fonction de leur
accessibilité aux groupes cibles et leur efficacité respective selon l’environnement
socio-culturel et économique bien déterminé.
Le concept tend aussi a encourager l’adoption ou le maintien d’un comportement correct.
L’approche de la communication pour la santé est fondée sur 3 éléments :
- Le dialogue avec le public pour identifier l’ensemble de problèmes de
santé et comprendre les comportements qui sont en cause ;
- Proposer les solutions qui reflètent le contexte local et sont acceptables
par la population;
- Mesurer le degré d’utilité des solutions.
Elle permet ainsi de mettre en lumière l’avantage qu’il y a à agir et les inconvénients
de ne pas agir (motivation).
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Les principaux éléments qui vont influe ncer l’impact de la communication
sont:
L’EMETTEUR
c’est le locuteur, celui qui parle, qui transmet le message.
LE CANAL
c’est le moyen par lequel le message est transmis.
LE RECEPTEUR
c’est celui qui écoute. La rétention du message par lui, l’interprétation ainsi que
l’utilisation du message dépendent de la réception, donc de l’écoute qui doit être attentive
pour qu’une communication soit efficace.

3.1.5. LE FEED BACK


c’est l’information en retour provenant du récepteur. Le feed-back peut être : Selon
le mode d’expression :
Verbal : exprimé par la parole, spontané ou sollicité au moyen d’une
question;
Non verbal : exprimé par les gestes, mimiques, attitudes ou d’autres signaux
permettant de comprendre

II- Le changement de comportement


Introduction :
Est-ce que vous vous souvenez d’un moment où vous avez décidé d’adopter un nouveau
comportement ? Peut-être s’agissait-il de faire plus d’exercice, de changer votre régime
alimentaire ou d’appeler vos parents plus régulièrement ? Avez-vous réussi ? De plus, si
vous avez réussi à adopter le nouveau comportement, avez-vous aussi réussi à le conserver ?

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Definitions :
Le changement est le passage d’un étatA à un état B

Le comportement est la manière d’être, l’habitude, l’attitude. Il est propre à un


individu en fonction de son environnement. Il existe des comportements
indispensables et obligatoires et des comportements non indispensables.
Exemples de comportements : Porter un préservatif, s’abstenir d’avoir des
rapports sexuels, s’abstenir de fumer, de boire de l’alcool.
NB : Le Changement de comportement est un processus plus ou moins long et plus ou moins
difficile.
II.1- Déterminants du comportement
Il s’agit des facteurs qui peuvent prédéfinir ou imposer un comportement à un individu
ou à une communauté.

- Déterminants externes
Ce sont des facteurs qui sont en rapport avec l’environnement de l’individu. on
note :
• La culture • La classe sociale •Les groupes de référence • La
famille
- Déterminants internes
Les facteurs internes sont propres à l’individu lui-même et varient selon son âge,
sa profession, son état psychologique . Il s’agit de :
.• Caractéristiques personnelles : âge, sexe, niveau d’instruction, état matrimonial,
etc.
•Facteurs psychologiques : connaissances, perception, croyances, attitudes,
etc.
- Déterminants économiques
• Amélioration du pouvoir d’achat.
• Accessibilité aux moyens d’informations et aux soins médicaux
Typologie de Compor
tement
Compor tement idéal: manière d’etre et de faire qui a fait ses preuves dans la resolution
de problemes.
Comportement a problème : il s’agit du comportement non conforme au comportement idéal
et qui fera l’objet de notre attention,en vue d’une modification/changement.
Compor tement à promouvoir :comportement visé par le
changement
II.2- Les caractéristiques de la Communication pour le Changement de
Comportement
(CCC)
Il s’agit d’un processus :
 Intégré et à plusieurs niveaux d’interactions,
 utilisant une variété de canaux et de stratégies pour atteindre les audiences cibles.
 Privilégie la communication interpersonnelle
 S’adapte aux spécificités de la cible
 Motive la cible pour la modification des attitudes et des comportements
 Agit sur les facteurs influençant le comportement
 Accompagne le changement (suivi et soutien)
 Evalue l’impact de la communication
 Réadapte la communication si nécessaire
 La CCC est utilisée pour promouvoir, renforcer et maintenir un
comportement approprié chez l’individu,la communauté ou la société
 Elle prend en compte le niveau individuel et environnemental
III- LES THÉORIES DE CHANGEMENT DE
COMPORTEMENT

Comment se produit le changement de comportement ? Pourquoi et quand quelqu'un


décidera- t-il de changer un comportement donné ? Et pourquoi les gens pratiquent-ils
certains comportements même s'ils savent qu'ils ont des conséquences négatives ? Le
comportement humain est complexe et aucune de ces questions n'a de réponse simple.
Voici trois théories, qui sont elles-mêmes complémentaires, que nous pouvons utiliser pour
concevoir des programmes de changement de comportement.
A- Le modèle socio-écologique

Selon le modèle socio-écologique, notre comportement est influencé par une gamme de
facteurs qui sont à la fois propres et extérieurs à nous-mêmes. Au niveau individuel, les
facteurs propres à soi-même sont, par exemple : les connaissances, les compétences, les
habitudes, la confiance en soi et les désirs. Au niveau interpersonnel, les individus sont
influencés par leur famille, leurs amis ainsi que d'autres personnes qui appartiennent à leur(s)
communauté(s) locale(s).
Au niveau de la communauté,les individus sont influencés par la présence d'organisations
et d'autres structures, les services ainsi que les normes qui régulent la vie quotidienne. A
cela s'ajoutent, à un niveau plus large, les facteurs sociétaux, tels que les normes sociales
ainsi que les conditions politiques, économiques et environnementales.
Le modèle socio-écologique donne un message simple mais important : changer les
comportements n'est pas seulement une question de choix personnel. Par exemple, pour
que plus de personnes commencent à utiliser des latrines, il est important de prendre en
compte de nombreux facteurs qui sont situés aux multiples niveaux d'influence, tels que par
exemple :
les normes sociales, l'environnement physique et la disponibilité de ressources financières,
matérielles et humaines pour leur construction. Ces facteurs influencent la probabilité de
l'utilisation de latrine, à la fois au niveau de la communauté et de chaque personne.
normes sociales, l'environnement physique et la disponibilité de ressources financières,
matérielles et humaines pour leur construction. Ces facteurs influencent la probabilité de
l'utilisation de latrine, à la fois au niveau de la communauté et de chaque personne.
B- La théorie de l'échange
Dans le contexte du changement de comportement, un « échange » désigne le prix qu'une
personne paie pour pratiquer un certain comportement. Le prix n'a pas besoin d'être
monétaire
– l'effort, le temps, le manque de confort ou le risque de diminution de la position sociale
peuvent être d'égale importance. Une personne n'est disposée à changer son
comportement que lorsqu'elle croit que les avantages l'emportent sur les coûts.
Tenant compte de cette théorie, les réponses à deux questions sont essentielles au succès
de notre programme :

1. Comment pouvons-nous augmenter les avantages perçus liés à la pratique du


comportement promu ? (par exemple, en mettant l'accent sur les gains tangibles, en
fournissant des incitations, en augmentant le statut social du comportement)
2. Comment pouvons-nous réduire les coûts perçus liés à la pratique du comportement
promu ? (par exemple, en rendant plus facile, moins cher, moins coûteux en temps ou
plus socialement acceptable)
C- Le modèle transthéorique (stades du changement de
comportement)
Selon ce modèle, les personnes passent par six étapes pour changer leur comportement.
Pour
que notre travail soit efficace, nous devons veiller à ce que nos activités ciblent la
bonne
« phase de changement ». Par exemple, si les gens pensent que l'eau dans les étangs
locaux a l'air propre et est donc potable (ex : ils n’y voient aucun problème), mettre d’abord
l'accent sur les méthodes de traitement de l'eau (solution à un problème) ne serait pas la
meilleure chose à faire pour commencer.
Développée par des psychologues en 1982 (Prochaska), la CCC est un processus cyclique
qui varie pour chaque personne. Le comportement dépend d’où se trouve la personne sur
l’échelle de changement.
• 5 étapes ou stade identifiables.
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En résumé :

III.1 QUI DEVRAIT CHANGER SON COMPORTEMENT ?

Quand nous parlons du changement de comportement dans le contexte des projets de


développement ou de la santé, nous nous focalisons souvent sur les personnes qui défèquent
à l’air libre, les mères qui ne pratiquent pas l’allaitement exclusif de leurs enfants ou
les agriculteurs qui suivent des pratiques agricoles peu efficaces. En résumé, notre objectif
en tant que professionnel de la santé est de changer comment les autres personnes se
comportent. Plusieurs projets de développement demandent à ses groupes cibles
d’adopter des comportements différents sans réellement comprendre comment ils les
perçoivent et pourquoi ils les pratiquent ? Combien personnes prennent des décisions de
CCC programmatiques importantes sur base de leurs hypothèses plutôt que sur des données
? Nous avons tendance à demander aux autres de changer bien plus qu’eux-mêmes ne
voudraient (et pourraient). Quand nous parlons de changer le comportement des gens, nous
devons reconnaître que le premier type de changement de comportement nécessaire est
le nôtre, par rapport : à notre manière de concevoir et de mettre en œuvre nos projets, aux
données sur lesquelles nous basons nos décisions et à l’expertise que nous avons (et
utilisons).
Néanmoins, nos croyances sont parfois biaisées ; elles peuvent nous induire en erreur et
nous pousser vers des conclusions incorrectes.
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IV- QUELLES SONT LES RAISONS DU SUCCÉS OU DE L’ÉCHEC DES PROGRAMMES
DE CHANGEMENT DE COMPORTEMENT ?

Les projets de changement de comportement sont plus susceptibles de


réussir lorsqu'ils :

 S’appuient sur des données et non pas sur des hypothèses : des hypothèses
incorrectes associées à des attentes irréalistes figurent parmi les principales raisons
pour lesquelles de nombreux projets échouent. Par exemple, de nombreux projets
supposent que la formation donnera aux gens la motivation, la confiance et les
compétences requises pour pratiquer les comportements promus. Cependant, ces
hypothèses sont souvent fausses et entraînent un gaspillage inutile du temps et des
ressources du projet. Si les résultats de notre travail nous importent, nous devons
décider sur base de données et non d'hypothèses !
 Sont crédibles : si nous voulons changer le comportement de quelqu'un, nos efforts
doivent être crédibles. Les gens ne vont pas se déranger pour adopter le changement
promu s'ils voient que nous n'avons pas fait beaucoup d'efforts pour comprendre
leurs points de vue, ou alors s'ils nous perçoivent comme irrespectueux ou trop
inaptes à les aider à résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés.
 Rendent l'adoption des comportements clés plus faciles : la raison principale pour
laquelle les gens ne pratiquent pas certains comportements n'est souvent pas leur
ignorance ou leur manque d'intérêt, mais les obstacles qu'ils rencontrent. Comme l'a
souligné Lee Ross: « Comment pouvons-nous recommander aux mères de donner à
leurs enfants des repas nutritionnellement riches au moins trois fois par jour, quand
ils n'ont presque pas de nourriture à la maison ? » Les interventions les plus réussies
sont souvent celles qui abordent les raisons qui empêchent ou découragent les gens
d'atteindre le changement souhaité – à la fois les facteurs « internes » (faible
confiance, méfiance) et « externes » (indisponibilité d'un certain produit sur les
marchés locaux,

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perception par les pairs).
 Recherchent des alliés : chaque communauté a des personnes dont les opinions sont
respectées et souvent suivies, telles que les chefs religieux, les autorités
gouvernementales, les grands-mères ou les agriculteurs prospères. Si nous parvenons
à les motiver à soutenir notre travail, nous sommes susceptibles d'obtenir de
meilleurs résultats.
 Restent bien ciblés : si notre projet vise à changer de nombreux comportements
différents, notre capacité à comprendre et à changer chacun des comportements
souhaités devient extrêmement fragmentée, ce qui entraîne une situation où aucun des
comportements ne reçoit l'attention requise. La même chose s'applique également à
notre groupe cible - est-ce que nous pensons vraiment que demander à quelqu'un de
changer quinze comportements aura plus de succès que de se concentrer sur le
changement de juste quelques-uns des comportements les plus influents ?
Concentrez-vous sur les comportements les plus importants pour atteindre les objectifs
de votre projet et ceux qui sont déjà pratiqués par certains membres de la communauté.
 Visent le comportement, pas seulement la prise de conscience : Un problème ne
disparaîtra pas simplement parce que quelqu'un est conscient d'un comportement.
Cette sensibilisation doit être traduite en une action pour avoir un impact.
 Proposent des objectifs, des budgets et des délais réalistes : Les programmes de
changement de comportement efficaces partagent une autre caractéristique : leurs
concepteurs proposaient des objectifs, des délais, des budgets et des ressources
humaines réalistes. Dans la plupart des cas, rien ne nous empêche de prévoir
quelques mois exclusivement pour l'apprentissage ; de cibler moins de comportements
; d'inclure un budget pour un appui externe ; et de garder certaines parties de la
stratégie du projet souples pour répondre aux résultats de nos recherches.

IV.1- ÉLABORER UN PROGRAMME DE CHANGEMENT DE COMPORTEMENT EN 7 ÉTAPES

Ce chapitre vous fournit des connaissances et compétences pour répondre aux questions
essentielles à l'élaboration de programmes de changement de comportement :
1. Quels, et à qui, sont les comportements que je devrais promouvoir ?

2. Comment puis-je apprendre ce qui influence l'adoption de ces comportements ?

3. Comment puis-je motiver et permettre aux gens d'adopter les comportements ?

4. Comment puis-je mesurer et me servir des résultats ?

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Le cadre d’élaboration d’une stratégie de changement de comportement (CESCC) est un
outil qui nous aide à nous concentrer sur les facteurs les plus importants dont nous devons
tenir compte lors de la conception ou de l’évaluation d'une stratégie de changement de
comportement. Cela nous permet d’identifier et d’adresser les barrières et les motivations
qui influencent les capacités et volontés de notre groupe cible d'adopter un nouveau
comportement. Une fois que nous connaissons les facteurs qui empêchent et qui motivent un
comportement spécifique, nous pouvons définir les « ponts vers les activités » que nos
activités de changement de comportement doivent atteindre pour surmonter les barrières. Les
activités individuelles sont conçues lors de la
dernière étape.

ÉTAPE 1 ÉTAPE 2 ÉTAPE 3 ÉTAPE 4 ÉTAPE 5


Comportement Groupes prioritaires et d'influence Déterminants Ponts vers les activités Activités
Quel est le Qui a besoin de pratiquer Quels sont les Qu'est-ce que nos Quelles activités
comportement que le comportement ? principaux facteurs activités de changement doivent être mises
nous voulons Qui influence le comportement ? qui empêchent ou de comportement doivent en œuvre pour
promouvoir ? motivent l'adoption réussir à faire pour motiver les gens et
du comportement surmonter les barrières pour dépasser
désiré ? identifiées ? les barrières ?

Indicateurs de réalisation : …. Indicateurs de processus : …

ÉTAPE 6 est la mesure des changements dans les comportements.


ÉTAPE 7 est la documentation et le partage des résultats.

NB : Cet outil simple nous permet de gagner beaucoup de temps en précisant clairement
quel devrait être l'objectif de notre travail et pourquoi. Cela nous empêche de gaspiller notre
temps et nos ressources sur des activités qui ne répondent pas vraiment aux vraies
raisons pour lesquelles les gens adoptent (ou pas) les comportements que nous promouvons.
ÉTAPE 1 : SÉLECTIONNEZ LES COMPORTEMENTS

Lorsque vous concevez un projet, une de vos premières étapes est d’identifier le problème que le
projet cherche à résoudre (en fonction de son intensité, du nombre de personnes concernées,
etc.). Vous procédez alors à la revue des ressources existantes concernant les principales causes du
problème, les expériences précédentes mises en œuvre par d’autres, les principales
politiques gouvernementales, les initiatives en cours et les leçons apprises provenant d’études
scientifiques. Sur la base de ces processus, vous sélectionnez les comportements les plus
efficaces pour résoudre le problème. Comme, souvent, nous ne pouvons pas concevoir un
CESCC pour chaque comportement que nos projets cherchent à résoudre, concentrez-vous sur les
comportements :
Qui ont un impact direct et significatif sur la réalisation des objectifs du projet ;

Dont vous ne savez pas pourquoi les gens ne les pratiquent pas (quelles sont les

barrières) ; Que vous pouvez influencer avec le budget et les délais disponibles dans
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votre projet ;

Que vous souhaitez influencer à plus grande échelle (qui valent l'investissement).

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ÉTAPE 2 : DÉFINIR LES GROUPES PRIORITAIRES ET CEUX QUI LES INFLUENCENT

Le plus précisément nous définissons nos groupes cibles, le mieux nous nous assurons que notre
stratégie de changement de comportement réponde à leur situation et à leurs besoins réels.
Notre attention devrait toujours se porter sur deux principaux types de groupes cibles :
LE GROUPE PRIORITAIRE représente les personnes qui devraient adopter le comportement promu
(par exemple, « les mères d'enfants âgés de 0 à 5 mois » ou « les petits éleveurs de volailles »). Bien
qu'ils soient généralement les « bénéficiaires directs » du projet, ils peuvent aussi être des prestataires
de services, tels que les les services d'extension agricole. Quand vous décrivez le groupe prioritaire
dans le CESCC, concentrez-vous principalement sur les informations dont vous aurez besoin pour
concevoir une stratégie de changement de comportement efficace.
LE GROUPE D'INFLUENCE représente les personnes qui - selon l'opinion du groupe prioritaire – soit
empêchent, soit encouragent le groupe prioritaire à pratiquer les comportements souhaités, tels que les
maris, les belles-mères ou les pairs. Par exemple, les mères de nouveau-nés sont souvent influencées
par ce que leur belle-mère croient être les pratiques « correctes » de soins d'enfants, même si elles sont
parfois nuisibles. De même, de nombreux agriculteurs ne suivront pas de nouvelles pratiques
agronomiques tant que certains de leurs pairs ne les auront pas essayées et en confirmeront l'efficacité.

ÉTAPE 3 : COMPRENDRE LES BARRIÈRES ET LES


MOTIVATIONS
Il est question de mieux comprendre ce qui empêche votre groupe prioritaire de pratiquer le
comportement souhaité.

Comportement Groupe prioritaire et d'influence Déterminants Ponts Activités


Les mères Groupe Prioritaire :
soignent leurs les femmes de 15 à 45 ans, souvent analphabètes,
enfants âgés de parlant la langue Dinka
10-59 mois qui vivent dans les zones rurales, leur revenu dépend
souffrent de de l'agriculture saisonnière
diarrhée avec une sont occupées avec les tâches ménagères
Solution de quotidiennes et les soins des enfants
Réhydratation le soir écoutent la radio, le dimanche vont à l'église
Orale (SRO). veulent que leurs enfants soient heureux et grandissent
bien
72% d'entre elles limitent les aliments ou les fluides
comme moyen principal pour «soigner» la diarrhée d'un
enfant
69% ne croient pas que la SRO seule soit un traitement
suffisant
certaines pensent que les enfants n'aiment pas le goût de
SRO
21% utilisent la SRO comme traitement
65% ne savent pas comment préparer la SRO

Indicateurs de réalisation : … Indicateurs de processus : …

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 Identifier les barrières et les motivations du comportement désiré

L'une des meilleures façons de comprendre ce qui empêche les gens de pratiquer un
comportement (les « barrières ») et ce qui pourrait les encourager à l'adopter (les « motivations »)
est de mener des recherches formatives. Un type d'outil de recherche rapide et pas trop coûteux est
l'Analyse de barrières (AB). L'AB est une étape cruciale dans le CESCC et doit être mise en
œuvre avec beaucoup de soin et de précision. Cette enquête quantitative / qualitative pose aux gens
une série de questions visant à identifier les barrières et motivations qui ont la plus grande
influence sur leur pratique (ou non) du comportement donné. L'étude AB utilise la méthodologie
Pratiquant / Non- Pratiquant qui consiste à interviewer 45 personnes qui pratiquent déjà le
comportement (Pratiquants) et 45 personnes qui n'ont pas encore adopté le comportement (Non-
Pratiquants). Les différences entre les réponses des Pratiquants et des Non-Pratiquants révèlent
quelles barrières / motivations sont les plus importantes. Par exemple, si une grande proportion de
Pratiquants croit que boire de l'eau filtrée protège leurs enfants de la diarrhée, mais seulement
quelques Non-Pratiquants le pensent, nous savons que la croyance en l'efficacité du filtrage de
l'eau potable est un facteur sur lequel nous devons nous concentrer. L'AB se concentre toujours
sur la façon dont les gens perçoivent les choses, indépendamment du fait que nous pensons
que c ' e s t b i e n o u m a l .

 Clarifier les barrières et les motivations

Une AB est une excellente activité pour commencer la recherche sur les comportements dans
un contexte donné, mais certaines choses ne peuvent pas être obtenues avec cet outil (sauf si
vous avez des enquêteurs très compétents).

Par exemple
:
Si les personnes interrogées disent : « les vaccins pour la volaille sont chers », qu'est-ce que
cela implique exactement pour votre programme ? Est-ce que les coûts de la vaccination des
volailles des agriculteurs sont au-delà de ce qu'ils peuvent se permettre ? Ou est-ce que les
bouteilles de vaccin disponibles sont inutilement grandes (pour beaucoup plus de volailles
que les gens possèdent) et donc coûteuses ? Ou est- ce que les agriculteurs pensent qu'ils
coûtent cher sans vraiment connaître le prix réel ?
Si « le manque de nourriture et d'argent » est la principale raison pour laquelle les Non-
Pratiquants ne fournissent pas à leurs enfants un régime diversifié, est-ce le cas tout au long
de l'année ou est-ce principalement un problème saisonnier ? Est-ce que tous les types
d'aliments recommandés manquent ou certains types sont-ils disponibles ? Est-ce que
certains types et sources d'aliments sont sous-utilisés (par exemple les plantes sauvages)

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? De quoi sont composés les repas des Pratiquants ?
Si les maris ne soutiennent pas les femmes dans l'utilisation de la contraception, savons-
nous

Page 16 sur 25
pourquoi ?
Pour obtenir ces informations supplémentaires, une fois que vous connaissez les barrières et
motivations qui influencent le comportement, faites une liste des données
supplémentaires dont vous avez besoin afin d'adresser efficacement ces déterminants.
Ensuite, collectez ces données en ayant recours aux méthodes suivantes :
entretiens structurés (menés dans le cadre d'enquêtes de
base)
entretiens avec des informateurs clés (avec des personnes ayant un savoir-faire plus
approfondi, comme les agents communautaires, les vendeurs au marché, les autorités, les
employés des ONG)
discussions en groupe (avec 6 à 10 personnes, pour évaluer les opinions, les significations
et les perceptions)
observations (ex : de la façon dont les gens cultivent leurs cultures, se lavent les mains, etc.)
calendriers montrent comment les changements ou les événements perçus évoluent au cours
du temps
calendriers saisonniers identifient les changements saisonniers ou le meilleur moment pour
mettre en place les activités du projet
NB : Une fois que vous comprenez quels obstacles et motivations sont associés au
comportement souhaité, enregistrez les découvertes les plus importantes dans la troisième colonne
du CESCC (appelé
« Déterminants »)

Groupe
Comportement Déterminants Ponts Activités
prioritaire

Les mères 1. Efficacité d'action : les mères ne croient


soignent leurs pas que la SRO est efficace.
enfants âgés de
2. Accès : les mères disent que le manque
10-59 mois
d'argent pour acheter du sucre et du sel
qui souffrent de
complique la préparation de SRO.
diarrhée avec
une Solution de 3. Perception d'efficacité personnelle : les
Réhydratation mères disent ne pas savoir comment préparer
Orale (SRO). la SRO correctement

Indicateurs de réalisation : … Indicateurs de processus : …

ETAPE 4 : DÉFINIR CE QUE VOS ACTIVITÉS DOIVENT


ACCOMPLIR

Une fois que vous avez identifié les raisons principales pour lesquelles les gens pratiquent
(ou pas) le comportement promu, définissez dans votre CESCC ce que les activités de votre
projet doivent accomplir afin de les influencer. Ces liens entre les barrières et les activités
de projet s'appellent « Ponts vers les activités ».

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Ils spécifient exactement ce que vos activités devraient viser. Ils sont formulés de l'une
des façons suivantes :

Par exemple
:
Diminuer la perception chez les femmes selon laquelle manger moins d'aliments
pendant la grossesse entraînera un accouchement plus facile.
Améliorer la capacité des mères d'enfants de moins de cinq ans de préparer
correctement le SRO. Accroître l'accès des familles ciblées à des semences de
légumes de qualité.
Améliorer la disponibilité de filtres à eau à faible coût pour les
mères.
ETAPE 5 : REALISER LE
CHANGEMENT

Quelles activités atteindront le mieux les changements requis ? La réponse est assez simple
: il n'y a pas d'activités magiques qui peuvent facilement changer le comportement des
gens. Les activités les plus puissantes sont celles qui sont basées sur une très bonne
compréhension des raisons pour lesquelles les gens n'adoptent pas les comportements
désirés et ensuite abordent efficacement les barrières identifiées. Ce chapitre vous aide
donc à sélectionner et à piloter de telles activités et approches, à concevoir une
communication efficace et à vous assurer que les changements que vous obtenez soient
durables.
ELABORER UN EVENTAIL
D'ACTIVITÉS
Une fois que vous avez défini vos Ponts vers les activités, la prochaine étape est de voir comment
vos activités de projet peuvent être modifiées ou étendues pour répondre aux Ponts. Si votre projet
n'a pas encore été conçu, utilisez les Ponts pour préparer les activités. La meilleure façon de
commencer est de regarder votre CESCC et de développer un éventail d'activités qui
répondent à tous les Ponts vers les activités (ou autant que possible).

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La même activité peut répondre à plus d'un des Ponts. Voir l'exemple ci-dessous :
Groupe Ponts vers
Comportement prioritaire Déterminants les activités Activités

Les mères 1. Augmenter les Le personnel du projet organise des rencontres avec
soignent leurs perceptions des des mères où
enfants âgés mères que Les agents de santé communautaires (ASC)
de 10-59 mois l'utilisation de partagent des histoires d’enfants qui ont été
qui souffrent de SRO est efficace soignés avec des médicaments traditionnels par
diarrhée avec pour la rapport à ceux qui ont été soignés avec la SRO.
une Solution de prévention de la
Les mères locales utilisant la SRO expliquent
Réhydratation déshydratation.
comment cela aide leurs enfants quand ils ont la
Orale (SRO).
2. Diminuer les diarrhée.
perceptions des Les ASC montrent comment préparer la SRO, en
mères qu'utiliser laissant chaque femme l’opportunités d’essayer
la SRO est seule et offrent des cuillères doseuses pour
coûteux. préparer la SRO à la maison.
3. Améliorer les Les ASC aident les mères à calculer les coûts du
capacités des sel et du sucre nécessaires pour préparer la SRO
mères à préparer et le compare aux frais liés à amener un enfant à
de la SRO un centre de santé (transport, temps,
correctement. médicaments).
Les ASC animent une discussion sur les
(dés)avantages d’utiliser la SRO et fournissent les
conseils requis.

Indicateurs de réalisation : … Indicateurs de processus : …

Vos activités de changement de comportement sont plus susceptibles de réussir si vous


rendez le comportement FAST : Facile, Attrayant, Social et au Temps Opportun.
Facile : Apprenez ce qui rend la pratique du comportement difficile et aidez à le rendre
plus facile – en impliquant moins de tracas, de temps ou d'argent. Si vous faites la
promotion d'un objectif complexe, divisez- le en plus petites actions.
Attrayant : Les gens sont motivés à faire quelque chose quand cela leur apporte ce
qu'ils veulent le plus, par exemple : des revenus, la tranquillité d'esprit, le bonheur ou la
bonne santé. Assurez-vous que vos activités aident les gens à vivre les avantages de la
pratique du comportement, par exemple, en les laissant essayer (ex : utiliser une
lanterne solaire dans l'obscurité) ; en partageant des exemples de réussite ; et en utilisant
des messages attrayants qui font appel aux émotions des gens.
Social : Les gens sont fortement influencés par ce que les gens autour d'eux font.
Alors, profitez-en ! Montrez que certaines personnes pratiquent déjà le comportement
promu, en utilisant le pouvoir des réseaux sociaux (ex : pair-à-pair). Egalement,
encourager les personnes à faire un engagement envers quelqu'un de pratiquer un
comportement fonctionne souvent bien !

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Au Temps opportun : La même campagne menée à différents moments peut avoir des
niveaux de réussite radicalement différents. Planifiez votre campagne quand les gens sont les
plus réceptifs (ex : promouvoir l'achat de latrines après la récolte lorsque les gens ont de
l'argent)

LES APPROCHES ET ACTIVITES COURAMMENT UTILISEES DANS


LES INTERVENTIONS DE CHANGEMENT DE COMPORTEMENT.

1- L’ENGAGEMENT COMMUNAUTAIRE
L'engagement communautaire est une approche qui engage activement tous les membres de la
communauté dans l'identification ou la mise en place de solutions aux problèmes auxquels elle
fait face. Il vise à accroître l'appropriation locale et la durabilité de la stratégie du projet.

2- LES ÉDUCATEURS PAIRS


L'éducation par les pairs est une approche selon laquelle des groupes de membres de la
communauté qui ont quelque chose en commun (comme les adolescentes ou les mères de
jeunes enfants) s'éduquent, se motivent et se soutiennent mutuellement pour l'adoption d'un
nouveau comportement. Les éducateurs pairs sont souvent perçus comme étant plus
empathiques, crédibles et plus capables de s'appuyer sur les connaissances locales tout en
jouant le rôle de modèle pour le changement de comportement. L'inconvénient principal de
l'approche est que les pairs éducateurs finissent par « vieillir » et doivent être remplacés.

3- LES RÉSEAUX SOCIAUX


Les réseaux sociaux - souvent constitués de groupes informels de personnes avec des intérêts
similaires - ont un énorme potentiel pour surmonter les barrières identifiées.

4- LE PLAIDOYER
Nos comportements sont influencés par des facteurs externes qui dépassent souvent le
contrôle d'un seul individu. "En amont du changement de comportement", influencer les
prestataires de services et les décideurs politiques peut :

rendre (ou pas) la pratique de certains comportements plus facile : par exemple,
prolonger les heures d'ouverture des centres de santé permet à un plus grand nombre
de personnes d'accéder à leurs services ou mettre en place une politique pour que
toutes les femmes enceintes soient testées pour le VIH augmente automatiquement le
taux de test

être plus efficace : par exemple, l'iodation obligatoire du sel par


les producteurs de sel

réaliser un changement d'envergure : par exemple, en imposant une interdiction de la


publicité des laits maternisés pour nourissons

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améliorer les bénéfices des services existants : par exemple, en exigeant une formation
régulière sur le lieu de travail les vulgarisateurs agricoles afin qu'ils puissent être mis à
jour

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sur les dernières
techniques

être la seule option : par exemple, l'adoption d'une loi anti-corruption


efficace
5- LA COMMUNICATION DE MASSE

La radio, la télévision et l'Internet ont le grand avantage de pouvoir atteindre un grand nombre
de personnes tout en partageant non seulement des faits mais aussi des émotions. La
production télévisuelle, en particulier, exige beaucoup d'expertise externe, d'argent et de temps
et est donc plus appropriée pour cibler un problème spécifique à grande échelle (voir
l'exemple d'un feuilleton traitant de l'endettement). Les émissions de radio et de télévision
doivent être basées sur une recherche solide (pour être adaptées à la situation du groupe
cible), offrir des solutions réalistes à des problèmes spécifiques et être assez attrayantes pour
garder l'intérêt des gens (des partenariats avec les professionnels de la diffusion radio et
télévision sont essentiels).

6- LA MESSAGERIE MOBILE

Avec plus de la moitié des personnes dans le monde possédant un téléphone mobile (et
beaucoup d'autres y ayant accès), les téléphones mobiles présentent un excellent moyen de
communication avec les gens. Les messages vocaux ou textuels lancés par des projets de
développement aident les femmes enceintes et les mères, les petits agriculteurs et les familles
vulnérables aux catastrophes naturelles de se rappeler de pratiquer certains comportements.
Cependant, il est recommandé de garder deux points à l'esprit :

1) les conseils seuls ne vont pas nécessairement changer les comportements des personnes

2) les exigences technologiques pour mettre en place une plate-forme de messagerie


peuvent être très élevées - ne démarrez pas sans collaborateur expérimenté.
 COMMENT CRÉER DES COMMUNICATIONS
EFFICACES

Quel que soit l'approche principale de votre stratégie – c'est-à-dire influencer les décideurs,
accroître l'accès aux services, fournir aux personnes les compétences requises, ou changer
les normes sociales, votre succès dépendra toujours de l'efficacité avec laquelle vos
activités communiquent les messages que vous avez conçus à partir des Ponts vers les
activités. Malheureusement, les stratégies de communication de nombreux projets de
développement ne sont souvent pas aussi efficaces que nous pourrions l'espérer. C'est parce
qu'elles peuvent être :

Superficielles : Parfois, les activités de changement de comportement nomment


simplement les comportements et disent pourquoi ils sont importants, mais elles
n'adressent pas les obstacles qui empêchent véritablement la pratique des
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comportements.

Mal ciblées : Au lieu de se concentrer sur les personnes qui ont le plus besoin des
messages, elles ciblent tout le monde.

Autoritaires et pas assez empathiques : Les activités de communication disent


souvent

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aux gens ce qu'il faut faire et comment vivre leur vie, plutôt que de créer des façons
pour que les gens « découvrent » les avantages d'un comportement par eux-mêmes.

Négatives plutôt que positives : Souvent, nous mettons l'accent sur les dangers au lieu

des aspects positifs de la pratique ou non d'un certain comportement23 (par exemple,
nous mettons l'accent sur les maladies au lieu des avantages du lavage de mains).

Focalisées sur les faits, et non pas sur les émotions : Bien que nos comportements
soient motivés par des facteurs rationnels et émotionnels, les messages mettent souvent
l'accent sur les arguments rationnels et ne travaillent pas efficacement sur les émotions
des gens, comme leurs désirs, leur statut social, leur confiance ou simplement leur
bien- être.

Trop compliquées : Au lieu de promouvoir des messages spécifiques telles que «


ajoutez du chou frisé et des œufs à la bouillie des enfants », nous demandons aux
mères de « rendre le régime alimentaire des enfants plus diversifié en utilisant plus
de groupes alimentaires ». Les documents de communication donnent souvent trop
d'informations, ce qui réduit la compréhension de ce que les gens sont réellement
censés faire.
ÉTAPE 6 : MESURER LES CHANGEMENTS DANS LES COMPORTEMENTS

 Comment dois-je mesurer


?
Utilisez toujours un mélange de méthodes qualitatives et quantitatives :
Les méthodes quantitatives répondent généralement aux questions « Combien ? » et « Quel
pourcentage ? » En comparant les chiffres avant et après l'intervention, nous pouvons évaluer
le changement réalisé (envisagez d’utiliser un groupe de comparaison pour déterminer
quels changements peuvent être attribués à votre intervention). Par conséquent, lors de la
préparation d'une enquête de base, incluez toujours des questions sur les
comportements que vous prévoyez de promouvoir.

Les méthodes qualitatives, telles que les entretiens approfondis, les discussions en
focus groupes, les observations, la technique du changement le plus important (most
significant change) et la cartographie des résultats (outcome mapping), nous
permettent d'avoir une meilleure compréhension de comment les personnes perçoivent
et pratiquent certaines choses. Elles cherchent souvent à répondre aux questions
« Pourquoi ? » et «Pourquoi pas ?
»
 Quand dois-je mesurer ?

au début du projet, utilisez votre enquête de base pour déterminer le pourcentage de


personnes qui pratiquent (ou non) les comportements promus (profitez de
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www.indikit.net) ; « l’étape de changement » la plus courante ; et les conditions
préalables existantes pour pratiquer le comportement souhaité (ex : les

Page 23
connaissances des
personnes)

tout au long du projet, ne dépendez pas seulement de l'évaluation à mi-parcours:


continuez à surveiller
1) la qualité de vos activités (en utilisant des listes de vérification (check-list), des
observations, des entretiens) ; 2) la mesure dans laquelle les personnes commencent à
adopter les comportements promus (sur la base d'observations, de données de suivi
régulières) ; 3) les raisons pour lesquelles les gens adoptent (ou non) les
comportements promus ; 4) les progrès dans l’atteinte des conditions préalables à la
durabilité

à la fin du projet, utilisez votre enquête finale pour mesurer le pourcentage de


membres du groupe prioritaires qui pratiquent les comportements promus et comparez
ce pourcentage avec celui recueilli lors de votre enquête de base (assurez-vous que
votre évaluation finale évalue également les principales raisons pour lesquelles les
personnes ont adopté (ou non) les comportements promus)
2-3 ans après le projet, une évaluation d'impact peut être effectuée, indiquant dans
quelle mesure les comportements ont été maintenus après la fin de votre appui.
Effectuez des évaluations d'impact lorsque vous : 1) savez comment utiliser les leçons
apprises (ex : pour reproduire votre approche dans des domaines similaires) ; et 2)
disposez de données de l’enquête finale fiables et vous êtes capable de « reproduire»
correctement l'enquête finale
 Que dois-je mesurer
?

La qualité de la mise en œuvre de


l'activité,
Dans quelle mesure vos groupes prioritaires pratiquent les comportements
souhaités
Les conditions préalables les plus importantes pour adopter et maintenir les comportements
promus, tels que l'accès aux ressources ou conseils requis.
ÉTAPE 7 : DOCUMENTER ET PARTAGER LES RÉSULTATS

À ce stade, votre équipe a généré une quantité considérable d'informations utiles et a


beaucoup appris. Si vous voulez vous assurer que vos efforts aient un impact encore plus
important et que votre travail soit bien reconnu, la meilleure chose que vous pouvez faire
est de documenter et de partager efficacement votre expérience. En faisant cela, vous
aiderez les autres acteurs, les bailleurs de fonds et les décideurs à concevoir leurs
interventions de manière plus efficace.

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